Coucou !

C'est une publication plutôt rapide…chut, n'en disons pas plus pour ne pas porter malheur !

Vous constaterez dans ce chapitre que j'ai travaillé sur la métamorphose Sméagol-Gollum, affiné leur échange psychique. Ils sont deux mais un.

Allez, trève de blablas et bonne lecture,

LPE


Chapitre 20: Esgaroth.

Les planches de bois, qui servaient de sol dans la ville glissaient un peu sous mes pieds. De temps à autres, je dérapais. Je profitais de la nuit, sans lune à ma plus grande joie, pour me faufiler dans les rues très étroites de cette cité sur l'eau. Un panneau m'accueillit à quelques mètres m'annonçant que je me trouvais dans la ville d'Esgaroth. Ce nom me rappela de vagues souvenirs. Quelqu'un, dans mon passé, m'avait conté quelques vieilles histoires sur ce village, voisin de la grande ville marchande de Dale.

A vol d'oiseaux, je me trouvais à quelques mètres des montagnes d'Erebor. Mes yeux s'illuminèrent.

« Voilà pourquoi notre Voleur était accompagné de nains. », murmurai-je.

« Des nains à Erebor, qu'iraient-ils faire dans ces profondeurs désormais désertes ? », questionna mon alter ego.

Les traits de mon visage se crispèrent d'incompréhension…jusqu'à ce je me souvienne d'un détail.

« Tous les êtres vivants n'aspirent qu'à une chose, mon précieux. Ils ont tout : la vie, l'amour, la famille. Mais l'or est ce qu'ils aiment. Dès tout petit, ils souhaitent s'en parer. Et plus grand, ils partent à sa recherche. Fantasme éternel, l'or est ce que nous voulons tous. »

« Mais Erebor a été détruite. », insista-t-il en jetant des regards méfiants à droite à gauche.

« Il se peut que ce ne soit pas le cas. »

« A ce que l'on dit, un dragon y vit. »

J'émis un rire qui ressemblait plus à un hoquet, puis me mit à crachotter. Le fond de l'air était très humide et le brouillard m'enveloppait de sa fraîcheur malfaisante. Même si je m'enroulais sur moi-même, je ne sentais pas la chaleur de mon corps se propager. Mes pieds et mes mains commençaient à geler, les extrémités étaient bleuies.

« Tu te moques mais tu es la preuve vivantes des bizarreries de ce monde. »

Cette phrase suffit à fermer mon clapet pendant quelques minutes où mon alter ego me dirigea vers un endroit rempli d'objets hétéroclites : malles, foulards, tapis, miroirs, armoires, tapisseries, toutes sortes de matières et de matériaux s'étalaient et s'accumulaient sur une petite surface. Nous y étions entrés par le trou d'une porte de service brisé à l'arrière de la boutique. Cette pièce me rappelait beaucoup le marché dans la Comté mais l'odeur y était écœurante. Poussière et odeur de poissons se mêlaient formant un mélange âcre qui prenait à la gorge.

Comme j'étais habile sur mes quatre membres, je réussis à me frayer adroitement un chemin parmi ce méli-mélo. C'était un peu comme jouer à la marelle, jeu auquel j'étais particulièrement bon dans ma jeunesse. Il fallait tenir en équilibre tout en avançant. C'est dans le silence le plus complet que je parvins au bord d'une fenêtre. Mon autre voulait que nous repérions dehors quelques points importants afin de nous repérer.

La cité était très calme. Pas une lumière, pas un animal seul le bruit de l'eau qui s'écoulait dans un moulin non loin. Les maisons étaient toutes faites de bois. Visiblement, leurs constructions dataient d'une centaine d'années et ses habitants les laissaient pourrir. Par manque d'argent ou de temps, je n'en avais aucune idée.

Soudain, je distinguai un garde, une lanterne à la main, avancer sur le pont qui faisait face à la boutique dans laquelle je me trouvais. Apeuré, je reculai et mes pieds s'entrechoquèrent avec des piles de livres qui s'effondrèrent. Pendant quelques instants, je retins ma respiration. Ce fut comme si le temps s'était suspendu.

Rien.

« Imbécile ! », m'injuria l'autre.

Le chuintement du vent qui fouetta la fenêtre me fit sursauter. Je fermai les yeux et calmai ma respiration haletante. Les bruits de pas s'approchaient et je me collai au mur, recroquevillé au maximum sous le rebord de la fenêtre, les yeux rivés sur la maudite pile de livres. Le garde s'arrêta un moment devant la fenêtre, sa lumière s'attarda sur la pièce, l'éclairant. Je me rendis compte que ce que j'avais pris pour une boutique n'était en réalité qu'une sorte de débarras. Une fine pellicule de poussière recouvrait tous les objets et des draps enveloppaient la plupart des meubles.

Mon regard balayait alentour quand un détail m'attira : une simple date sur un livre. Sur la première de couverture, était inscrit avec des lettres parfaitement calligraphiées : « A mon père, mort en l'an 2939 du Troisième Âge. ». Je plaçai une main devant ma bouche pour ne pas crier de stupeur. Selon ce livre, j'étais né des centaines d'années plus tôt.

J'avais conscience que de nombreuses années s'étaient écoulés, que je n'avais pas vieilli, que je n'étais pas mort. Mais constater de mes propres yeux que j'avais plus de six cents ans était particulièrement troublant.

« Il y a quelqu'un ? », questionna la voix du garde dehors.

Des larmes d'angoisse me montèrent aux yeux.

« Nous allons nous en sortir. », me rassura mon alter ego.« Le trésor ne nous laissera pas mourir entre les mains de ces brutes. »

« Penses-tu vraiment qu'ils veulent nous tuer ? »

« Pourquoi crois-tu qu'ils cherchent par ici ? Ils veulent nous arrêter. Ils ne veulent pas que nous arrivions jusqu'au précieux. Ils sont malsains. »

« Y-a-t-il quelqu'un ? », répéta le garde. Son interrogation fut suivie du bruit d'une poignée qui tourne.

« Il essaye d'ouvrir notre pièce ! », soufflai-je, paniqué.

Le son de bottes lourdes résonna sur les planches au-dehors, une voix masculine, autre que celle du garde, se fit entendre :

« Un problème, p'tit gars ? »

« Il y a du bruit dans le débarras du Mestre. Par les temps qui courent, il vaut mieux se méfier. »

« Je vais t'aider. Bouge pas ! »

A nouveau, la poignée descendit puis remonta. On entendit ensuite un bruit de coup de bottes frapper sur la porte.

« Nom d'dieu, c'est pas de la camelote la porte du mestre. », jura le nouvel arrivant, l'air agacé.

« Nous devrions.. »

Mes mains devenaient moites avec le stress. Je n'avais pas fait face à des hommes depuis bien longtemps et ma dernière altercation dans les montagnes s'était très mal finie, me coûtant mes vêtements et mes chaussures.

« Laisse-moi prendre le contrôle. Laisse-moi nous guider. Laisse-moi être toi. », m'insuffla l'autre, l'air grave.

J'avais peur de voir ma fin arriver. J'étais si peureux qu'il me serait impossible d'affronter ces géants malveillants. Les hommes avaient un cœur bien plus noir que toutes les autres races, ils aiment faire souffrir ce qui leur est inférieur.

« Sauve-nous. », répondis-je.

Tuer, venger, protéger mon précieux, nous sauver.

Mes mains, mes mouvements, mes pensées n'étaient instantanément plus miennes. Je me vis avancer vers la porte qui s'ouvrait doucement. Mon corps se jeta dans l'interstice, effrayant les deux hommes. La colère bouillait en moi. Tuer, venger, protéger mon précieux, nous sauver. D'un mouvement rapide, je sautai à la gorge du plus jeune et le mordais à la joue. Il hurla en reculant de plusieurs pas vers la rambarde entre le chemin de planches et l'eau du lac. Tuer, venger, protéger mon précieux, nous sauver. Avant que son corps ne bascule dans l'eau, ma main attrapa la lanterne et l'envoya dans le visage de l'autre homme, plus grand et trapu.

Je n'eus pas le temps de voir à quel point il souffrait des brûlures que mon corps s'élançait sur les planches, frôlant au plus près les murs qui nous protégeait des regards. Derrière, ce n'étaient que cris et appels à l'aide.

Dans une ruelle très sombre, mon alter ego me rendit le contrôle. A bout de souffle, je le remerciai à mi- mots de nous avoir sauvés d'une mort certaine. Il me répondit que nous n'avions pas le choix. Notre but était de retrouver le voleur et pour l'attraper, il fallait être en vie.

Je me remis donc en route, traînant dans l'obscurité. Mes pensées convergeaient vers le précieux. Je me demandais de quelle manière je pourrais bien l'atteindre. Je ne le sentais plus à présent. Il était comme invisible à mes yeux. Pourtant, je savais que le voleur n'était pas loin. Il était forcément là.

C'est la tête dans les nuages, l'esprit plein de projets et de plans, que je cheminais dans les rues malfamées et puantes d'Esgaroth. Je réfléchissais à voix basse quand mon front cogna un bloc dur. Avant que je ne puisse relever la tête pour voir ce que c'était, une voix rauque ricana :

« Viens par ici, mon mignon… »


Il m'a fallu énormément réfléchir pour trouver le moyen de vous expliquer le fait que Gollum/Sméagol, qui se trouvait à Esgaroth, donc près de son Précieux, se retrouve à un point B sur la route du Sud sans que l'on ne sache pourquoi. Direction le Mordor qui plus est. Je profite de ce manque d'informations dans le texte original (dois-je vraiment dire « manque ») pour apporter un peu d'éléments à mon récit et non faire un saut dans le temps.

J'espère que vous avez apprécié cette lecture, à bientôt ! Merci pour vos petits mots ^^ !

PS : Clémentine, je suis heureuse d'avoir quelqu'un qui lit mon blabla ! Ca me fait plaisir d'avoir ton avis. En revanche, je suis vraiment déçue par la trilogie du Hobbit et ce n'est pas à cause de Peter Jackson dont j'aime vraiment le travail (en plus, je l'ai déjà vu et il est le genre d'homme tout simple, no prise de tête, comme j'aime les personnes ^^). D'un point de vue artistique, oui, c'est très beau. J'ai d'ailleurs acheté les albums de décors et costumes. Mais c'est le scénario qui me gène. La romance Tauriel-Kili, l'arrivée de Legolas ne me gènent pas. C'est la profondeur de la narration qui me pose problème. Avec le Seigneur des Anneaux, j'étais transportée en Terre du Milieu dès la première scène tandis que le Hobbit...non. Voilou, pour moi, c'était important de t'exposer mon point de vue car tu as fait l'effort de m'écrire pour exprimer ton mécontentement. J'espère que tu liras ces mots et qu'on pourra continuer de parler de nos points de vue (ou autres) ! Bonne lecture et bonne nuit ! :)