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- dialogue

Pensées

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- sortilèges

Titre : Chess

Épisode I : L'héritier de Serpentard

Chapitre 19 : Dimensions parallèles

Un lourd silence régnait dans les toilettes du deuxième étage depuis l'annonce de Byakko, jusqu'à ce que :

- Qui es-tu ? demandèrent Ginny et Neville en même temps en oyant la tête de Kneazle flottant à coté d'Harry.

Le dieu Tigre soupira. Il n'avait pas prévu ça. Il n'était pas adepte de la doctrine du secret, mais il préférait que sa mission ait le moins de témoins possibles. Il se résolut tout de même à répondre aux deux jeunes sorciers.

- Je me nomme Byakko, je suis le Dieu Tigre gardien de l'ouest et esprit élémentaire du vent et du métal.

- euh, commença Neville.

- Les vexplicafions attendront, dit Harry, on a un provlème là.

Il se tut, portant ses mains à sa gorge puis à sa bouhe, tâtant les crocs qui sortait de sa bouche et qui l'empêchait de s'exprimer correctement.

- On est mal, très mal, dit Byakko.

- Ce n'est qu'un provlème de prononfiafions, tempéra Harry.

- Tu ne comprends pas, si les formules ne sont pas dites à la perfection, ça ne fonctionnera pas.

Le silence s'installa de nouveau. Harry, Ron est Hermione comprirent le sens exacte des paroles de l'esprit. Ginny et Neville, eux, semblaient interrogateur alors que Mimi semblait ne pas s'y intéresser.

- Celui qui possède le château au moment où je vous parle se nomme Dédalos, l'esprit du Labyrinthe et du doute.

- Quand tu dis Dedalos, l'interrompit Hermione, tu veux parler de Dedale, le grec ?

- Crétois en fait, et oui, c'est bien lui. Heureusement, il n'est pas en son pouvoir de faire apparaitre un monstre au milieu de ses labyrinthes, mais ceux-ci sont autrement plus dangereux.

- Que veux-tu dire ? demanda Ron. S'il n'y a pas de monstre.

- On peut mourir de déshydratation ou d'anémie car ses labyrinthes sont très complexes et changeants. De plus, il s'est infiltré dans les sortilège du château et à parasité celui qui permet aux salles de changer de place.

- Comment connais-tu si bien l'architecture interne des sortilèges du château ? demanda Hermione suspicieuse.

- Je te rappelle que Salazar Serpentard était mon maitre, il m'a décrit le château dans ses moindres détails pendant qu'il écrivait son « Histoire de Poudlard ».

La jeune Gryffondor rougit de s'être fait ainsi rabroué et aussi d'apprendre que son livre de chevet favoris avait été écrit par l'un des sorciers les plus énigmatiques et sombre de l'histoire.

- Ve peux touvours effayer, marmonna Harry. Rin ! Pyo ! To ! Fa…

- Dameda…euh, inutile, ça va juste te péter à la figure

- Putain de prononfiafion de m…

- C'est bien le moment, grogna le dieu en secouant la tête.

- Ve le retiens Léo et fes idée à la c…trépigna le survivant.

- Harry ! L'interrompit sa meilleure amie. Ne nous décourageons pas, il nous suffit de sortir de la zone d'influence du sortilège du professeur Laderault et tu pourras de nouveau prononcer tes formules.

- Tu es fur ?

- Non, mais on n'a pas d'autre solution.

- Il va donc falloir affronter le labyrinthe et sortir dans le parc, dit Ron pensivement. Avec un peu de chance, le sortilège n'englobe que le château, au pire, le parc entier. Et pour Dedalos ?

- Je ne sais pas, répondit Byakko. Je vais réintêgrer mon corps et faire une recherche. Avec un peu de chance, il n'est pas assez puissant pour être à la fois dans le sortilège de déplacement des salles et dans le parc, mais je vais vérifier et je vous retrouve plus tard.

Dans un petit bruit de bulle qui éclate, la tête disparut. Harry se retourna vers Ron et Hermione qui hochèrent la tête. Puis il se tourna vers les deux autres Gryffondores.

- Fe que nous allons faire est danvereux. Fi vous ne vous fentez pas à la hauteur, ne venez pas.

- Le problème de prononciation ruine totalement la gravité du moment, soupira Ginny. Évidemment que je viens.

- Non, Ginny, tu…

- Ose seulement finir ta Phrase Ronald Bilius Weasley ! je te rappelle que j'ai déjà affronter des mangemorts en face, alors un esprit qui fait des labyrinthe ne me fait pas peur.

Elle prit Neville en témoin qui hoche la tête, acceptant par là même de les suivre.

- Et bvien en avant, grommela Harry en rouvrant la porte des toilettes et en s'engageant cette fois dans le couloir du troisième étage.

0OoO0

Ryuuji, Leila, Thomas et Ronan venaient de sortir de la Grande Salle lorsque l'esprit entra en action. Ils ressentirent la vibration magique avec une telle intensité qu'ils en tombèrent au sol. Ronan se releva, remettant de l'ordre dans la robe blanche que le sortilège de Léo lui avait donné. Thomas, lui porta sa main à sa bouche. La surprise avait été telle qu'il s'était mordu la langue avec ses deux nouvelles canines. Ça faisait très mal. Ryuuji tenta de se calmer et ses poils hérissés se remirent en place avant qu'il ne tende la main à Leila qui s'était prit les pieds dans son long kimono de Yuki-onna en voulant se relever une première fois.

- C'était quoi ?

- Un esprit, répondit une voix sous le kimono de Leila.

Heureusement, le yokai n'avait pas été affecté par le sortilège d'Halloween. Cela ne devait affecter que les humains. Il s'enroula autour du cou de la jeune fille, frissonna et finalement sauta sur le sol.

- Ta peau est froide.

- Gomen (Désolé), dit Leila. La transformation est plus complète qu'il n'y parait.

- De quelle sorte d'esprit il s'agit.

- Un esprit humain, dit Thomas en grattant la tête de Yoko, installé autour de son cou et qui ne semblait pas atteint par la froideur cadavérique de son maitre. Le fantôme d'un grec que j'ai transformé en esprit du labyrinthe : Dedalos.

- Celui du Minotaure ?

- C'est exact.

- Il faudrait que nous retournions au Cœur.

- Tu veux dire, au Sanctuaire, dit Thomas, pince sans rire.

- Au C…

- Ne recommencez pas ! s'exclama Leila. Si Dedalos a infiltré le sortilège de déplacement des salles, on va de toute façon avoir du mal à y retourner.

- On pourrait lui demander de venir nous chercher, proposa Ronan.

- Que veux-tu dire ?

- Il suffit d'invoquer le château au plus profond de ton cœur pour qu'il te vienne en aide. On va s'y mettre tous les quatre, n'est ce pas Ryuuji ?

Comme à son habitude, Thomas avait prononcé son nom d'une façon si particulière qu'il l'avait fait rougir. Il se reprit finalement, et tout comme ses amis, ferma les yeux.

Poudlard, Poudlard, Poudlard…

Ils répétaient inlassablement le nom du château, et, comme quand on répète trop de fois à la suite, un mot, celui-ci se met à se déformer. De Poudlard il passa à Lardpoud, puis à Dralpoud, Draldoup et enfin, le mot fut clair dans leur esprit : Dral'duop. Aussitôt, un rugissement se fit entendre, une sorte d'ombre apparut sous leurs pieds, l'ombre d'un gros animal. Celle si se condensa en une sphère noire qui sortit du sol et se mit à flotter en émettant un bruit de clochettes. Elle resta un moment surplace avant de filer dans le couloir. Les quatre comprirent aussitôt et la suivirent.

0OoO0

- Et maintenant Harry ? demanda Neville

Cela faisait près d'une heure qu'ils marchaient à travers les couloirs sans jamais arriver à se repérer. C'était comme si à chaque fois qu'ils entraient dans une salle, leur composition changeait aléatoirement. Harry ne savait plus du tout que faire à présent. Ils étaient de retour dans les toilettes de Mimi Geignarde. La jeune fille les regarda quelques instants et retourna dans ses toilettes. Alors qu'il se demandait encor ce qu'ils allaient faire, la porte se rouvrit.

- Tient, salut vous tous, dit Léo en entrant. On s'est un peu perdu.

- On est complètement paumé tu veux dire, grogna Sophie à sa suite.

Ils ne le remarquèrent pas tout de suite, mais aucun des deux n'étaient déguisé. Ils ne semblaient pas avoir été inclus dans le sort. Léo portait la même tenue décontracté habituelle et Sophie sa blouse blanche sur un pull rouge et un pantalon blanc.

- Et vous ?

- Pareil.

- Mais ! Une minute ! dit Hermione. Comment ça se fait que vous n'aillez plus vos costumes. Professeur Laderault, vous…

- Léo

- L…Léo, vous étiez déguisé en Alien et Sophie en Freddy Kruger.

- Qui ? demanda Neville.

- Freddy Kruger est le personnage principal d'un film d'Horreur appelé « Nightmare on Elm Street ». C'est un zombie psychopathe qui tue les gens à travers leurs rêves.

- Intéressant, dit Ginny. Et toi Léo ?

- Moi j'étais déguisé en créature extra terrestre du film Alien…et de ses suites d'ailleur. Un bestiole qui incube dans un corps humain avant de lui faire exploser le ventre et sortir pour bouffer les autres.

- Charmant.

- Je trouve aussi, dit Léo avec un sourire.

- Mais vous ne comprenez pas ! Dit Hermione, excédée.

- Comprendre quoi ?

- S'ils n'ont plus leur costume c'est qu'ils ne sont plus sous l'influence du sort. On peut donc leur demander de nous en sortir.

- Impossible, dit Léo.

- Pourquoi ?

- Pour la simple et bonne raison qu'aucun de mes frères et moi ne nous sommes inclut dans le sort, ce n'était que des costumes temporels, nous devons bien juger le concours non ?

- Alors, vous ne pouvez pas nous retransformer ?

- Non. Si ça se trouve, on va tous mourir de faim et de soif et on tiendra compagnie à Mimi, répondit Léo avec un sourire.

- Non ! cria la jeune fille en sortant de sa cuvette préféré. Vous vous moquez de Mimi ! Mimi est seule ! Toute seul ! Elle sera toujours toute seule !

Ses cris étaient déchirants et très perçant. Tout le monde se bouche les oreilles à l'exception qui prit le jeune au collet et la gifla à toute volée. Celle-ci s'arrêta, choquée. Plus que la gifle elle-même, c'était le fait que quelqu'un ait réussit à la toucher qui l'avait surprise.

- Calme-toi ! Hurler ne sert à rien ! Et tu n'es pas seul ! Personne n'est vraiment seul.

Il prit le jeune fantôme dans ses bras et la serra contre elle. Des larmes perlèrent dans les yeux de Mimi et elle enfouis son visage contre le torse de Léo. Celui-ci lui caresserait doucement les cheveux en lui murmurant des paroles réconfortantes. Il leva les yeux et devant les regards interrogatifs des autres ne répondit pas. D'un seul coup d'œil, il leur fit comprendre qu'il ne s'expliquerait pas.

Une fois la jeune fille calmée, il la lâcha et lui caressa la joue en souriant.

- Bon ! C'est pas tous ça, mais comment on fait pour sortir.

- Au lieu de retransformer juste nous, tu ne peux pas rompre ton sort pour qu'Harry puisse avoir une prononciation correct et enferme l'esprit ?

- Trop tard, le sortilège est lancé. De minuit à demain au couché du soleil il fonctionnera. Mais on peut sortir de son champ d'action.

- Les salles ! s'exclama Hermione ! La bibliothèque et les dortoirs sont épargnés par le sortilège non ?

- Pas vraiment, dit Léo. C'est juste que les blagues y sont interdites. Il nous reste plus qu'à sortir du château, le sort est limité aux seuls bâtiments.

- Et comment on y va ? en défonçant les murs, grogna Ron.

- Je doute que Bubus apprécie au final. De plus cela créerais de nouvelles ouvertures et comme toutes les ouvertures de ce château, elles mèneront à un autre lieu que celui où elles devraient débouchés.

- Il n'y a plus qu'à marfer alors.

Ils ouvrirent la porte des toilettes et passèrent dans un couloir qui leur semblait être celui-du cinquième étage. Avant de partir, Léo se retourna et tendit la main.

- Tu viens Mimi ?

La jeune fille papillonna des yeux, puis sourit et prit la main que Léo lui tendait. Alors qu'il allait fermer la porte, il fut retenu par se sœur.

- A quoi ça sert ?

- Une théorie. Dés qu'on ferme une porte, le lieu qui se trouve derrière change. Je pense que l'esprit ne peut changer la salle de place tant qu'elle est reliée à une autre.

- C'est pour ça que personne n'est revenu dans la grande salle puisque la porte est encor défoncée ! s'exclama Hermione.

- Probablement.

- Donc on ouvre toutes les portes qu'on trouve pour coincer Dedalos ?

- Ce serait l'idéal.

Ils avancèrent donc dans le couloir, ouvrant toutes les portes qu'ils trouvaient. Ils arrivèrent bientôt à une section du couloir plus sombre que les autres. Ils sursautèrent tous lorsque Ginny poussa un cri.

- Qu'est ce qu'il y a ? demanda son frère en se précipitant vers elle.

Il cria à son tour lorsqu'il sentit quelque chose lui frôler les cheveux. Il faisait noir dans cette partie du couloir et aucun des deux n'avait vu ce qui l'avait froler.

- Il y a quelque chose ici, murmura Neville.

- Si nous sommes dos à dos, l'ennemi ne peut pas nous surprendre, dit Léo en devenant tout d'un coup sérieux.

Ils se mirent donc tous en cercle, tournés vers l'extérieur et scrutèrent les ténèbres. Pendant plusieurs minutes, ils sentirent quelque chose frôler leur tête, puis leurs jambes. Harry entendait de drôles de bruit. Il se retourna et vit que c'était Mimi qui gémissait en se serrant au dos de Léo. Il observa le mercenaire et vit qu'il avait un air amusé sur le visage. Mais il ne put s'étendre sur le sujet car au même moment, il sentit à nouveau quelque chose le frôler. Grace à ses réflexes d'attrapeur, il saisit ce qui l'avait touché. Il sentit une résistance, puis, plus rien. Lorsqu'il ramena la main, il vit que c'était une plume qu'il tenait.

- Lumos, dit- il en sortant sa baguette.

- Harry ! Qu'est ce qui te prend, gémit Hermione tout bas.

- Regardez, en haut.

Ils levèrent tous les yeux et virent la lumière magique se refléter dans le regard de plusieurs chouettes et hiboux.

- Qu'est ce qu'ils font là ? demanda Neville.

- Je n'ai jamais dit que le concours était exclusivement réservé aux humains, dit Léo en haussant les épaules.

- Donc, ces hiboux cherchaient à nous effrayer ? demanda Ginny.

- Exactement.

Une série de miaulement leur fit baisser les yeux au sol. Hermione reconnut son chat, Pattenrond, accompagné de quelques autres qui restaient dans l'ombre et dont on ne voyait que les yeux.

- Et on dirait qu'ils ont conclut une alliance, ajouta Léo. Bonne idée ça. Attaquer à plusieurs, dans le noir. Les humains ont toujours peur du noir, même s'ils ont oubliés pourquoi.

- Vous voulez dire, que des chats et des oiseaux se sont alliés pour faire peur à des humains, mais c'est imposs…enfin, ça défie l'imagination, rectifia-t-elle en voyant le sourcil levé de son professeur de Soin et celui de l'infirmière.

- Ma chère Hermione, si j'ai appris quelque chose de mon expérience c'est une simple leçon, rien, absolument rien n'est impossible.

- Mais ils y a certaines choses comme les lois de la physique…

- Et qui te dit qu'elles sont les mêmes partout ? es-tu allé vérifier ?

- Je…

Une nouvelle fois, elle s'était fait avoir. Elle se mordit la lèvre et baissa les yeux. Léo mit une main sous son menton et lui releva la tête.

- Allons, ma chérie, si nous te rabrouons, ce n'est pas pour te faire du tord, mais pour te montrer qu'il y a autant de façon de penser qu'il y a de penseurs.

Hermione hocha la tête ce qui fit sourire Léo. Sophie, elle, s'approcha d'Harry et tendis la main.

- la plume je te prie.

Harry la lui tendit, interrogateur. La jeune infirmière tendit alors la main et l'une des chouettes vint s'y poser, meurtrissant les chairs au passage sans que l'infirmière ne montre aucun signe de douleur. L'oiseau tendit une aile et Sophie y replaça la plume.

- Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place, murmura-t-elle alors qu'une lueur rouge sortait de ses mains et éclairait faiblement l'aile blessé.

La chouette agita son aile où sa plume était de nouveau en place, hulula un remerciement et s'envola sur les poutres.

- Ce n'est pas tout ça, dit-elle, mais nous avons un hall d'entrer à cher…

- Regardez ! cria Neville en montrant l'autre bout du couloir alors que toutes les chouettes et les hiboux s'envolaient suivit par les chats dans la direction opposée.

Tous se figèrent lorsqu'il vit ce qu'avait vu le jeune homme. Sur l'un des murs se déployait une ombre gigantesque. Ce n'était pas tant qu'il n'y avait rien dans le couloir qui puisse projeter cet ombre que la forme de celle-ci. D'où ils étaient, les adolescents pouvaient voir que l'ombre appartenait à une bête énorme aux pattes puissantes, pourvue d'aile, d'une crinière et d'une queue qui serpentait dans son dos. Ils sentaient son regard flamboyant qui luisait dans la pénombre du couloir.

- Vous feriez mieux de me suivre, dit-il d'une voix profonde et qui semblait vieille, ancestrale.

- Qui êtes-vous ?

- Quelqu'un qui peut vous aider.

L'ombre se tassa alors sur elle-même jusqu'à former une sphère parfaite où luisaient encore les yeux de la bête. Puis ceux-ci se fermèrent et la sphère se décolla du mur, entouré d'un halo multicolore.

- Suivez-moi ! dit-elle en s'agitant vers la droite de l'intersection.

- Je crois qu'on peut la suivre, dit Léo.

- Non ? C'est vrai ? demanda Sophie avec sarcasme.

- Je ne sens aucune présence hostile ni maligne, si tu veux tout savoir, donc il n'y a aucun danger à la suivre.

Sophie haussa les épaules en levant les yeux au ciel, mais suivit le groupe lorsque celui-ci se mit à poursuivre la sphère volante. Celle-ci voletait sans s'arrêter et assez rapidement, ce qui les forçait à courir pour ne pas être distancé. Au bout d'une heure, la cadence ralentit et ils perdirent la sphère de vue.

- Je…je n'en peux…plus…souffla Hermione en s'appuyant sur ses genoux.

- J'en ai marre !

- On est pfas vbientôt arrivvé ?

- Arrêtez de vous pleindre ! leur intima Byakko

- Fes fafile pour toi tu n'a pas à marfer tu flotte !

Il voulut s'appuyer contre le mur sans s'apercevoir qu'il y avait un tableau à cet endroit.

- Eh ! S'exclama le personnage, une nymphe au bord d'un ruisseau. Cochon ! Pervers ! Dépravé !

- Exfcuvez-moi ! s'exclama Harry en retirant précipitamment sa main.

Mais la toile sembla coller à sa main et sort ordi dans son mouvement. Comme pris de vie, les pigments glissèrent sur sa peau et le tirèrent jusqu'à l'intérieur du tableau. Ron et Hermione saisirent sa main valide mais furent entrainé à leur tour bientôt suivi par Ginny et Neville qui avaient à leur tour tentés de les retenir. Léo et Sophie se regardèrent avant de plonger eux aussi dans la toile, emportant avec eux Mimi qui cria.

- Zut, j'ai pas mon maillot, dit Léo.

- C'est fou le nombre de conneries que tu peux dire à la minute, rétorqua sa sœur.

Les cinq élèves arrivèrent en plein dans le ruisseau, faisant fuir la nymphe qui partit en les insultant. Le tas d'humain commença à se dégager et à regagner la rive où les attendaient les deux plus âgés, miraculeusement sec et sur leurs pieds ainsi que le fantôme qui de toute façon flottait au dessus du sol.

- Où est ce qu'on est maintenant ?

0OoO0

Au plus profond du château, l'incompréhension régnait.

- Où sont-ils passés ? Demanda Leila en manipulant la carte pour tenter de retrouver les disparus.

- Je pense qu'ils ont été attirés dans un tableau, répondit Thomas.

- A cause d'un esprit ?

La réincarnation de Salazar acquiesça.

- Mais comment a-t-il fait ?

- L'ensemble des tableaux du monde Sorcier forment une dimension à part entière. C'est ce qui permet aux personnages de passer de l'un à l'autre lorsque les toilent se trouvent dans le même lieu et de pouvoir visiter les toiles où ils sont déjà représentés. L'esprit des Dimensions et capable de transférer des objets et même des êtres de l'une à l'autre de ses dimensions.

- Fait-il partie de ces esprits que tu as personnellement créés ? Je pensais qu'il s'agissait seulement de phénomènes physiques, remarqua Ryuuji.

- Ou d'énergie. Ici, c'est l'énergie qui circule entre les dimensions qui m'a permit de le créer. Les énergies sont diverses. Les plus puissantes sont celles des sentiments. Je n'ai jamais réussit à créer des esprits à partir de l'énergie des sentiments.

- Un esprit fait à partie de l'Amour, soupira Leila en jetant inconsciemment un regard à son ami chinois qui ne le remarqua pas.

Cependant ce regard n'échappa pas au Serpentard qui eut un petit sourire triste. Il aimait Helga comme une sœur, mais il savait qu'il serait amené à lui briser à nouveau le cœur.

0OoO0

- Bien qu'est ce qu'on fait maintenant ? demanda Ron une fois qu'ils eurent étendus leur robes de sorcier dans l'herbe.

- Au moins, il y a un avantage à la situation, dit Harry, je peux de nouveau parler correctement.

En effets, ils avaient remarqués qu'une fois dans le tableau, ils étaient sortis du champ d'influence du sortilège de Léo. Malgré tout, il avait été impossible à Harry de faire apparaitre Dedalos. Ce qui était normal. Vu qu'ils avaient changés de dimensions, ils étaient devenus hors d'atteinte du sort d'Halloween et de l'esprit du Labyrinthe, mais l'inverse était aussi vrai.

- Résumons, dit Sophie. D'abord le château est sous l'emprise d'un sortilège puissant créé par l'imbécile de service.

- C'est moi !

- Et il répond en plus, soupira la jeune fille. Ce qui empêche Harry de résoudre le second problème, l'emprise d'un esprit qui à prit pied grâce au sortilège du dit imbécile et qui en a profité pour jouer au chamboule-tout avec les pièces du château. Et enfin on se met à jouer à « promenons nous dans les bois » dans une toile champêtre à cause d'un autre esprit qui pensait qu'on n'était pas assez dans la merde.

- Ça résume bien la situation.

- Quelle exhaustivité Onee-san

- N'utilise pas des mots trop compliqués pour toi Léo.

- Mais oui ma Fifi !

- Je vais te… !

- Regardez !

Tous se tournèrent vers la direction qu'indiquait Neville. Une forme avait commencé à se matérialiser dans les aires. Lorsque celle-ci fut nette, tous l'identifièrent comme une petite fille. Sa peau était blanche et ses cheveux rose pastel. Ils tombaient sur le sol, deux brins tombant sur ses frêles épaules, attachés par de grosses perles d'un rose plus soutenue. Ses yeux semblaient de la même couleur que ses cheveux, mais lorsqu'elle fut plus nette, on pouvait voire qu'elle n'avait pas d'iris et de pupilles, mais deux polyèdres aux multiples facettes qui tournoyaient inlassablement. Elle portait une tunique sans manche sur un pantalon bouffant avec des chaussons, le tout de la même couleur que ses cheveux et ses yeux. Une ceinture de tissus de la même couleur que ses barrettes enserraient sa taille fine, les pans retombant sur le cotés. Des cerceaux en forme de décagones tournoyaient autour de ses poignets, de ses chevilles de sa taille et de son cou et qui semblaient lui permettre de flotter dans les airs.

- C'est Dimension, dit Byakko.

L'esprit les regarda et se mit à flotter vers Harry. Celui-ci se tendit, mais la petite fille le prit par la manche et le tira en pointant le lointain. Elle lui secoua un peu le bras, tira encore et pointa de nouveau cette même direction. Harry la regarda dans les yeux. Les polyèdres tournoyants étaient troublants, mais Harry semblait y voire de la tristesse, ainsi qu'une envie de recevoir de la confiance. Il trouva cela étrange. Selon ce qu'il savait du livre de Serpentard, ce n'était pas une réaction normale pour un esprit d'action. Il pouvait éprouver l'envie d'utiliser ses pouvoirs, d'être utiles, mais jamais ils n'ont eut de désirs de reconnaissance et encor moins le besoin.

- Je crois qu'il faut la suivre, murmura-t-il.

L'esprit hocha énergiquement la tête en souriant. Elle tira à nouveau le bras d'Harry qui fit un pas. Une main se posa sur son épaule.

- Harry, tu es sur que…demanda Hermione.

- Oui…je crois.

- De toute façon, on n'a pas le choix, dit Ginny alors qu'Hermione allait répondre. C'est elle qui nous a fait rentrer et il n'y a qu'elle qui puisse nous en faire sortir.

Hermione ferma la bouche et hocha finalement la tête. Dimension tira Harry plus fort. Celui-ci la suivit, remontant le ruisseau. Soudain, le paysage se brouilla autour d'eux et lorsque celui-ci redevint net, ils n'étaient plus dans la clairière de la nymphe. Ils se trouvaient à présent dans une pièce absolument close, enfumée et surtout, chaude. On aurait dit un bar, comme la Tête de Sanglier. Au centre, une partie de carte se jouait, les participants entourés par quelques clients.

- Où est ce qu'on est ? Demanda Ron, légèrement hébété. Comment on est arrivé là ?

- Ça me parait évident, dit Hermione d'un ton docte. Nous avons atteint le bord du cadre et nous sommes entrés dans un autre tableau.

- Tu sais Hermione ? Je sais que je suis con. Ce n'est pas la peine de me le rappeler à chaque fois.

- Mais non je…enfin…ce n'est pas…bafouilla la jeune fille en rougissant.

Se frayant un chemin à travers les habitués et l'attroupement des joueurs, ils arrivèrent au bord du cadre opposé. Léo récupéra Sophie qui jetait un coup d'œil intéressé aux mises ainsi que Mimi qui flânait entre les différents occupants du bar. Dimension ouvrit une porte et les entraina au travers, les faisant apparaitre sur une toile traversée par une crevasse. Les voyageurs se tinrent le plus à droit possible, mais ils étaient bloqués par la surface du tableau qui formait comme une barrière par laquelle ils voyaient un couloir sombre du château. Neville sujet au vertige, tremblait. Soudain, il trébucha et, par réflexe, s'accrocha au bras de Sophie qui se trouvait juste devant lui. Après un bruit écœurant, la jeune femme s'effondra sur le sol, son bras étant tenu par le jeune homme qui était suspendu dans le Ravin. Léo qui était devant jura et se coucha à son tour sur le sol, tendant son bras vers Neville et lui ordonnant de l'attraper. Hermione, la plus rapide à réagir, sortit sa baguette et tenta de lancer un sortilège de lévitation, mais sa baguette crachota des étincelles sans que rien ne se passe.

- Nous somme dans un autre monde Hermione, dit Byakko. Les règles sont différentes ici. Il était donc possible que la magie ne marche pas.

- Léo ! grogna Sophie qui semblait essoufflée. Grouille-toi !

Celui-ci jura car Neville n'arrivait pas à attraper son bras. En désespoir de cause, il se mit sur le dos et laissa tomber sa natte dans la crevasse en murmurant quelque chose comme « Raiponce, Raiponce, déroule des blondes extensions décolorées ». Ses cheveux étant plus long que son bras, Neville put s'y accrocher, d'abord à une main puis, lâchant le bras de Sophie, avec les deux. D'une traction, Léo le ramena sur la terre ferme.

Le jeune Gryffondor tremblait. Il était pale et il regardait Sophie avec des yeux exorbités. Celle-ci s'était relevé et tenait son bras contre elle.

- Votre…votre, bredouilla Neville en devenant encore plus pale.

- Mon quoi ? demanda Sophie. Mon bras ?

D'une main, elle ôta sa blouse puis remonta la manche de son pull. Son avant bras pendait lamentablement vers le sol, inerte. Harry grimaça, se rappelant comment il s'était sentie après que Lockhart ait fait disparaitre les trente-trois os de son bras.

- C…comment… ? bredouilla Ginny, sa question presque couverte par le cri perçant de Mimi.

- Osteogenesis Imperfectum, répondit Sophie en reprenant sa blouse et en fouillant dans l'une de ses poches.

- La maladie des os de verre ? demanda Hermione.

- oui, un type 4.

- C'est impossible, vous…

- Si on allait sur le tableau suivant pour finir cette discussion ? L'interrompit Léo.

Les autres acquiescèrent et se tournèrent vers Dimension, toujours accroché à la main d'Harry. Heureusement, le tableau suivant était sans danger, bien que plus chaud. C'était un tableau de nomades du désert. Au premier plan, il y avait des rochers sur lesquelles ils pouvaient s'assoir. Sophie en profita pour dérouler la bande blanche qu'elle avait prit dans se poche quelques instants plus tôt, tentant de l'enrouler autour de son bras. Devant ses efforts, Léo se leva, lui prit la bande des mains et l'enroula lui-même autour du bras de sa sœur.

- C'est impossible de vivre avec une ostéogénèse imparfaite de type 4 sans souffrir de multiples fractures.

- Fractures multiples du cubitus et du radius, qu'est ce que tu veux de plus ? Je crois que les côtes K2 à K4 du coté gauche se sont brisés dans la chute perforant mes poumons et provoquant une hémorragie interne.

- Je suis désolé, dit Neville d'une petite voix.

- Pourquoi, tu as fait exprès de tomber ? Non ! bon alors arrête de t'excuser c'est soulant.

- A ce rythme, vous devriez être morte depuis longtemps.

- Je guéris vite, répondit Sophie en haussant les épaules.

- Tu veux que je te bande la poitrine aussi ? demanda Léo qui venait de finir avec le bras.

- J'ai pas assez de bandes. De toute façon, c'est pas grave, la colonne n'est pas fracturé, le reste se répareras tout seul. C'était juste chiant de pas pouvoir utiliser mon bras.

Une fois de nouveau prêt à repartir, ils quittèrent le désert et passèrent dans le tableau suivant. Dimension les guida de toiles en toiles avec assurance, toujours tenant la main d'Harry. Celui-ci sentait la petite main, d'abord tiède de la petite fille, réchauffé par la chaleur de la sienne. Enfin, celle-ci s'arrêta. Ils se trouvaient dans un tableau qui ressemblait a un grand tribunal. Celui qui semblait être le juge grogna contre "les jeunes peintures qui ne savaient pas se tenir" puis se mit à les ignorer, lisant imperturbablement un acte d'accusation qu'il semblait relire sans cesse si bien que les jurés et même l'accusés s'étaient endormis.

- Je reconnais ce tableau ! Il se trouve dans le Hall, un Paintife de 1539. C'est le procès de…

- Bref, l'interrompit Sophie. L'info à retenir c'est qu'on est dans le Hall.

Dimension toucha la surface de la toile qui montrait l'extérieur et qui se mit à onduler comme de l'eau.

- On sort par là ? demanda Harry.

L'esprit hocha la tête, une pointe de tristesse dans le regard. Sophie approcha sa main de la surface transparente et passa sa main au travers comme s'il s'agissait d'eau. Léo leva les yeux et, bousculant Harry au passage, la poussa à l'intérieur avent de s'y engager à son tour suivit par les élèves. Alors que Byakko allait à son tour traverser, il s'arrêta un instant, regardant en arrière. Harry n'avait pas bougé, il se tenait devant Dimension qui avait les yeux baissé. Il vit quelque chose briller au coin des yeux de l'esprit et comprit que c'était une larme. Aucun esprit né d'une action n'avait jamais pleuré, ils n'avaient pas été crées pour avoir de sentiments. Au contraire des divinités et héros qui ont choisis comme lui et les autres gardiens de servir d'eux-mêmes son ancien maitre, et la meute régit par le caractère des éléments qui les avaient crées. Les esprits nés d'actions n'avaient pas de sentiment si ce n'est celui de servir celui qui les aura crée et l'envie d'utiliser ses pouvoirs.

Ces larmes n'avaient aucun sens et Harry le savait, il devait le savoir. Les esprits auraient-ils évolués, enfermé dans ce livre ? Lui-même dut admettre qu'il n'était plus le même que mille ans auparavant. Il avait déjà commencé à changer depuis sa rencontre avec les humains et deux en particuliers : son premier maitre, Abe no Seimei, l'onmyou, et son second maitre, Salazar Serpentard, le Sorcier.

Mais Harry était loin de ces considérations. Il regardait, gêné, l'esprit qui semblait au bord des larmes. Il fouilla ses poches et tomba sur un mouchoir en tissus. Il savait que celui-ci ne lui appartenait pas. Il était de satin noir avec deux « L » entrelacés. Léo avait dut le glisser sur lui lorsqu'il l'avait bousculé. Il prit le menton de l'esprit entre ses doigts et releva son visage qui reflétait à présent de l'incrédulité.

- Tu ne peux pas rester ici toute seule, lui murmura-t-il en lui essuyant les yeux.

Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait responsable de cet esprit. Comme s'il devait s'en occuper. Ça n'avait rien à voir avec la responsabilité de rassembler ces esprits de peur de ce qui pourrait se produire. Dimension était pour lui une personne à part entière, une personne qu'il devait protéger.

- Tu viens ? Lui demanda-t-il en lui tendant la main.

A ces mots, les yeux de l'esprit se mirent à larmoyer, comme si elle essayait à nouveau de contenir ses larmes. Puis face au sourire plein de chaleur d'Harry, elle se jeta dans se bras. Le jeune homme, d'abord surprit, resserra ses bras autour du corps frêle de Dimension en lui caressant les cheveux. Il jeta un coup d'œil à Byakko qui hoche la tête avant de traverser la surface du tableau. Harry la traversa à son tour, tenant Dimension par la main.

L'esprit sourit en sentant la chaleur et la douceur de la main de celui qu'elle considérait déjà comme son maitre.

Dés qu'ils apparurent sur le sol froid du grand Hall, ils se précipitèrent vers la porte. Harry s'était attendu à des questions mais aucun de ses amis ne lui en posa. Il se sentait secrètement heureux de ne pas avoir à se justifier pour une fois. Léo ouvrit la porte et dut reculer face à la force du vent qui soufflait. Des dizaines d'éclairs illuminaient le ciel et le tonnerre ne cessait de rouler. La surface du lac était déchaînée et on pouvait entendre les arbres de la forêt gémir à cause du vent qui faisait ployer leur tronc.

- Allons-y ! Cria Léo pour couvrir le vent.

- Impossible ! Répondit Neville.

- Arrêtez de penser et avancez ! Dit à son tour Sophie !

- C'est trop dangereux ! On va être soufflé comme des brins de paille !

- Tu crois ? demanda Sophie à Hermione sur un ton sarcastique.

Elle brava le vent et avança. Dés qu'elle eut franchi le seuil de la porte, elle disparut. Léo jeta un regard en arrière et fit un mouvement de tête pour obliger les autres à avancer avant de disparaitre à son tour sur le seuil tirant Mimi derrière lui, insensible à ses cris et ses pleurs. Prenant leur courage à deux mains, les autres marchèrent contre le vent en se tenant la main. Harry arrivait derrière, tenant Dimension qui s'accrochait désespérément à sa taille. En sortant au dehors, il eut l'impression de pénétrer dans une gelée vivante qui faisait tout pour le repousser. Il força pour pénétrer la barrière et soudain, il n'y eut plus aucune pression et il manqua tomber par terre. Heureusement, Léo était là, et le retint.

Le temps à l'extérieur était biens différent de ce qu'ils avaient vu de l'autre conté de la barrière. Le ciel était d'un gris-blanc uniforme et lourd et il n'y avait pas le moindre vent ni la plus petite trace d'orage.

- Qu'est ce que…

Il tâta sa bouche et vit que ses crocs, qu'il avait retrouvé dés qu'il était sortit du tableau, avaient à nouveau disparut.

- Le sort de Léo n'englobe que le château…murmura-t-il.

- Oui, et même le temps est une illusion pour parfaire le décor, dit celui-ci.

- En tout cas, je suis content que ce soit finit, gémit Ron.

- Pas sur, dit Hermione alors qu'un bruissement attirait leur attention.

Les herbes autour d'eux commençaient à pousser, formant des murs.

- Dedalos est entrain de s'étendre en dehors du château ! s'exclama Léo. Il a profité de la rupture de l'intégrité du sort pour s'infiltrer en dehors !

- Harry !

Mais Byakko n'eut pas à en dire plus. Le jeune homme avait déjà joint les mains et concentrait son énergie pour s'opposer l'esprit du labyrinthe. Il sortit les jufu de sa poche, tendu devant lui en éventail.

- Ô Kali, déesse du temps, Arête le cours des évènements dans sa course ! fige le labyrinthe de tes chaines éternelles !

Le jufu de la déesse se mit à briller et s'envola. De l'énergie s'en échappa, formant un corps humain, matérialisant la jeune femme aux six bras dans les aires. De quelques mouvements de ses longs bras, elle figea les herbes qui cessèrent de grimper.

- Rin ! Pyo ! To ! Sha ! Kai ! Jin ! Retsu ! Zai ! Zen ! Gyo !

Le château sembla se dédoubler, une forme d'énergie pure se superposa à la bâtisse physique avant de se déliter, les lambeaux se concentrant sur les escaliers de la grande porte, formant un homme qui se matérialisa à son tour. Il ne bougeait pas, il semblait ne pas pouvoir bouger. Au sol, on pouvait voir son ombre, enchainé par des liens invisibles provenant de la déesse Hindou. Harry plongea ses yeux dans ceux de l'architecte grec et soutint son regard. Enfin, l'homme baissa les yeux face à l'adolescent.

- « Shinchoku Meichoku Tensei Chisei Jinkun Seikun Fuo Fudaku Kimi Kobuku Onmyo Wago Kyukyu Nyo Ritsurryo Dedalos ! »

Vaincu par l'incantation, Dedalos redevint un simple rectangle de papier. Personne ne bougea, attendant qu'Harry le prenne. Il s'avança et se pencha pour ramasser le bout de papier qu'il ajouta aux autres. Puis il se tourna vers Dimension. L'esprit tremblait légèrement, mais son regard était déterminé. Harry s'avança vers elle et la prit dans ses bras.

- Tu as peur n'est-ce-pas ?

L'esprit hocha la tête.

- Ne t'inquiète pas, je suis là, je serais toujours avec toi, pas parce que tu es un esprit mais parce que tu es une personne que je veux protéger. Tu sais, tu n'es pas obligé de rester dans un bout de papier. Si tu veux…tu peux rester comme ça.

Les yeux de Dimension s'écarquillèrent à ces mots. Puis elle se radoucit et sourit. Elle repoussa légèrement Harry puis lui sourit. Elle disparut en souriant, son jufu glissant sur l'air jusqu'aux pieds d'Harry. Il se pencha et prit le morceau de papier.

- Pourquoi ? demanda Harry.

- Elle le savait, elle ne pouvait rester éternellement dans le monde des humains sans utiliser ses pouvoirs.

- Elle aurait put vivre dans les tableaux !

- Mais elle n'aurait pas été prés de toi et elle ne voulait pas t'enfermer avec elle dans une toile. Elle savait que tu avais ta propre vie. Ce monde n'est pas fait pour les esprits…ils sont de moins en moins les bienvenus au contraire des êtres de chaire et de sang.

Les paroles du dieu Tigre éveillèrent un écho en Harry.

- Oui, tu à raison, il faut être humain pour vivre ici…

- Que vas-tu faire ? Tu ne vas pas… !

Mais Harry ne l'écoutait déjà plus. Il avait recommencé à concentrer son pouvoir, tendant le jufu de Dimension entre ses doigts levés.

- Ô Esprit des dimensions, je te somme d'apparaitre. Incarne toi sur terre D'esprit deviens de chaire et de sang ! Tiens-toi à mes cotés !

Le jufu s'éleva dans les airs, brillant.

- Keshin ! (incarnation !)

La lumière explosa, transformant le jufu qui se mit à pulser comme un cœur. Autour de lui, de la poussière de mit à tourbillonner pour finalement le recouvrir. La poussière se mit à prendre forme aux rythmes des battements de cœur que l'on entendait toujours. Des arcs de lumières partirent du bout des pieds et des doigts de la forme qui se dessinait dans la poussière, laissant derrière lui une peau blanche et satinée. Les arcs de lumières se rejoignirent sur le crane et se perdirent dans les yeux. Au moment où ceux-ci s'ouvrirent une longue chevelure châtain se mit à pousser sur le crane de la petite fille qui venait d'être crée. Le battement se fit de moins en moins fort alors que la jeune fille descendait lentement vers le sol. Au moment où celle-ci frôla l'herbe du parce, Harry tomba dans les bras de Léo qui s'était prudemment mit derrière lui. Il lui caressa le front alors que le jeune homme semblait essoufflé, sa main dans celles de la nouvelles humaine qui s'était trainé à quatre pattes vers Harry lorsqu'elle l'avait vu tomber.

- Incroyable, souffla Byakko.

- Le plus incroyable c'est que personne n'a remarqué que cette pauvre petite est nu et qu'elle doit sentir le froid pour la première fois, dit Sophie en se penchant vers la jeune fille et en lui mettant sa blouse sur les épaules.

Les yeux noisette de Dimension étaient inquiets. La jeune fille était au bord des larmes.

- Ha…commença-t-elle.

Elle s'arrêta, surprise. Elle n'avait jamais été doté du don de la parole et ce son l'avait surprit. Mais elle continua à essayer de faire sortir des sons avec sa voix toute neuve.

- Ha…rry ! Harry ! Harry ! Commença-t-elle à répéter inlassablement.

- Tu devrais peut-être lui donner un nom tu sais, dit Sophie. Maintenant qu'elle est humaine, elle peut avoir un nom qui ne désigne pas sa fonction.

- Je vais l'appeler…Daphné ! Comme la nymphe grecque. Ça te plait ?

La jeune fille eut un petit cri et se jeta sur le torse d'Harry. Elle sentit sa main caressait ses cheveux, puis celle-ci tomba. Elle releva la tête et vit Harry, les yeux fermés, la tête penché sur le coté. Elle leva la tête vers Léo qui sourit.

- Ne t'inquiète pas, il dort. Te donner une apparence humaine lui a prit bien plus d'énergie que de capturer un esprit.

- Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce qui s'est passé ? Demanda Ginny.

- Harry à fait quelque chose que j'ai toujours pensé impossible. Il a transformé un esprit, un être de pure énergie en être physique. Il lui a donné un corps.

- C'est comme rendre la vie aux morts ? demanda Mimi avec espoir.

- Non, Dimens…Daphné était un esprit.

- Mais les fantômes sont aussi des esprits, non ?

- Dans votre langue, on utilise le même mot pour deux choses différentes. Au japon, Daphné est « Seishin », une essence divine, faite de pure énergie. L'esprit des morts est « Reikon » ou « Yuurei », un fantôme, une forme crée à partir des souvenirs d'une personne et qui est l'essence de sa personnalité et qui après la mort peut choisir de rester sur terre ou de « monter », de se lier au grand Tout, le Grand Esprit « Seirei ».

- Mais, même si c'est différent, c'est quand même un exploit. Harry doit être un sorcier plus puissant que l'on ne pensait.

- La puissance peut venir de sources innombrables, répondit Byakko. Ce n'est pas la magie qui fait de Harry est un être puissant. Je comprends maintenant le pouvoir que Voldemort ignore et qui, selon la prophétie, permettrait de le vaincre, c'est la compassion et l'amour qu'il a pour les autres.

- Sans doute, dit Ginny.

- Eh ! s'exclama Hermione attend une minute ! Quelle prophétie ?

- Tu veux dire LA prophétie ? celle qu'il a détruite ?

- Comment tu es au courent de ce qu'elle dit ?

- Harry et moi avons partagé nos pensées, je sais tout de la prophétie.

- Parce qu'Harry est au courent en plus !

- Euh, oui. Pourquoi, il ne vous en a jamais parlé ?

- Non !

J'aurais peut-être mieux fais de me taire…

0OoO0

Dans les profondeurs du château, les quatre réincarnations des fondateurs vérifiaient que tout avait bien repris sa place habituelle dans le château. Ils ne parlaient pas. L'exercice qu'ils pratiquaient était si intense qu'ils ne pouvaient se permettre de discuter de peur de faire une erreur. Les mains plongés dans la sphère d'énergie, les yeux dans le vague, ils investissaient leurs esprits de leur volonté pour réparer les dégâts faits par l'esprit au sortilège originel du château. Il était tard, ou plutôt tôt, lorsqu'ils finirent enfin. Alors que les Ryuuji et Ronan marchaient vers l'ascenseur, Leila retint Thomas et le fit ralentir pour lui parler en privée.

- Tu voulais me poser une question je suppose.

- C'est au sujet des esprits que tu as crées.

- Tu te demande pourquoi je n'ai pas donné de sentiments à mes esprits nés d'action ?

- Oui, ça semble si froid venant de ta part. Je sais que pour tout le monde, tu es quelqu'un de froid, mais personne ne te connais comme nous nous te connaissons et je sais que ce n'est pas ton genre de créer des êtres avec pour seul but de servir. Surtout toi qui n'aime pas être enchainé.

- Tu as raison. Je ne les est pas crées pour qu'ils puissent avoir des émotions…du moins au début. Si j'ai rassemblé tout ces esprits, ce n'est pas pour moi, c'est pour Harry.

- Harry ? Mais…

- Je savais qu'un jour naitrais un jeune homme qui pourrait utiliser ces esprits à de meilleurs fins. Mais tu sais ce qui se passe lorsqu'on crée quelque chose de vivant. Il s'attache à la personne qui l'a crée…voire recréer.

- Tu parle de Seiryu ?

- Évidemment ! Ce cher enfant est têtu… Je voulais que mes créations puissent partir d'un bon pied avec Harry. Je ne les ai pas créés avec des sentiments, mais avec la possibilité qu'ils puissent évoluer de façon à en avoir.

- Tu as toujours voulut compliquer les choses, sourit Leila.

Thomas se rendit compte alors qu'elle ressemblait à Helga, mais pas à celle qu'il avait connu à la fin de sa vie. Une Helga qui aurait dut exister.

- Ça fait presque un mois et demi que tu reprends peu à peu possession de tes souvenirs, dit-il après quelques hésitations.

- Oui, mais j'ai la sensation qu'il m'en manque…au fait, tu ne sais pas où se trouvent mes couleurs ?

- Je me disais bien que quelque chose clochait.

- Quoi donc ?

- Tu ne m'a pas une seule fois montré une de ces si jolie toile que tu faisais d'habitude.

- J'ai essayé, mais sans mes couleurs, je n'arrive à rien.

- Désolé, j'ignore où elles sont…mais te connaissant, ça ne devrait pas m'étonner que tu les ais perdu.

- Je te demande pardon ?

- Tu as toujours été tellement bordélique, je me demande comment tu t'en serais sortit sans Hyliria pour tout ranger derrière toi.

Vexé, Leila haussa les épaules alors que Thomas avait un petit rire.

0OoO0

- Quoi ? mais c'est pas possible !

- C'est pas juste !

- On ne savait même pas qu'ils participaient !

C'était le lendemain au soir, le soir d'Halloween. Harry n'était toujours pas réveillé et tous les élèves étaient rassemblés dans la grande salle. Celle-ci était toujours sombre, mais des citrouilles flottaient dans les aires, diffusant des lueurs vertes et jaune dans la pièce. Il n'y avait encore rien sur les tables et tous les élèves protestaient contre le résultat du concours. Léo était debout sur l'estrade. Il s'était changé pour l'occasion. Il portait un corset de cuir noir agrémenté de nylon noir qui montait jusqu'à un collier de chien en cuir, formant un haut sans manches. Il portait en bas une jupe de cuir souple anthracite plus court devant et formant une traine à l'arrière. Ses bras étaient recouverts de manchettes en cuir noir serrés par des sangles qui s'arrêtaient au coude mais continué par des manches largement évasés qui descendaient au poignés du même cuir souple et anthracite que la jupe. Il était chaussés de longues cuissardes de cuirs noir aux semelles et aux talons compensés qui remontaient à mi-cuisses, sanglés aux mollets et laissant apparaitrais des collants de nylon noir attachés par des jarretières. Ses cheveux étaient lâchés dans son dos, seulement retenue par un serre-tête de dentelles noires. Il avait maquillé ses lèvres en noir et mit une fine ligne de khôl sur ses yeux. Le tout formait une tenue on ne peut plus indécente.

Il tapait légèrement du pied face au brouhaha ambiant, les lèvres pincées. Chris, sentant venir la crise s'était légèrement décalé. Il portait des vêtements dans le même ton que son époux, sans doute conseillé et enfilé de force par lui. Des bottes à semelles compensés, un pantalon taille basse avec seulement un long manteau ouvert sur son torse nu, le tout en cuir noir agrémenté de passepoils jaunes.

- Ikagenishiro ! Vos gueules tout le monde !

Le silence se fit sous l'éclat de voix du professeur.

- J'ai dit que tout le monde pouvait y participer, je n'ai jamais spécifié que les participants seraient forcements humains. Je déclare donc que le groupe gagnant est celui de Pattenrond et des chouettes de Poudlard. Leur prix est un an de nourriture gratuite à la Ménagerie Magique du Chemin de Traverse et à Animaux et Cie à Pré-au-Lard. Le prix de la plus grosse frayeur revient aux jumeaux Crivey pour leur double cri pas très masculin. Nous leur offrons un chacun bon de 10 gallions chez Honeyduck. Le prix du ratage total revient au groupe dirigé par Lavande Brown dont le piège s'est retourné contre eux. Nous leur offrons chacun un bon de 10 Gallions à dépenser au choix chez Zonko ou Gaichiffon à Pré-au-Lard. Pour tous les autres participants, il vous sera remis un bon de 5 Gallions à dépenser chez Honeyduck à Pré-au-Lard.

Des applaudissements retentirent.

- Le soleil vient de se coucher, le sortilège d'Halloween va prendre fin.

En effet, les portes de la Grande Salle commençaient à reprendre leur couleur habituelle, comme si les ténèbres étaient aspirées vers le plafond. Les costumes des élèves se mirent à fondre sur eux, le liquide sombre coulant sur le sol et entrainer par le reste vers les murs qu'ils remontaient. Au centre du plafond magique, une sphère sombre grossissait à mesure que les ténèbres du sortilège.

- Il y a cependant une question que personne n'a encore posée ce soir.

Le sortilège était à présent concentré au plafond en une grosse sphère noire et sombre qui ressemblait à un ballon plein à craquer.

- Des bonbons ou des farces ?

Aussitôt, Théo se leva et pointa son bâton vers la sphère noir. Aussitôt, un rayon multicolore en sortit, frappant le sortilège qui explosa.

- Nous vous souhaitons un bon appétit !

Les plats apparurent sur les tables alors que des myriades de sucreries sortaient de la sphère explosé et tombaient sur la grande salle, virevoltant dans l'air sans toucher le moindre élève ni tomber dans un plat de nourriture. Le plafond magique, lui, s'illumina d'un feu d'artifice qui colora la salle de milliers de couleurs.

Alors que tout le monde attaquait le repas, Léo vit une silhouette se dessiner derrière l'une des vitres de la grande salle. Il eut un tendre sourire et se penche vers Chris pour lui murmurer quelque chose à l'oreille. Celui-ci acquiesça et embrassa son époux sur la joue.

0OoO0

Mimi regardait par la fenêtre les élèves attaquer leur repas. Elle n'avait pas bougée depuis qu'elle était sortit avec le groupe. Ça faisait des années qu'elle n'avait plus été à l'extérieur. Elle avait toujours veillé à rester dans le château. Même lorsqu'elle hantait Olive Hornby, cette dernière savait qu'elle pourrait se reposer si elle sortait dans le parc. Mais l'école ne lui permettant pas de camper dehors, elle devait toujours rentrer se soumettre à la vindicte de la jeune fille fantôme.

Ça lui avait fait tout drôle d'être à l'extérieur, non qu'elle sente une différence puisqu'elle n'avait plus de sensations tactiles, mais tout cette espace lui avait manqué. Elle n'avait pas bougé du parc pendant toute la journée du lendemain flottant de ci, de là. Maintenant que la nuit tombait, elle sentait de nouveau le poids de la solitude tomber sur elle. Regarder les élèves faire la fête la faisait souffrir, mais pas autant que d'être seul.

- Tu es encor là ? dit une voix dans son dos.

Elle ne l'avait pas du tout entendu arriver, toute occupé qu'elle était à regarder les élèves manger des nourritures dont elle ne pouvait qu'imaginer le gout. Elle se retourna et vit qu'il s'agissait d'Harry, toujours en pyjama de l'infirmerie, en pantoufle et enroulé dans les couvertures de son lit. Il semblait encore fatigué et était assez pâle, enfin, pour un vivant.

- Si tu as envi de les rejoindre, pourquoi ne le fais-tu pas ?

- C'est plutôt moi qui devrais te dire ça, dit Mimi.

Harry haussa les épaules.

- Je me suis levé pour aller les rejoindre. Au pire, j'aurais fait passer mon pyjama pour un costume. Mais en arrivant près de la porte, je n'avais plus vraiment envie de me retrouver dans le vacarme, alors je suis sortit.

Il s'assit sur un banc de pierre et tapota à coté de lui pour demander à Mimi de le rejoindre. La jeune fille hocha la tête et voleta jusqu'au banc avant de s'y assoir. Harry sourit et leva les yeux vers le ciel qui noircissait de plus en plus alors que les étoiles apparaissaient.

- Ça fait longtemps que je n'ai pas regardé les étoiles, murmura-t-il.

- Tu n'a pas froid ?

Harry secoua la tête. Ils restèrent là pendant un certain temps à ne faire que regarder le ciel. Il faisait tout à fait nuit lorsque Mimi se retourna vers Harry et vit qu'il dormait. Elle sourit et le détailla. C'est fou comme il semble paisible lorsqu'il dort, pensa-t-elle. Il avait toujours un air un peu préoccupé, même si ses amis ne le remarquaient pas. Elle soupira et se remit à regarder le ciel. Un mouvement d'Harry lui fit tourner la tête et elle vit qu'il commençait à pencher vers elle. Par réflexe, elle plaça ses mains pour le retenir et…l'arrêta. Elle sentait son poids sur ses mains, le tissu de la couverture, le froid qui l'entourait, la pierre du banc sur lequel elle était assise ainsi que la petite brise qui jouait dans ses cheveux. Une aura d'un vert acide l'entourait et brillait faiblement. Elle n'osait pas bouger de peur de rompre le charme.

- Allons, remet le droit.

Elle tourna la tête et vit Léo qui arrivait vers eux avec une couverture épaisse dans le bras. Mimi remis Harry droit et le professeur le recouvrit. Il lui fit signe de se décaler un peu et s'assit entre elle et Harry. Il se tourna quelques instants vers le jeune homme et passa sa main au dessus de lui, diffusant une lueur bleu pale sur son visage. Puis elle se tourna vers Mimi et lui prit les mains.

- Tu as prit contact avec le pouvoir élémentaire auquel tu es lié par ta condition de fantôme.

- ça ne l'était jamais arrivé avant.

- Pour cela, il faut de la volonté, une volonté tourné vers l'extérieur et pas seulement vers soi.

Le jeune homme la détailla puis passa sa main dans ses cheveux. Il défit les rubans qui retenaient ses couettes puis enleva les lunettes de la jeune fille. Il les recouvrit de ses mains qui s'illuminèrent de la même couleur que le corps de Mimi. Lorsqu'il les rouvrit, les rubans et les lunettes s'étaient transformés en brosse à cheveux. Lui faisant signe de se retourner, Léo se mit à peigner ses cheveux.

- Dit-moi Mimi, pourquoi es-tu là ?

- Ça fait longtemps que je ne suis pas sortit alors…

- Non, voyons, l'interrompit Léo avec un petit rire. Ce n'est pas ça que je te demande. Ce que je veux savoir, c'est, pourquoi es-tu resté sur Terre ?

- A vrai dire, je ne sais pas. Au début, je voulais me venger d'Olive Hornby, même si elle n'était pas responsable de ma mort. Je voulais quelqu'un sur qui me venger je crois, quelqu'un sur qui passer la frustration de ma mort prématurée. Ensuit…je ne sais pas, j'erre.

- Ne t'es-tu jamais senti comme apellé ?

- Si, mais j'vais peur.

- Peur de quoi ?

- De l'inconnue je suppose. Je n'ai jamais été une fille très aventureuse. C'est vrai ce qu'il a dit ?

- Quoi donc ma chérie ?

- Le Kneazle volant, sur les fantômes qui rejoignent le grand esprit ?

- Et bien oui, c'est vrai.

- Mais si je fais ça, je ne serais plus moi-même ?

- Et bien…oui et non. Il existera toujours une part de toi puisque tu as existé, mais tu sera connecté au Tout, à l'univers, tu verras les choses sous un autre angle. Tout ceux qui sont passés partageront leurs expériences avec toi et tu partageras la tienne avec eux.

- Quel expérience ? Je n'ai rien fait de ma vie et je suis morte si jeune. Mon existence n'a pas d'importance.

- Mais si elle en a, car elle est unique, singulière et nouvelle. De plus, des gens que tu auras quitté reviendront et tu retrouveras des gens qui t'on quittés. Tu feras la connaissance des myriades d'existences qui t'ont précédé.

- J'aimerais bien y aller…ne plus être seule…

- Mais je suis là pour ça ma chérie. Demande et je t'y envoi.

- C'est vrai ? c'est possible ?

- oui, mais il faudra que je t'appelle par ton vrai nom.

- Mon vrai nom ? je ne me souviens plus de mon vrai nom, dit la jeune fille avec tristesse. Depuis aussi loin que je me souvienne on m'a toujours appelé Mimi. Je crois que même lors de ma répartition on m'a appelé Mimi.

- Non, il existe un personne qui t'as un jour appelé par ton prénom, même si ce ne fut qu'une seule fois.

- Qui donc ?

- Ta maman, dit Léo en attirant Mimi contre lui. Lorsqu'elle t'a pris dans ses bras pour la première fois et qu'elle t'a dit ton nom.

Léo se pencha vers l'oreille de la jeune fille et murmura d'une voix si basse que les mots ne furent même pas emportés par le vent. Seul Mimi les entendit.

- Bienvenu dans le monde, Michelle.

Le fantôme écarquilla les yeux et des larmes vinrent perler au bord de ses yeux. Alors qu'elle pleurait, tout son corps s'illumina d'une lueur argenté et se mit à se désagréger. Il ne resta bientôt plus de Michelle qu'une sphère argenté que Léo serrait contre son cœur. Son âme.

- Là, ma belle, tout vas bien aller, tu verras, je vais te conduire.

Il mit ses mains en coupe avec l'âme de la jeune fille au centre et se mit à souffler dessus. La sphère s'envola et monta dans le ciel jusqu'à disparaitre. Léo sourit. Il savait qu'elle était bien arrivée. Il se retourna alors vers Harry et le prit dans ses bras pour le ramener à l'infirmerie. En marchant, il se mit à chantonner « Michelle, ma belle, sont des mots qui vont très bien ensemble, très bien ensemble… »

A suivre