Auteur original : coldmackerel sur Archive Of Our Own

couple : Rivaille/Eren

Traduction : Nami-chan

The 6th Ward

Chapitre 21 : Monstres

1 mois, 15 jours

"Et donc j'ai cet ami," commença Rivaille de manière nonchalante. "Il n'arrête pas d'avoir ses espèces de saignements d'oreilles intermittents. Mais parfois il saigne du nez. Et il se pourrait aussi que sa vue faiblisse ? Je voulais juste une opinion, et tu es l'infirmière la moins cinglée que je connaisse. Tu en dis quoi ?"

Le visage d'Hanji passa par une variété d'expression étonnée. "Attends, est-ce que tu viens juste de me faire un compliment ?"

Bien sûr c'était tout ce qu'elle avait retenue. "Ouais, tu es brillante, maintenant fais-moi un diagnostic."

"Euh, eh bien, je veux dire, je ne suis pas médecin, tu sais," dit-elle de manière critique. "Tu devrais dire à ton ami d'aller voir un vrai médecin." ses yeux se plissèrent soudainement. "Attends une minute, tu n'as aucun ami."

"Oi !" Protesta Rivaille. "Si j'en ai. Concentre-toi quatre yeux. Qu'est-ce qui ne va pas chez mon ami ?"

Hanji haussa les épaules. "Honnêtement ? Je n'en ai aucune idée. Je dirais que c'est simplement quelque chose avec le tympan, mais les saignements de nez me font dire que c'est quelque chose d'autre. Il se pourrait que ce ne soit rien de grave, mais ça pourrait aussi venir du cerveau. J'en sais rien, Rivaille. Dit à ton ami d'aller consulter. Mieux vaux prévenir que guérir."

Rivaille se renfrogna. C'était exactement la réponse vague qu'il avait espéré ne pas avoir. Il aurait voulu qu'elle lui dire que c'était normal et que ça passerait.

"Est-ce que ton ami a reçu un coup à la tête récemment?" tenta Hanji.

Rivaille jeta un mauvais regard à son repas peu ragoutant qui refroidissait en face de lui. Pour une quelconque raison, les deux essayaient toujours de manger à la cafeteria quand bien même ils pensaient avoir perdu leur sens du goût avec ce menu depuis longtemps. Quant au coup à la tête, bien sûr il y avait eu cette friction avec ses crétins de collègues quelques mois auparavant, mais ce n'était pas exactement récent. "Je ne pense pas," dit Rivaille contemplatif.

Repoussant sa nourriture froide, Hanji haussa les épaules. "Difficile à dire, alors. Va voir un vrai médecin."

Rivaille hocha la tête. "Je lui dirai." il leva le regard pour rencontrer Hanji qui le regardait de manière douteuse.

"Ouais certainement," elle soupira. "Dit lui. Assure-toi aussi que Rivaille ait le message." elle ricana, s'excusant de la table.

Pourquoi essayait-il même de tromper Hanji le dépassait. Ça ne marchait jamais de toute façon. Mais voir un médecin ? Cela ne semblait pas nécessaire. Il n'avait pas saigné depuis des jours et il se sentait relativement bien. Faisant un compromis, Rivaille décida qu'il irait parler à Erwin si les choses empiraient. Pour l'instant, cependant, il semblait qu'il allait beaucoup mieux.

Se sentant un peu plus confiant envers la situation, Rivaille retourna au sixième service pour fermer les heures de visites et pour compléter ses dossiers. Maintenant qu'il ne restait plus que trois morveux dans l'aile, cependant, il lui restait beaucoup moins de paperasse à garder à jour.

Rivaille vérifia la chambre de Connie et Sasha, qui était vide en dehors de leurs deux corps sans vie. Vérifiant la fenêtre, Rivaille les trouva en train d'essayer d'escalader l'un des plus gris arbres du bosquet des patients. Maintenant ils étaient un couple de morveux qui refusaient d'arrêter de vivre alors qu'ils étaient morts. Ils étaient soit incroyablement idiots ou bien plus fort que chacun d'entre eux. Probablement les deux.

Se dirigeant vers la chambre d'Eren, Rivaille remarqua que la porte avait été laissé entrouverte. Ce n'était pas quelque chose de particulier, mais Eren avait tendance à garder sa porte fermée. Ce qui était vraiment étrange, cependant, c'était qu'il y avait là un homme à l'air fatigué dans un ensemble passé de mode et une barbe mal rasée qui se tenait au-dessus du corps d'Eren.

"Euh," commença Rivaille avec embarras. "Est-ce que je peux vous aider monsieur ?"

L'homme avait des yeux vides et fatigués et avait un visage qui suggérait que sa vie n'avait été qu'une série de déceptions. "Qu'est-ce qu'il a ?" demanda-t-il faiblement. "Est-ce qu'il est mort ?"

D'une certaine façon l'homme semblait familier. "Essentiellement," dit Rivaille lentement, étudiant l'homme avec une suspicion grandissante. "Il est en mort cérébrale, mais sous support vital."

"Je vois," l'homme débraillé répondit promptement. "Est-ce qu'il a d'autres visiteurs ?"

Rivaille hocha la tête. "Il a une famille : sa sœur adoptive et leur meilleur ami. Vous connaissez Eren, monsieur ?"

Un soudain air de profonde tristesse s'insinua dans les yeux de l'homme, mais seulement pour un court instant. "Je suis son père." il secoua la tête comme s'il essayait de se forcer à se débarrasser du souvenir. "Eh bien, je l'étais. Je n'ai jamais vraiment été un père. Je ne sais pas vraiment comment l'être."

Faisant un bruit poli de compréhension, Rivaille marcha jusqu'aux abords du lit d'Eren.

"Je suis un alcoolique," souffla l'homme.

Rivaille s'arrêta, le fixant ouvertement. "Tout comme moi," renvoya Rivaille sur un ton monocorde, essayant de défaire l'atmosphère gênante.

Mr. Jäger inspira fortement. "Je ne devrai pas être ici." sans aucune autre explication, il se précipita par la porte et quitta l'aile numéro six.

Se tenant là, serrant un porte-bloc, Rivaille n'arrivait pas à décider s'il devait aller après lui ou non. Ce n'était pas vraiment sa place, mais la courte visite de l'homme avait soulevé une centaine de questions et il n'avait de réponse pour aucune d'entre elles. Ses considérations furent de courte durée, cependant, quand Eren entra dans la chambre, se frottant l'arrière de la tête de manière désinvolte. "Est-ce qu'il y avait quelqu'un dans ma chambre ?" demanda-t-il avec curiosité.

Rivaille le fixa. Qu'était-il censé dire ? Ouais gamin, le père qui t'a abandonné quand tu étais un môme s'est montré pour un grand total de cinq minutes avant de se sauver. "Euh, mauvaise chambre," marmonna Rivaille, faisant semblant d'être absorbé par le dossier d'Eren.

Haussant les épaules, Eren prit un siège dans la chambre, posant ses pieds sur une autre chaise. "Il m'avait l'air familier."

Rivaille émit encore un bruit de reconnaissance. Il ne savait pas vraiment pourquoi il ne disait pas la vérité à Eren. Ce n'était pas une si grosse affaire, non ? Peut-être qu'il ne voulait simplement pas qu'Eren se mette à flipper et s'énerve encore. Eren avait été plutôt en acceptation face à sa situation dernièrement, et la réapparition de son père pouvait mettre un coup à sa stabilité émotionnelle. De façon réaliste, cependant, Rivaille était probablement juste un enfoiré. Il ne voulait pas à avoir à s'occuper de ça. De quel droit le père d'Eren se montrait-il ici après toutes ses années de toute façon ?

"Qu'est-ce qui ne va pas ?" demanda Eren, brisant le train de pensées de Rivaille.

Relevant les yeux du dossier, Rivaille remarqua l'intense renfrognement sur son propre visage et l'air concerné qu'avait Eren. "Euh- rien. Ne t'inquiète pas pour ça. Je vais rentrer chez moi pour manger. Je reviens dans une heure environ." il s'excusa de la chambre d'Eren après avoir soufflé un rapide au-revoir.

La marche de retour jusqu'à son bâtiment d'habitation fut agréable, même s'il faisait assez froid pour geler le liquide de ses yeux. Ce n'était pas venteux et de la glace s'était figée sur les arbres nus durant la nuit, les faisant scintiller dans le soleil étonnamment intense. Il faisait en fait bien trop froid pour trouver qui que ce soit dehors, le parc était désert. Eh bien, presque désert. Tandis que Rivaille croissait en chemin son saule pleureur favori au-dessus de l'étang gelé, il vit le père d'Eren affaler sur un banc, les mains enfoncées désespérément dans ses poches. Rivaille ne savait pas vraiment s'il devait aller dire quelque chose où se contenter de marcher rapidement en espérant que l'homme ne le reconnaisse pas. D'un autre côté, en revanche, Rivaille avait une très forte curiosité en ce qui concernait le père d'Eren. Merde. Il ne savait vraiment pas quoi faire.

"Mr. Jäger," Rivaille se retrouva à saluer l'homme triste. Bon sang. Pourquoi avait-il fait ça ?

Le père d'Eren sursauta dans sa position assise, ses yeux se rivant sur Rivaille. "Euh, oui ?" il ne semblait pas reconnaître Rivaille.

"L'infirmier d'Eren," expliqua Rivaille promptement. "Ou est-ce que vous étiez ?"

Légèrement nerveux, l'homme regarda autour de lui rapidement comme s'il s'attendait à ce que Rivaille soit en train de parler à quelqu'un d'autre. Ça énervait Rivaille. L'homme abandonne sa famille pendant plus de dix ans et reste assis là comme un animal apeuré.

"Oi, où est-ce que vous étiez bordel ?" demanda-t-il sèchement. "Votre gamin est mourant, connard." Rivaille n'avait pas prévu de se mettre autant en colère, mais l'homme le rendait dingue. Ça aurait été plus simple s'il ressemblait au monstre que Rivaille s'était imaginé.

"J-Je suis désolé," bégaya-t-il laissant tomber sa tête entre ses mains.

Rivaille voulait le frapper. "Ou est-ce que vous étiez bordel ? Répéta-t-il, sa voix tombant dans un murmure dangereux.

Le père d'Eren grimaça et s'éloigna légèrement de Rivaille, mais il releva finalement les yeux sur lui, des yeux pleins de tristesse. "Nulle part," murmura-t-il en retour. "Je dormais sur des canapés, j'essayai de me faire de l'argent, puis je le perdais aussitôt. Je n'ai jamais fait la moindre chose."

"Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas revenu, alors ?"

"Je ne pouvais pas," dit-il faiblement, fixant toujours les yeux de Rivaille. "Je ne pouvais pas être dans cette maison avec eux."

Rivaille lui renvoya son regard. "Ouais, vous auriez aussi pu arrêter de boire," cracha-t-il.

"Ouais, et vous ?" répondit l'homme, un peu plus durement qu'auparavant.

Eh bien, il marquait un point.

"Je l'ai frappé," laissa échapper le père d'Eren. "Mais juste rien qu'une fois," ajouta-t-il.

Rivaille stoppa son attaque abruptement. Il ne savait pas vraiment quoi faire de l'homme brisé en face de lui. Il n'y avait rien chez lui suggérant qu'il était un individu dangereux. Il était un imbécile, mais plus un danger pour lui-même que pour quelqu'un d'autre. Quelque chose chez lui donnait envie à Rivaille de le prendre et de le secouer jusqu'à ce que son cerveau se remette en place et qu'il prenne une bonne décision au moins une fois dans sa vie pathétique.

En fait, c'était plutôt une bonne idée.

Rivaille attrapa le haut du père d'Eren et le fit se lever du banc pour qu'il puisse l'avoir au niveau de son regard. L'homme ne fit aucun effort pour utiliser ses propres jambes pour le supporter ou pour repousser Rivaille.

"Pourquoi êtes-vous revenu ?" siffla Rivaille. "Pourquoi est-ce que vous êtes ici ?"

Le père d'Eren secoua la tête, un air de sincère étonnement sur ses traits. "Je ne sais pas. Peut-être pour dire que je suis désolé ? Je n'ai pas pu. Je ne pouvais simplement pas."

Les monstres n'étaient pas censé être aussi pathétiques. Mais, en regardant dans les yeux de l'homme, Rivaille y vit plus de lui-même qu'il ne l'aurait souhaité. Ça le rendait malade. Et ça le rendait malade parce que Mr. Jäger n'était pas un monstre. Ils étaient juste une bande d'humains merdiques vivant sur le même plan de réalité, faisant les mêmes foutues erreurs et incapable pendant un seul petit instant de regarder leur foutu gamin dans les yeux et admettre qu'ils étaient loin d'être parfait- de dire qu'ils étaient désolés d'être une telle déception.

"C'est un peu tard pour ça," soupira Rivaille, relâchant sa poigne sur la veste de l'homme. "Toutes les erreurs ne peuvent être réparées."

Mr. Jäger lui fit un sourire triste. "Vous avez probablement raison. Je souhaiterais juste qu'on ait pas été élevé en croyant que tout pouvait être réparé avec des excuses."

Rivaille lui fit un léger sourire en retour, se sentant plus fatigué qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Regarder le visage de l'homme avait pour effet de le faire réfléchir, comme un miroir tordu vers son futur. "Ouais, moi aussi."

"Ce serait mieux si je laissais simplement Eren me haïr en paix, non?" demanda l'homme avec regret. "C'est probablement le moins que je puisse faire pour lui maintenant."

Relâchant complètement l'homme, Rivaille défroissa les vêtements de Mr. Jäger en excuses et il s'éloigna pour lui rendre son espace personnel. "Qui sait," dit-il avec précaution. "Je ne serais pas assez fort pour essayer d'arranger les choses."

Mr. Jäger ricana. "Ouais, moi non plus." il joua nerveusement avec son annulaire, perdu dans ses pensées. "Je n'ai pas pu arrêter de boire. On n'a pas tous une fin heureuse pas vrai ?"

"Non," lui accorda Rivaille.

"Ce gamin va me manquer," admit Mr. Jäger. "Il m'a toujours manqué, et il me manquera toujours. Je ne le mérite pas, mais je ne peux pas m'en empêcher."

Rivaille haussa les épaules. "Qui sait ce qu'on fait et ce qu'on ne mérite pas."

"Je ne reviendrais pas ici," dit l'homme, reboutonnant sa veste avec finalité.

Rivaille hocha la tête. "Je sais. Bonne chance."

"Si je le mérite," le père d'Eren se mit à rire, tournant les talons et partant vers l'Est pour Dieu sait quoi.

Se renfrognant face à ce dos qui s'éloignait, Rivaille murmura, "Si je le mérite."

Peu importe ce que Rivaille fit pendant le restant de la journée, cependant, il n'arriva pas à se retirer ce sale type de la tête.

Parce que, vraiment, les monstres n'existaient pas.

Nous créons les monstres pour cacher le fait que le mal est une invention humaine. Nous créons des monstres pour ne pas avoir à regarder dans le miroir et les voir dans le reflet. Nous faisons des choses monstrueuses et rejetons la faute sur les monstres. Un jour, cependant, on se réveille comme le père d'Eren et on sait que les monstres n'existent pas. Et avec ça, Rivaille suppose, venait la réalisation que le pardon n'était pas derrière toutes les portes. Tous les actes ne pouvaient êtes excusés.

Ça ne condamnait pas nécessairement, mais il n'était plus possible de croire aux monstres.

….

Rivaille revint à son appartement cette nuit-là et joua la Sonate du Clair de Lune de Beethoven.

C'est vraiment hideux.

Il avait toujours été nul en musique classique.

À chaque fois qu'il en jouait, c'était encore pire. Après chaque échec, il avalait un autre verre de scotch. Inévitablement, ça ne faisait qu'aggraver sa façon de jouer encore et encore. Et ce foutu alcool le faisait penser à ses propres parents et le peu de souvenirs qu'il avait d'eux. La plupart du temps il pouvait à peine se souvenir de leurs visages. Est-ce que son père avait été le même genre d'enfoiré que Rivaille ? Est-ce qu'il buvait autant que Rivaille ? Avec de la chance c'était le cas. Au moins Rivaille pouvait mettre ça sur le dos de ses gènes.

Bien sûr, il continuait aussi de penser au père d'Eren. Ça ne faisait que le rendre plus en colère. En fait, tout le mettait en boule ce soir. Pour aggraver les choses, son oreille avait recommencée à saigner et avait gâchée un autre t-shirt. Il le retira et resta assis au piano, ivre, énervé, à moitié nu et couvert de petites taches de sans, frappant une sonate qui ne s'améliorait pas.

"Qu'est-ce que tu fiches ?"

Rivaille se retourna vivement et trouva Eren debout, un air légèrement effrayé sur le visage. C'était la crainte dans le regard d'Eren qui énerva le plus Rivaille. "Barre-toi de là," cracha-t-il, se retournant vers les touches.

Priant qu'Eren comprenne et s'en aille, Rivaille se remit à jouer avec colère. Mais au lieu de cela, Eren se contenta de retirer la bouteille de scotch du piano et de la poser sur la table basse. "Je crois que tu devrais aller au lit," suggéra Eren doucement.

Rivaille n'arrêta pas de jouer, cependant, et Eren se tint nerveusement à côté du piano. "Tu devrais partir, gamin," répéta Rivaille un peu plus gentiment.

"Vraiment ?" demanda Eren incrédule. "Parce qu'on dirait que je devrais vraiment rester."

Rivaille savait que c'était mal, mais le scotch le poussa à se relever avec colère, agitant les bras comme un aliéné. "Je vais bien," insista-t-il dans son ivresse. "Vas-t-en."

Eren fit mine de s'approcher de lui, probablement pour offrit un bras de soutien pour Rivaille avant qu'il ne bascule, mais Rivaille fit la pire chose possible, qui était de repousser vivement Eren. Il ne savait pas pourquoi il l'avait fait. Si Eren avait été blessé par le geste, il ne le montra pas. Au lieu de cela, un air résolu se fixa sur son visage, il avança une fois de plus, déterminé à mettre Rivaille hors course.

Rivaille lança un coup.

Merde.

Rivaille souhaita croire aux monstres.

Son poing ne rencontra rien, cependant. Par chance, Eren était étonnamment préparé à l'attaque et tordit pratiquement le bras de Rivaille dans son dos, le faisant tomber au sol avant de s'asseoir avec entêtement sur le dos de Rivaille, son bras toujours tenu de manière inconfortable. Il était plutôt lourd pour une non-entité.

Aucun d'entre eux ne parlait pendant un long moment. Le cerveau de Rivaille lui hurlait de s'excuser, mais tout ce qu'il pouvait voir était des images d'un Eren plus petit, plus effrayé venant d'être giflé par son père ivre. Toutes les portes n'avaient pas de pardon derrière. Ses propres mots résonnaient cruellement dans son cerveau endolori.

"Tu as fini de faire ton enfoiré?" demanda finalement Eren. Il ne semblait pas particulièrement en colère, mais il ne fit aucun geste pour relâcher Rivaille.

"Pas particulièrement," grommela Rivaille.

Donc ils restèrent comme ça pendant encore quelques minutes, le dos de Rivaille lui faisant de plus en plus mal, et Eren silencieux.

"Pourquoi est-ce que t'es encore là ?" parvint finalement à dire Rivaille, tentant de bouger son épaule engourdie, mais sans succès.

Eren soupira. "Probablement parce que je suis taré."

"Probablement," lui accorda Rivaille. L'alcool pesait lourd sur son esprit et il ne voulait rien d'autre qu'une bonne sieste. Et il voulait s'excuser, ce qui était étrange parce qu'il ne voulait jamais s'excuser. Les morts ne sortirent pas, cependant. Soudainement il se sentit vraiment mal à propos de son altercation avec Mr. Jäger. Était-il meilleur que lui ?

"Aussi," commença Eren faiblement. "Probablement parce que la plupart du temps je pense que j'ai besoin de toi plus que tu as besoin de moi, mais et puis des conneries comme ça arrivent."

"Je n'ai besoin de personne," marmonna Rivaille, échouant une seconde fois à retirer son bras de la prise d'Eren.

Eren se mit à rire. Pourquoi est-ce que tout énervait Rivaille cette nuit. "Ouais, d'accord, Rivaille. Tout va bien."

"Pourquoi est-ce que tu continus d'essayer avec moi," grommela Rivaille. "Je ne suis qu'une autre personne susceptible de te décevoir," ajouta-t-il doucement.

Eren ricana. "Seulement si je te laisse me décevoir."

"Parfois on ne peut pas choisir, gamin. Parfois les gens qui sont censé être là pour toi foutent tout en l'air et il n'y a rien que tu puisses y faire. Ce n'est pas de ta faute." Rivaille ne savait plus vraiment de qui il parlait à ce moment- principalement de lui-même, mais aussi probablement en partie du père d'Eren. Il aurait souhaité avoir simplement dit à Eren que son père était venu le voir.

Eren relâcha le bras de Rivaille, mais ne fit aucun geste pour se relever de son dos. "Alors ne fou pas tout en l'air."

"Ouais, et tu appelles ça comment ?"

"J'appelle cela ma faute," dit Eren avec entêtement. "J'aurais dû m'assurer que tu n'oublies pas que le scotch est une substance sous contrôle et qu'il devait être consommé avec modération."

Cette petite merde rendait difficile de se sentir désolé. "Si je m'excuse est-ce que ça voudra dire quelque chose ?" demanda Rivaille, morose.

"Je ne sais pas," dit Eren. "Pourquoi tu n'essaies pas ?"

"Je suis foutrement désolé, d'accord, gamin ? Je ne suis qu'un vieil ivrogne et si tu étais un tant soit peu intelligent tu serais déjà loin. Mais ce n'est pas le cas, alors on en est là."

Eren ricana. " Est-ce que tu es au au moins capable de t'excuser sans m'insulter en même temps ?"

"Non."

Se retirant finalement d'au-dessus de Rivaille, Eren s'étira et offrit une main à Rivaille pour l'aider lui aussi à se relever. Rivaille accepta et fut levé loin du sol pour être attiré dans une étreinte serrée. Il n'était pas vraiment fan des étreintes, mais celle-là n'était pas trop mal. Ce n'était probablement qu'à cause de la boisson. S'il avait le droit de donner un cou à Eren, alors il supposa que ce n'était que justice qu'Eren l'étreigne. De quel droit pouvait-il se plaindre ?

Eren renifla fortement." Est-ce que tu pleures ?" bredouilla Rivaille. Sans aucun tact, comme d'habitude.

"Ouais," il se mit à rire. "Tu es un énorme enfoiré. Je suis tellement en colère contre toi."

"Quel genre de fillettes pleurent quand elles sont en colère ?" marmonna Rivaille dans l'épaule d'Eren.

Eren ne répondit pas, mais renifla encore. Ils restèrent comme ça avant que Eren ne prenne la parole, son souffle froid chatouillant l'oreille de Rivaille. "Je crois que je t'ai mis de la morve dessus."

"Oh seigneur, est-ce que tu peux rester cool pendant trois foutues minutes ?" grogna Rivaille.

Eren ricana. "De la morve fantôme."

Rivaille le repoussa, frottant son épaule avec colère. "Tu dors dehors cette nuit." Eren lui fit un sourire avant de reprendre la bouteille de scotch pour la ramener à ça place dans la cuisine. "Ton père est passé te voir aujourd'hui," appela Rivaille après lui. Maudis scotch.

Eren s'arrêta et se tourna vers Rivaille, une expression conflictuelle fixée sur ses traits. Cela ne dura qu'un instant, cependant, et elle se transforma rapidement en une expression pensive. "Intéressant," dit-il simplement, avant de disparaître dans la cuisine.

C'était tout ?

Intéressant ?

Rivaille alla après lui, l'attrapant par l'épaule et le retourna avant qu'Eren ne puisse remettre la bouteille sur l'étagère. "C'est tout ? Ce connard te fait toutes ces merdes et tu le pardonnes simplement et passes l'éponge ?"

Eren haussa les épaules. "J'ai passé pas mal d'années en colère contre lui. C'est un sacré bout de temps passé en après quelqu'un. Finalement ça c'est simplement atténué."

"Tu l'as pardonné ?" demanda Rivaille cynique.

Secouant la tête, Eren replaça la bouteille sur l'étagère. "Pas vraiment. J'ai simplement arrêté d'y penser."

"Je suis vraiment désolé, gamin," répéta Rivaille lamentablement. C'était agaçant comment il pouvait juste s'excuser d'être ivre parce qu'il était ivre.

"Pourquoi ?" demanda Eren innocemment. "Pour avoir essayé de me frapper comme l'a fait mon père ?"

Rivaille se figea. Apparemment Eren avait fait le rapprochement ici. Il l'avait si bien pris qu'il pensait qu'Eren n'avait pas pensé à ça de la même façon. "Ouais."

"Tu n'es pas mon père, Rivaille," Eren se mit à rire. "Tu ne me dois rien. Et en plus, tu es trop petit. Tu ne pas vraiment à la hauteur là. Tu ne vas pas me faire de mal, Rivaille. Ce n'était pas mon boulot de s'occuper de son cul d'ivrogne, mais le tien ? Certainement. Je peux m'en charger."

Rivaille lui lança un regard mauvais. Tout serait plus facile si Eren pouvait simplement le haïr. "Tu n'as pas à t'en charger, crétin. Tu sais ou se trouve la porte."

"Ouais, c'est juste là où je l'ai laissée, j'imagine." dit Eren avec confiance en lui. Le fait qu'il pouvait prendre Rivaille de haut était constamment irritant pour le plus petit.

"Tu es tellement frustrant."

"Ouais, mais tu es quand même un peu amoureux de moi de toute façon," défia Eren.

Rivaille fit une moue, les yeux plissés dangereusement. "Tu ne peux pas m'accuser de connerie comme ça quand je suis bourré. Tu es un petit con astucieux, Eren."

"Au moins je suis astucieux," Eren se mit à rire.

"Puisque je suis bourré," parvint à dire Rivaille à travers le brouillard du scotch. "Est-ce que je peux en vouloir au fait que tu vas foutrement me manquer quand tu vas-y passer ?"

Eren ne fit que lui sourire. Rivaille observa le morveux pendant un instant. Être ivre était un bon moment pour faire des choses stupides. Au moins avant qu'il n'attire Eren à lui il eut la décence d'annoncer, "Je vais t'embrasser maintenant. Parle maintenant ou tait toi à jamais." il se dit qu'être une centaine d'années plus vieux qu'Eren était une raison suffisante pour demander sa permission.

Eren releva un sourcil face à lui avant qu'il ne réponde par un amusé, "Très bien alors."

C'était difficile de détester complètement l'alcool quand ça le menait à des moments comme ça. Même le mal de tête carabiné en valait la peine quand Rivaille se réveilla au-dessus d'Eren sur le canapé le lendemain matin, Eren ronflant toujours doucement en dessous de lui. Eh bien, peu importe ce qui s'était produit, Rivaille était certain que ça avait été agréable – même s'il ne s'en souvenait pas particulièrement. Au moins ils avaient tous les deux la majeure partie de leurs vêtements. C'était bon de s'avoir que Rivaille n'avait pas complètement perdu la tête en dépit de la quantité de scotch dans son système sanguin. Mettre cela sur le dos du scotch était bien plus simple que l'autre alternative.

TBC

Hum, la fin arrive vite, plus vite que je ne l'aurais cru. Et Rivaille qui continu à être dans le déni

Kami Cam's :

Un peu comme tout le monde, tu sais c'est un truc on te dit que c'est bon pour la santé et cinq ans plus tard on te dit que ça provoque des cancer, ben tout le monde croyait qu'il fallait mettre la tête en arrière alors que cela bouche les voix respiratoire si le flot de sang et trop important, je me suis cassé le nez à six ans et j'ai réellement failli en mourir, ma mère ne comprenait pas pourquoi j'étais devenue violette sur le trajet de l'hôpital.

La fin arrive, plus que sept chapitre maintenant, et seul le dernier fait plus de dix page. A ben je commencerai bien une autre traduction après, même si je risque d'être très occupée cet été. Rivaille ment...ou il cache toujours des choses, il reste très proche du manga papier. Ce qui m'inquiète encore plus c'est qu'il peu dire quel goût on les gens morts.

Il auront pris leur temps, ironique quand on sais qu'il ne le en reste plus beaucoup.

Kangoo : Et un coup de froid à cause des courant d'air.

Shin : J'espère que ce chapitre te plais tout autant, j'avais comme un sentiment étrange à la fin.

Vava : Un peu de moments mignons ne font pas de mal dans cette fic, j'espère que ce chapitre aussi ta plus.

Emie-Chan : Merci de ton soutien. Une mine d'or sentimentale ? C'est une jolie métaphore. Oui la fin approche petit à petit. Il à de moins en moins d'amour propre l'infirmier nain. Je crois que les parents s'étaient passé massivement le mot pour tuer leurs enfants.

Merci encore, je m'accroche.