.
Hello mes kiwis !
Wow, vos réactions aux chapitres précédent étaient incroyables. Ecrire le chapitre de la bataille m'a fait pleurer, sautiller sur mon siège, me ronger les ongles, bref, j'y ait mis tout mon cœur et toutes mes tripes. Et voir que vous l'avez lu, que vous l'avez vécu avec autant d'intensité... C'est la meilleure récompense qui soit. Bref, mille merci à vous tous ! Vous n'imaginez pas à quel point vos commentaires m'ont fait chaud au cœur !
.
Du coup, passons directement aux réponses aux reviews !
Ah ah Aqualyne, quelles menaces ! T'inquiète, la suite est là... Mais tu vas regretter de l'avoir réclamer. C'est dark !
Sorry for the wait Xiu ! La suite est là !
Merci Tiph' ! En effet, tu as tout compris : Elisa cherche à changer le cours des choses mais elle ne peut agir qu'à son échelle. Oui, elle peut préparer ses poches, mettre en place des plans auprès de ses amis, etc. Mais elle ne peut pas empêcher la guerre. Elle n'a pas ce degré de contrôle sur le monde qui l'entoure. Après tout, le but de la saga était d'explorer le concept d'une SI réaliste ! =)
Yo L Adeline ! Bah oui, c'est un cliffhanger sauvage x) Mais je devais bien couper le chapitre à un moment où un à autre, et... Là, c'était parfait. Parfaitement sadique, aussi, mais j'assume x)
Hello et bienvenue, Hiranna ! Ravie que ça te plaise ! Oui, ce chapitre finissiat de façon abrute, mais eh, il faut garder du suspense quand même xD Mais ne t'inquiète pas (ou plutôt si, inquiète toi, justement), car la suite est là...
Yup Elorah, tu m'as grillé, j'ai ramené pleiiiins de gens sympathiques dans la bataille, plein de gens qu'on pensait en sécurité... POUR MIEUX LES MASSACRER MWAHAHAHA. Ahem. Bref x) En tous les cas, merci beaucoup ! Ecrire des combats est souvent délicat et... Je suis contente que ça te semble réaliste. Et cool. Parce que, avouons-le, là Elisa se lâche, et ça fait plaisir x)
Merci Gladoo89 ! Yep, en effet, va y avoir des morts. Pas à la GRRM, j'avoue, je n'en ait pas eu le courage... Mais tu as deviné juste pour un des décès, en tous les cas, donc... Garde un mouchoir sous la main ! xD
Ah ah, tout à fait PyromaniacRabbit : qu'Elisa combatte à dos de dragon aurait été TERRIBLEMENT CLASSE. Sais-tu que ça faisait partie de mes scénario possibles ? Dans ce script-là, elle aurait redonné sa taille normal eà Enyo (le dragon miniature, qui vit dans son dortoir) et aurait fait DRACARYS sur tout le champ de bataille. Mais voilà, c'était trop capilotracté. On en este au bon vieux Aqua Animaro, du coup x)
Hello Manifestement Malefoy ! Ce cliffhanger était sauvage, oui, mais c'est pour ça que je pste la suite trois jours après x) J'avais assez envie de poster coup sur coup les trois chapitres de la bataille (la Bataille ets le premier, celui-là le seond, et il y en a un dernier ensuite), mais... J'ai changé d'avis x) Il faut faire durer le plaisir ! Enfin bref. Ron et Hermione se sont battus, tu vas en avoir la confirmation dans ce chapitre. Et Warrington est effectivement dans le camp des gentils x)
Yo, Millon ! Effectivement, ça doit bien faire un an que je n'ai pas vu ton pseudo x) Mais ton commentaire m'a fait jubiler comme un gobelin devant mon écran, mwahahaha. J'adore quand les gens vivent mes chapitres aussi intensément que je les vis en les écrivant. Il faut être à fond dedans, et là, le cliffhanger... C'est comme un saut en chute libre ! Bref, ravie que ça t'ai plu (ou que ça t'ai traumatisée xDDD). La suite est là ! Au bout de 3 jours au lieu d'une semaine, donc bon, j'ai pris en compte l'impatience des lecteurs x)
Salut Nana Umi ! Euuuuh il va y avoir des morts, c'est sûr. Elisa est toujours dominée par la peur, là, c'est le besoin de survivre qui prime avant tout. Mais oui, jamais elel n'a déchaîné une destruction de si grande ampleur. Une partie de ça vient du fait qu'elle ne réalise pas pleinement ses capacités destructives : si tu es paniquée, qu'on te donne un pistolet ou une mitrailleuse, tu vas quand même tirer dans le tas... Mais tu feras BEAUCOUP PLUS de dégâts avec la mitrailleuse. Bref. Il y a aussi le fait que la Baguette de Sureau a un efet pervers en boostant la confiance en elle d'Elisa : ça consume ses doutes, et diminue son hésitation à frapper...
Yo Feuilles d'Automne ! Dobby est un elfe liiiibre ! xDDD Alors ça s'est bien passé, les partiels ? Pour Elisa, ouais, y a de la baston x) Ce chapitre était 100% action, j'en suis assez fière ! Et effectivement, dans le prochain chap' on va voir qui est mort et... Il y en aura un certain nombre quand même xDDDDD En tous les cas, ravie que ça t'ai plu !
Uh uh uh, La Glaciale, tu es la seule à avoir relevé le problème du père de Cédric... Qui ne répond pas à son miroir... Eh oui, car même les meilleurs plans peuvent avoir des défauts. Enfin, tu verras ce qui ets arrivé à Amos Diggory dans deux ou trois chap' je pense x) Bref. L'absnece d'Harry est normale, après tout il ets toujours en plein rituel. Pour le reste... Tu verras bien ! xD
Merci Marie La Petite ! Courage, les vacances sont bientôt là. Et voilà un nouveau chapitre ! Bon, il va être bien déprimant, je pense x) Mais... Ca mettra fin au suspense !
Ah ah, tu me flattes Mily the Weasel x) J'avoue que j'avais la bataille des livres dans la tête quand j'ai écris cette bataille. Je voulais que ça y ressemble, que ça évoque le même sentiment de panique, d'ivresse, de terreur, de fébrilité, l'impression d'être emportée par un flot de violence où le seul but est de survivre et où c'ets trop chaotique pour garder le fil de tout ce qui se passe. Et si c'est comme ça que tu l'a vécu... Alors j'ai réussi =)
Yup Mayoune, Elisa s'en sort (il faut bien que l'histoire finisse) mais... La persone à laquelle tu penses va bel et bien mourir. ET ça ne sera pas la seule... La bataille va être particulièrement meurtrière...
Oh Eliie Evans, ne pense pas que ça va décimer l'armée de Voldy ! Il a moins de Mangemorts que dans le canon mais il a BEAUCOUP PLUS de loups-garous. Et tous les indics, toutes les petite sfrappes qui n'osaient pas le soutenir publiquement ? Là, dos au mur, après que le Ministère soit tombé, bah ils ont rejoints ses rangs dans un effort désespérés de regagner ses bonnes grâces lors de la bataille finale. Du coup, l'armée de Voldy compte entre 300 personnes au début de la bataille, alors que du côté de Poudlard, on a environ 200 personnes (élèves + parents + alliés). Et je ne compte pas les géants ou les Détraqueurs... Donc voilà. Voldy a l'avantage numérique.
Tu as toujours des questions étrangement précises Aomine xD Alors, pour y répondre, quand Elisa utilise l'Agua Animaro, elle anime l'eau du lac. Pas une eau 100% pure, certes, mais quand même, juste de l'eau. Le spoissons, la boue ou le sable en suspension, les déchets, ce n'est pas porté par le sort et donc, quand l'eau s'élève... Bah les autres trucs retombent, sont rejetés. Donc non, pas de poissons nageant tranquillement à l'intérieur du dragon d'eau xD
Ah ah Yuedra, cette réaction xD Non, je ne vais pas faire marine tout le monde 15 jours en pleine lecture de la bataille, même pour moi c'ets trop intense, JE VEUX POSTEEEEER ! Ahem. Bref. Oui, Warrington a protégé Elisa x) Ils ont bel et biend ans le même camp ! Et Matt... Effectivement il y a le potentiel de quelque chose entre lui et Elisa. Mais voilà, ça reste juste du potentiel, pour l'instant. A voir si je passe à la vitesse supérieure par la suite ! xDDD Enfin, s'ils survivent tous les deux...
Hello Aiiwa ! Contente que ça t'ai plu xD J'avoue ce chapitre était l'un de splus intenses de la saga. Peut-être le plus riche en action, d'ailleurs. Et le suivant, c'ets à dire celui-ci, va être très riche en émotions...
Salut Shinlya ! Tu avais oublié la Baguette de Sureau ? Alors que j'a fait exprès de rappeler son existence dans les chap' précédents en plus ! XD Mais oui, ça donne un bonus de "badass-attitude" à n'importe qui. Et Elisa... Elle n'est pas Helen, ou Roggue, ou même Harry Potter. Mais damn, quand elle s'y mets, elle peut faire des dégâts. Alors, avec une Relique de la Mort ? SHE IS UNSTOPPABLE. Enfin bref, c'était un chapitre prenant aux tripes quand je l'ai écrit, et je suis ravie que tu ais autant accroché ! Sinon, pour la fic sur Game Of Thrones... Bof, je ne suis pas sûre de créer un OC finalement. Ecrire sur une SI réincarnée en Cersei serait définitivement plus intéressant xD Ou juste écrire tout court, en fait. Je n'ai toujours pas retrouvé mon inspi...
Nan mais DreamerInTheSky cette logique xD "Les cuisines c'est pas safe, et si on obligeait plutôt les gens à s'enfuir en passant par deux étages, un passage secret, et plusieurs kilomètres de souterrains ? Parce que transplaner dans la pièce qui est à quatre couloirs seulement du hall, pff, ça semble trop facile" NON MAIS JE RÊVE xD C'est pas un bunker qu'ils font, c'est une sortie de secours ! Il n'y a PAS d'enfants qui restent (enfin, qui sont obligés de rester, plutôt) durant les combats ! Enfin bref. Oui c'est bien la merde dans ce chap'. Et encore, attends de lire le suivant...
Nope, Lamésis, les septièmes années n'ont pas fait le jeu du drapeau. Ils l'ont préparé (et Elisa en a profité pour entraîner ses troupes xD), mais le jeu était prévu pour la semaine suivante et donc... Avec l'attaque, ça passe à la trappe xD
Yo Simpson31 ! Ah, la fac. Ca ne me manque pas du tout xD Bref ! Contente que ce chapitre t'ai plu ! Ouais, Elisa a mis la badass-attitude à fond avec le dragon et les explosions x) Mais il faut bien, quand même ! Là, il n'est plus question de retenir ses coups... x)
Ce hurlement venait du cœur Arya39 xDDDD Mais t'inquiète ! Le chapitre est là ! Eh oui, tu n'auras pas eu à attendre longtemps x) Mais bref ! Oui, Elisa IS WICKED, dans ce chapitre, elle y va à fond et j'avoue que je suis assez fière x) Quant à Matt... Uh uh uh. Le fait qu'il soit là signifie qu'il risque de faire partie des victimes, quand même ! Enfin bref, ravie que ça te plaise. Me lancer dans le genre Self-Insert, c'était beaucoup de pression parce que, bah... Les fics SI de qualité sont rares. Mais apparemment, c'est un succès ! J'ai adoré ta longue reviews, merci mille fois x) Et lance toi dans les SI ! SUrtout les SI qui vont d'un monde à l'autre, c'est encore plus cool x)
Hello Lassa ! Oui je suis sadique x) Mais j'assume. J'avoue, je savourai d'avance l'indignation des lecteurs en postant mon chap' cliffhanger x) Mais bref, contente que ça t'ai plu ! Je me suis donnée à fond dans cette bataille. DES MORTS ! DU SANG ! DE L'ACTION ! UN PUTAIN DE DRAGON ! Bref, voilà. J'suis assez fière x)
.
Vous avez été si nombreux à commenter, ça fait vraiment plaisir =)
Bref ! Vous avez peut-être remarqué, je poste ce chap' 3 jours après avoir posté le précédent. EH oui, ça aurait été cruel de vous faire mariner une semaine, ou deux, dans votre impatience ! Mais surtout, je suis de super bonne humeur. Soulagée au point de sourire comme une idiote. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que... Pour ce qui ne le savent pas, j'ai un petit lapin (nommé Lucifer, parce qu'il est tout noir, et que la série Netfix a pris fin peu avant que je le recueille). Et il y a deux jours, il s'est échappé, et j'étais morte d'inquiétude. Mais je l'ai retrouvé ! Il était juste allé chez le voisin. Le gentil voisin a donc posté une annonce... Ce qui m'a permis non seulement de retrouver le lapin, mais aussi de prendre contact avec son éleveur (qui a vu aussi l'annonce), qui est très content d'avoir quelqu'un s'occupant de son lapinou. Apparemment Lucifer est un petit démon (ah ah). Il a déjà eu quatre propriétaires différents. Il n'arrête pas de fuguer. Et il n'a que cinq mois ! Qu'est-ce que ce sera quand ça sera un vieux lapin retors... xD
Enfin bref. Trève de disgression.
Je poste donc une dernière fiche de perso (oui, après, je n'en ferai plus : votre attention est à 100% tournée vers la résolution de l'histoire, et j'arrive à court de personnages xD), et on y va !
.
Voici la fiche du personnage du jour... La seule, l'unique Nymphadora Tonks !
Nymphadora Tonks est une Sang-Mêlée, âgée de cinq ans de plus qu'Elisa (elle a donc été diplômée juste avant qu'Harry n'entre à Poudlard). C'est une ancienne Poufsouffle et une Auror. Elle est Métamorphomage : au naturel, elle a le visage des Black, avec leurs pommettes hautes et leurs yeux gris, mais elle préfère souvent altérer ses traits pour se donner, par exemple, un visage en forme de cœur et les cheveux roses.
Son père, Ted Tonks, est un Né-Moldu et un ancien Poufsouffle. Grand fan de Quidditch (il était Batteur à Poudlard), c'est aussi quelqu'un d'attentionné, de sensible, joyeux, drôle. Il incarne les meilleures qualités de sa Maison. Il est même devenu Guérisseur, pour pouvoir aider le plus de gens possible. Mais sous ses dehors de nounours, il est aussi déterminé, solide, courageux. Il n'hésite pas à se dresser face à l'ennemi pour défendre une juste cause. A l'origine, c'est lui qui a été recruté dans l'Ordre du Phénix lors de la première guerre, pas sa femme. Il a cependant refusé de retourner au combat pour la deuxième guerre, se jugeant trop vieux… Et il désapprouve beaucoup le fait que sa fille l'ait remplacé. Il pense que c'est trop dangereux.
Sa femme Andromeda Tonks (née Black) est une Sang-Pure et une ex-Serpentard. L'aînée de ses sœurs, elle était destinée à un beau mariage, mais elle en a décidé autrement lorsqu'elle est tombée amoureuse du beau Préfet des Poufsouffle. Elle n'a rien dit à sa famille. Elle a attendu sa majorité, puis a pris la clef des champs avec son petit-ami. Ses parents ont été fous de rage et l'ont déshérité immédiatement. Ce fut une période difficile. D'une certaine façon, ça l'est encore. Elle est très isolée, et quasiment tous ses proches lui ont tourné le dos. Elle n'a jamais pu trouver de travail par la suite (personne ne voulait l'embaucher et se mettre à dos les Black), mais elle a un solide entraînement en Médicomagie et a servi d'infirmière à l'Ordre du Phénix durant les deux guerres.
Nymphadora Tonks préfère être appelée par son nom de famille, et c'est souvent un truc qui reste, chez les gens qui l'ont rencontrée. D'un autre côté, ça se comprend, quand on s'appelle Nymphadora... C'est dur à porter ! Quand elle était plus jeune, elle alternait les surnoms (c'est d'ailleurs elle qui a inspiré à Elisa l'idée de se présenter par « Elisa, Lizzy, Betty, tout ce que tu veux sauf Elisabeth » : elle faisait pareil avec son propre prénom). Mais une fois diplômée, elle s'est cantonnée au simple "Tonks". C'était plus professionnel.
Tonks n'est pourtant pas quelqu'un qu'au premier regard on qualifierait de professionnelle. Elle a un look pour le moins coloré, avec ses T-shirts de rock, ses cheveux aux couleurs pétantes, ses jeans déchirés. En prime, elle est d'un naturel joyeux, blagueur, et bavard. Elle a l'air de tout prendre à la rigolade. Elle ne range jamais ses affaires. Elle est désinvolte face aux figures d'autorités. Bref, ce n'est pas un tableau flatteur… Et en prime, elle est d'une maladresse abominable. Elle est capable de trébucher sur ses propres pieds dix fois par jour. Il y a cependant une explication très simple : à cause de ses talents de Métamorphomage, elle ne sait pas toujours où sont les limites de son corps, et manque donc de coordination.
Mais il ne faut pas s'y fier. Cela ne veut certainement pas dire qu'elle est une mauvaise Auror. Oh, oui, Tonks est quelqu'un de naturellement optimiste, qui a beaucoup d'humour et une énergie débordante, voire même épuisante pour ses malheureux coéquipiers (comme Maugrey). Mais elle est aussi très intelligente, dotée d'une excellente mémoire, et très polyvalente. Elle excelle aussi bien en Sortilèges qu'en Potions, en jeux de stratégie, ou en duel. Car Tonks est aussi une combattante redoutable. Quand elle court, vise, tire, escalade, saute ou zigzag, son corps s'adapte instinctivement... Et là, elle a le pied aussi sûr qu'un chamois.
Grande optimiste, et dotée d'une volonté de fer, Tonks est quelqu'un qui ne se décourage jamais. Elle voit toujours le meilleur dans l'adversité. Elle a aussi un côté passionné, romantique. C'est peut-être ça qui l'a poussé vers le métier d'Auror. C'est peut-être aussi ça qui la pousse vers ses différents petits-amis (elle n'en a eu que trois, mais aucun n'était le genre de garçon qu'on ramène le premier soir à ses parents). Elle aime les garçons à problèmes. Oh, pas les bad boys et autres délinquant. Elle aime les gens d'un naturel doux et attentif. Mais elle aime aussi être indispensable. Inconsciemment, elle veut être le chevalier en armure qui les sauve d'eux-mêmes, qu'il s'agisse d'un problème de dépression, d'addiction, ou d'un drame familial. Tonks a toujours eu un penchant pour l'héroïsme. Pas à la recherche de gloire, comme un Gryffondor, non : plutôt un héroïsme discret, une bravoure silencieuse, faite de compassion et d'amour. Elle a un si grand cœur, après tout.
Elle ne s'imagine pas se marier et abandonner son indépendance (sauf si elle rencontre la bonne personne, peut-être !), mais elle sait déjà qu'elle veut une grande famille, plus tard. Deux enfants, peut-être trois. Elle n'est pas fixée. Mais après tout, pourquoi se presser ? Elle a toute la vie devant elle.
Tonks est aussi quelqu'un de très tolérant et loyal. Elle a accepté sans difficulté la réconciliation de sa mère avec Narcissa (alors que son père était beaucoup plus méfiant). Mais peut-être que cela tiens à Drago… Avant, Tonks n'avait aucun petit frère ou petit cousin à embêter, et ça lui a sans doute manqué. Elle a donc adopté Drago de façon quasiment immédiate. A moins que ça ne soit Drago, qui était à cette époque à la recherche d'un soutien solide et de quelqu'un qui le fasse rire, qui ne l'ait adoptée ? Difficile à dire. En tous les cas, les deux cousins ont un lien très fort, presque fraternel, ce qui peut surprendre quand on sait à quel point ils sont différents.
Tonks a pas mal d'amis, parmi les Aurors mais aussi parmi ses camarades de promo, comme Charlie Weasley ou son frère Bill. Elle a connu Elisabeth Bishop à Poudlard, et à garder une certaine affection pour cette gamine qui la suivait partout.
.
Voilà !
Tonks est un personnage si haut en couleur, je devais bien lui faire une petite fiche x)
Bref ! Voilà pour ma note d'auteur. A présent, je ne vous fait pas attendre plus longtemps. Je sais que vous voulez la suite de l'histoire xD Et ça ne fait que trois jours que j'ai posté, certes, mais je fais quand même un petit résumé...
.
Dans les épisodes précédents...
Beltaine est arrivé. Alors qu'Harry, Dumbledore, Rogue et Lupin sont Merlin seul sait où pour ôter l'Horcruxe d'Harry grâce à un rituel secret... Voldemort a lancé son offensive. Le Chemin de Traverse a été attaqué, les Aurors décimés, le Ministère vaincu. Puis ses forces se sont lancées sur Poudlard. Elisa a pu préparer autant que possible ses camarades, et appeler des renforts (des parents d'élèves, y compris Isabelle Bishop, sont venus aider) : mais c'est le chaos total. Les cris, les explosions, les morts... Impossible de s'orienter, de savoir qui gagne, qui perd. Et lorsque Peter Pettigrew fait exploser le hall d'entrée au-dessus d'Elisa, elle est violemment assommée...
.
Et voilà !
Et c'est tout pour mon blabla habituel x) Alors... Prêts ? A vos marques... Lisez !
.
.
L'ultimatum de Voldemort
.
Elisa ouvrit les yeux.
Elle ne savait pas où elle était et elle avait mal, affreusement mal, absolument partout. Son champ de vision était aux trois quarts obscurci par une grande planche de bois, très large, qui semblait lui être tombée dessus, et qui la recouvrait presque complètement, pesant lourd sur son épaule et bloquant complètement son bras gauche. L'air était chaud et humide. Elle était étendue dans une flaque d'eau qui avait imbibé ses vêtements. Près d'elle, elle entendait des gens courir et crier. Elle avait du mal à réfléchir. Sa tête bourdonnait. Il lui fallut plusieurs secondes pour se souvenir de ce qui s'était passé. La bataille. Le chaos. Le hall… Les Mangemorts… Peter Pettigrew… Ses amis qui avaient du être pris eux aussi dans l'explosion… Sa mère…
Hébétée, la jeune fille se passa sa main libre sur un côté du visage et la retira rouge de sang. Un des gravas avait dû l'érafler. Respirer était douloureux, et sa tête l'élançait terriblement. Sa cheville gauche, sur laquelle reposait l'extrémité de la planche en bois, pulsait de douleur. Elle ne se souvenait pas de l'impact en lui-même, mais elle pouvait deviner qu'il avait été violent… Désorientée, meurtrie, elle essaya de se relever. Elle retint un hoquet de douleur lorsqu'un éclair de souffrance remonta le long de sa cheville, et dans ses côtes. La planche de bois s'avéra être un tableau, aussi grand qu'elle, qui lui était effectivement tombé dessus. Un portrait vacant, dont l'occupant s'était sans doute rendu dans une autre toile, ne laissant derrière lui que l'image d'un salon richement décoré. Entre ça et un pan du plafond qui s'était effondré juste devant elle, Elisa avait été complètement dissimulée durant… Elle ne savait pas combien de temps elle avait été inconsciente. Quelques secondes ? Plusieurs minutes ? L'eau qui inondait le hall, et dans laquelle elle baignait, était encore chaude. Ça ne devait pas faire très longtemps… Mais ses amis devaient s'inquiéter… Sa mère était peut-être en train de la chercher…
Cependant, lorsqu'elle émergea en chancelant de sa cachette, elle ne se trouva pas face à ses camarades. Elle se trouva face à un nouveau champ de bataille. Le sol inondé était envahi de gravas. Toute une moitié du plafond s'était écroulée, y compris l'immense chandelier de cuivre qui était plus grand qu'un homme adulte. Mais il y avait encore assez de place pour combattre, et Hestia et Flora Carrow affrontaient ensemble un Mangemort masqué, se couvrant mutuellement pour mitrailler l'ennemi sans répit. Angelina Johnson était aux prises avec Rookwood, et Olivier Dubois (d'où sortait-il ?!) affrontait Barty Croupton en hurlant des obscénités. Plus loin, Heidi Macavoy combattait une femme masquée, mais celle-ci réussi à passer sous sa garde et poussa un cri de victoire quand son sort faucha la Poufsouffle, qui s'effondra au sol. La Mangemort tourna la tête, parcourant la salle du regard, et fut la première à voir Elisa émerger des décombres.
– Bishop !
Tous les Mangemorts tournèrent la tête comme des chiens ayant flairé une proie. Barty Croupton hurla, d'une voix sifflante complètement méconnaissable :
– Elle est à moi !
Il lui balança un sort pourpre et crépitant d'un air malsain, et Elisa érigea un Charme du Bouclierjuste à temps par pur réflexe. Ce n'était pas un combat qu'elle pouvait gagner, réalisa-t-elle dans un instant de clarté glaçant. Elle était blessée, elle n'avait pas l'esprit clair, elle n'arrivait même pas à marcher sans tituber. Sa cheville était peut-être cassée, ses côtes aussi, elle ne tenait debout que grâce à l'adrénaline…. Elle allait se faire écraser !
– Non ! cria l'homme qu'affrontaient Flora et Hestia. Le Seigneur des Ténèbres la veut vivante !
Elle reconnaissait sa voix. Elle l'avait déjà entendue, c'était… Elle n'eut pas le temps d'achever cette pensée, obligée de se défendre contre Barty qui tirait maléfice sur maléfice, essayant de contourner Olivier Dubois pour faire face à la jeune fille. La femme Mangemort s'était jointe à lui, et très vite Elisa et Olivier se retrouvèrent à mener ensemble un double-duel. Et Merlin soit loué, Olivier était bon, car Elisa n'était vraiment pas au meilleur de sa forme. Ses yeux cherchaient frénétiquement un porte de sortie, un truc à utiliser à son avantage, mais elle ne voyait rien. Elle devait parer, reculer, parer à nouveau, ne cessant encore et encore de céder du terrain devant le barrage de sorts enragés de Barty Croupton et sa compagne. Elle respirait à petits coups paniqués à cause de la douleur de ses côtes, elle boitait et ne pouvait pas éviter les sorts (heureusement que ses Charmes du Bouclier pouvaient résister à tout, à présent), et ses réflexes étaient ralentis. Elle allait perdre, elle le savait, elle cherchait désespérément du regard une échappatoire…
Avec un cri de rage, le Mangemort qu'affrontaient les Carrow envoya un maléfice dans le dos de Barty. C'était l'opportunité qu'Elisa attendait : elle jeta à Croupton un Expulso qui le projeta contre un mur et, profitant du fait qu'il était sonné, Olivier Dubois le stupéfixia. Mais c'était aussi une opportunité pour les jumelles Carrow. Le Maléfice Casse-Os d'Hestia fractura le bras de son ennemi, et le Maléfice Coupant de Flora lui aurait tranché la gorge s'il n'avait pas reculé son buste au dernier moment. Le sort ne fit que lui arracher son masque en lui éraflant la joue, et face à son visage mis à nu, Elisa le reconnu.
Il avait grandit de cinq centimètres, accentuant encore son air de colosse, mais ses joues rondes et son front bas étaient reconnaissables entre mille. C'était Gregory Goyle.
Elisa marqua un temps d'arrêt, mais elle fut la seule : le combat continua, féroce, acharné. Angelina Johnson tomba avec un cri de douleur et Rookwood leva sa baguette pour porter le coup de grâce, mais Flora Carrow lança un second Maléfice Coupant qui cette fois ne manqua pas sa cible. La gorge de Rookwood s'ouvrit d'une énorme entaille d'où jaillit une quantité monstrueuse de sang, dégoulinant sur sa poitrine, trempant ses robes en quelques secondes, tellement de sang qu'il semblait impossible qu'un corps humain puisse en contenir autant, en perdre autant. Rookwood tomba à genoux avec un croassement étranglé, se tenant la gorge, le sang jaillissant entre ses doigts. La femme Mangemort poussa un cri de rage et envoya un Avada Kedavra sur Flora, qui dut plonger au sol pour l'éviter. Les sorts volaient dans tous les sens. Goyle battait en retraite, handicapé par son bras cassé, et la femme Mangemort devait se battre seule contre quatre, non, cinq, Angelina était en train de se relever…
Quatre personnes déboulèrent d'un couloir parallèle, un Mangemort et trois élèves qui lui couraient après, et qui se retrouvèrent aussitôt mêlés à l'affrontement. L'un des nouveaux venus était Raashid, et son visage s'éclaira en voyant Elisa :
– Magister !
– Tu as vu ma mère ? lui demanda Elisa avec angoisse sans pour autant cesser de tirer sur la femme Mangemort.
Elle se demandait presque si elle avait imaginé l'apparition d'Isabelle Bishop juste avant l'explosion. Une petite voix terrifiée dans sa tête refusait de réconcilier l'idée de sa Maman, si intimement liée dans son esprit à la douceur et à la sécurité, avec la bataille en cours.
– Quoi ? fit Raashid sans comprendre. Non, mais y a Trisha qui te cherchait tout à l'heure…
– Vas-y, on te couvre ! lança la fille qui se trouvait à côté de lui et qui tirait sur Goyle d'un air enragé (Elisa reconnu Cho Chang avec un choc).
La Poufsouffle hésita, mais il était évident qu'elle ne servait à rien dans ce combat. Elle était trop faible, trop endolorie. Il fallait qu'elle rampe jusqu'à un endroit tranquille pour se jeter un sort de soin, ou bien elle allait tomber dans les pommes, elle pouvait le sentir. Partagée entre le soulagement et la honte, elle fit volte-face, s'éloignant en courant autant qu'elle le pouvait avec sa cheville qui ne portait pas son poids. La douleur de ses côtes était pire, et la pliait en deux si elle respirait trop fort. Elle s'arrêta près d'Heidi pour la faire léviter devant elle jusqu'à l'angle du couloir, puis se pencha avec difficulté pour prendre son pouls. Son cœur battait, faiblement, mais il battait. Elisa tenta de jeter un Revigor, un puissant sort de réanimation, mais cela ne changea rien. Heidi resta inerte, pâle comme la mort. Un instant, Elisa resta immobile et désemparée. Elle ne savait quoi faire d'autre. En désespoir de cause, elle dissimula Heidi dans une alcôve, hors du passage. Puis elle se redressa, ce qui lui arracha un cri de douleur à cause de ses côtes, puis un second quand elle prit appui sur sa cheville.
La jeune fille s'appuya au mur en chancelant. Les bruits de combat étaient tout proches, mais elle ne pouvait pas y retourner, elle ne pouvait pas aider Heidi, et elle n'arriverait jamais à l'étage, elle était trop amochée. Trempée, frissonnante, endolorie, la respiration sifflante, boitant, le crâne pulsant de douleur… L'idée de monter les escaliers était à peine envisageable. Est-ce qu'elle avait des côtes cassées ? Bon sang, même marcher lui faisait mal. Elle avait le vertige. Si seulement elle pouvait avoir un Doliprane pour atténuer la douleur de sa tête, de sa cheville ou de ses côtes… Ou bien un moyen de voler sans toucher le sol…
Elle trébucha. Son sac de cours. Son sac de cours était dans son dortoir et il contenait des potions de soin, ainsi que sa robe volante. Bon sang, elle était une idiote.
Sans réfléchir, elle tourna à droite en direction de sa salle commune. Elle pouvait entendre les bruits de combat, résonnant dans les couloirs de pierre, tout autour d'elle, et elle se souvint brusquement qu'elle avait le parfait moyen de se cacher. D'un geste maladroit, elle tira de sa poche la cape d'Harry et s'en recouvrit, puis continua sa route en clopinant aussi vite que possible. Elle profita de son invisibilité pour tracer des Sceaux électrifiant un peu partout, et, lorsqu'elle croisa deux Mangemorts qui avançaient d'un pas lourd, elle se glissa silencieusement dans leur dos et les Stupéfixia tous les deux avant de briser leurs baguettes.
Elle finit par arriver à l'entrée de la salle commune des Poufsouffle, et y entra sans ralentir. La porte se referma derrière elle, coupant tous les bruits venant du couloir et du hall, et plongeant la pièce dans un silence presque irréel. Les élèves avaient abandonné leurs sacs de cours en vrac un peu partout. Cela donnait à la salle silencieuse un air étrange, comme si les élèves allaient revenir d'un instant à l'autre reprendre leur vie normale. Elisa s'appuya sur un canapé. L'effort pour arriver jusque là avait rendu son souffle rauque, et sa jambe valide tremblait avec l'effort de supporter tout son poids. Elle n'avait pas la force d'aller jusqu'au dortoir.
– Accio sac ! fit-elle d'une voix rendue rauque par l'épuisement.
Le sac vola jusqu'à elle et elle le saisit au vol, étouffant un hoquet de douleur étouffé lorsque le mouvement tira sur ses côtes. Un bonbon Régé-Rouge et un flacon de Pimentine plus tard, sa tête cessa de tourner. Au moins, elle ne risquait plus de tomber dans les pommes… Retenant une grimace de souffrance, elle leva avec difficulté les bras à hauteur suffisante pour ôter sa robe de sorcière trempée. Ses mains tremblaient terriblement, et la douleur de ses côtes était terrible, l'obligeant à serrer les dents pour ne pas laisser échapper une plainte. Elle se sentait au bord des larmes. De stress, d'horreur ou de douleur, elle ne saurait pas dire.
Bon sang, elle était tellement faible. Les mains tremblantes, elle se jeta un Charme de Diagnostic (aucun os brisé, Merlin soit loué), puis des sorts de soins. Elle était enragée. C'était pathétique. Les gens se battaient ! Elle n'avait pas de temps à perdre !
Un énorme hématome marbrait tout son flanc droit, immense, noirâtre et violacé, s'étalant jusque dans son dos. C'était ça qui transformait le moindre mouvement de son torse en agonie. Retenant un haut-le-cœur, Elisa se jeta un sort de dégonflement des hématomes et considéra que ça suffisait. Elle avait toujours affreusement mal mais au moins, elle pouvait respirer sans avoir l'impression d'être poignardée. Puis elle se tourna vers sa cheville. Là non plus, pas d'os cassé, juste une sévère entorse. Elle n'osa pas retirer sa botte pour la soigner : sa cheville avait sans doute doublé de volume, se rechausser serait impossible. Elle se contenta de faire apparaître une attelle d'un coup de baguette. Ses gestes étaient fébriles, paniqués. Ses mains tremblaient toujours.
Elle ne s'occupa pas de sa plaie à la tête, ou de ses autres bleus et écorchures. Elle était toujours trempée, après avoir baigné dans le hall inondé, alors elle se jeta le sort de séchage qu'elle avait appris en observant Warrington quelques jours plus tôt (cela semblait appartenir à une autre vie à présent). Puis elle enfila sa robe volante, se drapa sous la cape d'invisibilité, et fit volte-face vers la porte. Elle avait assez perdu de temps comme ça.
Elle ouvrit la porte de la salle commune à la volée et le fracas de la bataille la heurta de plein fouet. A peine avait-elle fait deux pas que deux sorcières engagées dans un féroce duel surgirent devant elle, la remarquant à peine, lançant maléfice sur maléfice, des morceaux de murs explosant sous l'impact de leurs sorts. Se baissant pour éviter les tirs, la jeune fille se mit à courir, portée davantage par sa cape que par sa cheville blessée. Arrivée au plus proche escalier, elle décolla du sol comme Superman pour voler à toute allure le long de la rampe, bien plus vite que si elle avait tenté de le monter quatre à quatre. Elle entendait le fracas des combats dans les étages, et lorsqu'elle arriva au palier, elle vit que c'était le chaos.
Les tableaux accrochés aux murs étaient peuplés de personnages peints qui hurlaient des conseils et des encouragements pendant que les Mangemorts, masqués ou à visage découvert, affrontaient élèves et professeurs. Ron et Hermione se battaient ensemble contre Yaxley. Helen Dawlish, le visage tordu par un rictus de rage et éclaboussé de sang, affrontait un homme en robe d'Auror. Flitwick combattait Amycus et Alecto Carrow en même temps. Elisa brandit sa propre baguette, prête à frapper, mais tout le monde courait, virait, zigzaguait si vite qu'en lançant un sortilège, elle risquait fort de toucher quelqu'un de son propre camp. Soudain un grand « whIIIIIIIIIIII ! » retentit. Elisa leva les yeux et vit Peeves. Filant au-dessus d'eux, il jetait des gousses de Snargalouf sur les Mangemorts : il en toucha un en plein visage, dont la tête fut soudain engloutie par des tentacules verdâtres qui se tortillaient comme de gros vers.
Elle ne pouvait pas se joindre à l'affrontement, elle devait trouver sa mère ! Mais elle ne pouvait pas ne rien faire, c'était impensable… Invisible, Elisa se mordit la lèvre. Puis elle dessina plusieurs Sceaux Explosifs sur le dos ou les membres de quelques Mangemorts, ceux qu'elle parvenait à avoir dans son champ de vision assez longtemps pour ça. Un deux, quatre, six, dix… Onze, à moins que celui-là n'ai déjà été marqué et qu'elle ne l'ait compté deux fois… Douze… Oh, et puis zut. Elle les fit détonner et, tandis qu'une douzaine d'ennemis s'écroulait en criant, ajoutant à la confusion, elle décolla de nouveau. Le haut plafond lui permit de voler au-dessus du combat jusqu'à atterrir avec légèreté à l'autre bout du couloir, après avoir tourné à un angle pour éviter de se faire tirer dans le dos. Comment allait-elle trouver sa mère ? Bon sang, si seulement elle avait la Carte du Maraudeur…
Une minute. Pour trouver une personne, elle n'avait pas forcément besoin de la Carte. Elle était une sorcière, pour l'amour de Circée !
– Pointe-moi Isabelle Bishop ! fit-elle d'un ton urgent.
Sa baguette tourna comme l'aiguille d'une boussole devenue folle. Avant qu'elle ne puisse se stabiliser dans une direction précise, cependant, le mur à sa droite se déforma avec un craquement épouvantable, comme si quelqu'un avait tiré un boulet de canon à bout portant et l'avait partiellement enfoncé. Elisa glapit et décolla de nouveau, s'éloignant le plus vite possible de cet endroit… Et juste à temps : le second coup enfonça complètement le mur, écroulant une partie du plafond avec, et révélant cinq Mangemorts sur des balais. Elisa se posa en dérapant, leva sa baguette, glissa dans une flaque d'eau venant d'une porte grande ouverte juste derrière elle, réalisa qu'elle se trouvait devant les toilettes de Mimi Geignarde…
– Agua Animaro, murmura-t-elle.
Voir une colonne d'eau jaillir de la plus proche cuvette et percuter de plein fouet les Mangemorts, les projetant en arrière dans le trou béant au milieu du couloir, n'aurait pas du être aussi marrant. Mais c'était quand même une bonne image. Ou peut-être que c'était drôle parce qu'elle était au bord d'ne crise de nerfs et que ses gloussements étaient teintés d'hystérie. En tous les cas, Elisa secoua la tête puis, clopin-clopant, continua sa route vers les bruits d'explosions et de cris qui se rapprochaient, signalant un affrontement tout proche.
Deux couloirs plus loin elle tomba sur une mêlée confuse d'adversaires, Mangemorts masqués ou non, élèves, membres de l'Ordre, adultes, professeurs… Impossible de savoir qui poursuivait qui, qui gagnait, qui perdait. Elisa reconnu Matt, un rictus féroce sur le visage, aux prises avec une sorcière au teint olivâtre qu'elle ne reconnaissait pas. Le professeur McGonagall affrontait deux Mangemorts en même temps. Le combat de Katie Bell et Thorfinn Rowle avait mis le feu à la moitié du couloir. Il y avait aussi Sun-Min et Ginny, hurlants comme des folles, se battant en duo contre le même adversaire. Au premier plan, Elisa reconnu soudain Sirius Black, qui affrontait Rabastan Lestrange, chacun arborant un rictus dément.
Toujours cachée sous la cape d'Harry (qui était décidément bien pratique), Elisa leva la Baguette de Sureau et traça des Sceaux explosifs sur autant de Mangemorts qu'elle le pouvait. Mais ils bougeaient trop vite, elle ne pouvait en marquer que quelques-uns, ceux qui étaient plus loin dans le couloir étaient complètement cachés à sa vue… Elle dut reculer, hésitant à ôter la cape d'invisibilité et à se jeter au combat, mais elle ne voyait aucune ouverture. C'était trop confus, trop chaotique, avec tous ces cris, ces éclairs de lumières, les appels, les hurlements, le chaos. Peut-être devrait-elle juste faire sauter ses Sceaux et poursuivre sa route. Il fallait qu'elle retrouve sa mère… Un Avada Kedavra, qui manqua de peu Sirius, fusa vers elle et l'obligea à se plaquer au sol. Oh, bon sang, ça ne rigolait pas, songea-t-elle avec une pointe d'hystérie. Qu'est-ce qu'elle pouvait faire ?! Qu'est-ce qu'elle devait faire ?!
– Tu es à moi, Black ! rugissait Lestrange. Je sais que c'était toi !
Sirius émit un rire qui ressemblait à un aboiement de chien. Ses yeux étincelaient d'une leur avide, ivre de combat.
– Ton frère était une crevure et il méritait ce qui lui est arrivé !
– TU L'AS TUÉ ! hurla Rabastan.
– Et j'aurais buté sa truie de femme si j'en avais eu l'occasion aussi ! rétorqua Sirius en lui balançant un maléfice. Bam, plus de Lestrange, ça n'aurait manqué à personne !
Rabastan poussa un mugissement de rage et son prochain sort frappa Sirius de plein fouet, explosant contre sa poitrine et projetant violemment l'Animagus contre le mur à l'autre bout du couloir. Sirius glissa au sol avec un gémissement étouffé, sonné. Il avait lâché sa baguette, réalisa Elisa avec horreur. Il était désarmé, bon sang, elle ne pouvait pas rester là à ne rien faire, mais il y avait des gens dans le passage, elle n'aurait jamais un angle de tir correct… !
– Tu vas payer pour ce que tu as fait à mon frère, siffla Rabastan en levant sa baguette.
Elisa ôta la cape d'invisibilité d'un mouvement brusque, ignorant ses côtes qui protestaient, et lâcha d'une voix forte :
– Ce n'est pas lui qui a tué Rodolphus Lestrange !
Rabastan se tourna vers elle, les yeux écarquillés. Pendant une seconde, son champ de vison fut dégagé. Ce temps de surprise était tout ce dont Elisa avait besoin. Elle esquissa un rictus :
– C'était moi.
Puis elle fit détonner tous ces Sceaux explosifs. Y compris celui qu'elle venait de tracer sur la poitrine du Mangemort.
C'était comme si une grenade avait explosé juste devant lui. La déflagration fut assourdissante. Il fut projeté en arrière avant de s'écrouler, et il sembla trembler une seconde avant que tout mouvement ne cesse. La fumée et la robe noire cachaient les dégâts, mais un trou était clairement visible dans sa poitrine, là où le Sceau avait explosé. Et l'odeur… Une odeur de brûlée, de viande trop cuite, qui donnait la nausée, et qui semblait suffocante dans l'espace étroit du couloir. C'est comme ça que doit sentir l'enfer, murmura la voix narquoise de Tom Jedusor dans sa tête.
Elisa refoula un haut-le-cœur et se tourna vers Sirius, qui avait roulé sur le côté mais n'arrivait pas à se relever. Une partie de sa tête était couverte de sang. La jeune fille ramassa sa baguette et la lui remit dans la main, mais le parrain d'Harry n'était guère en état de repartir au combat.
– Je t'en dois une, fit-il d'une voix pâteuse. Pourquoi tu as la cape d'Harry ?
– Il me l'a prêtée, fit distraitement la jeune fille en lui lançant rapidement un sort de dégonflement des hématomes sur le crâne. Est-ce que tu as vu ma mère ?
– Hein ? Non, je ne sais même pas à quoi elle ressemble…
– Par Morgane, jura Elisa.
Un tir perdu les frôla et elle poussa Sirius plus loin, le portant à moitié. Elle tomba sur les escaliers menant au troisième étage et l'y entraîna, lui lançant également deux sorts de soin pour qu'il retrouve ses esprits. Cela sembla fonctionner, car il se redressa, et réussit à se remettre à marcher seul. Ils se séparèrent au couloir suivant, sans un mot. Sirius se jeta sur un Mangemort qui attaquait deux élèves, et Elisa continuant sa course dans les étages, cherchant désespérément Isabelle.
Deux couloirs plus tard, elle tomba sur Trisha qui courait d'un air éperdu dans les couloirs, et elle ôta la capuche de la cape en appelant :
– Trisha ! Tu as vu ma mère ?
Sa meilleure amie eut l'air de s'étrangler un instant en voyant sa tête flotter dans le vide, puis se précipita vers elle. Echevelée, les yeux exorbités d'effroi, elle semblait au bord de l'hystérie :
– Elisa ! Ta tête ! Tu vas bien ?
Elisa se rappela qu'elle était sans doute recouverte de sang à cause de la plaie qui entaillait son cuir chevelu. Lorsqu'elle toucha sa tête un peu en-dessous de la blessure, elle ne trouva qu'une masse compacte de cheveux collés par le sang coagulé : elle retira vivement sa main avec un haut-le-cœur, essayant de ne pas imaginer à quoi ça ressemblait, et se concentra sur Trisha :
– Oui, oui, c'est rien. Tu me cherchais ?! Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as vu ma mère ?
– Je… Non ! Il y a… L'école a été encerclée par les Détraqueurs, ils bloquent nos renforts, Flitwick dit qu'ils doivent guetter le retour de Dumbledore…. Qu'est-ce qu'on fait ?! Ils y en a des centaines ! On ne peut pas les combattre, qu'est-ce qu'on fait s'ils attaquent ?!
Merlin, les Détraqueurs. La première pensée d'Elisa fut on n'a pas assez de gens qui savent faire un Patronus, immédiatement suivi de je suis stupide, j'ai la Pierre de Résurrection. Elle pouvait lever une armée de morts. Il lui suffisait juste de ne pas ramener les gens qu'elle aimait, de ne pas se laisser tenter, et tout irait bien.
Puis son cerveau enregistra l'information dans son intégralité, et elle faillit pousser un juron. Les Détraqueurs n'étaient pas en train d'attaquer, justement. Ils ne s'étaient pas joints à l'assaut, et Elisa n'y avait pas pensé sur le coup, mais oui, ça tombait sous le sens. Ils étaient des sentinelles. Ils guettaient le retour de Dumbledore… Et peut-être celui d'Harry, aussi. A ce point, il était impossible de savoir si Voldemort savait qu'Harry n'était pas dans le château… Et s'il le savait, que comptait-il faire ? Non, mieux : qu'est-ce qu'il savait sur l'absence d'Harry, quelles conclusions en tirait-il, et quelles actions allait-il entreprendre en conséquence ? Voldemort n'était pas difficile à prévoir. S'il pensait qu'Harry était avec Dumbledore, et qu'il allait venir à Poudlard, que comptait-il faire ? L'intercepter, sans doute… Bon sang, elle avait du mal à réfléchir, c'était comme si son cerveau pédalait dans la semoule, il lui manquait une information cruciale…
Le zénith. Est-ce que le zénith de Beltaine était passé ? Elle voulu regarder sa montre, mais celle-ci était fissurée, les chiffres lumineux éteints. L'explosion de Pettigrew avait du l'endommager. Elle poussa un juron, puis se tourna vers Trisha et demanda d'un ton urgent :
– Quelle heure il est ?
Trisha la regarda comme si elle était folle. Puis, décidant apparemment que rien n'avait de sens, elle consulta sa propre montre (ses mains tremblaient tellement qu'elle eut du mal à remonter sa manche).
– Deux heures et quart.
Bon sang, le combat durait depuis presque trois heures. Elle avait l'impression que ça faisait une éternité.
Puis elle enregistra ce que Trisha venait de dire, et lui agrippa le bras, essayant frénétiquement de faire les calculs dans sa tête. Elle connaissait la liste des différents lieux de pouvoirs envisagés par Dumbledore, mais surtout, elle avait mémorisé le décalage horaire qu'ils avaient avec la Grande-Bretagne. Voldemort avait attaqué à onze heures passées sans savoir qu'Harry n'était pas dans le château, ce qui voulait dire que le lieu du rituel n'était pas en Europe ni en Afrique, où le zénith aurait eu lieu avec deux ou trois heures d'avance, selon le lieu. Ça laissait uniquement le Brésil, qui avait un peu moins de deux heures de retard, et où le zénith avait donc eu lieu il y avait quelques minutes à peine…
– Ils sont en route, réalisa-t-elle d'une voix tendue. Ils sont en route pour revenir et Jedusor le sait. C'est pour ça que les Détraqueurs n'ont pas attaqués, ils servent de sentinelles…
Trisha la fixa avec incompréhension, l'air toujours aussi paniquée. Mais Elisa n'eut pas le temps de lui expliquer son raisonnement. Une voix froide et aiguë parla soudain, si près qu'elles sursautèrent violemment, regardant autour d'elles avec horreur en pensant que Voldemort se trouvait dans l'escalier. La voix du mage noir semblait venir de partout à la fois, des murs, du plancher, du plafond. Tous ceux qui se battaient dans le château devaient l'entendre aussi clairement que s'il avait été derrière eux, son souffle sur leur nuque, suffisamment près pour leur infliger un coup mortel.
– Vous avez combattu vaillamment, disait la voix haute et glacée. Lord Voldemort sait reconnaître la bravoure. Mais vous avez aussi subi de lourdes pertes. Si vous continuez à me résister, vous allez tous mourir, un par un. Je ne le souhaite pas. Chaque goutte versée d'un sang de sorcier est une perte et un gâchis.
Il y eut une pause, puis la voix reprit, onctueuse et glaçante :
– Harry Potter vous a abandonné. Dumbledore vous a abandonné. Vous êtes perdus. Mais Lord Voldemort est miséricordieux. J'ordonne à mes forces de se retirer immédiatement. Vous avez une heure. Occupez-vous de vos morts avec dignité. Soignez vos blessés.
Une autre pause. Elisa ferma brièvement les yeux, submergée par une vague d'anticipation terrifiée. Elle savait ce qu'il avait proposé, dans le canon de l'histoire, mais dans cet univers Harry n'était pas à Poudlard. Il n'y avait qu'elle. Il n'y avait qu'elle qu'il voulait vraiment morte.
– Maintenant, je m'adresse à toi, Elisabeth Bishop. Je sais qu'Harry Potter a fui. Je sais que Dumbledore ne reviendra pas. Tu t'es caché derrière eux assez longtemps. J'attendrai une heure dans la Forêt interdite. Viens à moi et je me retirerai avec mes forces. Reste cachée et, lorsque cette heure sera écoulée, je me joindrai moi-même à la bataille. Je te trouverai et je tuerai chaque homme, chaque femme, chaque enfant qui a tenté de te protéger. Tu as une heure.
Le silence revint. Elisa réalisa qu'elle avait retenu sa respiration, et lâcha une longue expiration tremblante. Au prix d'un effort conscient, elle lâcha le bras de Trisha, auquel elle s'était agrippé à lui en faire mal.
Le zénith de Beltaine était passé. A présent, les dés étaient jetés.
oOoOoOo
C'était un piège, et Elisa savait que c'était un piège. Les Détraqueurs, qui ne pouvaient être trompés par aucun sort de camouflage ni même les capes d'invisibilités, servaient à guetter le retour de Dumbledore et Harry. Ils servaient aussi à empêcher les combattants de fuir Poudlard. Voldemort avait ordonné un retrait de ses troupes parce qu'il savait que Dumbledore était en train de revenir. Durant une heure, les défenseurs de l'école allaient lécher leurs plaies, rassembler les morts, prendre du recul et réaliser avec effroi l'ampleur de leurs pertes. Et pendant cette heure-là ? Voldemort allait rassembler son armée de l'autre côté de la barrière des Détraqueurs, pour la lancer sur Dumbledore et Harry. Il ne s'attendait sans doute même pas à ce qu'Elisa vienne à lui. Il savait que ce n'était pas son genre. Non, il lui avait donné cet ultimatum pour avoir l'air magnanime… Et pour la faire macérer dans son angoisse. C'était le genre de truc sadique qu'il aimait.
Elisa essaya d'expliquer tout ça à Trisha, mais elle avait l'impression que son cerveau allait trop vite, comme si son esprit tournait en surrégime et que les mots n'arrivaient pas à suivre. Trisha, elle, ne semblait pas vraiment l'écouter, les nerfs à fleur de peau, tendue et sursautant aux moindres bruits d'un air paniqué.
Du bruit, pourtant, il y en avait peu. Le silence dans le château semblait assourdissant, comparé au fracas des combats. Les Mangemorts s'étaient retirés : du moins, ceux qui le pouvaient. En descendant les étages, Elisa et Trisha avaient vu deux ou trois Mangemorts morts ou inconscients dans les couloirs. On entendait quelques sanglots, quelques conversations étouffées, mais quasiment tout le monde parlait à mi-voix. Les combattants valides, élèves comme professeurs, transportaient les corps vers le rez-de-chaussée. Les blessés clopinaient vers la Grande Salle d'un air hagard.
Au pied de l'escalier du troisième étage, Elisa tomba sur Matt. Il semblait épuisé, les traits tirés et sa robe déchirée, mais il avait toujours sa canne. Il s'y appuyait lourdement. De sa main libre, il brandissait sa baguette et faisait léviter un corps devant lui, quelqu'un dont il avait fermé les yeux et croisé les mains sur sa poitrine.
Avec un choc si terrible qu'elle eut l'impression d'avoir raté une marche et d'être brutalement tombée de plusieurs mètres, Elisa reconnu Sirius Black.
Elle lui avait parlé il y avait quelques minutes à peine. Elle lui avait sauvé la vie. Elle l'avait soigné, elle l'avait supporté dans les escaliers, elle l'avait laissé retourner au combat, il y avait moins de cinq minutes. Il avait à peine quitté son champ de vision. Et il était mort. Il était là, mort, immobile, l'air presque paisible, et ça semblait impossible, c'était tellement surréaliste, tellement horrifiant, tellement soudain…
– Elisa, fit Matt d'une voix qui trembla un peu sur la fin. J'avais cru te voir, à un moment. Je ne savais pas ce que tu étais devenue.
Hébétée, Elisa secoua la tête. Ou la hocha, elle n'était pas sûre. Elle se sentait soudain sonnée, étourdie, abrutie. La fin des combats était trop brutale. Après le chaos, l'agitation frénétique, la lutte pour survivre… Le silence était presque pire. Elle inspira profondément. Elle ne pouvait pas se permettre de tomber en état de choc : Trisha était suffisamment ébranlée pour deux, et elle devait être solide pour la soutenir.
– Je vais bien. Je vais bien. Je… Et toi ?
– Rien de grave, fit Matt.
Puis, après un temps, il lâcha d'une voix un peu choquée :
– Est-ce que tu lévites ?
Elisa baissa les yeux comme pour vérifier elle-même. Ah, oui, elle avait oublié la robe volante. Depuis tout à l'heure, elle flottait au-dessus du sol plus qu'elle ne marchait. Elle ne s'en était même pas rendu compte. Au moins, ça expliquait pourquoi la douleur de sa cheville ne l'avait pas distraite…
– Apparemment, lâcha-t-elle.
Ils ne dirent rien d'autre. Ils parcoururent le couloir, précédé par le corps de Sirius Black. Ils passèrent devant un jeune Serdaigle avachi contre le mur, qui sanglotait à côté d'un corps. Mécaniquement, Elisa se pencha vers le gamin pour le consoler. Trisha leva sa baguette d'un geste lent, comme si le moindre effort lui coûtait, et fit doucement léviter le corps sur lequel le Serdaigle avait été en train de pleurer. C'était un sorcier adulte. Il avait la même couleur de cheveux que l'enfant.
Leur petite procession descendit jusqu'au rez-de-chaussée. Ils croisèrent d'autres élèves aux traits tirés, certains aidant des amis à descendre, d'autres portant des corps. Elisa les reconnaissait presque tous. Helen et Rhonda étaient appuyées l'une sur l'autre, boitant lourdement. Susan Bones pleurait doucement, sa jambe coincée sous une poutre qui était tombée du plafond, tandis qu'Ernie Macmillan et Zacharias Smith faisaient léviter les débris pour la dégager. Sue Li sanglotait tellement en essayant de réanimer Mandy Brocklehurst que Trinity Lynn, la préfète de septième année de Gryffondor, dut la soutenir vers le rez-de-chaussée, tandis que Thelma Holmes fermait les yeux de Mandy avec douceur. Charlie Weasley portait le corps de Takashi Noda sur son épaule, comme un pompier. Raashid Hussain faisait léviter le corps d'Alicia Spinnet, le visage ruisselant de larmes. Par la fenêtre, dans le parc, Elisa pouvait voir que la pelouse (et le bourbier devant les portes du hall) semblait parsemée de petits tas de vêtements. D'autres volontaires étaient en train de les ramener à l'intérieur, un par un.
Tellement de gens étaient morts. Tellement de gens… Elle en connaissait tellement…
La foule migrait lentement vers la Grande Salle, de petits groupes devenant plus importants au niveau des escaliers, l'assemblée ruisselant inexorablement comme une rivière au niveau du rez-de-chaussée. Elisa se retrouva à cheminer à côté de Fred (ou George ?) qui soutenait Angelina, dont tout le flanc droit était recouvert de sang et dont le bras pendant à un angle bizarre. Le hall était difficile à traverser, avec tous les débris qui l'encombraient, mais quelqu'un avait drainé l'eau qui l'inondait. Il ne restait que quelques traces de boue et de sang. Une partie de la rampe de l'escalier principal avait été détruite. Le sablier de Gryffondor, qui comptait les points des lions, avait été pulvérisé, répandant ses rubis sur le sol.
La Grande Salle était bondée, et les tables des maisons avaient disparu. Les survivants, debout par groupes, se tenaient par le cou. Les blessés, rassemblés sur l'estrade, étaient soignés par Madame Pomfresh, aidée d'une équipe de volontaires. Cédric et Cho Chang en faisaient partie, penchés l'un vers l'autre. Elisa ne put s'empêcher de se sentir soulagée en voyant son deuxième meilleur ami indemne.
Les morts étaient étendus côte à côte au milieu de la salle. Il y en avait presque une centaine. Matt alla déposer le corps de Sirius Black au bout d'une longue ligne de sorciers adultes, où Elisa reconnut le professeur Sinistra et le père de Susan Bones, mais aussi Morna Macmillan et Priam Nightingale, avec qui elle avait combattu au bord du lac. Arjuna Balaji et sa tante étaient penchés au-dessus du corps de sa mère, Tamara, et sanglotaient tous les deux. Il y avait beaucoup d'adultes qu'Elisa ne reconnaissait pas. Mais il y avait aussi des gens qu'elle reconnaissait. Heidi Macavoy était étendue non loin, pâle et immobile, à côté de son frère Austin. Terence Higgs et Adrian Pucey se tenaient debout, cramponnés l'un à l'autre, tandis que Tabitha Bainbridge était à genoux devant le corps d'Heather Thatcham, lui fermant doucement les yeux.
Certains étaient jeunes, très jeunes, trop jeunes. Des élèves de cinquième année, ou de quatrième, ou de troisième années, qui avaient dû revenir au château en cachette. Parvati Patil pleurait au-dessus du corps de Lavande Brown. Dans la rangée suivante se trouvait les trois membres du Trio Coloré : Jojo la Poufsouffle dont les cheveux rouges étaient collés à son visage par le sang, Aglaé la Serpentard dont les yeux grand ouverts fixaient le plafond enchanté sans le voir, et Liam le Serdaigle dont les traits étaient figés pour toujours en une expression presque surprise. Le strois amis, inséparables jusque dans la mort…
Et plus loin, ça continuait. Elisa se força à regarder, à les reconnaître. Il y avait Colin Crivey, semblant minuscule dans la mort. Sun-Min Jeong aussi, ses cheveux noirs étalés autour de sa tête comme une auréole. Ginny Weasley était assise devant elle, pleurant doucement. Deux rangs plus loin, Hestia Carrow était écroulée sur elle-même, la tête baissée, berçant mécaniquement le corps de sa sœur Flora dans ses bras. Elisa sentit Fred Weasley se tendre à côté d'elle.
– George, murmura Fred sans quitter des yeux les jumelles Carrow. Où est-il ? Je l'ai perdu quelque part dans la bataille. George ? GEORGE ?
Il leva les yeux, et se mit à parcourir la salle, appelant désespérément son frère. Soudain une silhouette rousse se leva de sa position assise entre ses deux parents (et Elisa réalisa avec un coup au cœur que Molly et Arthur étaient tous les deux en train de pleurer au-dessus du corps de Bill), et les jumeaux Weasley se précipitèrent l'un vers l'autre, s'enlaçant et s'étreignant avec de force, leurs cheveux roux se touchant, leurs mains se cramponnant à leurs robes identiquement usées, au point qu'il était impossible de dire où l'un commençait et où l'autre finissait.
Et là, juste à leurs pieds, Elisa eut la vision très claire du corps étendu de sa mère, qui semblait endormie sous le ciel nuageux du plafond enchanté.
Reculant d'un pas chancelant, Elisa eut l'impression que la Grande Salle s'envolait, rapetissait, se ratatinait. Elle n'arrivait plus à respirer. C'était sa mère, c'était sa Maman, et elle était morte. Elle avait l'impression que son esprit tombait en chute libre, tournoyant dans le vide, échappant à tout contrôle, incapable de saisir cette réalité impossible. Sa Maman ne pouvait pas être morte. Elle s'avança d'un pas chancelant, mais soudain l'idée de s'approcher, d'en avoir la preuve incontestable sous les yeux, de toucher sa peau froide, tout cela lui parut insupportable. Elle fit demi-tour, et sortit d'un pas vacillant, les yeux fixés sur la porte du hall sans vraiment la voir à travers ses larmes. Elle ne pouvait supporter de contempler les autres corps, de voir ceux qui étaient morts aujourd'hui parce qu'elle n'avait pas pu les sauver…
Elle jaillit à l'air libre, dans le parc, glissant dans la boue, avalant de grandes goulées d'air qui se transformaient en hoquets, puis en sanglots. Elle voulait être en colère. Elle voulait être furieuse, enragée, être consumée par la haine et poursuivre les Mangemorts pour les anéantir, pour leur infliger ne serait-ce qu'une fraction de la douleur qu'elle ressentait. Mais alors qu'elle en aurait tellement eu besoin, la rage destructrice de Tom Jedusor qui sommeillait en elle semblait s'être évaporée. Il n'y avait rien, rien que le vide, rien qu'une douleur tellement terrible et étouffante qu'elle avait l'impression d'en mourir.
C'était comme un coup de poignard, comme une plaie béante qui lui déchirait la poitrine. Elle hoquetait, incapable de respirer, et elle finit par tomber à genoux dans la boue, agrippant sa poitrine d'un geste instinctif comme si la souffrance était physique. Etait-elle en train de devenir folle ? Elle en avait l'impression. Elle n'arrivait pas à pleurer, ou à hurler. Même un Doloris ne pouvait pas faire aussi mal, c'était une douleur impossible, une torture inhumaine, ça ne pouvait pas continuer sans qu'elle perde la raison. Maman. Heidi. Heather. Takashi. Lee. Alicia. Flora. Sun-Min. Tous ces gens qui étaient morts, et Harry dont elle n'avait pas de nouvelles… C'était trop, il fallait que ça s'arrête, par pitié, il fallait que tout s'arrête ou elle allait se briser. Disparaître. Mourir.
Elle n'en mourut pas.
Le temps continua à s'écouler, une seconde à la fois, une respiration étranglée à la fois, un frisson convulsif à la fois. Au bout d'un moment Elisa rouvrit les yeux, réalisant qu'elle les avait fermés. Le ciel était toujours gris et nuageux, la boue toujours froide et collante, la pelouse toujours parsemés de corps que les volontaires ramenaient un à un à l'intérieur du château. Le monde n'avait pas cessé de tourner. Et tous ces gens étaient toujours morts. Mots par sa faute, parce qu'elle n'avait pas été assez rapide, assez forte, assez intelligente, assez prévoyante. Ils étaient toujours morts.
Elle voulait être morte, elle aussi. C'était trop douloureux, elle ne pouvait pas le supporter. Pourquoi avait-elle été épargnée ?! Pourquoi elle, pourquoi pas sa mère ?!
Elle inspira profondément, et c'est à ce moment-là qu'elle se mit à pleurer. Elle n'avait pas de mots. Elle n'avait plus de souffle. C'était comme si une bombe avait explosé dans sa poitrine. Tout lui semblait calciné, torturé, anéanti, pulvérisé. Chaque inspiration rouvrait un milliers de plaies créées par les éclats de shrapnel. C'était pire, oh, mille fois pire que lors de la mort de Cécile. Elle avait le vertige. Comment était-elle supposée vivre avec cette couleur ? Comment pouvait-elle avancer, se battre, faire autre chose qu'essayer de respirer à petit coups pour ne pas plier sous cette souffrance insupportable ?
Elle ne sut pas combien de temps elle resta là, effondrée. Elle avait l'impression que le temps s'étirait différemment. Elle avait envie de vomir, envie de s'enfuir, envie de se recroqueviller et de disparaître, mais elle n'avait même pas la force de faire davantage que pleurer en silence. Elle se sentait vidée. Tout paraissait tellement vain et stupide, à présent. Isabelle Bishop était morte. Pourquoi devrait-elle se lever, et penser à l'avenir ? Quel avenir y avait-il ?
Alors elle resta là, recroquevillée dans l'ombre, jusqu'à ce que quelqu'un s'agenouille devant elle et la remette debout avec douceur. Elisa cligna des yeux, et reconnut Fleur Delacour.
– Viens, allons à l'intérieur, fit la française d'une voix douce.
Elisa se laissa entraîner vers le hall sans résister. Elle se sentait comme un pantin dont on aurait coupé les fils. Une petite part d'elle-même lui soufflait qu'elle était en état de choc. Ce n'est que lorsque Fleur fit mine d'aller dans la Grande Salle (sur l'estrade, sans doute, où Pomfresh soignait les blessés) que la Poufsouffle se raidit.
– Non, fit-elle d'une voix qui se brisa. Non, ils sont tous là, je ne peux pas, il faut que…
Elle secoua la tête d'un geste désespéré, à cours de mots. Fleur ne dit rien. Elle changea juste de trajectoire, entraînant Elisa vers les escaliers menant aux cachots, pour l'aider à s'asseoir sur les marches. De là, on ne pouvait pas voir l'intérieur de la Grande Salle, mais on entendait ce qui s'y passait. Les sanglots étouffés, le bruit des conversations à mi-voix : un brouhaha feutré et solennel, qui résonnait comme dans une église. Des gens continuaient à amener des corps depuis les étages, et depuis le parc, mais Elisa pouvait les ignorer en détournant la tête. C'est ce qu'elle fit. Une part d'elle-même était terrifiée à l'idée de voir un visage connu.
Fleur s'assit à côté de la Poufsouffle, et murmura un sort de Diagnostic. Puis, en silence, elle passa aux sorts de soin. Une sensation de fraîcheur sur le côté de sa tête, suivie d'un picotement douloureux, indiqua à Elisa que sa plaie avait été nettoyée puis refermée. Un peu plus tard, ce fut la douleur de ses côtes qui diminua brusquement. Jusque là, avec le choc et l'adrénaline, elle avait oublié cette masse de souffrance qui semblait s'enfoncer dans son corps à chaque inspiration. Le soulagement la fit tressaillir, si soudain qu'il était étourdissant. Pouvoir respirer librement lui éclaircit un peu la tête. Ou peut-être était-ce parce qu'elle avait pleuré tout ce qu'elle pouvait ? Elle se sentait vidée, épuisée. Elle aurait voulu être abrutie par le choc, engourdie, mais non. Ça faisait si mal. Comme si quelqu'un avait plongé sa main dans ses entrailles et arraché quelque chose de vital.
Fleur s'était à présent penché sur sa cheville serrée dans une attelle (Elisa prit conscience que le muscle était si gonflé et douloureux que toute sa jambe, du talon au genou, était complètement compressée dans sa botte au point qu'elle pouvait sentir son pouls). La française semblait sérieusement contrariée observant le résultat de son Charme de Diagnostic.
– Tu as marché avec cette cheville ? fit-elle d'un ton réprobateur. C'était très irresponsable. Le muscle est déchiré, tu aurais pu sérieusement l'endommager !
Malgré son esprit qui semblait tourner au ralenti, Elisa réalisa soudain l'absurdité de la situation. Elle connaissait à peine Fleur. Elle ne savait même pas ce qu'elle faisait là à Poudlard, alors qu'elle aurait du être en France. Et voilà qu'elle lui faisait la leçon sur sa cheville, qu'elle la soignait, qu'elle lui tenait compagnie sur les marches d'escaliers à quelques mètres de la Grande Salle remplie de morts et de blessés. Maman, Heather, Takashi, Sun-Min, combien d'autres étaient…
Non, elle ne pouvait pas laisser cette pensée se former dans son esprit. Rien que l'idée l'emplissait d'horreur. Elle secoua la tête, un geste mécanique comme un chien qui s'ébroue, et lâcha d'une voix rauque qu'elle reconnu à peine :
– Désolée.
Fleur émit un vague reniflement indigné. Puis elle agita délicatement sa baguette, et Elisa sentit distinctement sa cheville désenfler. Pas au point de pouvoir retirer sa botte, certes, mais assez pour qu'elle ne sente plus son pouls pulser douloureusement dans tout son mollet.
Soudain la jeune fille eut désespérément besoin de meubler le silence, de parler de n'importe quoi pourvu que ça noie le bruit des pleurs dans la Grande Salle, et le bruit des pas des gens qui amenaient d'autres corps. Elle voulait parler de quelque chose de stupide, d'anodin, quelque chose qui ne soit pas lié à la bataille, n'importe quoi. Elle voulait juste arrêter de penser à sa cheville douloureuse, à tous ces gens qui étaient morts, au sentiment d'impuissance et de désespoir qui la consumait de l'intérieur comme un Détraqueur. Elle lâcha abruptement la première chose qui lui passa par l'esprit :
– Je ne savais pas que tu étais là. En Grande-Bretagne, je veux dire.
Fleur rejeta sa longue chevelure blonde en arrière. Pendant une seconde, le geste ramena brusquement Elisa deux ans en arrière, lorsqu'elle avait vu la française faire ce mouvement désinvolte pour la première fois, le soir de la sélection des Champions. Elle avait l'impression que ça s'était produit dans une autre vie. Elle était une autre personne, à l'époque. Elle était quelqu'un qui n'avait pas encore vu le cadavre de sa mère gisant dans la Grande Salle.
– Je travaille à Gringotts, fit Fleur d'un ton faussement léger. J'y étais quand les géants ont attaqué.
Elisa eut l'impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Le Chemin de Traverse. Elle avait oublié. Au milieu de la destruction de Poudlard, elle avait oublié que ce n'était pas la première attaque de Voldemort. Le Chemin de Traverse, le Ministère… Oh, Merlin, Percy. Est-ce qu'il s'en était sorti ? Et tous les autres, tous les parents et amis d'élèves qu'elle n'avait pas prévenu, qu'étaient-ils devenus ?
– Les gobelins ont verrouillé les portes, continua la française sur le même ton presque désinvolte et sans lever les yeux de son travail. Ils ne nous ont laissé partir qu'une fois l'assaut terminé. J'ai cherché à savoir ce qui se passait, et une amie m'a dit que l'assaut allait être donné à Poudlard. Je suis venue aider, tout simplement. J'ai sauvé beaucoup de gens. Je suis une excellente duelliste, après tout.
Oui, elle lui avait déjà dit jadis, une éternité plus tôt. Elisa s'en souvenait vaguement. C'était le jour de l'examen des baguettes, non ? Fleur et elle avaient discuté, Viktor était resté dans son coin d'un air renfrogné, et Harry avait été embarqué par Rita Skeeter…
Elisa se redressa brusquement, frappée par une vague d'horreur. Harry. Elle allait devoir regarder Harry dans les yeux et lui annoncer la mort de…
Mais Harry n'était pas là, se rappela-t-elle avec un choc presque plus brutal encore. Harry était dehors, Harry était en route, avec Dumbledore, et Voldemort le savait, Voldemort les attendait avec une armée de Détraqueurs et tous ses Mangemorts, c'était un piège, c'était pour ça qu'il avait appelé un cessez-le-feu : Elisa le savait, elle l'avait réalisé dès que la voix de Voldemort avait annoncé le retrait de ses troupes, elle aurait du prévenir immédiatement McGonagall ou Maugrey ou n'importe quel adulte, mais non, elle était restée là, bêtement, sous le choc, comme si le reste du monde avait disparu, et combien de temps avait-elle déjà perdu ? Combien de temps avant qu'Harry n'arrive ? Elle ne pouvait pas ne rien faire, elle ne pouvait pas le perdre aussi, pas après tous ces efforts, pas après avoir perdu Isabelle, et Heather, et Takashi, et tous les autres…
Elle esquissa un geste pour se lever, puis se figea, moins à cause de la douleur de sa cheville qu'à la perspective de devoir retourner dans la Grande Salle. Non, elle ne pouvait pas. La jeune fille déglutit d'un geste convulsif, puis se rassit lourdement. Elle frissonna de tout son corps. Au prix d'un effort qui lui parut considérable, elle se remit à réfléchir. A penser à l'avenir immédiat. A analyser les informations qu'elle possédait, et à essayer d'en déduire une stratégie.
Pendant plusieurs secondes, affreuses et s'étirant à l'infini, son esprit demeura vide. Il n'y avait rien à faire. Elle ne se souvenait de rien. Elle ne pouvait pas penser à autre chose qu'au visage paisible de sa mère sous le plafond enchanté, à la silhouette recroquevillée de Flora Carrow qui berçait le corps de sa sœur, aux yeux d'Heather qui fixaient le plafond sans le voir, tous ces gens, tous ces gens qu'elle connaissait, c'était surréaliste, c'était trop monstrueux, ils étaient tous morts…
Et puis elle se souvint du décalage horaire entre la Grande-Bretagne et le Brésil, et de ce que ça signifiait pour l'heure du rituel. Elle se souvint de ses conversations avec Dumbledore, de leurs plans, de son conseil de donner à Harry un Portoloin. Elle se souvint qu'elle avait donné la Carte du Maraudeur à Trisha. Elle se souvint des élèves à qui elle avait appris le Patronus. Elle se souvint de l'Agua Animaro, de ses Sceaux, de toutes ses armes. Elle se souvint de Flitwick domptant l'orage. Elle commença à compiler les données qu'elle possédait, et à essayer d'en tirer un résultat, une stratégie, une idée. C'était ce qu'elle faisait. Elle savait le faire, elle en avait l'habitude. C'était presque un réflexe. Alors, progressivement, laborieusement, elle recommença à planifier.
C'était comme de marcher avec une jambe brisée. Une part d'elle-même hurlait toujours d'agonie, écrasée sous le poids de son horreur, de son espoir, d'une douleur qu'elle ne pouvait mettre en mots. Mais elle était aussi poussée en avant par une sorte de détermination enragée, désespérée, par l'idée qu'elle ne pouvait tout simplement pas perdre quelqu'un d'autre. Le fait qu'Harry soit en vie, qu'il soit en route, qu'il soit en danger… Soudain, cela l'avait suffisamment bousculée pour l'arracher à son état prostré. Elle devait faire quelque chose. Elle ne savait pas encore quoi, ou comment, mais il fallait qu'elle bouge, qu'elle planifie, qu'elle coordonne, qu'elle réagisse. Tout d'un coup, elle ne pouvait pas supporter l'inaction une seconde de plus.
– Fleur, fit-elle d'une voix rauque. Fleur, est-ce que tu pourrais aller chercher McGonagall ? Et Alastor Maugrey. Et Ron, et Hermione. Il faut que…. Il faut que je leur parle. Harry et Dumbledore sont en chemin, mais ils sont en danger.
Et elle devait les sauver. Il fallait qu'elle les sauve. Pas seulement parce qu'Harry était leur seul espoir. A ce point-là, elle n'y pensait presque plus. Elle avait juste le désir, le besoin désespéré de s'accrocher aux gens qu'elle aimait et qui vivaient encore, parce que si elle perdait encore une personne… Si elle échouait à les sauver… Elle n'était pas sûre d'y survivre.
oOoOoOo
Ron et Hermione furent les premiers à rejoindre Elisa dans l'escalier. Tous les deux étaient très pâles. Hermione avait les yeux rouges comme si elle avait beaucoup pleuré, et Ron boitait. Leurs vêtements étaient couverts de boue, de sang, de poussière. Ils avaient combattu, eux aussi. Peu de temps après, Fleur revint avec McGonagall. Elisa fronça les sourcils :
– Où est Maugrey ?
La Sous-directrice se redressa et réajusta dignement ses lunettes, avant de lâcher d'une voix tremblante :
– Alastor n'a pas survécu.
Hermione et Ron ne dirent rien. Ils devaient déjà le savoir. Elisa encaissa en silence. Quelques heures plus tôt, elle aurait peut-être pleuré, mais là elle se sentait juste vide. C'était comme si elle avait franchit son seuil maximum de saturation de chagrin, de colère ou de désespoir, et qu'elle ne pouvait plus rien ressentir. Elle respira juste à fond, ferma brièvement les yeux, puis déclara :
– Harry et Dumbledore sont en route. Voldemort a demandé un cessez-le-feu pour leur tendre un piège, et il guette leur arrivée avec les Détraqueurs. On doit les prévenir.
– Harry n'a pas son miroir, réalisa Ron.
– Et s'il est inconscient suite au rituel, il ne pourra pas recevoir de Patronus, acquiesça Elisa. Est-ce que tu pourrais envoyer un Patronus à Remus Lupin ? Il est avec eux.
Ron se figea. Elisa se rappela trop tard des sanglots de Molly et Arthur, penchés au-dessus du corps de Bill. Le jeune Weasley ne se sentait sans doute pas plus capable qu'elle de produire un Patronus. Heureusement, McGonagall hocha la tête d'un geste sec, et brandit sa baguette. Un chat argenté en bondit, et la Sous-directrice déclara calmement :
– Message à Remus Lupin. L'école est encerclée par des Détraqueurs. Voldemort sait que vous êtes en chemin, et attend votre retour. Où vous trouvez-vous ?
Le chat disparut d'un bond gracieux. Elisa se frotta les yeux très fort, comme si ça pouvait faire disparaître l'impression la fatigue qui pesait sur ses épaules, et enchaîna en se tournant vers Hermione :
– Tu te souviens de ce dont on avait parlé, au sujet du fait que Voldemort avait fait des… batteries externes de pouvoir ?
Hermione comprit immédiatement, et ses yeux s'écarquillèrent :
– Le serpent. Il en est une, c'est sûr ?
– Je ne sais pas mais je ne veux pas prendre de risques, lâcha Elisa en se tournant vers McGonagall pour l'inclure dans la discussion. Il faut absolument tuer Nagini, le serpent. Voldemort a mis une partie de lui-même à l'intérieur. Tant qu'il vit, Voldemort est théoriquement immortel.
A sa décharge, McGonagall encaissa cette révélation avec le plus grand sang-froid, et se contenta de hocher la tête. Elle se tourna vers Fleur, qui avait suivit la conversation d'un air choqué, et lui ordonna :
– Miss Delacour, pouvez-vous relayer le message à Nymphadora Tonks et Kingsley Shacklebolt ? Dans la plus grande discrétion, je vous prie.
Fleur hocha la tête avec dignité, même si elle était très pâle, et fit demi-tour. Elisa fit un effort sur elle-même pour ne pas la suivre du regard. Elle avait l'impression que les portes de la Grande Salle étaient comme la gueule béante d'un monstre, un Basilic peut-être, et que laisser dériver son regard dans leur direction serait une horrible erreur. Elle ne voulait pas voir si on amenait encore des corps là-bas, ou entendre le brouhaha diffus de pleurs et du murmures qui venait des survivants, ou juste penser à tous ces gens dont la vie avait pris fin aujourd'hui, Takashi, Heather, Maman, c'était tellement injuste…
Soudain, un Patronus argenté bondit devant eux. Un loup, grand et maigre, qui ouvrit la bouche et déclara avec la voix tendue de Remus Lupin :
– Harry et moi sommes sur le chemin du retour, nous voyageons par Portoloins successifs. Dumbledore est parti accomplir une mission confidentielle de son côté et a emmené Rogue avec lui. Ils nous ont dit de ne pas les attendre. Est-ce que Poudlard est sûr ?
Incrédule, Elisa fixa le Patronus qui se volatilisait. Dumbledore et Rogue étaient leurs deux meilleurs combattants. Où pouvaient-ils être qui était plus important qu'ici ?!
– Comment va Harry ? fit anxieusement Ron. Il ne l'a pas dit ! Est-ce que le rituel a marché ?
– Et comment on va faire sans Dumbledore ? renchérit Hermione avec angoisse.
McGonagall créa un nouveau Patronus, et énonça son message d'un ton un peu plus tendu que le précédent. L'annonce de l'absence du directeur devait l'avoir ébranlée, elle aussi.
– Message à Remus Lupin. Poudlard a résisté à leur attaque, mais nous avons essuyé de lourdes pertes. Vous-Savez-Qui a ordonné un retrait temporaire de ses troupes, mais les combats ne tarderont pas à reprendre. Quel est l'état de santé de Mr Potter ? Où se trouvent le professeur Dumbledore et le professeur Rogue ?
Ils regardèrent tous le chat argenté disparaître, le cœur battant, essayant de ne pas céder à l'angoisse. Cette fois le Patronus de Lupin arriva presque immédiatement.
– Harry va bien, le rituel à fonctionné. Dumbledore ne m'a pas dit où il a allait, il a seulement parlé de… vérifier qu'il avait le bon nombre. Quelque chose en rapport avec une grotte. Elisa est supposée savoir ce que ça veut dire. Mais ce n'est pas important ! Combien de temps avons-nous avant la prochaine attaque ? Comment pouvons-nous vous rejoindre pour participer aux combats ?
Le loup disparut. Elisa resta immobile. Elle avait l'impression qu'on lui avait versé un seau de glace sur les épaules. Le bon nombre. Une grotte. Dumbledore voulait vérifier qu'il n'y avait pas un Horcruxe en plus. Il avait dû avoir un doute, ou juste tomber sur un lieu suspicieusement bien protégé. Et, alors qu'Elisa planchait sur le braquage de Gringotts, le directeur n'avait-il pas mentionné avoir sa propre hypothèse sur la cachette de la Coupe de Poufsouffle ? A ce moment, la jeune fille n'avait pas creusé le sujet, pensant qu'elle avait encore du temps devant elle pour faire prévaloir son point de vue : mais même à cette époque, elle avait immédiatement deviné ce dont il s'agissait. La grotte des Inféri. Là où le médaillon avait jadis été caché, avant d'être volé par Regulus Black. Elle l'avait deviné, et elle n'avait rien dit, et à présent l'immensité de son erreur venait la frapper en pleine face.
Dumbledore n'allait pas venir les sauver. Dumbledore allait s'empoisonner de façon lente et atroce, et peut-être mourir, pendant que les troupes de Voldemort déferleraient sur Poudlard. Exactement comme dans le canon.
– Miss Bishop ? lâcha McGonagall. De quoi voulait parler le directeur ?
Pendant une seconde Elisa se sentit tanguer. C'était trop. Sa mère, et tous les autres, et les Mangemorts, et les Détraqueurs, et maintenant la réalisation terrifiante du fait qu'elle était toute seule, qu'il n'y avait plus personne derrière qui se cacher, et que gagner du temps ne servait à rien, qu'aucun secours n'allait venir… Elle vacilla. Puis elle redressa ses murs d'Occlumancie, et ce fut comme un choc, la réalité retrouvant sa netteté, son cerveau se remettant en marche. Elle se tourna vers la Sous-directrice, et déclara avec un aplomb qu'elle ignorait posséder :
– Dumbledore va vérifier que Voldemort n'a pas une autre réserve de pouvoir, dans une grotte bardée de protections de magie noire. Rogue et lui ne vont pas revenir tout de suite. Et s'ils reviennent, de toute façon, ils seront très affaiblis. On ne peut pas compter sur eux pour la reprise des combats. On va devoir se débrouiller seuls. Les secours ne viendront pas.
Hermione émit un bruit choqué, et se couvrit la bouche de ses mains. Ron secoua la tête, l'air un peu hagard, comme s'il n'arrivait pas à y croire. Quant à McGonagall, elle pâlit, mais elle demeura droite et calme. Elle inspira profondément, et déclara d'une voix inhabituellement hésitante :
– Dans ce cas… Peut-être serait-il sage de dire à Potter de ne pas revenir à Poudlard…
Et prolonger le cauchemar ? Risquer que Voldemort découvre la nature du rituel accompli par Harry, et que la destruction des Horcruxe soit révélée ? Provoquer une autre bataille, un autre massacre, pour que Voldemort puisse enfin être abattu par Harry ?!
– Non ! la coupa Elisa d'un ton tellement précipité qu'elle bégayait presque. Il le faut, c'est maintenant, c'est… C'est maintenant ou jamais. On ne peut pas… Il n'y a que lui qui peut le tuer, c'est ce que dit la prophétie, et il faut que ça soit aujourd'hui, on ne peut pas continuer comme ça… !
– Vous connaissez la prophétie ?! glapit McGonagall en perdant un instant son calme.
– Quelle prophétie ? fit Hermione d'un air dubitatif.
Il y eut un court silence où tout le monde se regarda. Puis Elisa se passa une main sur le visage, évita le regard de McGonagall, et résuma :
– Il y a une prophétie comme quoi Harry est le seul à pouvoir tuer Voldemort, et…
Elle hésita brièvement à parler des Horcruxes, de la protection de Sanguimancie de Lily Potter, de la cicatrice d'Harry, du rituel, des cœurs jumeaux de leurs baguettes, de l'interprétation d'origine que Dumbledore avait fait de la prophétie, des risques : mais c'était trop vertigineux, trop compliqué, trop long. Alors elle se contenta d'achever :
– Et c'est maintenant ou jamais.
Hermione et Ron se prirent la main sans se regarder, à tâtons, l'air épouvantés. McGonagall semblait ébranlée, elle aussi, mais elle ne perdit pas son calme. Elle hésita mais après quelques instants, elle sembla parvenir à une décision, et se tourna vers Elisa d'un geste délibéré :
– Miss Bishop. Est-ce que vous êtes certaine de la victoire de Mr Potter ?
Non. Non, elle ne l'était vraiment pas. Elle n'était sûre de rien. Elle avait l'impression de voler en aveugle, d'avoir perdu tout sens de la direction. Comment quoi que ce soit aurait encore pu avoir du sens, alors que sa mère gisait morte dans la Grande Salle, que des dizaines d'enfants avaient été massacrés entre les murs de l'école, que ses amis sanglotaient devant les corps de leurs proches ? Rien n'avait de sens. Elle se battait pour garder la tête hors de l'eau, réfléchir, avancer, ne pas se noyer : mais ça faisait bien longtemps qu'elle avait perdu de vue le rivage. Elle essayait juste de ne pas sombrer.
Elle aurait dû mentir. Soutenir ses dires avec assurance, déclarer que la victoire les attendait, que tout allait bien se passer. McGonagall venait d'apprendre que Dumbledore ne viendrait pas sauver l'école. Un autre choc serait comme un coup de poignard. Oui, Elisa aurait du mentir, parce que c'était ce que Dumbledore aurait fait : il aurait sourit, rassuré, trouvé les mots justes… Et si au final, si tout cela s'était avéré une erreur, et bien au moins les gens y auraient cru jusqu'au bout, ils seraient allés au combat emplis de confiance et d'optimisme, au lieu d'être dévorés par la peur et le doute. Mais Elisa n'était pas Dumbledore. Elle n'avait pas les mots justes. Et elle était fatiguée, tellement fatiguée de mentir.
– Non, murmura-t-elle en baissant les yeux. Tous ces préparatifs, le rituel, tuer le serpent, tout ça, ça met juste leurs chances à 50/50.
– Seulement ? couina Hermione.
La jeune Gryffondor avait l'air au bord des larmes, horrifiée, terrifiée. Ron était blême sous ses tâches de rousseur, mais la peur de son amie sembla lui donner un regain de courage, même si ce n'était que de façade.
– C'est la meilleure chance qu'on a, non ? fit-il bravement. Durant toute la guerre, et toute la guerre précédente, nos chances étaient de zéro. Mais là, on a une possibilité d'en finir. Il faut qu'on la saisisse, sinon tout ça aura été pour rien, tous ces morts…
Sa voix se brisa sur le dernier mot, et son visage se convulsa brièvement de chagrin. Elisa repensa à Bill, étendu dans la Grande Salle, le visage paisible, ses deux parents sanglotant désespérément à côté de son corps. Elle ne ressentait rien. Passé un certain seuil de douleur ou de désespoir, tout devenait étrangement distant.
– Est-ce que nous pouvons vraiment anéantir Vous-Savez-Qui aujourd'hui ? répéta McGonagall.
Elisa faillit lui dire qu'elle avait déjà répondu à cette question, puis elle réalisa que non. C'était deux choses très différentes, de savoir si Harry allait gagner, et si Voldemort allait mourir. Harry et Voldemort étaient guidés par la prophétie jusqu'à l'affrontement final. Mais une fois que ça serait fait, une fois que l'un serait mort de la main de l'autre, il n'y aurait plus de Destin capricieux tirant les ficelles pour guider ses marionnettes vers un futur précis. Il n'y aurait plus d'Horcruxes. Il n'y aurait plus rien, rien qu'une infinité de possibles. L'un serait mort, oui, mais le vivant serait aussi vulnérable, aussi mortel que n'importe qui.
Voldemort devenu mortel, au prix de la vie d'Harry, était-ce quelque chose qu'elle pouvait accepter ? Elle refusa de creuser la question. Elle était fatiguée, elle était désespérée, elle voulu juste que ça finisse, elle voulait juste y survivre…
– Oui, répondit-elle simplement. On peut le tuer.
– Maintenant ou jamais, répéta McGonagall.
Elle ferma brièvement les yeux, l'air déchirée. Elisa ressentit une brève bouffée d'empathie pour la Sous-directrice. C'était dur d'être la personne à qui on confiait la responsabilité de faire des choix difficiles, des choix qui pourraient coûter la vie à des innocents. Mais McGonagall était une Gryffondor, issue d'une Maison qui formait les guerriers, et elle avait déjà survécu à une guerre. Elle connaissait la nécessité d'être impitoyable, parfois, et c'était un avantage incontestable. Elle était capable de prendre des décisions cruelles, au nom du plus grand bien.
– Très bien, finit par dire la Sous-directrice en rouvrant les yeux. Nous avons encore une demi-heure avant que l'attaque ne reprenne, nous devons nous organiser. Notre stratégie doit changer, puisqu'à présent notre but n'est plus de gagner du temps mais d'amener Mr Potter face à Vous-Savez-Qui.
Un instant, le poids de cette vérité sembla peser très lourds dans l'air. Personne ne viendrait les sauver. Ils se mettaient tous à la merci du résultat d'un duel entre un tueur psychopathe et un adolescent de quinze ans. Cela aurait du paraître fou. Mais Elisa se sentait très calme, presque détachée.
– Miss Granger, poursuivit McGonagall en se tournant vers la jeune fille. Envoyez un Patronus à Mr Lupin pour lui demander sa localisation précise, je vous prie. Nous allons leur envoyer un elfe de maison : leur faculté de transplanage va nous permettre de les faire revenir au château sans qu'ils aient à s'approcher des Détraqueurs qui guettent l'école. Mr Weasley, pouvez-vous rassembler les membres de l'Ordre du Phénix ? Ils doivent se placer en première ligne, si jamais les Détraqueurs nous attaquent…
– Je peux m'occuper des Détraqueurs, lâcha Elisa.
Il y eut un bref silence interloqué. D'une voix incertaine, McGonagall pointa :
– Ils sont plusieurs centaines, Miss Bishop.
Elisa ferma le poing sur son médaillon, qui se balançait sur le devant de sa robe. Au creux du petit fruit doré se trouvait la Pierre de Résurrection. Et si envoyer une armée de fantômes à l'assaut des Détraqueurs ne marchait pas, eh bien… Il restait le Feudeymon. Rien n'y résistait. Surtout à la version améliorée, qui brûlait bleu et purifiait tout ce qu'elle consumait. Merci, Grindelwald.
– Je peux m'en occuper, répéta-t-elle.
McGonagall la jaugea un instant du regard, puis se tourna vers Ron :
– Dans ce cas… Mr Weasley, trouvez-moi Kingsley Shacklebolt, Helen Dawlish, et le professeur Flitwick, je vous prie. Ce sont nos meilleurs duellistes et nous auront grand besoin d'eux. Il va falloir isoler Celui-Dont-Il-Ne-Faut-Pas-Prononcer-Le-Nom, et…
Elisa sentit son attention dériver, et cesser d'écouter. Au creux de sa main, le médaillon doré se réchauffait doucement. Elle s'apprêtait à l'utiliser, à tenter de lancer une armée de morts contre les Détraqueurs. C'était une décision horrifiante, le genre de truc que Grindelwald aurait cherché à faire, mais elle n'arrivait pas à y songer avec la gravité que la situation méritait. Cela lui paraissait presque trivial, à côté de l'autre choix qu'elle venait de faire… Qu'ils venaient, tous les quatre, de faire : le choix de continuer à se battre, le choix de mettre Harry et Voldemort face à face, tout en sachant consciemment que l'un d'eux n'y survivrait pas.
Harry était son frère à tous les titres, et elle l'avait peut-être condamné. Mais elle ne ressentait rien. Juste l'envie désespérée qu'on en finisse.
Est-ce que Dumbledore aurait fait ce genre de choix ? Absolument. Elisa ne s'en sentait pas réconfortée. Est-ce qu'Harry aurait fait ce choix, s'il avait pu parler pour lui-même ? Sans doute. Il était toujours prêt à se sacrifier pour ceux qu'il aimait, prêt à prendre des risques insensés, prêt à se jeter tête première dans le danger. C'était pour ça qu'il avait accomplit le rituel d'extraction d'Horcruxe : et c'était pour ça qu'il revenait à Poudlard en ce moment, pas pour en découdre, mais parce que s'il y avait la moindre chance d'en finir, il fallait la saisir à pleine main avec que l'opportunité ne s'envole. Oui, Harry aurait fait ce choix sans hésiter. Malgré le danger, parce que ça en valait le coup.
(Isabelle n'aurait jamais fait ce choix. Elle n'aurait jamais considéré que la mort d'un de ses enfants, biologique ou adoptif, en vaille le coup. Elisa refusa résolument d'y penser : si elle se mettait à pleurer maintenant, elle ne s'en relèverait jamais.)
Harry allait peut-être mourir aujourd'hui. Mais Voldemort allait absolument mourir. Il le fallait. Elisa ne pouvait pas concevoir l'univers autrement.
Aucun ne peut vivre tant que l'autre survit, disait la prophétie. Il était possible que le Survivant tue Voldemort et que ça s'arrête là, que ça finisse bien. Mais il était aussi possible Voldemort tue Harry et que ça s'arrête là aussi, maintenant qu'il n'avait plus l'Horcruxe pour lui donner une chance de revenir à la vie. C'était possible. Mais même si cela arrivait… La prophétie aurait été accomplie. L'un serait mort de la main de l'autre. Plus rien n'empêcherait quelqu'un d'autre de tenter sa chance pour abattre le Seigneur des Ténèbres, qui serait redevenu mortel.
Si Harry mourrait, ça la détruirait, Elisa le savait. Mais elle savait aussi, avec une absolue certitude, qu'elle détruirait Voldemort avec elle.
.
.
... Cette fin de chapitre est sinistre. J'avoue, j'ai pleuré comme une madeleine en écrivant ce chapitre...
Bref ! Il faut être optimiste. Le combat n'est pas fini. On va revoir Harry... Et avoir le dénouement de la bataille dans le chap' suivant x) Ensuite... Bah... Encore un chapitre pour ficeler ce qui reste, puis ce sera l'épilogue.
Allez, accrochez vous... La prophétie s'accomplie dans le chapitre suivant !
Et Elisa va avoir droit à un dernier moment de badass attitude x)
.
(Also : demain, c'est les élections européennes. Allez voter, les gens ! On a si peu de pouvoir pour impacter le monde qui est en train de sombrer dans le chaos, il faut utiliser tout ce qu'on a !)
.
.
