Chapitre 17, Où la jalousie de Sirius fait des siennes

- Sirius, attends, m'écrie-je, tu as quelques minutes ?
J'entends des filles ricaner derrière mon dos. Depuis notre « pause », tout le monde se moque de moi. Pourtant il n'y a aucune honte à ce que je ne sois plus momentanément avec Sirius. Peut-être est-ce mon acharnement à vouloir être avec Sirius qui est risible ? Mais je désire tellement qu'il me serre à nouveau contre lui, pour que je me sente protégée.
Je vois qu'il dit quelques mots à ces amis puis me rejoins. Peter me lance un regard rempli de haine avant de partir près de jeunes filles pour relater pour la énième fois que son père est maintenant le directeur des services de renseignements. La découverte de M. Schepard en mangemort a été un choc important cette dernière semaine. Mais rien en comparaison des arrestations qui vont se faire bientôt. Je me recentre sur Sirius qui me demande :
- Qu'est ce que tu veux Anna ?
- Cela fait deux semaines, et je me demandais si tu avais réfléchis à … à nous ?
- Non me répond-il mal à l'aise. Je n'arrive pas à t'oublier, mais je n'arrive pas non plus à te pardonner.
Je sens mal partie la discussion, je passe alors à un niveau en dessous.
- Est-ce que je peux à nouveau te parler ?
- Eh bien c'est ce que tu fais en ce moment, me taquine Sirius.
Se rendant compte du ton presque amoureux qu'il a employé, il se reprend :
- Je ne sais pas Anna, laisse moi encore du temps.
Il part aussitôt. Je trépigne sur place. Deux semaines, et rien. Pas l'avancement du moindre avancement. Harry et Lily me rejoignent, spectateur de la scène.
- Anna arrête tu es en train de te ridiculiser, m'annonce Harry avec lassitude.
- Je n'y arrive pas réponds-je simplement.
- Bon, on passe à autre chose OK ? s'interpose Lily en médiatrice. Pourquoi ne pas aller manger ?
Nous nous exécutons. Au repas arrive cependant une dépêche spéciale. Le silence se fait. Normalement ce genre de dépêche n'annonce que des mauvaises nouvelles, c'est une édition spéciale. Lily en reçoit une. Elle la lit en silence puis éclate de joie comme de nombreuses autres personnes dans la salle. L'ambiance change du tout au tout. Tout le monde semble heureux.
- C'est formidable me raconte Lily, cinquante-deux mangemorts ont été appréhendés. Le journaliste explique que le ministre a réussi à avoir le nom de tous les mangemorts et qu'ils les ont tous arrêtés. On peut enfin espérer une issue favorable à cette guerre !
- Oui c'est super, feins-je la surprise.
Harry me sourit comme complice de ce que nous savons.

- J'espère, reprend Lily avec hargne, que Voldemort va morfler.
Je suis surprise d'une telle haine de la part de Lily. Elle si douce de nature. Mais il est vrai qu'elle a beaucoup souffert de cette guerre. Je me reprends : en fait tout le monde a souffert.

Je récupère un journal et lis l'article. Le journaliste nous annonce que cinquante-deux mangemorts ont été arrêté durant la nuit mais il souligne aussi que quinze autres ont été tués durant les échauffourées. En tout, Voldemort a perdu presque les trois-quarts de ses mangemorts. C'est un sérieux coup dur pour lui. En lisant en détail l'article je note d'ailleurs que deux des trois bourreaux de ma famille ont été pris après avoir essayé de tuer des aurors durant leur appréhension. Ils ont survécus à leur arrestation et vont d'après le journaliste sûrement écopé de la peine maximale : le perpétuité à vie. Je constate aussi avec amertume que c'est le plus pourri des trois assassins de ma famille qui a réussi à échapper aux aurors : Rodolf Uras. Je me promets intérieurement de la traquer jusqu'à ce qu'il me supplie de le tuer. Enfin, me sentant incapable de lui faire peur je revois à la baisse ma vengeance et me promets de faire en sorte que des aurors l'attrapent et l'envoie en prison.

Je me retourne vers les Serpentards pour me délecter du spectacle : beaucoup pleurent à l'annonce de l'emprisonnement de leurs parents. Arnold de Quison en fait partie. Ce sale futur mangemort qui a dénoncé ma famille, vient de découvrir que les temps où sa famille était si bien placée dans le « beau monde », est terminée. Je souris. Cependant, je comprends bien vite qu'il n'a pas perdu que l'honneur de sa famille. D'après les dires de Lily, son père fait partie des quinze mangemorts tués cette nuit. Je devrais sûrement être au comble de la joie, car ma vengeance se met en place, mais finalement, je le plains. A mon grand étonnement, je ressens de la peine et de la pitié pour Arnold de Quison, et pour ses fils et filles de mangemorts. Ils seront désormais pour la plupart seul au monde. Tout comme moi.
- Ce n'est pas une victoire aussi belle qu'on se l'imaginait n'est ce pas, me fait Harry morose.
Je hoche de la tête pour confirmer ces dires. Non vraiment, ce n'est pas beau à voir. Une table verte et argentée en pleurs, où déjà des professeurs essayent de s'occuper de certains élèves en pleine crise de nerf. Il est vrai qu'apprendre la nouvelle de cette façon n'est pas la meilleure. D'ailleurs des lettres rouges arrivent en grand nombre par les fenêtres de la grande salle. Elles sont toutes destinées aux élèves en deuil, sûrement pour leur annoncer la nouvelle officiellement. Au lieu d'être noire, la lettre est rouge, comme pour montrer à tous que ces élèves sont des fils de renégats. Vraiment je les plains.
- Allons nous en, propose Lily.
Nous la suivons, mais une main m'agrippe lorsque je suis sur le point de partir.
C'est Sirius.
- C'est toi qui a fait ça, n'est ce pas ? me demande Sirius, loin des oreilles indiscrètes.
- En effet j'en suis la responsable fais-je sans joie. Il fallait mettre un terme aux agissements des mangemorts.
- C'est bien juge Sirius. Tu as très bien agi. Si tu veux on en reparle ensemble plus tard ? me propose Sirius avec un léger sourire.
Je laisse échapper un soupir. Sirius veut enfin se réconcilier avec moi après que j'ai engendré la mort de quinze mangemorts et l'arrestation de 52 autres. Certes c'étaient des assassins, mais c'était tout de même des humains, et ils avaient une famille qui en ce moment les pleure. D'un autre coté, je veux Sirius, et le monde ne s'arrête pas de tourner :
- Oui, si tu veux, proposé-je.
- Ca va ? vient aux nouvelles Harry. Tu n'as pas besoin d'aide ?
- Non Harry, ça va.
Je n'apprécie pas cette intervention. Sirius non plus.
- Je discute avec Anna. Tu veux bien partir s'il te plait ?
Harry hésite mais je lui envois un regard insistant. Il soupire puis s'en va sans se retourner.
- Dis donc, me fait Sirius. Si tu veux qu'on se remette ensemble il faudrait d'abord te débarrasser de ton amoureux transi.
Je rétorque aussitôt :
- Arrête d'être aussi jaloux, Sirius. Harry est juste un ami. Tu le sais.
- Et bien cela n'en a pas l'air. Ca jase beaucoup sur vous deux dans les couloirs. Mais si tu ne veux plus être avec moi…
- Non ! m'exclamé-je aussitôt. Je vais en discuter avec Harry.
Sirius semble satisfait et m'embrasse.

ooOOOOoo
Je t'aime
ooOOOOoo

Je m'éloigne rapidement. Ma vision était différente des celles d'avant. Sirius était plus vieux, mais semblait encore plus amoureux. Je me sens soudain rassurée. Sirius et moi c'est pour la vie. Je ne me suis pas trompée. Nous allons finir ensemble. Je dois m'accrocher. Il va me revenir. Je remercie intérieurement ma vision. Je crois que c'est la première fois que je suis aussi contente d'avoir une vision.

Je rejoins Lily qui ne dit rien sur ce qui vient de se passer. Je sens qu'elle désapprouve. Mais moi je suis prête à tout pour avoir Sirius. De toute façon, je sais que nous allons être à nouveau ensemble. Je souris de bonne humeur.

Nous retrouvons Harry en salle commune. Il ne semble pas ravi de me voir, mais après quelques formalités, il se déride. Nous parlons alors des évènements passés et mettons Lily au courant. C'est notre nouvelle maxime : ne plus rien cacher à Lily sauf ce qui concerne Harry (et l'elfe pour ma part).
- Oui tout ça est vraiment tragique conclut Lily, mais je dois avouer que je préfère ça que l'annonce de la mort de moldus. Enfin, nous fait-elle avec un sourire machiavélique, ce n'est pas parce qu'il se passe des choses importantes en dehors de l'école qu'il faut en oublier nos devoirs. Potion ça vous dit ?
Je baisse les épaules de résignations. Même dans les situations tragiques Lily fera toujours ces devoirs. Je décide donc de faire ce que je déteste le plus : des runes.

Au bout d'un moment, nous la laissons pour rejoindre Albus Dumbledore. Nous allons faire notre première réunion de « suivi » de la phase un de mon plan. J'en profite pour mettre les choses au clair entre Harry et moi.
- Harry j'aimerais que Sirius et moi nous finissions à nouveau ensemble. Et ton attitude n'aide pas.
- Je suis désolé, mais Sirius est vraiment insupportable des fois, et j'ai cru qu'il te cherchait des noises.
- Non, en aucun cas Sirius ne me fera du mal. Par contre toi tu n'arrêtes pas de te mêler de ça. Je voudrais que tu arrêtes.
- Bien ! Fais comme tu veux réponds Harry passablement énervé de se faire sermonner.

Nous rentrons dans le bureau d'Albus légèrement fâchés. Le directeur veut savoir quelques renseignements sur des mangemorts qui n'auraient pas été attrapés (où pourraient ils être ? Peut-on trouver un moyen de faire pression sur eux, ou de prouver que ce sont des mangemorts ?...). Je les lui donne allégrement. Ensuite je lui explique avec beaucoup de détails où trouver le journal intime de Tom Jedusor, et la bague de Graunt. Harry en profite aussi pour lui demander un entraînement. Le directeur ne semble pas très motivé. J'y rajoute mon grain de sel :
- Ce serait une bonne idée. Vous pourriez continuer l'entraînement que vous lui avez prodigué dans le futur.
- J'ai fait ça s'étonne Albus.
- Oui confirme Harry.
Mais moi je décide d'en rajouter une couche comme pour me faire pardonner de tout à l'heure.
- Dans le futur vous adorez Harry. Je crois que vous l'aimiez comme un fils.
Harry et Albus me regardent complètement ahuris.
- Tu dis n'importe quoi Anna, se sent gêné Harry.
- Non réponds-je calmement, tu ne t'en rendais peut-être pas compte, mais Albus était toujours différent en ta présence. Il n'arrêtait pas de se faire un sang d'encre. Sirius l'a même accusé une fois d'être meilleur parrain que lui.
- Sirius en parrain s'esclaffe Albus. Cela devait donner quelque chose de très atypique. Je comprends pourquoi je devais faire attention à vous. Vous avez du faire un tas de bêtises.
Harry se crispe et je m'injurie personnellement de mon manque de tact. Albus semble comprendre qu'il a fait fausse route car il se reprend immédiatement.
- Laissons à l'avenir nos souvenirs passés. Je ne vois pas d'inconvénients à vous entraîner même si je ne vois pas pourquoi vous voulez vous entraîner.
Aucun de nous deux ne veut se lancer dans une explication. Je suppose que c'est à moi de m'expliquer :
- Pour trouver les horcruxes vous aviez besoin d'aide et Harry était la personne que vous aviez choisie dans le futur. Je pense que ce serait bien si Harry vous aidait, surtout pour le médaillon de Salazar et la coupe de Helga.

Le directeur nous propose alors de nous revoir dans une semaine pour décider ce que nous devons faire pour récupérer les horcruxes. Nous approuvons sa proposition et sortons du bureau. Aussitôt, Harry me remercie pour ce que j'ai dit. Il semble ému. Je pensais qu'il savait pour Albus et lui. Enfin, cela ne me regarde pas. Peut-être que leurs entraînements, les aidera à renouer à cette époque-ci. Ce serait bien. Albus m'a toujours paru bien seul. Je souris au plan que je suis en train d'échafauder. Je suis une vraie petite conspiratrice.

Arrivée dans la salle commune, je vois Sirius, qui discute avec Peter et Remus. Harry suit mon regard et semble fatigué de mon obsession :
- Je te laisse Anna, je vais aller m'entraîner.
- Ok fais-je déjà complètement ailleurs.
Est-ce que je vais le voir ? Il a dit qu'il voulait discuter avec moi ? Mais est-ce aujourd'hui ou bien un autre jour ? Allez courage Anna, c'était ton ex-petit ami, et ce sera ton futur copain, il ne faut pas avoir peur. Alors pourquoi je ne bouge pas ?
Finalement après m'être fait remarquée par Remus, Sirius vient à mon encontre.
- Salut ! Alors qu'est ce que tu fais plantée au milieu de la salle commune ?
- J'essayais de me convaincre d'aller te voir répons-je franchement.
Il remarque avec un sourire triste :
- Je ne pensais pas qu'on en arriverait là.
- Moi non plus
Un silence gênant s'installe.
- Alors reprend Sirius, tu venais d'où avec Harry ?
Je sens la menace planer.
- On a discuté comme tu le souhaitais.
- Ah se contente-t-il un peu gêné. Tu sais, je voudrais qu'on recommence, mais si en plus je dois me demander à chaque fois si toi et lui…
- On est ami, rien de plus.
- Je sais fait malheureux Sirius, mais c'est plus fort que moi.
- Je comprends.
- Bon je vais retourner avec mes amis annonce Sirius. J'ai été ravi de discuter avec toi. On se revoit demain ?
Je lui confirme mon accord et il me fait une bise sur la joue.
ooOOoo
Je t'aime
ooOOoo
Toujours la même vision d'un Sirius plus âgé énonçant ces trois petits mots « je t'aime ». Je suis un peu déçue qu'il ne m'embrasse pas, mais je vois à son regard dirigé vers Peter qu'il a fait ça pour le ménager. Je me sens confiante. Nous allons retourner ensemble. Bientôt Sirius comprendra et acceptera ce que j'ai fait. Il me soutiendra dans notre guerre contre Voldemort et je pourrais enfin vivre heureuse avec lui. Je souris. Je crois que je suis en bonne voie vers le bonheur.

Le reste de la semaine, Sirius et moi continuons à nous apprivoiser. Je discute avec lui maintenant librement, même si nos sujets de conversation restent très anodins (la couleur du ciel, le temps, la couleur du ciel, les devoirs, la couleur du ciel…). Par contre nous ne discutons toujours que tous les deux. Peter ne me supporte pas et Sirius ne supporte plus la présence de Harry. Cela me chagrine. J'aimerais tellement que tout le monde se fasse la paix. Malheureusement ce n'est pas le cas.

- Anna m'annonce joyeux Sirius. J'ai parlé avec Peter, il a dit qu'il te supporterait. Si tu veux, on peut manger ensemble.
Quel joli terme « supporter ». Enfin je prends mon mal en patience. Je dois faire des concessions, pour être avec Sirius. Je demande cependant :
- Et Lily?
- C'est OK. Elle mange avec nous.
- Et Harry, je me risque.
- Non pas lui répond rudement Sirius.
- Je ne sais pas …
- Tu dois choisir, s'énerve froidement Sirius, c'est Harry ou moi !
Que choisir ? Si je ne fais pas de concessions, je ne serais jamais plus avec Sirius. Une idée me vient à l'esprit. Je vais avec lui et quand il aura confiance, je pourrais faire réintégrer Harry. Non, cette idée est idiote. Jamais Harry n'acceptera ça. Je dois choisir. Harry ou Sirius.
- Si il n'y a pas d'autres moyens fais-je la mort dans l'âme, alors j'irais avec toi. Laisse moi juste leur en parler.
Sirius m'embrasse et me laisse à ma peine. Quel déchirement !

Lorsque je retrouve mes deux amis et que je leurs explique la situation, ils ne répondent rien. Harry garde la tête baissée, comme si je l'avais tué de l'intérieur. Soudain Lily s'énerve comme jamais.
- Je ne laisserais jamais Harry manger seul. Harry a raison. Sirius exige trop de toi. As-tu au moins une once d'orgueil ? Tu ne devrais pas choisir. S'il t'aimait il ne demanderait pas ça.
Elle continue ainsi un long moment, mais je ne l'écoute plus. Lily est ma meilleure amie, elle devrait comprendre.
- Laisse Lily, l'arrête Harry. Tu vois bien qu'Anna est amoureuse, tu ne pourras rien faire pour la faire changer d'avis. Mais saches une chose Anna me fait-il attristé, Sirius n'accepte pas ce que tu es. Il aime une image, mais il ne te voit pas telle que tu es. Moi, si ! Je te vois avec tes atouts et tes défauts Anna, et je t'accepte ainsi. Lily aussi, rajoute Harry à la dernière minute. Et tu sais quoi ? Sirius ne verra jamais à quel point tu es merveilleuse !
Sur ces paroles Harry s'en va en courant. C'est la première fois qu'il me fait un compliment de la sorte. Ces paroles m'ont bouleversé.
- Anna, je suis très énervé contre toi annonce Lily avec une rage contenue. Tant que tu n'auras pas fait tes excuses à Harry ce n'est plus la peine de me parler.
Elle part alors à la poursuite de Harry. Moi je reste là, sans bouger. Des sentiments de haine à mon égard se propagent en moi comme du poison me tuant à petit feu. J'ai perdu mes seuls amis pour être avec Sirius. Ai-je eu tort ? J'ai l'impression de les avoir trahis. Suis-je comme Peter. Peut-être… De toute façon les dés sont jetés. J'espère avoir fait le bon choix…

Au dîner, sans entrain, je vais m'asseoir près de Sirius comme pour parachever ma trahison. Cependant le cœur n'y est plus. Sirius m'accueille par un grand sourire, mais je ne réponds rien. Je me contente de manger en silence, encore bouleversé par mon choix. Est-ce que je suis comme Peter ? Non, je ne veux pas être comme lui. Les maraudeurs parlent de Quidditch. Ils font comme si je n'étais pas vraiment là. Ca m'arrange. A la fin du repas, je les laisse et retourne au dortoir, réfléchissant toujours aux paroles de Lily et Harry. Sirius ne devrait pas me demander de choisir. S'il m'aimait il ne devrait pas me demander un tel choix. Mais je l'aime. Mais est ce que je l'aime à ce point ? Un doute s'insinue en moi que je refoule immédiatement. Sirius est l'homme de ma vie, je l'ai vu dans ma vision, point final.

- Anna m'interpelle Sirius avant que je n'atteigne les escaliers. Tu n'as rien dit du repas ça va ?
- Non fais-je avec quelque colère refoulée. Tu m'as demandé de choisir entre mes amis et toi et j'ai choisi. Mais maintenant je suis malheureuse et je me demande comment quelqu'un qui m'aime peut m'infliger ça.
- Et moi, répond du tac au tac Sirius, je me demande comment tu as pu laisser des gens mourir. Alors je crois que ce que j'exige n'est pas très grand par rapport au fait d'oublier tout ce que tu as fais.
- Qui te parle d'oublier fais-je d'une voie étranglée. Je ne regrette rien du passé. Sauf peut-être pour ma famille. Mais si c'était à refaire je refais presque tout de la même façon !
Sirius se recule de dégoût face à mon affirmation.
- Comment peux-tu dire de telles atrocités. Pense à Peter qui a perdu Sarah par ta faute. J'essaye tant bien que mal de faire avec, mais tu rajoutes sans cesse de la mandragore dans ta salade. On dirait que tu ne veux plus être avec moi ?
- Eh bien, là, tout de suite, … je me le demande, fais-je avec colère. Si tu n'acceptes pas qui je suis alors pourquoi devrais-je être avec toi ?
Je me rends bien compte qu'il fait des efforts et que c'est moi qui le cherche. Mais je lui en veux tellement pour ce qu'il vient de me faire faire. Ce n'est pas moi ! Peter l'aurait fait mais pas moi. Suis-je prête à sacrifié tout ce qui m'est propre juste pour que Sirius m'aime. Je repousse la question dans le tréfonds de mon esprit et repars vers mon dortoir. Sirius m'arrête en prenant ma main. Il semble avoir oublié momentanément l'activation de mon don.

oooOOOoo
Je t'aime ma psychologue.
ooOOOOoo

Je m'écarte brusquement de lui et j'éclate de rire. Un rire de fou. Une simple phrase et je viens de comprendre en un éclair, l'erreur monumentale que j'ai faite. Sirius ne sera jamais plus avec moi. Il va sortir avec une autre fille. Ce n'est pas à moi à qui, il dit ces jolis mots. Je ne serais jamais une psychologue. Maintenant je comprends que son regard dans ma vision ne m'a jamais été destiné. Nous ne finirons jamais ensemble. Je sens une douleur atroce dans mon cœur.
- Qu'est ce qu'il y a me demande soudain Sirius.
La douleur me passe et est vite remplacée par une sensation d'être extralucide.
- Tu sais quoi Sirius ? fais-je entre deux hoquets. Je crois que je suis la fille la plus bête du monde. Ma vision ne me montrait pas le destinataire des paroles. Je croyais que c'était moi que tu aimais. Mais ce n'est pas à moi à qui tu destinais ces jolis mots. Quelle sotte j'ai été.
- Je ne comprends rien, me commente Sirius perdu.
Sans m'en rendre compte je parle vite comme ayant peur de perdre le début des réponses qui s'affichent en moi :
- Depuis deux semaines je m'accroche à toi en pensant que nous reformerons un couple magnifique telle que ma vision me le montre. J'étais prête à tous les sacrifices, car je te voyais follement amoureux de moi, mais c'était faux. Nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre. J'aurais du me fier plus à mes sentiments qu'à ma vision. En fait j'aurais du m'en rendre compte plus tôt seulement, je persistais à croire à la vision idyllique que je voyais. Nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre.
- Quoi ? s'exclame Sirius incrédule.
- C'est très clair maintenant, Sirius, j'explique avec illumination. Tu me vois comme une jeune fille parfaite. Je suis pleine de défauts. A contrario, moi je te voyais comme un preux chevalier, qui me sauverait de mon don. Mais je n'ai pas besoin d'être sauvée. Ce don est en moi, il fait partie de moi, et je suis ce que je suis. Harry et Lily avaient raison. C'est fou, fais-je presque soulagée, tout est clair maintenant. Je ne dois pas avoir honte de ce que je suis ni de ce que j'ai fait. Je ne dois pas avoir peur de mon don.
J'éclate de rire enfin soulagée de comprendre ce que Lily et Harry essayaient de me faire comprendre depuis longtemps.
- Je ne comprends rien fait Sirius maintenant énervé.
Je me rends compte que dans mon exaltation j'en ai oublié d'être compréhensible.
- Excuse-moi Sirius fais-je en empruntant un ton calme et en essayant d'être diplomate. Je viens de me rendre compte que nous ne serons jamais heureux ensemble.
- Tout ça à cause d'une vision me coupe Sirius.
- Non, à cause de moi, fais-je sans savoir s'il comprendra.
- C'est ça, se méprend Sirius. Tu te moques de moi en fait. Tout ce petit jeu depuis deux semaines. Tout ça pour me dire ça maintenant. Je ne te pardonnerais pas de jouer avec mes sentiments. En tout cas tout est fini entre nous ! Et ne viens plus me chercher. Je ne veux plus te parler. Non, je ne veux plus te voir, se reprend Sirius hors de lui.
- Ne le prend pas comme ça, fais-je le plus gentiment possible.
- Je le prend comme je veux, gronde Sirius. Allez va retrouver Harry.
Je reste un instant interdite par ces dernières paroles. Que fait Harry dans cette discussion ? Je constate avec dépit que nous ne nous comprenons pas. Mais nous sommes nous compris une seule fois ? Sûrement, mais plus maintenant.
Je dis au revoir à Sirius même s'il est trop loin pour m'entendre, puis monte dans ma chambre. J'y retrouve Lily. Je lui explique que je viens enfin de comprendre que Sirius n'était pas l'homme de ma vie et que je me rattachais à une stupide vision de bonheur qui ne m'était pas destiné. Je lui fais aussitôt mes excuses. Nous nous retrouvons instantanément dans les bras l'une de l'autre. Lily m'a toujours pardonné rapidement mes erreurs. Et pourtant j'en fais des tas. Elle me demande même si je vais bien. Alors que c'est moi qui lui ai fait du mal… Est-ce que j'ai déjà dit que j'avais une chance inouïe d'avoir Lily comme amie ?

Le lendemain matin j'appréhende beaucoup ma discussion avec Harry. Mais Lily m'assure que tout va bien se passer. Balivernes. Harry met bien dix minutes à me faire languir avant de me pardonner. Enfin on peut tout de même dire que Lily avait raison. Harry n'est pas vraiment rancunier. Heureusement pour moi ! Par contre, Sirius si ! Durant le déjeuner je reçois des regards meurtriers de la part de Sirius. Je crois bien qu'il est très en colère contre moi. Mais je sais que j'ai eu raison. Sirius n'est pas vraiment amoureux de moi, même s'il ne sent rend pas forcément compte. Il va être beaucoup plus heureux avec sa psychologue. Je me mords légèrement la lèvre inférieure. Même si Lily et Harry avaient raisons sur ma relation avec Sirius, ce n'est pas facile de renoncer à lui. Ce n'est peut-être pas l'homme de ma vie, mais il était si prévenant avec moi. Je soupire. J'ai sûrement perdue un ami précieux. Enfin, il ne vaut mieux pas me torturer l'esprit avec ça. Heureusement que nous sommes mercredi et que je ne le vois pas de la journée. Je remarque nostalgique qu'avant je me disais exactement le contraire. Comme quoi, la roue du destin tourne.

En divination notre professeur essaye de nous faire deviner l'issu d'un combat d'hippogriffes prévu ce soir. Je me demande si ce ne serait pas pour gagner un quelconque pari. Enfin, si j'étais lui je ne miserais pas gros, nos prédictions étaient complètement lamentables. Et après on se demande pourquoi le ministre ne voulait pas croire en mon don divination. S'il a eu les mêmes cours que moi…

L'après midi est plus particulier. J'ai pris ma journée avec Pompom, pour aller faire quelques achats avec Lily durant la sortie à Pré-au-Lard. D'ici une semaine et deux jours c'est Noël et je voulais acheter un cadeau pour Sirius avant qu'il ne parte en vacance chez les Potter ce week-end. Harry ne vient pas car il a son premier entraînement avec Albus Dumbledore.
- Anna ça tiens toujours ? demande incertaine Lily.
- Oui pas de problème fais-je légèrement maussade. Allons acheter des cadeaux pour … des gens fais-je réalisant que je n'ai plus de famille, plus de petit copain et que donc je ne sais pas vraiment à qui je pourrais offrir des cadeaux.
- Anna je sens que cela ne va pas, rétorque Lily sure d'elle.
- Non, ce n'est pas la forme avoue-je. Mais j'ai envie de vous acheter des cadeaux pour Noël. D'ailleurs, tu restes ici cette année ?
- Oui comme l'année dernière, répond Lily triste à son tour.
- Et bien, avec Harry, cela ne devrait pas être si triste que cela, non ?
- Tu as raison rajoute optimiste Lily. Allons faire nos achats.

L'après midi ce passe mieux que je l'avais espéré. Lily et moi, nous nous séparons une heure pour acheter notre cadeau respectif. J'ai acheté quatre cadeaux. Le premier est pour Lily, c'est un livre sur « comment tenir une maison de sorcier ». Je pense que cela pourrait l'aider pour son futur cours. Pour Harry je lui ai acheté un collier en forme d'étoile censé le protéger. C'était un peu cher, mais le vendeur m'assurait que la protection marchait vraiment. Je me suis dit qu'une protection supplémentaire cela n'était pas de trop. Le troisième cadeau est pour Sirius, c'est un répertoire d'adresse qui se réactualise dès que quelqu'un déménage. Bien sûr cela reste limité comme fonctionnement, si la personne n'est pas répertoriée au ministère, alors cela ne marche pas. Mais c'est l'intention qui compte. J'y ai mis mon adresse bien sûr. Je m'étais promis de ne rien lui acheter, mais finalement, ce n'est pas parce qu'il n'est plus mon petit copain qu'il n'est plus mon ami. Je crois qu'hier j'étais trop radicale. Sirius et moi n'étions peut-être pas des âmes sœurs, mais nous étions de très proches amis. Peut-être que ce cadeau nous permettra de faire la paix.

Le tout dernier cadeau est pour moi. C'est un joli chat noir. C'est Lily qui en a eu l'idée, mais elle m'a avoué que c'était malheureusement trop cher pour me l'offrir. Après réflexion, je me suis dit que je pouvais bien me faire ce cadeau. Lily souriait à pleine dent et le chat nommé Sapristi, était au ange. Il faut dire qu'ayant un peu de magie elfe en moi, tous les animaux désiraient que je les achète. Le vendeur n'avait jamais vu ça. Les animaux n'arrêtaient pas de se pavaner devant moi. Enfin, c'était une bonne journée finalement.

- Oh qu'il est mimi s'écrit pleine de joie Mary, une de nos deux camarades de chambrée. Comment il s'appelle ?
- Sapristi.
- Où l'as-tu trouvée énonce Mary tout en chatouillant le petit chat.
- Je l'ai acheté à Pré-au-Lard. C'est mon cadeau de Noël. Pour ne plus être seule, me justifie-je.
Mary me fais un sourire malheureux puis me rend Sapristi:
- Je crois qu'il t'adore déjà ! me remarque-t-elle gentiment.

Je propose alors à Lily d'aller présenter mon compagnon d'infortune à Harry, mais Lily refuse baragouinant une urgence dans ses devoirs à faire. Un moment je reste confuse de sa réaction puis je réalise, que ses réunions avec James ont sûrement du être étendues au mercredi soir. Je souris devant cette découverte, avant de me décider à y aller toute seule. Lorsque j'entre dans la salle d'entraînement, Harry et Albus bataillent comme des fous, et ne remarquent même pas ma présence. Je dois dire qu'ils sont impressionnants. Albus gagne à tous les coups, mais Harry se défend bien. Sapristi ne semble pas aimer car il cherche à se débattre dans mes bras. Je referme la porte pour être sure qu'il ne s'en aille pas et je le dépose par terre.
- Anna ! réalise soudain Albus. Tu es là depuis longtemps ?
- Non pas vraiment.
Sapristi reste près de moi mais semble se cacher derrière mes jambes, comme s'il se croyait ainsi être invisible.
- Tu vas bien ? me demande pour la forme Harry.
Je répond par l'affirmative et change rapidement de sujet :
- Vous êtes impressionnants ! Je pensais que vous ne faisiez que de l'occlumencie, mais vous vous battez pour de vrai.
- Pas tout à fait, me corrige Harry. Albus a mis un sort sur nos baguettes permettant aux sorts que nous lançons de se transformer en peinture s'ils touchent leurs cibles.
Je constate que Harry appelle le directeur par son prénom. Il semblerait que ces exercices les rapprochent. Je demande sur le ton de la conversation :
- Et tu gagnes ?
- Eh bien, se moque Harry gentiment de lui-même, je suis couvert de peinture, et Albus n'a qu'une tache verte.
- Mais Harry est très fort rajoute Albus. Cela faisait longtemps que je n'avais pas affronté un adversaire aussi inventif. Il a déjà le niveau d'un auror aguerri, rajoute-t-il. Je me demande comment j'ai fait pour t'apprendre à te faire réagir aussi vite à mes attaques.
Harry ne répond pas, et je le comprends bien. Qui aurait envie de contredire le professeur et lui raconter ses six années d'horreur. Albus essaye de détendre l'atmosphère.
- Ne te retourne pas Anna, mais je crois qu'un monstre poilu se cache derrière toi.
Je sursaute. C'est vrai que j'étais venue pour leur présenter Sapristi. Je le prend dans mes bras et leur annonce :
- Voici Sapristi. C'est mon cadeau de Noël. J'ai pensé que ce serait bien un peu de compagnie.
Harry et Albus le caressent gentiment, mais Sapristi ne s'intéresse qu'à moi.
- C'est étonnant, remarque Albus Dumbledore, je me suis toujours demandé comment vous faisiez pour recevoir autant d'affection des animaux.
- C'est vrai, rajoute Harry réalisant ce don.
Je me crispe légèrement. Est-ce que Albus pourrait savoir ? Je le regarde droit dans les yeux, mais je n'y vois aucune manigance. C'était simplement une remarque comme cela. Tout de même secouée par le commentaire du directeur, je prends rapidement congé d'eux, les laissant travailler dur.

Je passe finalement toute ma soirée à montrer mon chat à mes camardes de classes. Harry et Lily me rejoignent au cours de la soirée. J'évite soigneusement les maraudeurs mais Sirius se permet tout de même une remarque désobligeante lorsqu'il découvre mon animal :
- Un chat ! Vraiment, il fallait que ce soit un chat !
- De toute façon, rajoute Peter, tu n'auras pas à le supporter.
- C'est vrai mon petit Peter, le remercie Sirius. Moins je vois sa maîtresse mieux je me porte.
Grâce à cette dernière réflexion, Sirius n'a plus aucune chance de recevoir un cadeau à Noël. Il est hors de question que je sois encore amie avec lui. Il ne fait aucun effort envers moi, je n'en ferais aucun envers lui. Tant pis pour lui.

Je me rends compte que je suis très en colère. James dévisage un instant ma boule de poil qui vient se frotter contre lui, puis passe son chemin. Mais Sapristi est décidé à le suivre. Heureusement Remus, le prend et me le ramène. Le chat noir n'arrête pas de gesticuler n'aimant sûrement pas la présence du loup-garou.
- Tiens m'annonce-il avec un regard triste, tout en me donnant Sapristi. C'est un joli chat que tu as là. C'est dommage, qu'il ne m'aime pas.
Je le remercie timidement avant qu'il n'aille retrouver ses amis. J'en reste interdite.
- Attends, m'interpelle Harry qui a assisté à toute la scène. C'est Remus qui vient de te parler ? Un maraudeur vient de te sourire !
- Oui c'est bizarre rajoute Lily méfiante. Normalement Sirius leur a demandé de ne pas te parler. Enfin se reprend Lily, je veux dire que je pense qu'il a du leur demander ça. Parce que sinon comment le saurais-je ? Hein ?
Lily s'empêtre elle-même dans son mensonge. Elle ne sait vraiment pas mentir. Cependant ni moi ni Harry ne relevons cette boutlette. Nous savons tous les deux qu'elle rencontre maintenant James le mercredi et le vendredi soir. Cela ne devrait plus tarder avant qu'ils ne sortent ensemble. A moins qu'il ne faille un coup de pouce ? C'est vrai que l'élément déclencheur était la mort des Potter. A cause de ça, James s'était confié à Lily et avait fini par l'embrasser. Mais les mangemorts responsables de cette horreur ont tous été arrêtés ou tués. Il faudra que je surveille cela de près, mais plus tard. A la rentrée. Là, j'ai un petit chat à m'occuper.

oo00oo

Le lendemain matin, Harry ressort de son dortoir de couleur bleuâtre. Je ne demande même pas la raison. Nous la connaissons tous : la jalousie de Sirius. Il semble bien le prendre. Moi je n'apprécie pas. Je n'ai pas envie que moi ou mes amis subissions les foudres de Sirius. Mais Harry m'assure que tout va bien. Nous l'accompagnons, Lily et moi à l'infirmerie ou Pompom lance un regard désapprobateur à Harry croyant sûrement qu'il s'est encore mêlé à une histoire tordue.
- Sirius n'est pas avec toi Anna ? demande Pompom après avoir expliqué à Harry que la couleur partira d'ici vingt-quatre heures.
- Non, nous ne sommes plus ensemble.
- Vous m'en voyez désolé, répond-elle tout en regardant d'un œil neuf Harry.
Me sentant mal à l'aise, nous sortons de l'infirmerie.
- Désolée, Harry, fais-je misérable.
- Non, de toute façon ce n'était qu'un avertissement.
- Un avertissement demande Lily ?
- Oui, hier soir, Sirius m'a pris a part pour avoir une discussion d'homme à homme.
Lily et moi nous arrêtons net devant la nouvelle. Je crie furieuse :
- Il a fait quoi ?
- Du calme reprend Harry. Il n'y a pas de problème. Nous devions bien avoir un jour ou l'autre cette discussion. Il est persuadé que si tu ne veux plus sortir avec lui c'est à cause de moi. Qu'on sort ensemble, reprend Harry gêné devant mon regard d'incompréhension.
Je fulmine.
- Mais c'est n'importe quoi !
- Et tu as répondu quoi ?demande Lily curieuse.
- Je lui répondu qu'il était perspicace, répond Harry fier de lui.
Je manque de m'étouffer tandis que Lily éclate de rire.
Harry rajoute un peu rouge :
- Ce que j'aurais dit n'aurait rien changé. Il était persuadé que c'était moi la cause de votre rupture. Alors autant le lui faire croire jusqu'au bout.
- Mais tu es fou ! je m'exclame.
- Non reprend plus sérieux Harry. Maintenant, il ne s'acharnera que sur moi et non pas sur Lily ou toi. Et moi je sais me défendre.
- On voit ça, remarque Lily ironique.
- Je ne pensais pas qu'il irait jusque là, avoue Harry penaud. Mais maintenant que je suis prévenu, je ne me ferais plus avoir.
Lily arpente alors des allez et retour entre Harry et moi, tout en affichant un sourire machiavélique.
- Pourquoi pas, semble Lily ravie. Vous allez bien ensemble. Vous êtes tout le temps fourrés ensemble et le vendredi soir vous disparaissez mystérieusement. Je pense que tes paroles sont crédibles Harry.
Je suis morte de honte. Je n'oserais plus jamais aller le vendredi soir, dans les réunions de Dumbledore avec Harry.
- C'est juste pour faire enrager Sirius, reprend Harry rouge tomate. On fera vite cesser cette rumeur idiote.
- Oui, oui, je rajoute frénétiquement.
- Hummm, reprend Lily tout heureuse de son nouveau jeu, dans ce cas c'est qui, qui largue qui ? Si c'est Anna, nos camarades Poudlariens vont croire qu'Anna est une aguicheuse. Si c'est Harry, il va être traité de playboy, et Sirius sera encore plus furieux.
Je n'aime pas ce petit jeu. J'ai bien envie de l'embêter avec James pour lui faire la leçon, mais j'ai peur qu'elle se braque contre lui, et l'avenir du bébé Harry est plus importante que mon orgueil.
- Eh bien, propose Harry avec un air qui se veut prétentieux, je pense qu'il vaut mieux que ce soit moi qui casse. Ca paraîtra plus crédible. En plus, cela me permettra de me faire une solide réputation auprès de la gente féminine. Peut-être qu'enfin, Anastasia voudra bien sortir avec moi.
Lily et moi pouffons de rire. Anastasia est la version féminine de Casanova. Elle drague tout homme dans un rayon de cent mètre.
- Eh bien on te souhaite bien du courage répond Lily entre deux éclats de rire.
Harry nous fait une révérence pour clore cette discussion.

Moi je ne souris pas. Harry a beau prendre un air amusé, je vois bien que la haine de Sirius lui fait mal. Sirius est tout de même son parain. Je lui précise d'ailleurs en aparté mon inquiétude.
- Ne t'inquiète pas Anna, me réponds serein Harry. Je me dis que ce Sirius est un adolescent, qu'il n'est pas vraiment mon parain. C'est un autre Sirius. Mon parrain est mort pour me sauver la vie, et Sirius « ado » vit, lui, pour me pourrir la vie.
Il sourit tristement puis se reprend.
- En fait je dois avouer que ce n'est pas facile, mais je tiens le coup. Je me dis que tout ce que j'endure, n'est rien si nous arrivons à changer le futur. Je suppose que c'est ton cas aussi ?
Je repense un instant à Lielos, à Enul, et à mon sacrifice.
- Tu ne peux pas savoir à quel point réponds-je maussade.
- Tu vois me répond cette fois-ci Harry résigné. On est tous dans le même bateau. Mais on va y arriver, on va tuer Voldemort.
Je souris à mon tour. L'optimisme de Harry est communicatif.

ooOOoo

Dans l'après-midi le souhait de Harry est exaucé : il est devenu populaire. Mais pas pour les raisons que nous avions abordé dans la matinée. En fait il semblerait qu'il ait reconnu le chef des aurors, M. Potter alors qu'il était sous polynectar. Enfin je laisse Lily me raconter tout cela en détail au repas du soir alors que Harry devient de plus en plus rouge.
- Anna tu aurais du voir ça, c'était fantastique. On est rentré comme d'habitudes en cours, sauf que Sirius nous cherchait des poux. Heureusement James l'a calmé et nous nous sommes assis tout devant pour ne pas être près d'eux. Enfin bref, reprend Lily, on était étonné que notre prof ne soit pas là. En fait il était en retard. Enfin non c'était pas lui, mais ça il ne le savait pas et…
Je la coupe devant son excitation:
- Lily calme toi et sois plus claire.
- Oui mais si tu avais vu la scène Harry a été extra.
Je regarde discrètement Harry qui regarde ses chaussures.
- Enfin, reprend Lily, le prof arrive et il pose son sac a coté du bureau. D'habitude il le met au dessus. Donc il était en retard, il change d'habitudes et il nous demande où nous en étions, alors que ce prof était toujours très carré. Enfin nous, on lui répond qu'on est en train de voir les sorts défensifs de niveau 7, et plus précisément le bouclier de protection, et tu sais quoi ?
- Non essayé-je de placer dans le flot de paroles de Lily.
- Eh bien au bout d'une heure, lorsque le prof s'est mis à sortir une petite fiole pour boire, Harry s'est levé a lancé un sort de désarmement au professeur, qui ne l'a pas vu venir. Puis il a couru vers le prof, a mis un pied sur le corps du professeur alors qu'il était étendu par terre, a pointé sa baguette sur le prof et a dit texto : « Ne bougez plus. Si vous faites un geste je vous tue. Dites moi qui vous êtes tout de suite ». Après Harry a demandé à Harold d'aller chercher Dumbledore, mais le vrai professeur est entrée dans la classe et l'a arrêté en demandant à Harry de se calmer. Il nous a expliqué que c'était un test pour savoir si nous avions retenu ce qu'il nous avait appris en début d'année. Regarder chaque détail au cas où quelqu'un serait un mangemort sous polynectar.
- C'est dingue ! m'exclamé-je à mon tour pleine d'admiration pour Harry. Comment tu as fait ça ?
- Je… et bien…
- Il a su trouver les détails qui ne trompent pas, le coupe Lily avec un air d'expert. Le sac, le fait qu'il soit en retard et qu'il ne sache pas ou nous en sommes, et puis pleins d'autres détails…
- Eh ben, me contenté-je de dire admirative.
- Tu as pris de gros risque Harry reprend Lily, cette fois-ci inquiète. Imagine que tu te sois trompé ?
- J'avais des soupçons commente Harry, et quand il a sorti le fiole, je n'en avais plus aucun. Il m'a dit, rajoute Harry, les yeux dans la vague, que peu de personnes auraient pu le démasquer. Il m'a félicité.
Je sens que ces derniers mots ont de l'importance. Harry affiche alors un sourire timide avant de rectifier ses dires:
- Enfin, tout le monde aurait pu le faire. S'il avait déjà vu comme moi, plusieurs fois des personnes sous polynectar.
- Vraiment s'enthousiasme Lily ? Dans ton école d'avant on faisait aussi des tests de ce genre ?
Le regard de Harry s'assombrit. Je décide d'intervenir :
- Le passé de Harry ne change rien, je suis sure que même en ayant déjà vu des personnes sous polynectar, peu de personnes auraient pu le démasquer. D'ailleurs, j'aimerais bien savoir qui était l'homme sous polynectar.
- C'était M. Potter me fait Lily comme si cela n'avait pas d'importance, le père de James.
Est-ce que Harry pouvait tomber sur pire scénario? Mais je revois mon jugement à la fin du repas. En effet, M. Potter vient le féliciter en personne
- Je n'ai pas eu le temps de vous le dire, mais je suis admiratif devant votre sens de l'observation Harry. Vous savez que très peu d'aurors en sont capable. Si vous ne savez pas encore choisi d'orientation après Poudlard, je vous conseille la formation d'auror. Nous serions ravi de vous accueillir.
Les yeux de Harry s'illuminent de fierté. Henry Potter ne le sait pas, mais il vient de rendre son petit-fils très heureux.

Le soir cependant, alors que nous jouons tranquillement au Mah-jong, Sirius se montre particulièrement jaloux.
- Alors voici notre célébrité. Il découvre que notre professeur est un faux, et aussitôt il se croit invulnérable.
Harry reste impassible et ignore royalement Sirius qui se trouve derrière lui. Je ne sais pas comment il fait, mais cela ne plaît pas du tout à Sirius. Il met alors sa main dans sa poche et en ressort de la poudre jaune. Je m'écris à toute vitesse :
- Attention Harry !
Aussitôt Harry se retourne tout en faisant un croche-pied à Sirius qui tombe à la renverse. Puis en quelques secondes, Harry bloque les mains de Sirius et pose son genoux sur le thorax de Sirius et l'immobilise sûrement de la même façon qu'avec M. Potter en DCFM.
- Lâche moi ! s'écrit Sirius.
Harry lui semble très en colère, mais se force à se calmer :
- Sirius, tu es quelqu'un que je tiens en très haute estime, alors ne devient pas fourbe en essayant de me piéger de façon déloyale. C'est bassement Serpentard.
Les yeux de Sirius se plissent sous l'insulte. Harry le relâche.
- Bien ! Si c'est comme ça, je te propose un duel annonce Sirius avec défi.
- Sirius, laisse-les tranquilles ordonne James avant que Harry ne réponde à l'affront.
- C'est hors de question rétorque Sirius. Harry n'arrête pas de se pavaner depuis cet après midi! Cela m'insupporte.
- Dis plutôt que tu ne supportes pas qu'Anna l'ait préféré à toi, murmure Remus assez fort pour être entendu.
- Quoi ? s'écrit Sirius au comble de l'énervement.
- Ca suffit ! hurle à son tour James. Je ne veux plus de disputes entre vous deux c'est clair ? J'en ai marre de cette ambiance pourrie.
James sort de la salle commune, immédiatement après son éclat de colère, sous les regards ahuris de l'assistance. Il est vraiment très rare de voir les maraudeurs se disputer.
- James ! murmure Sirius penaud avant de poursuivre son meilleur ami.
Remus lui regarde ses pieds comme s'il regrettait ses propres propos avant d'aller dans sa chambre. Peter se retrouve tout seul et s'approche alors près de moi et me chuchote dans l'oreille:
- Tu es vraiment une fouteuse de merde. Tu aurais du mourir avec ta famille de moldue.
J'en reste estomaquée. Comment la situation a-t-elle pu dégénérer comme cela ? Moi qui n'est rien vu venir. Est-ce que j'aurais perdu définitivement mon don ? Pourquoi tout est brouillé lorsque je touche quelqu'un ? Comment vais-je empêcher la mort des autres ? Est-ce que c'est vraiment moi la responsable de tout ce désastre ?
- Anna m'interpelle Lily. Qu'est ce qu'il t'a dit ?
Je me ressaisis. C'est vrai que Sirius ne serait pas aussi énervé si je n'étais pas sorti avec lui, mais quand même responsable de tout ? Non, je ne suis pas responsable de tout ça. Sirius et Remus auraient quand même été en froids. James aurait perdu ses parents. Non je ne suis pas ce qu'il dit.
- Anne me demande Harry, encore énervé. Que t'a dit ce sal rat ?
Je suis quelqu'un de bien. Quelqu'un qui est prête à se sacrifier pour que tous ces gens ingrats vivent heureux. Non je suis quelqu'un de bien, quoiqu'il puisse dire.
- Anna insiste Harry ?
Je lui souris ainsi qu'à Lily :
- Pas de problèmes. Je vais très bien. Je trouve seulement la situation triste. C'est dommage que les choses tournent de cette manière.
- Oui soupire Lily. J'aimerais bien que cela revienne comme avant. Enfin reprend-elle je veux dire quand nous étions tous amis.
Harry lui pose une main sur son épaule et la réconforte :
- T'inquiète Lily, je suis sûr que cela va s'arranger un jour.
Je constate que cela doit être de plus en plus dur pour Lily et James de se voir en secret. Ils prennent de gros risques dans leurs amitiés respectives. Enfin de notre coté, ni Harry ni moi ne sommes contre. Je sursaute. Est-ce que Lily le sait au moins ?
- Lily, fais je en m'assurant que plus personne ne nous écoute, tu sais qu'avec mon don, je sais certaine choses sur toi et James…
Elle me regarde effarée comme suivant ma pensée.
- Je ne fais rien, commence Lily…
Je la coupe aussitôt pour ne pas lui laisser le temps de dire quoique ce soit :
- Moi je trouve ça très bien ce que tu fais avec James. Harry est de cet avis aussi.
- Bien sûr, rajoute-t-il ne voyant pas où je veux en venir.
Lily se mord la lèvre inférieure.
- Comment…Vous… hésite-t-elle. Vous n'avez pas de problème avec ça ?
- Bien sur que non, réitère Harry. Comme je l'ai dit tout à l'heure, moi aussi j'aimerais bien que tout redevienne comme avant.
Lily semble d'un coup beaucoup plus soulagée et commence à nous relater avec empressements, ses projets d'avenir. Elle nous propose même courtoisement de venir participer, mais nous refusons poliment. Elle dissimule mal la joie de notre refus. Elle doit sûrement déjà être amoureuse de James. Je me félicite intérieurement de cette nouvelle. Harry nous offre alors un sourire rayonnant. Je crois qu'il est encore plus heureux que moi.

Fin du chapitre.
Je remercie évidemment Alixe pour sa correction et sa collaboration continue depuis plus d'un an.

Voilà j'espère que vous allez bien et que les aléas des publications ne vous gènent pas trop. Voilà normalement je publierais dans trois semaines, cependant comme en ce moment Alixe et moi sommes toutes les deux très prises ce sera difficile. Enfin, nous faisons de notre mieux et j'espère que vous le comprendrez. Voilà. Sinon, c'est un chapitre que j'ai beaucoup travaillé et où j'ai pu retrouver quelques fantaisies décritures. J'espère qu'il vous aura plu.
Enfin j'espère que vous avez passé une joyeux Halloween…

Sinon Emrah saches que je n'ai pas ton mail donc je ne peux pas répondre en détail à ta review. Je te remercie cependant pour tes compliments.