Chapitre 21
Voilà le dernier chapitre, je vous retrouve en bas.
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J'ai fait ce que j'ai voulu de ma vie, je l'ai brûlée jusqu'au bout et pas d'une façon que j'aurai cru possible. Tout ne s'est pas passé comme je l'espérais ou comme je l'avais planifié mais j'ai été heureuse et j'ai aimé. Tout le monde ne peut pas en dire autant.
J'ai rencontré des personnes extraordinaires qui m'ont permis de grandir, de me découvrir et de faire ce qui était important. Ce qui me rend triste c'est qu'elles ne le savent peut-être pas. Je n'ai pas pris le temps de leur dire ou de leur montrer ce qu'elles représentaient pour moi, de les remercier du rôle qu'elles ont joué dans ma vie et de ce qu'elles m'ont appris.
Et maintenant… c'est trop tard…
Je ne sens plus mon corps et mes émotions sont engourdies. J'ai l'impression de n'être qu'une rationalité pure. Et puis je me rends compte que si je pense, j'existe. Et si j'existe alors tout n'est pas perdu…
Je prends ensuite conscience de mon enveloppe et de ce qui se passe à l'intérieur. Les battements de ce cœur, de mon cœur. Les pulsations du sang dans les veines, mes veines, qui lui permettent d'irriguer les moindres cellules qui le composent. Ma respiration, encore lente jusqu'à maintenant, devient plus rapide et superficielle alors que je me rends compte que je suis encore vivante.
Ce corps dans lequel pour l'instant je suis enfermée est lourd et immobile. J'ai déjà expérimenté ce phénomène et ce n'est pas agréable. Mon corps ne semble pas m'appartenir, pourtant je ressens tout ce qui est contact avec celui-ci. D'abord le tissu, doux et léger, qui recouvre ma peau, puis le matelas sur lequel je repose et qui épouse les courbes de mon corps. Je suis rassurée en ayant la preuve que je ne repose définitivement pas sur une table à la morgue. Je commence à percevoir le monde environnant avec de plus en plus de précision. Mes yeux commencent à ma brûler alors que les larmes naissent mais je ne les ouvre pas. Je suis tellement effrayée de voir ce qui m'attend.
J'entends alors les bruits environnants, les murmures des voix lointaines et plus près de moi. Mon corps se contracte de peur de ce que je vais découvrir. J'ai fait de terribles choses… et ma gorge se serre alors que mon esprit tiens à l'écart ces souvenirs. J'entends qu'une voix se rapproche de moi. Une voix si familière qu'une part de mon être hurle pour le voir et se jeter dans ses bras alors que l'autre se recroqueville sur elle de honte.
Je trouve le courage d'ouvrir les yeux et les plisse quand la clarté m'agresse. Mes paupières papillonnent le temps que je m'habitue à la lumière. Le visage d'Oliver me surplombe et ses traits se font plus nets quand mes yeux font le point mais il disparait aussitôt derrière les larmes. Le chagrin me submerge, tout comme la honte et la peur.
Tout est trop confus pour moi et je sens à peine les mains d'Oliver qui me redresse pour me serrer contre lui alors que les hoquets de chagrin me submergent. Il me serre plus fort alors que mon corps est pris de tremblements plus violents. Je sens sa force, il me fait mal en me serrant si fort mais j'ai besoin de sentir mon corps vivant, la chaleur du sien et ça me rassure. Je m'agrippe de toutes mes forces à mon tour à lui. Je glisse mes mains sur son tee-shirt et me retiens.
Je suis en train d'hyperventiler, je me noie dans le parfum de sa peau. Il me parle mais je suis incapable de me concentrer sur les mots qu'il prononce. Je suis envahie d'émotions qui se battent entre elles, j'ai l'impression que mon esprit va exploser. Oliver caresse mes cheveux, en me parlant toujours, mes tremblements se calment mais je m'étouffe toujours dans mes larmes. Il attrape alors ma tête entre ses mains et hausse le ton, sa voix devient plus dure.
- « Felicity ça suffit. Arrête de pleurer. »
L'ordre ne suffit pas à me figer. J'ai l'impression qu'il hurle. Je sens ses doigts et ses mains entourer ma tête. Ses pouces glissent sur mes yeux pour chasser les larmes. Je hoquète encore mais plus faiblement.
- « Felicity ouvre les yeux. »
Un nouvel ordre mais cette fois, même si je désire le voir plus que tout au monde, il est hors de ma portée pour l'instant. Une fois que j'aurais ouvert les yeux, je saurai ce qu'Oliver pense de moi et je ne veux pas voir la déception dans son regard, je ne veux pas avoir la confirmation qu'il m'en veut. Je me raccroche encore plus à lui et plonge mon visage contre son torse. J'ai tellement honte de toutes mes décisions récentes. J'ai fait pour le mieux mais j'ai été égoïste et je l'ai fait souffrir. Il me serre de nouveau dans ses bras en passant ses mains dans mon dos.
- « Je suis désolée… je suis désolée… Pardonne-moi… »
J'entame à voix haute une litanie qui tourne en boucle dans mon esprit depuis longtemps.
- « C'est fini Felicity. Tout va bien, calme toi… calme toi. »
Sa voix s'est adoucie et il me berce contre lui maintenant. Mes larmes se tarissent petit à petit et je me laisse faire par ses bras forts qui me retiennent. Il n'y a que sa voix qui me parvient, j'ai l'impression qu'on est seul, rien d'autre n'existe autour de nous. Je sens seulement maintenant qu'il m'a attiré à lui, que je suis assise sur ses genoux, recroquevillée contre son torse, nos corps entièrement lovés l'un contre l'autre. Je finis par me calmer, je reprends mon souffle et j'ose entrouvrir les yeux.
La première chose que je vois c'est le torse d'Oliver. Il me parait toujours aussi fort qu'avant mais sa voix est étranglée et elle a maintenant un ton plus anxieux. Il continue de me répéter que tout va bien. J'ose le croire et relève la tête doucement contre lui. Je reconnais le QG et je me sens rassurée d'être dans un lieu familier et connu seulement de mes amis. Je me mords la lèvre, je ne sais pas si j'ai encore le droit de les appeler comme ça. Je lève la main gauche pour la poser sur sa joue et je sens sa peau humide. Je caresse sa barbe naissante de mon pouce et relève un peu plus la tête en me détachant de lui. Je pose enfin les yeux sur lui et je le vois pleurer en silence. Mon cœur se serre et ma culpabilité revient avec force. Tout ça c'est à cause de moi.
- « Ne pleure pas… je t'en prie... je suis désolée. »
Je me redresse et le prends dans mes bras, je serre sa tête contre moi. Je n'en ai pas le droit mais je ne sais pas quoi faire d'autre. Je sens ses sanglots se calmer, il lève la tête et nos regards se croisent. Il est fragile comme je ne l'ai jamais vu. Ses grands yeux clairs se posent sur moi et je sens le poids sur ma poitrine s'alléger. Je ne le dégoute pas, il ose encore me regarder. Je glisse mes mains sur ses joues pour essuyer ses larmes et je suis suspendue à ses yeux et ses gestes.
Oliver pose à son tour ses mains sur mes joues, son regard toujours plongé dans le mien. Il attire ma tête jusqu'à lui et dépose un baiser sur mon front. Mon cœur se serre à nouveau, le poids qui avait disparu de ma poitrine s'y dépose à nouveau quand il me semble voir ses yeux s'assombrir.
- « Les autres sont inquiets, ils veulent te voir. », d'une voix rauque et basse.
A ces mots, mes épaules se voutent légèrement. J'ai l'impression qu'il m'a repoussé sans réellement le dire. Je me glisse sur le matelas, il se lève sans attendre et prends la direction de la porte. A peine est-elle ouverte que j'entends des mouvements et des voix raisonner. J'ai à peine le temps de poser mes pieds au sol que Théa et Laurel se jettent sur moi et m'entourent.
Toutes les deux me prennent dans leurs bras et me serrent contre elles. Je sens leurs mains dans mes cheveux, dans mon dos. Elles me parlent en même temps et je tente de leur répondre entre mes larmes et mes rires de soulagement pour leur réaction et le cœur encore lourd de celle d'Oliver. Elles sont assises sur le matelas, m'encadrant et elles ne me lâchent pas. Je n'ose pas les regarder mais la voix de Théa me donne confiance.
- « On est tellement heureux que tu ailles bien Felicity. On a eu peur. On a cru… »
J'entends sa voix trembler, je vais pour m'excuser auprès d'elles mais Laurel m'interrompt.
- « Tu te souviens de ce qu'il s'est passé ? », me demande-t-elle avec inquiétude.
Je me fige un instant et je réfléchis. Jusqu'à maintenant je n'y ai pas pensé, mon esprit était seulement envahi par la culpabilité. A sa question, je revois Blackmore entre mes mains et la voix d'Oliver qui me supplie de ne pas le tuer. Je lève les yeux vers lui et il détourne le regard, ses yeux encore brillants.
- « Je ne l'ai pas tué… », entre doute, espoir et regret.
- « Non, Oliver l'a attaché pour qu'il ne puisse pas s'enfuir et mon père et son équipe sont venus le récupérer. »
J'écoute Laurel mais je ne parviens pas à me souvenir de ce qu'il s'est passé et de la suite. La voix de John s'élève alors, grave et posée.
- « Tu as fait un malaise. »
Je tourne la tête vers lui, je ne l'avais pas encore vu, et je suis soulagée quand il ne fuit pas mon regard. Je lui souris doucement, rassurée par le fait qu'il ne me déteste pas. Je me lève doucement et prends un moment pour être sure que mes jambes me retiennent. John s'approche et me prends à son tour dans ses bras. Il me serre fort puis au bout de quelques secondes, il se recule et me donne une tape dans le dos. Il n'est pas du genre à s'épancher mais je vois bien qu'il est heureux de me retrouver et j'en suis soulagée. Il retrouve une apparence plus neutre et regarde Oliver sur lequel je n'ose plus poser les yeux. Je me rassois entre mes amies et John reprend la parole.
- « Tu as perdu conscience et tu avais de la fièvre. Surement à cause de ces nanoparticules que tu t'étais injecté. »
Je fronce les sourcils, rien ne pouvait leur indiquer ce que j'avais pu prendre, même la fiole qu'il avait trouvé.
- « J'ai fait des recherches à partir de la fiole et je me suis souvenu du domaine de travail de Ray. »
Je hoche la tête sans un mot et ferme les yeux. Je me souviens vaguement de la nausée que j'ai ressentie après avoir relâché Blackmore, des tremblements et une faiblesse. John reprend alors que mes amies se resserrent autour de moi. Oliver n'a pas bougé depuis qu'il s'est écarté et je sens son regard sur moi.
- « Oliver a pris la décision de te ramener au QG. On a fait le plus vite possible, ton pouls était faible et tu respirais de plus en plus difficilement. Oliver a préparé ses herbes médicinales et il t'en a fait avaler le plus possible. »
Je serre la main de Théa dans la mienne.
- « On t'a veillé à tour de rôle pendant plusieurs jours. Tu as appelé Ray… tu as déliré à cause de la fièvre alors que ton corps se débarrassait des nanoparticules.
- C'est impossible. Elles étaient créées pour s'incorporer à mes cellules, elles avaient envahi mes muscles, mon cœur, mes poumons. Je n'aurais pas dû survivre. »
Je n'en avais pris conscience assez rapidement, je lève la tête vers Oliver qui cette fois ne fuit pas mon regard.
- « On a cru que tu allais mourir. »
La voix d'Oliver est basse et froide, John continue ses explications alors que je tente d'ignorer le ton d'Oliver.
- « On t'a donné à plusieurs reprises cette décoction et ton corps a récupéré petit à petit. Ça fait une semaine que tu es là et c'est la première fois que tu te réveilles.
- Merci de m'avoir sauvé. », je murmure pleine de reconnaissance et encore honteuse.
Oliver ne répond pas et John reprend.
- « Tu es encore faible, tu devrais rester allongée. On va s'occuper de toi. »
Mes amies se lèvent et me font m'allonger sur le matelas. Je me recroqueville et les regarde sortir. Sans m'en rendre compte mes yeux se ferment et je glisse dans le sommeil, bercée par les voix de l'autre côté de la porte, épuisée par ces émotions trop vives.
Les jours suivant je reste éveillée de plus en plus longtemps. Oliver passe me voir et je sens ses doigts caresser mes cheveux. Quand j'ouvre les yeux, ses doigts abandonnent mon corps mais il ne recule pas et me regarde. Je n'ose pas faire un geste vers lui ne sachant pas comment il va être perçu. Il a toujours un air triste qui ne le quitte pas et je sais que c'est à cause de moi. Au bout de trois jours, j'ose lui poser la question qui me brûle les lèvres.
- « C'est à cause de moi ? » Il fronce les sourcils. « Tu as l'air tellement contrarié, je suis désolée de t'avoir déçu. »
Il secoue la tête en s'éloignant.
- « Ce n'est pas ça, tu ne comprends pas. »
Il sort et me laisse seule. Il ne cherche même pas à m'expliquer. Je me retourne dans mon lit qui est devenu mon univers depuis ces derniers jours et me recroqueville. J'ai l'impression qu'il veut que je disparaisse mais il n'y a qu'ici que je me sente à l'abri. Laurel me dit que je devrais peut-être retourner chez moi, ça me permettrait de mieux me reposer. Mais quand je pense au fait que je serai de nouveau seule, mon ventre se contracte, je ne veux plus les quitter.
Les jours suivant se ressemblent, je me repose dans la chambre qu'ils m'ont laissée et j'erre dans la QG. Je me suis remise devant mes écrans mais je ne peux pas aider correctement mes amis. Je me fatigue vite et il y en a toujours un pour me raccompagner et m'aider à me coucher. Théa m'a racontée ce qu'il s'est passé alors que j'étais à peine consciente et ça me demandera sans doute du temps pour retrouver mon état normal.
Quand ils m'ont ramené au QG, j'étais inconsciente. John leur a expliqué que les nanoparticules avaient investi tout mon corps et que si je ne recevais plus de dose mon corps allait dépérir. Il avait raison, mon corps avait pris l'habitude de fonctionner en étant boosté par cette technologie. Il avait eu du mal à accepter ces éléments étrangers au début mais rapidement il s'était habitué à leurs effets. Plus de force, plus de résistance, plus de rapidité. Au début, je me sentais reprendre des forces même si ce n'étais pas réellement les miennes. Puis rapidement sans m'en rendre compte mon corps entier est devenu dépendant. Même si je notais toutes mes prises et les effets pour contrôler cette situation, je me sentais parfois comme une junkie. Mon corps et mon esprit en attente de retrouver ce fonctionnement supérieur. Et John avait raison aussi quand il a parlé de mon comportement, j'étais plus à cran et mon agressivité avait augmenté.
Quand on est parti pour arrêter Blackmore, ma dernière prise datait de plusieurs jours et les effets de manque commençaient à se manifester déjà mais je n'y ai pas prêté attention. J'ai failli perdre l'esprit quand je me suis retrouvée encore une fois face à cet homme responsable de tout ce mal. Mais Oliver m'a raisonnée, sa voix a trouvé le chemin de mon cœur et de ma raison. Je me suis relevée comme dans un état second. Je l'ai regardé attacher cet homme et je me suis sentie soulagée, toute cette histoire était enfin finie. Le mélange de ces sentiments et la faiblesse ressentie maintenant par mon corps m'a été fatal. C'est le dernier souvenir que j'ai de cette nuit-là, le reste ce sont mes amis qui me l'ont rapporté.
Théa m'a raconté qu'Oliver m'a porté jusqu'au van. Il ne me quittait pas des yeux et me gardait serrée contre lui. Quand elle me dit ça je ressens un élan de reconnaissance pour lui. Même dans l'état où je me trouvais, après avoir essayé de lui faire du mal, il avait été là pour moi, ce qui semble avoir changé depuis. Laurel et John m'ont racontée les heures d'inconscience, mon agonie pendant que mon corps se débarrassait des nanoparticules et où Oliver n'a pas quitté mon chevet. Il ne m'a abandonné à aucun moment même lorsque les autres lui ont dit de se reposer. Durant les premières heures tout le monde s'est inquiété car ils n'étaient pas surs de mon état mais une fois cette sorte de crise de manque passé, ils ont tous été rassurés.
Quand j'ai appris ça j'ai été surprise. Le comportement qu'Oliver avait eu n'avait rien à voir avec celui qu'il manifestait maintenant. Depuis que j'avais repris conscience et après qu'il m'est rassuré, il s'est montré distant, détaché. Ce sont mes amis qui se sont occupés de moi. Je me suis sentie mal de lui imposer ma présence mais je ne pouvais pas encore rentrer chez moi. Je ne me sentais pas assez forte et je n'avais aucune envie de me retrouver seule. Je restais au QG, me forçais à faire face à Oliver et à son mépris, je ne voulais pas rentrer chez moi et être la proie de tous les souvenirs qui allaient me harceler.
Ce matin j'ai profité de l'absence d'Oliver pour me mettre devant mes écrans et aider l'équipe. Je me suis assise lentement en écoutant les demandes de John et j'ai caressé mon bureau du bout des doigts. Je me sens chez moi, ici, à travailler avec eux et à faire ce qui est bien. A cette pensée, toutes mes mauvaises actions au nom de ma vengeance me reviennent en tête. Je serre les mâchoires et me concentre sur la voix de John. J'ai fait ce que je devais faire, je me raisonne et me mets au travail. Au bout d'une heure, je suis entièrement concentrée sur les données qui défilent devant mes yeux. Je ne reprends conscience de mon environnement seulement au moment où j'entends le haussement d'une voix. Je redresse la tête, John s'énerve face à Oliver et je baisse immédiatement les yeux quand John tourne la tête vers moi. Tout indique qu'ils parlent de moi et je ne veux pas savoir ce qu'ils se disent.
Je n'ai pourtant pas à attendre longtemps. John s'approche de moi, Oliver un pas derrière lui. J'ai presque l'impression que c'est John qui est devenu le chef de notre petit groupe et Oliver le suit sans rien dire. Je relève la tête seulement quand John s'adresse à moi et que je ne peux pas faire autrement que le regarder.
- « Felicity, il vaudrait mieux que tu rentres un peu chez toi.
- Mais je… je suis en train de travailler… et je n'ai pas fini… », d'un air inquiet.
Je ne veux pas partir. Il se baisse et pose une main sur mon épaule.
- « Il faut que tu ailles mieux Felicity, que tu te reposes. » Il marque une pause et je vois toute la gentillesse et la sollicitude dans son regard. Il veut me rassurer, prendre soin de moi. « Je comprends que tu ne sois pas à l'aise de rester seule, c'est pourquoi Oliver va t'accompagner. »
Je veux refuser mais John ne me laisse pas faire. Il se retourne vers Oliver.
- « Tu vas l'accompagner et tu restes avec elle jusqu'à nouvel ordre. »
Il hoche la tête et quand je lui jette un regard, ses yeux sont fixés sur notre ami. Il s'éloigne pour prendre ses affaires et reviens vers moi.
- « On y va. »
Une phrase sèche sans me regarder toujours. Je suis surprise qu'il obéisse à John aussi facilement pour quelque chose qu'il ne veut pas faire. Je me lève sans attendre, enfile un pull et le suis. Nous sortons dans la rue, Oliver se met au volant de sa voiture et je monte côté passager. Le silence nous entoure alors que nous roulons, je repense au trajet avant notre accident, quand il s'est rendu compte qu'il m'aimait. Je refoule rapidement ses souvenirs pour ne pas me faire plus de mal en pensant que ça appartient à une autre vie.
Sans m'en rendre compte, nous sommes devant chez moi. Oliver descend et je le suis. Je rentre chez moi et me fige sur le seuil. Il y a tellement longtemps que je ne suis pas venue ici, j'ai presque l'impression d'être chez une étrangère. J'ai l'impression d'avoir vécue une vie entière qui s'est brûlée dans la vengeance. Je marche lentement en regardant autour de moi, rien n'a changé. De la vaisselle encore dans l'égouttoir, mon manteau noir pendu au porte-manteau, des vêtements en tas dans la panière à linge parterre dans la salle de bain dont la porte est restée entrouverte. Et ça me frappe à cet instant, il va me falloir du temps pour me sentir chez moi.
- « Tu veux manger quelque chose ? »
La voix d'Oliver me surprend et je me retourne vers lui.
- « Je n'ai pas faim », je marmonne, l'estomac noué par mon angoisse de me retrouver seule avec lui.
- « Tu dois manger. Je vais commander quelque chose. »
Il s'approche du réfrigérateur et compose le numéro du prospectus qui est retenu par un magnet. Celui-ci est à l'effigie d'Arrow, une plaisanterie entre nous. Oliver l'avait acheté à un marchand ambulant et me l'avait offert pour me montrer qu'il serait toujours avec moi. A ce souvenir les larmes me montent aux yeux. Il raccroche une fois la commande passée et se retourne vers moi en fronçant les sourcils. J'essuie rapidement mes larmes et étouffe mes pleurs. J'ai été forte et maintenant je me sens faible et incapable de faire face à la situation et particulièrement à Oliver.
- « Felicity… ?
- Je suis désolée… » je ravale mes sanglots, je dois absolument lui parler. Je dois lui dire ce que je ressens avant qu'il ne veuille plus me voir. « Je suis désolée pour tout ce que j'ai fait et je suis désolée de t'imposer ma présence… je comprends que tu ne veuilles plus me voir après le mal que je t'ai fait… le mal que j'ai fait à l'équipe. Mais j'ai cru agir pour le mieux. Je ne voulais pas m'enfuir…
- Si tu ne voulais pas alors pourquoi tu l'as fait ? »
Le ton de sa voix se partage entre la colère et l'incompréhension, et je me sens encore plus déchirée.
- « Je devais venger Ray. Blackmore devait mourir… il devait mourir.
- Je t'ai dit que je m'en occuperai, l'équipe était là pour toi. J'étais là pour toi…
- Mais tu ne comprends pas… », mes sanglots étouffant mes paroles.
- « Tu as raison je ne comprends pas. Je suis tellement en colère contre toi Felicity. Après tout ce qu'on a traversé ensemble. On a réussi à venir à bout de nombreux problèmes mais toi, quand tu en as le plus besoin, tu t'enfuis, tu nous repousses et tu te bats contre nous. »
Il ne bouge pas, son corps se crispe alors qu'il crie, il est en colère mais je ne l'éviterais plus maintenant. Il semble ne pas comprendre alors je vais devoir tout lui expliquer.
- « Depuis le début je suis à tes côtés, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour t'aider dans les moments de doute et de désespoir. Je t'ai vu t'améliorer… et je n'allais pas ruiner tous tes efforts en te laissant tuer Blackmore. »
Il reste sans réagir et j'en profite pour continuer.
- « Tu as arrêté de tuer, tu as réussi à éloigner et à garder à distance le monstre que tu étais en train de devenir. Et pour Ray, je t'aurais fait replonger, je ne pouvais pas te demander de tout sacrifier. C'était à moi de le faire, seulement à moi. »
Je reprends mon souffle et inspire lentement pour tenter de me calmer.
- « Et maintenant je te déçois et tu m'en veux. Je peux le comprendre. Je sais que tu préférerais ne pas passer plus de temps avec moi… mais… mais je suis effrayée, je ne sais pas si je suis capable de redevenir celle que j'étais, si c'est encore possible. Et j'ai besoin… »
Avant que j'aie pu finir ma phrase, les bras d'Oliver m'enlacent et me serrent contre lui. Je suis surprise de sa réaction à laquelle je ne m'attendais pas et je reste choquée.
- « Felicity… je suis désolé. »
Il glisse ses mains sur mes cheveux et murmure contre ma tête.
- « Je ne t'en veux pas, je ne veux pas rester éloigné de toi. Je veux prendre soin de toi, être là pour toujours. »
Je souris, soulagée d'entendre ces mots que je n'espérais plus et laisse échapper un rire de soulagement au milieu de mes larmes.
- « Mais pendant tout ce temps au QG, tu ne m'as pratiquement pas parlé, tu es resté loin de moi, tu m'as presque ignorée depuis je me suis réveillée.
- J'ai gardé mes distances pour me protéger. Ça faisait deux mois qu'on te recherchait. Tu as pointé une arme sur mon front, tu nous as tenu tête quand on t'a retrouvé, on ne parvenait plus à se parler sans en venir aux mains. Je pensais que tu ne voulais plus nous voir, que dès que tu serais libre de tes mouvements tu disparaîtrais… Et je ne voulais pas espérer pour te perdre encore une fois.
- Tu ne veux pas me voir partir ?
- Pas le moins du monde. Je veux te garder près de moi si tu le veux. Et je veux te retrouver et t'aimer. J'ai tellement eu peur de te perdre. »
Ses mains viennent encadrer mon visage et il me déclare son amour en plongeant dans mon regard. Je me suis éloignée pour ne pas le faire souffrir et lui en a fait de même. On aurait pu se perdre pour toujours si nos amis n'avaient pas été là pour protéger le lien devenu ténu entre nous.
Il se baisse doucement et pose un baiser sur mon front. Je ferme les yeux pour profiter de cette pression et de la caresse de ses pouces sur mes joues. Ça ne me suffit pas et je relève le visage pour le trouver. Son visage ne s'éloigne pas du mien et ses lèvres courent sur ma tempe, mes yeux, mes pommettes et trouvent ma bouche. Je me raccroche à ses poignets et je me délecte de ces sensations retrouvées. Une joie immense m'envahie, il ne m'en veut pas et il m'aime. Je ne demande rien de plus au monde.
Notre baiser reste chaste, nous prenons le temps de nous réapprivoiser, de nous retrouver tendrement. Ce baiser a le gout de nos larmes. Ses mains quittent mon visage pour se poser dans mon dos et sur mes hanches et ses lèvres embrassent ma tête avant qu'il ne pose son front dessus. Je me laisse entrainer par ses caresses douces et suaves sur mon corps alors que je retrouve sa bouche et que je quémande un baiser plus poussé. Il répond aussitôt et nos langues se trouvent pour se caresser tendrement. Sa respiration, tout comme la mienne, devient plus rapide et je mets fin au baiser quand on ne parvient plus à respirer. Nos corps se sont rapprochés d'eux-mêmes, je sens le sien en manque mais Oliver se retient. Pour lui faire comprendre que j'en veux plus, je ne connais qu'un seul moyen.
Je passe mes mains sous son tee-shirt et caresse doucement son torse. Je retrouve les courbes que je connais encore par cœur, les formes de ses cicatrices, je passe mes mains dans son dos et le caresse toujours aussi lentement. Je sens son envie augmenter et je lui retire son tee-shirt entièrement. Quand son torse est découvert, je dépose une série de baiser qui le fait respirer plus rapidement.
Je sais que je lui ai dit que je n'appartenais à personne mais après tout ça, je veux être à lui et qu'il soit à moi. Je veux lui appartenir pour qu'il me garde près de lui et le posséder pour ne faire qu'un avec lui. Il prend ma tête dans ses mains et me fait reculer.
- « Felicity, on devrait…
- Je veux être à toi », en le regardant dans les yeux et en m'offrant entièrement.
- « Et je veux être à toi », me répond-il avant de m'emporter dans un baiser plus passionnel.
Je m'accroche maintenant à ses bras et remonte ma cuisse pour crocheter ma jambe à la sienne. Il comprend le message et me soulève. Sans attendre, j'enroule mes jambes autour de sa taille et il m'emporte dans la chambre tout en m'embrassant. Une fois dans la pénombre de la pièce, il me laisse glisser le long de son corps et il en profite pour me retirer le pull et le tee-shirt que je porte. Ses mains partent à la redécouverte de mes formes et ses lèvres ne tardent pas à les rejoindre. Il s'agenouille, me retire mon pantalon et dépose un baiser sur mon bas ventre. Mes doigts que j'ai glissés dans ses cheveux se resserrent dans ses mèches et je tire dessus pour lui demander de se relever.
A peine est-il debout que j'ouvre son pantalon et il s'en débarrasse sans attendre. Son boxer est déformé par son excitation et je le caresse sans attendre. Il gémit en donnant un coup de rein en avant pour accroître le toucher. On s'embrasse à nouveau, sa langue caresse la mienne et l'entraîne dans un ballet sensuel et excitant. Ses mains caressent maintenant mes seins et il dégrafe mon soutien-gorge avant de se baisser pour venir mordiller mes tétons et me retirer ma culotte. Je me retrouve nue entre ses bras et je profite du regard passionné qu'il a quand il me regarde dans les yeux.
Je m'allonge et il suit le mouvement en s'allongeant à côté de moi en s'employant à recouvrir mon corps de baisers. Mon cœur bat à tout rompre, je retrouve enfin l'homme que j'aime. Il parcourt mon visage, mon cou, ma poitrine, glisse sur mon ventre, mes hanches qu'il mordille et se baisse jusqu'à mes genoux pour suivre ensuite le chemin inverse. Alors que ses lèvres s'attaquent de nouveau à mon cou, je glisse ma main sur son entrejambe et il gémit en se déhanchant doucement contre ma paume. Quand je glisse ma main dans son boxer et prend son sexe dans mon poing, il gémit un peu plus fort et je sens qu'il fait un effort pour contenir son corps alors que je le masturbe doucement. Je le relâche et lui retire son sous-vêtement.
Il se redresse sur un coude pour me regarder.
- « Felicity…
- J'ai envie de toi Oliver, j'ai besoin de toi. »
Il dépose un baiser tendre sur ma bouche et nous nous embrassons en prenant le temps. Je sens son érection contre ma jambe et il recommence à se déhancher lentement avant de se glisser entre mes cuisses. Je relève mes jambes et les croise derrière ses reins. Il se glisse en moi doucement en me regardant dans les yeux. Il veut savourer ces sensations retrouvées, tout comme moi.
- « Je t'aime Felicity.
- Je t'aime aussi… et je te promets de ne plus m'enfuir.
- Je ne veux plus te perdre. »
Ses coups de reins profonds et lents deviennent plus rapides. Je veux me fondre dans son corps, me perdre en lui. Son corps recouvre le mien, je sens l'odeur de sa transpiration, le rythme de son cœur à travers sa poitrine, les frottements de son sexe dur qui éveille en moi un plaisir croissant. On jouit alors qu'il murmure mon prénom et que j'embrasse férocement la peau de son cou à ma portée. Je sens son corps se contracter entièrement et je me resserre autour de lui. On est enfin ensemble, pour toujours. Nous passons le reste de la nuit enlacés l'un contre l'autre. Nous sommeillons, nous parlons, nous nous caressons, nous profitons de ce moment qui n'est rien qu'à nous.
Quand le soleil me réveille le lendemain, le corps d'Oliver enveloppe le mien et sa main est refermée autour d'un de mes poignets. Je ne peux pas bouger sans le réveiller et je souris rassurée par ces dernières heures et le spectacle qu'il m'offre. Je me suis toujours crue forte et indépendante, je le suis, c'est ma nature mais je comprends maintenant que je ne peux pas vivre en étant loin de lui. Je glisse ma main sur sa tête et je sens la caresse de son souffle dans mon cou changer de rythme. Il se réveille lentement et dépose un baiser dans mon cou avant de trouver ma bouche. Ses paupières s'ouvrent sur ses yeux remplis d'amour et de tendresse qui m'inondent. Je caresse sa joue alors que mon sourire se perd.
- « A quoi tu penses ? », murmure-t-il.
- « Que je suis incomplète sans toi. »
Il sourit, rassuré par ma réponse et veut me prouver qu'il ressent la même chose. Je ferme les yeux et laisse mon corps aux bons soins de l'homme que j'aime. Nous avons expérimenté la loi de la patience, notre karma nous récompense enfin après tout ce que nous avons traversé.
Voilà pour le dernier chapitre de cette fic'. Pour celles qui sont arrivées jusqu'ici, je vous remercie de l'avoir suivi jusqu'à la fin. J'ai pris du plaisir à l'écrire et à la partager avec vous et j'espère qu'elle vous aura fait passer un moment agréable.
Je remercie particulièrement Evy 47, delicity, Olicity-love, Fernande, Raquel489, titi, Lou, , Ally84, takanima et les guests pour avoir laissé des commentaires. Je sais que j'ai perdu des lectrices avec le Raycity mais c'était un choix pour la suite de l'histoire et je ne le regrette pas. Je fais souffrir mes personnages mais je leur offre toujours une fin joyeuse. Il faut bien que toutes les épreuves traversées les aides à grandir et à s'améliorer ou se trouver !
Dernière chose. Je pense me lancer maintenant dans un Teen-Olicity. Ça va être une première pour moi, je me dis qu'on verra bien ce que ça donnera.
Et deuxième nouveauté pour moi, j'aimerais travailler avec une beta. Si quelqu'un est prêt à se faire harceler par mails pour des questions, des corrections de frappe et orthographe, des avis ou un besoin de motivation (je suis sure que je vais me comporter de cette façon avec ma beta !), j'attends vos messages en MP.
Je vous dis encore un grand merci et vous embrasse fort. A bientôt…
Bises
