Je poste le chapitre plus tôt aujourd'hui car j'aurais pas le temps de le faire plus tard (la raison est intimement liée à mon brisage d'écran d'ordinateur d'il y a trois semaines) Enfin, c'est tout bénéf' pour vous. Après le triste sort de Daniel au chapitre précédent...Loki is baaack!


Cette journée avait été extrêmement frustrante pour Loki, et il en incombait l'entière faute aux médecins. A peine une heure après que Clint Barton soit parti, ils étaient revenus emporter l'Agent Romanoff. Apparemment, on l'avait ramené chez elle où elle devrait se nourrir de milkshakes à la paille durant plusieurs semaines.

Cette unique pensée avait extrêmement contrarié Loki et il s'était mis à déchiqueter petit à petit son oreiller d'hôpital. Il aurait tué pour avoir un milkshake. Littéralement. Plusieurs personnes. Et pouvoir rentrer chez lui? Sauf que cela aurait nécessité un foyer qui n'ai pas été violé par une abomination, et qui nécessitait un mixeur opérationnel et un moule à gaufres, parce qu'une maison sans moule à gaufre n'était pas un vrai foyer.

Mais non, l'Agent Romanoff était rentrée chez elle pour profiter de tous le confort disponible quand on n'était pas menotté à un lit, tandis qu'il était privé de sa seule source d'amusement, portait toujours une tenue sans dos et des menottes aux chevilles. Cela aurait été suffisant pour faire hurler de rage des êtres inférieurs. Au lieu de ça, Loki préférait considérer les choses horribles qu'il ferait à cet endroit une fois qu'il aurait récupéré sa magie. Cela commencerait, décida-t-il, avec des cafards. Mangeurs de chair humaine. Il n'aurait qu'à imaginer à partir de là.

Il fut obligé d'abandonner au bout d'un moment, car son plan était devenu si élaboré que même lui fut forcé d'admettre qu'il en devenait un peu ridicule. Ce fut à ce moment-là qu'un aide-infirmier, escorté de deux gardes, lui apporta un plateau rempli de nourriture peu appétissante. Néanmoins, il parvint à sourire et à demander un stylo, puisqu'il ne pouvait pas faire grand-chose de dangereux avec, après tout.

Ils osèrent effectivement lui donner un crayon, ou plus exactement un bout de crayon si petit qu'il lui était impossible de poignarder quelqu'un avec à moins de faire preuve d'une grande précision (ce qu'il ne pouvait pas faire dans son état) et de parvenir à toucher la jugulaire. Mais c'était un outil d'écriture et c'était tout ce qui lui importait. Peu de temps après il avait couvert chaque surface qu'il pouvait atteindre de diagrammes et d'équations, bien qu'il eut la prudence de les écrire en code et d'ajouter un peu de charabia ici et là. Il lui fallait anticiper et réfléchir comment il pourrait trouver ce fichu robot avec à sa seule disposition la pathétique technologie midgardienne.

Au bout d'un moment, il se souvint de son plateau de nourriture. Le sandwich avait le goût de l'assiette, la salade de pommes de terre un goût de mayonnaise et pas grand-chose d'autre. Et il y avait de la gelée pour le dessert…Une gelée à l'orange.

Il la jeta sur la porte. Elle s'y écrasa avec un bruit mat.

Quelque temps plus tard, la porte de sa chambre s'ouvrit. Loki leva les yeux, sans toutefois s'arrêter de schématiser: il s'attendait à voir un autre assistant infirmier, voire Clint Barton de retour pour l'amuser. Au lieu de cela, ce fut un autre des amis de Thor qu'il reconnut comme étant Steve Rogers, aussi connu sous le nom de Captain America. Ses cheveux étaient aplatis pour cause de port prolongé de masque, et son expression était sinistre.

-Attention à…

Il eut un couinement de chaussure contre le carrelage, et seule la dextérité de Steve l'empêcha de glisser sur la gelée en se rattrapant au pied du lit de Loki.

Loki s'éclaircit la gorge en tapotant ses lèvres avec le crayon, réduit à présent à un petit bout de graphite avec un peu de gomme au bout.

-Tu devrais t'adresser à quiconque est en charge de cette base. Leur dessert gélatineux a fait une tentative d'évasion.

Steve ne sourit même pas, mais Loki l'avait toujours considéré comme un individu excessivement sérieux qui serait sans doute prêt à croire un mensonge flagrant s'il était dit avec assez de conviction.

-On vient de rentrer d'Arecibo, dit-il.

- Un endroit particulièrement charmant, si je me souviens bien. Comment était-ce ?

Au lieu de répondre directement, Steve sortit une clé et déverrouilla les menottes de Loki.

-Ça aurait pu aller mieux.

-Je crois que l'Agent Romanoff a eu des pensées similaires à propos du musée.

Dès que ses chevilles furent libres, Loki rapprocha ses jambes de son torse, sans particulièrement se soucier du fait qu'il dévoilait des parcelles de ses parties intimes à Steve; il pouvait considérer cela comme un remerciement supplémentaire. C'était juste extrêmement agréable de pouvoir de nouveau s'étirer le dos.

-Viens avec moi, dit le soldat. Mais ne cherche pas à t'enfuir, d'accord ?

-Certainement pas sans pantalons, répliqua Loki en glissant précautionneusement hors du lit.

-Certainement pas quoi? Fit Steve en esquissant un très léger sourire. Venir avec moi, ou t'enfuir ?

-Les deux. Il me reste quelques lambeaux de dignité.

-Ils ont sans doute gardé ce qui restait de tes vêtements quelque part. J'attendrais.

Ce qu'il fit, tandis que Loki fouilla les placards jusqu'à trouver le pantalon qu'il avait légitimement volé.

Il considéra l'idée de cacher un scalpel ou deux histoire de s'armer, mais cela lui sembla juste à la fois petit et assez triste. Il enfila son pantalon, en prenant soin de révéler juste assez de jambe et de fesse ou provoquer une réaction du soldat. Le résultat fut décevant, comme tout le reste de sa vie en ce moment.

-Maintenant que je suis à peu près correctement habillé, ne te gênes pas pour briser ce suspense insoutenable.

Steve le mena le long du couloir, deux portes plus loin, jusqu'à une autre banale chambre d'hôpital. Sans commentaire, il ouvrit la porte et s'écarta pour laisser Loki regarder son occupant.

Il fallut au cerveau de Loki beaucoup de temps pour analyser ce qu'il voyait, parce que cette vision était tout bonnement absurde.

La personne dans le lit d'hôpital avait de long cheveux blonds mal lavés étalés sur l'oreiller, tout comme Thor. Il avait aussi une barbe, tout comme Thor. Et le même nez, la même petite cicatrice à peine visible sur son oreille qu'il avait eu lorsque lui et Loki fuyaient des elfes très irrités. Celui qui se trouvait dans ce lit ressemblait exactement à Thor, sauf que c'était tout bonnement impossible qu'il s'agisse de son frère, parce que Thor ne pouvait pas être allongé sur un lit avec un petit tube de plastique dans son nez et plusieurs autres plantés dans ses bras, sans compter la masse de fils dépassant de dessous la chemise d'hôpital bleue et blanche. Thor, Loki en était certain, était physiquement incapable de se tenir immobile à moins qu'il ne soit en train de se prélasser insolemment, et il ne fermait les yeux que lorsqu'il était endormi ou ivre.

Ou bien quand il était assommé par Loki les rares occasions où tout suivait un peu trop le plan prévu, mais c'était sans importance parce que Loki avait tout calculé, et pouvait donc tout arranger avec un claquement de doigt pour que, sans que personne n'en sache rien, tout rentre dans l'ordre. Puis la vie suivait son cours normal où tout le monde pensait que Loki n'était qu'un immonde connard qui n'apprendrait jamais rien et lui qui pensait que tout le monde était hilarant.

SNAP

Loki jeta un regard interloqué vers la porte. Il avait arraché une partie du cadre de métal dans sa main –apparemment il n'était pas aussi faible qu'il le pensait- et s'était cassé trois ongles dans le processus. Des gouttes de sangs perlaient à ses doigts. Il lâcha le morceau de métal sur le sol et s'essuya distraitement la main sur la tenue hospitalière qu'il portait toujours, avant de reporter son attention sur Steve.

-Je pense que la construction de ce bâtiment laisse à désirer, dit-il d'un ton délibérément doux et calme.

Steve le regardait avec des yeux si écarquillés que Loki en aurait éclaté de rire, voire considéré comment l'exploiter au mieux.

-Je ferais passer le message.

Le dieu fit un pas, puis un autre, vers le lit d'hôpital. Cela lui prenait bien trop d'efforts de forcer son pied à bouger, ses poumons de fonctionner, et ses méthodes de persuasion ou de menaces habituelles ne marcheraient pas sur son propre corps. Il s'obligea à toucher le bras de Thor, puis son visage; il paraissait bien trop froid, même pour Loki, dépourvu de ce quelque chose qui le rendait à la fois extrêmement énervant et pourtant si fiable. Il saisit doucement le menton de son frère, lui tournant la tête pour mieux voir son profil dans la lumière, puis se pencha et sentit quelque chose.

Des oranges.

Il déglutit convulsivement, manquant de perdre le contrôle de lui-même. Puis il fit ce qu'il avait toujours fait dans ce genre de situation, ce qu'il avait appris de la manière forte durant sa chute sans fin du Bifrost, qui semblait s'être passée il y avait des siècles. Il ravala toutes les émotions inutiles, maîtrisa sa folie bouillonnante et intima d'attendre à ce noyau de rage glacée qui faisait de lui Loki. Parce qu'il était à présent temps d'écouter, d'absorber, et de penser.

C'aurait été un gâchis de déchaîner quelque chose hurlant vengeance sans savoir où l'envoyer.

Loki se redressa; il sourit par habitude, un sourire fait de bois et de métal, totalement irréel et pourtant près à trancher et couper d'un moment à l'autre.

-Je crois qu'il vaudrait mieux que tu me dises ce qui s'est passé, dit-il d'un ton cordial.

Steve croisa les bras. Il avait plutôt l'air de s'étreindre lui-même pour se remonter le moral.

-Je n'étais pas là quand c'est arrivé. Clint, si. Il devrait être réveillé à présent.

-Dans ce cas, rendons-lui une petite visite.

Ils quittèrent la chambre de Thor; Loki ne regarda pas en arrière. Celle de Clint était de l'autre côté du couloir, et avait visiblement été préparée en hâte. L'archer n'était qu'une masse de bandages blancs tachés de rouge par endroits, de tubes, d'attelles et de moniteurs.

-Clint…Tu es réveillé, partenaire? Demanda Steve.

Et Clint Barton ouvrit un oeil.

-Yo, fit-il d'une voix rauque.

Loki s'appuya contre le bord du lit et mis son visage dans le champ de vision de Clint.

-Dis-moi tout ce qui s'est passé.

-Steve? Fit Clint en fronçant les sourcils.

-Je l'ai laissé sortir. Juste…dis-lui. D'accord?

Loki saisit le menton de Clint et se pencha vers lui jusqu'à ce que leurs nez se touchent Presque.

-Ne laisse aucun détail de côté. Je le saurais.

Pendant un instant, il écarquilla les yeux. Ses pupilles étaient si dilatées qu'il n'avait presque plus d'iris. Puis il éclata d'un rire rauque.

-Tu sais, t'es pas aussi effrayant que tu le crois.

Ce fut au tour de Loki de froncer les sourcils.

-Pardon ?

Encore ce rire.

-Ou peut-être que c'est parce que je sens plus mes jambes. Ça me fout tellement la trouille que le reste n'a plus d'importance.

Derrière lui, Steve émit un grognement triste. Loki se contenta de secouer la tête.

-Concentre-toi, Clint Barton. Dis-moi tout. J'ai une vengeance à accomplir.

-Tant que tu me promets de me garder un petit quelque chose.

Loki se surpris à sourire, cette fois légèrement moins métallique.

-Bien sûr.

Pour quelqu'un sous morphine, Clint avait une bonne mémoire des détails, et parlait d'une façon claire et concise, bien que sa voix soit quelque peu pâteuse. Loki écoutait, et n'eut pas besoin de poser de questions, ce qui était rare.

Clint s'endormit quand il eut fini de parler; Loki fit signe à Steve de quitter la chambre, et ferma la porte derrière eux. Il y eut un long moment de silence à peine brisé par le grésillement des néons alors qu'ils se regardaient fixement.

Il avait déjà bien évidemment décidé de détruire le robot; c'était le seul moyen de récupérer sa magie, il en était à présent certain. Mais les enjeux étaient plus importants, et le jeu plus dangereux. L'idée l'enrageait, et le laissait exalté et épouvanté à la fois.

-Je sais ce qu'il faut faire, fit-il en levant un doigt.

-Dans ce cas, faisons-le.

-Je n'ai pas ce que vous appelleriez de bons antécédents quand il s'agit de travailler avec les autres, grogna-t-il.

-Il y a un début à tout.

Loki regarda le soldat droit dans les yeux, remarquant qu'ils avaient presque la même couleur que ceux de Thor. Mais il vit également plus que ça, quelque chose qui le fit hésiter. Il s'attendait à voir de la suffisance, voire l'arrogance de mâle alpha qu'il voyait si souvent chez les gens trop stupides pour avoir peur de lui. Il s'attendait à voir du défi, une menace, un étalage de fierté macho. Au lieu de cela, il ne trouva que détermination et honnêteté.

Il ne savait pas trop quoi en faire.

-Tu pourrais être utile, admit-il.

-Merci...Je crois.

-Tu vas faire exactement ce que je dis. J'ai un plan. Si tu te précipites sans réfléchir comme mon…comme Thor, tu ne feras que gâcher mes…nos chances.

-Je peux faire ça, fit Steve en hochant la tête. Contentes-toi de me dire ton plan, et je le suivrais.

-La structure générale, peut-être, sourit Loki. Mais tout bon plan nécessite une adaptation constante. Tu vas devoir m'écouter.

-Ça aussi, je peux le faire, fit Steve en tendant la main: Loki se contenta de la regarder jusqu'à ce qu'il la laisse retomber avec un haussement d'épaule résigné. « Par où on commence ? »

-Par un pantalon, dit Loki.

-Tu en as déjà un.

-Meilleur pantalon signifie meilleure réflexion. Et ensuite une chemise. Et des chaussures. (Il sourit de nouveau) Puis nous aurons un message d'intérêt public à faire passer.

-Promets-moi juste que je n'aurais pas à frapper Hitler de nouveau, fit Steve en riant.


Pas de ptites notes à la fin d'un chapitre du Calculator? Mais quelle est cette sorcellerie? Sans doute l'un des signes imminents de la fin du monde (cette blague est peut-être éculée, mais je ne m'en lasse pas).

D'ailleurs, triste nouvelle, mes amis: après ce chapitre, il n'en restera plus que trois avant la fin de cette fanfic...Je sais, c'est passé vite (enfin je suppose) et j'aurais bien voulu que ça dure (il y a bien une "suite" si on veut, mais elle est restée inachevée, et je ne suis pas cruelle au point de vous donner une traduction d'une histoire dont vous n'aurez jamais la fin. A moins d'un miracle) mais au moins, vous serez assurés de lire le dernier chapitre avant le 21 décembre (j'ai dit que je ne m'en lassait pas. Et je suis sûre qu'on aura une invasion de Chitauris)

Hum. Je vais m'arrêter là avant que vous ne doutiez sérieusement de ma santé mentale. En tout cas, merci d'avoir lu jusqu'ici cette traduction, et j'espère vous voir jusqu'au chapitre 24!