Kurt bondit de sa chaise au moment où le corps de Blaine s'écroula au sol. Le coeur du contre-ténor cessa de battre. Il aurait voulu crier Blaine ! mais les mots ne virent pas. Il resta sans voix, debout, au milieu de la salle de chant. Les autres élèves ont accouru vers Blaine pendant que M. Schuster appelait l'ambulance, voyant que l'infirmerie ne suffirait pas. À l'intérieur de Kurt, la panique montait, grimpait, amplifiait petit à petit. Il eut l'envie intense de hurler et de se précipiter vers son petit-ami pour le prendre dans ses bras et espérer le réveiller d'un baiser comme dans les contes… mais la terreur le figea sur place. Ce n'est que lorsque les ambulanciers arrivèrent et embarquèrent Blaine sur une civière qu'un murmure à peine audible sortit de la bouche du contre-ténor :

-Blaine, mon amour…

La civière disparu dans le couloir et Kurt tomba sur sa chaise, en état de choc. Ce n'est qu'à ce moment que les larmes commencèrent à couleur sur le joues de Kurt. Il ferma les yeux pour les retenir et éviter de se remettre à pleurer devant ses amis. Il avait réussi si longtemps à se retenir… il ne pouvait pas craquer. Malheureusement, il ne pu tromper Rachel qui se tourna vers lui et remarqua l'eau qui perlait encore sur le visage de son meilleur ami. La jeune fille quitta les bras de Finn pour aller le consoler. À peine s'était-elle assises à côté de Kurt que le jeune homme en larmes tomba sur ses genoux. Doucement, elle lui caressa le bras sachant que si elle touchait à ses cheveux, elle en mourrait.

-C'est terrible, Rach ! Je ne sais même pas ce qui est arrivé et je n'ai pas pu le prendre dans mes bras, sanglota Kurt.

Kurt passa une des pires journées de sa vie. Il ne pouvait pas s'absenter pour aller voir Blaine à l'hôpital parce qu'il n'avait que des examens toute la journée. S'il avait pu, ça aurait été avec plaisir qu'il aurait sécher les cours pour aller voir son petit-ami. Il était mort d'inquiétude… il ne pouvait pas l'appeler, ne sachant pas s'il était réveillé.

-Si jamais son coma durait plusieurs jours… ou qu'en se réveillant, il ai perdu la mémoire comme dans les films, pensa Kurt pendant son examen d'histoire. Il pourrait se réveiller et ne pas se souvenir de moi, de nous…

Pour Kurt, il était inconcevable que Blaine, son petit-ami, son amour, oublie un souvenir aussi merveilleux que celui de cette fameuse nuit… Ce n'est qu'à la fin de la journée qu'il eut des réponses à ses questions et de manière un peu inattendue. Il se rendit sur le parking et se fit interpeller par une femme inconnue au moment où il ouvrait la portière côté conducteur.

-Excuse-moi, tu es bien Kurt Hummel ? lui demanda la femme.

-Euh, oui, lui répondit Kurt.

-Je m'appelle Pamela Anderson…

-Comme l'actrice et top modèle !?

-Oui, mais je suis seulement propriétaire d'un salon d'esthétique… je suis la maman de Blaine.

LE teint de Kurt tourna au blanc (plus que d'habitude). Disons qu'il avait imaginé sa rencontre avec sa belle-mère un peu autrement…

-Ma-madame Anderson ! Je, je…enchanté, lui répondit Kurt maladroitement. Je suis…

-Kurt Hummel ? Je sais. Blaine m'a déjà parlé de toi.

-Il n'a pas perdu la mémoire ? demanda Kurt plein d'espoir.

-Non, pas du tout, le rassura Pamela. Écoute, si je viens te voir, c'est parce que Blaine a besoin de toi. Mon mari a très mal réagi lorsque notre fils nous a fait son coming-out…

-Attendez, vous voulez dire que vous ne saviez même pas que votre fils était gai ?

-Non, il nous l'a annoncé en même temps qu'il…

Kurt fut sous le choc. Blaine n'avait jamais fait son coming-out à ses parents ! Il pouvait bien être inquiet et distant depuis deux jours ! Pourquoi ne lui avait-il jamais dit que ses parents ne savent pas ? D'ailleurs pourquoi ne lui avait-il jamais parler de ses parents ?

-Kurt, est-ce que ça va ? demanda la mère de Blaine, inquiète devant l'air absent du contre-ténor.

-Oui, oui, je viens juste de comprendre pourquoi il ne m'a jamais parlé de vous.

C'était faux, il ne comprenait pas.

Pamela continua tout de même son discours :

-Je ne peux pas te dire que je comprend le choix de mon fils de choisir la voie compliqué, mais j'ai vite compris qu'il t'aime vraiment. Ça se voit dans ses yeux quand il parle de toi. J'ai compris, quand on m'a appelé pour me dire que mon fils était à l'hôpital, que c'était mon petit garçon et que je ne pouvais pas le renier et le perdre pour une histoire d'amour,. Je ne peux pas m'imaginer à côté de combien de choses il serait passé si mon mari l'avait tué, hier soir. Sa réaction a été horriblement violente. J'avais peur pour Blaine, mais trop pour pouvoir le défendre. J'avais tellement de remords que je n'en ai pas dormi de la nuit. J'ai réalisé que je n'avais jamais pris le temps d'apprendre à connaître mon fils. Je suis prête à lui accorder plus de temps et à changer pour qu'il ai une vie plus heureuse. Et… si pour Blaine, une vie plus heureuse implique de la faire avec toi, je n'ai pas le droit de m'y opposer.

Pamela dit à Kurt à quel hôpital Blaine avait été emmené et lui donna rendez-vous là-bas.

Une petite larme, petite et discrète, coula sur la joue de Kurt lorsqu'il dit à sa belle-mère :

-Merci.