Note : J'ai toujours été déçue de ne pas pouvoir corriger mes chapitres sur ce site alors il m'est venu (seulement XD) récemment l'idée de les rééditer ! Sur les conseils avisés d'Alyson Devlin, c'est enfin chose faite ! A chaque relecture de mes chapitres, je pars à la chasse aux fautes mais certaines parviennent toujours à me glisser entre les doigts. Si jamais vous relisez ma fic et que vous en repérez encore, n'hésitez pas à me le dire pour contribuer à l'éradication de ces anomalies !

Ici se trouvait une énorme RAR que j'ai enlevé puisqu'elles sont interdites X'D. Je tiens quand même à remercier tous ceux qui m'ont laissé une review et particulièrement Molly1 qui m'en avait posté sur toutes mes fics.

Allez, sans plus tarder, voici le nouveau chapitre ! Autant j'ai eu toutes les idées en tête très rapidement, autant j'ai eu du mal à l'écrire XD J'espère qu'il vous plaira quand même…

Bonne lecture !


Chapitre 20 : Haute sécurité

À peine les Détraqueurs ramenant James dans sa cellule s'étaient-ils éloignés que Franck s'approcha de la cellule de son voisin pour s'exclamer :

- Putain, James, qu'est-ce qui se passe ?

- Tu… as entendu… tout à l'heure ? commença à paniquer l'intéressé – pas lui aussi !

- Non, rien du tout. J'te cache pas que j'ai essayé pourtant… Lily est restée tellement longtemps, je me suis demandé s'il y avait un problème. Mais elle avait probablement jeté un sort pour qu'on n'entende rien, secret médical oblige je présume. Enfin bref, comme elle est partie assez calme, je m'suis dit que je m'étais fait du mouron pour rien et voilà que deux Détraqueurs t'embarquent à moitié dans les vapes ! Tu veux me rendre dingue ou quoi ?

- T'en fais pas, Franck ! C'est rien, vraiment rien. J'ai juste fait une allergie à sa nouvelle pommade pour ma cheville. Mais merci de t'inquiéter, c'est gentil.

- Tu… une allergie… et pourquoi tu sembles si soulagé ? s'enquit-il en fronçant les sourcils. Qu'est-ce que j'aurais pu entendre, James ?

- Écoute, Franck, tu sors dans même pas une semaine ! C'est vraiment pas le moment que je te mêle à ça, on s'était mis d'accord, non ? Te préoccupe plus de moi, ok ?… je ne veux pas qu'on te soupçonne de complicité et que tu croupisses ici pour un délai supplémentaire. Je ne supporterais pas qu'il t'arrive quelque chose par ma faute…

- Mais… et toi ? T'en as déjà pour cinq ans, pourquoi tu cherches la merde ?

- C'est compliqué, je… Si tu veux vraiment m'aider, Franck, la seule chose que tu peux faire, c'est de laisser couler jusqu'à ta sortie. Quoi qu'il arrive, tu m'entends ? Sors d'ici et retrouve ta famille, t'as déjà eu assez d'ennuis pour rien comme ça…

- Mais je te connais, James… tu devrais pas être là, toi non plus… Est-ce que je pourrai au moins te rendre service après ? Je sais pas moi, je réviserai ton dossier si tu veux, pour te faire sortir plus tôt…

- Merci, vraiment, mais ça sera inutile… si tu tiens tant que ça à me dépanner, tu… la seule chose que je te demande, c'est de vraiment réfléchir à qui je suis… Pour le moment, ça doit te paraître incompréhensible mais, bientôt, on entendra sûrement parler de moi et… à ce moment-là, tu pourras te poser des questions, essayer de comprendre, faire des recherches pour te convaincre même, s'il le faut… et si tu gardes toujours la même opinion à mon sujet et que tu veux toujours me donner un coup de main malgré les risques… alors j'accepterai peut-être. Il suffira de me le faire savoir. Mais avant cela, s'il te plaît, ne fais rien, ne tente rien, pense à Alice et au bébé, ok ?

- C'est pas vrai… dans quel pétrin tu t'es mis ? Tu me fais peur, James. On dirait que tu t'apprêtes à tuer quelqu'un… mais tu ne ferais jamais ça, hein ?

- Non, bien sûr… sauf en cas de légitime défense, si je n'avais vraiment pas le choix. J'ai pas changé, c'est ça qu'il faut que tu gardes en mémoire. Depuis Poudlard, je n'ai pas beaucoup changé. Bon, je pense quand même être moins immature et inconscient mais… dans le fond, je suis toujours attaché aux mêmes valeurs et aux mêmes… je suis prêt à prendre des risques si ça en vaut la peine, pour les gens que j'aime ou pour une cause juste… C'est de ça dont tu dois te souvenir si tu veux me rendre service, seulement de ça.

- Ok, je m'en souviendrai… Même si ça me dépasse… parce que je ne vois vraiment pas dans quelle galère tu t'es impliqué pour que je puisse changer d'avis sur ton compte… mais c'est peut-être parce que je n'ai pas envie d'y réfléchir non plus, tu as sans doute raison.

- Oui, je t'assure, c'est mieux pour toi. Tu auras tout le loisir de te prendre la tête dessus une fois dehors. Pour le moment, pense à ta petite famille et te laisse pas abattre par les Détraqueurs.

- Tu peux parler, tu t'es pas vu tout à l'heure. T'étais blanc comme un linge !

- Et c'est toi qui dis ça ? répliqua facétieusement James pour changer de sujet. Personne ne pourra jamais être plus livide que toi le jour où tu as demandé à Alice de sortir avec toi, tu te souviens ? Ce qu'on avait pu en rire. La pauvre croyait qu'il s'était passé quelque chose de grave et t'étais incapable de parler…

- Comment je pourrais l'oublier ? Vous vous bidonniez tous derrière et j'avais qu'une envie, c'était de m'enfuir en courant, se rappela-t-il en souriant.

- Heureusement qu'on était là pour t'aider. Sans nous, c'est probablement Alice qui se serait enfuie ! Aaah, je crois que je me souviendrai toujours de cette scène. Quand Remus a fait voleter une banderole marquée « Veux-tu sortir avec moi ? » au-dessus de la tête d'Alice pour te donner un coup de main, on aurait dit que tes yeux allaient sortir de leurs orbites.

- C'est vrai, grâce à lui, Alice s'est retournée pour lire ce qui était inscrit et puis elle m'a sauté dans les bras. Je lui dois une fière chandelle. C'est… c'était le bon vieux temps, soupira-t-il tristement, faisant ainsi retomber comme une masse l'ambiance légère qu'ils avaient réussi à instaurer.

- T'en auras d'autres des bons moments comme ça, Franck. Et qui sait, peut-être que tu battras ton propre record de lividité quand ton bambin naîtra ? C'est pour bientôt maintenant…

- Ouais, j'ai hâte. J'espère que tout se passera bien… ça fout tellement les jetons cette guerre. Si jamais…

- Hep, hep, hep ! Pas de ça, on a dit ! Nos chers ennemis encagoulés ne vont pas tarder à se pointer alors on positive, mon vieux. En parlant de cagoule, ça serait pas mal que Rogue s'en mette une sur la tête, ça nous éviterait de devoir supporter sa face graisseuse à longueur de temps…

- Ouais, c'en est un autre qui n'a pas changé, celui-là. Il ne connaît toujours pas l'existence du shampoing et il rôde autour de toi sans arrêt.

- Qu'est-ce que tu veux, à croire que je suis son idole ! Bon, trêve de plaisanteries, j'ai pas mal de trucs à faire, je te laisse.

- Des trucs à faire dans une cellule de trois mètres carré ? Non, non, laisse tomber, je veux rien savoir. Je te connais même plus jusqu'à ma sortie, tiens. Allez, va entretenir tes abdos ou toute autre excuse bidon, Potter.

- À vos ordres, Monsieur Londubat. Et, au revoir… on n'aura peut-être plus l'occasion de parler d'ici ta sortie…

- Quoi ? Argh, arrête de me dire des trucs comme ça si j'ai pas le droit de te poser de questions ! File maintenant !

James s'avança vers le fond de sa cellule le sourire aux lèvres. Parler du passé lui avait fait du bien. Ça lui avait rappelé à quel point ses projets étaient importants. Pour lui, et pour ses meilleurs amis. Il ne pouvait pas les abandonner à leur sort.

S'il avait bien compris le système de rotation des activités, son groupe était censé aller dîner ce soir. C'était l'occasion idéale pour mettre son plan en action. Tranquillement, il s'appliqua à cacher sur lui les restes du chewing-gum magique – ils pourraient peut-être lui servir une nouvelle fois – ainsi que sa baguette de fortune. À présent, il n'avait plus qu'à attendre l'arrivée de Rogue en se concentrant au maximum pour optimiser ses défenses contre les Détraqueurs. Ne plus penser qu'à son but… Il en aurait plus que jamais besoin.

Quelques heures plus tard, le gardien général d'Azkaban fit son entrée dans la pièce. Il annonça aux membres du groupe de James de se préparer à quitter leur cellule, leur attacha d'un sort leurs poignets tendus et entreprit d'ouvrir les grilles une à une. James pria Merlin que les choses se déroulent sans accroc, si on pouvait dire, prit une grande inspiration et crispa ses poings liés à l'approche de son ennemi de toujours. Devrait-il attendre une énième remarque désobligeante ? Le sang battait furieusement à ses tempes lorsque Rogue fit glisser sa grille. Il amorça quelques pas vers lui et n'eut même pas besoin de se forcer. À peine avait-il fait un pas que Rogue lui murmura d'un ton provocateur :

- Alors, Potter, j'ai appris que tu avais encore rendu visite à Evans. Je ne suis pas sûr que Madame Potter appréciera quand je lui dirai, ou je devrais plutôt dire, Mademoiselle Stan…

Le coup de poings partit tout seul. Cette simple allusion au fait que Rogue avait bien pris contact avec Gladys libéra toute l'appréhension que James avait de frapper Rogue. Non pas que l'envie lui manquait. C'était ce qui l'attendait ensuite qui lui faisait un peu peur. Maintenant lancé, il ne lâcha pas ses coups et frappa son geôlier autant de fois qu'il le put, le blessant partout où il pouvait l'atteindre. Il n'entendait même pas les cris des autres prisonniers, que ce soient les brutes du genre de Warrington, qui l'encourageaient, ou bien Franck, qui tentait de le raisonner sans comprendre.

Surpris au début, Rogue n'avait pas réagi et un coup de James porté à son poignet lui avait fait lâcher sa baguette. Il se réveilla bien vite cependant et, disposant de deux mains libres à l'inverse de son agresseur, prit rapidement le dessus. La rage et l'humiliation mêlées lui permirent de déployer une violence extrême. James à terre, il lui asséna de nombreux coups de pieds tout en l'insultant puis récupéra sa baguette. D'un geste brusque, il projeta les prisonniers du groupe de James qui étaient déjà au centre du couloir, mais qui s'étaient abstenus d'intervenir, dans leur cellule, referma ces dernières, puis il retourna toute son attention sur le corps inerte de James. Ses narines frémissaient d'une colère sourde et il dut faire un incroyable effort pour ne pas s'acharner une nouvelle fois sur l'être qu'il détestait probablement le plus au monde. Avant de prévenir Dumbledore, il s'offrit malgré tout le luxe de « ranimer » James d'un bref Endoloris non formulé. Le cri de douleur de sa victime le contenta assez pour l'apaiser un peu. Pour finir, il le souleva et le fit léviter à l'aide d'un Mobilicorpus jusqu'au bureau de Dumbledore, tout en le menaçant entre ses dents d'un inquiétant « Tu me le paieras, Potter ».

Le directeur accueillit les deux intéressés avec une surprise non dissimulée :

- Que s'est-il passé, au nom de Merlin ?

- Monsieur le Directeur, je crois que nous avons un nouveau candidat au séjour en haute sécurité, déclara Rogue dont les yeux lançaient des éclairs en direction de James. Cet incapable s'est jeté sur moi au moment où j'ouvrais sa cellule. C'était le tour de son groupe d'aller dîner. Je ne sais pas ce qui lui a pris mais il connaissait pourtant la règle, comme tous les autres détenus.

- Vous voulez dire qu'il vous a attaqué sans aucune raison ? s'étonna Dumbledore. Monsieur Potter, comment justifiez-vous cette attaque ? Monsieur Potter, vous m'entendez ?

Les paupières mi-closes, James inclina légèrement la tête en signe d'assentiment mais il souffrait beaucoup trop pour tenter de prononcer le moindre mot. Et malgré ses pensées embrouillées, il gardait à l'esprit, comme gravé au fer rouge, qu'il ne devait rien faire ou dire qui puisse compromettre son plan.

- Monsieur le Directeur, reprit un Rogue qui contenait son agacement, cela fait déjà plusieurs années que je tente d'ouvrir les yeux du monde sur cet énergumène. Ce n'est pas un agneau, loin de là. Il a déjà fait preuve de comportements irresponsables et lunatiques à plusieurs reprises et j'espère que, cette fois-ci, mes mises en garde seront enfin prises en compte.

- J'entends bien, Severus, soyez-en sûr. Mais j'avoue rester perplexe devant vos états respectifs. Je m'interroge... comment Monsieur Potter a-t-il eu l'occasion de vous frapper de la sorte, par exemple ?

- Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est en partie ma faute puisque tout s'était très bien déroulé jusque-là, mais… depuis qu'on ne sort plus les prisonniers que par groupe restreint, j'ai pris l'habitude de leur attacher les mains non plus dans le dos mais devant. Je vous prie de croire que je ne commettrai plus deux fois la même erreur. Et je redoublerai également de vigilance, soyez-en certain.

- Bien… je vous demanderais de toute façon de bien vouloir me faire un rapport détaillé des événements le plus tôt possible, réclama Dumbledore avant de reprendre d'un ton contrarié. Nous n'avions vraiment pas besoin de cela à l'heure actuelle mais, selon le règlement, je me vois dans l'obligation d'amener Monsieur Potter en haute sécurité. Severus, je vous prierais de garder cette information entre ces murs tant que durera l'enquête. Et je vous invite vivement à vous rendre à l'infirmerie dès que vous sortirez d'ici. Je vais moi-même m'occuper de Monsieur Potter et tâcher de le questionner avant de m'adresser aux autres détenus témoins de la scène.

- Très bien, Monsieur, j'y vais de ce pas.

oOoOoOoOoOo

Dumbledore donna des soins de première urgence à James avec application. Ce dernier restait de marbre, retranché dans ses pensées, probablement en train d'appréhender ce qui l'attendait. Le vieil homme avait beau tenter d'engager la conversation ou d'essayer de comprendre ce qui s'était passé, il n'y avait rien à faire. Il s'en trouvait profondément déconcerté. Jamais il n'aurait cru cet homme capable d'agir aussi impulsivement… Et cela le décevait de devoir l'enfermer au dernier étage de sa forteresse sans avoir d'explication de sa part. D'autant plus qu'il se trouvait dans un piteux état. Combien de temps tiendrait-il là-haut, si affaibli, avant de perdre la tête ? Non, décidément, cette situation ne lui plaisait pas du tout. Il avait besoin du témoignage de James Potter pour éclaircir cette affaire et il ne le laisserait pas dépérir dans ses propres bâtiments sans intervenir. Il devrait se montrer prudent toutefois. Pour le moment, il n'avait pas le choix, il devait le livrer aux Détraqueurs. Mais demain, lorsque la voie serait libre, il prendrait les mesures nécessaires pour agir selon ce que sa conscience lui dictait.

Il entreprit de transporter James tout en haut de la tour sinistre. Il lui trouva rapidement une cellule et s'efforça une dernière fois de le faire réagir :

- Monsieur Potter ? James Potter ! Vous rendez-vous compte de ce qu'il vous arrive ? Pourquoi ne voulez-vous pas témoigner de vos actes ? Si vous pensez que la situation pourrait s'aggraver, regardez autour de vous. D'ici quelques minutes, quand j'aurai quitté cet étage, des dizaines de Détraqueurs vont venir s'agglutiner autour de votre cellule… c'est vraiment ce que vous souhaitez ? Répondez, s'il vous plaît ! Monsieur Potter ?

- Potter ? crut-il entendre faiblement en écho.

Dumbledore se redressa désabusé, glissa quelques carrés de chocolat dans les poches de James et sortit de sa cellule avant de la fermer.

- Vous avez dit Potter ? questionna à nouveau une voix rauque qu'il reconnut parfaitement à cet instant.

Il se dirigea prestement vers une cellule située à quelques pas et découvrit un Sirius Black encore plus blanc que d'habitude, les joues creuses, le regard brillant d'une lueur inhabituelle et indescriptible et les mains agrippées aux barreaux de sa geôle. Cela attisa sa curiosité…

- En effet, Monsieur Black. James Potter vient de rejoindre les pensionnaires de haute sécurité. Avez-vous des remarques à faire à ce sujet ?

- Je… pourquoi est-il là ? demanda Sirius en essayant de contrôler sa voix.

- Je ne suis pas sûr qu'il me faille apporter une réponse à cette question… mais je serais ravi de connaître vos sentiments à son égard.

Sirius essaya de calmer les battements de son cœur qui cognait contre sa poitrine dans un rythme effréné. Pourquoi James était-il ici ? Ce n'était pas prévu comme ça… il devait revenir le voir, mais pas être enfermé dans cet endroit maudit. Qu'avait-il fait pour atterrir là ? Comment allait-il poursuivre son plan ? C'était de la folie, jamais James n'aurait dû venir le secourir. Pourquoi avait-il fallu qu'il vienne à Azkaban ? Une vague de panique le submergea et Sirius ne parvint pas à se maîtriser, un seul mot l'obsédait : pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ?...

- Pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ? se mit-il à psalmodier en gémissant.

- Monsieur Black ! Reprenez-vous ! l'interpella Dumbledore. Monsieur Black ?

Que lui arrivait-il ? Après Potter qui se murait dans le silence, voilà que le seul détenu de haute sécurité qui était parvenu à rester lucide en ce lieu se mettait à disjoncter. Il ne pouvait pas laisser faire cela, il avait besoin de réponses, d'explications…

D'un imperceptible mouvement de baguette, il envoya une sorte de petite décharge électrique à Black pour le sortir de son égarement. Sirius sursauta, regarda autour de lui comme pour se rendre compte de l'endroit où il était puis reporta son attention sur le directeur.

- Qu'est-ce que… ?

- Monsieur Black, pouvez-vous m'expliquer les liens que vous entretenez avec James Potter pour que l'annonce de son emprisonnement vous mette dans un tel état ? Je sais que vous étiez amis… êtes-vous toujours attaché à lui ? Avez-vous peur de quelconques représailles ?

- Je… ne sais pas.

- Monsieur Black… s'impatienta Dumbledore.

- James est quelqu'un de bien, se borna à décréter Sirius. C'est tout ce que je peux dire.

- Il se retrouve pourtant en haute sécurité. Pensez-vous que je l'y ai amené par amusement ?

- C'est un homme bien, il devait avoir de bonnes raisons. Oui, de bonnes raisons… finit-il plus pour lui-même avant de s'écrier. Mais vous le savez ! J'en suis sûr. Vous l'avez bien vu… sinon vous ne me poseriez pas toutes ces questions… si c'était un quelconque criminel, vous ne chercheriez pas à en apprendre plus. Ne le laissez pas pourrir ici…

- Si je cherche à en savoir plus, c'est avant tout parce qu'il refuse de parler. Mais je reconnais que son cas me désappointe. Ainsi que le vôtre pour tout vous dire. Pourquoi cherchez-vous à le défendre ? Le considérez-vous toujours comme votre ami ? Avez-vous des regrets ?

- On se moque de mes états d'âme ! Demandez à n'importe qui d'autre à l'extérieur ! Vous ne trouverez que des Serpentards pour le mésestimer. Et tout le monde sait que ces satanés serpents transpirent la magie noire…

- Vous vous égarez, Monsieur Black. L'époque de Poudlard est révolue pour vous… comment pouvez-vous encore penser de la sorte ? Et avec autant de préjugés ? Les hommes ne se jugent pas selon leurs origines ou leurs capacités, ce sont leurs choix et leurs actes qui font d'eux ce qu'ils sont.

- Regardez leurs dossiers, cracha alors Sirius en désignant les prisonniers des autres cellules. Et faites des pourcentages en fonction de leur maison à Poudlard. On verra qui sont les Mangemorts !

- Bien, il est temps pour moi de partir. Cette conversation ne mènera plus nulle part. Je pense que nous serons amenés à nous revoir d'ici peu, Monsieur Black. Peut-être serez-vous alors moins catégorique dans vos propos et plus disposé à vous confier. Sur ce…, le salua-t-il en se dirigeant vers la sortie.

- Ne le laissez pas moisir ici, s'il vous plaît ! cria une dernière fois Sirius à l'adresse du vieil homme qui s'apprêtait à disparaître et qui répliqua, dans un murmure inaudible pour son interlocuteur, « Je n'en ai pas l'intention ».

oOoOoOoOoOo

Lorsque Rogue pénétra dans l'infirmerie, Lily lâcha le bocal qu'elle tenait dans les mains et écarquilla les yeux de stupeur.

- Qu'est ce qu… ? Qui a… ? essaya-t-elle de demander avant qu'un visage ne s'affiche automatiquement dans son esprit.

James ? Oh, non… pourquoi faut-il que je pense à lui ? Non, il n'aurait quand même pas…

- C'est ton patient le plus récurrent qui m'a agressé sauvagement, comme tu peux le voir. Ce fumier de Potter s'est jeté sur moi sans aucune raison valable, il est complètement taré. Ce n'est pas la première fois que je le dis, évidemment, mais peut-être que cette preuve sera suffisante pour vous éclairer cette fois-ci…

- Il s'est jeté sur toi… comme ça ? s'enquit Lily toujours sous le choc.

- Oui, Lily… je sais que tu avais une certaine estime pour lui mais… je suis désolé, il est temps de regarder la vérité en face…C'est un être instable et dangereux.

Lily hocha la tête, ailleurs. Mieux valait ne pas rentrer en conflit avec Rogue. Mangemort ou pas, inutile d'éveiller des soupçons. Elle le laissa débiter sa diatribe acide à l'égard de James en acquiesçant régulièrement sans vraiment écouter.

James… à quoi pensait-il ? Avait-il vraiment agi sur un coup de tête, sans que Rogue l'ait provoqué ou… il n'était pas ce genre d'individu, n'est-ce pas ? Un innocent ne tabasserait pas quelqu'un sans raison.

Son estomac se contracta désagréablement. Elle l'avait cru si vite, tout à l'heure, à propos de Sirius… était-ce normal ou bien s'était-elle fiée trop vite à James ? Pourquoi était-elle incapable d'agir et de réfléchir raisonnablement quand ça le concernait ? L'amour rend aveugle, il paraît… tu parles ! Ça rend plutôt stupide, oui ! Elle, en tout cas…

Bon, réfléchissons… elle savait à quel point les Maraudeurs avaient été soudés et la voix de James trahissait encore ses sentiments à leur égard quand il lui en avait parlé. Et elle avait eu elle-même tellement de mal à croire que Sirius avait pu être coupable d'un tel carnage… L'explication de James était rassurante, quelque part. Ça lui confirmait qu'elle savait juger un minimum les gens, et c'était plutôt crucial dans cette période trouble. Mais, maintenant, le doute l'envahissait…

Rogue se tenait là, très amoché… et sans raison ? S'il était vraiment un Mangemort, peut-être avait-il prévu de… quoi ? Elle ne savait plus que penser, tout allait si vite depuis hier. Pourquoi James avait-il agi ainsi, quelques heures seulement après lui avoir donné ses explications ? Qu'avait-il dit déjà… « tu me laisseras m'enliser un peu plus »… c'était ça son plan foireux ? Au lieu de sortir Sirius d'ici, il frappait un potentiel Mangemort et il se retrouvait en haute sécurité ?

- … au moins, il a ce qu'il mérite maintenant, il est en haute sécurité avec tous les autres scélérats de son espèce…

Haute sécurité… Oui. Une étincelle de compréhension fit tilt en Lily. Ça devait être ça, il s'était rapproché de lui, il savait qu'il atterrirait là-bas…

Mais le bref sentiment de soulagement qui lui était venu à cette idée laissa vite place à une angoisse croissante… comment allait-il tenir le coup au milieu de tous les Détraqueurs ?


XD J'ai eu du mal avec la baston… et avec tous ces dialogues ! J'avais sans arrêt l'impression de dévier de ma trajectoire, de faire du HS (sauf pour le dernier)…

Je prendrai peut-être plus de temps pour les prochains chapitres parce que je ne voudrais pas oublier certains détails et comme il n'en reste plus beaucoup… J'ai déjà hâte d'écrire le prochain, principalement une certaine scène qui devrait plaire à plus d'un (en tout cas j'espère :)