1. Bilan

Les vacances d'été avaient été étranges. Longues, rapides, solitaires, entourées par les amis, moroses, détendues, calmes, tendues... Les deux mois avaient été bien remplis. En plus avec une pause d'une semaine durant laquelle les quatre amis s'étaient retrouvés à Londres, chez les Shefferd.

Les premières semaines avaient été très longues. Solitaires et tendues.

Pétunia allait tous les jours au travail. Harry déjeunait seul et devait trouver à s'occuper.

Et Pétunia et Vernon divorçaient.

D'où la tension.

D'où la solitude.

D'où la morosité.

Et par dessus tout, la culpabilité.

C'était de sa faute.

2. Terreur

La deuxième semaine avait été intense.

Entre longues discussions, longues réflexions et quelques pages gribouillées dans le journal intime qu'il avait commencé, il avait fini par admettre que non. En fin de compte ce n'était pas de sa faute.

L'Oncle et Pétunia ne vivaient plus ensemble et ne le pourrait plus avant un long moment. Et surtout, ils n'avaient plus les mêmes valeurs ni les mêmes perspectives.

Ils n'avaient plus grand chose en commun.

Sauf le plus important pour eux et le plus effrayant pour lui : Dudley.

Harry était terrifié par sa possible réaction.

3. Découvertes

Enfin ses amis étaient arrivés pour passer quelques jours en sa compagnie.

Cela avait été bon de les retrouver.

Ainsi l'après-midi, ils s'amusaient dans le grenier ou dans le jardin. Et malgré la présence du Fleuve à quelques pas de là, le tuyau d'arrosage avait égayé leurs jeux lors des grosses chaleurs de l'après-midi.

Mais aussi, ils avaient sociabilisé avec d'autres enfants du quartier.

D'ailleurs, Harry restait perturbé par un chose qui s'était passé à leur contact...

Jeremy et un autre garçon du coin s'étaient embrassés de longues minutes sous un arbre...

4. Jardinage

Durant la quatrième semaine, Harry s'était occupé l'esprit et les mains en remettant à neuf la courette à l'arrière de leur maison.

Il avait soigneusement désherbé tous les joins du dallage, taillé les Hortensias, gratté la terre pour y planter quelques plants...

Et puis le petit jardin avait rapidement été terminé. Il n'y avait pas grand chose à faire, l'espace étant quand même sacrément restreint.

Alors après de longues hésitations, il avait sonné à coté, chez le grand monsieur en noir que lui avait présenté Remus et qui était, apparemment, chargé de sa sécurité ici.

4. Astiquage

L'homme avait été exécrable, mais Harry n'avait pas d'attente particulière de sa part, alors ça allait.

Il avait bien repéré le manège de cet homme étrange qui consistait à l'espionner depuis derrière ses rideaux du premier étage à chaque fois qu'il mettait un pied hors des murs de la maison Evans.

Ainsi donc il avait sonné chez lui et lui avait poliment demandé s'il n'y avait pas du jardinage à faire dans la courette des Snape.

L'homme avait haussé un sourcil broussailleux en le dévisageant d'un regard noir et méfiant. Mais quand Harry lui avait simplement dit qu'il s'ennuyait et qu'il avait l'habitude du jardinage, Snape avait haussé cette fois-ci une épaule osseuse et l'avait conduit dans la courette et l'avait abandonné là. Sans un mot.

Harry s'était donné à cœur joie pendant deux jours.

Puis à force de traverser le salon sordide et crasseux de son voisin (était-il un vampire, à vivre dans la pénombre ? Les vampires existaient-ils ?), il avait fini par ramener une bouteille d'eau de Javel, une éponge et une serpillière. Et avait embrayé sur le ménage.

De toute façon, chez les Evans, la maison était déjà briquée de neuf. Pétunia n'aurait jamais supporté de voir sa maison partir en décrépitude. Alors malgré sa fatigue et son chagrin -Harry n'était pas aveugle, sa tante allait mal, très mal...- elle continuait à astiquer son intérieur dès qu'elle avait un jour de congé.

La première fois que Harry avait débarqué chez son voisin avec ses produits ménager, ce dernier avait semblé avoir une attaque.

Mais Harry s'était contenté de rendre à l'homme son haussement d'épaule de la fois précédente et lui avait sorti le même argument.

" Je m'ennuie. Et en plus il pleut. "

Les yeux sombres s'étaient arrondis sous le choc mais voyant que le garçon semblait déterminé à jouer les hommes de ménage, il avait fini par capituler.

La porte avait claqué dans toute la rue et la voix de baryton avait mis en garde l'inopportun.

" N'essayer même pas de monter à l'étage. Et si jamais je vous prends à fouiller dans mes affaires, c'est un retour direct chez votre tante, insolent garçon. Maintenant silence ! Je ne veux pas être dérangé ! "

Si le début avait été doucereusement menaçant, l'éclat de la fin avait perdu toute subtilité. Et dans une tournoiement de pan de robe (était-il ridicule à se promener en robe, noire, longue et lourde par cette chaleur !), Snape s'était détourné et avait rejoint l'étage en grimpant les marches quatre par quatre.

Leur relation était resté bancale, principalement silencieuse et surtout très méfiante tout au long des deux longs mois de l'été.

À vrai dire, Harry ne savait même pas pourquoi il était allé, la première fois, embêter cet homme qui semblait si taciturne, mal-aimable, brusque et solitaire. Mais il s'ennuyait vraiment ! Ces amis étaient repartis...

5. Revivre

Après une semaine de nouveau séparés, les quatre amis s'étaient de nouveau réunis. Chez Andy cette fois-ci, dès que ce dernier était rentré des fiançailles de son frère.

Ils avaient chahuté et joué toute la semaine durant. Galopé aussi. Harry et Jem' sur Castor et San' et An' sur Luciole... Quelle ironie...

La semaine avait été terriblement courte, mais tellement amusante ! Harry s'était senti revivre au contact de ses amis...

Même si, et il en était confus, les baisers que Jem' avait échangé avec un jeune de chez lui continuait à le perturber...

6. Colère

La suite des vacances avait été bien moins réjouissante : Dudley était rentré de chez son père et il était furieux.

Et comme l'avait craint Harry, ce dernier se trouvait être la principale cible de la colère de son cousin.

Ce qui pouvait se comprendre. Il fallait bien un coupable et Harry était tout désigné, n'est-ce pas ?

Mais Harry avait longuement discuté avec Pétunia de ce divorce et avait réussi à se dire qu'il n'avait aucune responsabilité propre dans cette affaire. Alors il évitait le plus possible Dudley.

Hors de question d'écouter ses provocations.

7. Observations

Pour éviter Dudley, Harry continuait à fréquenter les garçons du coin -quoi qu'avec réserve avec le bécoteur de Jem'- et s'amusait de temps à autre à déranger son voisin pour gratter un peu sa terre ou dépoussiérer ses bibelots.

Étrangement, depuis la fin Juillet, Snape semblait bien moins réticent à sa présence à ses côtés.

Même, il le voyait maintenant ouvertement en poste à sa fenêtre dès qu'il quittait la maison et l'homme ne le lâchait pas des yeux tant qu'il n'était pas rentré en sécurité, chez Pétunia ou même chez les Snape.

8. Empaquetage

Les crises avaient été nombreuses de la part de Dudley jusqu'à la fin des vacances, mais pour une fois, on pouvait sentir qu'il ne s'agissait pas de vulgaires caprices.

Harry le plaignait presque. Là où lui se découvrait une nouvelle vie et une nouvelle famille, son cousin lui, voyait tous ça s'écrouler devant ses yeux impuissants...

Mais il était hors de question qu'il s'excuse d'avoir enfin droit à un peu de normalité et de joie dans sa vie !

Et de la joie, il en avait : La rentrée était dans quelques jours !