Bonjour bonjour ! :D
Comme prévu, voici le chapitre 21 ! On avait laissé notre cher Peeta avec son meilleur souvenir, et voilà qu'on reprend avec celui de notre belle Katniss !
Bonne lecture, j'espère que ça va vous plaire ! :D
Chapitre 21
Katniss réfléchit une minute puis semble se décider et interroge :
- Je t'ai raconté comment je me suis procuré la chèvre de Prim ?
Je secoue la tête et la dévisage avec impatience. Alors elle se lance. Je sens une certaine prudence dans sa voix tandis qu'elle raconte, prudence que j'explique facilement, après réflexion. Elle ne veut pas attirer d'ennuis aux gens de la Plaque avec qui elle traite son gibier, c'est évidant. J'ajoute la loyauté à la longue liste de qualités que j'ai déjà pu lui trouver et l'écoute attentivement, avide d'entendre sa voix, d'observer son visage, de profiter d'elle au maximum.
- C'était un vendredi soir, débute-t-elle, les yeux dans le vague tandis qu'elle se souvient. Mais pas n'importe lequel, puisque c'était la veille de l'anniversaire de Prim. Je voulais marquer le coup et lui offrir un beau cadeau, alors je me suis décidée à vendre un vieux bijou en argent qui appartenait à ma mère. J'en ai tiré un bon prix, et le lendemain, je suis allée au marché dans l'idée d'acheter de quoi faire une robe à ma petite sœur. Mais quelque chose d'autre a attiré mon regard. Il y avait ce vieil homme, tu sais, celui qu'on appelle l'Homme-Chèvre, et il était avec tout son troupeau. L'une d'entre elles, blanche avec des tâches noires, était couchée dans une charrette, l'épaule lacérée, sûrement par une morsure de chien, et infectée.
« Ce n'était pas joli à voir, tu peux me croire, mais il m'est tout de suite venu l'idée que ma mère pourrait certainement la soigner. Je me suis approchée, et l'Homme-Chèvre, voyant que je l'observais, m'a lancé de lui ficher la paix, qu'elle était déjà destinée à la boucherie parce que plus personne ne voulait de son lait. Là-dessus, Rooba est arrivée et elle a froncé les sourcils en voyant l'animal. Elle a décliné l'affaire, et est repartie de son côté en me faisant un clin d'œil. L'Homme-Chèvre était tellement en colère qu'il m'a fallu une bonne demi-heure avant de réussir à m'accorder avec lui sur un prix. Mais j'y suis finalement parvenue, et je suis repartie avec.
« Avant de rentrer, j'ai acheté un petit ruban rose et je lui ai noué autour du cou. Ensuite, je suis retournée chez nous. Tu aurais vu la tête de Prim quand j'ai débarqué avec la chèvre ! Elle était si excitée qu'elle en pleurait et riait à la fois ! Ma mère était moins enthousiaste à cause de sa blessure, mais elles se sont mises à l'ouvrage toutes les deux, en préparant des herbes et des breuvages qui guérissent.
- Comme toi avec moi, en somme, je chuchote avec un sourire.
Katniss sursaute vaguement, comme si elle avait oublié ma présence – ce qui est sûrement la cas, d'ailleurs –, puis elle secoue la tête et réplique avec véhémence :
- Oh non, Peeta. Elles, elles font des miracles. Cette pauvre bête n'aurait pas pu crever, même si elle l'avait voulu.
À voir sa tête, je comprends qu'elle se rend seulement compte de ce qu'elle vient de dire et je plaisante, dans un petit rire à peine nerveux :
- Ne t'en fais pas, je n'en ai aucune envie. Finis ton histoire.
- Eh bien, c'est à peu près tout, fait-elle en haussant des épaules. Je me souviens seulement que, cette nuit-là, Prim a insisté pour dormir avec Lady sur une couverture, près du feu. Et que, juste avant qu'elles s'endorment, la chèvre lui a léché la joue, comme pour lui souhaiter bonne nuit. Elles s'adoraient déjà, toutes les deux.
- Avait-elle encore son ruban rose ? j'interroge, les paupières mi-closes.
- Je crois. Pourquoi ?
- Pour me représenter la scène.
Je les vois parfaitement, la petite fille blonde et la chèvre blanche, allongées au coin du feu, dans un parfait tableau de tranquillité et d'insouciance. Un sourire passe sur mon visage et je déclare, les yeux fixés sur le plafond de la grotte :
- Je vois ce qui t'a plu dans cette journée.
- Bah, j'ai tout de suite su que cette chèvre serait une mine d'or.
Cette phrase me fait tourner la tête vers elle et je croise le regard un poil prétentieux de Katniss. Je ne parviens même pas à expliquer son attitude. Voilà quelque chose que je ne comprends pas, chez elle. Pourquoi se place-t-elle au-dessus des gens, comme ça ? Pourquoi fait-elle comme si rien ne pouvait la toucher, comme si les petits tracas humains ne l'atteignaient pas ? Elle veut toujours paraître forte, jamais je ne l'ai vue se laisser aller ne serait-ce une seconde. Hormis cette fois-là, après la présentation devant les Juges. Le reste du temps, elle se force à rester décidée et forte, comme si elle ne pouvait se permettre de se relâcher un peu. Je dois bien admettre que je suis incapable d'expliquer pourquoi. Je l'ajoute à la liste des choses que je ne comprends pas chez elle, puis je soupire et réponds sèchement :
- Oui, bien sûr, c'est à ça que je faisais allusion. Et pas à l'immense joie que tu as faite à ta petite sœur, celle que tu aimes au point de la remplacer dans la Moisson.
- La chèvre nous a rapporté plus que ce qu'elle m'a coûté, rétorque-t-elle. Et largement.
- Oh, c'était la moindre des choses : tu lui as sauvé la vie. J'ai l'intention de faire pareil.
Je la vois hausser des sourcils, abandonnant son petit air supérieur qui me fait grincer des dents depuis tout à l'heure. Je l'ai surprise, et elle ne le cache pas.
- Vraiment ? me lance-t-elle. Rappelle-moi ce que tu m'as coûté, déjà ?
- Un tas d'embêtements, je réponds sans hésiter, mes yeux fixés dans les siens sans les lâcher une seconde. Ne t'en fais pas. Je te revaudrai ça au centuple.
- Tu dis n'importe quoi.
Elle secoue la tête et teste mon front. Sa main est si froide qu'un frisson me parcourt l'échine. Puis je réalise avec horreur que ce n'est pas sa main qui est froide. C'est moi qui suis brûlant. La fièvre augmente encore. De nouveau, la peur de mourir me prend, mais je n'en montre rien. Katniss pince les lèvres et déclare :
- On dirait que ça va un peu mieux, quand même.
Je m'apprête à répliquer que je ne suis pas assez bête pour me rendre compte que ça ne va pas, mais une sonnerie de trompettes nous fait soudain tous deux sursauter. Elle rampe vers le seuil de la grotte et je la vois tendre l'oreille. Une chose assez inutile, en soi vu que la voix légendaire de Claudius Templesmith retentit autour de nous avec force comme s'il se trouvait dans la grotte avec nous :
- Mesdames et messieurs les tributs, votre attention s'il vous plaît ! Demain, dès l'aube, il y aura profusion de biens à la Corne d'abondance. Ce sera une occasion extraordinaire, un festin hors du commun !
Katniss balaie déjà sa proposition d'un revers de main et je ne peux que lui donner raison. Les festins de ce genre se finissent toujours en bain de sang, et puis de toute façon, nous ne sommes même pas affamés. Il nous reste encore assez de provisions, le groosling, les racines et les baies de Katniss, et puis, au pire des cas, elle pourra aller chasser. Je décide dans un coin de ma tête d'utiliser cette dernière solution qu'en cas de famine extrême, horrifié à l'idée qu'elle puisse tomber sur Cato et Clove, ou même sur Tresh, même si quelque chose me souffle qu'il est toujours dans la prairie. Mais Claudius n'en a pas fini :
- Maintenant, écoutez-moi attentivement. Certains sont peut-être déjà en train de décliner mon invitation. Mais il ne s'agit pas d'un festin ordinaire. Chacun d'entre vous a désespérément besoin de quelque chose, et vous trouverez cette chose dans un sac à dos frappé au numéro de votre district, à la Corne d'abondance, à l'aube. Réfléchissez bien avant de refuser. Pour certains, cela pourrait représenter votre dernière chance.
Puis il se tait. Ses mots résonnent encore autour de nous, frappants de sens, et Katniss amorce un mouvement pour se relever. Je la retiens par l'épaule, devinant aussitôt ses pensées, et dis d'une voix ferme :
- Non. Pas question que tu risques ta vie pour moi.
- Qui a dit que c'était mon intention ? rétorque-t-elle en se dégageant de mes doigts.
- Donc tu ne vas pas y aller ?
Je suis abasourdi. Non, vraiment ? Ce n'est pas son genre, pourtant. Enfin je crois... Katniss secoue la tête comme avec exaspération et m'aide à me rallonger en répliquant :
- Bien sûr, que je ne vais pas y aller. Fais-moi un peu confiance. Tu crois que j'irais me jeter tête baissée dans la mêlée, au milieu de Cato, de Clove et de Tresh ? Ne sois pas ridicule. Je vais les laisser s'entretuer, on verra demain soir qui est mort et on improvisera à partir de là.
Mais je comprends son petit jeu avant même qu'elle ne termine et je soupire :
- Quelle foutue menteuse tu fais, Katniss. Je me demande comment tu as survécu aussi longtemps. (Étrangement furieux, je me mets à l'imiter :) « J'ai tout de suite su que cette chèvre serait une mine d'or. On dirait que ça va mieux, quand même. Bien sûr, que je ne vais pas y aller. » (Je secoue la tête, dégoûté.) N'essaie jamais de jouer aux cartes. Tu y laisserais ta chemise.
- Oui, je vais aller à ce festin, riposte-t-elle en rougissant de colère. Essaie de m'en empêcher, pour voir.
- Je peux toujours te suivre. Au moins jusqu'à mi-chemin. Je n'atteindrai peut-être pas la Corne d'abondance, mais, si je crie ton nom assez fort, quelqu'un finira bien par me trouver. Et à ce moment-là je cesserai d'être un fardeau.
- Tu ne feras pas cent mètres sur cette jambe.
- Je ramperai, j'insiste fermement, mes yeux fixés dans les siens. Si tu y vas, je viens aussi.
- Que veux-tu que je fasse ? s'écrie-t-elle. Que je reste là, tranquillement, à te regarder mourir ?
- Je ne mourrai pas. Je te le promets. À condition que tu promettes de ne pas y aller.
Nous restons un moment à nous toiser, et je sais que nous sommes dans une impasse. Mais je ne me laisserai pas faire. Il n'est pas question qu'elle risque sa vie pour moi. Je n'ai pas fait tout ce chemin pour qu'elle meurt en essayant de me sauver. Même maintenant que deux tributs d'un même district peuvent gagner, les choses n'ont pas changé, pour moi. Je fais tout pour qu'elle survive, et pas l'inverse. Katniss grince des dents, je lis la fureur dans son regard orageux, mais elle finit cependant par capituler, à mon grand soulagement. Elle lève un doigt et déclare :
- Dans ce cas, il va falloir m'obéir au doigt et à l'œil. Boire ton eau, me réveiller quand je te le dis et avaler ta soupe jusqu'à la dernière goutte !
- D'accord, j'acquiesce aussitôt, retenant à grande peine un long soupir de contentement. Elle est prête ?
- Je vais voir.
Elle revient bientôt avec une soupe chaude dans le petit pot, et je la mange sans rechigner. J'essaye de deviner quels ingrédients elle a bien pu mettre dedans, pour témoigner mon enthousiasme et lui prouver qu'elle a bien fait de se ranger à mes arguments. De la ciboulette, j'adore ça depuis que je suis enfant. Un petit goût farineux qui me rappelle les racines de Rue, et quelque chose d'autre que je n'arrive pas à définir vraiment. Sûrement de son groosling, je suis sûr que le fait que je refuse de manger de la viande l'inquiète. Alors je mange tout. Je racle même le fond du pot avec ma cuillère. Je lui répète plusieurs fois que c'est délicieux, ce qui est vrai, mais elle ne semble pas me croire et reste assez tendue. Lorsque j'ai terminé, elle m'administre une nouvelle dose de comprimés, puis elle me prévient qu'elle va se débarbouiller un peu dans le ruisseau. Je m'allonge tranquillement sur le sac de couchage et laisse mon esprit divaguer un moment, soulagé et repu comme je suis.
Ce festin ne me dit rien qui vaille. Des tributs restants, aucun n'est stupide. Je suis certain que Cato et Clove tendront un piège aux autres, à la Corne. À moins qu'ils aient changés leur base de place. Tresh est intelligent, il ne foncera pas tête baissée dans la mêlée. Mais il est fort. S'il se retrouve face à Cato et Clove, je me demande bien qui l'emportera. Même à deux contre un, je suis sûr qu'il leur donnerait du fil à retorde. Quant à la Renarde, j'ai n'ai aucune idée de ce qu'elle va bien pouvoir faire. En fait, je ne l'ai pas revu depuis le premier jour. J'essaye de me remémorer tout ce que je sais sur elle, mais mon esprit indiscipliné par la fièvre revient rapidement sur un sujet autrement plus préoccupant :
Katniss. Je songe à son histoire à propos de Prim et de la chèvre. Je songe à sa réaction suite à l'annonce du festin. À cette phrase qui résonne en moi tant comme une promesse que comme une interrogation. Que veux-tu que je fasse ? Que je reste là, tranquillement, à te regarder mourir ? Cela veut-il dire qu'elle tient à moi ? Qu'elle ne veut pas que je meurs ? Je n'en sais rien, je n'en sais rien. Peut-être n'est-ce que pour les sponsors. Peut-être a-t-elle peur que si je meurs, on l'en tienne pour responsable. Peur que les gens du district lui en veulent. Peut-être que oui, peut-être que non. Je ne sais pas. J'aimerais croire qu'elle tient à moi, qu'elle veut tout faire pour me sauver comme je le fais pour elle, qu'elle m'aime, même. Ce serait inespéré, et tellement génial que je ne peux m'empêcher de frissonner. Je songe à ces baisers, mon cœur se serre et bondit dans ma poitrine en même temps. Étaient-ils réels, ou non ? Étaient-ils pour les sponsors, étaient-ils pour elle, étaient-ils pour moi, étaient-ils sincères ? Le visage de Gale Hawthorne s'impose à moi et je ferme les paupières une seconde, découragé, épuisé, malheureux de ne pas comprendre, de ne pas savoir.
Katniss réapparaît soudain au-dessus de moi, sans que je l'ai même entendu entrer, et elle m'annonce d'un drôle d'air :
- Je te rapporte un dessert. J'ai trouvé des baies un peu plus loin, en aval.
Elle me glisse le petit pot rempli d'une purée rosée et de feuilles de menthe écrasées, et je prend une première bouchée sans hésiter une seconde, abandonnant mon humeur sombre pour prouver une nouvelle fois qu'elle a fait le bon choix en promettant de rester. Le goût me surprend et j'avale, les sourcils froncés, avant de dire :
- Elles sont drôlement sucrées.
- Oui, ce sont des baies de sucre, m'explique-t-elle gentiment. Ma mère en fait des confitures. Tu n'en avais jamais mangé ?
Quelque chose ne va pas, pourtant je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Elle me fait avaler une deuxième bouchée et je me laisse faire, perplexe.
- Non, j'avoue, la bouche pleine de purée. Des baies de sucre ?
- On n'en voit pas beaucoup sur le marché, parce qu'elles poussent uniquement à l'état sauvage.
Voilà qui explique tout. Mais alors, pourquoi ai-je l'impression de connaître ce goût intensément sucré et assez peu naturel ? J'accepte une troisième bouchée pour ne pas la contrarier, mais quelque chose grandit en moi, comme une certaine peur, une peur que je n'explique pas. J'avale, Katniss me glisse la dernière bouchée et je déclare sans réfléchir :
- C'est sucré comme du sirop.
La vérité me frappe alors de plein fouet et je m'écrie, écarquillant les yeux d'horreur :
- Du sirop !
J'essaye de recracher, mais Katniss plaque sa main sur ma bouche et mon nez, me forçant à tout avaler. J'essaye de me faire vomir, mais je perds déjà pieds, m'enfonçant dans un trou noir terrifiant. Du sirop pour le sommeil ! Comment a-t-elle pu me faire ça ? Tout le monde a déjà pris ce genre de sirop au moins une fois dans sa vie, au district. C'est l'un des seuls médicaments qui est peu coûteux, il entraîne rapidement une accoutumance si l'on ne fait pas attention. Ma mère en a à la maison. Elle nous en fait boire, à mes frères et à moi, lorsque nous sommes malades, pour qu'on s'endorme rapidement et qu'on reprenne des forces sans souffrir inutilement pendant la nuit.
Ma vue se réduit bientôt à deux fentes tandis que mes paupières alourdies se ferment d'elles-mêmes. Je vois Katniss penchée sur moi, le regard triste et en même temps satisfait. Comment a-t-elle pu me faire une chose pareille, comment ? La réponse me vient alors que je sombre pour de bon dans le sommeil artificiel.
Haymitch.
Alors, qu'en avez-vous pensé ? :)
Je trouvais intéressant de montrer que Peeta, même si c'est un grand naïf, ne peut s'empêcher de douter ! Il est loin d'être idiot, on le sait, et je voulais qu'il ait, à un certain moment, la peur soudain que tout ça ne soit qu'un jeu pour Katniss. Bien sûr, ne vous inquiétez pas, tout ça va changer dans les prochains chapitres ! ;)
En tout cas, j'espère que vous aimez toujours ! :D
Ah oui, sinon, je le répète parce qu'on me l'a encore demandé, oui je vais écrire les tomes 2 et 3 du point de vue de Peeta ! Je pense prendre un peu de vacances après avoir terminé le 1er livre, mais ne vous inquiétez pas, je reprendrais bien vite l'écriture des aventures de notre cher Peeta ! Je l'aime trop pour l'abandonner comme ça, tout malheureux, à la fin du 1 ! :)
A bientôt en tout cas ! :D
PS : en réponse à Anonymette, oui j'écris toujours les aventures de Lily ! Sauf que je suis sur un chapitre qui me donne du fil à retorde, je dois bien l'avouer xD je suis toujours mécontente du résultat, mais c'est promis, la suite arrive bientôt ! :) Maintenant que je suis en vacances, je vais mieux pouvoir me pencher sur ce méchant chapitre ! ;) voilàààà
