Chapitre 21 : Ne vous fâchez pas, rendez la pareille
Xeno Lovegood était assis dans le bureau de La Gazette du Sorcier à boire le thé avec Emily Anderson, Lord Charles et deux avocats. Les cinq relisaient l'édit paru après la réunion du Magenmagot. « Donnez toutes les informations sur Oliver Twist ou vous passerez une année à Azkaban pour complicité de trahison. »
« Eh bien ? » demanda nerveusement Emily. Après tout c'était elle qui avait remit à Mr Lovegood la note qui avait déclenché tout ceci.
L'un des avocats, un homme d'âge moyen habillé en un mélange de vêtements sorcier et moldu froissés, se racla la gorge et d'une voix grave et sifflante prit la parole. « Le Magenmagot n'a pas de faits. En fait ils enfreignent plusieurs de leurs propres lois, sans parler du traité fait avec la Reine. »
« Ah bon ? C'est donc aussi une trahison ? » Demanda Emily. « Je pensais que c'était plus de la sédition qu'autre chose. »
« C'est en effet le cas. » déclara Lord Peter. « Toutefois dans leur arrogance, le ministère de la Magie a usurpé l'autorité de la Couronne. Ils n'ont pas le droit de juger une personne pour trahison. »
Lord Peter feuilleta le dossier qu'il tenait en main. « Mon estimé collègue, Mr Horace Rumpole, et moi-même avons lu les articles de Mr Twist avec délectation. Il est temps que quelqu'un pose des questions. Et le fait que cette personne se trouve être un adolescent est parfait. »
« Cependant » Gloussa Horace en se raclant de nouveau la gorge, semblant presque joyeux, il ajouta. « Rien dans ces articles ne mets en avant un seul motif de trahison, ou même de sédition. Rien de ce qu'a écrit le garçon n'est faux et 'incite à l'insurrection'. En fait, selon ce qu'il a écrit, il a atténué les informations et a été les chercher dans les archives même du ministère. On pourrait presque croire que quelqu'un de l'intérieur, peut être des Langues de Plomb, l'aident. »
Lord Charles recracha son thé. « Vous n'insinuez certainement pas cela Horace ! Où sont vos preuves ? »
L'homme fut pendant un moment pensif. « L'information est trop large, trop globale pour qu'un élève le sache. Même s'il trouve bel et bien ses informations dans la salle des Archives, la quantité de temps qu'il devrait passer à étudier et disséquer l'information est bien trop énorme pour que cela n'empiète pas sur ses études. Non, je dirais qu'un Langue de Plomb pourrait bien l'aider. Ils sont les seuls qui ont un accès illimité aux informations, scellées ou pas. Bien sur, l'information ne devra pas être publiée ou quitter cette salle. » L'avocat eu un air entendu en regardant l'éditeur et la journaliste.
« Dans ce cas, que faisons-nous à présent ? » souffla Lord Charles. « Le ministère nous a assigné en justice pour que nous leur remettons tous nos documents sur Oliver. Pour ma part, je ne veux pas finir à Azkaban, mais je refuse de dénoncer un collège journaliste. »
« Le peu que nous avons ne satisfera pas le ministère, et pour les documents ? La plupart se trouve chez les Gobelins, et j'aimerais bien voir le ministère essayer de les récupérer ! » Grimaça Xeno.
« C'est là que j'interviens. » Apaisa Lord Peter. « Je suis l'avocat de la famille Potter. Comme vous le savez, ils possèdent des actions dans vos deux journaux, et vu que je suis leur avocat pour les registres, je suis ici pour protéger vos intérêts. Je suggère -si le ministère est si anxieux que cela de pouvoir mettre la main sur Oliver Twist- que vous publiez une édition spéciale détaillant comment vous comptez répondre à leurs demandes illégales. »
« C'est juste. Exigez que votre plainte soit menée devant un tribunal. » Rit Rumpole. « Cela aura pour effet de neutraliser la capacité du Magenmagot à se prononcer sur cette question, ils seront en conflit d'intérêts. Cela ne laissera que le Tribunal International ou la cour de Sa Majesté. »
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Hermione se posa lourdement aux côtés d'Harry avec dans sa main, une lettre froissée. « Harry ? On peut parler ? »
L'adolescent la regarda. « À propos de quoi ? » demanda-t-il avec prudence.
« Mes parents m'ont répondus. Je leur ai dit que mes choix de carrières étaient proches du néant d'après l'article de Twist. »
« Ah bon ? » demanda le brun en arrêtant de travailler sur son essai. Il nota son apparence négligée. « Quelque chose ne va pas ? »
« Ils parlent de me retirer de Poudlard une fois que j'aurais passé mes BUSES. Ils disent qu'ils refusent de payer une éducation de qualité inférieure. Ils ont offert d'employer des tuteurs pour que je rattrape mon retard dans mes études moldu. Je dois décider ce que je veux. »
Le jeune homme soupira et prit son amie dans ses bras, elle renifla et se blottit contre lui. « Ne t'inquiètes pas Hermione. Ça va s'arranger. »
« Tu avais raison, Harry. » murmura-t-elle dans sa chemise. « Je n'aurais pas dû écouter le professeur Dumbledore. Je suis désolée, tu me pardonneras un jour ? »
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Ce soir là, une édition spéciale parut dans le Chicaneur et La Gazette du Sorcier. Comme les deux journaux publiaient les articles d'Oliver Twist, les deux étaient sous les coups de feu.
Edition Spéciale
Le Ministère et Magenmagot en violation des Principes Fondamentaux du Droit Britannique
Leurs actions menacent-elles le Monde Sorcier ?
Depuis que le vote pour l'arrestation d'Oliver Twist pour trahison a été rendu et sanctionné par le Magenmagot et le Ministre de la Magie, la Gazette du sorcier et le Chicaneur ont été portés en vives critiques par les organismes judicaires de notre gouvernement. Toutefois, ces respectables organismes n'ont pas respecté la loi auquel ils ont prêté serment sur leur magie.
Si le Ministère et le Magenmagot souhaitent poursuivre une action en justice, ils doivent s'en remettre à un tribunal, et ne doivent pas se compter parmi ce tribunal en raison de conflit d'intérêts.
Cela ne laisse que le recours au Tribunal International des Sorciers ou à la cour de Sa Majesté.
Nous, La Gazette du Sorcier et Le Chicaneur, refusons de remettre toutes nos informations au sujet de Mr Oliver Twist. Le journal a le droit de protéger ses sources et son personnel contre la persécution, si les articles publiés peuvent être vérifiés. À compter de cette date, tous les articles de Mr Twist peuvent être prouvés comme faits réels. Il nous a assuré qu'il avait les copies originales de ses faits et statistiques.
Nous supportons Mr Twist et le félicitons de son intégrité.
Lord Charles Witherspoon
Xeno Lovegood
Éditeurs en Chef
La Gazette du Sorcier
Le Chicaneur
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Harry était assis dans la salle commune. De toute la semaine, il avait été incapable de pouvoir semer ses amis. Ils étaient pires que des sangsues. On aurait dit qu'ils étaient en mission pour le traquer et fourrer leurs nez dans ses affaires. Hermione était particulièrement collante depuis la lettre de ses parents. Il devenait fou.
Alors qu'il fixait le feu flambant dans la cheminée, ses pensées divaguèrent sur le mandat d'arrêt pour Oliver. Il devait admettre qu'il était nerveux à l'idée d'être arrêté. Cela lui rappelé l'été dernier qu'il avait passé enfermer dans une pièce et où la nourriture lui était donnée par une chatière. Harry frissonna.
Le professeur Flitwick l'avait assuré qu'il ne dirait rien. Personne ne saurait rien de Mr Twist par lui. En outre, il confia au brun avec un grand sourire, que les Gobelins étaient à l'abri de l'Occlumencie et du Veritaserum.
Le brun regarda la carte des Maraudeurs et nota que Rita était également à l'affût. Cela faisait déjà une semaine qu'elle était au château et essayer de glaner des informations sur Oliver.
'Je lui souhaites bonne chance, elle en aura besoin' pensa le héro avec un sourire. Elle avait harcelée les élèves et le personnel toute la semaine. Il était certain qu'elle passait autant de temps en tant que coléoptère qu'humain à essayer d'obtenir le maximum de potins possible.
La rumeur allait bon train et beaucoup d'élèves avaient peur. Harry avait pris la précaution d'enchanté son lit, la zone autour de celui-ci ainsi que les rideaux pour repousser tous les insectes.
Il s'ébroua. C'était dans des moments comme celui-ci qu'il aurait bien aimé avoir des objets moldus avec lui. Des pièges à fourmis lui venait à l'esprit, tout comme la tapette à mouche.
Dobby avait également été averti de sa forme animagus et le brun lui promit plusieurs ensembles de chaussettes chaudes et colorées, s'il réussissait à capturer le scarabée. L'elfe de maison se baladait actuellement -en short kaki et chapeau de safari- invisible avec dans les mains un grand bocal en verre ainsi qu'un couvercle. Il aurait pu jurer qu'une fois il avait entendu l'elfe dire : « Viens là insecte insecte insecte ».
Notre jeune journaliste se demandait quand ils en viendraient à utiliser le Veritaserum et le serment de loyauté. Mais aussi comment il allait pouvoir s'en sortir s'ils en venaient à cela.
Maintenant, si seulement il pouvait trouver une échappatoire au besoin obsessionnel d'Hermione à étudier et celui de Ron pour les parties d'échecs.
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Cornélius Fudge entra au numéro 10 Downing Street pour sa réunion trimestrielle avec le Premier ministre. Il était convaincu que cela serait une réunion typique et brève. Hormis cette affaire avec ce gosse d'Oliver Twist, Cornélius n'avait vraiment pas grand-chose à signaler, et moins il en signalait, mieux c'était.
Le gouvernement sorcier fonctionnait très bien, sans aucun signe de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, malgré les dires de Dumbledore et du môme Potter. Non cette réunion serait une agréable conversation autour d'un thé et de quelques banalités. Comme à l'habitude.
« Ah, entrez Cornélius » dit le Premier ministre avec un sourire froid et carnassier. « Asseyez-vous et donnez moi une seule bonne raison de ne pas dissoudre votre Magenmagot avec vous et Albus Dumbledore comme responsables ? Après tout, vous êtes tous les deux les dirigeants d'un gouvernement qui nie plus de la moitié des droits de leurs citoyens et cela en vertu du droit britannique. »
Eh bien, peut être pas du thé et des gâteaux. Fudge gémit.
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Harry réussit finalement à être seul. Il était assit dans son lit sous la garde permanente de Dobby. Il était encore tôt, mais il avait prétexté un mal de tête. Bien sûr, Hermione avait voulu l'emmener voir Madame Pomfresh sur le champ pendant que Ron voulait prévenir le professeur McGonagall.
Toutefois, ce fut Seamus qui prit la parole : « Il semble ok pour moi. Peut être qu'il veut juste un peu de temps seul ? Vous l'avez collé toute la semaine. Peut être qu'il veut se branler seul. A moins que vous ne vouliez le faire pour lui ? » Il ricana en agitant ses sourcils de manière suggestive.
Hermione fit la grimace et rougit. Ron semblait sur le point d'être malade, alors que tout le monde dans la salle commune rigolait. Harry rougit fortement, mais garda le silence. Faîtes confiance à Seamus pour avoir des idées obscènes. Bénissez-le !
« Hey Seamus, t'm'as bien dit que je pouvais t'emprunter ton dernier Playwitch, non ? » Harry l'interpella, faisant en sorte d'être définitivement seul pour la soirée. Il sourit alors qu'Hermione et Ron fuyaient la salle commune pour la bibliothèque ou d'autres endroits inconnus.
Il n'allait pas se branler ou quoi que ce soit dans le genre, même s'il avait la copie de Playwitch sous son oreiller. Il était bien trop occupé à lire et analyser tous les documents que Lord Peter lui avais transmis ainsi que son courrier de la part de ses deux éditeurs.
Au moins, il n'avait pas à se soucier de Rita. Elle traînait dans les dortoirs des Serdaigles pour la soirée, espérant trouver un indice qui la conduirait à Oliver. Le pari lui avait donné de nombreuses idées sur qui pouvait être Oliver mais aucuns élèves n'étaient prêts à lui parler.
Jusqu'ici, Harry avait été rassuré de savoir qu'aucun éditeur ne donnerait des informations aux Aurors. Il n'était pas sûr pour Dumbledore. Le vieux fou était extrêmement discret sur le sujet.
De plus, l'une des lettres lui ayant été remise par Dobby était très étrange. C'était de la part de Ragnok et contenait un petit flacon bouché. Il semblait vide et Harry était perplexe à ce sujet jusqu'à ce qu'il lise la lettre y étant attachée.
Lord Potter,
Je vous prie de mettre votre souvenir concernant le rituel utilisé par le Mage noir dans ce flacon. Cela peut être crucial dans votre quête.
-Ragnok
Le brun décida de réfléchir à cette étrange requête plus tard et de se concentrer pour le moment sur son prochain article.
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Pagaille, Sédition et Trahison?
Alors que je suis assis et regarde la pagaille que mes articles ont générée, je m'interroge. Pourquoi suis-je recherché pour trahison ? Où est la trahison quand on pose des questions à des adultes, ou en indiquant des faits réels ? N'est-ce-pas le travail des adultes d'apprendre aux enfants le monde, et de répondre à leurs questions avec sincérité ? Comment pouvons-nous apprendre si nous ne posons pas de question ? Même les questions pouvant provoquer et consterner ceux au pouvoir. Comment l'enfant peut-il apprendre si ce n'est ainsi ?
Je suis assis dans la Grande salle et je regarde les professeurs - censés être de grand savoir et sagesse- courir comme si le monde était en proie aux flammes et qu'ils n'avaient aucune idée sur comment l'éteindre. Pourquoi me recherchent-ils au lieu de défendre mon droit de pouvoir poser des questions difficiles et embarrassantes ? Ils sont, après tout, des pédagogues.
Tout le monde dit que Poudlard est l'endroit le plus sûr dans le monde sorcier. Je ne peux pas dire que j'y crois. Le fait de voir des dizaines de détraqueurs attaquer un terrain de Quidditch empli d'élèves sans défense est-il sans danger ? Être pétrifié dans les couloirs ? Être informé par le Directeur de « rester loin d'un certain couloir si vous tenez à votre vie »? Sommes-nous sans danger alors qu'un troll erre dans l'école ? Pour ma part, je pense que la réponse à toutes ces questions est un retentissant « NON ! »
Il semblerait que certains des enseignants, y compris le directeur, sont trop préoccupés par leurs images et la réputation de l'école pour se soucier de la sécurité des élèves. Il doit être également mentionné jusqu'où ils sont prêts à aller pour maintenir le statu quo. Encore mieux, ils devraient donnés aux élèves les outils dont ils ont besoin pour vivre une vie longue, productive et bien informée.
Ma dernière observation doit être criée à haute voix jusqu'à ce qu'elle perce les cœurs et les esprits des administrateurs de cette école.
Cesser de diviser l'école entre quatre maisons et lignées de sang ! Le choixpeau magique à raison, et si un artefact magique animé peut voir le problème, alors on pourrait croire qu'une personne sage et savante devrait également le voir.
Il est temps de se regrouper, avant que le monde que nous connaissons cesse d'exister à cause de préjugés aveugles. Il est réellement beaucoup plus simple de réparer quelque chose avant qu'elle ne soit complètement brisée que de bâtir de nouveau. Et ceci est particulièrement vrai pour le monde magique – une fois que nous serons « démasqué » aux yeux du monde moldu, il n'y aura pas de retour en arrière possible. Trois choses qui ne pourront jamais être récupéré un flèche déliée, un sort jeté et un secret révélé.
Enfin, je suis très déçu, mais pas surpris que le gouvernement sorcier appelle à mon arrestation. Un sage moldu a dit : « La longue habitude de ne pas penser qu'une chose est fausse lui procure une apparence de justesse * ». Cet homme était Thomas Paine, né en Angleterre, et qui fut l'un des pères fondateurs des États-Unis. Je doute que beaucoup de Sang-purs le connaissent, et surtout pas Binns.
Je continuerais d'écrire aussi longtemps que j'en serais capable. Je remercie tous ceux qui me soutiennent. Je ne suis qu'une voix appelant dans l'obscurité, à la recherche d'une bougie pour éclairer mon chemin.
-Oliver Twist
OoOoOoOoOo
* cette citation a été une horreur à trouver ! Plus d'une demi-heure à chercher sur Internet ! Par contre c'est du vieux anglais, donc j'ai pris la meilleure 'traduction'.
Note de l'auteur : Ah Ryry a encore frappé fort ! Mais où va-t-il s'arrêter ! Et pourquoi Ragnok a-t-il besoin du souvenir de Ryry? Mystère…
