Chapitre 17, Où la jalousie de Sirius fait des siennes
- Sirius,
attends, m'écrie-je, tu as quelques minutes ?
J'entends
des filles ricaner derrière mon dos. Depuis notre «
pause », tout le monde se moque de moi. Pourtant il n'y a
aucune honte à ce que je ne sois plus momentanément
avec Sirius. Peut-être est-ce mon acharnement à vouloir
être avec Sirius qui est risible ? Mais je désire
tellement qu'il me serre à nouveau contre lui, pour que je
me sente protégée.
Je vois qu'il dit quelques mots
à ces amis puis me rejoins. Peter me lance un regard rempli de
haine avant de partir près de jeunes filles pour relater pour
la énième fois que son père est maintenant le
directeur des services de renseignements. La découverte de M.
Schepard en mangemort a été un choc important cette
dernière semaine. Mais rien en comparaison des arrestations
qui vont se faire bientôt. Je me recentre sur Sirius qui me
demande :
- Qu'est ce que tu veux Anna ?
- Cela fait deux
semaines, et je me demandais si tu avais réfléchis à
… à nous ?
- Non me répond-il mal à l'aise.
Je n'arrive pas à t'oublier, mais je n'arrive pas non
plus à te pardonner.
Je sens mal partie la discussion, je
passe alors à un niveau en dessous.
- Est-ce que je peux à
nouveau te parler ?
- Eh bien c'est ce que tu fais en ce moment,
me taquine Sirius.
Se rendant compte du ton presque amoureux
qu'il a employé, il se reprend :
- Je ne sais pas Anna,
laisse moi encore du temps.
Il part aussitôt. Je trépigne
sur place. Deux semaines, et rien. Pas l'avancement du moindre
avancement. Harry et Lily me rejoignent, spectateur de la scène.
-
Anna arrête tu es en train de te ridiculiser, m'annonce Harry
avec lassitude.
- Je n'y arrive pas réponds-je
simplement.
- Bon, on passe à autre chose OK ? s'interpose
Lily en médiatrice. Pourquoi ne pas aller manger ?
Nous
nous exécutons. Au repas arrive cependant une dépêche
spéciale. Le silence se fait. Normalement ce genre de dépêche
n'annonce que des mauvaises nouvelles, c'est une édition
spéciale. Lily en reçoit une. Elle la lit en silence
puis éclate de joie comme de nombreuses autres personnes dans
la salle. L'ambiance change du tout au tout. Tout le monde semble
heureux.
- C'est formidable me raconte Lily, cinquante-deux
mangemorts ont été appréhendés. Le
journaliste explique que le ministre a réussi à avoir
le nom de tous les mangemorts et qu'ils les ont tous arrêtés.
On peut enfin espérer une issue favorable à cette
guerre !
- Oui c'est super, feins-je la surprise.
Harry me
sourit comme complice de ce que nous savons.
- J'espère,
reprend Lily avec hargne, que Voldemort va morfler.
Je suis
surprise d'une telle haine de la part de Lily. Elle si douce de
nature. Mais il est vrai qu'elle a beaucoup souffert de cette
guerre. Je me reprends : en fait tout le monde a souffert.
Je récupère un journal et lis l'article. Le journaliste nous annonce que cinquante-deux mangemorts ont été arrêté durant la nuit mais il souligne aussi que quinze autres ont été tués durant les échauffourées. En tout, Voldemort a perdu presque les trois-quarts de ses mangemorts. C'est un sérieux coup dur pour lui. En lisant en détail l'article je note d'ailleurs que deux des trois bourreaux de ma famille ont été pris après avoir essayé de tuer des aurors durant leur appréhension. Ils ont survécus à leur arrestation et vont d'après le journaliste sûrement écopé de la peine maximale : le perpétuité à vie. Je constate aussi avec amertume que c'est le plus pourri des trois assassins de ma famille qui a réussi à échapper aux aurors : Rodolf Uras. Je me promets intérieurement de la traquer jusqu'à ce qu'il me supplie de le tuer. Enfin, me sentant incapable de lui faire peur je revois à la baisse ma vengeance et me promets de faire en sorte que des aurors l'attrapent et l'envoie en prison.
Je me retourne vers les Serpentards
pour me délecter du spectacle : beaucoup pleurent à
l'annonce de l'emprisonnement de leurs parents. Arnold de Quison
en fait partie. Ce sale futur mangemort qui a dénoncé
ma famille, vient de découvrir que les temps où sa
famille était si bien placée dans le « beau monde
», est terminée. Je souris. Cependant, je comprends bien
vite qu'il n'a pas perdu que l'honneur de sa famille. D'après
les dires de Lily, son père fait partie des quinze mangemorts
tués cette nuit. Je devrais sûrement être au
comble de la joie, car ma vengeance se met en place, mais finalement,
je le plains. A mon grand étonnement, je ressens de la peine
et de la pitié pour Arnold de Quison, et pour ses fils et
filles de mangemorts. Ils seront désormais pour la plupart
seul au monde. Tout comme moi.
- Ce n'est pas une victoire
aussi belle qu'on se l'imaginait n'est ce pas, me fait Harry
morose.
Je hoche de la tête pour confirmer ces dires. Non
vraiment, ce n'est pas beau à voir. Une table verte et
argentée en pleurs, où déjà des
professeurs essayent de s'occuper de certains élèves
en pleine crise de nerf. Il est vrai qu'apprendre la nouvelle de
cette façon n'est pas la meilleure. D'ailleurs des lettres
rouges arrivent en grand nombre par les fenêtres de la grande
salle. Elles sont toutes destinées aux élèves en
deuil, sûrement pour leur annoncer la nouvelle officiellement.
Au lieu d'être noire, la lettre est rouge, comme pour montrer
à tous que ces élèves sont des fils de renégats.
Vraiment je les plains.
- Allons nous en, propose Lily.
Nous
la suivons, mais une main m'agrippe lorsque je suis sur le point de
partir.
C'est Sirius.
- C'est toi qui a fait ça,
n'est ce pas ? me demande Sirius, loin des oreilles indiscrètes.
-
En effet j'en suis la responsable fais-je sans joie. Il fallait
mettre un terme aux agissements des mangemorts.
- C'est bien
juge Sirius. Tu as très bien agi. Si tu veux on en reparle
ensemble plus tard ? me propose Sirius avec un léger
sourire.
Je laisse échapper un soupir. Sirius veut enfin se
réconcilier avec moi après que j'ai engendré
la mort de quinze mangemorts et l'arrestation de 52 autres. Certes
c'étaient des assassins, mais c'était tout de même
des humains, et ils avaient une famille qui en ce moment les pleure.
D'un autre coté, je veux Sirius, et le monde ne s'arrête
pas de tourner :
- Oui, si tu veux, proposé-je.
- Ca va
? vient aux nouvelles Harry. Tu n'as pas besoin d'aide ?
- Non
Harry, ça va.
Je n'apprécie pas cette
intervention. Sirius non plus.
- Je discute avec Anna. Tu veux
bien partir s'il te plait ?
Harry hésite mais je lui
envois un regard insistant. Il soupire puis s'en va sans se
retourner.
- Dis donc, me fait Sirius. Si tu veux qu'on se
remette ensemble il faudrait d'abord te débarrasser de ton
amoureux transi.
Je rétorque aussitôt :
- Arrête
d'être aussi jaloux, Sirius. Harry est juste un ami. Tu le
sais.
- Et bien cela n'en a pas l'air. Ca jase beaucoup sur
vous deux dans les couloirs. Mais si tu ne veux plus être avec
moi…
- Non ! m'exclamé-je aussitôt. Je vais en
discuter avec Harry.
Sirius semble satisfait et
m'embrasse.
ooOOOOoo
Je t'aime
ooOOOOoo
Je m'éloigne rapidement. Ma vision était différente des celles d'avant. Sirius était plus vieux, mais semblait encore plus amoureux. Je me sens soudain rassurée. Sirius et moi c'est pour la vie. Je ne me suis pas trompée. Nous allons finir ensemble. Je dois m'accrocher. Il va me revenir. Je remercie intérieurement ma vision. Je crois que c'est la première fois que je suis aussi contente d'avoir une vision.
Je rejoins Lily qui ne dit rien sur ce qui vient de se passer. Je sens qu'elle désapprouve. Mais moi je suis prête à tout pour avoir Sirius. De toute façon, je sais que nous allons être à nouveau ensemble. Je souris de bonne humeur.
Nous retrouvons Harry en salle commune. Il ne semble
pas ravi de me voir, mais après quelques formalités, il
se déride. Nous parlons alors des évènements
passés et mettons Lily au courant. C'est notre nouvelle
maxime : ne plus rien cacher à Lily sauf ce qui concerne Harry
(et l'elfe pour ma part).
- Oui tout ça est vraiment
tragique conclut Lily, mais je dois avouer que je préfère
ça que l'annonce de la mort de moldus. Enfin, nous fait-elle
avec un sourire machiavélique, ce n'est pas parce qu'il se
passe des choses importantes en dehors de l'école qu'il
faut en oublier nos devoirs. Potion ça vous dit ?
Je baisse
les épaules de résignations. Même dans les
situations tragiques Lily fera toujours ces devoirs. Je décide
donc de faire ce que je déteste le plus : des runes.
Au
bout d'un moment, nous la laissons pour rejoindre Albus Dumbledore.
Nous allons faire notre première réunion de «
suivi » de la phase un de mon plan. J'en profite pour mettre
les choses au clair entre Harry et moi.
- Harry j'aimerais que
Sirius et moi nous finissions à nouveau ensemble. Et ton
attitude n'aide pas.
- Je suis désolé, mais Sirius
est vraiment insupportable des fois, et j'ai cru qu'il te
cherchait des noises.
- Non, en aucun cas Sirius ne me fera du
mal. Par contre toi tu n'arrêtes pas de te mêler de ça.
Je voudrais que tu arrêtes.
- Bien ! Fais comme tu veux
réponds Harry passablement énervé de se faire
sermonner.
Nous rentrons dans le bureau d'Albus légèrement
fâchés. Le directeur veut savoir quelques renseignements
sur des mangemorts qui n'auraient pas été attrapés
(où pourraient ils être ? Peut-on trouver un moyen de
faire pression sur eux, ou de prouver que ce sont des mangemorts
?...). Je les lui donne allégrement. Ensuite je lui explique
avec beaucoup de détails où trouver le journal intime
de Tom Jedusor, et la bague de Graunt. Harry en profite aussi pour
lui demander un entraînement. Le directeur ne semble pas très
motivé. J'y rajoute mon grain de sel :
- Ce serait une
bonne idée. Vous pourriez continuer l'entraînement que
vous lui avez prodigué dans le futur.
- J'ai fait ça
s'étonne Albus.
- Oui confirme Harry.
Mais moi je
décide d'en rajouter une couche comme pour me faire
pardonner de tout à l'heure.
- Dans le futur vous adorez
Harry. Je crois que vous l'aimiez comme un fils.
Harry et Albus
me regardent complètement ahuris.
- Tu dis n'importe quoi
Anna, se sent gêné Harry.
- Non réponds-je
calmement, tu ne t'en rendais peut-être pas compte, mais
Albus était toujours différent en ta présence.
Il n'arrêtait pas de se faire un sang d'encre. Sirius l'a
même accusé une fois d'être meilleur parrain que
lui.
- Sirius en parrain s'esclaffe Albus. Cela devait donner
quelque chose de très atypique. Je comprends pourquoi je
devais faire attention à vous. Vous avez du faire un tas de
bêtises.
Harry se crispe et je m'injurie personnellement
de mon manque de tact. Albus semble comprendre qu'il a fait fausse
route car il se reprend immédiatement.
- Laissons à
l'avenir nos souvenirs passés. Je ne vois pas
d'inconvénients à vous entraîner même si
je ne vois pas pourquoi vous voulez vous entraîner.
Aucun de
nous deux ne veut se lancer dans une explication. Je suppose que
c'est à moi de m'expliquer :
- Pour trouver les
horcruxes vous aviez besoin d'aide et Harry était la
personne que vous aviez choisie dans le futur. Je pense que ce serait
bien si Harry vous aidait, surtout pour le médaillon de
Salazar et la coupe de Helga.
Le directeur nous propose alors de nous revoir dans une semaine pour décider ce que nous devons faire pour récupérer les horcruxes. Nous approuvons sa proposition et sortons du bureau. Aussitôt, Harry me remercie pour ce que j'ai dit. Il semble ému. Je pensais qu'il savait pour Albus et lui. Enfin, cela ne me regarde pas. Peut-être que leurs entraînements, les aidera à renouer à cette époque-ci. Ce serait bien. Albus m'a toujours paru bien seul. Je souris au plan que je suis en train d'échafauder. Je suis une vraie petite conspiratrice.
Arrivée dans la salle commune, je vois
Sirius, qui discute avec Peter et Remus. Harry suit mon regard et
semble fatigué de mon obsession :
- Je te laisse Anna, je
vais aller m'entraîner.
- Ok fais-je déjà
complètement ailleurs.
Est-ce que je vais le voir ? Il a
dit qu'il voulait discuter avec moi ? Mais est-ce aujourd'hui ou
bien un autre jour ? Allez courage Anna, c'était ton
ex-petit ami, et ce sera ton futur copain, il ne faut pas avoir peur.
Alors pourquoi je ne bouge pas ?
Finalement après m'être
fait remarquée par Remus, Sirius vient à mon
encontre.
- Salut ! Alors qu'est ce que tu fais plantée
au milieu de la salle commune ?
- J'essayais de me convaincre
d'aller te voir répons-je franchement.
Il remarque avec
un sourire triste :
- Je ne pensais pas qu'on en arriverait
là.
- Moi non plus
Un silence gênant s'installe.
-
Alors reprend Sirius, tu venais d'où avec Harry ?
Je sens
la menace planer.
- On a discuté comme tu le souhaitais.
-
Ah se contente-t-il un peu gêné. Tu sais, je voudrais
qu'on recommence, mais si en plus je dois me demander à
chaque fois si toi et lui…
- On est ami, rien de plus.
- Je
sais fait malheureux Sirius, mais c'est plus fort que moi.
- Je
comprends.
- Bon je vais retourner avec mes amis annonce Sirius.
J'ai été ravi de discuter avec toi. On se revoit
demain ?
Je lui confirme mon accord et il me fait une bise sur la
joue.
ooOOoo
Je t'aime
ooOOoo
Toujours la même
vision d'un Sirius plus âgé énonçant ces
trois petits mots « je t'aime ». Je suis un peu déçue
qu'il ne m'embrasse pas, mais je vois à son regard dirigé
vers Peter qu'il a fait ça pour le ménager. Je me
sens confiante. Nous allons retourner ensemble. Bientôt Sirius
comprendra et acceptera ce que j'ai fait. Il me soutiendra dans
notre guerre contre Voldemort et je pourrais enfin vivre heureuse
avec lui. Je souris. Je crois que je suis en bonne voie vers le
bonheur.
Le reste de la semaine, Sirius et moi continuons à nous apprivoiser. Je discute avec lui maintenant librement, même si nos sujets de conversation restent très anodins (la couleur du ciel, le temps, la couleur du ciel, les devoirs, la couleur du ciel…). Par contre nous ne discutons toujours que tous les deux. Peter ne me supporte pas et Sirius ne supporte plus la présence de Harry. Cela me chagrine. J'aimerais tellement que tout le monde se fasse la paix. Malheureusement ce n'est pas le cas.
-
Anna m'annonce joyeux Sirius. J'ai parlé avec Peter, il a
dit qu'il te supporterait. Si tu veux, on peut manger
ensemble.
Quel joli terme « supporter ». Enfin je
prends mon mal en patience. Je dois faire des concessions, pour être
avec Sirius. Je demande cependant :
- Et Lily?
- C'est OK.
Elle mange avec nous.
- Et Harry, je me risque.
- Non pas lui
répond rudement Sirius.
- Je ne sais pas …
- Tu dois
choisir, s'énerve froidement Sirius, c'est Harry ou moi
!
Que choisir ? Si je ne fais pas de concessions, je ne serais
jamais plus avec Sirius. Une idée me vient à l'esprit.
Je vais avec lui et quand il aura confiance, je pourrais faire
réintégrer Harry. Non, cette idée est idiote.
Jamais Harry n'acceptera ça. Je dois choisir. Harry ou
Sirius.
- Si il n'y a pas d'autres moyens fais-je la mort dans
l'âme, alors j'irais avec toi. Laisse moi juste leur en
parler.
Sirius m'embrasse et me laisse à ma peine. Quel
déchirement !
Lorsque je retrouve mes deux amis et que
je leurs explique la situation, ils ne répondent rien. Harry
garde la tête baissée, comme si je l'avais tué
de l'intérieur. Soudain Lily s'énerve comme
jamais.
- Je ne laisserais jamais Harry manger seul. Harry a
raison. Sirius exige trop de toi. As-tu au moins une once d'orgueil
? Tu ne devrais pas choisir. S'il t'aimait il ne demanderait pas
ça.
Elle continue ainsi un long moment, mais je ne
l'écoute plus. Lily est ma meilleure amie, elle devrait
comprendre.
- Laisse Lily, l'arrête Harry. Tu vois bien
qu'Anna est amoureuse, tu ne pourras rien faire pour la faire
changer d'avis. Mais saches une chose Anna me fait-il attristé,
Sirius n'accepte pas ce que tu es. Il aime une image, mais il ne te
voit pas telle que tu es. Moi, si ! Je te vois avec tes atouts et tes
défauts Anna, et je t'accepte ainsi. Lily aussi, rajoute
Harry à la dernière minute. Et tu sais quoi ? Sirius ne
verra jamais à quel point tu es merveilleuse !
Sur ces
paroles Harry s'en va en courant. C'est la première fois
qu'il me fait un compliment de la sorte. Ces paroles m'ont
bouleversé.
- Anna, je suis très énervé
contre toi annonce Lily avec une rage contenue. Tant que tu n'auras
pas fait tes excuses à Harry ce n'est plus la peine de me
parler.
Elle part alors à la poursuite de Harry. Moi je
reste là, sans bouger. Des sentiments de haine à mon
égard se propagent en moi comme du poison me tuant à
petit feu. J'ai perdu mes seuls amis pour être avec Sirius.
Ai-je eu tort ? J'ai l'impression de les avoir trahis. Suis-je
comme Peter. Peut-être… De toute façon les dés
sont jetés. J'espère avoir fait le bon choix…
Au dîner, sans entrain, je vais m'asseoir près de Sirius comme pour parachever ma trahison. Cependant le cœur n'y est plus. Sirius m'accueille par un grand sourire, mais je ne réponds rien. Je me contente de manger en silence, encore bouleversé par mon choix. Est-ce que je suis comme Peter ? Non, je ne veux pas être comme lui. Les maraudeurs parlent de Quidditch. Ils font comme si je n'étais pas vraiment là. Ca m'arrange. A la fin du repas, je les laisse et retourne au dortoir, réfléchissant toujours aux paroles de Lily et Harry. Sirius ne devrait pas me demander de choisir. S'il m'aimait il ne devrait pas me demander un tel choix. Mais je l'aime. Mais est ce que je l'aime à ce point ? Un doute s'insinue en moi que je refoule immédiatement. Sirius est l'homme de ma vie, je l'ai vu dans ma vision, point final.
- Anna m'interpelle
Sirius avant que je n'atteigne les escaliers. Tu n'as rien dit du
repas ça va ?
- Non fais-je avec quelque colère
refoulée. Tu m'as demandé de choisir entre mes amis
et toi et j'ai choisi. Mais maintenant je suis malheureuse et je me
demande comment quelqu'un qui m'aime peut m'infliger ça.
-
Et moi, répond du tac au tac Sirius, je me demande comment tu
as pu laisser des gens mourir. Alors je crois que ce que j'exige
n'est pas très grand par rapport au fait d'oublier tout ce
que tu as fais.
- Qui te parle d'oublier fais-je d'une voie
étranglée. Je ne regrette rien du passé. Sauf
peut-être pour ma famille. Mais si c'était à
refaire je refais presque tout de la même façon !
Sirius
se recule de dégoût face à mon affirmation.
-
Comment peux-tu dire de telles atrocités. Pense à Peter
qui a perdu Sarah par ta faute. J'essaye tant bien que mal de faire
avec, mais tu rajoutes sans cesse de la mandragore dans ta salade. On
dirait que tu ne veux plus être avec moi ?
- Eh bien, là,
tout de suite, … je me le demande, fais-je avec colère. Si
tu n'acceptes pas qui je suis alors pourquoi devrais-je être
avec toi ?
Je me rends bien compte qu'il fait des efforts et que
c'est moi qui le cherche. Mais je lui en veux tellement pour ce
qu'il vient de me faire faire. Ce n'est pas moi ! Peter l'aurait
fait mais pas moi. Suis-je prête à sacrifié tout
ce qui m'est propre juste pour que Sirius m'aime. Je repousse la
question dans le tréfonds de mon esprit et repars vers mon
dortoir. Sirius m'arrête en prenant ma main. Il semble avoir
oublié momentanément l'activation de mon
don.
oooOOOoo
Je t'aime ma psychologue.
ooOOOOoo
Je
m'écarte brusquement de lui et j'éclate de rire. Un
rire de fou. Une simple phrase et je viens de comprendre en un
éclair, l'erreur monumentale que j'ai faite. Sirius ne
sera jamais plus avec moi. Il va sortir avec une autre fille. Ce
n'est pas à moi à qui, il dit ces jolis mots. Je ne
serais jamais une psychologue. Maintenant je comprends que son regard
dans ma vision ne m'a jamais été destiné. Nous
ne finirons jamais ensemble. Je sens une douleur atroce dans mon
cœur.
- Qu'est ce qu'il y a me demande soudain Sirius.
La
douleur me passe et est vite remplacée par une sensation
d'être extralucide.
- Tu sais quoi Sirius ? fais-je entre
deux hoquets. Je crois que je suis la fille la plus bête du
monde. Ma vision ne me montrait pas le destinataire des paroles. Je
croyais que c'était moi que tu aimais. Mais ce n'est pas à
moi à qui tu destinais ces jolis mots. Quelle sotte j'ai
été.
- Je ne comprends rien, me commente Sirius
perdu.
Sans m'en rendre compte je parle vite comme ayant peur de
perdre le début des réponses qui s'affichent en moi
:
- Depuis deux semaines je m'accroche à toi en pensant
que nous reformerons un couple magnifique telle que ma vision me le
montre. J'étais prête à tous les sacrifices,
car je te voyais follement amoureux de moi, mais c'était
faux. Nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre. J'aurais du me
fier plus à mes sentiments qu'à ma vision. En fait
j'aurais du m'en rendre compte plus tôt seulement, je
persistais à croire à la vision idyllique que je
voyais. Nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre.
- Quoi ?
s'exclame Sirius incrédule.
- C'est très clair
maintenant, Sirius, j'explique avec illumination. Tu me vois comme
une jeune fille parfaite. Je suis pleine de défauts. A
contrario, moi je te voyais comme un preux chevalier, qui me
sauverait de mon don. Mais je n'ai pas besoin d'être
sauvée. Ce don est en moi, il fait partie de moi, et je suis
ce que je suis. Harry et Lily avaient raison. C'est fou, fais-je
presque soulagée, tout est clair maintenant. Je ne dois pas
avoir honte de ce que je suis ni de ce que j'ai fait. Je ne dois
pas avoir peur de mon don.
J'éclate de rire enfin
soulagée de comprendre ce que Lily et Harry essayaient de me
faire comprendre depuis longtemps.
- Je ne comprends rien fait
Sirius maintenant énervé.
Je me rends compte que
dans mon exaltation j'en ai oublié d'être
compréhensible.
- Excuse-moi Sirius fais-je en empruntant
un ton calme et en essayant d'être diplomate. Je viens de me
rendre compte que nous ne serons jamais heureux ensemble.
- Tout
ça à cause d'une vision me coupe Sirius.
- Non, à
cause de moi, fais-je sans savoir s'il comprendra.
- C'est ça,
se méprend Sirius. Tu te moques de moi en fait. Tout ce petit
jeu depuis deux semaines. Tout ça pour me dire ça
maintenant. Je ne te pardonnerais pas de jouer avec mes sentiments.
En tout cas tout est fini entre nous ! Et ne viens plus me chercher.
Je ne veux plus te parler. Non, je ne veux plus te voir, se reprend
Sirius hors de lui.
- Ne le prend pas comme ça, fais-je le
plus gentiment possible.
- Je le prend comme je veux, gronde
Sirius. Allez va retrouver Harry.
Je reste un instant interdite
par ces dernières paroles. Que fait Harry dans cette
discussion ? Je constate avec dépit que nous ne nous
comprenons pas. Mais nous sommes nous compris une seule fois ?
Sûrement, mais plus maintenant.
Je dis au revoir à
Sirius même s'il est trop loin pour m'entendre, puis monte
dans ma chambre. J'y retrouve Lily. Je lui explique que je viens
enfin de comprendre que Sirius n'était pas l'homme de ma
vie et que je me rattachais à une stupide vision de bonheur
qui ne m'était pas destiné. Je lui fais aussitôt
mes excuses. Nous nous retrouvons instantanément dans les bras
l'une de l'autre. Lily m'a toujours pardonné rapidement
mes erreurs. Et pourtant j'en fais des tas. Elle me demande même
si je vais bien. Alors que c'est moi qui lui ai fait du mal…
Est-ce que j'ai déjà dit que j'avais une chance
inouïe d'avoir Lily comme amie ?
Le lendemain matin j'appréhende beaucoup ma discussion avec Harry. Mais Lily m'assure que tout va bien se passer. Balivernes. Harry met bien dix minutes à me faire languir avant de me pardonner. Enfin on peut tout de même dire que Lily avait raison. Harry n'est pas vraiment rancunier. Heureusement pour moi ! Par contre, Sirius si ! Durant le déjeuner je reçois des regards meurtriers de la part de Sirius. Je crois bien qu'il est très en colère contre moi. Mais je sais que j'ai eu raison. Sirius n'est pas vraiment amoureux de moi, même s'il ne sent rend pas forcément compte. Il va être beaucoup plus heureux avec sa psychologue. Je me mords légèrement la lèvre inférieure. Même si Lily et Harry avaient raisons sur ma relation avec Sirius, ce n'est pas facile de renoncer à lui. Ce n'est peut-être pas l'homme de ma vie, mais il était si prévenant avec moi. Je soupire. J'ai sûrement perdue un ami précieux. Enfin, il ne vaut mieux pas me torturer l'esprit avec ça. Heureusement que nous sommes mercredi et que je ne le vois pas de la journée. Je remarque nostalgique qu'avant je me disais exactement le contraire. Comme quoi, la roue du destin tourne.
En divination notre professeur essaye de nous faire deviner l'issu d'un combat d'hippogriffes prévu ce soir. Je me demande si ce ne serait pas pour gagner un quelconque pari. Enfin, si j'étais lui je ne miserais pas gros, nos prédictions étaient complètement lamentables. Et après on se demande pourquoi le ministre ne voulait pas croire en mon don divination. S'il a eu les mêmes cours que moi…
L'après midi est plus particulier.
J'ai pris ma journée avec Pompom, pour aller faire quelques
achats avec Lily durant la sortie à Pré-au-Lard. D'ici
une semaine et deux jours c'est Noël et je voulais acheter un
cadeau pour Sirius avant qu'il ne parte en vacance chez les Potter
ce week-end. Harry ne vient pas car il a son premier entraînement
avec Albus Dumbledore.
- Anna ça tiens toujours ? demande
incertaine Lily.
- Oui pas de problème fais-je légèrement
maussade. Allons acheter des cadeaux pour … des gens fais-je
réalisant que je n'ai plus de famille, plus de petit copain
et que donc je ne sais pas vraiment à qui je pourrais offrir
des cadeaux.
- Anna je sens que cela ne va pas, rétorque
Lily sure d'elle.
- Non, ce n'est pas la forme avoue-je. Mais
j'ai envie de vous acheter des cadeaux pour Noël. D'ailleurs,
tu restes ici cette année ?
- Oui comme l'année
dernière, répond Lily triste à son tour.
-
Et bien, avec Harry, cela ne devrait pas être si triste que
cela, non ?
- Tu as raison rajoute optimiste Lily. Allons faire
nos achats.
L'après midi ce passe mieux que je l'avais espéré. Lily et moi, nous nous séparons une heure pour acheter notre cadeau respectif. J'ai acheté quatre cadeaux. Le premier est pour Lily, c'est un livre sur « comment tenir une maison de sorcier ». Je pense que cela pourrait l'aider pour son futur cours. Pour Harry je lui ai acheté un collier en forme d'étoile censé le protéger. C'était un peu cher, mais le vendeur m'assurait que la protection marchait vraiment. Je me suis dit qu'une protection supplémentaire cela n'était pas de trop. Le troisième cadeau est pour Sirius, c'est un répertoire d'adresse qui se réactualise dès que quelqu'un déménage. Bien sûr cela reste limité comme fonctionnement, si la personne n'est pas répertoriée au ministère, alors cela ne marche pas. Mais c'est l'intention qui compte. J'y ai mis mon adresse bien sûr. Je m'étais promis de ne rien lui acheter, mais finalement, ce n'est pas parce qu'il n'est plus mon petit copain qu'il n'est plus mon ami. Je crois qu'hier j'étais trop radicale. Sirius et moi n'étions peut-être pas des âmes sœurs, mais nous étions de très proches amis. Peut-être que ce cadeau nous permettra de faire la paix.
Le tout dernier cadeau est pour moi. C'est un joli chat noir. C'est Lily qui en a eu l'idée, mais elle m'a avoué que c'était malheureusement trop cher pour me l'offrir. Après réflexion, je me suis dit que je pouvais bien me faire ce cadeau. Lily souriait à pleine dent et le chat nommé Sapristi, était au ange. Il faut dire qu'ayant un peu de magie elfe en moi, tous les animaux désiraient que je les achète. Le vendeur n'avait jamais vu ça. Les animaux n'arrêtaient pas de se pavaner devant moi. Enfin, c'était une bonne journée finalement.
- Oh qu'il est mimi s'écrit pleine de
joie Mary, une de nos deux camarades de chambrée. Comment il
s'appelle ?
- Sapristi.
- Où l'as-tu trouvée
énonce Mary tout en chatouillant le petit chat.
- Je l'ai
acheté à Pré-au-Lard. C'est mon cadeau de
Noël. Pour ne plus être seule, me justifie-je.
Mary me
fais un sourire malheureux puis me rend Sapristi:
- Je crois qu'il
t'adore déjà ! me remarque-t-elle gentiment.
Je
propose alors à Lily d'aller présenter mon compagnon
d'infortune à Harry, mais Lily refuse baragouinant une
urgence dans ses devoirs à faire. Un moment je reste confuse
de sa réaction puis je réalise, que ses réunions
avec James ont sûrement du être étendues au
mercredi soir. Je souris devant cette découverte, avant de me
décider à y aller toute seule. Lorsque j'entre dans
la salle d'entraînement, Harry et Albus bataillent comme des
fous, et ne remarquent même pas ma présence. Je dois
dire qu'ils sont impressionnants. Albus gagne à tous les
coups, mais Harry se défend bien. Sapristi ne semble pas aimer
car il cherche à se débattre dans mes bras. Je referme
la porte pour être sure qu'il ne s'en aille pas et je le
dépose par terre.
- Anna ! réalise soudain Albus.
Tu es là depuis longtemps ?
- Non pas vraiment.
Sapristi
reste près de moi mais semble se cacher derrière mes
jambes, comme s'il se croyait ainsi être invisible.
- Tu
vas bien ? me demande pour la forme Harry.
Je répond par
l'affirmative et change rapidement de sujet :
- Vous êtes
impressionnants ! Je pensais que vous ne faisiez que de
l'occlumencie, mais vous vous battez pour de vrai.
- Pas tout à
fait, me corrige Harry. Albus a mis un sort sur nos baguettes
permettant aux sorts que nous lançons de se transformer en
peinture s'ils touchent leurs cibles.
Je constate que Harry
appelle le directeur par son prénom. Il semblerait que ces
exercices les rapprochent. Je demande sur le ton de la conversation
:
- Et tu gagnes ?
- Eh bien, se moque Harry gentiment de
lui-même, je suis couvert de peinture, et Albus n'a qu'une
tache verte.
- Mais Harry est très fort rajoute Albus. Cela
faisait longtemps que je n'avais pas affronté un adversaire
aussi inventif. Il a déjà le niveau d'un auror
aguerri, rajoute-t-il. Je me demande comment j'ai fait pour
t'apprendre à te faire réagir aussi vite à mes
attaques.
Harry ne répond pas, et je le comprends bien. Qui
aurait envie de contredire le professeur et lui raconter ses six
années d'horreur. Albus essaye de détendre
l'atmosphère.
- Ne te retourne pas Anna, mais je crois
qu'un monstre poilu se cache derrière toi.
Je sursaute.
C'est vrai que j'étais venue pour leur présenter
Sapristi. Je le prend dans mes bras et leur annonce :
- Voici
Sapristi. C'est mon cadeau de Noël. J'ai pensé que ce
serait bien un peu de compagnie.
Harry et Albus le caressent
gentiment, mais Sapristi ne s'intéresse qu'à moi.
-
C'est étonnant, remarque Albus Dumbledore, je me suis
toujours demandé comment vous faisiez pour recevoir autant
d'affection des animaux.
- C'est vrai, rajoute Harry
réalisant ce don.
Je me crispe légèrement.
Est-ce que Albus pourrait savoir ? Je le regarde droit dans les yeux,
mais je n'y vois aucune manigance. C'était simplement une
remarque comme cela. Tout de même secouée par le
commentaire du directeur, je prends rapidement congé d'eux,
les laissant travailler dur.
Je passe finalement toute ma
soirée à montrer mon chat à mes camardes de
classes. Harry et Lily me rejoignent au cours de la soirée.
J'évite soigneusement les maraudeurs mais Sirius se permet
tout de même une remarque désobligeante lorsqu'il
découvre mon animal :
- Un chat ! Vraiment, il fallait que
ce soit un chat !
- De toute façon, rajoute Peter, tu
n'auras pas à le supporter.
- C'est vrai mon petit
Peter, le remercie Sirius. Moins je vois sa maîtresse mieux je
me porte.
Grâce à cette dernière réflexion,
Sirius n'a plus aucune chance de recevoir un cadeau à Noël.
Il est hors de question que je sois encore amie avec lui. Il ne fait
aucun effort envers moi, je n'en ferais aucun envers lui. Tant pis
pour lui.
Je me rends compte que je suis très en
colère. James dévisage un instant ma boule de poil qui
vient se frotter contre lui, puis passe son chemin. Mais Sapristi est
décidé à le suivre. Heureusement Remus, le prend
et me le ramène. Le chat noir n'arrête pas de
gesticuler n'aimant sûrement pas la présence du
loup-garou.
- Tiens m'annonce-il avec un regard triste, tout en
me donnant Sapristi. C'est un joli chat que tu as là. C'est
dommage, qu'il ne m'aime pas.
Je le remercie timidement avant
qu'il n'aille retrouver ses amis. J'en reste interdite.
-
Attends, m'interpelle Harry qui a assisté à toute la
scène. C'est Remus qui vient de te parler ? Un maraudeur
vient de te sourire !
- Oui c'est bizarre rajoute Lily méfiante.
Normalement Sirius leur a demandé de ne pas te parler. Enfin
se reprend Lily, je veux dire que je pense qu'il a du leur demander
ça. Parce que sinon comment le saurais-je ? Hein ?
Lily
s'empêtre elle-même dans son mensonge. Elle ne sait
vraiment pas mentir. Cependant ni moi ni Harry ne relevons cette
boutlette. Nous savons tous les deux qu'elle rencontre maintenant
James le mercredi et le vendredi soir. Cela ne devrait plus tarder
avant qu'ils ne sortent ensemble. A moins qu'il ne faille un coup
de pouce ? C'est vrai que l'élément déclencheur
était la mort des Potter. A cause de ça, James s'était
confié à Lily et avait fini par l'embrasser. Mais les
mangemorts responsables de cette horreur ont tous été
arrêtés ou tués. Il faudra que je surveille cela
de près, mais plus tard. A la rentrée. Là, j'ai
un petit chat à m'occuper.
oo00oo
Le lendemain
matin, Harry ressort de son dortoir de couleur bleuâtre. Je ne
demande même pas la raison. Nous la connaissons tous : la
jalousie de Sirius. Il semble bien le prendre. Moi je n'apprécie
pas. Je n'ai pas envie que moi ou mes amis subissions les foudres
de Sirius. Mais Harry m'assure que tout va bien. Nous
l'accompagnons, Lily et moi à l'infirmerie ou Pompom lance
un regard désapprobateur à Harry croyant sûrement
qu'il s'est encore mêlé à une histoire
tordue.
- Sirius n'est pas avec toi Anna ? demande Pompom après
avoir expliqué à Harry que la couleur partira d'ici
vingt-quatre heures.
- Non, nous ne sommes plus ensemble.
-
Vous m'en voyez désolé, répond-elle tout en
regardant d'un œil neuf Harry.
Me sentant mal à l'aise,
nous sortons de l'infirmerie.
- Désolée, Harry,
fais-je misérable.
- Non, de toute façon ce n'était
qu'un avertissement.
- Un avertissement demande Lily ?
- Oui,
hier soir, Sirius m'a pris a part pour avoir une discussion d'homme
à homme.
Lily et moi nous arrêtons net devant la
nouvelle. Je crie furieuse :
- Il a fait quoi ?
- Du calme
reprend Harry. Il n'y a pas de problème. Nous devions bien
avoir un jour ou l'autre cette discussion. Il est persuadé
que si tu ne veux plus sortir avec lui c'est à cause de moi.
Qu'on sort ensemble, reprend Harry gêné devant mon
regard d'incompréhension.
Je fulmine.
- Mais c'est
n'importe quoi !
- Et tu as répondu quoi ?demande Lily
curieuse.
- Je lui répondu qu'il était perspicace,
répond Harry fier de lui.
Je manque de m'étouffer
tandis que Lily éclate de rire.
Harry rajoute un peu rouge
:
- Ce que j'aurais dit n'aurait rien changé. Il était
persuadé que c'était moi la cause de votre rupture.
Alors autant le lui faire croire jusqu'au bout.
- Mais tu es fou
! je m'exclame.
- Non reprend plus sérieux Harry.
Maintenant, il ne s'acharnera que sur moi et non pas sur Lily ou
toi. Et moi je sais me défendre.
- On voit ça,
remarque Lily ironique.
- Je ne pensais pas qu'il irait jusque
là, avoue Harry penaud. Mais maintenant que je suis prévenu,
je ne me ferais plus avoir.
Lily arpente alors des allez et retour
entre Harry et moi, tout en affichant un sourire machiavélique.
-
Pourquoi pas, semble Lily ravie. Vous allez bien ensemble. Vous êtes
tout le temps fourrés ensemble et le vendredi soir vous
disparaissez mystérieusement. Je pense que tes paroles sont
crédibles Harry.
Je suis morte de honte. Je n'oserais
plus jamais aller le vendredi soir, dans les réunions de
Dumbledore avec Harry.
- C'est juste pour faire enrager Sirius,
reprend Harry rouge tomate. On fera vite cesser cette rumeur
idiote.
- Oui, oui, je rajoute frénétiquement.
-
Hummm, reprend Lily tout heureuse de son nouveau jeu, dans ce cas
c'est qui, qui largue qui ? Si c'est Anna, nos camarades
Poudlariens vont croire qu'Anna est une aguicheuse. Si c'est
Harry, il va être traité de playboy, et Sirius sera
encore plus furieux.
Je n'aime pas ce petit jeu. J'ai bien
envie de l'embêter avec James pour lui faire la leçon,
mais j'ai peur qu'elle se braque contre lui, et l'avenir du
bébé Harry est plus importante que mon orgueil.
- Eh
bien, propose Harry avec un air qui se veut prétentieux, je
pense qu'il vaut mieux que ce soit moi qui casse. Ca paraîtra
plus crédible. En plus, cela me permettra de me faire une
solide réputation auprès de la gente féminine.
Peut-être qu'enfin, Anastasia voudra bien sortir avec
moi.
Lily et moi pouffons de rire. Anastasia est la version
féminine de Casanova. Elle drague tout homme dans un rayon de
cent mètre.
- Eh bien on te souhaite bien du courage répond
Lily entre deux éclats de rire.
Harry nous fait une
révérence pour clore cette discussion.
Moi je ne
souris pas. Harry a beau prendre un air amusé, je vois bien
que la haine de Sirius lui fait mal. Sirius est tout de même
son parain. Je lui précise d'ailleurs en aparté mon
inquiétude.
- Ne t'inquiète pas Anna, me réponds
serein Harry. Je me dis que ce Sirius est un adolescent, qu'il
n'est pas vraiment mon parain. C'est un autre Sirius. Mon parrain
est mort pour me sauver la vie, et Sirius « ado » vit,
lui, pour me pourrir la vie.
Il sourit tristement puis se
reprend.
- En fait je dois avouer que ce n'est pas facile, mais
je tiens le coup. Je me dis que tout ce que j'endure, n'est rien
si nous arrivons à changer le futur. Je suppose que c'est
ton cas aussi ?
Je repense un instant à Lielos, à
Enul, et à mon sacrifice.
- Tu ne peux pas savoir à
quel point réponds-je maussade.
- Tu vois me répond
cette fois-ci Harry résigné. On est tous dans le même
bateau. Mais on va y arriver, on va tuer Voldemort.
Je souris à
mon tour. L'optimisme de Harry est communicatif.
ooOOoo
Dans
l'après-midi le souhait de Harry est exaucé : il est
devenu populaire. Mais pas pour les raisons que nous avions abordé
dans la matinée. En fait il semblerait qu'il ait reconnu le
chef des aurors, M. Potter alors qu'il était sous
polynectar. Enfin je laisse Lily me raconter tout cela en détail
au repas du soir alors que Harry devient de plus en plus rouge.
-
Anna tu aurais du voir ça, c'était fantastique. On
est rentré comme d'habitudes en cours, sauf que Sirius nous
cherchait des poux. Heureusement James l'a calmé et nous
nous sommes assis tout devant pour ne pas être près
d'eux. Enfin bref, reprend Lily, on était étonné
que notre prof ne soit pas là. En fait il était en
retard. Enfin non c'était pas lui, mais ça il ne le
savait pas et…
Je la coupe devant son excitation:
- Lily
calme toi et sois plus claire.
- Oui mais si tu avais vu la scène
Harry a été extra.
Je regarde discrètement
Harry qui regarde ses chaussures.
- Enfin, reprend Lily, le prof
arrive et il pose son sac a coté du bureau. D'habitude il le
met au dessus. Donc il était en retard, il change d'habitudes
et il nous demande où nous en étions, alors que ce prof
était toujours très carré. Enfin nous, on lui
répond qu'on est en train de voir les sorts défensifs
de niveau 7, et plus précisément le bouclier de
protection, et tu sais quoi ?
- Non essayé-je de placer
dans le flot de paroles de Lily.
- Eh bien au bout d'une heure,
lorsque le prof s'est mis à sortir une petite fiole pour
boire, Harry s'est levé a lancé un sort de
désarmement au professeur, qui ne l'a pas vu venir. Puis il
a couru vers le prof, a mis un pied sur le corps du professeur alors
qu'il était étendu par terre, a pointé sa
baguette sur le prof et a dit texto : « Ne bougez plus. Si vous
faites un geste je vous tue. Dites moi qui vous êtes tout de
suite ». Après Harry a demandé à Harold
d'aller chercher Dumbledore, mais le vrai professeur est entrée
dans la classe et l'a arrêté en demandant à
Harry de se calmer. Il nous a expliqué que c'était un
test pour savoir si nous avions retenu ce qu'il nous avait appris
en début d'année. Regarder chaque détail au
cas où quelqu'un serait un mangemort sous polynectar.
-
C'est dingue ! m'exclamé-je à mon tour pleine
d'admiration pour Harry. Comment tu as fait ça ?
- Je…
et bien…
- Il a su trouver les détails qui ne trompent
pas, le coupe Lily avec un air d'expert. Le sac, le fait qu'il
soit en retard et qu'il ne sache pas ou nous en sommes, et puis
pleins d'autres détails…
- Eh ben, me contenté-je
de dire admirative.
- Tu as pris de gros risque Harry reprend
Lily, cette fois-ci inquiète. Imagine que tu te sois trompé
?
- J'avais des soupçons commente Harry, et quand il a
sorti le fiole, je n'en avais plus aucun. Il m'a dit, rajoute
Harry, les yeux dans la vague, que peu de personnes auraient pu le
démasquer. Il m'a félicité.
Je sens que ces
derniers mots ont de l'importance. Harry affiche alors un sourire
timide avant de rectifier ses dires:
- Enfin, tout le monde aurait
pu le faire. S'il avait déjà vu comme moi, plusieurs
fois des personnes sous polynectar.
- Vraiment s'enthousiasme
Lily ? Dans ton école d'avant on faisait aussi des tests de
ce genre ?
Le regard de Harry s'assombrit. Je décide
d'intervenir :
- Le passé de Harry ne change rien, je
suis sure que même en ayant déjà vu des personnes
sous polynectar, peu de personnes auraient pu le démasquer.
D'ailleurs, j'aimerais bien savoir qui était l'homme
sous polynectar.
- C'était M. Potter me fait Lily comme
si cela n'avait pas d'importance, le père de James.
Est-ce
que Harry pouvait tomber sur pire scénario? Mais je revois mon
jugement à la fin du repas. En effet, M. Potter vient le
féliciter en personne
- Je n'ai pas eu le temps de vous
le dire, mais je suis admiratif devant votre sens de l'observation
Harry. Vous savez que très peu d'aurors en sont capable. Si
vous ne savez pas encore choisi d'orientation après
Poudlard, je vous conseille la formation d'auror. Nous serions ravi
de vous accueillir.
Les yeux de Harry s'illuminent de fierté.
Henry Potter ne le sait pas, mais il vient de rendre son petit-fils
très heureux.
Le soir cependant, alors que nous
jouons tranquillement au Mah-jong, Sirius se montre particulièrement
jaloux.
- Alors voici notre célébrité. Il
découvre que notre professeur est un faux, et aussitôt
il se croit invulnérable.
Harry reste impassible et ignore
royalement Sirius qui se trouve derrière lui. Je ne sais pas
comment il fait, mais cela ne plaît pas du tout à
Sirius. Il met alors sa main dans sa poche et en ressort de la poudre
jaune. Je m'écris à toute vitesse :
- Attention
Harry !
Aussitôt Harry se retourne tout en faisant un
croche-pied à Sirius qui tombe à la renverse. Puis en
quelques secondes, Harry bloque les mains de Sirius et pose son
genoux sur le thorax de Sirius et l'immobilise sûrement de la
même façon qu'avec M. Potter en DCFM.
- Lâche
moi ! s'écrit Sirius.
Harry lui semble très en
colère, mais se force à se calmer :
- Sirius, tu es
quelqu'un que je tiens en très haute estime, alors ne
devient pas fourbe en essayant de me piéger de façon
déloyale. C'est bassement Serpentard.
Les yeux de Sirius
se plissent sous l'insulte. Harry le relâche.
- Bien ! Si
c'est comme ça, je te propose un duel annonce Sirius avec
défi.
- Sirius, laisse-les tranquilles ordonne James avant
que Harry ne réponde à l'affront.
- C'est hors
de question rétorque Sirius. Harry n'arrête pas de se
pavaner depuis cet après midi! Cela m'insupporte.
- Dis
plutôt que tu ne supportes pas qu'Anna l'ait préféré
à toi, murmure Remus assez fort pour être entendu.
-
Quoi ? s'écrit Sirius au comble de l'énervement.
-
Ca suffit ! hurle à son tour James. Je ne veux plus de
disputes entre vous deux c'est clair ? J'en ai marre de cette
ambiance pourrie.
James sort de la salle commune, immédiatement
après son éclat de colère, sous les regards
ahuris de l'assistance. Il est vraiment très rare de voir
les maraudeurs se disputer.
- James ! murmure Sirius penaud avant
de poursuivre son meilleur ami.
Remus lui regarde ses pieds comme
s'il regrettait ses propres propos avant d'aller dans sa chambre.
Peter se retrouve tout seul et s'approche alors près de moi
et me chuchote dans l'oreille:
- Tu es vraiment une fouteuse de
merde. Tu aurais du mourir avec ta famille de moldue.
J'en reste
estomaquée. Comment la situation a-t-elle pu dégénérer
comme cela ? Moi qui n'est rien vu venir. Est-ce que j'aurais
perdu définitivement mon don ? Pourquoi tout est brouillé
lorsque je touche quelqu'un ? Comment vais-je empêcher la
mort des autres ? Est-ce que c'est vraiment moi la responsable de
tout ce désastre ?
- Anna m'interpelle Lily. Qu'est ce
qu'il t'a dit ?
Je me ressaisis. C'est vrai que Sirius ne
serait pas aussi énervé si je n'étais pas
sorti avec lui, mais quand même responsable de tout ? Non, je
ne suis pas responsable de tout ça. Sirius et Remus auraient
quand même été en froids. James aurait perdu ses
parents. Non je ne suis pas ce qu'il dit.
- Anne me demande
Harry, encore énervé. Que t'a dit ce sal rat ?
Je
suis quelqu'un de bien. Quelqu'un qui est prête à se
sacrifier pour que tous ces gens ingrats vivent heureux. Non je suis
quelqu'un de bien, quoiqu'il puisse dire.
- Anna insiste Harry
?
Je lui souris ainsi qu'à Lily :
- Pas de problèmes.
Je vais très bien. Je trouve seulement la situation triste.
C'est dommage que les choses tournent de cette manière.
-
Oui soupire Lily. J'aimerais bien que cela revienne comme avant.
Enfin reprend-elle je veux dire quand nous étions tous
amis.
Harry lui pose une main sur son épaule et la
réconforte :
- T'inquiète Lily, je suis sûr
que cela va s'arranger un jour.
Je constate que cela doit être
de plus en plus dur pour Lily et James de se voir en secret. Ils
prennent de gros risques dans leurs amitiés respectives. Enfin
de notre coté, ni Harry ni moi ne sommes contre. Je sursaute.
Est-ce que Lily le sait au moins ?
- Lily, fais je en m'assurant
que plus personne ne nous écoute, tu sais qu'avec mon don,
je sais certaine choses sur toi et James…
Elle me regarde
effarée comme suivant ma pensée.
- Je ne fais rien,
commence Lily…
Je la coupe aussitôt pour ne pas lui
laisser le temps de dire quoique ce soit :
- Moi je trouve ça
très bien ce que tu fais avec James. Harry est de cet avis
aussi.
- Bien sûr, rajoute-t-il ne voyant pas où je
veux en venir.
Lily se mord la lèvre inférieure.
-
Comment…Vous… hésite-t-elle. Vous n'avez pas de problème
avec ça ?
- Bien sur que non, réitère Harry.
Comme je l'ai dit tout à l'heure, moi aussi j'aimerais
bien que tout redevienne comme avant.
Lily semble d'un coup
beaucoup plus soulagée et commence à nous relater avec
empressements, ses projets d'avenir. Elle nous propose même
courtoisement de venir participer, mais nous refusons poliment. Elle
dissimule mal la joie de notre refus. Elle doit sûrement déjà
être amoureuse de James. Je me félicite intérieurement
de cette nouvelle. Harry nous offre alors un sourire rayonnant. Je
crois qu'il est encore plus heureux que moi.
Fin du
chapitre.
Je remercie évidemment Alixe pour sa correction
et sa collaboration continue depuis plus d'un an.
Voilà
j'espère que vous allez bien et que les aléas des
publications ne vous gènent pas trop. Voilà normalement
je publierais dans trois semaines, cependant comme en ce moment Alixe
et moi sommes toutes les deux très prises ce sera difficile.
Enfin, nous faisons de notre mieux et j'espère que vous le
comprendrez. Voilà. Sinon, c'est un chapitre que j'ai
beaucoup travaillé et où j'ai pu retrouver quelques
fantaisies décritures. J'espère qu'il vous aura
plu.
Enfin j'espère que vous avez passé une joyeux
Halloween…
Sinon Emrah saches que je n'ai pas ton mail donc je ne peux pas répondre en détail à ta review. Je te remercie cependant pour tes compliments.
