Bonjour, voici la partie 3 avec le chapitre 21.

Nouvelle semaine, nouveau chapitre mais aussi nouveau rythme plus lent avec 1 chapitre par mois, le temps d'avoir à nouveau plusieurs chapitres d'avance.

Merci aux nombreuses personnes qui ont prit le temps de nous lire.

Écriture : Meiling

Co-écriture et corrections : Élisa

Les personnages et l'univers d'Harry Potter sont la propriété de J.K. Rowling.

Nos personnages principaux sont en co-propriété avec notre MJ.

Tous les autres personnages sont de notre invention.

Toute ressemblance avec toute autre histoire, vraie ou fausse, serait complètement fortuite, et plutôt incroyable !

Ratings : M avec quelque passage Lemon

En vous souhaitant bonne lecture !


Partie 3

"Descente en enfer"

Chapitre 21 : Dérapage

Les vacances de noël étaient passées rapidement pour Meiling, qui était restée seule dans un château pratiquement désert. Pas plus d'une dizaine d'élèves n'avait décidé d'y passer les fêtes de fin d'année. Elle profita de son temps libre pour s'avancer dans ses cours et surtout à parcourir de nouveau chaque rayon de la bibliothèque, comme si c'était la première fois qu'elle y entrait. Elle y avait régulièrement croisé Rémus, mais à chaque fois il s'était empressé de sortir.

Pour Noël, parents et amis l'avaient largement gâtée en cadeaux et friandises, souhaitant qu'elle ne manque de rien en leur absence. Mais une ombre planait toujours au tableau pour la Serdaigle restée au château à cause son problème de fourrure, plus facile à gérer ici que chez elle, dans la banlieue de Londres.

Rogue.

Oui, Rogue. Ce serpent vicieux qui la suivait maintenant partout ou elle allait. Malgré l'apparente raclée qu'il s'était pris par son petit-ami, celui-ci continuait à insister lourdement sur son amour pour elle en l'absence d'Hugo, allant jusqu'à lui offrir des potions de sa création le matin de Noël dans la Grande Salle. Et ça avait l'air de faire beaucoup rire certaines personnes chez les Maraudeurs, présents au grand complet.

Au début des vacances, elle avait reçu une lettre d'Élisa lui disant de faire attention à Rogue, qu'elle pensait sous l'effet d'une potion d'amour. Quand la Serdaigle avait reçu cette missive, elle en avait été soulagée et avait tenté de faire boire un antidote à Rogue, mais celui-ci n'avait rien voulu savoir, niant être sous ce genre d'influence. Puis il l'avait plus lâchée. Et voilà où elle en était maintenant : à tenter de semer un jeune homme bien trop collant pour pouvoir atteindre l'infirmerie en toute discrétion. Car oui c'était déjà la pleine lune et elle devrait subir une nouvelle transformation, qui lui donnait envie de vomir d'avance. Mais pour l'instant, le plus urgent était de réussir à semer Rogue : ce serpent l'avait rapidement suivie quand elle était sortie de table.

Le Jeune Serpentard suivait sa belle à bonne distance dans le château, quand elle se mit tout à coup à courir, avant de s'engouffrer dans le couloir du troisième étage. Il accéléra l'allure pour la rattraper : cette soudaine accélération ne pouvait être qu'une invitation à ce qu'il la rejoigne. Surtout qu'à cet étage, il n'y avait pas grand chose hormis la salle d'enchantement, l'infirmerie et les toilettes. Peut-être était-elle allée se rafraîchir ? pensa-t-il. Alors il se posta devant les toilettes des filles et attendit qu'elle sorte, le cœur palpitant d'excitation.

Au bout d'un quart d'heure, voyant qu'elle n'en ressortait toujours pas, il se risqua un œil un l'intérieur. Poussant doucement chaque porte de cabine à sa recherche. Arrivant à la dernière, il fut déçu et dû bien se rendre à l'évidence : il n'y avait personne. Quelque peu dépité de s'être fait semer, Severus se rendit dans le parc pour écrire un poème à la lueur du coucher de soleil. Il était un peu triste, mais il savait que rien ne pourrait les séparer, jamais. Il avait d'ailleurs déjà quelques vers qu'il souhaitait coucher rapidement dans son carnet.

"Meiling, tes yeux sont beaux comme les couleurs changeantes de mes potions

Tes cheveux sont semblables à des milliers de corbeaux

Ta bouche une fraise que l'on ne peut que dévorer"

C'est pas mal, pensa-t-il, elle adorerait sûrement.

Une fois passées les grandes portes, Severus ajusta sa cape et inspira profondément l'air frais tout en admirant un instant le soleil couchant entre les nuages d'un ciel rosé. Il allait se mettre en route pour le bord du lac quand son œil fut attiré par une silhouette se déplaçant furtivement dans l'ombre que produisait le château et qui se mouvait rapidement sur la neige du parc, soucieuse de ne pas être découverte. Curieux, il la suivit le plus discrètement possible en restant caché dans l'obscurité. Severus s'approcha de plus en plus pour l'observer : l'ombre se dirigeait vers le saule cogneur d'un pas décidé mais silencieux. D'un coup, l'arbre agressif se figea et la silhouette se retourna pour regarder un instant le ciel. C'est à ce moment que Severus distingua le visage de la personne qu'il suivait : Remus Lupin. Que faisait-il ici tout seul ? Préparait-il le terrain pour un futur mauvais coup ?

Quand Lupin eut disparu entre les racines de l'arbre, Severus se mit à courir à sa suite sans attendre une seconde, traversa le parc à toute allure et s'engouffra à son tour sous l'arbre, qui reprit vie quelques instants après, dans un gros craquement de branches. Severus regarda autour de lui et constata qu'il était dans un tunnel de terre particulièrement sombre. Ne voulant pas se faire repérer, il n'utilisa pas sa baguette pour s'éclairer et avança doucement à tâtons vers l'unique direction possible. Il espérait bien prendre Lupin sur le fait : ce serait une petite victoire sur les Maraudeurs, même s'il aurait préféré dénoncer Black ou Potter.

Severus marcha pendant ce qui lui sembla être une vingtaine de minutes, se cognant plusieurs fois la tête au plafond irrégulier dans le tunnel bien trop petit pour sa grande taille, avant d'arriver dans un cul-de-sac. Était-il passé à côté d'une bifurcation sans la voir ? se demanda-t-il un instant avant de réfuter cette idée. Il avait gardé les bras écartés tout au long du chemin, frôlant les parois du tunnel du bout des doigts, il l'aurait immédiatement senti si il y avait eu un autre passage.

Où était donc passé Lupin ? Il n'avait pas pu disparaître comme ça ! Ni passer à côté de lui sans qu'il ne le sente. En plus il était certain d'avoir entendu du bruit au fond du tunnel, comme des cris. Mais de toute évidence il était seul et avait dû louper une sortie dans le noir, alors, il alluma sa baguette d'un Lumos discret. C'est ainsi qu'il distingua à sa droite et à sa gauche deux petites échelles de bois apposées contre le mur qui terminait le tunnel. Il se trouvait pile entre les deux. Un rictus déforma son visage quand il leva les yeux vers le plafond, où il distingua deux sorties, à moins que l'une d'elles ne soit un leurre. Réfléchissant un instant avant de choisir laquelle emprunter, il décida finalement de suivre son instinct. Il éteignit sa baguette, grimpa sur l'échelle de droite et poussa doucement la trappe de quelques centimètres au-dessus de sa tête. Ses yeux furent immédiatement happés par deux globes d'un jaune luisant qui le figèrent d'effroi. Un grondement féroce retentit avant qu'il ne se fasse violemment tirer par l'arrière du col, atterrissant brutalement au le sol. Rogue resta là plusieurs secondes, tétanisé par sa précédente vision, n'entendant pas la personne incanter un collaporta sur la trappe.

Il était tombé nez à nez avec un loup-garou ! lui répétait son cerveau hébété. Il voulu se relever pour fuir le plus loin possible, mais son corps ne voulait pas lui obéir. C'est alors qu'il sentit des bras le soulever sous chaque épaule et le traîner vers la sortie. Il ne savait pas qui c'était, mais il s'en fichait, du moment qu'ils l'emmenaient loin, très loin, d'ici.

Après ce qu'il lui parut une éternité, ils sortirent enfin du tunnel et s'engagèrent vers le château. Severus retrouva doucement ses esprits et tourna la tête vers les personnes qui le soutenaient en silence, il les reconnut avec horreur. Potter et Black ! Il se dégagea alors violemment d'eux et s'effondra dans la neige, les jambes toujours engourdies.

- Qu'est-ce... Comment… balbutia Severus en les fixant rageusement.

Il avait été sauvé par ses ennemis jurés, c'était encore pire que de se faire humilier par eux. Il leur devait une dette de vie !

James et Sirius s'échangèrent furtivement un regard : ils avaient le visage fermé et la situation les inquiétaient tout particulièrement. Comment Rogue s'était-il retrouvé dans le tunnel à soulever la trappe qui menait à Lunard ?

- Tu pourrais nous remercier, déclara Sirius. Enfin, surtout James.

- Plutôt crever, cracha Severus les yeux exorbités.

- Dans ce cas on peut te ramener là-bas ? Moi ça me dérange pas, proposa Sirius avec un sourire mauvais accroché au coin des lèvres avant de faire une grimace sous le coup de coude de James.

- Non, gémit Severus en les regardant un moment tour à tour, après avoir tressailli d'horreur à la proposition de Black.

- Comment tu as fait pour en... commença James avant de se faire couper par Rogue.

- Pourquoi… Pourquoi y avait-il un loup-garou là-dessous ? demanda le Serpentard abruptement en montrant le saule cogneur d'un doigt quelque peu tremblant. Et ou est passé Lupin ?

À nouveau les deux Maraudeurs échangèrent un regard. Que devaient-ils dire ? Que pouvaient-ils faire ?

- Je pense que tu connais la réponse à cette question, et pour ton propre bien je te conseille de garder ta petite gueule de Serpent visqueux bien fermée, menaça Sirius en pointant sa baguette sur Rogue.

Severus hoqueta en fixant la baguette de Black : ce dernier ne faisait jamais de menaces en l'air. Puis son cerveau se mit à analyser l'information que venait de lui donner le Gryffondor. Le sang quitta son visage d'un coup quand il comprit la révélation que Sirius venait de lui faire : Lupin était... est un loup-garou. Un loup-garou qui se baladait en toute liberté dans Poudlard depuis six ans ! Et il avait partagé ses cours avec cette abomination !

- Rogue, l'appela James.

Le jeune homme sursauta quand il entendit son nom et fut tiré de ses pensées.

- Lupin... souffla Severus... Un loup-garou... dit-il tout aussi bas.

- C'est bien, tu comprends vite pour un Serpentard, déclara Sirius avec dégoût tout en continuant de menacer le garçon de sa baguette. Maintenant donne-moi ta main.

- Pourquoi je ferais ça ? répondit Severus en reculant, les fesses toujours dans la neige.

- Nous allons faire un serment inviolable, lui répondit tout naturellement Sirius.

- Quoi ? Jamais ! s'exclama Severus choqué.

- Je suis sûr que tu accepteras, continua Sirius avec un sourire en coin.

- Je ne vois pas pourquoi je ferais ça, je ne suis pas aussi stupide que toi, répondit Severus qui retrouvait peu à peu son aplomb.

- Je te propose d'oublier la dette que tu as envers moi pour t'avoir sauvé la vie, et en échange tu gardes le silence sur la condition de Remus, déclara Sirius le plus sérieusement du monde.

Severus resta muet quelques instants, réfléchissant à cette proposition alléchante. Qu'est-ce que c'était qu'un ridicule secret sur la lycanthropie d'un de ses ennemis, qu'il ne le reverrait sûrement plus après sa septième année, contre une dette que les Maraudeurs pouvaient lui réclamer de payer à tout moment ? Cette dette était d'autant plus dangereuse qu'il la devenait à une personne comme Black ! Il était beaucoup plus sûr pour lui de se débarrasser de cette dette aussi vite que possible.

- J'accepte, déclara Severus en se redressant maladroitement sur ses jambes encore flageolantes et en tendant la main à Black.

Sirius saisit fermement la main de Rogue et James se positionna entre eux pour énoncer le pacte en posant sa baguette sur leurs mains jointes.

- Je jure, moi Sirius Black, oublier la dette que me doit la personne de Severus Rogue pour lui avoir sauvé la vie, entonna James.

- Je le jure, répondit solennellement Sirius.

Une première chaîne rougeoyante sortit de la baguette de James et vint s'enrouler autour des deux mains jointes.

- Je jure, moi Severus Rogue, garder le secret sur la lycanthropie de Remus Lupin, quoiqu'il advienne et aussi longtemps que je vivrai, continua James.

- Je le jure, répondit tout aussi sérieusement Severus.

Au moment où les derniers sons sortaient de la bouche de Severus, une nouvelle chaîne rougeoyante sortit de la baguette de James et s'enroula autour des deux mains jointes comme la première, scellant ainsi le serment inviolable entre les deux jeunes hommes. Quand James baissa sa baguette, les chaînes brillèrent encore un instant puis disparurent.

James aurait bien voulu ajouter comme clause supplémentaire que Rogue ne devait plus s'approcher de Lily Evans, ou encore qu'il était obligé de se laver les cheveux au moins une fois par semaine, mais il se dit que la lycanthropie de son ami n'était pas une blague et qu'il devait tout de même garder son sérieux.

- Bien, maintenant on t'emmène à l'infirmerie, décida James.

- Je n'ai pas besoin d'y aller, dit Severus sur la défensive, mais quand il fit un pas ses jambes se dérobèrent sous lui et il tomba à genoux devant les deux Gryffondors.

Sans un mot, les deux Maraudeurs prirent chacun un bras de Rogue et le traînèrent jusqu'au château. Une fois dans l'infirmerie, ils se firent tous les trois réprimandé par Madame Pomfresh : ils avaient dépassé l'heure du couvre-feu depuis quasiment une heure et aucun d'eux ne pouvait lui dire la raison pour laquelle le jeune Rogue était dans un tel état de choc.

Quand les Gryffondors eurent fini d'installer Rogue sur l'un des lits que leur avait désigné l'infirmière, James versa discrètement l'antidote à l'Amortentia dans la carafe d'eau, posée sur la commode à côté de la tête du lit de Rogue, puis il s'en alla au plus vite regagner leur dortoir avec Sirius. Retourner dehors pour jouer avec Lunard et Oddity était devenu trop risqué pour ce soir.

oOoOo

Deux jours plus tard sonna la reprise des cours et aussi la sortie de l'infirmerie pour les deux lycanthropes. Remus avait eu un récit sur les péripéties concernant Rogue, il comprit donc comment il s'était retrouvé avec autant d'écorchures et d'os brisés, mais Meiling restait dans le flou le plus total. Elle avait écopé d'une commotion cérébrale ainsi que deux avant-bras brisés. Elle se demandait à quel jeu elle avait bien pu participer hier soir avec Remus.

Avec la rentrée, Rogue avait de nouveau un comportement normal : il l'ignorait, voire l'évitait carrément, au plus grand soulagement de la jeune femme. Et même si elle avait était forcée à reprendre sa place en temps que poursuiveuse par une ruse de son petit-ami, elle était heureuse de retrouver un semblant d'équilibre dans sa vie d'écolière.

De son côté Severus, était sorti de l'infirmerie deux jours plus tôt, mortifié par le comportement qu'il avait eu vis-à-vis de sa camarade Serdaigle. Il appréciait son intelligence, mais de là à faire ce qu'il avait fait et à retrouver dans son carnet de notes de potions des déclarations enflammées à son encontre… C'était trop bizarre : il ne comprenait pas comment cela avait pu être possible qu'il écrive et ressente ce genre de choses pour elle. Il avait été de fort mauvaise humeur quand il s'était souvenu qu'il avait fait un serment inviolable avec Black, qui voulait l'empêcher de prévenir qui que ce soit à propos de Lupin, et qu'il avait toujours une dette envers Potter, qui lui avait également sauvé la vie. C'était donc renfrogné qu'il rejoignit son amie, Lily Evans, qui l'attendait au bord du lac gelé, près de l'arbre où ils se retrouvaient toujours, à tel point que c'était devenu leur arbre. Ils se donnaient toujours rendez vous là-bas afin que personne ne vienne les déranger : le parc était vide, contrairement à l'intérieur du château.

- Sev ! s'exclama joyeusement Lily en apercevant son ami et en lui adressant un signe de la main.

Celui-ci lui accorda un léger sourire et vint s'installer à côté d'elle contre le tronc de l'arbre entouré d'un épais manteau neigeux. La jeune femme s'accrocha à son bras possessivement et posa la tête sur son épaule afin de profiter de sa chaleur.

- C'était bien Noël chez les moldus ? demanda Severus pour entamer la conversation en regardant la Gryffondor blottie tout contre lui.

- Ça aurait pu l'être si Pétunia n'avait pas était invivable, maugréa Lily.

- Tu devrais lui lancer un sort, ça lui ferait les pieds. J'en ai un parfait pour ça si tu veux, elle ne pourra plus mettre ses chaussures ! ricana Severus.

- Sev, ne soit pas méchant, c'est quand même ma sœur. Et puis tu m'as manqué, ça m'a fait bizarre que tu ne rentres pas à Noël. Ça faisait un vide.

- Toi aussi tu m'as manqué, dit-il en posant doucement sa joue sur la tête de Lily. Mais tu sais très bien pourquoi je ne suis pas rentré, continua-t-il d'un ton plus sombre.

- Oui, répondit-elle tristement, consciente de ce qui se passait chez son ami. Comment était ton Noël ici ? Les Maraudeurs ne t'ont pas trop embêté j'espère ? s'enquit Lily pour changer de sujet.

- Je n'ai pas besoin de ta pitié Lily, répondit sombrement Severus. Et Noël ici était plutôt instructif.

- Oh, je vois, tu as passé ton temps à la bibliothèque… décréta Lily en ignorant la réponse blessante de son ami : elle s'avait qu'il ne pensait pas à mal, il voulait juste se protéger. Je voulais te demander... au bal... commença Lily en hésitant après le silence de Severus. Il s'est passé quoi avec Ling ?

Lily avait entendu parler de l'altercation entre la Serdaigle et Severus, mais elle n'y avait pas assisté puisqu'elle était elle-même remontée rapidement dans son dortoir.

- Je… Je ne sais pas, finit par avouer le Serpentard.

Il n'en avait effectivement pas la moindre idée et avait tout fait pour éviter de repenser à ce nouvel épisode humiliant de sa vie.

- Tu es amoureux d'elle ? l'interrogea tout de suite Lily en se tournant vers lui, le surprenant par sa question innocente.

- NON ! cria presque Severus alors que la Gryffondor le regardait fixement de ses grands yeux verts. Absolument pas ! essaya-t-il de dire plus calmement.

- Il n'y a pas de mal à ça, Sev, minauda Lily en repositionnant sa tête tout contre son épaule, cachant ainsi ses joues rosissantes.

Elle ne savait pas pourquoi, mais en prononçant ces mots elle avait pensé à Potter : il ne l'avait plus abordée pour lui demander de sortir avec lui depuis un moment déjà. Il ne lui avait même pas demandé si elle voulait bien l'accompagner au bal, ce qui l'avait, elle se l'avoua enfin, véritablement contrariée. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle n'était pas restée longtemps à la soirée. Potter ne semblait plus faire attention à elle et elle se sentait frustrée, comme si son insistance et ses compliments lourds de sous-entendus lui manquaient. C'était totalement absurde !

- Je ne le suis pas, d'accord ? répondit Severus d'un ton qui n'autorisait aucune réplique, coupant court aux divagations de Lily.

Severus sentit son amie se détacher légèrement de lui quelques instants pendant qu'elle fouillait dans son sac, posé à côté d'elle. Quand elle reprit sa place contre lui, elle lui tendit un paquet de forme rectangulaire, emballé dans un joli papier rouge et or, bien sûr.

- Bon anniversaire, Sev ! s'exclama-t-elle en lui claquant promptement un bisou sur la joue. C'est pour tes dix-sept ans, se justifia-t-elle alors que les joues de son ami avaient pris une légère teinte rosée.

- Mais c'est dans trois jours, corrigea Severus, déstabilisé par les lèvres qui venaient de se poser sur sa joue.

- Je voulais être la première à te le souhaiter, expliqua simplement Lily.

- Tu sais bien que tu seras la seule à me le souhaiter, affirma Severus plus sombrement.

- On ne sait jamais, lui répondit-elle d'un air espiègle avec un clin d'œil en agitant toujours le paquet sous les yeux du garçon pour qu'il s'en saisisse.

- Dans tes rêves, répondit Severus avec un sourire au coin des lèvres.

- Bon, tu vas le prendre ou tu vas me laisser te l'agiter sous le nez comme ça indéfiniment ? demanda-t-elle.

- Merci Lily, dit Severus en se saisissant du petit paquet.

Severus arracha l'emballage trop Gryffondor à son goût et découvrit, comme il l'avait deviné, un livre. La couverture sobre en cuir d'un vert sombre était cependant vierge de tout titre. Intrigué, il leva un sourcil interrogateur vers Lily et l'ouvrit pour y découvrir quelques mots élégamment tracés de la main de son amie en guise d'introduction. C'étaient les seuls mots que le livre contenait.

A pour seul propriétaire Severus Rogue

De la part de Lily Evans pour son dix-septième anniversaire

- Je l'ai magiquement enchanté pour qu'il n'y ait que toi qui puisse lire et écrire dans ce carnet Sev, tu pourras y écrire toutes tes inventions en matière de potions et de sortilèges, expliqua Lily.

- Merci, souffla le Serpentard, réellement touché par le cadeau de son amie et impressionné par son talent.

- De rien Sev. Bon, maintenant on va passer à la coupe de tes cheveux ! clama Lily en levant sa baguette vers Severus.

- Quoi ? Non ! Hors de question ! s'exclama Severus en se reculant, inquiet devant le sourire beaucoup trop large à son goût qu'elle lui adressait.

- Oh que si, Sev ! Tu t'es trop laissé aller dernièrement, et tes cheveux sont beaucoup trop longs ! lui répondit Lily en se relevant afin de dominer le jeune homme de toute sa hauteur. Maintenant ne bouge pas ou je vais me louper, et tu ne voudrais pas que je te loupe, non ? demanda-t-elle avec un sourire carnassier.

Elle savait qu'elle pouvait tout faire et tout demander à son ami et qu'il accepterait, même si celui-ci n'affichait toujours que de l'indifférence ou la contredisait, elle savait, elle connaissait la vérité derrière tout ça.

- Non, en effet, répondit finalement Rogue, faisant naître une lueur de satisfaction sur le visage de Lily.

- Diffindo, prononça alors Lily pour couper les pointes et raccourcir ainsi les cheveux de Severus, qui lui tombaient juste au-dessus des épaules. Voilà qui est mieux, se félicita la jeune femme une fois qu'elle eut fini.

- Merci, dit Severus en passant ses doigts à travers ses cheveux.

La Gryffondor reprit sa place contre le Serpentard, retrouvant ainsi la chaleur de son corps, et un silence confortable s'installa entre eux. Ils n'avaient pas pour habitude de passer des heures à bavarder, préférant étudier ensemble tout en profitant de la présence rassurante de l'autre. C'était leur petit rituel. Cependant, aujourd'hui Severus avait envie de partager une information qu'on lui avait pourtant fait promettre de ne dévoiler à personne. Il le devait, pour la protection de son amie, la personne qu'il avait de plus chère au monde, il devait essayer de la prévenir, lui conseiller de se méfier, de faire attention à cette personne. C'est donc un peu abruptement qu'il rompit leur silence.

- Lily, tu devrais faire attention avec Lupin.

- Pourquoi tu me dis ça tout d'un coup ? Il est très gentil Remus, lui répondit la jeune femme tout en continuant à regarder les flocons de neige emportés par le vent sur la surface glacée du lac.

- Je te demande pas si il est gentil Lily, je te dis de faire attention... il est d… commença Severus avant de se couper dans sa phrase.

Au moment où il avait voulu révéler que Lupin était dangereux, il avait ressenti une brûlure, comme si de la lave remontait dans sa gorge, lui signalant qu'il était allé trop loin dans les révélations, et lui rappelant ainsi qu'il était bien sous serment. Foutus Maraudeurs ! pesta-t-il intérieurement. Ils arrivaient toujours à s'en sortir, d'une manière ou d'une autre.

- Ne t'inquiète pas pour moi Sev, je suis intelligente et assez grande pour me défendre aussi toute seule, lui confia sérieusement la Gryffondor, sortant Severus de ses pensées.

- Fais attention, c'est tout ce que je te demande, finit-il par dire, capitulant devant le regard confiant de la jeune femme.

- Je ferai attention, promis, répéta Lily tout en lui adressant un magnifique sourire, auquel il répondit.

Il n'avait décidément pas besoin de plus, pensa Severus. Sa seule présence était pour lui un Lumos dans les ténèbres. Non, un Patronus, se corrigea-t-il. Elle arrivait à chasser cette noirceur qui s'agglutinait tout autour de lui, un peu plus chaque année.

oOoOo

Le mois de janvier fut une renaissance pour Meiling, malgré les douleurs dans ses bras. Enfourcher à nouveau un balai et voler en tant que membre de l'équipe aux côtés des ses amis l'avaient totalement galvanisée. La jeune Serdaigle s'entraîna ainsi durement pour rattraper son retard, redoublant d'efforts, jusqu'au jour du match, où son équipe allait affronter celle tant redoutée de Serpentard.

La journée était particulièrement venteuse pour un jour de mi-janvier et promettait de rendre le match compliqué. Il était difficile de garder une trajectoire stable, même avec les deux mains cramponnées au manche du balai, alors dès qu'il fallait libérer une main pour attraper une balle il n'était pas rare de voir les joueurs dévier de leur objectif, entraînés par les bourrasques de plus en plus fortes. Meiling était dans une situation pire encore que ses coéquipiers : les efforts supplémentaires qu'elle devait fournir réveillaient les douleurs dans ses avant-bras.

La voix du commentateur arrivait aux oreilles des joueurs par intermittence, tout comme les acclamations du public, eux aussi pris dans le déchaînement des éléments naturels. Les joueurs avaient l'impression d'être dans une bulle où tout était au ralenti, où les sons étaient étouffés, où le souafle leur revenait dans les bras plutôt que de traverser l'anneau des buts.

Les joueurs ne s'affrontaient pas depuis plus d'une petite heure qu'ils étaient déjà fatigués et transis de froid, complètement trempés par la pluie battante, ils avaient l'impression d'avoir fait un entraînement de trois heures. L'équipe de Serdaigle avait tout de même réussi à marquer sept buts contre cinq pour Serpentard, ce n'était pas énorme mais étant donné les conditions climatiques c'était déjà une petite victoire.

Les joueurs réussirent à distinguer les cris du public et du commentateur, certains eurent plus de mal à les entendre que d'autres, noyés dans les hurlements du vent et de la pluie. Les Serpentards venaient d'être déclarés vainqueurs du match. Meiling, le souafle encore à la main, entourée de ses deux camarades de dortoir, s'interrompit au milieu de son action, cherchant des yeux les attrapeurs. La Serdaigle trouva son petit-ami au bord du terrain, le pied à terre, toisant le jeune Black qui brandissait la petite balle dorée, entouré d'une foule vert et argent grossissante.

Ils avaient perdu. La déception se lisait nettement sur le visage de ses coéquipiers. Ils avaient mené le match, mais ça n'avait pas suffit en comparaison aux cent cinquante points qu'offre la capture de la plus petite balle. Moroses, les Serdaigles regagnèrent la terre ferme pour rejoindre leur vestiaire. Meiling courut plutôt rejoindre Hugo, toujours figé dans une posture de limier.

Quand la jeune femme posa sa main sur son bras, elle sentit qu'il était tendu à l'extrême. Elle croisa ensuite son regard et se fit aspirer par un tourbillon de fureur qui assombrissait son regard émeraude. Sa mâchoire était crispée, surement afin de retenir des paroles haineuses, puis sans un mot il se dégagea abruptement et partit prestement vers le château sans un mot. Meling regarda le dos de son petit-ami un instant avant de se lancer à sa poursuite. Elle devait lui remonter le moral.

- … go ! entendit le Serdaigle derrière lui mais il ne se retourna pas et continua à remonter furieusement vers le château.

Il avait perdu ! Comment avait-il pu perdre ? Il avait retrouvé son équipe au complet pourtant ! Il n'aurait pas dû perdre ! C'était un cauchemar, une humiliation ! S'ils avaient marqué plus de buts ça ne serait pas arrivé, il en était certain, la défaillance ne venait pas de lui. Non, jamais ! Il n'avait jamais cessé de s'entraîner durement, ne pensant qu'à la victoire et à la coupe, à ce que cet objectif lui ouvrirait comme portes dans un futur proche. Non ce n'était pas de son fait, c'était celui de...

- Hugo ! entendit-il distinctement une fois arrivé dans le hall du château avant de sentir le corps de sa petite-amie se presser dans son dos, ses bras s'enroulant affectueusement autour de son torse.

- Ce n'est pas ta faute, lui dit-elle tout contre son dos en le serrant un peu plus fort pour lui transmettre son amour.

- En effet, railla-t-il d'une voix rauque tout en se dégageant de l'étreinte trop étouffante avant de se retourner pour la tenir à bout de bras. C'est la tienne, assena-t-il en la secouant légèrement.

Les yeux de la jeune femme s'arrondirent de stupeur et elle resta muette, les bras ballants, sonnée cette accusation.

- Si tu ne nous avais pas lâchés en début d'année je n'aurais pas eu à te remplacer par une incompétente et tu n'aurais pas manqué cruellement d'entraînement. Et nous n'en serions pas là, l'accusa Hugo en la regardant durement.

- Tu ne peux pas me reprocher ce qui vient de se passer Hugo ! Ce n'est pas juste ! J'ai fait de mon mieux, on menait les Serpentards ! répondit Meiling, les larmes au bord des yeux.

- La vie n'est pas faite pour être juste Meiling et faire de son mieux n'est pas suffisant, affirma la voix tranchante du septième année.

- Hugo... geigna Meiling en accrochant ses mains au pull de son petit-ami.

- T'es-tu au moins entraîné durant les vacances ? demanda t'il d'un ton impérieux sans même bouger.

- … Non, avoua-t-elle après un silence. Je... je n'étais pas en forme, ajouta-t-elle honteuse en baissant les yeux.

Hugo se saisit fortement des avant-bras de sa petite-amie pour se soustraire à son emprise, lui arrachant en même temps un cri de douleur auquel il ne prêta pas attention.

- Tu me déçois beaucoup, la réprimanda-t-il en rejetant le corps de la Serdaigle loin de lui avant de lui tourner le dos.

Hugo commença à s'éloigner quand il sentit de nouveau le corps de sa petite-amie contre lui. Il sourit en lui-même.

- Demain on reprend les entraînements intensifs, toi et moi tous les soirs, décréta le jeune homme.

Il sentit le hochement de tête approbateur dans son dos lui signifiant qu'elle avait cédé. Il la tenait dorénavant entièrement dans ses mains. Il l'avait rendue accro à lui, au sexe, lui offrant l'illusion d'avoir enfin rencontré le prince de ses rêves, lui faisant croire à l'amour, à sa jalousie et maintenant il la brisait pour mieux la dompter. Ça lui avait pris du temps mais maintenant elle était toute disposée à voler pour sa gloire. Et ça le faisait bander rien que d'y penser. Répondant à ses pulsions, il fit volte face et captura les lèvres de sa petite-amie, qui lui répondit avidement, se raccrochant à lui comme à une bouée de sauvetage. Qu'est ce qu'il aimait être en position de dominance ! Il la saisit ensuite par le bras, la faisant gémir de douleur à nouveau, pour la traîner rapidement vers les bains privés des préfets, qu'il savait vides à cet instant.

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Janvier arriva bientôt à son terme et ce mois fut particulièrement calme pour les Maraudeurs, hormis quelques retenues. Il était tard quand ils décidèrent de quitter la salle commune pour monter se coucher. Remus rangea son livre, Peter termina en vitesse de recopier le devoir de James avant de le lui rendre, pendant que James et Sirius rangeaient les pièces de leur jeu d'échec version sorcier. Puis, ils prirent ensemble la direction de leur dortoir et se préparèrent pour la nuit.

Sirius se déshabilla, enfila rapidement un pantalon de pyjama et souhaita bonne nuit à ses amis. Quand il ouvrit les rideaux de son lit à baldaquin, Isis l'y attendait, elle était revenue. Ça faisait bientôt six semaines qu'il n'avait pas vu la boule de poils leur rendre visite dans leur dortoir. Il s'assit avec plaisir à côté du félin et lui gratta le haut du crâne, un sourire dessiné sur les lèvres. Il était étrangement heureux qu'elle soit de retour.

- T'es revenue, lui chuchota Sirius.

Isis lui répondit par un ronronnement et avança le menton pour qu'il lui gratte également le cou, geste qu'elle appréciait tout particulièrement. Élisa avait été tellement en colère de voir qu'ils avaient utilisé la potion d'amortentia pour nuire à son amie qu'elle n'était plus venue rendre visite aux Maraudeurs pendant plusieurs semaines. Mais les longues heures en compagnie du beau Gryffondor lui manquaient et elle n'avait pas réussi à s'empêcher de revenir, quémandant des caresses auprès d'un Sirius qui ignorait sa véritable identité.

- Tu sais que tu ne peux pas dormir ici, faut que tu retournes dans le dortoir de ta propriétaire.

Pour toute réponse, le maine coon vint se blottir contre sa main, s'enrouler autour de son bras et se frotter contre son torse nu en ronronnant de plus belle. Sirius ne put soutenir le regard implorant d'Isis plus longtemps et capitula.

- Bon, c'est d'accord, mais juste pour cette nuit, prévint-il.

- À qui tu parles, demanda Peter sortant de la salle de bain et passant derrière Sirius.

- Isis, elle est revenue me tenir compagnie.

- Beurk, tu vas avoir des poils de chat partout sur tes couvertures, affirma Peter avec une mine de dégoût.

Sirius haussa les épaules et ne vit pas le regard mauvais qu'Élisa lança à Peter une fois qu'il eut le dos tourné, avant qu'il disparaisse derrière les rideaux de son propre lit. Sirius se glissa à son tour dans le sien, ferma les rideaux et ramena les couvertures à lui tout en faisant bien attention à ne pas bousculer Isis.

Une fois qu'il fut allongé sur le dos, elle vint se loger entre son bras droit et son torse, au-dessus de la couverture. Il pouvait ainsi aisément caresser ses longs poils doux tout en appréciant son ronronnement réconfortant. Elle le fixait de ses yeux émeraude, illuminés d'une lueur de satisfaction.

- T'as toujours ce que tu veux toi, hein ?

Isis cligna des yeux lentement et poussa de son front la main de Sirius pour qu'il reprenne ses caresses. Il eut un petit rire et la regarda tendrement avant de fermer les yeux. Elle lui avait manqué.

Élisa le regarda s'endormir, elle ne regrettait pas d'être revenue, même si elle ne lui avait pas complètement pardonné le coup de l'amortentia. Et elle n'arrivait pas à croire qu'il l'ait laissée rester. Elle se demandait d'ailleurs si c'était bien judicieux de ne pas partir tout de suite. Mais elle ne put s'arracher à la contemplation du visage de Sirius, ses pommettes saillantes, son nez droit, ses longs cils noirs, ses boucles d'ébènes étalées sur l'oreiller… Il lui avait tant manqué !

Sirius laissa échapper un léger ronflement, son torse se soulevait à un rythme lent et régulier. Il était temps de partir. Si elle s'endormait sous sa forme d'animagus, elle reprendrait sa forme humaine et pourrait se créer de très gros problèmes. Mais elle ne put se résoudre à partir tout de suite. Elle préférait apprécier ce moment où son bourreau, qui la tourmentait tous les jours en l'obligeant à le repousser malgré ses désirs refoulés, était aussi innocent qu'un chaton. Elle pouvait le contempler aussi longtemps qu'elle le souhaitait, et s'enivrer de cet homme qu'elle se refusait.

Sirius se réveilla en plein milieu de la nuit : quelque chose de lourd tout contre lui avait troublé son sommeil. Il essaya de bouger, mais il distingua un bras sur son torse et une masse de cheveux sur son épaule. Pendant un instant il pensa qu'il s'agissait d'un de ses camarades de dortoir qui se serait glissé dans son lit après avoir fait un cauchemar, mais il laissa échapper un léger ricanement en réalisant l'absurdité de la chose. Curieux quant à l'identité de la personne dans son lit, il releva un peu la tête et tira sur le rideau à sa gauche pour laisser entrer la faible lueur de la lune afin d'y voir un peu plus clair.

Il retint de justesse une exclamation de surprise quand il discerna la personne qui était allongée à côté de lui. Il aurait reconnu ces boucles rousses entre mille. Élisa... Élisa sa belle Poufsouffle était allongée sur son lit, la tête sur son épaule, son bras droit barrait son torse et sa jambe droite était posée sur son bassin. Qui le brûla instantanément.

Que faisait-elle là ? Comment était-elle entrée dans la tour des Gryffondors, et dans leur dortoir de surcroît ? Il se rappela alors Isis, qui s'était blottie contre son épaule droite, et il ne dut pas réfléchir plus longtemps avant de faire le rapprochement et de comprendre qu'Élisa avait réussi à devenir une animagus. Et qu'elle le lui avait caché.

Mais dans quel but ? Le reluquer quand il se changeait ? Les espionner ? Oui, ce devait être ça… Et ça expliquait la gifle le jour du bal ! Oh ! Et Remus ! Elle savait pour Remus ! Elle les avait suivis ! Mais étrangement elle ne lui en avait jamais parlé, elle n'avait même pas fait de chantage à ce sujet, elle n'avait jamais esquissé le moindre mouvement de dégoût à l'encontre de son ami quand celui-ci s'installait à ses côtés en cours de runes… Elle était d'ailleurs plutôt courtoise avec lui.

Son cerveau embrumé par le sommeil divaguait-il ? Était-elle vraiment Isis ? Dans ce cas, que faisait-elle ici ? Était-elle somnambule et le désirait-elle inconsciemment ? Non, elle n'aurait jamais pu entrer toute seule dans la tour… Mais le fait qu'elle puisse le désirer lui plaisait énormément.

Ses yeux furent attirés par le poignet d'Élisa, en travers de sa poitrine. Il luisait presque sous la lumière blanche de la lune qui accentuait sa pâleur. Il fut ému par son apparente fragilité, la transparence de sa peau et les veines bleues qui dessinaient des chemins compliqués dessous. Il ressentit un urgent besoin d'embrasser ce poignet et referma vivement le rideau pour bloquer les rayons de la lune qui échauffaient ses ardeurs.

Il dut se contrôler, essayer de penser à autre chose, car il avait peur de la réveiller si jamais elle sentait une protubérance sous sa jambe. C'en serait fini de lui. Il tourna donc légèrement le bassin vers la gauche et tenta de se concentrer.

Penser à Mc Gonagall... Penser à Mc Gonagall...

Mais ce simple mouvement fit sursauter Élisa qui ouvrit grand les yeux. Sirius ferma les siens et pria pour qu'elle ne se rende pas compte qu'il s'était réveillé. Il la sentit bouger, se relever, s'arrêter, retenir son souffle. Un instant plus tard, le poids sur son lit avait significativement diminué : elle avait dû reprendre sa forme d'animagus. Il la sentit sauter du lit, puis il entendit le cliquettement caractéristique de ses griffes sur le sol en pierre quand elle quitta le dortoir avec précipitation.

Une fois qu'elle fut partie, il expira une longue bouffée d'air. Il avait retenu sa respiration sans même s'en rendre compte. Il n'en revenait pas. Élisa était Isis ! Il faudrait absolument qu'il la confronte à ce sujet. Ou alors… Ou alors il pourrait tirer avantage de cette information. Il ne savait pas encore comment, mais il finirait bien par trouver.

Il sourit dans le noir.

Puis il repensa à la chaleur du corps d'Élisa, le creux qu'elle avait créé sur son lit, la blancheur de son poignet… Son entrejambe le brûla à nouveau intensément et il se maudit de l'avoir laissée partir. Alors il glissa la main sous les couverture et s'autorisa un petit plaisir solitaire.


RDV le 14 Octobre.

L'équipe de Four !