)))REVIEWS(((
Melinda Tsuduki : Ha ça, l'identité de Lyra, c'est une chose sur laquelle je serai la seule à être fixée pour un certain temps! XD
Bartimeus : Je l'aime bien moi, Luna en bizarre et méchante!! Je sais que j'ai une forte tendance à l'OCC, je m'en excuse! é.è
Sinon merci à tout le monde pour les gentilles reviews, je crois bien avoir adressé une réponse personnelle à tous! J'espère n'avoir oublié personne!!
Bonne lecture!
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Chapitre 20: Lyra Fox et l'Ordre du Phénix
Le lac du parc de Poudlard ne changeait jamais. Bien que l'eau stagne toute l'année, ondulant seulement lorsqu'une quelconque créature en émergeait, l'eau ne se transformait pas en glace l'hiver. Et ce, même si la température frôlait les quarante degrés Celsius… sous zéro.
Harry venait tout juste de s'en apercevoir. C'était peut-être pour cette raison que le hockey était un sport moldu : dans le monde magique, les lacs ne gelaient pas. Harry en était là dans ses réflexions, alors qu'il hissait sa valise à bord de la minuscule barque que Hagrid avec eu l'amabilité de leur fournir. Puisque Ron, Hermione, Lyra et Harry quittaient Poudlard après le début des vacances, aucune diligence n'aurait pu les conduire à la gare. D'ailleurs, le Poudlard Express ne pourrait pas les mener à Londres non plus, alors Dumbledore avait eu l'idée d'installer un Portoloin à la gare de Poudlard. Ils n'auraient qu'à utiliser un canot pour s'y rendre, et accéder au 12 Square Grimmaurd par le Portoloin qu'ils trouveraient là-bas.
Ce plan semblait parfaitement simple. Pourtant, il prit une toute autre allure lorsque la barque chancela sous le poids des valises. C'était impossible que tous ces bagages, avec, en prime, quatre adolescents, puissent tenir le coup dans un seul canot! Il devint donc évident qu'ils devraient utiliser une deuxième barque et Harry étouffa un grognement. Cela signifiait que Ron et Hermione prendraient la première et Harry et Lyra, la deuxième. Mais avec le mot de Drago qu'Harry avait découvert la veille, il n'avait pas spécialement envie de se retrouver en tête à tête avec Lyra, dans une embarcation, sans aucune issue!
Comme il n'avait pas le choix, ce fut malgré tout ce qui arriva. Harry se retrouva donc coincé entre un banc de bois pourri et la lourde valise de Lyra – « mais qu'est-ce qu'elle peut bien avoir mis là-dedans, nom de Dieu? » – et devait, par-dessus le marché, ramer jusqu'à la gare. À côté d'eux, Ron frappait l'eau plus qu'il ne ramait, tandis qu'Hermione maniait habilement sa pagaie. Lyra se débrouillait bien aussi et Harry finit par prendre le rythme, si bien qu'ils devancèrent Ron et Hermione. Leur avance et le silence, entrecoupé du clapotis du lac, ne firent qu'amplifier leur solitude – et le sentiment de malaise d'Harry. Lyra se sentit obligée de dire quelque chose :
-Belle journée.
-Oui.
Mais cette fois, la météo ne leur fut d'aucun secours. Harry s'appliqua à bien pagayer, lui donnant une bonne raison pour ne pas lever les yeux. Lyra déposa bruyamment sa rame sur le canot et croisa les bras. Harry eut la chance de se rendre compte que ramer seul, avec seulement une pagaie, faisait avancer si peu l'embarcation que ça n'en valait presque pas la peine. Résigné, il déposa lui aussi sa rame et leva les yeux.
-Qu'est-ce que tu attends pour ramer? dit-il plutôt sèchement.
-J'attends que tu me dises ce qui te prend! dit Lyra sur le même ton.
-Il me prend que j'aimerais bien savoir ce qu'il y a entre Malefoy et toi…
-Quoi? fit Lyra, incrédule.
-…et si tu avais l'intention de m'en parler! termina Harry en l'ignorant.
-Mais je…
-Parce que si tu voulais me le dire, continua Harry alors que la colère le gagnait, TU AURAIS DÛ LE FAIRE AVANT QUE JE DÉPENSE CINQ CENT GALLIONS ET DIX MORNILLES POUR TOI!
La phrase se répercuta en écho autour d'eux. Lyra était mortifiée et Harry s'efforça de se calmer. Ron et Hermione se rapprochaient et il n'avait pas du tout envie que ses deux amis entendent leur conversation.
-Je ne sais pas ce qui t'a fait croire une chose aussi stupide, mais je vais t'expliquer, commença lentement Lyra.
-S'il y a quelque chose à expliquer, c'est qu'il y a quelque chose qui s'est passé! dit Harry en haussant le ton.
-HARRY POTTER, SI TU TE REMETS À HURLER AVANT QUE J'AIE LA CHANCE DE M'EXPLIQUER, JE TE JETTE UN SORT! s'emporta Lyra.
Ce fut suffisant pour dissuader Harry de répliquer quoi que ce soit, mais il n'en pensait pas moins. Il espérait vivement qu'elle ait une bonne excuse à cet échange de cadeau, sinon il ne répondrait de rien! Malefoy… Si au moins il s'était agi de quelqu'un d'autre…mais Malefoy!
Lyra se mit alors à raconter ce qui s'était passé; comment elle s'était sentie en recevant la précieuse Infanable sans pouvoir donner quelque chose d'aussi beau en retour, comment elle avait donné à Dobby un cadeau au hasard dans sa pile et comment elle avait appris par la suite que c'était celui de Drago. Lyra avait l'air de se sentir sincèrement mal et, même si cette histoire aurait pu être inventée de toute pièce pour tirer la jeune fille d'affaire, Harry la crut. Il s'en voulut même un peu de s'être emporté pour ça…
-Je suis vraiment, vraiment, vraiment désolée! dit Lyra en secouant la tête. Ce que je peux faire comme bêtises, parfois!
-Ce n'est pas grave, assura Harry.
-Mais si! Je te promets que la prochaine fois, je vais t'acheter un beau gros cadeau de cinq cent Gallions! J'ajouterai même dix Mornilles, si tu veux!
Harry sourit. Lyra soupira et reprit sa rame. Voilà, le problème était réglé, il fallait se remettre au travail maintenant. Ron et Hermione arrivèrent à leur hauteur et firent comme s'ils n'avaient rien entendu – mais Ron mentait très mal, même quand il ne parlait pas.
Le trajet se fit dans une atmosphère beaucoup moins tendue et bientôt, ils atteignirent la rive du lac où se trouvait la gare. Sitôt les embarcations vides, elles rebroussèrent elles-mêmes chemin pour regagner le parc de Poudlard.
-Canots ingrats! Ils n'auraient pas pu ramer tout seuls avant? grommela Ron en traînant sa valise sur le quai de la gare.
Hermione, qui avait presque pagayé seule vu le manque d'enthousiasme de son ami, approuva d'un grognement. Harry et Lyra échangèrent un regard moqueur mais évitèrent tout commentaire. Le silence de la gare était tel qu'il rendait l'endroit inquiétant. Le vent fit grincer une enseigne suspendue et Lyra frissonna. Elle n'avait, pour vêtements d'hiver, qu'un long manteau noir à mince doublure et une écharpe rose délavée, mais avec l'apparence inquiétante de la gare déserte, il y avait aussi de quoi frissonner!
-Trouvons cette « Porte-à-main » et allons-nous-en! dit-elle en étreignant ses épaules. Cet endroit a l'air hanté.
-Portoloin, la corrigea Hermione. Je suis d'accord avec toi…plus vite on le trouvera, mieux ce sera!
De voir Hermione lui répondre gentiment c'était une chose, mais de l'entendre dire qu'elle était d'accord avec Lyra, c'était tout un évènement! Harry ne s'en étonna pas longtemps car déjà, Hermione leur ordonna de se séparer aux quatre coins du quai pour rechercher le Portoloin. Ron expliqua rapidement à Lyra ce qu'était un Portoloin et à quoi il devait ressembler, et ils entamèrent leur recherche. Au bout d'une minute durant laquelle Harry était certain que son nez s'était transformé en bloc de glace, Lyra s'écria :
-Je crois que je l'ai trouvé!
-Montre, dit Hermione en accourant.
Lyra brandit fièrement un vieux bas brun qui aurait sûrement dégagé une odeur louche s'il n'avait pas été complètement gelé.
-Hum, je ne sais pas, douta Hermione. Essayons.
Mais, comme elle l'avait prévu, il n'y eut aucune réaction. Lyra lâcha aussitôt la chaussette d'un air écoeuré – « Vous m'avez laissée toucher à ça! ». Harry commençait sérieusement à en avoir assez, lorsque Ron trouva une enveloppe de sucette au sang pour vampires, qui s'illumina quand il la ramassa.
-Je l'ai, dit-il avec un soupir de soulagement. Tenez bien vos bagages et accrochez-vous!
Harry agrippa sa valise et tint l'emballage de la friandise d'un doigt. À côté de lui, Lyra avait un air d'excitation mêlé d'appréhension.
-C'est parti! s'exclama Ron quand ils furent tous prêts.
Harry ressentit la curieuse sensation du crochet qui le tire vers l'avant par le nombril. Lyra se retint pour ne pas crier. Si personne ne réagissait, c'était bien parce que ce n'était pas dangereux, n'est-ce pas?
Étourdis par le tourbillon de couleurs dans lequel ils étaient entraînés, ils atterrirent enfin sur la terre ferme, tombant tous les uns sur les autres. Harry remit ses lunettes en place et regarda autour de lui. La première chose qu'il vit fut l'arbre généalogique des Black, à demi caché par un énorme sapin de Noël, puis les rideaux troués, mangés par les Doxys et un hamac qu'on avait installé près de la fenêtre.
Ils étaient enfin arrivés au quartier général de l'Ordre du Phénix.
-Enfin, vous êtes là! claironna une voix à leur gauche.
Ginny, que Harry n'avait pas vue dans le hamac, bondit sur ses pieds. Fascinée, Lyra observait la pièce, pendant que Ron massait ses genoux endoloris et qu'Hermione saluait Ginny.
-Ça fait longtemps que tu es là? lui demanda-t-elle.
-J'ai décidé de venir pour Noël, répondit simplement Ginny. Bon, venez, ils sont tous dans la cuisine!
-Qui ça? demanda Lyra.
-Les membres de l'Ordre, évidemment, dit Ginny en levant les yeux au ciel. Ils parlent souvent de toi, apparemment ils ont très hâte de te rencontrer…
Lyra paniqua : d'où leur venait cet intérêt? Savaient-ils tous qui elle était vraiment? Si cette histoire venait aux oreilles de Harry…
Ginny les conduisit dans un grand corridor où étaient accrochées des têtes d'elfes. Lyra frémit. C'était quoi, cet endroit?
-Qu'est devenu Kreattur? interrogea Harry.
-Il est allé vivre chez les Malefoy, grimaça Ginny. Il doit être au service de la dernière lignée de la famille Black qui reste. Papa n'est pas content, ajouta-t-elle en voyant l'air sombre de Harry, pas content du tout…
-Pourquoi? dit Ron. Nous sommes enfin débarrassés de ce monstre!
Hermione le fusilla du regard mais Ginny ne lui laissa pas le temps de répondre.
-Réfléchis, Ron! dit-elle d'une voix forte. Kreattur détient des tas de renseignements sur l'Ordre! Tu crois vraiment que c'est une bonne chose que ces informations soient entre les mains des Malefoy?
-Mais Malefoy est en prison, protesta Ron.
-Plus pour longtemps, intervint Lyra.
Ils se tournèrent tous vers elle. Gênée, Lyra haussa les épaules.
-C'est Dumbledore qui l'a dit…
-Ce n'est un secret pour personne de toute façon, dit sombrement Harry. La quasi-totalité des créatures est déjà alliée à Voldemort, alors Azkaban va bien finir par manquer de gardiens.
Personne n'osa le contredire. Lyra se sentait affreusement mal, comme à toutes les fois où elle entendait le nom de Voldemort. Seulement, lorsque c'était Harry qui en parlait, il lui semblait que c'était pire au centuple.
-Vous voilà enfin! s'exclama une voix.
Ils étaient arrivés tous les cinq au seuil de la cuisine, remplie tout au moins d'une trentaine de sorciers, quand une petite femme rousse s'était précipitée vers eux. Elle serra tour à tour Ron, Hermione et Harry dans ses bras, tandis que Lyra restait à l'écart, mal à l'aise.
-Lyra Fox! dit un sorcier à la voix sifflante en s'approchant pour lui serrer la main.
-Bonjour…
-Je suis Elphias Doge. C'est pour moi un grand plaisir de faire ta connaissance!
-Il en est de même pour moi, répondit poliment Lyra.
Mr Doge ne lui lâchait toujours pas la main.
-Tout va bien? Tu n'as besoin de rien? fit-il d'un air faussement soucieux.
Lyra remarqua qu'il avait l'air plutôt craintif.
-Ça va très bien, assura Lyra en se tournant vers Harry, perplexe.
Harry haussa discrètement les épaules. Tous les sorciers s'étaient levés pour accueillir Harry, Ron et Hermione, et saluaient Lyra d'un petit signe de tête poli en passant.
-C'est bon, Elphias, tu peux laisser Lyra maintenant!
L'homme qui avait parlé rappelait vaguement quelque chose à Lyra. Harry, Ron, Hermione et Ginny se retournèrent en souriant.
-Professeur Lupin! s'exclamèrent-ils d'une même voix.
Lupin sourit, s'approcha et leur serra la main.
-Professeur? s'étonna Lyra.
Grâce au Retourneur de temps, elle suivait tous les cours qui se donnaient à l'école, mais elle n'avait pourtant jamais vu cet homme à Poudlard.
-J'ai enseigné à Poudlard, expliqua Lupin. Mais comme j'ai donné ma démission il y a déjà trois ans de cela, je vous permets de m'appeler Remus.
Soudain, Lyra se souvint de lui.
-Mais bien sûr! s'exclama-t-elle. Vous êtes le chauffeur de taxi!
Harry et Ron froncèrent les sourcils.
-Un taxi? Qu'est-ce que c'est que ça? s'interrogea Ron.
-Chauffeur de taxi? Qu'est-ce que c'est que cette histoire? demanda Harry.
Mais Lupin hocha la tête en souriant. Lyra se souvenait parfaitement, maintenant. C'était lui l'homme qui les avait conduits, elle et les Fox, de l'aéroport à Privet Drive! C'était lui qui l'avait appelée par son prénom, alors qu'elle ne le lui avait pas dit! Tout s'expliquait.
Lyra expliqua rapidement à Harry ce qui s'était passé, tandis qu'Hermione expliquait à Ron et Ginny ce qu'était un taxi.
-Bon! dit Lupin lorsqu'ils eurent fini. Vous nous excuserez un moment, je dois parler à Lyra.
-À quel sujet? dit Ron avec avidité.
-Désolé, Ron, mais ça ne concerne qu'elle, répondit Lupin en souriant, avant d'entraîner Lyra à l'étage.
-Je me demande bien ce qu'il lui veut, murmura Hermione lorsqu'ils eurent quitté la cuisine.
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Ce soir-là, l'ambiance fut plutôt animée. Harry ignorait combien de sorciers participaient activement à l'Ordre du Phénix, mais une chose était sûre, ils étaient nombreux! Des hommes et des femmes de tous les âges allaient et venaient dans les couloirs, saluant avec admiration Harry au passage. Ce dernier ne savait plus où donner la tête avec cette foule, jusqu'à ce que Maugrey Fol-Œil ordonne qu'on le laisse souffler un peu.
-Comment va ton oncle? demanda-t-il après avoir chassé un vieux sorcier qui dégageait une odeur suspecte.
-Bien, je pense, répondit Harry.
Il ne pouvait s'empêcher de sourire en se remémorant la scène des menaces de Maugrey avec son œil magique, à la gare de Londres, l'été dernier. L'image des Dursley et de leur expression horrifiée serait à jamais gravée dans sa mémoire – en guise de réconfort lors des mauvais jours.
-Bien, dis-tu? fit Maugrey en acquiesçant. Hum…un de ces jours, je devrais aller rendre visite à cet imbécile de Moldu. Ce serait dommage qu'il aille trop bien, tu ne crois pas?
Mais Harry n'eut pas le temps d'approuver – car c'était bien entendu ce qu'il s'apprêtait à faire. L'œil magique de Maugrey pivota et fit un angle de cent quatre-vingt degrés, offrant à Harry la magnifique vue d'un blanc d'œil plutôt gluant. Maugrey poussa un juron presque inaudible, quelques secondes avant que la porte principale ne s'ouvre à la volée.
-Bonsoir! claironna une voix haute et forte.
Mrs Weasley sortit en trombe de la cuisine, le visage crispé.
-Tonks! Nom d'un chaudron brûlé! Combien de fois faudra-t-il te répéter qu'il faut te taire?
-Oh! Pardon, dit la jeune sorcière d'un air penaud.
Mais il était trop tard pour se faire pardonner. Une voix horriblement aiguë fusa du mur :
« GOUJATS! VOUS ÊTES INDIGNES DE MA DEMEURE! VOUS TERNISSEZ LA NOBLE RÉPUTATION DE MA FAMILLE, VOUS SOUILLEZ LA MÉMOIRE DE MES ANCÊTRES!... »
Harry avait complètement oublié la mère de Sirius, mais il était à présent difficile de l'ignorer.
« …INFESTÉE DE MOLDUS, DE SANG-DE-BOURBE ET D'AUTRES CRÉATURES DÉGOÛTANTES!... »
Harry serra les poings, tandis que Mrs Weasley essayait en vain de rabattre les rideaux sur le portait de l'hideuse femme.
« MA MAISON EST EN VOIE DE PERDITION! »
Avec une telle cinglée accrochée au mur, ce n'est pas étonnant, pensa Harry.
« …IMMONDICES! VOUS FINIREZ COMME MON FILS! »
-Taisez-vous! ordonna Mrs Weasley, ne réussissant toujours pas à fermer le rideau.
« JE N'AI PAS D'ORDRE À RECEVOIR DE VOUS! SIRIUS AUSSI ÉTAIT COMME ÇA. À SE CROIRE MEILLEUR QUE NOUS, TOUJOURS À TRAÎNER AVEC D'HORRIBLES BÂTARDS DE VOTRE GENRE! VOUS FINIREZ COMME LUI! VOUS ÊTES COMME LUI! INDIGNES DE MA DEMEURE… »
-VOUS N'AVEZ PAS COMPRIS CE QU'ON VOUS A DIT? TAISEZ-VOUS! hurla Harry en se jetant devant le portrait.
La mère de Sirius s'arrêta un bref moment, le visage déformé par la colère, avant de ricaner.
« Mais regardez qui parle! dit-elle d'un ton mauvais. James Potter! »
-Harry! corrigea-t-il hargneusement.
-Même chose, dit la femme du portrait en reniflant. Tout aussi odieux et faible!
-Mon père n'était pas un faible et Sirius non plus! cria Harry. Au contraire! Sirius aurait dû recevoir l'Ordre de Merlin première classe pour vous avoir supportée! Vous êtes horrible! Vous avez renié votre propre fils parce qu'il préférait la paix à la guerre et l'égalité au racisme! Vous êtes dégoûtante! C'est vous qui souillez cette maison! Je me demande bien comment le sortilège qui vous colle à ce mur arrive à vous supporter aussi! Je refuse de vous entendre hurler à nouveau contre des gens honnêtes qui essaient de nous sauver la peau! Vous ne méritez pas de les côtoyer! Vous ne mériteriez même pas de voir votre tête accrochée à côté de celles de vos pauvres elfes! Vous…
-Harry, ça suffit, dit une voix ferme derrière lui.
Remus Lupin, un des seuls à réussir de maîtriser le portrait de Mrs Black, venait d'apparaître au pied de l'escalier. Lyra était derrière lui et regardait la scène d'un air mi-choqué, mi-curieux.
Harry n'entendait plus rien, ne voyait plus rien, que l'hideux tableau qui était devant lui. Mrs Weasley le tenait par les épaules, mais il se dégagea. Il était si furieux qu'il aurait mis le feu non seulement au portrait, mais à la maison toute entière! Comment un stupide tableau pouvait-il se permettre d'insulter Sirius et les seules personnes que Harry connaisse qui méritent vraiment le respect? Comment pouvaient-ils se contenter de tirer le rideau sur son horrible visage peint sans la remettre à sa place?
Tonks était toujours là, dans le hall, avec ses cheveux dressés sur sa tête et d'un vert lime semblable au Focifère de Harry. Elle était mortifiée et semblait terriblement désolée. Lupin dégagea gentiment mais fermement Harry de devant Mrs Black, avant de tirer le rideau sur elle aussi facilement qu'il l'aurait fait sur une fenêtre. Le silence enveloppa le hall et quelques sorciers émergèrent du couloir pour voir ce qui se passait. Harry pouvait presque sentir la fumée lui sortir par les oreilles, tant il fulminait. Puis, sans un regard pour les autres, il tourna les talons et quitta la pièce. Mrs Weasley et Lupin se regardèrent en soupirant, Lyra s'éclipsa sans bruit pour rejoindre Harry et Tonks se tordit nerveusement les mains.
-Content de te revoir Tonks, dit Maugrey, brisant finalement le silence.
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-Je sais que je n'aurais pas dû disjoncter comme ça, expliqua Harry plusieurs minutes plus tard dans le salon, mais quand je l'ai entendue parler de Sirius comme ça…
-Ce n'est qu'une espèce de cinglée! l'interrompit Ron.
-Tu l'as bien remise à sa place, en tout cas! dit Ginny, admirative.
-Moi je trouve que tu as bien fait, commenta Lyra.
-C'est sûr que tu aurais dû agir de façon plus posée, plus réfléchie, dit Hermione.
Lyra lui décocha un de ses regards meurtriers.
-Mais, oui, tu l'as remise à sa place, concéda Hermione.
Harry soupira et se passa la main dans le visage. Il se sentait terriblement las et, en vérité, il aurait préféré être seul. Hermione dut le sentir.
-Bon! Je vais aller voir où en est Mrs Weasley avec le dîner. Vous venez avec moi?
-Je suis nul dans les pratiques culinaires, protesta Ron.
Hermione lui marcha discrètement sur le pied.
-(Ouille!)Mais je peux vous assister, si tu veux, ajouta-t-il.
-Je vous accompagne, dit Ginny en se levant.
Ils regardèrent Lyra avec insistance.
-Oh je…j'ai quelque chose à dire à Harry, je vous rejoins plus tard, dit-elle avec un sourire crispé.
Hermione leva les yeux au ciel mais ne dit rien. Elle sortit, accompagnée de Ron et Ginny. Un léger silence suivit leur départ.
-Tu avais quelque chose à me dire? demanda Harry.
-Eh bien…en fait, non, avoua Lyra. Je sais que tu voulais être seul, mais je n'avais pas envie d'être avec Hermione, Mrs Weasley, et tous ces gens qui me dévisagent comme si j'étais une espèce…d'illuminée!
-Voyons, qu'est-ce que tu racontes? s'étonna Harry.
-Tu sais bien, quand on te regarde avec de grands yeux, comme si tu avais un nez en plus ou un œil en moins?
-Oui, je connais très bien cette impression, dit sombrement Harry. Et alors?
-Et alors il se passe exactement la même chose avec moi, Harry! Ne me dis pas que tu n'as rien remarqué?
-J'ai remarqué une réaction tout à fait normale, une curiosité que manifestent les gens quand une personne qu'ils ne connaissent pas débarque, voilà tout! dit Harry en haussant les épaules.
Lyra soupira.
-Plus de la moitié des sorciers qui sont ici à l'heure actuelle ne connaissent pas Hermione, et on ne la dévisage pas avec de grands yeux craintifs ou curieux, que je sache!
Harry la regarda d'un air dubitatif.
-Est-ce si pire que ça?
-Je t'assure que si! s'exclama Lyra. Ou bien tu te fiches de moi, ou bien tes lunettes ont besoin d'un bon nettoyage!
-Tu abuses, là!
-Excuse-moi, mais c'est la vérité! assura Lyra d'un air buté. En veux-tu une meilleure?
-Qu'y a-t-il d'autre?
-Je crois que Mrs Weasley ne m'aime pas, annonça gravement Lyra.
-Tu es complètement paranoïaque.
-Ça t'embêterait de me laisser expliquer avant de me descendre à chaque fois?
-Je veux bien te laisser expliquer, mais je trouve tes affirmations insensées, c'est tout, dit calmement Harry. Comment ça, Mrs Weasley ne t'aime pas? Elle ne t'a rien dit!
-Justement Harry, elle ne m'a rien dit. Tu en connais beaucoup toi, des hôtes qui ne disent rien à leurs invités?
-Elle était occupée et il y avait beaucoup de monde, suggéra Harry.
-Elle a tout de même pris le temps de vous saluer, Ron, Hermione et toi! D'accord, elle ne me connaît pas, mais j'aurais au moins pu avoir droit à un « bienvenue » ou à un « bonjour » si c'est trop demandé! Harry, dit Lyra d'un ton suppliant, crois-moi! Toute ma vie j'ai eu du mal à me faire accepter, où que j'aille et quoi que je fasse, alors je sais de quoi je parle!
-Hum, fit Harry, songeur. Bien sûr, je te crois, mais il doit bien y avoir une explication tout à fait logique à ces comportements. Pourquoi Mrs Weasley et les autres ne t'aimeraient-ils pas?
-Je ne sais pas, murmura Lyra.
Mais elle savait très bien.
-Ne t'en fais pas, dit Harry. Je parlerai à Mrs Weasley, si ça peut te rassurer.
Lyra eut un faible sourire. Harry remarqua qu'elle aussi avait l'air lasse.
-Je suis tellement fatiguée, dit-elle comme si elle avait deviné ses pensées.
Elle bâilla et se coucha sur l'épaule de Harry.
-J'ai l'impression de ne pas avoir dormi depuis des semaines!
-Bienvenue dans le club! dit Harry en passant un bras autour des épaules de son amie.
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Bien que la maison soit déjà pleine – presque à craquer – de membres de l'Ordre et d'invités, il y avait encore quelques personnes qui faisaient leur apparition dans la maison. Plusieurs d'entre eux étaient de la famille Weasley. Fred et George, par exemple, qui faillirent réveiller Mrs Black en faisant une entrée remarquée – ils avaient épinglé sur leur poitrine leur toute nouvelle invention, « l'Annonceur », un macaron en forme de la créature monstrueuse de votre choix qui vous annonce, en hurlant votre nom, dès que vous entrez dans une pièce. Ou encore Bill, qui fit une entrée remarquée lui aussi – il était avec Fleur Delacour.
Comme par magie – ce qui était probablement le cas – tout ce beau monde réussit à trouver une place à table et il y avait assez à manger pour tous. Mrs Weasley avait cuisiné pour toute une armée.
Malgré la cloche du dîner qui sonna pour alerter tout le monde, il manquait quelques personnes à table.
-Je vais voir où sont les autres, soupira Mrs Weasley en se levant.
-Harry et Lyra ne sont pas encore là? demanda Ron après que sa mère eut quitté la table.
-Je vais les chercher, dit Ginny en haussant les épaules.
Et elle partit à la suite de sa mère. Ginny détestait le couloir aux têtes d'elfes, il lui donnait la chair de poule. Cette famille était vraiment abominable! Mrs Black avait bien mérité de se faire remettre à sa place.
Lorsque Ginny sortit enfin de cet effrayant couloir pour aboutir au salon, elle vit que sa mère et Lupin y étaient déjà, dos à elle. Intuitivement, Ginny sentit qu'elle n'était pas censée surprendre cette conversation – qui semblait importante – et elle se cacha à l'intérieur d'un meuble décrépit. En regardant par le trou qu'avait laissé une poignée arrachée, elle avait une bonne vue sur les deux adultes, ainsi que sur le vieux sofa où Harry et Lyra s'étaient endormis.
-Je n'aime pas ça, Remus, dit Mrs Weasley d'une voix inquiète.
-Tu n'aimes pas quoi, Molly? demanda calmement Lupin.
-De voir Harry avec cette fille. Ils sont souvent ensemble et ça m'inquiète.
-Il n'y a pas lieu de s'inquiéter, allons! Ils sont jeunes et…
-Tu sais très bien à quoi je fais allusion, Remus! dit sèchement Mrs Weasley.
Dans son vieux meuble, Ginny trouva une position plus confortable, en s'efforçant de ne pas faire de bruit, et tendit l'oreille.
-Oui, je sais, soupira Lupin. Pauvre fille…
-Pauvre fille? s'exclama Mrs Weasley, incrédule. Et Harry dans tout ça? Te rends-tu compte qu'il fréquente la seule fille qu'il devrait fuir à tout prix? Comme s'il n'avait pas assez de poids sur les épaules comme ça!
-Je suis parfaitement d'accord sur ce dernier point, dit Lupin en hochant la tête, mais franchement, je te trouve injuste avec Lyra. D'ailleurs je ne comprends pas la tendance que vous avez tous à dramatiser la situation!
Mrs Weasley ouvrit la bouche sans qu'un son n'en sorte, scandalisée, comme si Lupin avait proféré le pire des blasphèmes.
-Au contraire, dit-elle enfin en pointant un index accusateur sur son interlocuteur, c'est toi qui as tendance à prendre la situation trop à la légère!
Elle marqua une pause et Ginny retint son souffle, sentant que ce qui allait venir était important.
-Remus, elle est la fille de Tu-Sais-Qui, reprit Mrs Weasley dans un murmure. Est-ce logique, selon toi, qu'elle soit endormie dans les bras de Harry Potter en ce moment?
Ginny sursauta et se cogna violemment la tête contre le meuble.
-Encore cet Épouvantard! dit sa mère d'une voix inquiète en se retournant.
-Je m'en occuperai plus tard, promit Lupin.
Ginny massa son crâne encore douloureux, en espérant que la conversation reprenne afin qu'elle en sache plus. Elle avait sûrement mal entendu, ou mal interprété la phrase de sa mère. Peut-être que « Tussé Ki » était en fait le nom d'un sorcier tout à fait respectable?
-Et si Voldemort n'était pas véritablement son père? dit Lupin.
Ginny et sa mère sursautèrent de façon simultanée à l'entente de ce nom et Mrs Weasley jeta un regard apeuré au meuble qui avait une nouvelle fois craqué. Ginny pouvait sentir le relief de la bosse sur son crâne…
-Voyons, Remus, comment peux-tu supposer une chose pareille? s'indigna Mrs Weasley.
-J'ai convoqué Lyra ici dans un but précis, dit gravement Lupin. J'ai parlé avec elle, j'ai observé ses réactions, j'ai…fait certains tests, si on peut dire.
-Quel genre de tests? voulut savoir Mrs Weasley.
-Lyra ne parle pas Fourchelang, continua Lupin. Elle n'est pas avide de pouvoir, n'a pas non plus d'envies meurtrières…
-Tu-Sais-Qui a été un humain avant d'être un monstre, tout ce que tu avances ne veut rien dire du tout! protesta Mrs Weasley.
-Je sais que c'est insensé, soupira Lupin. Seulement, je me disais que l'enfant de Voldemort – ne fais pas cette tête, Molly! – aurait une attitude beaucoup plus méchante, plus dangereuse! Lyra n'a rien de Voldemort et elle n'a rien de… Dorcas.
Mrs Weasley posa sa main sur l'épaule de Lupin, tandis que Ginny sentait la bosse sur son crâne doubler de volume, à force de se taper la tête sur le meuble en sursautant. Avant qu'elle puisse se demander qui était Dorcas, Mrs Weasley prit la parole.
-Remus…je sais que cette histoire a été éprouvante pour toi, dit-elle d'une voix apaisante. J'aimerais aussi croire que rien de tout cela n'est arrivé – nous aimerions tous le croire – mais c'est inutile de faire semblant. D'accord, à première vue, Lyra Fox semble charmante, mais il ne faut pas oublier ses antécédents. Toute cette magie noire…
-La magie sans baguette est très répandue de nos jours! l'interrompit Lupin. Souviens-toi d'Adorabelle.
Ginny ignorait autant l'identité de cette Adorabelle que celle de Dorcas, mais sa mère, de toute évidence, les connaissait bien toutes les deux.
-Adorabelle n'a jamais été aussi étrange, protesta Mrs Weasley. Elle ne s'en servait pas à des fins aussi barbares que de mettre le feu ou attaquer les gens!
-Il y a à Azkaban des fous qui ont fait cent fois pire et, à ma connaissance, personne n'est apparenté à Voldemort!
-Mais il s'agit d'une adolescente, Remus, pas d'un prisonnier! s'emporta Mrs Weasley. La situation est beaucoup plus grave que tu ne veux le croire! Tu connais l'histoire. Tu-Sais-Qui lui-même sait qu'il a une fille et qu'elle est encore en vie. Pourquoi crois-tu qu'il ait essayé de se débarrasser d'elle quand elle était bébé? Pour les raisons que tu m'as énumérées, justement! Elle ne lui ressemble pas autant qu'il l'aurait voulu. Mais Lyra a survécu, tout comme Harry a survécu, et même si nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour les protéger, tôt ou tard Tu-Sais-Qui les retrouvera. Ça me hante jour et nuit, Remus! C'est peut-être à cela que tu devrais penser, plutôt que de chercher des raisons injustifiées pour contredire la version des faits qui, elle, est parfaitement justifiée!
-Elle n'est pas parfaitement justifiée, protesta Lupin.
-Aux yeux du monde, si, dit gravement Mrs Weasley. Tant que Dumbledore dira qu'il en est ainsi, je ne pourrai voir Lyra autrement que la fille de Tu-Sais-Qui. Et tant que je la verrai de cette façon, je ne pourrai accepter de la voir avec Harry, surtout pas lorsqu'il est dans un état aussi vulnérable que le sommeil!
-Tu as sans doute raison, soupira Lupin. Mais c'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de penser que Lyra pourrait être de n'importe quelle famille de sorciers respectables. Je sais que Dumbledore se pose aussi des questions. Et je continuerai de chercher, tant et aussi longtemps que je n'aurai pas une preuve concrète que Lyra Fox est bien Lyra Voldemort.
-Si tel est ton but, je ne ferai rien pour t'en empêcher, se résigna Mrs Weasley. Mais je te préviens : tu vas perdre ton temps à chercher ce qui n'existe pas.
Lupin haussa les épaules. Il n'avait rien à rajouter à ça.
-Bon! s'exclama Mrs Weasley en se frappant les mains. Réveillons-les, maintenant. Ensuite, allons dîner! Si nous nous dépêchons, nous pourrons peut-être arriver à temps pour le dessert.
Ginny profita de cet instant d'inattention pour détaler dans l'obscurité du couloir aux elfes et regagner la cuisine avant les autres.
-Ça va, Ginny? s'inquiéta Hermione en la voyant arriver à table toute essoufflée.
-Absolument, mentit Ginny en reprenant son souffle.
-Où est Harry? demanda Fred. Il faut qu'on lui montre l'Annonceur…
-Il arrive, dit Ginny.
Comme pour confirmer ses dires, Harry surgit dans la salle à manger, encore tout endormi, suivi de Lyra, Lupin et Mrs Weasley. Ginny faillit tomber à la renverse lorsque Lyra s'installa devant elle. Harry la regarda d'un air interrogateur et Lyra s'en rendit compte. Pour elle, ce n'était qu'une preuve de plus démontrant que tout le monde se comportait bizarrement en sa présence.
Le dîner se déroula relativement bien, mis à part quelques incidents, comme l'instant où Fred et George mirent une fausse araignée dans le potage de Ron. Ce dernier repoussa si fort son bol que le potage éclaboussa tous ceux qui étaient assis près de lui, dont Fleur Delacour.
-Billy! gémit-elle d'une voix aiguë, comme si on lui avait tordu le poignet. Regarde ce que ton petit frère a fait à ma plus belle robe!
Ron grogna – « Petit frère, ouais, c'est ça! » – et les jumeaux s'esclaffèrent – « Billy!? Comme c'est mignon!».
-Ce n'est rien, dit calmement Bill en ignorant les pitreries de ses frères (« Oh, Billy! » gémissaient les jumeaux à voix basse). Je vais faire disparaître ça.
Moins d'un coup de baguette plus tard, plus une seule trace de potage ne faisait tache sur la robe de Fleur. La jeune femme jeta un regard furibond à Ron et aux jumeaux puis se remit à manger, n'adressant la parole à personne d'autre que Bill – Billy pour les intimes.
Vu le nombre de sorciers désormais impliqués au sein de l'Ordre du Phénix depuis le retour officiellement reconnu de Voldemort, les conversations intéressantes ne manquèrent pas durant le repas. Harry ne savait plus où donner la tête, lui qui voulait tout voir et tout entendre. D'un côté, Tonks racontait comment elle avait capturé un nouveau Mangemort alors qu'elle était déguisée en vieux mendiant encagoulé, tandis qu'une sorcière aux cheveux bruns courts et aux yeux violets, qui apparemment travaillait au ministère, racontait à Mr Weasley la fois où elle avait dû jeter un sortilège d'Amnésie sur tout un secteur de Moldus parce que sa sœur cadette et son crétin de petit copain s'étaient enfuis sur une moto volante qui faisait un boucan d'enfer.
-Au fait, Améthyste, comment va ta sœur? demanda Lupin à la femme aux yeux violets. La dernière fois que je l'ai vue, elle n'allait pas très bien…
-Oh Merlin! soupira la dénommée Améthyste en roulant les yeux d'un air agacé. Elle est toujours aussi dépressive! Je lui ai offert de vivre chez moi, mais tu sais comment elle est, mademoiselle ne veut pas quitter ses affaires! Tous ses souvenirs sont là, et patati et patata. Elle passe les journées au lit à regarder de vieilles photos, à pleurer et à broyer du noir. Quelle plaie! Si je n'allais pas tous les jours la forcer à avaler un morceau, c'est bien simple, elle ne mangerait pas! Comme si je n'avais que ça à faire, moi, m'occuper d'elle! C'est que j'ai une vie, moi, en dehors de ma sœur et ses caprices! Moi, je ne perds pas mon temps à ressasser le passé, j'ai des préoccupations bien plus urgentes!
-Je n'en doute pas, répondit poliment Lupin.
Et Améthyste continua à se plaindre de tout et de rien, sous l'œil exaspéré mais toujours poli de Remus. En face d'eux, Mondingus Fletcher et Dedalus Diggle conspiraient à voix basse, et Mrs Weasley les toisait sévèrement.
-Comme si nous n'avions pas assez de Mondingus, il a fallu que Diggle débarque! maugréa-t-elle (ce qui en disait long sur le caractère de Dedalus).
Plus tard, après le repas principal, Hermione et Ginny s'éclipsèrent rapidement, prétextant ne pas avoir assez faim pour le dessert, et montèrent à leur chambre. Harry aurait bien voulu faire la même chose, vu son épuisement, et il ne faisait aucun doute que Lyra aurait préféré monter à sa chambre plutôt que de supporter une vieille dame au nez crochu qui ne cessait de s'informer de ses humeurs avec inquiétude.
-Tout va bien? demandait inlassablement la dame.
-Oui, ça va très bien, l'assura Lyra pour la troisième fois.
-Tu ne ressens aucune frustration, aucune colère? s'inquiéta la femme.
-Puisque je vous dis que je vais très bien! dit alors Lyra d'un air agacé.
-Et…tes parents? demanda tout à coup la sorcière.
-Oh, mon père se porte à merveille, si c'est ce qui vous intéresse! répondit Lyra avec un grand sourire. J'ai justement reçu une lettre de lui hier soir, après son massacre d'une école moldue. Il m'a envoyé une liste des victimes de sa prochaine tuerie. Si vous voulez, je peux vous prévenir lorsque viendra votre tour?
Estomaquée, la vieille femme regarda autour d'elle d'un air apeuré, avant de reporter son attention sur Lyra. Tour à tour, les conversations s'interrompirent à table et bientôt on entendit plus que Ron qui buvait la dernière gorgée de sa Bièraubeurre à grand bruit.
-Eh ben? Pourquoi c'est si silencieux, tout d'un coup? fit-il avec étonnement.
Tout le monde fixait Lyra avec l'air de se demander s'il fallait rire ou s'alarmer. Harry, lui, se demandait pourquoi ils étaient tous si choqués de la plaisanterie. Peut-être qu'ils ne savaient pas que les parents de Lyra étaient Moldus?
-C'était un plaisir de discuter avec vous, dit Lyra à la vieille dame avant d'adresser un sourire crispé aux autres et de quitter la cuisine.
Son départ s'ensuivit du même long silence, qui dura quelques minutes, après quoi Ron se sentit obligé de dire quelque chose :
-Euh…et si on passait au dessert?
ø
øøø
ø
Lyra monta bruyamment les escaliers d'un air furieux. Ce qu'elle avait dit à la vieille dame, c'était de très mauvais goût, elle le savait. Mais elle en avait assez de ces sorciers et de leurs questions idiotes. Croyaient-ils vraiment qu'elle allait les assassiner sur place parce qu'elle « ressentait de la frustration » ? Quelle absurdité!
Et puis d'abord, pourquoi étaient-ils tous au courant de son « lien de parenté » avec Voldemort? Ça ne les regardait pas. D'accord, peut-être un peu, mais ils pourraient se montrer discrets au moins! Ne se rendaient-ils donc pas compte de leurs manières déplacées et agaçantes?
Arrivée au couloir du deuxième étage, Lyra s'arrêta et hésita. Harry lui avait dit qu'elle partagerait la même chambre que Ginny et Hermione, puisqu'il n'y en avait pas d'autre de libre. Lyra aurait grandement préféré partager celle de Ron et Harry, mais en imaginant la tête que ferait Mrs Weasley en venant les réveiller le lendemain, elle se dit qu'il ne valait mieux pas. Lyra n'avait pas du tout envie de retrouver Hermione et Ginny, mais elle était morte de fatigue et il fallait bien qu'elle dorme quelque part.
Il n'y avait qu'une seule pièce dont la lumière était allumée, au deuxième étage. Ce devait être leur chambre. Lyra s'y dirigea en soupirant, puis elle tourna la poignée et entra.
Hermione et Ginny étaient assises chacune sur leur lit et la dévisagèrent gravement sans dire un mot.
-Quoi? fit Lyra avec agacement.
-On sait tout, dit calmement Hermione.
