Noël approche à grand pas, et la fin de cette fic aussi… Mais en attendant, rien que pour vous, un nouveau chapitre. S'il y avait une bande-son ce serait le moment de mettre la petite musique de suspens…Genre Mission Impossible. Mais ce ne sont que des mots alors vous devrez faire des efforts d'imagination. L'action a bel et bien repris, avec un Gibbs en pleine tempête. J'espère que cela vous plaira.

PS : Non, je n'ai pas bu…j'étais parfaitement à jeun en choisissant ce titre et je sais qu'il n'est nul part question de rose dans cette fic. C'est juste une expression… En plus, c'est tout ce que j'ai réussi à trouver. Sorry.

Chapitre 21 : Il n'y a pas de rose sans épines…

Avant d''embarquer dans un voyage vers la vengeance, creuse deux tombes.
Confucius

Gibbs prit un virage particulièrement serré et évita de justesse une moto. Le conducteur klaxonna violement, mais l'agent était déjà trop loin pour l'entendre. Le ciel était de plus en menaçant, mais le thermomètre de la voiture indiquait toujours 40° à l'extérieur. 40° à l'extérieur, et nettement plus à l'intérieur. Le marine bouillait littéralement de rage. Ce type le narguait. Les fleurs, les victimes, les écoutes… Et maintenant ça.

Sans prêter attention au feu qui venait de passer au rouge, il attrapa le carton dans la poche de sa veste. 'J'ai gardé le meilleur pour la fin, Jethro. C'est à votre tour, maintenant. Je vous attends…' S'en suivait un post-scriptum soigneusement souligné. 'Si vous ne venez pas seul, vous le regretterez amèrement Vous savez ce dont je suis capable, je crois.' Et un peu plus bas, une adresse à l'encre rouge. Rouge sang.

****

« Je n'arrive pas à localiser son portable ! » S'énerva McGee en pianotant fébrilement. « Il a dû l'éteindre.

- Incroyable. » Commenta Tony, alors que Ziva levait les yeux au ciel. « Ce n'est pas si incroyable. Apparemment, il ne veut pas de nous.

- Non, je veux dire c'est incroyable qu'il soit parvenu à éteindre son portable. Je croyais qu'il en changeait dès que la batterie faiblissait… »

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Jenny raccrocha pensivement son portable, et appuya son front contre la vitre. Dehors, le ciel avait pris une teinte grise, la nuit semblait déjà tombée alors qu'il n'était pas encore midi. Gibbs ne répondait pas sur son téléphone. L'appel de Tony lui avait mis la puce à l'oreille, et à présent c'était bien plus qu'un simple pressentiment. 'Leroy Jethro Gibbs…'Murmura-t-elle pour elle-même, 'dans quel pétrin es-tu encore allé te fourrer ?' Elle se tourna vers Anouk qui somnolait toujours. La jeune fille avait entrouvert les yeux une heure plus tôt, mais ce simple effort semblait l'avoir épuisée et, depuis, elle oscillait entre conscience et inconscience. Elle gémit dans son demi-sommeil et Jen se pencha pour lui caresser les cheveux. « Je suis désolée. Sincèrement désolée. »

*****

Gibbs se gara devant les entrepôts dans un crissement de pneus, veillant à laisser le véhicule en vue, et jaillit de la voiture tel un diable hors de sa boite. Il se rua vers les bâtiments. A l'intérieur, la température était quasiment intenable : les plaques de tôle avaient emmagasiné la chaleur de ces derniers jours, transformant la pièce en une étuve poisseuse. Son œil averti fit rapidement le tour des lieux. Vide, apparemment. Main sur l'arme, l'agent s'enfonça dans l'obscurité. Soudain, son pied rencontra quelque chose qui émit un craquement sec. Des lunettes. Les lunettes de Gelfand. En se penchant pour les ramasser, il remarqua autre chose : du sang. De larges trainées de sang séché sur le béton gris sale. Pas de doute possible, il était au bon endroit.

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« Et le GPS de la voiture ? » Tenta Ducky. Les agents échangèrent un regard entendu. « S'il a éteint son portable, je ne pense pas que…

- Essayez tout de même. » Sans trop y croire, McGee entra le numéro du véhicule de son patron et laissa l'ordinateur travailler. Quelques secondes. Puis…

« Je n'y crois pas ! Pourquoi a-t-il pris la peine d'éteindre son téléphone et laissé son GPS allumé, s'il ne veut pas qu'on le retrouve ? » Le légiste souleva ses lunettes, pour se masser les paupières, fatigué. « Il veut que vous le retrouviez… Mais pas tout de suite. » Devant leurs mines perplexes, il poursuivit. « Il a quelque chose à faire. Ou plutôt, quelqu'un à voir. Seul.

- ….

- Jethro est un homme en mission. »

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Jenny réprima un cri d'exaspération. Evidement, personne au NCIS ne se donnait la peine de lui répondre. Quoi qu'ils puissent être en train de trafiquer dans son dos, ce n'était pas bon signe. La dernière fois qu'ils avaient agi aussi bizarrement, Ziva était recherchée par le Mossad, le FBI et une tueuse sans état d'âme.

« Jenny ? » Une voix éraillée la tira de ses pensées. Deux yeux turquoise qui la regardaient avec surprise. « Hé...Tu es réveillée. Comment tu te sens ?

- Qu'est-ce qui… s'est passé ?

- Je t'ai trouvée devant chez moi, dans la nuit. Tu avais été… » Le mot se coinça dans sa gorge. « Tu étais inconsciente. Tu ne te souviens pas de ce qui est arrivé ?

- Je… Je…J'en sais rien. » Elle inspira brièvement, alors que son regard s'obscurcissait. « J'ai tellement mal à la tête… » Jenny essuya la larme qui s'était échappée. « Ce n'est rien, on va arranger tout ça. »

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La nausée, voilà tout ce que cela lui inspirait. Un mélange de dégoût et de colère. Il ne voulait pas regarder mais c'était impossible : il était comme hypnotisé par ce qu'il voyait.

Il y avait des coupures de presse. Des articles relatant la carrière fulgurante de l'agent Jenny Shepard. Et des photos couvrant un mur entier du hangar… Des photos de…'Jenny'. Jenny devant le NCIS. Jenny sortant de chez elle, en jogging au petit matin. Jenny souriant à un homme en complet veston. Jenny discutant avec Ziva dans un café. La vie de son amie s'étalait sous ses yeux, comme dans un mauvais film.

« Alors, Jethro ? » Une voix résonna dans son dos, teintée de triomphe et de joie mal contenue. « Que pensez-vous de mon œuvre d'art ? » Lentement, Gibbs se retourna et se trouva face à un canon de Sig Sauer. Tenu par un homme d'une quarantaine d'années. 1m90. Une carrure d'athlète et un physique de jeune premier. Sa tête ne lui disait rien…Sa voix, en revanche… Elle ne lui était pas inconnue. « Personnellement, je crois que celle-ci reste ma préférée… » Il lui désigna un cliché, au centre du 'collage'. On y voyait Jen, dans une somptueuse robe de bal, les cheveux défaits et les yeux brillants. Elle souriait d'un de ces fameux sourires qu'on lui voyait si rarement, mais qui la rendait lumineuse. Magnétique. On ne voyait pas à qui elle le destinait mais lui le savait. Il avait reconnu la robe. Gala de bienfaisance à la mairie. Jen l'avait obligé à l'accompagner, en échange de 'services rendus' avait-elle dit. Il avait dû mettre un costume, supporter l'ambiance feutrée et maniérée. Mais ce sourire, à la fin de la soirée, avait été sa récompense. « Jennifer est vraiment superbe, vous ne trouvez pas ? »

******

« Je vous avait dit que vous auriez mieux fait de me laisser conduire. » Gémit Tony en s'accrochant au bord de son siège, alors que sa collègue grillait un feu rouge et évitait de justesse un camion. « Tu conduis comme une tordue, se défendit la jeune femme.

- Tortue. Le mot c'est 'tortue'. Et je ne conduis peut-être pas aussi vite que toi mais au moins, on arrive entier. » Elle se tourna vers lui. «Je n'ai jamais tué personne !

- Regarde la route !!!!

- Pas en voiture, en tout cas, poursuivit-elle comme si elle n'avait rien entendu.

- Nous voilà rassurés… » L'agent se tourna vers McGee qui tentait tant bien que mal de conserver son ordinateur sur ses genoux et son déjeuner dans son estomac. « On y sera dans combien de temps ?

- Environ 20 minutes. » Pour toute réponse, Ziva enfonça un peu plus l'accélérateur.

*****

« Je voulais…je voulais juste te téléphoner… et il est sorti de nulle part. » La jeune fille parlait d'une voix hachée, les lèvres tremblantes et les yeux pleins de larmes. « Il…je crois qu'il m'a assommée. Après…je ne sais plus.

- Il a dû t'emmener quelque part. Tu ne te souviens vraiment de rien ? » En voyant le visage consterné et tourmenté de la jeune fille, Jenny sentit un éclair de culpabilité la traverser douloureusement. Elle ne voulait pas la brusquer, ce n'était pas son but… mais elle avait ce besoin irrépressible de savoir. Comprendre. Pourquoi ne prenait-on pas ses appels ? Pourquoi n'avait-elle pas reçu de nouveau bouquet ? Pourquoi ne lui avait-on pas fait un compte-rendu des fouilles de sa maison ? « Je suis désolée, souffla la jeune fille. Je voudrais pouvoir…

- Ce n'est rien. Excuse-moi d'être si brutale, c'est simplement que je voudrais comprendre.

- Pardon. » Dit Anouk d'une toute petite voix. « Pardon. » Jenny se sentit incroyablement émue soudain, mais aussi désespérément désemparée. Converser au téléphone était une chose, les mots, elle connaissait, elle maîtrisait. Les manifestations d'affection, comme les appelait Ziva, c'était loin d'être son point fort. Les gestes tendres, elle ne savait pas faire. Une image s'imposa alors dans son esprit : Jethro. Abby. Alors, le cœur battant, elle se pencha pour déposer un baiser timide sur le front d'Anouk. « Ce n'est pas de ta faute… »

Et voilà…J'ai fait le plus dur, non ? Tout ce qu'il vous reste à faire c'est cliquer sur ce bouton, là, en bas. Et review-er, reviewer. Si vous êtes bien sages, le père noël vous apportera peut-être un nouveau chapitre mercredi…