Sunday With a Book
John et Sherlock étaient réveillés depuis plusieurs heures déjà. Cela faisait quelques jours qu'ils n'avaient pas été appelés sur une enquête et ils ne manquaient pas de sommeil. Alors voilà, ils étaient là tous les deux, sur leur lit, à 11h du matin, un dimanche hivernal. La neige tombait en petit flocons dehors et aucun des deux n'avait envie d'aller risquer une promenade dans un parc, même recouvert d'un épais manteau blanc magnifique. Ils avaient donc décidé de rester bien au chaud dans la chambre, enlacés. Au bout de quelques minutes ils avaient commencé à s'ennuyer et regarder la télé ne faisait pas partie des critères pour un dimanche parfait en amoureux.
John avait proposé de lire un livre, idée qui fut très rapidement mise en pratique après une rapide hésitation sur l'ouvrage. Ils avaient écarté ne serait-ce que la pensée d'un livre policier, Sherlock découvrant le coupable toujours trop vite et critiquant chaque passage, le médecin les trouvant moins excitants que ses aventures avec son compagnon. De même pour la science-fiction et la fantasy, le détective trouvant absurde toute forme de vie autre que celle qu'il expérimentait chaque jour. Tout ouvrage théorique : psychologie, théologie, astronomie, physique, etc était exclue aussi.
Il ne leur restait que peu de choix et ce n'était pas la première fois qu'ils passaient une journée à lire. Finalement, ils avaient décidé de lire Christopher Isherwood. Pas de prise de tête, juste l'histoire d'une vie, d'un voyage, de rencontres. Alors ils étaient là, tous les deux, assis sur leur lit, John dans les bras de Sherlock, tenant le livre d'une main, caressant la nuque et glissant ses doigts dans les boucles brunes de l'autre, le détective tournant les pages de temps en temps.
C'était devenu leur moment privilégié, une lecture au calme, dans l'intimité de leur chambre. Elle se terminait parfois sous les draps, pour une activité moins intellectuelle et plus sportive et parfois, John finissait par s'endormir, alors Sherlock reposait le livre, mettait son médecin dans une position plus confortable, allait fermer les volets et retournait se coucher auprès de John. Souvent, le sommeil ne venait pas, alors il attendait patiemment que la marmotte se réveille en le regardant dormir, un air satisfait et heureux sur le visage, essayant de deviner ses rêves qui, la plupart du temps, faisaient se dessiner un sourire sur les lèvres de son amant.
De temps en temps, il jouait à l'embêter dans son sommeil. Il lui soufflait sur le visage, pour le voir remuer son nez de gène. Il l'embrassait, pour qu'il se blottisse encore un peu plus contre lui. Il lui chatouillait la nuque, pour qu'il se fasse chasser par un mouvement de tête ou une tape de la main. Et il rigolait, s'amusant avec délectation des réactions de cet homme si particulier.
Quand il n'y tenait vraiment plus, il trouvait une façon bien plus ludique et intéressante de le réveiller. Alors John ouvrait les yeux et tentait de résister le plus longtemps possible aux assauts de la bouche et des mains de Sherlock. Jusqu'au moment où il lui devenait impossible de se retenir de le toucher, le caresser, ou l'embrasser. Et ils finissaient souvent par se rendormir, un peu plus amoureux que précédemment, toujours aussi heureux.
FIN
