-Allez-y, je vous en prie.

-Qui sont ces enfants ? commença Edward.

-Voici Angélique Laurella, et Mytril Joanni.

-Qui est le père ? enchaîna-t-il.

-Edward, cette question est personnel, intervint Carlisle.

-Non, il a le droit de savoir. Le père, c'est toi, dis-je.

Les Cullen me dévisagèrent un moment.

-C'est impossible.

-Crois-le ou non, mais c'est le cas. Je portais nos enfants quand tu es parti.

-Oh mon Dieu, dit Esmée.

-C'est…

-Impossible, dirent Rosalie et Carlisle.

-Improbable, dit Jasper.

-Une erreur, dit Emmett.

-Vrai, dit Alice.

Tout le monde la regarda avec des yeux ronds. Edward n'avait rien dit, et ne disait toujours rien. Alice me sauta dans les bras, on ne peut plus heureuse.

-C'est magnifique ! Je suis tatie ! Je suis tatie ! Je suis tatie !

Je ris face à son excitation.

-Attends… tu n'as pas encore la chambre de Mytril ?

-Euh… non, après que je leur ai annoncé que j'étais enceinte, c'est à peine si je pouvais sortir pour chasser. Et vu que personne ne voulait me laisser…

-Nous devons aller réparer ça ! dit Alice.

-Désolée, mais je ne peux pas. Je dois rester ici avec les enfants, jusqu'à demain. Et pas la peine de dire quoi que ce soit, je ne viendrais pas, dis-je.

-Pff, tu n'es pas drôle !

-Tu peux bien y aller sans moi !

Elle réfléchit un moment, et acquiesça.

-D'accord, Emmett, Jasper, Carlisle, Esmée, Rose, vous venez avec moi !

-Et pourquoi Eddy ne vient pas ? s'exclama Emmett.

-Il va rester ici avec Bella et ses enfants ! Lyra, les filles, Demetri, par ici ! dit Alice en les tirant par le bras.

C'est ainsi que nous nous retrouvâmes, seuls dans le salon, avec les enfants. Quand Angélique eut fini de boire, ce fut Mytril qui se plaignit. Je le pris à son tour, et lui donnais l'autre sein. Je le remis ensuite avec sa sœur, et il s'endormit. Edward n'avait toujours pas dit un mot depuis que je lui avais dit qu'il était père. J'allais m'asseoir à ses côtés. Je ne savais pas pourquoi, j'avais une furieuse envie de l'embrasser. Je fixais ses lèvres tentatrices, alors qu'il restait toujours muet. Il ferma les yeux, et se massa les tempes. Je mis ma main sur son dos, il sursauta à ce contacte. Il tourna la tête vers moi, et retira ma main de son dos.

-C'est impossible.

-De quoi ?

-Je ne peux pas être le père, c'est tout simplement impossible.

-Si c'est possible, la preuve, dis-je en désignant les enfants.

-Qui me dit que tu dis la vérité ? Après tout, c'est toi qui me trompais.

-Je ne trompais pas. Je n'ai couché qu'avec deux personnes. Toi, et Phil, mon beau-père qui était aussi mon violeur.

Il me fixa dans les yeux, semblant me jauger.

-Je ne sais pas, murmura-t-il.

Je pris ses mains dans les miennes.

-Crois le ou non, tu es père de ces enfants. Tu n'es pas forcé de me croire, mais sache une chose. Je t'aime, et je t'ai toujours aimé, dis-je.

Ne résistant plus, je déposais légèrement mes lèvres sur les siennes, pour un baiser furtif. Je lâchais ensuite ses mains, et allais coucher Angélique dans sa chambre. Quand je redescendis, Edward avait pris Mytril dans ses bras, et le regardait avec tendresse. J'allais vers eux, et m'assis dans le canapé. Edward tourna son visage vers le mien, nos lèvres à quelques centimètre l'une de l'autre.

-Bella…

Je sentais son haleine fraîche sur ma peau.

-… je t'aime, je t'aimerai toujours, mais…

Ah ! Il y a un « mais » !

-… j'ai besoin de temps.

J'ouvrais les yeux que j'avais fermé, et vrillais mon regard au sien.

-Bien, dis-je.

Je me relevais, et montais. Que pouvais-je bien faire ? Je vis mon portable sur le lit, et décidais d'appeler ma mère. Je me demandais comment elle réagirait en apprenant qu'elle était grand-mère. Je saisis mon portable, et composais son numéro.

-Allô ? fit-elle au bout de quelques tonalités.

-Renée.

-Isabella ? demanda-t-elle, incrédule.

-C'est bien moi.

-Que se passe-t-il, demanda-t-elle d'une voix froide.

-Je veux juste t'annoncer que tu es grand-mère de deux petits anges.

-Et le bébé de Phil ? demanda-t-elle, amère.

-Oh, lui, j'ai appris que j'avais fait une fausse couche, mentis-je.

-Bien, je dois te dire, tu as une petite sœur, dit-elle.

Je me crispais. Une autre petite fille avait-elle pris ma place ?

-Bien.

-Phil devra passer un mois à Seattle, je viendrai te voir avec la petite.

-OK.

-À dans trois jours.

Et elle raccrocha. Attendez, trois jours ? Je jetais mon portable sur mon lit, et descendis voir Edward.

-Edward ?

-Bella ?

-Euh… je me demandais si tu voudrais rencontrer ma mère et Phil…

-Pardon ?

-Oui, elle devrait venir me voir dans trois jours, peut-être avec Phil, et je voulais savoir si tu voulais la rencontrer.

Il hésita un moment.

-J'en serai ravi, finit-il par dire.

-Et euh… elle a eu une fille avec Phil, enfin je suppose, elle viendra aussi.

-Bien.

Il me sourit. Je reçus un message.

« Kikou Bella ! On rentrera trop tard, donc tout le monde passe la nuit à villa, tu restes seule avec Edward -) »

« OK, pas de problème »

-Alice vient de m'envoyer un message, ils reviendront trop tard, donc ils rentrent directement chez vous. On a la villa pour nous seuls toute la nuit.

Il me fit un mince sourire. Je pris ensuite notre fils, et m'apprêtais à monter, quand une idée me vint.

-Tu veux venir ? demandai-je.

Il me sourit, franchement cette fois-ci, et nous montâmes dans la chambre de Mytril. Il n'y avait qu'un modeste berceau, mais Alice y remédiera vite. Je le tendis à Edward pour qu'il le couche, ce qu'il fit maladroitement. Je me penchais ensuite sur le berceau de mon fils, et lui embrassais le front. Je me relevais, et allais dans la chambre de notre fille, suivie par Edward. Après avoir vérifié qu'elle dormait bien, nous sortîmes de la chambre. À peine étions-nous sortis de la chambre, qu'Edward me plaqua contre le mur opposé, et m'embrassa à pleine bouche. Je répondis à son baiser, et nous fis aller dans ma chambre. Nous passâmes une nuit de rêve. Le lendemain, je me levais de bonne heure. Je partis réveiller Angélique, et Edward Mytril. Nous nous aperçûmes que la chambre de ce dernier était maintenant décorée et meublée. Je créais les vêtements d'Angélique et de Mytril, et allais les installer sur la chaise haute. Je pris les petit pots de compotes (aux pommes, ils n'en veulent pas d'autre), et allais leur donner. Ils le finirent rapidement, et Edward revint à ce moment là. Les vacances de Pâques avaient commencées, et nous étions en congés pendant quinze jours. Les filles revinrent en fin d'après-midi, et semblèrent désespérées de ne pas nous voir nous embrasser. Edward me prit à part.

-Bella… euh, je me demandais…

-Oui ?

-Eh bien, je me demandais si ça ne te dérangeait pas si je venais m'installer ici ?

-Bien sûr que non ! Mais je ne suis pas la seule à habiter ici, soulignai-je.

Il sourit, et nous allâmes au salon.

-Voilà, j'aimerai vous demander si ça ne vous dérange pas si je viens vivre ici, demanda-t-il.

-Mais bien sûr que non ! dirent-elles toutes à part Maureen.

Il allait avoir du mal à la convaincre.

-Mouais, dit-elle.

-Bien, je vais aller chercher mes affaires…

On sonna à la porte. J'allais ouvrir, et tous les Cullen entrèrent, des cartons dans les bras.

-Les affaires d'Edward, fit Alice en voyant notre regard interrogateur.

-Tu as eu une vision ?

-Tu as tout compris !

Je lui pris le carton qu'elle tenait dans ses bras, et le montais dans ma chambre. Les autres cartons suivirent, et voilà comment nous nous retrouvâmes dans le salon, à parler de tout et de rien.

-Oh les filles… ma mère, Phil et leur fille viendront dans deux jours, dis-je.

-OK, dirent-elles.

Maureen me lança un regard inquiet.

-Bella, tu es…

-Ne t'inquiète pas, ça va aller.

-Si tu le dis, dit-elle en haussant les épaules.

Les deux jours suivants passèrent vite, et le jour de la visite de ma mère arriva. Les filles étaient parties faire du shopping, alors qu'Edward et moi restâmes à la maison avec les enfants. On frappa deux petits coups à la porte. Je me crispais, et me levais pour aller ouvrir, suivie par Edward. Je tenais Angélique, et lui Mytril. J'ouvris, et découvris ma mère, Phil, et une petite fille que je ne connaissais pas.

-Bonjour, dis-je.

Renée me fixa un moment, puis Edward, et enfin les enfants.

-Bonjour, dit poliment Edward.

-Entrez, dis-je.

-Qu'est-ce que tu as fait pour vivre dans une maison pareil ? Il t'a pris sous son aile parce qu'il t'avait engrossé ? demanda-t-elle en entrant, alors qu'Edward était avec nous.

-Edward, voici Renée, Phil, et leur fille, dis-je en l'ignorant.

Maintenant que je m'en rendais compte, elle était beaucoup trop âgée…

-Ma fille, reprit Phil. Isabelle est une fille que j'ai eu avec une femme quelques années au paravent. Elle est morte, et j'ai eu sa garde, dit-il en plaçant sa main sur son épaule, un peu trop prêt de sa poitrine à mon goût.

-Isabelle, je suis Isabella, mais appelle-moi Bella, dis-je en me penchant vers la petite fille de dix ans.

-Bonjour, dit-elle d'une petite voix.

-Venez, allons nous installer dans le salon.

J'allais dans notre salon, et m'installais dans un canapé. Renée s'étant mise à côté de Phil, et n'ayant plus de place où s'asseoir, Isabelle, alla s'installa sur un divan éloigné.

-Viens, dis-je en tapotant la place libre à côté de moi.

La petite vint vers moi, hésitante, et s'assit. Je lui souriais.

-Je peux ? demanda-t-elle en tendant les bras vers la petite.

-Oui, tiens. Mets une main sous sa tête, voilà, dis-je en lui donnant la petite.

Elle la berça doucement.

-Alors, comment avez-vous fini dans une maison pareille tout seul, jeune homme ? demanda Renée en battant des cils.

-Je suis venu m'installer chez Bella il y a quelques jours.

-Ah, et toi, comment as-tu fait pour avoir une maison pareille ?

-Je l'ai achetée peu après mon arrivée à Forks, dis-je.

-Ah… tu es sûre que ces enfants sont bien ceux de ce jeune homme ?

-Que veux-tu dire par là ?

-Que, pour pouvoir payer un loyer pareille, il faut de l'argent, et que le propriétaire…

-Insinuerais-tu que j'ai couché avec le propriétaire pour avoir cette maison ? demandai-je, sentant déjà la colère monter en moi.

-Oui, dit-elle comme si de rien était.

-Eh bien non, j'avais de l'argent sur mon compte, et j'ai acheté cette maison légalement, dis-je.

-Tu…

-Madame, je peux certifier qu'elle a acheté cette maison légalement, intervint Edward.

-Hum… parle-nous de toi, reprit-elle en se penchant exagérément, laissant entrevoir sa poitrine à Edward.

Je rêve où elle le drague ?

-Hé bien, je m'appelle Edward Cullen…

Il fut interrompu par la porte qui s'ouvrit.

-On est rentrés ! cria Alice en courant dans le salon.

-Euh… Renée, voici Alice, une des sœurs d'Edward, dis-je alors que les autres arrivaient.

-Et elles ?

-Voici Dana, Estelle, Tamara, Trecy, Julie, et Lyra, elles sont comme mes sœurs. Lyra est avec Demetri. Et voici Jasper, qui est avec Alice, Rosalie et Emmett, qui sont ensemble et Esmée, la mère d'Edward, dis-je en désignant tout le monde un par un.

-Enchantée, je suis la mère de Bella.

-Malheureusement, c'est bien vrai.

-Renée ? demanda Maureen en entrant.

-Maureen ! Comment vas-tu ?

-Je vais bien, merci.

Tout le monde s'assit, et commença à parler.

-Vous voulez à boire ? demandai-je.

-Oui, un verre de vin, dit Renée.

-Tu aurais une bouteille de bière ? demanda Phil.

-Bien sûr, et toi ? demandai-je à Isabelle.

-Euh… qu'est-ce que vous avez ? demanda-t-elle timidement.

-Viens, je vais te montrer, et tu choisiras ce que tu veux.

Elle me suivit dans la cuisine.

-Alors, dis-moi ce que tu veux, nous avons de tout, dis-je.

-Euh… vous avez du thé au citron ?

-Bien sûr, et tutoie-moi.

-D'accord.

Je pris la cannette pour Isabelle, la bouteille de vin pour ma mère, et celle de bière pour Phil.

-Je peux te poser une question ? demandai-je en m'accroupissant en face d'elle.

-Oui, dit-elle.

-Promets-moi de répondre la vérité, d'accord ?

Elle hocha la tête.

-Est-ce que Phil te bat ?

Elle ne répondit pas.

-Est-ce qu'il t'a déjà… violé ?

Elle se crispa, et laissa tomber sa canette. Je la rattrapais avant qu'elle ne tombe à terre, et lui la tendit.

-Réponds-moi s'il-te-plaît.