Eh bien, eh bien, eh bien ! Que de reviews négatives sur ce dernier chapitre ! Je crois bien que personne, à part quelques rares exceptions, ne l'a aimé. C'est bizarre, ce chapitre était pourtant ancré dans ma tête depuis un long moment et je l'adorais. Depuis le début, j'avais prévu que ça se finirait comme ça. Faut croire que j'aurais peut-être du abandonner cette scène, qui a apparemment mal vieillie. En tout cas, je suis désolée de vous avoir déçues. J'espère me rattraper avec cet épilogue.


Épilogue : Le mariage

Bella's POV :

- « Bella ! Dépêche-toi ! On va finir par être en retard ! me crie Alice depuis le rez-de-chaussée.

- Pars devant ! Il faut que j'attende Edward !

- D'accord ! Mais ne tardez pas !

- Ne t'inquiète pas !

- Et n'oublie pas Charlie !

- Oui ! m'agacé-je.

- Bon, j'y vais ! À tout de suite ! »

Quand elle ferme la porte d'entrée de la villa, je pousse un soupir de soulagement, priant pour qu'elle ne m'entende pas.

Nous y voilà, samedi 18 août, jour du mariage de Rosalie Cullen et Emmett Swan. Charlie, c'est leur fils ; ils lui ont donné ce nom en hommage à mon père. Le petit bout est né le 29 juin, un mois en avance, et, au final, c'est plutôt bien tombé. Je ne vous raconte pas la galère pour essayer une robe de mariée quand on est enceinte et qu'on ne le sera plus le jour fatidique. Les couturières ont dû deviner les mensurations de Rosalie et celle-ci a dû courir à la boutique sitôt sortie de la maternité. Et, même avec un mois de plus pour faire les dernières retouches avec les vraies mensurations, la robe a bien failli ne pas arriver, saison des mariages oblige. Autant vous dire que Rose était plutôt à cran et j'ose à peine imaginer ce qui se serait passé si Charlie était arrivé à la date prévue.

Sinon, moi, j'ai obtenu mon diplôme avec succès et je compte faire ma rentrée à Berkeley, Californie, section biologie, grâce à la bourse d'étude que j'ai obtenue suite à mes bons résultats. Edward me suit mais il sera en section médecine. Eh oui, depuis ce fameux jour dans la clairière, je sors avec lui ; qui l'eut cru ? Mais bon, nous sommes loin d'être un couple idéal, nous passons la moitié de notre temps à nous engueuler, et l'autre moitié à nous réconcilier sur l'oreiller. Mais, rien que pour ces réconciliations, ça vaut le coup de s'engueuler.

Vous vous demandez peut-être ce qu'il advient de Cedric ? Eh bien, il sort avec une certaine Beth, très agréable et plutôt libérée dans le genre, et ses parents la déteste encore plus que moi, ce qui ne le rend que plus heureux. Comble du comble, ils se sont rencontrés au Met ! Quant à moi, je suis restée en très bons termes avec lui et je suis très contente qu'il se soit enfin trouvé quelqu'un. Edward et lui sont toujours meilleurs amis mais, étant désormais tous les deux maqués, ils ont dû abandonner les soirées drague en boîte et sortent du coup beaucoup moins.

Pour en revenir à notre couple du jour, cela fait maintenant trois mois qu'ils habitent ensemble. Ils ont loué un petit appartement en plein cœur de Seattle en attendant que Rose fasse ses deux dernières années de fac – il ne lui en restait qu'une mais elle a dû interrompre ses études quand sa grossesse est arrivée à un stade trop avancé et, inévitablement, elle redouble sa quatrième année. Après, ils envisageront de déménager un peu plus au sud. J'ai un peu de peine pour Jasper, qui va se retrouver tout seul dans notre maison, mais j'ai cru comprendre qu'Alice, qui a choisi l'université de Seattle pour être près de son homme, prévoyait de lui rendre visite de façon quasi permanente. Eh oui ! Les deux meilleures amies seront séparées pendant leurs années université. Triste, non ? Je trouve aussi. Mais je me dis que, au moins, nous sommes sur la même côte et j'économiserai l'argent de ma bourse pour me payer le billet d'avion.

Ah ! Juste une dernière chose. Vous vous rappelez cette punition stupide qu'Edward et moi avions obtenue ? Celle où on devait nettoyer les plafonds. On ne l'a jamais terminée ! En passant devant la salle où on était, le proviseur nous a surpris en train de nous embrasser. Du coup, il nous a dit que nous n'avions plus besoin de cette punition et nous avons finalement été transférés dans une salle de retenue, on ne peut plus classique. Mais ce connard a donné pour consigne au surveillant de s'assurer que nous ne soyons pas à côté. Ce fut encore pire que nettoyer les plafonds.

- « Tu es prête, bébé ? me demande Edward – je vous interdis de rire, ce surnom est juste trop agréable à entendre – depuis sa chambre.

- Pas tout à fait. »

Je me dépêche alors d'ôter mon jean et mon chemisier et de ma glisser dans la robe que m'a choisie Alice : un fourreau rouge, bustier avec un décolleté en cœur, qui moule mon corps comme une seconde peau jusqu'à mes genoux, où la robe part en s'évasant. Je me presse d'enfiler mes chaussures, de la même couleur que ma robe ; ce sont celles que je portais le jour de ma réconciliation avec Edward. Heureusement, je suis déjà coiffée – Alice m'a frisé les cheveux et les a épinglés haut sur mon crâne dans un chignon sophistiqué, en laissant une ou deux anglaises retomber dans mon cou et le long de mon visage. Elle a également incorporé une sorte de mini chapeau à ma coiffure, un bibi je crois, qui est fixé grâce à un peigne. L'accessoire, également rouge, est fait de sisal, de dentelle et de plumes, et décrit une forme indéterminée, faite de volutes, qui le rend élégant tout en étant discret – et maquillée – quelque chose de très naturel pour les yeux et les lèvres écarlate.

Je mets alors une main dans mon dos pour refermer ma fermeture éclair mais je ne parviens qu'à la remonter à moitié.

- « Edward ! appelé-je mon homme, tu peux venir m'aider ? »

Quelques secondes plus tard, mon dieu vivant se matérialise dans l'encadrement de la porte. Alors qu'il vient à ma rencontre, je lui tourne le dos.

- « Aide-moi à fermer ça, s'il te plait » lui demandé-je en désignant ma robe.

Il se rapproche encore plus et pose une main sur mon épaule tandis que l'autre s'empare de la fermeture éclair.

- « Tiens, tu as mis un soutien-gorge, pour une fois, rit-il.

- Pfff, t'es bête, l'insulté-je gentiment.

- Quoi ? C'est vrai. Il t'arrive souvent de ne pas en porter. Mais attention ! Je n'ai jamais dit que ça ne me plaisait pas, ajoute-t-il en posant ses lèvres dans mon cou.

- Edward, ne commence pas ! On est déjà en retard ! »

Je le sens alors faire glisser la fermeture à mon grand soulagement. Mais quand je suis obligée de rattraper ma robe in extremis avant qu'elle ne tombe à mes pieds, je me rends compte qu'il a tout sauf envie de m'aider à la fermer. Il ne fait que confirmer ce que je pense quand il commence à suçoter et mordiller mes épaules, mes clavicules, mon cou, et mon décolleté. Ses mains viennent alors se poser sur les miennes, qui empêchent encore le tissu de choir, et, délicatement, il desserre ma poigne et la robe dégringole jusqu'à mes chevilles.

- « J'ai envie de faire des cochonneries avec toi, me murmure-t-il dans l'oreille.

- N'y pense pas. C'est le mariage de ta sœur et de mon frère. »

Il ignore mon refus et vient poser ses mains sur mes fesses.

- « On va être en retard, insisté-je, la cérémonie commence dans trois quarts d'heures. »

Il attrape alors mon menton d'une main et fait pivoter ma tête jusqu'à ce qu'il puisse poser ses lèvres sur les miennes. Son autre main malaxe mon sein et me procure de douces sensations.

- « On est dans la chambre d'Alice, décollé-je ma bouche de la sienne, je ne pourrais jamais lui faire ça. »

Je sens soudain une main froide dans mon dos et, deux secondes et demi plus tard, mon soutien-gorge est par terre.

- « Je n'ai plus d'excuse, avoué-je.

- Enfin... »

Il reprend son baiser, ses lèvres dévorant les miennes, et il finit par introduire sa langue. J'accepte automatiquement l'intrusion et lui rend son baiser avec encore plus d'ardeur.

Quand je remarque que le temps passe beaucoup trop vite, je me retourne et l'attrape par la cravate. Tout en l'embrassant de plus belle, j'avance à reculons et l'entraîne avec moi jusqu'au bureau de sa sœur jumelle. Je grimpe et m'assieds dessus avant de tirer mon amant plus près de moi grâce au morceau de soie que j'ai toujours dans les mains. Je m'empresse alors de le débarrasser de sa veste de costume, de lui dénouer sa cravate et de défaire tous les boutons de sa chemise.

Pendant ce temps, lui fait glisser mon string noir en dentelle le long de mes jambes et s'en débarrasse en le laissant choir à terre. Ainsi dénudée, je défait la boucle de sa ceinture puis descend la braguette de son pantalon, avant de glisser une main dans son caleçon. Il laisse échapper un soupir de plaisir. Je commence alors à masser sensuellement ses testicules tout en amenant mes lèvres à son torse que je m'empresse de lécher et d'embrasser.

Soudain plus pressé, Edward retire ma main de son boxer et m'agrippe par les deux fesses pour me serrer fort contre lui. Son sexe, à travers son sous-vêtement, appuie sur mon clitoris pour mon plus grand plaisir. Il semble le remarquer et entreprend quelques légers mouvements de bassin. Chaque pression sur mon paquet de nerfs me rend un peu plus folle et manque de me faire succomber. Cela ne lui échappe pas et un sourire à la fois moqueur et triomphant se dessine sur son visage.

C'est à mon tour d'être pressée. J'amène mes mains au niveau de son caleçon et fait descendre celui-ci, ainsi que son pantalon, jusqu'à la moitié de ses cuisses, de façon à ne libérer que ce dont j'ai besoin. Son pénis se dresse devant moi, dur et puissant. Edward m'allonge alors sur le bureau et me lève les jambes pour les poser sur ses épaules, afin d'avoir un meilleur angle d'attaque. Il s'apprête à entrer à moi quand il s'arrête subitement et semble pensif.

- « Un problème ? lui demandé-je.

- Aucun. J'étais juste en train de me dire que c'est la deuxième que je te fais l'amour alors que tu ne portes que ces chaussures, fait-il en désignant les escarpins rouges qui se trouvent près de sa tête.

- 'Faire l'amour' ? Laisse-moi rire !

- Pourquoi ? Je t'aime et je fais l'acte qui te le montre le plus. Ce terme est on ne peut plus adéquat.

- Pfff, arrête de dire des bêtises et baise-moi !

- Tss, me réprimande-t-il, tu es vulgaire !

- Je sais. Mais tu aimes ça. »

Sans lui laisser le temps de répondre, je tends un bras et l'agrippe par les cheveux avant de le tirer vers moi, pliant ainsi mon corps en deux. Je pose ma bouche sur la sienne et mordille sa lèvre inférieure tandis que sa langue dessine le contour des miennes. Puis je descends et embrasse son a mâchoire, sa gorge, son cou. Il cherche alors à l'aveuglette l'entrée de mon vagin et, voyant qu'il s'éternise, je relâche sa bouche et le laisse se redresser. Il positionne enfin son gland contre mon intimité.

- « Au fait, dit-il, tu as pensé à prendre ta pilule, ce matin ?

- Mais ça va pas de t'arrêter comme ça ? Je vais finir par mourir de frustration, alors parle moins et agis plus !

- Contente-toi de répondre.

- Évidemment que je l'ai prise !

- Bien. »

Et sans plus de cérémonie, il rentre en moi d'un seul coup de reins, et, après plusieurs minutes, il me donne un orgasme des plus retentissants avant de se libérer en moi.

Puis, tout d'un coup, c'est le rush. La cérémonie commence dans une vingtaine de minutes et je suis toute nue. Je descends alors rapidement de mon piédestal et cours sous la douche pour rincer une partie très intime de mon anatomie, en faisant bien attention à ne détruire ni ma coiffure, ni mon maquillage. Une fois propre, j'enfile à la hâte ma robe, qu'Edward ferme sans objecter, cette fois, ainsi que mon string et mes chaussures. Je me dépêche alors de sortir Charlie de son berceau et de l'attacher dans son cosy, puis je me précipite vers la voiture où Edward m'attend. Je m'emmêle un peu les pinceaux mais finis par attacher Charlie sur le siège avant et je monte derrière mon homme tandis que celui-ci démarre en trombe.

Nous nous garons le plus près possible de l'église et finissons le trajet à pieds. La foule de personnes amassée devant le bâtiment en pierres semble à la fois contrariée de notre retard et soulagée de nous voir enfin arriver.

Nous nous faufilons avec le plus de discrétion possible entre les invités et allons gagner notre place, c'est-à-dire dans le chœur, aux côtés des futurs époux. Jasper, lui aussi témoin, nous y attend déjà, ainsi qu'Emmett. À contre cœur, je me sépare d'Edward, qui doit se placer du côté de la mariée, tandis que moi, je dois rester du côté du marié.

- « Je sais que tes hormones te chatouillent en ce moment, me glisse discrètement Jazz à l'oreille, mais, franchement, c'est le mariage de notre frère ! T'aurais pu attendre demain, non ?

- Comment tu le sais ?

- Les traces rouges sur le col de chemise et dans le cou d'Edward. Et tes lèvres anormalement gonflées. »

À l'idée que ma petite partie de jambes en l'air avec mon chéri puisse se lire si facilement sur nos visages, je me mets à rougir.

Les autres invités rentrent alors dans la salle et s'installent sur les différents sièges. Je reconnais Esmée, au premier rang, et je peux voir qu'Alice attend patiemment dehors que Rosalie arrive, accompagnée de Carlisle.

Quelques minutes plus tard, la Mercedes noire des Cullen se gare devant l'entrée de l'église, et la mariée en sort, au bras de son père. Alice ouvre alors la marche et répand des pétales de rose devant elle. Quand Rose rentre enfin dans le bâtiment, tout le monde se lève et n'a d'yeux que pour elle. Elle est tout simplement radieuse dans sa robe bustier à crinoline, toute de satin, de tulle et de perles. Elle ne porte pas de voile, nous laissant le plaisir d'admirer sa superbe cascade de boucles, dont seules quelques mèches sont relevées avec un peigne en argent.

Elle avance lentement, au rythme de la Marche Nuptiale qui résonne dans toute l'église. Emmett regarde sa future femme avec admiration, il ressemble à un gosse qui vient de rencontrer le Père Noël. Je détache alors Charlie de son cosy et le prend dans mes bras pour qu'il puisse lui aussi assister à l'union de ses parents.

Quand la mariée finit par retrouver son futur époux, le cérémonie commence.

Au moment de l'échange des alliances, mon frère lit les vœux qu'il a maladroitement écrit sur une feuille de papier et l'assemblée étouffe un rire. Rosalie, elle, récite la prose sur laquelle elle a planché pendant plusieurs semaines. Le contraste pourrait être comique, s'il n'était pas touchant.

Quand vient enfin le moment du baiser, les deux époux fusionnent leurs lèvres dans quelque chose de très passionné. Leurs bouches bougent d'un même mouvement, à l'unisson, comme si elles étaient faites l'une pour l'autre. Leur baiser s'éternise, quelques rires commencent à retentir dans la salle mais les deux amants ne s'arrêtent que lorsque le pasteur se racle la gorge. L'assemblée se met alors à applaudir et commence à sortir pour former une haie d'honneur sous laquelle passe les mariés passent tandis qu'on les asperge de riz et de pétales de rose.

Après cette cérémonie magnifique, nous nous retrouvons tous chez les Cullen, lieu de la réception et du repas. Pour l'occasion, ils ont installé deux gigantesques auvents, l'un abritant la piste de danse, l'autre abritant les tables. J'ai été installée à la table des mariés, tout comme Jasper, Alice et Edward. Emmett et Rose ne cessent de se lancer des regards amoureux pendant tout le repas et, pour être franche, je pense qu'ils se seraient sautés dessus si nous n'étions pas là. Edward, assis à côté de moi, a sa main négligemment posée sur ma cuisse et décrit distraitement des cercles avec son pouce. S'il continue comme ça, je risque de devoir m'absenter en sa compagnie pendant plusieurs minutes.

Vient alors le moment des toasts. Emmett est le premier à se lever et à parler.

- « Voilà, commence-t-il, ça y est, je suis marié. »

Tout le monde éclate alors de rire.

- « Je voudrais porter un toast en l'honneur de Rosalie Swan, continue-t-il, ma femme, pour le meilleur et pour le pire. La seule qui a su dompter la bête qui sommeille en moi et à me passer la corde au cou. »

De nouveaux éclats de rire retentissent.

- « Celle qui m'a donné le fils le plus formidable au monde, Charlie Swan. Celle avec qui je veux vivre jusqu'à ma mort. Je t'aime, Rose ! »

Des applaudissements suivent ce discours et c'est au tour de Rosalie de se lever.

- « Ce toast est pour Emmett Swan, mon mari, qui est certainement un peu trop ivre pour réaliser pleinement ce dans quoi il vient de se lancer. »

L'assemblée s'esclaffe une nouvelle fois.

- « Plus sérieusement, je tiens à lui témoigner tout mon amour, ainsi qu'à notre fils, Charlie, qui, j'en suis sûre, deviendra aussi parfait que son père. Je suis une maman et un épouse comblée, je ne pourrais être plus heureuse. »

Il y a de nouveaux applaudissements puis c'est Carlisle qui parle, puis Esmée. Tous deux disent à quel point ils sont fiers de leur fille et de leur nouveau gendre. Tout le monde se décide alors à y aller de son petit mot. Même moi, je me lance et baragouine un petit laïus dans lequel je les félicite et leur souhaite d'être heureux tous les deux.

Après l'heure des toasts, vient l'heure de couper la pièce montée. C'est un énorme gâteau blanc et décoré de torsades et de fleurs de la même couleur. Rien que de le voir me donne envie de l'engloutir en une fois. Emmett prend alors une pelle à tarte et en coupe une part qu'il offre à sa femme. Rosalie fait de même et tous deux savourent la pâtisserie. Une énorme file se dessine alors devant la pièce montée et ce n'est qu'au bout d'une dizaine de minutes que j'arrive enfin à en avoir un morceau. Elle est tellement délicieuse que je dois me retenir de lécher l'assiette.

Une fois que tous les invités ont terminé de manger, Alice prend le micro et invite tout le monde à aller sur la piste de danse, où le couple du jour ouvrira le bal. Nous allons alors tous sous le deuxième auvent et décrivons un cercle autour des deux époux, qui se tiennent en position en attendant que la musique démarre. Quand c'est le cas, ils entament une valse simple, probablement le seul mouvement dont mon frère est capable sans écraser les pieds de sa partenaire, et sont si gracieux qu'ils donnent l'impression de glisser sur la piste. La robe de Rosalie virevolte autour d'elle dans un halo blanc qui lui donne l'air d'un ange.

Le morceau laisse alors place à un autre, et plusieurs autres couples rejoignent le centre du cercle. J'attrape Edward par le bras et fait de même. Je n'avais jamais eu l'occasion de le remarquer, mais c'est un très bon danseur, il enchaîne les pas tellement vite que je lutte pour tenir le rythme. Après quelques chansons, il m'abandonne à Jasper et va tenter d'obtenir une danse avec Rosalie.

Lorsque mon frère et moi reconnaissons les premières notes d'un morceau de rock, il me lance un regard entendu. J'acquiesce en réponse à sa demande silencieuse et il m'agrippe fermement les poignets. Nous commençons alors à virevolter sur le rythme de la musique en nous frayant comme nous pouvons un passage parmi les invité. Ceux-ci arrêtent d'ailleurs leurs piètres gesticulations dès que nous les frôlons et le cercle ne tarde pas à se resserrer autour de nous.

La chanson s'achève enfin et nous sommes accueillis par une salve d'applaudissements.

- « Je vois que tu n'as rien oublié de ce que t'avais appris Maman, me complimente Jasper.

- Je pourrais dire la même chose de toi.

- Elle aurait été heureuse d'être là.

- Oui... »

Sentant que quelques larmes menacent de couler, je baisse la tête. Mon frère, toujours aussi clairvoyant, me sert brièvement dans ses bras. Je sens alors qu'on me tapote l'épaule et je me retourne pour découvrir mon autre frère, le jeune marié, qui me propose une danse. J'accepte et il place une main dans mon dos tandis que je pose la mienne sur son épaule. Il tient mon autre main dans sa grande paluche. Nous commençons alors à bouger maladroitement sur un air de valse.

- « Alors, me taquine-t-il, c'est le jour de MON mariage mais tu ne peux pas t'empêcher de faire ton show ?

- Il faut bien que quelqu'un le fasse, contré-je, tu danses tellement mal que tes invités vont finir par partir en courant ! »

Comme pour illustrer mes propos, il me marche sur le pied. Il s'excuse avant de poursuivre.

- « Je ne parlais pas de tes talents de danseuse.

- De quoi parlais-tu, alors ?

- De la raison pour laquelle tu es arrivée en retard à l'église. »

Je pique instantanément un énorme fard.

- « Ah ah ! rit-il, j'ai touché un point sensible.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, tenté-je.

- S'il te plait, Bee ! Ne me prends pas pour plus bête que je ne suis. Tu crois que j'ai pas remarqué les mèches rebelles qui s'échappaient de ta coiffure, ton mascara qui avait coulé et ton rouge à lèvres qui avait débordé sur ton menton ? Sans compter Edward, qui était complètement débraillé, qui avait les cheveux encore plus en bordel et qui arborait de jolies traces de rouges dans le cou.

- Ça s'est vu tant que ça ? paniqué-je.

- Comme le nez au milieu de la figure. Je suis sûr que tout l'assemblée a remarqué, et comme, en plus, vous n'arrêtiez pas de vous lancer des regards cochons... Mais si ça peut te rassurer, j'exagère un peu, ça ne se voyait pas plus que ça sur toi. Enfin... sauf pour les suçons. »

Je baisse alors la tête et découvre avec horreur d'effroyables tâches violacées qui ornent mon cou et mon décolleté. Je savais qu'on aurait pas du le faire avant de partir ! Je rougis de plus belle.

- « Désolée, fais-je, penaude.

- Pas de soucis, rigole-t-il, ça m'a bien fait rire.

- Je n'en doute pas.

- Mais, franchement Bells, qu'est-ce que tu lui trouves, à ce mec ?

- Je l'aime. C'est tout.

- C'est tout ? Tu as déjà oublié ce qu'il t'a fait ?

- Ne commence pas, Emmett ! C'est ton mariage, je refuse qu'on s'engueule. Et non, je n'ai pas oublié, mais j'ai pardonné.

- Trop vite.

- À l'époque, peut-être. C'est vrai qu'il avait su quoi faire pour me mettre dans de bonnes conditions. Mais, même si j'avais des doutes avant, je n'en ai plus désormais. Il a racheté sa faute des tas de fois depuis, il a même plutôt tendance à trop s'en vouloir.

- Si tu le dis...

- Oui, je le dis. Maintenant ferme-la, profite de ton mariage et fais-moi danser ! »

Et il obéit sans discuter.

À la fin d'un troisième morceau, je décide d'aller m'asseoir sur l'une des chaises entourant la piste de danse car mes pieds commencent à être douloureux. J'observe distraitement les invités en train de danser quand deux bras venus de derrière moi s'enroulent autour de mon cou et quand une tête se pose sur mon épaule.

- « Tu t'ennuies ? me demande Edward.

- Pas du tout, j'ai juste mal aux pieds. »

Ne faisant manifestement pas cas de ma réponse, il embrasse ma joue, puis ma mâchoire, pour finir dans mon cou, dont il pince un peu de peau entre ses lèvres.

- « Je t'ai vue avec Jasper, dit-il, tu étais magnifique.

- Merci. »

Il fait alors légèrement pivoter ma tête de sa main jusqu'à ce que mon visage soit face au sien, et ses lèvres viennent gagner les miennes. Son baiser est léger, doux, et son haleine a un subtil goût de whisky qui n'est pas pour me déplaire.

- « Je t'ai vue avec Emmett, aussi, murmure-t-il contre ma bouche, vous aviez l'air très absorbés par votre conversation...

- Es-tu en train de me demander sur quoi portait cette conversation ?

- Euh... oui. Mais tu n'es pas obligée de me le dire si tu ne le veux pas. Je suis juste curieux. »

Je réfléchis un instant, me demandant si je dois lui dire la vérité ou pondre un mensonge bidon.

- « Désolé, dit-il face à mon silence, je me mêle de ce qui ne me regarde pas.

- Non ! Il n'y a pas de mal, je vais te le dire. » Je fais une courte pause pendant laquelle je réfléchis à comment tourner ce que je veux dire « En fait, Emmett me disait qu'il ne comprend pas pourquoi je t'ai pardonné.

- Ah... Je suppose que c'est compréhensible. Et que lui as-tu répondu ?

- Je lui ai dit la vérité.

- Qui est... ?

- Vous êtes un peu trop curieux pour votre bien, Monsieur Cullen ! »

Il rit et n'ajoute rien, comprenant que je n'ai pas l'intention de lui en dire plus.

Des cris et des rires féminins retentissent alors. Edward et moi nous retournons comme d'un seul homme vers l'origine du bruit et découvrons que l'agitation est en fait due à Rosalie, qui s'apprête à lancer son bouquet dans une mare de femmes déchaînées. Edward me donne un coup de coude et me fais signe d'aller les rejoindre. Je refuse d'abord, n'ayant aucune envie de participer à ce rituel que je trouve ridicule. Puis, quand Edward insiste pour que j'y aille, soi-disant que toute fille normalement constituée se ferait d'une joie d'y participer, je prends sur moi et rejoins la foule.

Rosalie nous tourne alors le dos et commence un décompte. À « zéro! », elle lance le bouquet au-dessus de sa tête. Celui-ci arrive droit sur moi. Histoire de faire preuve de bonne volonté, je lève les bras. Mais il me file entre les doigts et tombe dans les mains d'une Alice qui se met à sautiller.

Je reviens donc les mains vides auprès de mon homme.

- « Pas trop déçue ? demande-t-il en m'attirant contre son torse et en enroulant ses bras autour de ma taille.

- Non, Monsieur !

- C'est vrai ? Tu l'as pourtant raté de peu.

- Ouais... Mais que veux-tu que je fasse d'un bouquet ?

- On dit que celle qui l'attrape se marie dans l'année.

- Ça tombe bien, alors, je ne compte pas me marier » fais-je sèchement.

Un grand silence suit alors cette révélation. Edward me regarde fixement et semble abasourdi. Mon Dieu, faites qu'il ne s'était pas imaginé des choses !

- « Edward ? Tu vas bien ?

- Oui, reprend-t-il tout à coup ses esprits, tout va très bien.

- Pourquoi cette réaction, alors ? Ne me dis pas que...

- Non, bien sûr que non, me coupe-t-il, c'est juste... la façon dont tu l'as dit. Comme si c'était une chose inconcevable.

- Évidemment que c'en est une ! On a dix-huit ans !

- Maintenant, oui. Mais, plus tard...

- On ne sait même pas si on sera encore encore ensemble dans six mois, alors dans dix ans...

- Tu ne comptes pas te marier avant dix ans ? s'exclame-t-il.

- Je ne compte pas me marier du tout. Que ce soit avec toi, ou avec un autre.

- Pourquoi ?

- Pourquoi pas ? Le mariage, ce n'est rien qu'un bout de papier. »

Cette nouvelle révélation semble, elle aussi, le choquer.

- « Oh, s'il te plait, Edward ! Qu'est-ce que tu me fais, là ? C'est normalement aux filles de penser mariage, nom d'un chien !

- Excuse-moi, bébé, oublie ça.

- D'accord.

- Juste une dernière chose : tu penses vraiment que, dans six mois, on ne sera plus ensemble ?

- Je n'en sais rien. »

Son visage prend un air triste. Mauvaise réponse, une fois de plus.

- « Tant que tu ne me casses pas les pieds, il n'y a pas de raison pour qu'on rompe, le rassuré-je.

- Alors je ferai en sorte de ne pas te casser les pieds.

- Marché conclu.

- Je t'aime » lance-t-il subitement.

Et je lui réponds en l'embrassant de toutes mes forces.

FIN


Et voilà ! C'étaient les ultimes mots de ma fiction ! Je suis désolée d'avoir poster tard (pour changer) mais j'écrivais en parallèle le premier chapitre de ma prochaine fiction. D'ailleurs, si le cœur vous en dit, n'hésitez pas à venir m'y retrouver, je devrais la publier d'ici quelques jours.

Merci à celles et ceux qui m'ont suivie dans cette histoire qui a quand même duré plus d'un an et demi.

Gros bisous.

À bientôt.

Jul'B.