XXI – Réactions en chaîne.

C'était la meilleure des solutions, à son idée, de la laisser sur place et retourner auprès d'Akashi. C'était aussi dingue de penser qu'avec un restaurant, quand bien même il était assez petit, aucune femme ne vienne dans ces toilettes. Elles n'étaient donc pas humaines ? Les personnes de classe haute n'allaient pas se repoudrer le nez toutes les dix minutes à l'image des films ?

Pas qu'elle ait réellement besoin d'aide, mais ce que Satsuki n'avait pas prévu, c'était certainement le fait que Naomi lui ferait un croche-pied au moment même où elle la contournerait pour tenter de sortir.

Ca s'était passé si vite qu'elle avait à peine eut le temps de se protéger, tombant au sol dans une position inconfortable, qui l'avait fait grimacer de douleur. Mais elle n'avait pas manqué de temps pour se redresser, maintenant assise, elle la regardait sans comprendre cette femme. Ce n'était pas comme si elle était intéressée par cet homme !

-Et pour votre gouverne, je sais aussi me servir de mes poings. Alors ne venez pas empiéter sur mes plates bandes.

-C'est une menace ?

-Un conseil.

L'instant d'après, elle n'était déjà plus là. Momoi eut un peu de mal a se relever et surtout à tenir ses larmes. Elle se sentait bouleversée comme jamais. Ce n'était pas par le fait que cette petit pimbêche l'ait forcée à se rabaisser devant elle, mais plutôt parce qu'elle avait découvert qu'elle s'était rapidement attachée à Akashi, et bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. Indéniablement, le peu de sentiments qu'elle commençait à nourrir pour lui étaient déjà incrustés en elle. Dans sa peau.

Elle jeta un œil à la rougeur sur son bras, provoquée durant la chute. Ce n'était pas joli et ça allait sûrement terminer en hématome. Ce n'était pas son jour de chance et elle hésita un instant à demander quel était son objet du jour à Midorima. Dépitée, elle regardait son reflet, une fois debout. Son chignon n'avait, heureusement, rien. Il aurait été difficile pour elle de le refaire. Et sa robe n'était pas tout à fait bien mise, rien de grave en soit.

Reprendre son sourire, retourner les voir et demander où en est la conversation. S'y mêler, rire un peu et tenter d'argumenter. Parler de Seijuro si le sujet s'y prête. Ou alors prendre un air sérieux et parler de la conjoncture actuelle de l'archipel, ou de tout autre pays. Suivre le courant et tenter de ne pas être transparente. Être un peu plus à l'aise… Elle inspira un grand coup avant de sortir des toilettes, oubliant de penser à autre chose que le corps contre lequel elle allait être plus ou moins collée.

D'ailleurs, elle ne l'avait même pas regardé quand elle s'était assise. Pourtant elle avait senti son regard lui brûler la peau. Elle pouvait sentir et redessiner elle-même les yeux qui avaient parcourus son visage, son cou lentement pour redescendre sur son épaule, passer par sa poitrine et terminer sur le coup qu'elle avait au bras avant qu'il n'assassine d'un coup d'œil la secrétaire de son ami. Il avait comprit tellement vite… et elle, elle avait frissonné de terreur. Elle avait peur, et elle avait comprit sur le coup, à quel point Akinori Karha n'était pas quelqu'un qui intéressait la rose.

Combien de personnes l'avaient comprit à part elle déjà ? Aomine s'en était inquiété, pourtant il n'avait pas réellement croisé Akashi. Alors… ça devait peut-être se sentir quand elle parlait de lui. Aomine la connaissait depuis son plus jeune âge, il était la personne la plus apte à la comprendre et ses déductions s'étaient toujours avérées vraies. Il aurait pu lui dire clairement, ce crétin, qu'elle avait un air amoureux quand elle parlait de leur ancien capitaine !

-D'ailleurs, Seijuro passait un nombre d'heure incalculable assit sur le siège de son père en l'imitant !

-A cette époque là, j'avais un peu plus de libertés, en effet.

-Oui. Et l'année d'après tout t'est tombé dessus.

-Assez, Karha. Parlons plutôt du fait que tu n'as jamais suivit l'éducation que l'on a tenté de t'inculquer.

La jeune femme s'en voulait un peu d'avoir raté une partie de cette conversation, elle en aurait sans doute apprit plus sur l'enfance de son patron. Même s'il tenait à garder une partie sous silence –le décès de sa mère ?-, il semblait que ces deux là se connaissaient depuis longtemps déjà et elle ne pouvait pas s'empêcher de sourire niaisement.

Ils parlaient beaucoup, d'ailleurs, c'était sans doute la première fois qu'Akashi lui paraissait si détendu en dehors des moments où il dormait. Elle avait tout de même apprit des choses intéressantes, surtout sur le fait que l'invité l'appelle ouvertement par son prénom, leur légère ressemblance. Ils étaient cousins éloignés –mais ils avaient étrangement beaucoup de points communs. Akashi l'appelait, lui, par son nom parce qu'il avait simplement toujours fait ça.

Alors pourquoi l'appelait-elle par son prénom ? Franchement… c'était presque une excuse bonne à coucher dehors. Peu importait. L'ambiance était douce, Karha avait l'air d'être vraiment quelqu'un de bien mais qui, d'après ses propres dires, jamais comprit pourquoi son cousin avait suivit cette façon d'être qui rappelait tellement son père.

Ce fut à cet instant là qu'il s'était levé, prétextant aller fumer. Ne manquant pas de la saisir par le bras afin qu'elle le suive. De toute façon, elle avait eu pour ordre de ne pas le lâcher d'une semelle, où qu'il aille. Ils étaient sortis et le froid lui avait mordu la peau si vivement qu'elle avait immédiatement frissonné. Il était en colère, sans qu'elle ne sache pour quelle raison.

-Satsuki, tu commences à avoir un bleu au bras. Tu me dis ce qu'il s'est passé ?

-J'ai trébuché dans les toilettes, je n'avais pas remarqué la marche.

-Il n'y a pas de marche. Dis-moi, maintenant, ce qu'il t'est arrivé.

Il le fixait tellement intensément qu'elle voulu tout lui dire immédiatement. Vraiment tout. Même ce qu'elle avait pensé de lui. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas tout lui dire, même pas pour la secrétaire de son ami ou alors la soirée tournerait au drame. Avec un homme comme Akashi, rien n'était jamais sûr.

-Rien. Rien de grave. Nous pourrons en reparler plus tard, s'il vous plaît ?

-Tu me diras tout ?

Non. Non, elle ne voulait pas lui dire. Il avait très bien que c'était l'autre hystérique qui en était la cause. Il n'y avait eut qu'elles dans les toilettes ! Non. Elle ne lui dirait pas « plus tard ». Il était hors de question. Elle ne savait pas de quoi il était capable et ne voulait pas le savoir en apprenant que le cadavre de cette femme allait être retrouvé dans Dieu savait quel caniveau de la ville.

-Satsuki. Je ne vais pas te laisser t'en tirer si facilement. Tu as intérêt à tout me dire.

-Akashi-sama, je vous assure qu'il n'y a rien de grave.

-Je refuse que qui que ce soit te fasse du mal. Tu comprends ?

Elle avait rougit. La moindre parole de ce type lui faisait un effet incroyable. Elle détestait ça, elle se sentait un peu comme un objet et elle n'en était pas un. Mais elle se sentait protégée, il était le genre de personne à agir dans l'ombre, une fois que personne ne pourrait l'accuser, ou prouver ses torts. Il était quelqu'un de futé qui pesait chacun de ses mots avant de parler. Avant de lui parler.

Il devait tout ressentir autour de lui. L'envie qu'elle avait de se presser contre lui quand elle sentit son bras derrière son dos pour la rapprocher de son torse. Il devait savoir à quel point elle avait de l'embrasser quand elle avait fermé les yeux comme pour ne pas voir sn crime. Elle attendait réellement un baiser, elle voulait qu'il le fasse mais les secondes passaient sans qu'il ne bouge d'un millimètre.

Être ainsi pressée contre son corps, ses mains posées à plat contre ses pectoraux. Satsuki le savait, elle avait juste à tirer sur cette foutue cravate pour faire disparaître ses quelques centimètres qui les séparaient. Pourquoi il ne l'embrassait-il pas, si il avait comprit qu'elle en avait envie, besoin ?

-Je refuse qu'on fasse du mal à une personne que j'aime autant. Et ce n'est pas parce qu'il s'agit de la secrétaire de mon ami que je vais me taire.

-Akashi, ce n'est pas la peine. Ca ira, je… passons une bonne soirée, s'il te plaît.

-Satsuki, bon sang ! Je lui en toucherais deux mots demain.

C'était à contrecoeur qu'il lui accordait cette faveur. Car elle avait usé de cette petite « technique » qui était de lui parler comme elle l'avait toujours fait avant cet emploi. Ne pas utiliser de suffixe, parler comme s'ils avaient toujours été si proches… si elle avait eu de meilleurs yeux, incontestablement elle l'aurait vu tressaillir, mais il n'en était rien. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour faire demi-tour et entrer de nouveau dans le restaurant.

Elle ne pouvait pas y retourner, pas encore. Sinon, ils auraient tous remarqué qu'elle était rouge, et pas à cause du froid de la nuit qui était désormais tombée. Ils étaient déjà arrivés tard, mais l'heure tournait et elle ne savait même pas s'ils repartiraient de là tellement les minutes s'allongeaient. Les heures semblaient ne jamais avoir existé.

Akashi avait dit qu'elle était une personne qu'il aimait et son cœur avait dû rater quelques battements à ce moment là. Il avait été tellement franc qu'il aurait été insensé de ne pas y croire. Ce n'était surement qu'un bête attachement, mais ce mot si chargé de sens avait presque fait gonflé son égo. Elle se sentait importante, comme un objet précieux qu'il gardait jalousement et son orgueil en prenait un sacré coup. Elle voulait autant être protégée que traitée de manière indifférente. Que pouvait-elle choisir ? Décidément, elle avait trop de raison pour juste se jeter dans ses bras et faire le premier pas, l'embrasser…

Tout le reste du repas elle n'avait pas cessé de penser une seule seconde à cet échange qu'ils avaient eu en dehors du restaurant. Si bien que même quand il avait tenté de la faire sortir de ses pensées en posant subrepticement sa main sur sa cuisse, elle n'avait su que faire de même. Et s'il avait été surprit par ce geste insoupçonné, il ne l'avait pas montré.

Ils s'étaient doucement rapprochés durant cette soirée où elle avait finalement accepté l'idée qu'elle aurait pu être avec lui si les évènements avaient été autres, concernant le poste qu'elle occupait. Si elle n'avait pas travaillé pour lui, en ce moment même, il l'aurait certainement présentée comme était son amie, et pas sa secrétaire. Très certainement.

Momoi était entrée dans son jeu si facilement que ça en avait été déconcertant. C'était même elle qui avait passé sa main de son genou jusqu'à la moitié de sa cuisse, sur son pantalon de costume, alors qu'il semblait un peu moins à l'aise. A ce moment là il avait décidé de mettre court au repas. Ce qui n'avait pas manqué de surprendre son cousin.

Peu importait, il voulait maintenant rentrer chez lui et expédier ce contrat le plus vite possible. Qu'il l'accepte ou non était désormais une chose dont il se fichait complètement. Satsuki avait fait disjoncter la partie de son cerveau qui s'occupait des affaires pour ne faire fonctionner que ses désirs primaires.

Ils avaient tous quittés le restaurant plus vite que prévu et n'avaient attendu que très peu de temps avant que leur chauffeurs n'arrivent. Ayant été prévenus à l'accueil du restaurant. Elle l'avait ouvertement cherché et il attendait le moment le plus propice afin de lui faire comprendre qu'il valait mieux ne pas jouer avec ses nerfs. Il lui ferait comprendre que, quoi qu'elle fasse, personne n'était plus fort que lui.

Dans la voiture, la vitre noire qui séparait le cockpit du reste de la limousine était baissé, sous la demande de monsieur qui ne souhaitait pas céder dans l'immédiat à son envie de la faire sienne sur le champ. Il avait l'impression de connaître tout de Satsuki. Il savait qu'elle préférait ça également, qu'elle ferait une vie s'il osait la décoiffer. Elle allait sûrement être choquée, et tenter de le repousser si sa main remontait sous le tissu qui était clairement de trop à son regard.

Leurs doigts s'étaient simplement trouvés, comme dans une entente muette de ne rien tenter, de ne rien précipiter. Ils ne s'étaient pas lâchés la main jusqu'à ce qu'ils arrivent devant la porte de l'immeuble, à l'image d'un couple qui venait de se former. Qu'étaient-ils maintenant ? En aucun cas ils étaient amants. Ou alors dans une relation amoureuse qu'elle s'amusait à fuir comme la peste depuis le début de la faculté, huit ans déjà.

-Voilà mes invités, allons donc terminer de parler du contrat. Ensuite…

-Seijuro, bon sang, ton chauffeur roule si vite que j'ai peiné à le suivre ! Alors vieux, l'immeuble t'appartient entièrement où tu ne possèdes qu'un appartement ?

-Je possède l'immeuble, mais tout est en location mis à part le dernier étage et les deux premiers sous-sols.

-Tu as moins d'ambitions.

-J'ai tout ce dont j'ai besoin, voilà tout.

-Alors pourquoi me faire signer un contrat ?

-Parce que le reste du monde n'a pas ce dont il a besoin.

-Serais-tu devenu le héros de l'espèce humaine ?

Le concerné ne répondit pas à cette petite pique camouflée, tapant juste le code de la porte avant de laisser tout le monde passer avant lui. Satsuki avait noté combien il aimait être en hauteur, il était toujours au dernier étage de ses immeubles. Que ce soit ici, son appartement principal qu'elle visitait pour la première fois, son lieu de travail où l'appartement qu'elle avait déjà visité. Même si elle avait plutôt dormit dedans…

D'ailleurs, l'espace était à l'image de tout ce qu'elle savait de ses goûts en décoration. Tout était très épuré, très blanc, parfois du verre, comme le piano à queue –ou alors une sorte de plexi glace. Akashi n'avait, décidément, pas de temps à perdre pour la décoration. Ou alors il n'en avait aucune notion et prônait l'art du neutre.

Dans la petite salle de réception –diable, qui avait une salle de réception dans un appartement ?!- le dessert semblait déjà être sous cloche et les attendait, ainsi que deux enveloppes posées à côté de deux assiettes. Celles là même où furent installés les deux hommes d'affaires.

Momoi ne voulait pas y participer, Seijuro l'avait travaillé toute la soirée et il ne pouvait qu'accepter. Et en toute modestie, elle avait fait un excellent boulot dessus, c'était impossible qu'il n'y ait pas sa signature avant qu'il ne parte. Mais elle ne voulait vraiment pas y participer.

Ce fut d'ailleurs au moment de la signature qu'elle s'excusa une nouvelle fois pour se rendre aux toilettes. Karha Akinori avait souhaité la saluer tout de suite, de peur qu'ils ne soient plus présents à son retour –et c'était ce qu'elle souhaitait. Pas par méchanceté et loin de là, elle était juste fatiguée et n'aspirait qu'à retrouver le confort moelleux d'un bon lit et de couvertures chaudes.

Avait-elle besoin de spécifier que l'appartement de son patron était démesurément grand ? Une fois de plus, il lui aurait fallu un plan pour elle se diriger dedans. Les toilettes semblaient ne pas exister tellement il y avait de pièces et de portes partout. Au final, il lui avait fallu pas loin de trois minutes pour trouver cette fichue pièce.

Avant d'en sortir, elle avait jugé bon d'envoyé un message à son hôte, lui disant qu'elle avait eu du mal à trouver son chemin et qu'elle ferait attention de ne pas égarer ses sous-vêtements de peur de ne jamais les retrouver. Rien de réellement tendancieux, mais qui pourtant, n'allait pas manquer de le faire réagir. Elle en était absolument certaine.

En ressortant, elle parvenait à entendre Akashi saluer les deux personnes et il ferma la porte au moment même où elle arriva dans son dos. Sans avoir eut le temps de leur dire le moindre mot. Et ce n'était pas plus mal, elle souhaitait ne jamais revoir cette femme abjecte ! Son bras, légèrement tinté maintenant, se souvenait déjà de son passage.

-Satsuki, j'aimerais que tu m'expliques une chose.

Le rouge se retourna sur elle, prenant dans la seconde même son bras, sans le serrer fortement, au contraire. Il lui laissait même la liberté de s'enfuir si elle le désirait. Mais étrangement, la tension dans la pièce était montée d'un cran.

-Dit-moi ce que veut dire ce message ?

-Quel message ?

Elle feignait l'innocence, et très mal, put-il noter en échangeant leur position afin qu'elle se retrouve le dos contre la porte. Sa main avait, à ce même moment, lâché son bras pour se retrouver à caresser sa colonne vertébrale doucement, lentement, remontant vers ses cheveux où il entreprit de retirer chaque pince avant de laisser la queue se dérouler et afficher leur longueur. Elle frissonnait d'appréhension, et d'attente.

-Vous comptez vérifier si j'ai réellement perdu mes sous-vêtements ?

-Evidemment. Je tiens à voir par moi-même si tu es une pauvre victime de l'espace dans lequel tu te trouves.

-J'aurais besoin d'un guide pour trouver une chambre, Akashi-sama…

-Que tenez-vous a faire dans cette chambre, Momoi-sama ?

-Dormir… entre autres.

Il sourit et embrassa cette lèvre qu'elle ne cessait de mordre. Cette femme était la luxure et la tentation. Akashi avait passé, jusqu'à maintenant, le plus clair de son temps à lui résister, et ne pas céder à ses pulsions. Mais quand elle le regardait avec une expression aussi lubrique et indécente… Non. Décidément, Satsuki était le serpent et le fruit défendu à la fois. Et maintenant, il se fichait bien de ce qu'on pourrait lui faire subir car il comptait bien mordre dans ce fruit jusqu'à en être repu si cela était possible.

Sa main dessinait doucement des arabesques sur sa cuisses, à même la peau alors que le tissu de sa robe remontait lentement, dévoilant un peu plus ses jambes. Son autre main s'atelait toujours à la décoiffer, retirant l'élastique jusqu'à ce que ses cheveux soient entièrement détachés, révélant leur longueur incroyable. Tant pis si elle détestait ça, il voulait les voir… non, il voulait la voir dans le plus simple des appareils, sans artifice aucun.