Salut à toutes. Voici un nouveau chapitre. Les choses progressent. Le moment tant attendu va bientôt arriver ! Continuez de me laisser des commentaires, comme ça les choses arriveront plus vite…bonne lecture.

Chapitre 20 – N'importe quoi

Salle d'équipe de l'USV

Lundi 30 juin

Même en entrant dans la salle, Olivia ne pouvait toujours pas s'empêcher de sourire. Même quand elle a vu Elliot. Il la regardait curieusement, mais n'a rien demandé.

Bien qu'elle lui ait pardonné pour tous ses commentaires désagréables, les choses entre eux n'étaient toujours pas parfaites. Après ce fameux baiser partagé, les choses étaient devenues maladroites et inconfortable. Elle savait qu'il n'était pas heureux à la maison. Elle avait entendu des choses à ce sujet ici et là. Auparavant elle aurait fait n'importe quoi pour arranger les choses avec lui, mais maintenant qu'elle était vraiment engagée avec Rhett, elle ne voulait pas trop s'impliquer.

Techniquement ils étaient toujours équipiers, bien que Cragen ait continué à faire travailler Elliot avec Munch et elle avec Fin ou Lake. Il savait que tous les problèmes entre eux n'étaient pas résolus et ne voulait pas en faire pâtir l'unité. Cela lui allait très bien. Elliot était vraiment trop compliqué en ce moment. Maintenant qu'elle avait Rhett, Elliot n'était presque plus indispensable dans sa vie. Presque.

Parfois elle le surprenait la regardant, voyant dans ses yeux ce qu'elle aurait voulu voir les deux dernières années. Il l'aimait. Elle le savait. Et voir ce sentiment dans ses yeux lui rappelait qu'elle l'aimait elle aussi. Elle l'aimerait toujours. Mais elle aimait Rhett aussi. Elle n'avait jamais pensé qu'il était possible d'aimer deux hommes en même temps. Mais c'était le cas pour elle, donc c'était possible.

Bureau du Capitaine Cragen

Lundi 30 juin

En frappant sur sa porte, elle s'est soudainement sentie nerveuse. « Entrez. »

« Hé, capitaine. Vous avez une minute ? » Elle avait peur que son visage se divise en deux si elle continuait de sourire.

« Bonjour Olivia…. Assied-toi. Vu ton visage, ce doit être un bon jour. Que se passe-t-il ? » Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire aussi.

« Heu… j'ai quelque chose à vous demander… et… je… je voulais que vous soyez le premier à le savoir… » Elle jouait avec ses mains nerveusement.

« Dis-moi juste que tu ne me demandes pas à être transférer et je pourrais me détendre. » Son sourire a commencé à se faner.

« Non… non » Elle s'est remise à sourire. « Rhett m'a demandé de l'épouser ! J'ai dit oui ! » L'étincelle dans ses yeux ne laissait aucun doute. Olivia Benson était amoureuse.

« Liv, c'est une merveilleuse nouvelle. » Il s'est levé pour l'étreindre. « Je suis très heureux pour vous deux. » Cragen avait rencontré Rhett lors d'un barbecue chez Casey et l'avait vraiment apprécié.

Elliot faisait semblant de travailler quand Liv était entrée dans le bureau de Cragen. Son estomac s'était immédiatement noué, craignant qu'elle soit allée lui demander un nouvel équipier… de manière permanente… ou lui dire qu'elle partait… encore.

Il essayait de ne pas regarder mais échouait lamentablement. Il la voyait sourire, puis Cragen s'était levé et l'avait pris dans ses bras. Oh non. Elle partait. Ca ne pouvait être que ça. Elliot a pensé qu'il allait vomir. Il a jeté un coup d'œil sur la poubelle, mesurant mentalement le temps qu'il lui faudrait pour l'atteindre. Il a de nouveau regardé en direction du bureau. Sourirait-il si Liv partait ? Non. Alors que se passait-il ?

« Merci. Nous n'avons toujours pas décidé quand et où, mais je voulais vous demander quelque chose… » Don Cragen était devenu comme un père pour elle et elle l'aimait beaucoup.

« N'importe quoi, Olivia. N'importe quoi. » Voyant les larmes dans ses yeux, il a mis son bras autour de ses épaules pour la rassurer.

« Vous avez été le père que je n'ai jamais eu, Don, et… je serais honorée si vous me meniez à l'autel. » Elle a essuyé les larmes tombant de ses yeux.

Il l'a de nouveau serrée dans ses bras puis s'est écarté pour regarder dans ses yeux. « Ma belle, c'est moi qui suis honoré que tu es pensé à moi, et je serais profondément heureux de donner ma fille à ce bon jeune homme. » Il a souri et cette fois elle a jeté ses bras autour de son cou et l'a embrassé sur la joue.

Quand elle allait sortir du bureau, sa voix l'a arrêtée. « Tu l'as dit à Elliot ? » Son visage était devenu sérieux.

Elle a secoué sa tête et a mordu sa lèvre inférieure. « Heu… non… pas encore.» Son sourire s'était effacé.

« Liv… tu le sais… ça va être dur pour lui… pourquoi ne pas le prendre à part, dans une salle d'interrogatoire, et lui faire savoir avant le reste de l'équipe. »

Elle mordait toujours sa lèvre. « Vous avez probablement raison. »

Elle savait que Cragen avait raison. Elle avait voulu le dire à Elliot pendant le week-end mais n'avait pas trouvé le courage pour l'appeler. Elle savait qu'il le prendrait mal.

Elliot était plus que perplexe maintenant. Ce n'était pas dans les habitudes de son capitaine de montrer autant d'affection. Et une Olivia souriant et pleurant en même temps n'était pas habituel non plus. Il devait savoir ce qui s'était passé dans ce bureau ou bien il deviendrait fou.

Salle d'équipe de l'USV

Lundi 30 juin

Munch, Fin et Lake n'allaient certainement pas laissé passer l'occasion de savoir ce qui la rendait de si bonne humeur. Elle venait juste de sortir du bureau de Cragen et s'avançait vers eux.

« Hé, Liv… qu'est-ce qui te rend si heureuse ? Cragen a décidé de faire de moi ton équipier permanent ? » Lake a souri.

« Ca c'est ce que tu souhaites ! » Elle a répondu en riant.

« Non mon gars. Il lui a dit que jamais il ne te mettrait avec elle… c'est pour ça qu'elle est si heureuse ! » Fin a répliqué.

Mais Munch, l'inspecteur observateur, avait remarqué la bague. Il essayait de trouver une manière de lui dire qu'il savait sans lui dire vraiment.

« J'aime beaucoup ta tenue Olivia… et ton choix des bijoux le complète merveilleusement. »

Elle a regardé la manière dont elle était habillée, ne remarquant rien d'exceptionnel. Elle a regardé Munch étrangement en soulevant un sourcil. « Merci Munch. »

Elle s'est tournée vers Elliot pour lui parler. « Hé, Elliot… tu as une minute ? » Elle a indiqué le vestiaire avec sa tête.

« Heu ouais…… juste une seconde. » Il terminait de dactylographier un rapport sur son ordinateur.

Lake, au commentaire de Munch, regardait Liv pour essayer de voir quelque chose… mais il avait déjà vu ses vêtements des dizaines de fois. Et il avait déjà vu ses boucles d'oreilles et sa montre. Et c'est alors qu'il a vu une nouvelle bague sur son annulaire droit. Il a bondit de sa chaise et s'est précipité vers elle.

« Oh, mon dieu ! Liv ! Laisse-moi voir ça ! » Il a saisi sa main gauche et a crié. « Hé, regardez ! Liv a une bague de fiançailles ! Wow !»

Le cœur de Liv s'est arrêté à cet instant précis. Lançant un regard à Elliot, elle a réalisé ce que Cragen voulait dire quand il lui avait conseillé de le prendre à part pour lui annoncer. Il était extrêmement pâle. Elle était désolée qu'il l'apprenne comme ça. Elle devrait lui avoir dit plus tôt. Au moins il n'allait pas lui faire une scène ou lui hurler dessus étant donné le monde dans la salle. Mais ce n'était que partie remise et elle le savait.

Munch a fermé ses yeux devant le manque de délicatesse de Lake. Le problème avec lui était qu'il réfléchissait toujours après avoir parlé. Munch a regardé Elliot et s'est sentit désolé pour lui. Si seulement tu avais entrepris une démarche quand tu en avais l'occasion Stabler, il a pensé.

Fin s'est levé de sa chaise, suivant l'exemple des autres et s'approchant d'elle. « Et quand avais-tu prévu de nous annoncer la bonne nouvelle ? » Il a demandé, inspectant la bague. « Dis donc, il ne s'est pas fichu de toi avec les diamants. »

« C'est une bague peu courante… mais très belle. Exquise. Mais pourquoi les émeraudes ? » Munch a demandé, inspectant lui aussi la bague.

« Nous nous sommes rencontrés en mai et les émeraudes symbolisent le mois de mai. » Liv a expliqué. Elle essayait de voir Elliot au-dessus de l'épaule de Munch.

Elle l'a vu passer ses deux mains sur son visage, puis les poser sur les bords de son bureau. Il a tourné sa tête pour la regarder. Ils se sont fixés et ce qu'elle a vu dans ses yeux lui a brisé le cœur… une douleur intense. Il s'est redressé et a pris ses clefs et son téléphone portable, s'est tourné et a quitté la salle. Elle l'a regardé jusqu'à ce qu'il ait disparu de sa vue. Elle voulait lui courir après mais si elle le faisait, avec tout le monde dans la salle, tout serait trop évident. Alors elle est restée là, incertaine si son cœur se brisait pour son meilleur ami, pour elle ou pour les deux.

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Rues de New York

Lundi 30 juin

Elliot avait besoin d'air. Sa tête tournait. Si seulement il pouvait vomi, il se sentirait mieux. De qui se moquait-il ? Il pourrait vomir tous les jours pour le reste de sa vie et il ne se sentirait jamais mieux. Liv était engagée. Liv se mariait. Sa Liv. Elle l'oubliait. Elle l'avait oublié. Il ne voulait pas qu'elle l'oublie. Il donnerait tout ce qu'il a pour que les choses soient différentes. Pour pouvoir être avec elle.

Il était tellement malheureux. Elle avait trouvé quelqu'un qui l'aimait, qui allait passer le reste de sa vie avec elle, qui allait la possédait. Elle appartenait à Elliot et c'était avec lui qu'elle devait passer le reste de sa vie. Mais s'il l'aimait, et Dieu sait qu'il faisait, il devrait être heureux qu'elle ait trouvé le bonheur et l'amour qu'il ne pouvait pas lui donner, même s'il était désespéré de pouvoir le faire.

Entendre qu'elle allait se marier était horrible. Mais il était triste du fait qu'il n'avait pas vu à quel point la relation entre elle et Rhett était sérieuse. Ils étaient ensemble depuis seulement deux ou trois mois. Ca ne peut pas être aussi sérieux en aussi peu de temps. Il n'avait jamais vu ce type. Elle l'avait emmené au barbecue chez Casey, mais Lizzie avait un match de base-ball ce jour-là et il n'avait pas pu y aller. Mais ses collègues n'y avaient pas été non plus et pourtant ils l'appréciaient tous.

Liv parlait rarement de lui, n'aimant pas parler de choses personnelles. Elle n'avait plus de temps pour Elliot depuis quelques temps. Particulièrement depuis qu'ils s'étaient embrassés. Elle l'avait embrassé aussi, mais était résolue que ceci ne devait jamais se reproduire. Mais tout était de sa faute. Il était celui qui l'avait ignoré en premier lieu. Il n'entendait plus parler d'elle que par ses collègues. Et il ne leur demandait rien pour que ses sentiments pour elle ne semblent pas trop évidents. Il était marié et donc ne devait pas s'occuper de sa vie privée..

Pourquoi ? Pourquoi ne lui avait-il pas avoué ses sentiments pendant ces deux années de séparation avec Kathy ? S'il l'avait fait, il ne serait pas dans cette situation aujourd'hui. Il pourrait peut-être même être celui qui se mariait avec Liv. Pourquoi avait-il couché avec Kathy cette nuit-là ? Il savait que le bébé n'allait pas arranger son mariage. Il continuait de marcher au hasard, se demandant si un jour la peine qu'il ressentait pourrait s'estomper.

Il ne savait pas combien de temps il avait marché. Il a regardé sa montre. 11h45. Cela faisait trois heures qu'il était parti du bureau. Il a ouvert son téléphone pour appeler Cragen quand il a vu qu'il l'avait appelé trois fois. Et Olivia quatre fois. Il a composé le numéro du capitaine.

« Elliot ! Où es-tu ? » Cragen a demandé, semblant plus inquiet qu'en colère.

« Je… je ne sais pas exactement… écoutez… je ne reviendrais pas … pas aujourd'hui… je… » Les mots ne venaient pas.

« Elliot… tu devras y faire face tôt ou tard… est-ce que ça va ? » Cragen savait qu'il était bouleversé.

« Heu… non… non… je ne vais pas bien…… je vous verrai demain… ok ? » Il semblait perdu, désespéré.

« Elliot… avec le temps tout ira mieux… » Il ne pensait pas un mot de ce qu'il disait..

« Non… non monsieur… je ne pense pas que … que je pourrais jamais aller mieux… jamais… jamais… » Sa voix était enrouée par les sanglots menaçant de s'échapper.

« Elliot… si tu as besoin… appelle-moi… tu m'entends fils ? » Cragen était vraiment inquiet pour lui.

« Ouais merci… merci Don…. » Il a reniflé puis a éteint son téléphone. Et là, juste au milieu de la rue, il s'est accroupi, a posé ses bras sur ses genoux et a perdu la dernière once de contrôle qu'il possédait. Il s'est mis à pleurer, les larmes secouant son corps incontrôlablement. Il devait se ressaisir mais ignorait totalement comment cela allait être possible.

Deux hommes sont venus vers lui, lui demandant s'il avait besoin d'aide. Il les a laissés le mener à la terrasse d'un café. Il a commandé un sandwich et un coca, se disant que ne pas manger n'allait pas arranger les choses. Mais il restait là, fixant le sandwich, écœuré à sa seule vue. Il est resté assis pendant des heures. Sa montre indiquait la fin de l'après-midi. Il devait rentrer à la maison. A la maison. Il ne se sentait plus chez lui dans cette maison. Et il ne voulait pas voir Kathy. Il pensait vraiment qu'il était au bord de la folie. Il s'est levé, a hélé un taxi et est monté dedans.

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Résidence Benson

Lundi soir, 30 juin

Olivia avait terminé de faire sa salade. Elle s'est installée devant la télé avec son assiette et un verre de vin. Rhett dinait avec son équipe pour parler des détails de leur départ en Afghanistan. Il lui avait dit qu'il ignorait quand il rentrerait. Elle ne voulait pas penser à son départ. Et elle essayait de ne pas penser à Elliot.

Elle avait essayé au moins une douzaine de fois de l'appeler aujourd'hui. A chaque fois elle avait entendu le même message : « Vous êtes bien sur le répondeur de l'inspecteur Elliot Stabler, NYPD. Si c'est une urgence, raccrochez et composer le 911. Sinon, laissez-moi un message et je vous rappellerai dès que possible. Merci. » A chaque fois son cœur se brisait un peu plus. Elle savait qu'il ne répondrait pas mais elle continuait à appeler. Elle ignorait ce qu'elle lui dirait s'il répondait. Elle voulait juste savoir s'il allait bien… entendre sa voix… savoir qu'il n'avait rien fait de stupide. Cragen était inquiet lui aussi...elle le savait au son de sa voix quand il lui avait demandé si elle avait eu de ses nouvelles. Et sachant que Cragen était inquiet l'inquiétait encore plus.

Elle ferait n'importe quoi pour remonter le temps. Elle souhaitait avoir eu le courage de l'appeler hier et lui annoncer la nouvelle. Elle devrait lui avoir dit avant Cragen. Autrefois elle n'aurait même pas réfléchi et l'aurait appelé immédiatement. Et si elle n'avait rien dit il aurait senti que quelque chose se passait. Mais comme il avait choisi de l'ignorer, elle s'était finalement habituée à ne plus partager de choses avec lui. Ils ne se connaissaient plus. Mais d'une façon ou d'une autre ils allaient devoir faire face au fait qu'ils devaient parler de ce mariage.

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Résidence Cragen

Lundi soir, 30 juin

La maison était tranquille. Il s'était couché tôt. Mais il ne pouvait pas dormir, son esprit occupé par Olivia et la réaction d'Elliot. Pourquoi Elliot n'avait jamais bougé ? Il était clair que ces deux là étaient faits l'un pour l'autre. Il était persuadé que ce n'était qu'une question de temps avant qu'il soit obligé de séparer Olivia et Elliot en tant qu'équipiers quand Kathy et lui se sont séparés.

Il avait finit par s'endormir quand un coup sur sa porte l'a fait sursauté. Il a poussé les couvertures, jetant ses jambes sur le bord du lit et s'étirant. Il a glissé dans sa robe de chambre et s'est dirigé vers la porte.

En regardant par la fenêtre à côté de la porte, il a vu deux policiers en uniforme. Quoi ? Il a réalisé en ouvrant la porte que son cœur battait exagérément vite. Ce n'est jamais un bon présage quand la police est sur votre seuil tard le soir, même si vous êtes capitaine.

« Capitaine Cragen ? Désolés de vous réveiller, monsieur. Je suis l'agent McWhorter. Voici l'agent Rodriquez. Notre capitaine nous a dit de vous remettre ça, pour que vous décidiez de quelle façon vous alliez procéder. » Il lui a donné un insigne du NYPD dans un sac en plastique.

Cragen a pris l'insigne et l'a regardé. 6313. Elliot.

« L'insigne a été trouvé sur l'avenue D à environ 22h15 par un de nos collègues en patrouille. » Il lui a alors remis un portefeuille, également emballé dans un sac en plastique. « Ceci a été trouvé à environ 100 mètres de l'insigne. »

Il a ouvert le portefeuille et a regardé fixement la photo d'Elliot sur son permis. « Je pensais qu'il était rentré à la maison… » Cragen se parlait à lui-même, mais à haute voix.

« Excusez-moi, monsieur. » L'agent s'est penché vers lui.

« Rien. Y avait-il autre chose… des signes de lutte…des témoins ? » Cragen regardait les deux agents l'un après l'autre.

« Non, monsieur. » L'agent McWhorter a secoué sa tête.

« Et… heu… aucun signe de l'inspecteur Stabler ? » C'était une question inutile.

« Non, monsieur. Je suis désolé, monsieur. »

McWhorter regardait le capitaine Cragen, qui était soudainement devenu très pâle. « Monsieur, tout va bien ? »

« Il est comme un fils pour moi… » Sa voix traînée au loin.

« Je suis sûr qu'il y a une explication pour tout ça et que l'inspecteur Stabler va très bien, monsieur. » La voix de l'agent était très douce.

« Oui… oui, je suis sûr qu'il y en a une. Bien. Merci, messieurs. Dites merci au capitaine Braun et que je le contacterai dès que je saurai quelque chose. » Cragen a salué les deux policiers et les a regardés partir. Il a fermé la porte et a soupiré, regardant une nouvelle fois le portefeuilles et l'insigne d'Elliot.

Quelque chose de grave devait s'être produit pour qu'Elliot soit séparé de son insigne. Cragen essayait de retenir la panique en pensant à des raisons logiques plutôt que de laisser son esprit être envahi par des pensées tragiques. Il n'avait reçu aucun appel de Kathy s'inquiétant qu'Elliot n'était pas rentré à la maison. Peut-être qu'il avait perdu son insigne et son portefeuilles mais était sain et sauf chez lui.

Il fallait procéder méthodiquement. Il a appelé le portable d'Elliot, qui est allé directement à la messagerie. Le téléphone pouvait être éteint ou la batterie vide. Ou bien il ne l'avait pas avec lui. C'était impossible puisqu'il le gardait toujours près de lui au cas où une affaire arrivait soudainement. Ou alors il ne peut pas répondre. Pourquoi ? Malade ou pire ? Ces spéculations ne faisaient rien pour apaiser sa crainte. Il a appelé au bureau pour savoir si Elliot avait pu s'endormir là-bas. Pas d'Elliot. Il a jeté un coup d'œil sur l'horloge du four. Onze heures vingt-sept, assez tard pour que Kathy soit probablement endormie. Mais il n'avait pas le choix… il devait l'appeler. Une sonnerie, deux, trois, quatre.

« Elliot ? » La voix ensommeillée de Kathy a fait frissonner le capitaine. Il n'était pas à la maison.

«Non… Kathy… c'est Don Cragen… » Avant qu'il puisse expliquer quoi que ce soit, elle s'est affolée.

« Oh non. Non ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce qu'il va bien ? » Elle était maintenant parfaitement réveillée et très agitée.

« Pour être honnête, Kathy… je ne sais pas. Deux policiers viennent de m'apporter son insigne et son portefeuilles, trouvés dans la rue. » Il expliquait le peu le savait.

« Où les ont-ils trouvés? » La crainte dans sa voix était palpable.

« Sur l'avenue D… » Il a continué à expliquer mais a été interrompu.

« L'avenue D ? Que faisait-il là-bas ? C'était pour une enquête ? Olivia était certainement avec lui...elle doit savoir. »

Kathy ne savait même pas qu'Elliot et Olivia travaillaient rarement ensemble désormais. Les choses ne devaient pas être très bonnes entre eux pour qu'il n'ait pas partagé cette information avec elle.

« Non… il n'était pas sur une enquête. Il ne répond pas à son portable. J'espérais le trouver à la maison puisque vous ne m'avez pas appelé. » Il était vraiment inquiet maintenant.

« Oh, mon Dieu…non il n'est pas rentré à la maison. Nous… nous nous sommes disputés tout le week-end… j'ai pensé qu'il restait au bureau… c'est pourquoi je n'ai pas appelé… quelque chose lui est arrivé… je le sais… » Elle a commencé à pleurer.

« Essayons de ne pas dramatiser, Kathy… je dois passer d'autres coups de fil… je le trouverai. » Il essayait de rester positif.

Il hésitait à lui demander d'autres choses pour qu'elle ne pose pas de questions, mais il devait obtenir plus de pistes à explorer. « Kathy, avez-vous une idée d'où il aurait pu aller ? »

« Non… pourquoi me demandez-vous ça? »

« Et bien… quand il est parti ce matin, il était contrarié… il m'a appelé trois heures plus tard pour me dire qu'il ne reviendrait pas aujourd'hui… je pense qu'il avait besoin de faire le point… » Il retenait son souffle, espérant qu'elle ne poserait pas la question pour savoir pourquoi il était contrarié.

« Don ? Que s'est-il passé ? Pourquoi était-il contrarié ? » Elle était clairement intriguée par cette question.

« Est-ce que cela importe vraiment tout de suite ? » Il espérait l'orienter dans une autre direction.

« C'est mon mari ! Oui, ça importe ! Dites-moi ce qui l'a contrarié, Don ! » Elle a exigé.

« Je suis désolé, Kathy, mais je ne peux pas vous le dire. » Il était hors de question qu'il lui dise la vérité.

Il y a eu un long silence puis un grand soupir. « Il est peut-être…chez Olivia. »

« Ouais… Olivia est une des personnes que je dois appeler… je vous tiendrais au courant si je trouve quelque chose… je suis désolé de vous avoir dérangé… » Le nœud dans son estomac se resserrait avec chaque minute qui passait.

« Très bien. Appelez-moi dès que vous aurez du nouveau. »

Il a raccroché et a composé un autre numéro, espérant que ce serait le dernier pour ce soir.