Bonjour ! :D
Oui, oui, je sais, vous vous dite un truc genre "tiens, une revenante". Mais j'ai de bonnes excuses…
Mode racontage de vie "ON"
Alors, mon dernier chapitre date d'août. J'ai en effet dû repasser un examen et j'y ai bossé pendant trois semaines. D'autant plus que si je le réussissais, on m'avait dit que je serai juste prolongée de 4 mois avant d'avoir mon diplôme. Mais mes gentilles profs n'ont pas rajouté un seul point à mes trois semaines de travail intensif. J'ai raté mon année…
Ensuite, j'ai passé une semaine en France pour me remonter le moral chez une amie.
En rentrant en Belgique, j'apprends qu'il n'y a pas de chambre pour moi dans mon internat. Gros stress, cherchage d'un logement et trouvage au dernier moment. Visite, signature du contrat, aménagement, rentrée des classes, connaissance avec mes colocs. Et bon, voilà, au moment où je me remets à écrire, j'ai un accident : j'ai cassé une vitre avec ma main droite et ai gagné 9 points de suture au majeur. C'était pas la joie… :x Et c'était pas beau à regarder =_="
Puis, visite de l'école de stage, prépas de stage et stage.
Et j'ai cru franchement que vous n'auriez pas la suite car la veille du réveillon de Noël, j'ai eu un accident de voiture avec mon père :x Je n'ai rien eu que très peur mais bon xD
Puis, fêtes, prépas de stage (oui, pendant les vacances ! :O), stage d'un mois. Et là, je reviens dans le monde de l'écriture.
Certains n'auront pas lu, d'autres s'en fichent carrément xD En fait, si je vous raconte tout ça, c'est pour vous montrer que je suis vraiment désolée du temps que j'ai pris et que j'espère que vous me pardonnerez :3
Mode racontage de vie "OFF"
Merci à Flyingcrispi, Aliete, The Lily and the Hawk, Emichlo, Edeinn, Rukie-chan, Lily2811, Tralalaire, Roselia001, Dame de Coeur, Luthiell, Hinaya-chan, Zuutt, Plumbumurua, Ailinn d'Avalon et à toutes celles et tous ceux (sait-on jamais xD) qui on ajouté ma fic dans leurs favoris ou dans leurs alerte :3 Merciiiiiiiii 3
Luthiell : Coucou ! :D Ravie de t'avoir fait rire rien qu'au début xD Tu aurais carrément voulu que Lancelot le frappe ? xD Je retiens l'idée :P Ton amie ne comprends pourquoi tu fantasmes sur Tristan ? :O J'ai le même cas ! Elles ne doivent pas avoir les yeux en face des trous, moi je dis (a). Ouais, c'est bizarre cette histoire avec les deux Yseult, hein oui ! :O xD Enfin, je trouve cette histoire quand même jolie, même si c'est pas ma préférée des histoires romantiques x) Oui, je confirme, tu es sadique ! xD J'aime ça, personnellement xD Tu veux que Nicky Larson arrache les cheveux de la brune ! xD On m'a déjà parlé de la défigurer aussi xD Vous êtes vraiment méchantes quand vous vous y mettez, hein :-° Florent Pagny ? Cynric ? xD Ouh là xD Perso, je trouve Florent Pagny vachement plus attirant que Cynric xD Et il a une trop belle voix aussi *O* En tout cas, merci pour ta review qui m'a fait bien plaisir :D J'espère que la suite te plaira aussi :3 Bisouilles :-*
Bonne lecture ! :D Et n'hésitez pas à laisser une tite review, hein ? :3
Bisouilles ! :-*
°o0o°
Chapitre 20 : La première leçon
Vous connaissez la sensation que l'on a le matin de Noël, avant d'ouvrir ses cadeaux en se disant que ce sera génial et que quand on les ouvre, on est déçu par l'assortiment de Polly Pocket que l'on reçoit à la place de l'Action Man Ninja qu'on a demandé ? Et bien, c'est un peu ce que j'ai ressenti après quelques minutes de ma première leçon avec Gauvain…
Déjà, nous étions dans l'écurie car dehors, ça caillait. Au moins, on peut dire que mon professeur n'est pas sadique au point de me laisser dans le froid. Et il y avait une espèce de pièce où, à mon avis, les gens s'entrainaient avec leurs chevaux.
Mais le souci de l'écurie, c'est que ça sent pas particulièrement la rose… Ça pue, quoi ! Et essayez un peu de courir autour de la pièce en ne respirant que par la bouche ! Non seulement, c'est vite fatigant, mais en plus, on se fait enguirlander par son entraineur !
- Tu as un nez ! Sers-t-en ! Pas étonnant que tu sois essoufflée ! Et ce n'est que l'échauffement !
- Ça pue ! répliquai-je.
- Ça ne pue pas ! Ça sent le cheval…
- C'est bien ce que je dis… ça pue !
Gauvain secoua la tête tandis que je courrais les derniers tours à moitié les bras touchant le sol.
Quand j'eus fini, je me mis sur le côté pour pouvoir, à mon aise cracher mes poumons…
- J'y crois pas ! se moqua Gauvain. Une troupe de Saxons ne vient pas à bout de toi et quelques tours en courant te tuent !
J'assassinais le chevalier du regard tandis qui lui, se mit à rire. Il me rappelait un peu mon professeur de karaté. Lui aussi aimait bien lâcher des vannes du genre : "Aëlys, ceinture noire, troisième dan de karaté ou comment trois tours de salle peuvent la mettre KO."
Et si vous vous posez la question de savoir comment j'ai fait pour courir à mon arrivé à cette époque pourrie, ça se résume en trois mots : danger, adrénaline et méchants-Saxons-pas-beaux-qui-nous-collaient-le-train (oui, oui, ça compte pour un mot).
Alors que j'étais toujours en train de cracher tripes et boyaux, Gauvain chercha quelque chose dans ses affaires.
- J'ai quelque chose pour toi ! m'annonça-t-il, apparemment fier de lui.
Je me redressai car je m'étais penchée, mains sur les cuisses, pour reprendre ma respiration. Allais-je enfin recevoir l'Action Man Ninja de mes rêves ?
Non, non, je vous rassure, je ne suis pas folle au point d'espérer recevoir une poupée virile. Mais disons que je m'attendais à mieux qu'un espèce de bout de cuir qui ressemblait à rien.
D'ailleurs, je n'esquissai aucun geste, me contentant de jeter un regard soupçonneux à ce que me tendait Gauvain.
Il y eut un petit silence que je chevalier finit par briser :
- C'est un baudrier.
Nouveau silence de ma part et un nouveau long regard soupçonneux envers le… baudrier. Bizarre, je me faisais une autre idée d'un baudrier. En même temps, quand on me dit baudrier, je pense à la ceinture que tu portes pour l'escalade et qui entoure tes cuisses. Là, ça ressemblait juste… à un bout de cuir…
- C'est pour porter les épées.
- … (Regard soupçonneux.)
- Que tu accroches autour de ta taille.
- … (Regard soupçonneux.)
- Ainsi tu as ton épée à portée de main.
- … (Regard soupçonneux.)
- Bon, tu le prends, oui ou non ?
Gauvain semblait exaspéré par mon manque de réaction. Ne voulant pas m'attirer les foudres d'un chevalier doué pour tuer, je finis par prendre le… baudrier du bout des doigts.
- Il ne va pas te mordre, tu sais, dit Gauvain, un sourire en coin collé aux lèvres.
- Hmmm…
- Et ainsi, tu pourras rendre sa ceinture à Galahad.
Je relevai la tête à ces mots.
- Tu ris ou quoi ? Sa ceinture, je la garde. Elle est trop belle.
Gauvain secoua la tête.
- Elle est trop grande pour toi. Et qui te dit qu'il n'en n'a pas besoin.
- M'en fiche qu'elle soit grande, répliquai-je. Je l'ai et je la garde.
Gauvain soupira mais ne dit rien. Il dut comprendre que ce n'était pas la peine de discuter avec moi.
J'entrepris d'examiner le baudrier sous tous ses angles. Il semblait avoir déjà servi à voir l'usure qui parcourait le cuir.
- Il était à toi, ce baudrier ? demandai-je en l'attachant autour de ma taille.
- En effet, répondit Gauvain. Mais il n'est plus à ma taille depuis longtemps. Mais il semble t'aller à merveille.
En effet, le baudrier entourait ma taille sans me serrer et sans être trop large. Deux bandes de cuir qui partaient de mon côté droit se rejoignaient sur ma cuisse gauche, une passant devant et l'autre derrière. C'est un peu comme si une deuxième ceinture, beaucoup plus large, était attachée à une ceinture normale.
- C'est là qu'on accroche l'épée, m'apprit Gauvain en prenant mon arme. Je vais te montrer.
Il s'approcha de moi et se pencha pour accrocher l'épée au baudrier. Cela lui prit quelques minutes, pas plus. Il se redressa et admira son œuvre.
- Sors ton épée du fourreau, pour voir.
Mon excitation décupla. Allait-on enfin utiliser nos épées ? Croyant que c'était le cas, je sortis fièrement mon arme de son fourreau. J'eus droit à un regard appréciateur de mon professeur.
- Parfait, dit-il. Maintenant, tu vas retirer ton baudrier et le poser dans un coin, ainsi que ton épée.
Je fronçai les sourcils, sceptique, mais obéis néanmoins en priant pour qu'il ne me refasse pas courir. Je revins vers le chevalier qui avait les mains dans le dos, comme s'il y cachait une surprise. Je levai un sourcil en le voyant sourire. Sans prévenir, il me lança quelque chose. Heureusement, j'ai de bons réflexes et je réussis à attraper ce qu'il me lançait… et je crus être victime d'une bonne blague.
- C'est quoi, ce truc ? demandai-je.
- Ce avec quoi nous allons commencer.
- Ce jouet ?
J'avais dit ça en montrant l'épée en bois que je tenais en main.
- Ce "jouet" nous permettra d'évoluer sans se blesser, avant de passer aux vraies armes, dit patiemment Gauvain.
Je soupirai mais ne dit rien de plus car je devinais que je mettais déjà la patience du chevalier à rude épreuve. Celui-ci s'arma également d'une épée en bois, ce qui me fit sourire. Imaginez un peu le grand Gauvain, un chevalier Sarmate habitué aux haches et aux épées, armé d'une petite épée en bois. Croyez-moi, ça vaut le détour !
- Bien, commençons, dit-il. D'après ce que j'ai compris, tu as l'habitude de te battre et a donc un bon jeu de jambe. Voyons voir ça. Tu vas parer mes coups, d'accord ?
Je hochai la tête, lui signifiant que j'avais compris. Je me mis en garde et l'observai, attendant qu'il passe à l'action. Ce qu'il ne fit pas tout de suite. Nous nous tournâmes autour durant un petit moment, nous guettant. Puis, il attaqua subitement. Il porta un coup vers ma tête et je levai l'épée en bois pour le bloquer, bien campée sur mes pieds. Il recula.
- Bien, dit-il.
Je souris mais il attaqua aussitôt, donnant coup sur coup. Coups que je parvenais à parer. Puis, au bout d'un moment, il s'acharna à m'attaquer sur la droite. J'avais toujours du mal avec les coups portés à ma droite. Déjà en karaté, c'était mon point faible. Mon professeur disait que, comme je suis une droitière, j'avais tendance à surprotéger le côté gauche. Ce qui fait que mon côté "fort" était devenu mon côté "faible". Et cela se confirma avec Gauvain car il me toucha finalement au flan. En fin de compte, c'était pas si mal de commencer avec ces jouets…
- C'est bien ce qu'il me semblait, dit Gauvain. Tu n'es pas assez attentive du côté droit.
Je fis une grimace et frottait mon flan douloureux.
- Durant un combat, il faut que tu sois attentive à tous les côtés. Quand je t'attaque par devant ou sur ta gauche, il n'y a pas de problèmes. Mais tu relâches ta garde quand il s'agit de la droite.
- Je sais, soupirai-je. En karaté, j'étais pareille… Mon professeur disait que je surestimais ma droite car je suis droitière.
- On va essayer d'éradiquer ce défaut alors.
Je me demandais comment il allait faire ça alors que mon professeur de karaté s'acharnait à essayer depuis quelques années. Mais je me tus et ne pus penser plus car Gauvain revint à la charge. Mais il n'y allait pas de main morte, le bougre ! Ses coups étaient puissants, me faisant reculer bien malgré moi. Il me toucha plusieurs fois. Du côté droit. Et comme je reculais, je devais jeter des regards derrière moi de temps en temps, ce que mon professeur remarqua.
- Sois attentive ! Et prends garde à ton équilibre.
Bien sûr, à peine eut-il dit ces mots que je tombai sur mon postérieur. Je me relevai aussitôt mais Gauvain ne bougeait plus.
- Pour une débutante, tu t'en sors pas trop mal.
Je fis une moue.
- C'est une blague ? Je suis tombée et tu m'as tuée plusieurs fois…
- Tu débutes, Aëlys. Il faut te laisser du temps.
Je hochai la tête, mais je n'étais pas satisfaite de moi. Pourtant, je n'aurais pas dû. C'était ma première leçon après tout. Mais après ce qu'il s'était passé avec Lancelot, je crois que je me suis crue dotée d'un don pour le combat à l'épée.
- Bien, nous allons reprendre, dit Gauvain, me sortant de mes pensées. Cette fois-ci, c'est toi qui vas me donner des coups. Garde à l'esprit que l'épée n'est que le prolongement de ton bras, pas un élément à part. Et surtout, garde ton équilibre ! Car dans un vrai combat, une chute équivaut à la mort.
J'acquiesçai. J'avais un peu peur à l'idée d'attaquer Gauvain, aussi me préparai-je psychologiquement à cette éventualité incontournable en lui tournant autour, comme lui un peu plus tôt. Puis, je bondis et lui portai un coup vers les jambes, qu'il para sans difficulté aucune. Et il en fut pareil pour tous les autres coups que je portai.
Enfin, dans un sens, c'était rassurant. Ce ne l'aurait pas fait si un chevalier expérimenté avait été touché par une débutante dans mon genre.
- Bien, dit-il au bout d'un moment. Cependant, j'ai l'impression que tu réfléchis de trop.
- Ah bon ? J'anticipe mes coups, c'est tout.
- Et c'est très bien. Cependant, tu prends trop de temps pour anticiper. Lors d'un vrai combat, tout ce passe tellement vite que tu n'as pas le temps pour réfléchir.
C'est vrai que lorsque je me suis battue avec Lancelot, je n'avais réfléchi à rien. La seule pensée qui m'avait traversé l'esprit c'était la vengeance et le désir de ne plus être blessée.
- D'ailleurs, nous allons essayer de faire un combat. Avec les épées en bois. Mais en essayant de ne pas l'enfoncer dans un œil.
Je souris, amusée. Nous nous mîmes en place et nous mimâmes un combat. Ce n'était pas du sérieux, mais c'était assez rapide pour que je n'aie pas le temps de réfléchir. Je compris alors que je devais me fier à mon instinct. Un peu comme lors d'un combat en karaté. Le karaté était naturel pour moi, je n'avais plus besoin de réfléchir. L'épée c'était nouveau. Il me faudra juste un peu de temps avant que ça devienne aussi naturel et instinctif que le karaté.
Soudain, sans que je puisse réagir, Gauvain me désarma et pointa son épée en bois sur ma gorge.
- Tu fais quoi, maintenant ? me demanda-t-il en souriant.
Mais s'il croyait m'avoir… J'ai plus d'un tour dans mon sac, môsieur le chevelu ! Oui, oui !
- Et bien je fais ça !
De ma main gauche, je pris le poignet droit du chevalier et l'éloignai pour que le bout de bois ne me menace plus. Ensuite, je levai la jambe et lui donnai un coup de pied sur la poitrine. Il fut tellement surpris qu'il en tomba sur son séant, une main sur son torse. Soudain, j'eus du remord. Après tout, je savais bien qu'un coup sur la poitrine, ça coupait le souffle.
- Ça va ? demandai-je en m'approchant.
- Où tu as appris à faire ça ? s'exclama-t-il.
- Je fais un sport de combat, chez moi. Du karaté.
Le chevalier semblait reprendre son souffle mais avant que j'aie pu proposer mon aide pour l'aider à se relever, il s'empara de mes mollets et tira. Je tombai sur le dos, le souffle coupé. Décidément, c'est le jour des souffles coupés ! Et en plus, j'ai mal à la tête maintenant. Qui c'est qui va avoir une vilaine bosse à l'arrière du crâne ? C'est bibi.
Gauvain vint se placer à ma droite, debout et pimpant, comme si le coup que je lui avais donné ne lui avait fait aucun effet.
- Tu as des ressources, je ne peux le nier. Cependant, il ne faut jamais baisser sa garde.
Une idée diabolique me vint alors à l'esprit. Ayant repris mon souffle, j'eus un sourire en coin et (il faut l'avouer) un peu hypocrite.
- Oui, vous avez raison, monsieur le professeur.
Il dut sentir le pot-au-rose car, tout de suite, le chevalier fut sur ses gardes. Toujours couchée sur le dos, je lançai les jambes de toutes mes forces pour qu'elles rencontrent celles de Gauvain. Surpris et à cause du choc, il tomba sur le dos. Aussitôt, je me mis à genoux et me dirigeai vers lui. J'enjambai son corps en prenant soin de placer mes genoux sur les avant-bras du Sarmate pour l'immobiliser. J'eus un grand sourire tandis qu'il me regardait, abasourdi.
- Héhé, dis-je. Je me débrouille mieux en combat à mains nues, hein ?
Il ne répondit pas.
- Hum, hum !
Gauvain et moi tournâmes la tête, surpris qu'il y ait une autre personne présente. Il y en avait même quatre. Arthur. Bors. Lancelot. Et Tristan. Ils nous regardaient en haussant les sourcils. Et je détestai aussitôt les sourires de Bors et Lancelot, imaginant bien ce qu'ils pouvaient penser dans leurs petites têtes chauve et bouclée. Arthur semblait surpris et Tristan semblait… Rien, il était fidèle à lui-même avec son expression neutre.
Je me relevai alors et époussetai mes vêtements. Je remis un peu d'ordre dans mes cheveux, mais ce fut peine perdue. Ils étaient pleins de poussière. Et bons à être lavés…
- Et bien, petite, tu vas vite en besogne, toi !
J'assassinai Bors du regard. Non mais, quelle idée !
- Bors ! réprimanda Arthur.
Puis, il se tourna vers moi.
- Je dois avouer que je suis surpris. Je ne m'attendais pas à vous voir avoir le dessus sur un de mes chevaliers.
- C'est parce que c'était à mains nues, expliquai-je en ne regardant que le commandant. Avec l'épée, je crains.
- Vous craignez ? répéta Lancelot.
- Elle s'en sort bien à l'épée, mais à du mal avec son flan droit. Par contre, pour ce qui est du combat à mains nues, il n'y a rien à lui apprendre, comme vous avez pu le constater.
Gauvain avait repris son sérieux et parlait avec une certaine… "distance".
Arthur hocha la tête, comme un père appréciateur des nouvelles que lui donnerait un professeur sur le cursus scolaire de sa fille. Désolée si j'associe toujours Arthur au père, c'est que c'est vraiment à ça qu'il me fait penser…
- Bien, dit-il.
Gauvain se tourna vers moi, en souriant.
- En effet, c'était bien. Nous remettrons ça demain. D'accord ?
Je hochai la tête et il partit en compagnie de Lancelot, Bors et Arthur. Ce dernier s'attarda, me jetant un regard, avant de finalement suivre ses chevaliers. Je les suivis des yeux avant de me tourner vers Tristan. Il ne laissait transparaître aucune émotion, aucun sentiment.
Je me dirigeai vers le coin où j'avais laissé le baudrier et l'épée et m'en emparai. Je me tournai pour partir et vis que Tristan n'avait pas bougé mais qu'il me regardait, suivant mes gestes des yeux.
Toujours pas contente de ce qu'il s'était passé la veille, j'avais l'intention de l'ignorer. Aussi, voulais-je passer à côté de lui avec mon attirail sans lui adresser une parole ou un regard. Mais il se plaça devant moi, me barrant gentiment le passage. Je voulus passer à droite mais il se déporta d'un pas. Je voulus passer à gauche, mais il suivit mon mouvement.
Résignée et soupirant, je levai les yeux vers le chevalier.
- Quoi ? fis-je un peu durement.
- Ton poignet, répondit-il sur le même ton.
- Ça peut pas attendre ? Je suis couverte de poussière, là…
- Je ne suis pas à ta disposition. C'est maintenant ou tu te débrouilles.
Aussitôt, mon imagination se mit en marche. Pas à ma disposition ? Ça voulait dire qu'il allait être occupé ? Avec qui ? L'image de la brune au bonnet E s'imposa dans mon esprit mais je la chassai immédiatement. Autant ne pas me faire du mal pour rien…
Je soupirai pour bien montrer mon exaspération et, prenant toutes mes affaires dans un bras, je lui tendis mon poignet qui avait été maltraité par le boulet romain. Les marques étaient encore fort visibles et je dois avouer que les chocs encaissés l'avaient rendu un peu douloureux. J'essayais de ne pas le lui montrer… mais essayez un peu de faire semblant de ne pas avoir mal quand une brute vous tord votre poignet dans tous les sens ! Mais aucun son ne franchit mes lèvres. Et Tristan continua son manège encore un moment.
- Tu es têtue.
Ce n'était pas une question.
- Et ?
- Et je constate que tu préfères te taire plutôt que de dire que je te fais mal.
- Et ?
Il soupira et sortit son onguent magique de sa poche. Il en appliqua sur les marques violettes de mon poignet sans qu'une parole ne soit prononcée. Quand ce fut fait, il partit avant même que je n'ai eu le temps de le remercier… Bah, tant pis !
Je me dirigeai vers mes appartements, mon épée et mon baudrier en main. Prochaine étape : bain !
°o0o°
Je sortis de l'eau, fraiche et heureuse d'être propre. Mes cheveux dégoulinaient, mais c'était une sensation agréable. Je m'enroulais dans une grande serviette en m'essuyant grossièrement. Je me dirigeai vers ma chambre. Dans mes armoires, Elvina avait rangé tous les vêtements qu'Arthur avait su grappiller autour de lui pour moi. Seulement, en entrant dans la pièce, je sus tout de suite que quelque chose n'allait pas…
Je me dirigeais vers l'armoire qui était bizarrement entrouverte. Je l'ouvris et là… consternation ! Vide intersidéral ! Plus rien ! Plus de pantalons, plus de tuniques, plus rien !
Mélusine…
Furieuse contre ma moitié et imaginant les pires tortures que je pourrais lui infliger, j'entrepris de fouiller l'armoire à la recherche de vêtement que je pourrais décemment porter. Ne trouvant rien de satisfaisant, je me redirigeai vers la salle de bain où j'avais plié mes vêtements sales. Je remis le pantalon mais ne pus, par contre, me résigner à remettre la tunique qui sentait trop la sueur et la poussière.
Bon, ma traitresse de sœur avait peut-être oublié une tunique ?
Vêtue d'un pantalon sale et enroulée dans une serviette, je cherchai partout mais ne trouvais que des robes à la mode romaine…
Je hais ma sœur…
N'ayant véritablement pas le choix, je mis une robe par-dessus le pantalon. Sa couleur blanche tranchait avec le bas du pantalon marron que l'on voyait dépasser. Après avoir donné un coup de peigne rapide dans mes cheveux que j'attachai ensuite en un chignon plus que lâche, je sortis de ma chambre. Mes pas me menèrent à la chambre voisine. Je voulus ouvrir la porte. Fermée.
Calme. Surtout, restez calme…
J'essayai de garder mon calme à coups de grandes respirations contrôlées pour m'éviter de taper sur le battant à coups de poings…
Peine perdue…
BAM, BAM, BAM !
- Mélusine, rends-moi mes fringues.
- Mélusine est absente pour le moment, dit une voix derrière le battant. Laissez-lui un message après le BIP sonore.
- Prends-moi pour une conne en plus !
- Mélusine est absente pour le…
- Mélusine ! Ouvre cette porte ou je te jure que je la défonce !
- Mélusine est absente p…
Je fis taire la litanie en frappant à grands coups de poing sans discontinuer. Quand j'eus mal à la main (et j'étais vraiment pas intelligente car, en plus, j'avais utilisé ma main au poignet déjà blessé…) je m'arrêtai.
- Bon, tu me rends les vêtements bon sang de bois !
- Mélusine est absente…
- Mélusine ! criai-je. Je te jure que si tu ne tais pas et que si tu n'ouvres pas la porte, je demande à Dagonet de te la défoncer à coups de hache !
Silence.
- Hum, hum…
Je me retournai, surprise. Guenièvre, Galahad, Dagonet et Lucan me regardaient avec des yeux grands comme des soucoupes pour trois d'entre eux. Seul Dagonet avait levé un sourcil.
- Quel est tout ce tapage ? demanda Galahad.
- Pourquoi tu portes un pantalon sous ta robe ? demanda innocemment Lucan.
- Elle m'a volé tous mes vêtements ! m'écriai-je en montrant la porte du doigt. Elle a profité que je sois dans mon bain pour tout me prendre. Tuniques, pantalons, tout !
La porte s'ouvrit alors.
- C'est pour que tu portes des robes ! attaqua-t-elle.
- J'aime pas les robes ! Tu sais bien que je déteste ça !
- Justement, je veux que tu en portes ! Tu finiras par aimer ça, tu verras.
- Attends qu'on rentre ! Je te ferai bouffer des choux de Bruxelles et des moules matin, midi et soir !
- Mais c'est pas bon, ces trucs ! s'offusqua Mélusine avec une moue dégoûtée.
- Justement, répliquai-je narquoisement. Je veux que tu en manges. Tu finiras par aimer ça, tu verras.
Ma sœur fit la moue et nous nous affrontâmes du regard dans un combat mortel. Les autres ont-ils parlé ? Peut-être. Mais j'étais tellement occupée à essayer de tuer ma sœur avec mes ondes télépathiques ultra-mortelles que je ne les aurais pas entendus.
Jusqu'à ce que…
- Que se passe-t-il encore ?
Ma sœur et moi tournâmes la tête dans un même mouvement. Arthur nous jeta un regard à tous, comme pour nous interroger sans mot. Même le petit Lucan y passa. Il ne vit rien dans les regards de ses chevaliers, ni dans ceux de Lucan et de Guenièvre. Par contre, il dut voir quelque chose dans nos regards, à Mélusine et à moi…
- Mélusine ? Qu'avez-vous fait pour mettre Aëlys en colère ?
Dieu est avec moi ! Arthur est de mon côté cette fois ! C'est le bonheur !
Du bout des lèvres, Mélusine lui avoua son action. Quand elle eut fini, le commandant soupira longuement. Je crois qu'on commence peut-être à l'exaspérer…
- Bon, on va faire comme ça… Nous allons aller tranquillement manger. Ensuite, avant que vous n'alliez travailler avec Vanora, vous reviendrez ranger ce que vous avez pris Mélusine.
- Nan, il faut que je me change tout de s…
- J'ai dit : on va manger et ensuite Mélusine rangera vos habits… C'est parti…
Bon, vu comme les nerfs du commandant étaient mis à rudes épreuves depuis mon arrivée à cette époque pourrie, je préférai ne pas insister. Faut pas oublier qu'il a une épée sur son côté…
Dans un silence de plomb, nous suivîmes le commandant. Les autres chevaliers étaient déjà présents autour de la table. Nous nous installâmes sans un mot et le repas commença. Et je devais admettre que le fait de porter un pantalon sous la robe me rendait moins nerveuse. Certes, c'était pas super joli, mais au moins, j'avais quelque chose sur les jambes.
Au bout d'un moment, je me déridai et me mis à parler avec mon voisin qui n'était autre que… Lancelot ! Oui, oui, vous avez bien vu ! Lancelot ! En fait, j'avais pas vraiment eu l'intention de parler avec lui. Mais je n'ai pu m'empêcher de le remercier une fois encore pour son aide apportée la veille, avec son rival boulettien. Mais je vous assure qu'hier, j'avais été vachement surprise de voir que c'était lui qui menaçait le Romain de sa lame. Puis, il a enchaîné en parlant de mon entrainement avec Gauvain. Bizarre, jamais je n'aurais cru que je pourrais avoir une conversation civilisée avec ce chevalier.
Quand Mélusine eut fini de manger, elle partit. Elle était restée silencieuse durant tout le repas et je m'en voulais un peu. Je me demandai comment lui rendre le sourire sans avoir à porter de robes… Une idée me vint bien à l'esprit, mais je l'abandonnai rapidement.
Je suivis ensuite Guenièvre à la taverne sans oser faire un arrêt garde-robe. Vanora nous accueillit avec un grand sourire, heureuse.
- Mélusine ne va pas tarder, elle a quelque chose à faire avant… la prévins-je.
- Oh ? Pas de problème.
Elle nous présenta Arion, derrière le comptoir. Il nous salua d'un signe de tête tout en essuya un godet. Vanora nous expliqua rapidement ce que nous devions faire et nous nous mîmes au travail. Mélusine arriva alors que Guenièvre et moi étions déjà au boulot. Vanora lui expliqua. Et même si on était à quatre, je peux vous assurer que c'était pas de tout repos ! Il fallait prendre une commande par-ci, servir des verres par-là et échanger parfois de la monnaie. J'ai eu un peu de mal au début. Mais au final, nous nous en sortîmes pas trop mal. Et j'eus la chance de ne pas servir le boulet Romain de la veille : Vanora s'en chargea, sous l'œil attentif de Bors. Il tenta bien de l'attraper pour la mettre sur ses genoux, mais Vanora lui retourna une claque qui fut approuvée bruyamment par Bors. Vanora : 1, le boulet : 0 !
Plus tard, dans la soirée, je me dirigeai vers Mélusine qui ne m'avait toujours pas adressé la parole.
- Ça va ? lui demandai-je. Tu t'en sors ?
- Moui. Ça me rappelle un peu mon job d'étudiante de serveuse…
- Tu fais encore la tête pour cette histoire de robes, hein ?
- Je trouve juste que ça te met en valeur, avoua-t-elle en faisant la moue.
Je soupirai et je vis l'expression de ma sœur se rembrunir encore. Bon, je vais devoir me sacrifier…
- Je vais en porter pour travailler à l'auberge, lui appris-je. Avec un pantalon en-dessous.
J'étais déjà en train de regretter mes paroles quand le visage de ma sœur s'éclaira d'un sourire éblouissant.
- C'est vrai ?
- Oui, mais avec un pantalon en-dessous.
Je préférais le répéter pour qu'elle se fasse à l'idée.
- Super ! Ça te rend tellement plus féminine.
J'eus un sourire crispé en repensant aux mots de Tristan…
- Ouais… youplaboum…
Mon manque d'enthousiasme ne gêna pas Mélusine. En tout cas, j'avais réussi à lui rendre le sourire et c'est presque en sautillant qu'elle repartit travailler. Bon, j'avais fait une heureuse : BA du jour accomplie !
Je retournai travailler. C'est en allant chercher une amphore emplie de vin près d'Arion que je le vis. Tristan. Mais il n'était pas seul. La brune aux gros seins était de nouveau engluée à son bras, tel une sangsue. Il leva les yeux vers moi. Je soutins son regard avant de me détourner : Arion me tendait l'amphore. Je continuai donc à travailler mais plus une seule fois je ne tournai mes yeux vers les chevaliers. Je souriais aux clients, ignorais les blagues vaseuses de certains et gardais un œil sur ma sœur. J'ai aussi parlé un peu avec Guenièvre lors d'une petite accalmie.
Puis, la taverne se vida enfin. Nous rangeâmes un peu, nettoyâmes ce qui avait besoin de l'être et pûmes enfin rejoindre nos lits. Vanora se dirigea vers sa maison tandis que Mélusine, Guenièvre et moi nous dirigeâmes vers nos chambres. Dans la mienne, je retrouvai mes armoires pleines et Nicky Larson endormi à côté de mon oreiller.
Tout en fermant la porte à clé, je me dis que la vie d'un chat devait être géniale…
Sans prendre la peine de me changer, je me laissai tomber sur mon lit. Il ne fallut pas longtemps pour que je m'endorme comme une bienheureuse…
°o0o°
J'espère que ça vous aura plu ! :D
Aëlys va-t-elle encore bénéficier d'un réveil agréable et tout en douceur ? Nos jumelles vont-elles s'habituer à leur nouvelle vie ? Aëlys va-t-elle vraiment porter des robes ?
Avec qui Mélusine va finir à votre avis ? Galahad ? Gauvain ? Lancelot ? Dagonet ? Tristan ? Si c'est ce dernier, Aëlys va-t-elle laisser sa sœur survivre ? xD
A bientôt ! ^o^
