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NO TOUCHING !
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Salut,
Merci à Sheena333, MlleEnora et Miiss pour vos reviews ! Je vois que Leah fait l'unanimité xD Pour vous répondre, je dirais simplement que les choses avancent... à leur rythme. Les personnages ne sont pas toujours aussi lucides que leurs lecteurs ;) Ca me fait toujours plaisir d'avoir vos avis, en tout cas !
Pas trop de blabla, juste le chapitre.
Bonne lecture !
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Chapitre 21
Le retour du balai
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1er avril
Ca y est presque.
Demain, Cheveuplat deviendra à nouveau Cheveufou, l'homme à la tignasse aussi bordélique qu'un champ de bataille. Il est tard et assis sur un canapé, il lit calmement un bouquin de sortilèges. Est-ce possible que se peigner ait eu une influence sur sa personnalité ? Peut-être qu'en se brossant les cheveux, il a dans le même coup activé deux-trois neurones.
Potter était défini par ses cheveux ébouriffés, il pu perdre ainsi une partie de son identité. Vous saviez que pas plus tard que ce matin, il a salué Severus d'un signe de tête ? Un geste presque poli. Non, il ne lui a pas baissé le caleçon d'un coup de baguette. Il n'a pas fait de remarque sur sa perruque huileuse. Il ne lui a pas proposé d'aller boire ailleurs le sang des chatons ou de vendre son âme au diable.
Il l'a salué, bordel. Pourtant c'était le premier avril !
Si ça se trouve, c'était là tout le sel de la blague. Je ne sais pas. Je suis perdue. Si Potter devient respectueux d'autrui, mon monde perd tout son sens.
Cinq minutes.
Secondes pour secondes, c'est le temps que je viens de passer à le regarder sans pouvoir m'en empêcher. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être les cheveux. Ils font ressortir son visage, ou des parties différentes de son visage. Il a toujours un nez, des lunettes, des cheveux noirs, les mêmes foutus yeux bruns - mais il y a ces détails qui me sautent à la figure. Des milliers de détails.
Nom d'une truite hypermétrope. J'ai vraiment besoin de sommeil.
A la base, je suis restée pour lire le journal, mais ce dernier étant aussi intéressant qu'un discours de Xavier sur le bien-fondé du syndicalisme en tant de crise - oui, je suis allée à ce discours, pas ma meilleure idée - j'imagine que n'importe quoi, en comparaison, pouvait retenir mon attention. Oui, ça inclut les cheveux de Potter.
Autour de nous, tout le monde a déserté la salle commune. Les maraudeurs, sans doute fatigués de leur journée passée à faire des farces stupides et à emmerder l'univers, sont tous partis se coucher. Potter est toujours plongé dans son livre, silencieux, mais finit par en relever les yeux.
Il paraît surpris de me voir encore là.
- Pas couchée ?
- Je lis un super article sur les sorciers japonais qui approuvent la chasse aux baleines.
Il ouvre de grands yeux étonnés mais ne commente pas. J'en déduis qu'il n'a pas vraiment d'avis sur le sujet. Ou qu'il a la flemme de se lancer dans un long débat. Je peux comprendre.
- Et toi tu lis un livre de... sortilèges ? je demande.
- Yep. Je n'avais pas tellement envie de dormir.
- Pourquoi ?
- Très bonne question.
En général, quand les gens disent ça, il n'y répondent pas. C'est complètement contradictoire : une question à laquelle tu ne peux pas répondre, c'est une question bien pourrie.
Ou embarrassante, et on vous hait pour l'avoir posé.
- C'était ton premier 1er avril en tant que non-maraudeur, dis-je. Pas trop dur d'être de l'autre côté du miroir ? T'as quand même été la cible des bombabouses de ton meilleur ami.
- Pas tellement, non. Tout se paye : Sirius s'est pris une belle tarte à la crème dans sa face.
Tarte à la crème. Si je dis que ça me donne faim, est-ce que je passe pour une goinfre ? Ou est-ce que c'est déjà trop tard ? Mon camarade intercepte mes yeux brillants.
- Toi aussi, hein ? me sourit-il. J'ai un peu regretté de l'avoir jeté. Elle avait l'air super bonne.
Paix à l'âme de feu la tarte.
- Hé, tu veux faire un tour aux cuisines ?
Oui, bien sûr. Les cuisines, la nuit, avec Potter. Ca m'a l'air d'un plan vachement bien. Pas du tout foireux, comme idée.
- T'as vraiment pas envie de dormir ?
- Pas vraiment.
Bob hurle à tue-tête dans ma tête mais tant qu'il ne se trouvera pas un nouveau prénom, pas question de l'écouter. Ne cède pas, Lily, il fera tout noir ! Tu seras seule avec ce chenapan !
Chenapan. Qui s'exprime comme ça de nos jours ?
T'es dépassé, Bob !
- Je veux bien alors, dis-je. J'ai un petit creux.
- C'est cool.
- O.K.
- Bon, on y va ?
- Ben du coup, oui.
- D'accord.
- D'accord.
Si deux carpes entraient dans un bar, elles auraient à peu près la même conversation.
(Enfin, un bar, le café, quoi. Pas le poisson. Ni le café-café avec la petite cuillère dedans - même si y'a sans doute des petites cuillères dans ce café-bar... Oh, ne faites pas genre que vous n'avez pas compris l'image !)
On se lève et on quitte la salle commune. Potter jette un oeil sur sa carte - si on excepte Rusard qui fait le somnambule dans l'aile gauche, personne en vue. Les couloirs sont vides. D'un pas rapide on se dirige vers les cuisines, et hop, petite chatouille sur la poire, on entre, c'est aussi simple que ça.
D'un côté, je comprends que les maraudeurs soient tentés de contourner le règlement. C'est tellement facile ! Je ne cautionne pas, c'est sûr, mais bon, ça crée la tentation.
Un elfe surgit, ce qui me coupe dans ma réflexion. J'ai l'impression de le connaître, celui-là. Comment il s'appelle déjà ? Trevor ? Castor ? Castafiore ?
- Bonjour Mr Potter, dit la créature en s'inclinant bassement.
- Salut Igor, la forme ?
Igor ! J'étais pas loin. Pourquoi c'est toujours le même qui nous accueille ? Y'a quand même pas qu'un elfe à Poudlard ? Si oui, ça c'est de l'efficacité. En attendant, s'il paraît prêt à baiser les pieds de mon camarade, il m'ignore superbement.
- Igor va bien. C'est un honneur de vous avoir ici, Mr Potter. Installez-vous sur cette table.
- T'es une célébrité parmi les elfes, ou c'est juste celui-là ? je chuchote.
La petite créature désigne une table et en tire l'unique chaise pour permettre à Potter de s'asseoir. Puis il se tourne vers moi et m'adresse un grand sourire.
- Miss devra s'asseoir par-terre.
- Génial. J'adore le côté confort rustique qu'offre un carrelage glacé.
Mon camarade commence à se marrer mais je l'arrête d'un regard noir.
- Je te laisse ma place, dit-il précipitamment. Installe-toi, Lily.
Potter prend place par-terre. L'elfe le fixe, désemparé. Ses doigts fins se mettent à trembler, son menton, son corps tout entier. Dans ses yeux brûle un désespoir absolu. Il se frappe violemment la tête contre la table.
- Méchant Igor ! Méchant Igor !
- Hé, du calme ! fait Potter en se précipitant pour le tirer vers lui. Apporte plutôt une autre chaise, Igor, ok ?
L'elfe file hors de la pièce - prenant toutefois le temps de me lancer un regard noir. Je soupire. C'est là où Bob marquait peut-être un point : c'est dangereux. J'ai l'impression que l'elfe ne va pas manquer l'occasion de mettre du laxatif dans mon jus de citrouille. Je ne l'ai vu qu'une fois dans ma vie et il me hait déjà, c'est quand même dingue !
- Ton elfe, il a un problème avec moi ou avec les femmes en général ? je demande à Potter.
- C'est peut-être les rousses…
L'idée semble faire rire mon camarade ; moi, un peu moins. Les humains ne m'adorent pas, d'accord, mais ça ne va quand même pas s'étendre à toutes les créatures ?
Pas le temps de répondre, Igor est déjà de retour. Il porte une chaise sur son dos et la place devant Potter avec déférence. Il me tourne le dos, continuant de m'ignorer royalement.
- Souhaitez-vous manger quelque chose, Mr Potter ?
Il réfléchit une poignée de secondes, pendant lesquelles ses yeux se posent sur moi, amusés. Tu sais ce qui me ferait plaisir. Evidemment qu'il le sait - il laisse le silence prendre place tandis que je salive.
- Vous avez un plateau de patacitrouilles pour deux ?
- Vous avez de la chance, on en a reçu depuis la dernière fois. Je vous apporte cela sans tarder, Mr Potter.
YES !
- Merci, dis-je d'un ton mesuré (mais je fais la danse de la joie dans ma tête).
- De rien, Mr Potter.
- J'ai viré invisible ou quoi ? je demande alors que l'elfe s'éloigne en direction de la porte.
Cheveuplat fixe un point derrière moi, sans me répondre. Sur ses lèvres flottent un sourire à peine retenu. Nom d'un crottin de centaure. Il veut jouer à ça ? Avec moi ?
- Houhou, y'a quelqu'un ?
Plus j'agite ma main devant lui, plus je me sens idiote. Lui demeure stoïque, même si je peux voir son menton trembler très légèrement.
- J'ai des cheveux roux, tu sais. Et je suis certaine qu'ils brillent dans le noir. Tu es obligé de me voir.
Pas de réponse. Le retour de l'elfe me coupe dans mon discours. Dans ses mains fines trône un plateau avec une montagne de mes sucreries préférées. PATACITROUILLE. En voyant tout cet orange, je pourrais presque pardonner à Potter son affront, presque. Pas tellement mon genre, la miséricorde.
- Hé, si tu n'admets pas maintenant que j'existe, je vais…
Faire quoi ? Lui enfoncer une patacitrouille quelque part ? Non, ça signifierait perdre une patacitrouille.
- Bon, en tout cas ça va faire très mal, dis-je.
- Tu as entendu quelque chose, Igor ?
- C'est peut-être le vent, répond l'elfe dans un haussement d'épaule. Ou un rat qui se promène. Ce ne sont pas les nuisibles qui manquent, dans le château.
- Oui, il paraît qu'ils grouillent pas mal dans les cuisines, j'ironise.
Potter éclate rire. Il fait signe à Igor qu'il peut partir et celui-ci s'exécute dans une nouvelle révérence. C'est un élève, pas la reine d'Angleterre ! L'ex-maraudeur attend qu'il ait quitté la pièce. Il saisit une patacitrouille et se cale sur sa chaise, à l'aise. Cette fois, pas de doute, il me regarde.
- Tout va bien ? s'amuse-t-il.
- T'es vraiment un crétin.
- Mais à part ça ?
- Ben, j'ai des patacitrouilles, je suis plutôt heureuse.
Il m'observe alors que je m'en enfile quelques-unes avec enthousiasme.
- Tu sais, je déclare, je peux comprendre que certaines personnes ne m'aiment pas. Je ne suis pas facile, comme dirait ma mère. Mais cet elfe, qu'est-ce que je lui ai fait ? C'est la deuxième fois que je le croise dans ma vie et c'est comme si j'avais massacré sa famille, son chien, et mangé dernière part de gâteau.
- Et tu n'as rien fait de tout ça ?
- A moins d'avoir vraiment bu ce soir-là, je m'en souviendrais.
- Et Lily Evans ne boit pas, c'est connu.
Pourquoi ai-je l'impression qu'il évite ma question ? J'attends sa réponse, mais Potter ne semble pas pressé de me la donner. Il déguste sa patacitrouille avec lenteur, par petits coups de dent. Ridicule. Mes doigts tambourinent la table, impatients. Il relève les yeux vers moi.
- Hé, ça te dit de boire un peu ?
- Y'a des chances que ça te délie la langue ?
- C'est possible.
Mais est-ce que ma curiosité justifie l'alcool et la débauche ? Trop tard pour y réfléchir, il a déjà filé vers l'arrière-cuisine. Quand il revient, quelques minutes plus tard, c'est avec deux verres et une bouteille d'hydromel entre les mains. Je n'y crois pas. Les elfes encouragent la consommation d'alcool chez les jeunes. Si ça ne m'arrangeait pas, j'irais me plaindre à Dumbledore immédiatement.
- Je crois que c'est du bon. T'en veux un peu ?
- Si ça peut me faire oublier…
- Oublier quoi ?
Ma déchéance, aurais-je pu répondre. Oublier qu'il est minuit, que je suis avec lui, dans les cuisines, que je n'ai plus la force mentale de refuser ses plans foireux. A la place, je lui adresse un sourire énigmatique, mon verre tendu. Il me le remplit à ras-bord, fait la même avec le sien et lève ce dernier devant lui.
- A mes dernières heures en tant que non-maraudeur !
- Je ne vois pas de quoi se réjouir.
Nos verres se heurtent. Le bruit résonne dans la cuisine. Cling. Il boit, le vide en quelques traits, s'en ressert un autre. Quand Potter boit, il ne le fait pas à moitié. (Quand on y pense, il fait rarement les choses à moitié.) Je l'imite, trouvant le goût absolument dégueulasse. C'est fou, avec l'alcool, plus tout le monde dit que c'est du bon, plus j'ai envie de le vomir.
- D'autre ? demande-t-il.
Je hoche la tête et l'hydromel coule dans mon verre.
- Dis Potter, retourner dans leur secte, ça te donne autant envie de boire ?
- J'ai envie de boire pour plein de raisons. Je ne me souviens plus lesquelles.
- Ce n'est pas en buvant que tu vas te rappeler.
- Qui te dit que je bois pour me rappeler ?
- Tu dis que tu bois pour plein de raisons. Ca pourrait en être une.
Il secoue la tête.
- Ca n'aurait n'a aucun sens.
- Je n'ai jamais prétendu que c'était logique.
C'est moi ou on s'enfonce dans la métaphysique ? Potter me fixe avec intensité, comme si je comprenais moi-même les mots qui sortaient de ma bouche. Avant d'avoir envie de me frapper la tête contre la table, je décide d'orienter la conversation sur un sujet compréhensible. Et important.
- Alors, cet elfe ?
Il sourit, boit une gorgée.
- Tu ne lâches jamais le morceau.
- Yep. Tu le sais, alors pourquoi tu ne me donnes pas ce que je veux ?
- T'es comme un nifleur sur un objet brillant. Tu creuses, tu creuses…
- La vache, t'élèves la comparaison flatteuse au rang d'art ! je m'exclame. Un canapé, un nifleur… Tu aurais même le talent pour aller encore plus loin : un cafard, un troll des montagnes, un rat décédé… N'hésite surtout pas, il faut oser l'audace !
Mais plus je m'énerve, plus il arbore son sourire idiot, et plus c'est lui que j'ai envie frapper avec la table.
- Comme tu voudras, ma chaussette moisie, murmure-t-il.
- Ongle incarné !
- Vieille chouette rabougrie !
- Gobelin mal baisé !
Il s'arrête et me regarde, un peu surpris. Oui, c'était un peu vulgaire.
- Tout ça nous éloigne fortement du sujet de départ. Parle-moi de cet elfe, Potter, et pas demain. Sinon tu pourrais ne pas en revenir !
- Il en faut plus pour me faire peur…
Plus ? Qu'est-ce qu'il veut ? Un bon coup de pied dans les noisettes ? Je ne sais pas pourquoi il tient tellement à jouer le malin mais ça commence à m'énerver. J'approche doucement mon visage du sien.
- Dis-moi pourquoi Igor ne peut pas me sentir, s'il ne plait.
- C'est si gentiment demandé. Tu en sûre de vouloir savoir ?
- Tu crois que je pose la question par politesse ? C'est tout à fait mon genre. A ton avis, Potter ?
Il termine son verre et nous ressert tous les deux. Il attend que j'ai fini de boire. La chaleur envahit déjà ma tête, je sens mes yeux qui piquent légèrement. Potter fait disparaître les dernières gouttes d'hydromel et me sourit.
- Ca fait un moment que je connais Igor. Avec Sirius on se rend dans les cuisines le soir depuis des années. Au début il refusait de nous servir de l'alcool - je comprends, on était des gosses, mais on voulait essayer. On l'invitait parfois à la table avec nous. A nos dix-sept ans, il avait promis de nous servir ce qu'on voudrait. Et il l'a fait.
- C'est une histoire touchante, mais ce n'était pas trop ma question...
- Patience, Lily !
Il nous ressert encore. Merlin, faites que la suite de ses mémoires soient plus palpitantes !
- On discutait de tout et de rien, à cette table. Et de toi, parfois... Sirius n'était pas toujours cool, au début. Et moi, j'avais tendance à me plaindre que tu m'ignorais beaucoup - ou que tu m'envoyais chier la plupart du temps sans me donner l'ombre d'une chance. J'étais souvent triste, et lui protecteur alors...
- Il est pas à moitié amoureux de toi, cet elfe ?
- Un jour, continue-t-il en m'ignorant royalement, j'étais vraiment énervé. J'ai passé la nuit aux cuisines, en colère et déprimé, avec un coup dans le nez. Sirius était là, Igor aussi. On a passé la soirée à te pourrir... Il pense que tu me rends malheureux, et que tu le fais exprès. Bref, ce n'est pas ton plus grand fan.
Je reprends une gorgée d'alcool. Génial. Je le regarde, sans avoir aucune idée de ce que je suis supposée lui répondre. Il hausse les épaules.
- C'était le moment où tu avais lâché le morceau, pour Remus. J'ai dit des choses que je ne pensais pas et... Je ne le fais plus, tu sais.
- Quoi ? Les soirées-confidences slash lancer de fléchettes sur ma photo avec les elfes de Poudlard ?
- On n'a jamais fait ça, promis. On plantait juste des aiguilles dans une poupée vaudou à ton effigie.
Il sourit.
- Je lui ai souvent répété depuis quelle fille super tu étais. Je lui ai dit que ce n'était pas grave si tu partageais pas mes sentiments, parce que j'étais passé à autre chose ! Il refuse de me croire. Désolé. Dis, tu reprends de l'hydromel ?
- Oui.
Besoin d'encaisser les révélations. Potter ne s'arrête pas. Il semble d'humeur bavarde. Je le ferais bien taire à coup de bouteille sur son crâne mais l'alcool pourrait bien servir.
- Je n'étais même pas en colère contre toi, tu sais. Pas vraiment. Plutôt contre moi-même. Et quand je me suis rendu compte que même les promesses que tu me faisais, tu n'en avais rien à carrer...
- Ecoute...
Mais justement, il n'écoute pas.
- Ca n'avait vraiment rien à voir avec Remus. C'était juste une sorte de révélation : pourquoi je m'acharne ? Tu vois ce que je veux dire ?
- Je vois.
Pourquoi me parle-t-il de tout ça ? Je m'en fous. On continue de boire. La pièce commence à tourner légèrement autour de moi. Qu'est-ce que je fais ici ? Dans ma tête, quelqu'un m'assène de me lever et de partir mais je reste là, plantée sur ma chaise, les patacitrouilles devant mes yeux, à commencer à aimer le goût de l'hydromel.
- J'ai dû vraiment être chiant pendant ces années, annonce Potter. Je cherchais à te faire réagir de toutes les manières possibles, mais je n'avais aucune délicatesse.
- On peut discuter d'autre chose ? je demande.
Il m'adresse un regard surpris.
- Tu veux discuter de quoi ?
- J'en sais rien !
- Hé, pourquoi tu t'énerves ?
J'en sais rien.
- J'ai peut-être l'alcool colérique, c'est possible ?
- Tu es colérique sans alcool, Lily.
Potter grimace.
- Désolé, l'alcool doit me rendre un peu direct.
- Non c'est rien, dis-je avec froideur. Je suis contente d'apprendre que tu me vois comme une fille colérique. D'autres vérités que tu voudrais lâcher ? C'est le moment, on a l'air d'être en pleine séance confidence.
Il baisse les yeux.
- Alcool ou pas, je ne sais vraiment pas m'y prendre…
- T'y prendre pour quoi ?
- Pour te parler.
- A ce niveau-là, c'est sûr, même un manche à balai s'y prendrait mieux.
Potter grimace. Je ne voulais pas, mais je me retrouve à sourire quand même.
- Tu t'es quand même sacrément amélioré, depuis le début de l'année. Maintenant j'arrive à être en face de toi, seule, même si ça doit impliquer quelques verres.
- J'ai compris que le harcèlement ne faisait pas craquer les filles.
- Alléluia !
Il éclate de rire et je le suis dans son hilarité sans trop réfléchir. Je le vois passer sa main dans ses cheveux, puis soupirer. Se rappelant sans doute qu'ils sont coiffés et pleins de gels, il m'adresse une grimace.
- Et puis zut, dit-il. Il est minuit passé, le défi est terminé.
Il les ébouriffe et bientôt, ses petits protégés se dressent sur sa tête, en désordre, complètement emmêlés.
- Tu ne recoifferas jamais plus ? je demande.
- Pourquoi, ça va te manquer ?
Tout devient un peu flou. En face, mon camarade a l'oeil qui pétille, un soupçon de défi à l'intérieur. Il ne faut pas me lancer de défi. Jamais. Je lui adresse un sourire mystérieux.
- Si je te répondais oui, tu les recoifferais ?
Pris de surprise, Potter éclate de rire.
- Jamais tu ne dirais ça, Lily. Ce n'est pas ton genre.
- Mon genre ? Et c'est quoi, mon genre ?
- Tu sais bien... Tu me regardes avec dédain, tu m'envoie balader, tu me dis « peu importe la coiffure, tu restes un crétin » et tu tentes de me tuer avec tes yeux verts.
Hé, je ne dirais pas un truc aussi mou ! Et je ne suis pas si prévisible ! Pour la peine, je lui balance une patacitrouille à la gueule. Cet imbécile ne relève pas, à moitié mort de rire.
- Tu vois ! s'écrie-t-il. J'ai encore droit au regard tueur !
- Parce que tu le mérites, crétin.
Je vois bien que ça l'amuse. Il me regarde, un peu rouge, les cheveux dans tous les sens, la chemise légèrement ouverte. Il me ressert de l'hydromel, puis en boit à son tour. J'ai perdu le compte dans les verres. Je saisis une patacitrouille pour me donner une contenance - lui aussi. Nos doigts s'effleurent et je retire aussitôt ma main.
Il me regarde. Silence. Des tas de trucs me passent par la tête. J'avale de travers un morceau de patacitrouille, je m'étouffe, pleurant à moitié, alors qu'il s'est levé d'un bond, me tapant le dos avec vigueur. Quand je suis à nouveau capable de respirer, il regagne lentement sa place.
- Faudrait pas que tu meures, dit-il.
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
Potter sourit.
- Tu as oublié de me traiter de crétin. « Qu'est-ce que ça peut te foutre, crétin ? » C'est mieux, non ?
- T'as raison, il manquait un truc.
- J'ai pas envie que tu meures, c'est tout. Dans l'absolu ça ne me regarde pas. Mais bon, voilà, je veux que tu restes en vie.
- Ouais, faudrait pas que tu fasses tout le boulot de préfet-en-chef tout seul.
Il m'adresse un regard amusé.
- Exactement. Enfin ça, et le fait que je perdrais une amie.
Je reste un instant bloquée sur ces quelques mots. Une amie. Je ne sais pas si c'est sous l'effet de l'alcool mais quelque chose dans cette phrase me met en colère. Je mets une bonne poignée de secondes à me rappeler quoi, tandis qu'il fronce les sourcils, surpris.
- Quoi ?
Je vide mon verre, silencieuse.
- J'ai dit un truc qui fallait pas ?
- Ben, c'est juste qu'on n'est pas amis.
A ma grande stupéfaction, il semble trouver l'idée très drôle.
- Je t'en prie, Lily ! On a dépassé ce stade ! Tu ne vas pas encore me sortir ce genre de conneries !
- Mais ce n'est pas moi qui l'ai dit.
- C'est qui, que je lui mette mon poing dans la figure, à cet incapable ?
- C'est toi.
Il ouvre la bouche mais demeure muet, ébahi, estomaqué par la déclaration. Je ne vois pas ce qu'elle a de surprenant. Je ne l'ai pas inventé, cette phrase - il l'a fabriquée avec son souffle, ses lèvres, ses cordes vocales, son cerveau atrophié !
Je commence à regretter de lui en avoir parlé. J'aurais dû le regarder avec dédain, le traiter de crétin, comme d'habitude. Je ne sais pas pourquoi j'en viens à bouleverser la routine - celle qu'il a lui-même mis en avant. Mais maintenant que c'est fait, trop tard pour revenir en arrière. Sa réaction, je l'attends avec impatience ; à l'heure qu'il est, il aurait déjà dû se cogner en pleine face, comme promis.
- Je n'ai pas..., commence-t-il.
S'il me traite de sourde, là je pourrais le prendre mal.
- Je t'ai entendu, l'ai-je coupé. Je ne vais pas en faire un fromage. Tu l'as dit, c'est tout. Assume.
Dans sa voix, une pointe de colère se fait entendre.
- Tu veux dire que tu étais là, à nous écouter ?
- Bien sûr, j'adore faire ma fouine et répandre des tas de ragots ! Toi et Leah, vous gueuliez dans le couloir, impossible de passer à côté ! Tu crois que j'ai apprécié de vous entendre ? Je m'en balance, de vos histoires !
- Attends, tu n'as quand même pas cru que...
- Que quoi ?
Potter semble perdre un peu de sa belle assurance.
- Que je pensais ce que je disais !
Là, je tombe des nues.
- Oh, parce que tu mentais ? Et j'étais censée le savoir ?
- Je ne mentais pas, je...
- Tu sais, au bout d'un moment, il va falloir choisir une version. Tu mentais, ou pas ?
- Elle était énervée, Lily. Blessée. Je lui ai dit ce qu'elle voulait entendre, et elle voulait entendre que tu n'étais rien pour moi. J'ai paniqué, j'ai...
Potter approche dangereusement son visage, très sérieux. L'inquiétude brûle dans ses yeux bruns.
- Tu n'es pas juste une quelconque fille de la même maison. Je croyais que tu le savais.
- Et je suis ton amie, c'est ça ?
Il ouvre la bouche pour parler, mais je l'arrête.
- Alors dis-moi quelque chose. Comment je peux savoir si là maintenant, ce n'est pas à moi, que tu dis ce que j'ai envie d'entendre ?
Silence.
- Si t'es un menteur, comment suis-je supposée te faire confiance ?
- Tu...
- Réfléchis juste à qui tu es en train de mentir, James, et pourquoi. Ensuite, on en reparlera.
Je regarde mon verre dans lequel gît encore quelques gouttes d'hydromel. Je pensais que l'alcool avait embrouillé mon cerveau mais ce n'est plus le cas. J'ai cessé de me sentir confuse. Je veux juste monter dans le dortoir, me fourrer dans mon lit et dormir, c'est tout.
Je me lève et me dirige vers la sortie tandis que Potter est toujours planté sur sa chaise. Mes jambes titubent un peu, même si mon esprit n'a jamais été si clair. Puis je me retourne une dernière fois vers lui ; je laisse entrevoir un dernier sourire.
- Et oui, tes cheveux plats vont me manquer.
Bam, dans ta tronche, toi qui me pensais si prévisible !
Je disparais derrière la porte aussi vite que je peux, pour ne pas l'entendre me répondre.
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3 avril
Tout est redevenu normal - si bien sûr, on peut parler de normalité quand ça touche aux maraudeurs et par extension, à notre charmant château. Le mot exact serait davantage saugrenu, grotesque ou invraisemblable mais bon, on ne va pas commencer à jouer sur le vocabulaire. Le fait est là : Potter est à nouveau le maraudeur ébouriffé qu'il fut toujours.
Youpi.
Les vacances, elles, arrivent à grands pas. Enfin « vacances » c'est peut-être un peu trop. McGonagall insiste pour les appeler « interruption temporaire de cours ». Elle nous a donné des tonnes de devoirs pour qu'on puisse travailler par nous-mêmes, et ainsi ne pas perdre la main.
Bref, on peut oublier le camping sur la plage, comme de se ressourcer en écoutant des oiseaux.
Ou alors on plante une tente dans le parc et on écoute les moineaux de Poudlard la Métamorphose avancée entre les mains. Même si ça n'a aucun intérêt. En plus, je déteste le camping. Je déteste les insectes. Et je n'ai aucune sympathie particulière envers les oiseaux.
J'ai quand même essayé de lui expliquer, à McGonagall. Les vacances, ça ne dure qu'une semaine. Et même que parfois, on dort ! Elle refuse d'intégrer l'idée ! Xavier a essayé de mettre le Syndicat des Flemmards Patentés sur le coup. On verra ce que ça donne mais je ne suis pas très optimiste. Pas le genre de cette (grande) femme de se faire avoir deux fois.
- Y'en qui rentrent, pour les vacances ? demande Sirius.
Affalé sur un canapé, la tête sur les genoux d'Olga, il fait tourner sa plume entre les mains.
- Moi, annonce Remus.
- Je l'ai invité à la maison, ajoute Mary.
- C'est vrai ?
Blondinette rougit légèrement.
- C'est super ! s'écrie Sirius. Vous avez décidé ça quand ?
Je soupire. Qu'est-ce que ça peut faire, quand ? Tout le monde s'en bat les noix avec une p'tite cuillère !
- Ce matin, à vrai dire.
- Oui, je vais... je vais rencontrer ses parents.
A côté, Peter secoue la main, impressionné.
- La vache ! C'est un sacré cap !
- Ca devait arriver un jour ou l'autre, affirme Black en tapotant l'épaule de son ami. Souviens-toi, la première impression est la plus importante.
- C'est même essentiel, j'ajoute. Tu as décidé ce que tu allais porter ?
- Et ce que tu allais dire ?
- Tu t'es renseigné sur la famille ?
- N'oublie pas : ne te laisse pas déstabiliser par leurs questions. Ils tenteront de te cerner, reste calme et surtout, dis-leur ce qu'ils veulent entendre.
- Sauf pour le sexe. Ne réponds jamais aux questions sur le sexe.
Remus regarde ses amis, soudain pâle.
- Merci de me mettre la pression !
- Dis, tu sais monter à cheval ? je demande.
- Non, pourquoi ?
J'ouvre de grands yeux, inquiète pour lui.
- Pour rien, pour rien...
Remus, jusqu'ici figé comme un merlan frit, se lève, paniqué.
- Je devrais peut-être rester au château. On a beaucoup de travail. Je... Je reviens, j'ai un truc à faire.
Deux secondes plus tard et notre ami a disparu de la pièce. Les deux maraudeurs échangent un regard complice tandis que je tente de cacher mon sourire derrière un coussin. En face de nous, Mary est mi-blasée, mi-furieuse. Elle pousse un profond soupir.
- Vous savez le temps que j'ai mis à le convaincre ? Ca m'a pris des jours : un travail, subtil, minutieux, à long-terme ! Vous êtes une belle brochette de harpies. Y'a pas de quoi en être fier.
- C'était pour rire, tente Sirius.
- Si ce soir, il n'est pas à nouveau convaincu de venir passer les vacances chez moi, je...
Elle réfléchit un temps à la menace.
- Vous allez sérieusement le regretter, voilà !
A son tour, elle quitte la pièce. Peter laisse entrevoir une grimace.
- Je ne sais pas ce que vous en pensez mais pour moi, les menaces vagues sont les pires. On ne sait jamais sur quoi on va tomber.
- Des harpies ? s'inquiète Black. Elle n'y va pas un peu fort ?
- Elle n'a pas tort, dit Pettigrow. On aurait peut-être pas trop dû l'ouvrir...
- Qu'est-ce qu'on fait ? je demande. On le laisse se ronger les ongles encore un peu dans le dortoir ?
Ils échangent un bref regard.
- Tant qu'on se marre bien, on peut laisser mariner encore un peu...
On réfléchit tous à la proposition de Black pendant une poignée de secondes. Puis Peter laisse apparaître un large sourire et frappe dans la main de son ami.
- Des harpies, dis-je dans un soupir. Mary avait tellement raison.
- Tu tiens vraiment à la ramener sur le sujet, Lily ? lance Sirius.
Hum. Intéressant. Sortez les cotillons, notre ami n'a pas entièrement tort.
Maraudeurs - 1 / Lily - 0.
- Au fait, James, il va chez Leah finalement ou pas, pendant les vacances ? s'interroge Peter.
- Parce que c'était prévu qu'il y aille ? je demande.
Les deux loustics se regardent.
- Il me semble qu'elle le lui a proposé. Après, est-ce qu'il a accepté...
- Peut-être qu'il envisage encore la question, suggère Black. Pourquoi, ça te pose un problème particulier ?
- Pourquoi ça me poserait un problème ?
- Ben, c'est ce que je viens de demander.
- Non, tu m'as demandé si ça me posait un problème. Moi, je t'ai demandé pourquoi ça devrait me poser un problème. Tu saisis la nuance ?
- Tu sais que tu es chiante dans ton genre ? s'agace-t-il. Je n'en sais rien moi, pourquoi ! Mais t'avais l'air contrariée alors j'essayais de m'intéresser ! Si c'est pour me faire envoyer promener la prochaine fois je ferme ma gueule.
Il essayait de s'intéresser. Ca devient vraiment bizarre tout ça. Il me sort encore l'histoire de l'affection et je l'assomme avec la table basse. Un coin, plus précisément - pour être sûre qu'il ne se relève jamais.
- Mais oui, Black, ferme ta gueule, c'est tellement plus simple.
- Vous êtes d'une agressivité..., soupire Peter.
Sirius hoche la tête avec véhémence.
- Alors que si Cornedrue passe les vacances chez sa copine, ce n'est vraiment pas notre faute !
- Nom d'un diable en jupette, je m'en fous d'où il passe ses vacances !
- Alors pourquoi tu poses la question ?
- J'en sais rien ! Pour être polie !
Ils éclatent de rire en choeur, comme si j'avais dit l'énormité du jour. Sirius est même en train de s'étouffer avec sa propre salive. Meurs ! Comme ça, je n'aurais même pas eu besoin de mettre la table à contribution !
- Pour être polie, répète Black entre deux tranches de rire. On ne me l'avait jamais faite, celle-là.
- C'est bon, je ne suis pas une sauvage, je sais faire la conversation...
Alors qu'ils s'étaient un peu calmés, ils se marrent de nouveau. A la longue, c'est quand même un peu vexant ! Pour la peine, je leur adresse mon pire regard noir. Et j'éloigne discrètement le sujet des pentes dangereuses.
- Et vous, vous partez la semaine prochaine ?
Merlin, dites-moi que oui. Je ne demande pas grand chose !
- Je retourne chez mes parents, répond Peter. Rien que ces trois derniers jours, j'ai reçu deux cents lettres de ma mère histoire de bien me le rappeler.
- Moi, c'est pas trop le genre de la mienne, fait Sirius. Enfin, si, mais plutôt avec des menaces. Elle m'a clairement annoncé un gros risque de décès si je remettais un jour les pieds dans notre beau manoir. Et comme elle a tendance à tenir ses promesses...
- Tu restes au château, du coup ?
Il hausse les épaules, songeur.
- Je suis courageux, pas suicidaire.
- Ah, la famille ! fait Peter.
Sur ces belles paroles retombe le silence.
- Pas facile, hein.
Ce qui nous plonge immédiatement, tous les trois, dans une profonde méditation.
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5 avril
Mary me fixe des yeux un instant, puis finit par me serrer la main amicalement.
- On se revoit dans une semaine alors, dis-je. Tache de ne pas trop faire de bêtises.
- Je te retourne le conseil. Tu risques d'en avoir besoin !
Je soupire. Autant vous l'annoncer tout de suite : Potter a décidé de rester à Poudlard, soi-disant que McGonagall nous a trop chargé de travail. C'est vrai, d'accord, mais depuis il travaille, lui ?
- C'est clair, vu que je me tape les deux pires maraudeurs...
Mary m'adresse un regard impressionné - et un peu coquin.
- Les deux... en même temps ?
- Arrête ça tout de suite ! je m'écrie. Je ne me tape pas littéralement les maraudeurs ! C'est une image, ok ?
Et j'exige qu'elle sorte immédiatement de ma tête ! C'est un coup à en sortir complètement traumatisé !
- Je me tape leur présence, dis-je en tentant de garder mon calme. Et c'est largement assez.
- Allez, courage. S'ils t'énervent, tu pourras aussi en profiter pour élargir ton cercle de connaissances.
- Arrête de dire n'importe quoi et monte dans ce foutu train.
Je ne comprends pas les gens qui ont des tas d'amis. Moi j'en ai une et elle m'énerve déjà. Je ne vois pas très bien pourquoi je m'en infligerais d'autres.
- Bonnes vacances Lily, dit-elle en s'éloignant.
- Prends bien soin de Remi-chou !
Elle grimpe les marches du Poudlard-Express et se faufile à l'intérieur rejoindre Remus, Peter et les autres. Je reste seule sur le quai, les camarades restants étant déjà partis. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai un mauvais pressentiment sur ces vacances. Il suffit de voir avec qui je les passe.
Black, Olga, Potter et moi : le gang de choc.
Merlin. Il va y avoir des morts...
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NDA.
J'espère que ce chapitre vous a plu. Le prochain traitera donc des vacances (pardon, interruption de cours) du quatuor. (C'est pour nous consoler en attendant les prochaines...) Il sera un peu plus mouvementé :D
Quoi qu'il en soit, je vous souhaite un Joyeux Halloween !
A la prochaine !
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