Harry parlait avec Lucius. C'était sans aucun doute une discussion importante, mais Ron n'arrivait tout simplement pas à se focaliser dessus. Tout ce qu'il voyait c'était Hermione. Hermione par terre inconsciente et dans un état des plus déplorables. On la reconnaissait à peine. Son corps était affalé sur le sol dans une position peu naturel, tordue, inquiétante. Son uniforme était en lambeaux : sa robe de sorcière était sale car pleine de poussière comme si on l'avait trainée sur le sol, son chemisier était déchiré à plusieurs endroit et son col taché de sang. Quant à sa cravate elle trainait non loin d'Hermione et ses couleurs rouge et or avaient perdu tous éclats. Ses cheveux étaient encore plus emmêler qu'à l'ordinaire. Du sang séché sur sa joue en avait même collé plusieurs mèches à son visage. Cette vision d'une Hermione torturé, presque mourante fit apparaître dans l'esprit de Ron un mélange étrange de douleur et de haine. Il serra les poings, si fort que ses ongles entamèrent la chaire de sa paume, les yeux toujours vrillé sur Hermione et la mâchoire crispée. Les voix du Mangemort et d'Harry lui semblaient bien lointaine car dans sa tête la seule phrase qui résonnait s'était : « il fait qu'on la sauve, il ne faut pas qu'elle meurt, je ne veux pas qu'elle meurt… ». Il fut brusquement tiré de ses pensées par le coude de Ginny qui s'enfonçait dans ses côtes. Elle lui murmura si bas qu'il ne comprit que quelques mots :
Démolir… étagères… Harry… signal…
Quand Ron eut saisit le sens de la phrase son cerveau sembla se réveiller de sa léthargie. Il inspira profondément, jeta un dernier regard à Hermione, puis serra sa main sur sa baguette.
Hermione semblait émerger d'un épais brouillard. Aucune de ses muscles ne répondait, mis à part ses paupières qui se soulevaient petit à petit. Son esprit fonctionnait au ralentit, aucun son ne lui parvenait, elle ne pouvait voir que ces images floues et incertaines autour d'elle. Et puis fur et à mesure que les secondes passaient, la situation devenait un peu plus claire. Il y avait Lucius Malefoy, dos à elle et face à lui c'était… elle n'arrivait pas à en croire ses yeux : c'était Harry ! Et derrière le brun il y avait Neville ! Luna et Ginny ! Et Ron ! La bouche du brun bougeait, mais elle n'entendait toujours rien, juste cet atroce bourdonnement dans ses oreilles. Son cerveau ne savait plus comment gérer les émotions qui l'animèrent soudainement. Ces dernières heures la douleur lui avait fait oublier la moindre parcelle d'humanité en elle. Et là, tout semblait ressurgir dans un flot de sentiments puissants et contradictoires. Elle était heureuse, heureuse de revoir ces visages qu'elle pensait ne plus jamais revoir mais terrifiée, car dans cette salle les Mangemort étaient partout et ses amis étaient en cet instant même en danger de mort. Puis soudain la voix d'Harry s'éleva au-dessus de tout :
ALLEZ-Y !
Tous les sens d'Hermione revinrent en même temps. Elle sentait d'un coup la froideur du sol sous elle, la douleur dans chacun de ses membres et le bruit des sorts qui percutent les étagères avec violence recouvrant des hurlements. Elles s'effondrèrent, les étagères, et Hermione ferma les yeux juste à temps et recouvrit sa tête de ses bras, avant qu'une pluie de verre et de bois ne s'abattent sur elle. Quand elle rouvrit les yeux elle était seule, mais entendait au loin le son de pas précipités et de détonation magique. Hermione se retrouvait accroupi au milieu d'un vrai champ de bataille : il y avait des débits partout autour d'elle. Parmi eux, les globes de verre éclatés d'où s'échappaient une faible brume et des murmures lointains. La jeune fille tâtonna fébrilement le sol recouvert d'éclat de verre.
Où est-elle bon sang ! murmure Hermione d'une voix paniquée en retournant littéralement le sol. Où est ma baguette… elle avait pourtant roulé la dessous j'en suis sûr …
Il perlait à l'extrémité des doigts d'Hermione des petites gouttes de sang là où elle avait effleuré du verre brisé. Mais comparé à ce qu'elle avait subit plus tôt, cette douleur lui paraissait si insignifiante qu'elle n'y prêta pas attention. Soudain elle aperçut sous un gros morceau d'étagère la pointe de baguette. Elle essuya alors sa main tremblante et sanguinolente sur son chemisier avant de s'en saisir. Ses doigts étaient terriblement faibles et serraient difficilement la baguette. Mais elle s'accrochait tant bien que mal. Hermione posa une main sur ce qu'il restait de l'étagèrent sur sa gauche, s'y cramponna aussi fort qu'elle le pouvait, et tenta de se hisser sur ses deux jambes. Au prix de rude effort elle réussit à se mettre debout, mais ça ne suffit pas, il fallait qu'elle fuit et au plus vite. Combien de temps s'etait-il écoulé depuis que ses amis avaient détruit les étagères ? Quatre minutes ? Peut-être cinq ? Cinq minutes s'était déjà trop, peut être que l'un d'eux était déjà blessé, peut-être que l'un d'eux était déjà mort. Elle secoua la tête, tentant de chasser cette pensée obscure. Non, il ne fallait pas qu'ils meurent, si l'un d'entre eux mourrait elle ne s'en remettrait pas. Parce que tout était de sa faute.
Elle se mit à marcher, aussi vite que ses jambes endolorie le lui permettaient. Sa démarche était un peu vacillante mais tant pis. La respiration haletante et rauque, elle tourna à un angle, puis un autre et réussit finalement à se mettre à courir. Hermione n'avait aucune idée de là où elle allait. Sa main qui brillait toujours lui servait de lampe torche. Des détonations se faisaient entendre partout autour d'elle. Sa pire crainte était de se retrouver face à un Mangemort sans aucune échappatoire. Elle se mit à courir encore plus vite. A chaque nouvelle foulée son corps la torturait un peu plus. Ses chaussure dérapaient sur le sol lisse ses bonnes vieille converses ne lui avait jamais autant manqué.
Hermione tourna brusquement sur sa droite. Elle retint un cri de surprise quand elle vit un Mangemort face à elle au bout de l'allée. Par miracle il était de dos, mais il pouvait se retourner à tout instant. La jeune fille resta pétrifiée sans savoir quoi faire. Si elle bougeait il pouvait l'entendre, s'il elle ne bougeait pas il pouvait se retourner et Mangemort ou pas elle n'attaquerait jamais quelqu'un par derrière.
Soudain une main surgit de nulle-part lui attrapa le poignet et la tira avec force dans l'allée suivante. Hermione n'eut pas le temps de voir le propriétaire de la main que déjà celui-ci l'amenait contre lui pour la serrer dans ses bras.
Oh Herm' tu nous as fait tellement peur ! gémit Ginny en resserrant un peu plus son étreinte.
C'est rien, tout vas bien maintenant, murmura Hermione en tapotant maladroitement le dos de son amie.
Mais Ginny ne lâcha pas son étreinte pour autant. Hermione n'osa pas dire à son amie qu'elle lui faisait mal, en partie parce que ça lui faisait bien trop plaisir de revoir la rousse.
Dès qu'Harry a donné le signal on a voulu te récupérer, mais tout s'est passé si vite… continua Ginny. On s'est tous dispersé et ils se sont mis à notre poursuivre. Avec Ron on a réussi à les semer et à revenir sur nos pas…
Toujours dans les bras de son amie, Hermione n'entendit pas la fin de sa phrase. Elle vit Ron, s'approcher en regardant autour et derrière lui, sa baguette serrée dans sa main, prêt à se défendre. Il ne l'avait pas encore vu, mais Hermione, elle, ne pouvait détacher son regard de lui. Pourquoi il lui semblait que ça faisait une éternité qu'elle ne l'avait pas vu ? Pourtant ça ne remontait qu'à quelques heures et la dernière fois… et la dernière fois ils s'étaient… Ce n'était ni le moment ni l'endroit approprié, mais Hermione se mit à rougir. Quand Ron la vit enfin, on pouvait clairement voir le choc puis l'immense soulagement dans ses yeux. Un immense sourire s'étira sur son visage, sourire qu'Hermione lui rendit sans attendre malgré sa fatigue.
Mais l'instant magique disparut bien vite. Ron remarqua avec horreur qu'un Mangemort venait juste d'apparaître derrière sa sœur et Hermione. Les deux filles comprirent très vite ce qu'il se passait en voyant le regard terrifié du roux. Elles se repoussèrent mutuellement et pointèrent d'un même mouvement leur baguette sur le Mangemort.
STUPEFIX ! Hurlèrent-elles à l'unisson.
Le double sortilège percuta le Mangemort de plein fouet, le propulsant une dizaine de mètres plus loin. Il retomba sur le sol dans un bruit sourd, apparemment inconscient.
Tu n'as pas perdu tes reflex à ce que je vois Granger, fit Ginny en faisant mine de souffler sur la pointe de sa baguette.
Toi non plus Weasley, fit Hermione avec un clin d'œil.
L'euphorie de leurs retrouvailles leur faisait un peu perdre la tête. Les deux filles s'en rendirent rapidement comptent et redevinrent soudainement sérieuse.
Il vaut mieux y aller, dit rapidement Ron qui les avait rejointes, au cas où il se réveille… Hermione tu te sens de courir ?
Il inspecta son amie de haut en bas. Elle était dans un tel état… ça lui nouait la gorge. Hermione capta son regard et descendit la manche droite de sa chemise dans le but de cacher les hématomes qui parcourait ce bras-là.
Tu saignes, lui fit remarquer Ron en effleurant du bout des doigts la joue d'Hermione.
Celle-ci passa à son tour sa main sur sa propre joue. En effet un liquide pourpre et tiède s'écoulait d'une plaie qui avait dut se rouvrir à cause de toute cette adrénaline. Hermione frotta sa joue avec sa manche d'un geste vif.
Allons-y, je peux marcher, ne vous en fait pas pour moi.
Devant le regard flamboyant de leur amie, Ginny et Ron n'osèrent pas la contredire.
Hermione était fatiguée, au bout du rouleau, mais il fallait qu'elle les sorte de là. Elle se devait de les sauver.
Ils se mirent donc à courir, Ron en tête, sa baguette éclairant le passage. Tout au fond de l'allée obscure il lui semblait qu'il y avait une porte. Soudain, Luna, sortit de nulle-part les dépassa en courant.
Ils sont justes derrière moi, je n'ai pas réussi à les semer et ils n'ont pas l'air très amical ! Haleta-t-elle à bout de souffle.
Hermione osa un coup d'œil derrière elle pour voir ce qu'il en était. Trois Mangemort les poursuivaient et pointaient leurs baguettes sur eux. Ginny fut la plus rapide : elle jeta un sort par-dessus son épaule sans pour autant s'arrêter de courir. Un des hommes encapuchonnés bloqua le sortilège de stupéfixion et les visa à nouveau. Son sortilège passa si près d'Hermione qu'il lui brûla quelques cheveux au passage.
REDUCTO ! hurla Hermione.
Le sort s'était amplifié à cause de la magie d'Hermione qui n'était plus contrôlée par son bracelet et il heurta dans un grand fracas l'étagère sur la gauche des Mangemorts l'un d'eux fut ensevelit dessous. Les deux Mangemorts restant continuèrent de leur lancer des rafales de sortilèges les obligeant tous les quatre à faire de rudes embardées dans leur course. Fuir et se protéger en même temps n'étaient pas une mince affaire. La plupart du temps ils n'arrivaient pas à viser correctement le poursuivant et ces derniers gagnaient du terrain tandis que l'allée semblait sans fin.
Hermione qui pensait avoir atteint sa limite parvint tout de même à parer un ultime sortilège mais celui-ci ricocha mal et percuta sa cheville. La douleur fut fulgurant et aigue, comme le serait une brûlure. Dans son élan, elle tomba au sol et roula sur le sol poussiéreux sur plusieurs mètres. Immédiatement Ginny et Luna firent demi-tour, attrapèrent chacune un bras d'Hermione pour la relever et l'aidèrent à rejoindre la porte à quelque mètre de là où Ron les attendait angoissé. Ron aida sa sœur et Luna à faire franchir le seuil à Hermione qui n'arrivait plus à marcher. Le roux la déposa ensuite délicatement sur le sol de la pièce pendant que Ginny ferma d'un coup de pied l'entrée :
Collaporta ! prononça Ginny la baguette pointée sur la serrure de la porte.
Il y eut une sorte de bruit de succion et la porte se verrouilla.
Ça devrait les tenir à carreau pendant plusieurs minutes, dit Ginny en rejoignant Ron et Luna accroupis prés d'Hermione. Oh Merlin, qu'est-ce qu'elle a ? s'étrangla Ginny en avisant le bas du collant d'Hermione qui était imbibé de sang.
Décidément ce n'est pas mon jour, marmonna Hermione en répriment difficilement une grimace de douleur. Ça doit être un simple sortilège de découpe…
Mais tu perds tellment… sang ! dit Ron qui devenait verdâtre.
Je le sais figure toi, répliqua Hermione. Je connais bien des sortilèges de soin mais seulement la théorie, si je me trompe j'aggraverais les choses.
Hermion esseyait de réfléchir mais la tête lui tournait. Elle parcourut la salle du regard, à la recher de quelque chose qui pourrait l'empêcher de se vider de son sang mais l'endroit était quasi vide : juste un vieux tapis et des chaises en bois.
Moi j'ai déjà utilisé des sortilèges de guérison, intervint Luna. Tu permets que j'essaie ?
A défaut d'autres solutions, Hermione hocha la tête et ferma les yeux. Luna passa deux doigts dans un des trous du collant d'Hermione pour l'agrandir jusqu'à la blessure à vif, juste au-dessus de son talon. Luna posa la pointe de sa baguette sur la peau nue et pale d'Hermione et murmura l'incantation.
Pendant le processus Ginny s'éloigna, les mains tremblantes. La vue du sang lui rappelait des effroyables souvenirs. Elle se revoyait le liquide chaud sur le bout des doigts, en transe, écrivant sur un mur de Poudlard ce que lui dictait Tom Jedusor.
Quant à Ron il attrapa la main d'Hermione et la serra entre ses doigts.
Petit à petit la blessure se résorba pour finalement totalement disparaître. Hermione ouvrit les yeux et inspecta sa cheville. Elle n'avait déjà quasiment plus mal, et il ne restait qu'une trainé de sang sur qu'elle nettoya d'un coup de baguette. Elle leva ensuite les yeux vers son amie :
Merci Luna, sourit-elle.
De rien. Tu sais, je me blesse souvent alors j'ai l'habitude de jeter ses sorts…
Elle fut coupée par un bruit sourd : quelqu'un semblait vouloir enfoncer la porte.
Il faut sortir d'ici, fit Ginny d'une voix inquiète. On ne pourra pas les retenir éternellement.
Je crois qu'il y a une porte au fond, allez vérifier que c'est sûr avec Luna. Moi je m'occupe d'Hermione.
Les deux filles hochèrent la tête et rejoignirent le fond de la pièce à la recherche de la porte.
Comment tu te sens, demanda Ron à Hermione en la regardant droit dans les yeux.
Honnêtement j'ai eu des jours meilleurs, répondit Hermione d'un air sombre. Mais je ne peux pas me plaindre, je suis toujours vivante. D'ailleurs je voulais vous remercier, tous, d'être venu me chercher.
Ce n'est rien, répondit Ron. de toute manière il était hors de question de t'abandonner ici au main de ses cinglés ! Au fait, comment j'ai ça à te rendre…
Il fouilla dans la poche de de son pantalon pour en sortir le bracelet argenté. Il attrapa doucement le bras d'Hermione et inspecta sa main. Elle brillait comme un soleil, toujours de cette lumière bleu électrique.
C'est joli, murmura Ron fasciné.
Mais dangereux, répondit Hermione avec patience.
Ron détacha enfin ses yeux de la main de son amie, puis accrocha le bracelet autour de son poignet. La lueur bleutée se dissipa peu à peu. Instantanément Hermione soupira de soulagement.
Tu de sens mieux ? l'interrogea le roux.
Beaucoup mieux. J'ai l'impression d'être plus légère. Par contre tu peux m'aider à me relever ? je ne suis pas sûr que mes jambes tiennent le coup.
Pas de prob' !
Ron entoura la taille d'Hermione tandis que, elle, s'agrippait à son coup. Il la souleva avec une infinie douceur jusqu'à ce que les deux pieds d'Hermione soit à plat sur le sol. Mais aucun d'eux de lâcha l'autre ils restèrent simplement enlacé.
J'ai eu si peur de mourir, chuchota Hermione contre le torse de Ron. Mais j'étais encore plus terrifié à l'idée que l'un de vous…
Ne t'inquiète pas, on va bien, murmura Ron en caressant ses cheveux d'un geste qu'il voulait apaisant. Et je suis sûr qu'Harry et Neville s'en sorte aussi très bien. Je te promets que depuis que je le connais malgré les situations hallucinantes dans lesquels on s'est retrouvé il a toujours réussit à s'en sortir.
Hermione ne répondit rien mais priait intérieurement pour que Ron ait raison. Il y eut un court silence puis Hermione osa parler à nouveau.
Euh Ron ? il faudrait peut-être qu'on y aille non ?
Ah ! hum oui, évidemment !
Ils s'écartèrent l'un de l'autre le rouge aux joues. Et tandis que les cognements contre la porte se faisaient de plus en plus fort, ils se demandèrent comment ils avaient pu oublier un instant que la situation était critique.
Ginny passa sa tête dans l'encadrure de l'autre porte.
C'est bon il y a personne, on a vérifié, dit-elle. Par contre c'est un peu bizarre je vous préviens !
Ron et Hermione ne comprirent ce qu'elle voulait dire par là qu'une fois que Ginny eut verrouillé la porte derrière eux. La salle était seulement éclairée par la lune. Ce n'était pas la vraie lune bien sûr, mais une version réduite qui flottait au milieu d'une centaine d'autres planètes. Quant au sol, il ne semblait même pas exister. Hermione avait l'impression de flotter dans un noir d'encre.
Je crois qu'on a déjà vu cette salle, fit remarquer Ginny. Quand on est arrivée et qu'on a ouverte toute les portes de la salle circulaire. Il y avait celle avec l'arche bizarre et… celle-ci. Pourtant elle ne devrait pas être ici…
Il porte bien son nom : « le département des mystère ». Peut-être que les salles peuvent se déplacer… COUCHEZ-VOUS !
Sans hésiter tous se jetèrent sur le sol les mains sur la tête. Juste au-dessus d'eux ce la planète terre explosa en mille morceau. Deux mangemorts avaient réussi à défoncer les deux portes et était à présent dans la même pièce qu'eux. C'est Luna qui réagit la première : toujours au sol elle leva sa baguette.
Incendio ! s'exclama-telle.
La planète juste à côté de la tête d'un des hommes s'enflamma puis lui explosa en plein visage. La détonation leur donna une diversion parfait. Ils se levèrent aussi rapidement que possible et se mirent à courir vers ce qu'il semblait être la sortie. Il n'y avait pas de trace de murs, alors il avait l'impression de s'enfoncer dans l'obscurité. Les Mangemort se mirent à leur poursuite hurlant des sortilèges de tout sort.
Pendant qu'Hermione courrait elle avait une atroce sensation glacée dans le dos. A n'importe quel moment un sortilège de mort pouvait la tuer sur le coup, elle ou un autre. Soudain au loin elle avisa un minuscule point blanc.
Il y a une sortie ! cria-t-elle aux autres.
Ils redoublèrent d'effort pour parvenir aussi vite que possible à la porte. Autour d'eux les planètes explosaient de toute part dans des jets d'étincelles. Et elle Hermione voyait à peine où elle allait. Elle ne savait même pas comment ses jambes arrivaient encore à courir, ni comment elle arrivait à jeter des sort par-dessus son épaule en même temps.
Stupéfix ! s'écrit-elle une nouvelle fois.
Elle ne pouvait même pas se retourner pour voir si son sort avait atteint sa cible. Non, tout ce qu'elle pouvait faire c'était courir, courir encore courir… fuir pour sa vie. Soudain il y eut un cri. C'était Ron juste devant elle. Il avait reçu un sort en pleine tête et il tomba en avant. Le cœur d'Hermione s'arrêta de battre un court instant. Mais, contre toute attente, Ron se releva immédiatement en riant et reprit sa course. Il finir par atteindre la porte que Ginny ouvrit à la volée et tous se jetèrent à l'intérieur.
Il faut retrouver Harry et Neville au plus vite et dégager d'ici ! s'exclama Ginny à bout de nerf tandis qu'Hermione verrouillait la porte. On ne peut pas fuir comme ça indéfiniment !
Oui mais pour ça il faudrait déjà qu'on trouve la sortie, lâcha Hermione dans un soupir. On passe d'une pièce à l'autre et dans cinq minutes les Mangemorts seront là…
Et je crois qu'il on du renfort, leur apprit Luna l'oreille collé contre la porte en bois. Un problème Ronald ?
Depuis tout à l'heure Ron gloussait dans son coin et ne semblait pas partager l'inquiétude de ses amies.
Tu as fait exploser Saturne, riait-il.
Je crois que c'était Pluton en fait, dit Luna d'une voix douce.
Saturne ! répéta Ron toujours hilare. Saturne pas rond chez toi Loufoca !
Ginny s'approcha de son frère et prit son visage en coupe avec les mains. Les yeux de Ron étaient vitreux et inexpressif. Un étrange liquide coulait du coin de ses lèvres pâles.
Vint voir ça Hermione ! appela Ginny d'une voix angoissée.
Hermione s'approcha et regarda Ron dans les yeux. Quand celui-ci la vit son visage sembla s'illuminé. Il se dégagea de Ginny et posa ses deux mains sur la taille d'Hermione en riant gloussant toujours.
C'est dingue, dit-il, décoiffé et avec les vêtements déchirée tu es encore plus séduisante Hermione ha ! ha ! ha ! je sais pas pourquoi mais j'ai terriblement envie de t'embrasser.
Hermione haussa les sourcils, se dégagea prudemment des mains de Ron de puis se tourna vers Ginny :
Ce n'est rien de grave.
Qu'est-ce qu'il a ? voulu savoir Luna.
Le sortilège tout à l'heure, ça devait être un sortilège d'euphorie, une sous-catégorie du sortilège de confusion.
Et il ne risque rien ? s'enquit Ginny.
Il faut juste l'avoir à l'œil. les effets devrait se dissiper d'ici une heure environs et…
Hermione !
Le cœur d'Hermione fit un bond. Elle se retourna et vit Harry à l'autre bout de la pièce ainsi que Neville. Ce dernier saignait abondamment du nez mais souriait de toutes ses dents quand il les vit. Harry, lui, semblait indemne et Hermione couru se jeter dans ses bras. Le soulagement pouvait se lire sur le visage d'Harry qui rendit son étreinte à Hermione. Mais ils se séparèrent rapidement.
Vous allez tous bien ? demanda Harry en les regardant un a un à la recherche d'éventuelle blessure.
Oh on a eu quelque soucis mais sa peut aller, répondit Ginny. Enfin y a juste Ron qui est un peu bizarre mais ça change pas vraiment de d'habitude… Bon, comment on sort d'ici maintenant ?
Il faut faire marche arrière, expliqua Harry. Avec Neville on s'est retrouvé dans la salle circulaire tu sais, celle avec les douze portes identiques. L'une d'elle est forcément la sortie.
Harry avait à peine achevé sa phrase que la porte explosa littéralement. Une dizaine de Mangemort firent éruption dans la pièce. Devant eux se tenait Lucius Malefoy et Bellatrix Lestrange.
Alors bébé Potter ? fit Bellatrix d'une voix mièvre. Tu veux continuer de jouer à cache-cache ?
Donne-nous la prophétie, ajouta Lucius en tendant la main, et aucun mal ne vous ferra fait.
Harry serra la boule de verre dans sa main, sans savoir quoi faire. Deux baguettes étaient pointées sur chacun de ses amis. Il avait leur vie entre ses mains et ne savait que faire.
DE LA DODDE ZURDOU BAS ! s'exclama Neville dont le nez cassé l'empêchait d'articuler correctement.
Un des Mangemort brandit sa baguette.
Endoloris !
Neville tomba à genoux tout en poussant un cri de souffrance. Il releva les yeux et regarda Bellatrix avec une profonde haine. Harry souvint que c'était elle qui avait torturé ses parents jusqu'à les rendre fou. Harry admira le courage de Neville. Il regrettait de ne pas avoir compris avant cette année combien Neville était quelqu'un de formidable et de vaillant. Alors Harry inspira et dit d'une voix forte :
Vous voulez la prophétie ? alors venez la chercher !
Et sous les yeux de tous il se retourna et sortit en courant. Lucius hurla de rage et se mit à sa poursuite suivit par Bellatrix et plusieurs autre Mangemorts.
Ginny profita du remue-ménage provoqué par Harry pour se dégager de l'emprise du Mangemort qui lui tenait le bras.
Impédimenta ! cria-t-elle.
Le Mangemort s'éleva dans les airs pour percuter le mur puis glisser sur le sol inconscient. A partir de là les autre Mangemorts semblèrent se réveiller et se mirent à les attaquer.
Protégo ! s'exclama Hermione alors que deux éclairs rouge se dirigeait vers elle.
Ils rebondirent sur son bouclier dans un bruit assourdissant. Hermione empoigna Ron ahurit par le bras et se jeta avec lui derrière une lourde armoire. Luna et Ginny s'étaient réfugiés derrière des fauteuils et lançait sortilèges sur sortilèges. Hermione regarda autour d'elle à la recherche de Neville. Elle le vit alors passer à toute allure s'engouffrant par la porte où Harry et les autres Mangemort avaient disparu. Alors elle se tourna vers Ron à côté d'elle qui avait toujours les yeux dans le vague. Elle prit le visage de son ami entre ses mains et le regarda dans les yeux.
Ron il faut que tu te réveilles, implora-t-elle les larmes aux yeux. On a besoin de toi… j'ai besoin de toi…
Un éclair de lucidité sembla traverser les prunelles de Ron. Mais juste à ce moment-là un cri terrible résonna dans la salle. Hermione lâcha Ron et osa un regard de l'autre côté de l'armoire. Ce qu'elle vit la glaça. Luna était allongé sur le sol morte ou inconsciente, impossible de savoir. Tandis qu'un Mangemort trainait Ginny par les cheveux jusqu'au centre de la pièce. Ginny avait beau se débattre l'homme ne la lâchait pas et rirait d'un rire gras. Il pointa sa baguette sur le visage de Ginny inondé de larme de rage.
Ça fera une traitre-à-son-sang de moins, jubila-t-il. AVADA-
NOOOON ! rugit Hermione. EXPELLIARMUS !
La baguette du sorcier sauta de sa main et roula sous une armoire. Dans la pièce il ne restait plus que lui et un autre Mangemort tous les autres était partit à la poursuite d'Harry et de la prophétie. Néanmoins l'homme ne sembla pas le moins du monde impressionné par Hermione. Pendant que l'autre homme cherchait à tâtons sa baguette sous l'armoire, Hermione pointa la sienne sur celui qui tenait Ginny.
Lâcher là, fit Hermione d'un ton hargneux qu'elle en se connaissait pas.
Le Mangemort lui fit un sourire carnassier en envoya valdinguer Ginny dans un coin de la pièce.
Très bien, dit-il. Montre-moi ce que vaux une sang-de-bourbe de ton espèce !
Piqué au vif Hermione laissa sa raison de côté et engagea le duel. Mais bien qu'Hermione soit une bonne élève, la différence de niveau était flagrante. L'adolescente connaissait la théorie et les sorts par cœur, mais elle n'avait jamais eu à se battre pour sa vie avant aujourd'hui. Le Mangemort riait en voyant Hermione s'acharner ainsi à jeter stupéfix sur stupéfix qu'il parait avec aisance.
SUPEFIX ! hurla Hermione une ultime fois.
Le Mangemort bloqua une fois de plus sont sortilège avec flegme.
C'est pas une gamine comme toi qui risque de me faire peur !
Hermione bouillai de rage. Mais elle était aussi à bout de souffle. Cela faisait déjà plusieurs minutes qu'il se tournait autour sans qu'elle puisse ne serais-ce que l'effleurer. Alors qu'elle, elle avait dut s'acharner, esquiver, bloquer et user de toute ses ressource. Alors, pour la première fois de sa vie, Hermione se sentie incroyablement faible. Pourtant il fallait qu'elle batte cet homme, pour vivre, pour protéger les autres. Elle n'avait plus le choix, elle fallait qu'elle utilise sa dernière option. Hermione savait qu'elle prenait un énorme risque, qu'elle ne s'en sortirait peut-être pas… mais tant pis !
Alors Hermione inspira profondément, appelant tout le courage qui faisait d'elle une Gryffondor et… changea sa baguette de main.
L'homme haussa les sourcils.
Tu ne seras pas meilleur avec ta main gauche. Mais c'est comme tu veux.
Il se mit en position prés à parer. Hermione leva sa baguette, concentrée. Ce qu'elle attendait ne tarda pas à venir. Son bras gauche, celui qui ne portait pas de bracelet, celui que Dumbledore lui avait interdit de tenir une baguette, il se mit à vibrer. Des étincelles bleues se mirent à crépiter sur toute la surface de la baguette de bois. L'homme écarquilla les yeux, incapable de masquer sa surprise. Alors Hermione dit, d'une voix calme, presque à voix basse :
Stupéfix.
Ce fut comme si la foudre c'était échappée de la baguette d'Hermione. La puissance qu'elle libéra émit un bruit assourdissant et fit trembler les murs. Les armoires tombaient les unes après les autres, les fauteuils se renversaient. Hermione fut projetée contre le mur derrière elle, soufflée par la puissance de son propre sort. Mais son opposant ne fut pas si chanceux. Son bouclier éclata en mille morceaux et l'éclair bleu le foudroya de toute part. Il tomba au sol, face contre terre, se convulsa un moment puis ne bougea plus. Hermione se releva avec difficulté. Le choc lui avait coupé le souffle et elle avait le goût écœurant du sang dans la bouche. Sa baguette toujours serré dans sa main gauche palpitait comme un cœur et des multiples étincelles s'en échappaient encore et montaient jusqu'au plafond. D'ailleurs l'ampoule grilla. La pièce aurait pu être entièrement obscure mais le corps entier d'Hermione brillait.
La jeune fille sentait que ça n'allait pas. Que ce n'était pas comme d'habitude. Alors elle laissa sa baguette tomber par terre et regarda ses mains avec effroi. Qu'avait-elle fait ? Des larmes se mirent à couler sur son visage. Depuis qu'elle avait appris qu'elle était une sorcière elle avait été fière. Mais maintenant, elle se sentait souillée, elle avait tué quelqu'un. Oh sa cause était peut-être louable, mais on ne pardonne pas à quelqu'un qui a ôté une vie. Et peut-être que ça se reproduirait, peut-être qu'elle tuerait un être cher… elle sentait ses forces disparaître, elle sentait la vie la quitter petit à petit. Puis Ron apparu en face d'elle. Dans ses yeux on voyait qu'il avait retrouvé toute sa lucidité.
Je me souviens, murmura-t-il. On était dans la salle sur demande… il y a eu ce même éclair… comment… comment j'ai pu oublier une chose pareil !
Je… suis désolé Ron… sanglota Hermione en reculant. Je ne… je ne voulais pas de faire de mal… je suis désolé…
Non, non, le contredit Ron en attrapant les mains d'Hermione. Ce n'est pas ça, je sais bien que tu ne voudrais jamais me faire du mal. Non, ce qui m'embête c'est que… bon sang ! comment j'ai pu oublier qu'on s'était embrassé !
Que… quoi ?
Ron ne lui laissa pas le temps de dire un mot de plus. Il attrapa le visage d'Hermione et pressa ses lèvres contre les siennes. Il descendit ses mains sur le cou d'Hermione, la rapprochant encore plus près de lui. A présent tout devenait clair dans l'esprit de Ron. Il se souvenait enfin de ce baisé, ce premier baiser qu'ils avaient partagé, leur premier baiser. Mais celui-ci était encore meilleur. Leurs corps étaient à bout, ils avaient frôlé plusieurs fois la mort et c'est ce qui rendait leur baiser passionné, comme si c'était le dernier, comme s'il allait mourir la seconde suivante. Il était avide l'un de l'autre comme si lui et Hermione attendaient ce moment depuis des années. Hermione lui mordit gentiment la lèvre, il ne l'embrassa que plus fort sans pouvoir s'empêcher de sourire. Puis Hermione s'évanouie. Il ne s'inquiéta pas, il sentait le cœur de la jeune fille battre encore fort contre le sien. Il l'allongea sur le canapé en meilleur état et déposa un baiser sur son front. Hermione la miss-je-sais-tout, il n'en revenait pas d'être aussi fou d'elle. Il regarda son mince poignet : son bracelet avait disparu à la place il y avait un petit tatouage, de la taille d'un Gallion, formant une minuscule plume noire et bleue. Ron sourit, car il avait l'intime conviction qu'Hermione était guérit et que dorénavant il n'aurait plus rien à craindre.
