Bonsoir tous le monde !

Voici un autre chapitre avant que je n'aille me coucher !

Merci beaucoup à toutes les personnes qui me lisent et qui me donnent leur avis, continuez surtout !

Un gros merci et un gros bizou à ma chérie d'amour, qui m'aide à chaque fois que cela est nécessaire, ce qui veut dire tout le temps!

Désolé par avance pour les fautes!

Je ne possède pas de Twilight !

Bonne lecture à vous !


CHAPITRE 20

POV Mélinda

J'étais certaine de rêver, il ne pouvait en être autrement. Je savais où j'étais. Je reconnaîtrais cet endroit les yeux fermés. J'arpentais tranquillement le chemin qui me menait à ce lieu qu'elle m'avait fait découvrir il y a de nombreuses années. Le soleil était caché derrière les nuages gris, pourtant il faisait doux. Je continuais à avancer remarquant le moindre détail du paysage. Les arbres immenses verdoyants de chaque côté de la route caillouteuse. Le chant des oiseaux dans les cimes. Le bruit de la rivière qui coulait paisiblement au loin. Après plusieurs minutes, ou seconde, je ne sais plus, je l'entrevis enfin. Ce vieux pont rouillé, abandonné par la civilisation, jugé instable et dangereux. L'eau provenant du nord, s'écoulait à faible débit sous celui-ci. Beaucoup de personnes diraient que cet endroit est froid, sans aucune importance. Mais pour moi, il était apaisant et chaleureux. Peut-être est-ce le fait que nous étions venus ici d'innombrables fois, apprenant à l'aimer avec le temps. Ou tout simplement parce que j'avais l'impression de la sentir plus fortement dans ce lieu. De sentir sa présence rassurante.

Je tournai soudainement la tête en entendant un bruit de pas étouffé derrière moi. Je la vis marcher vers moi, souriante. Je lui souris en retour mais quelque chose n'allait, je pouvais le sentir. Elle ne prononçait pas un mot. Elle posait seulement et délicatement, sa main ridée sur ma joue, me contemplant intensément. Son regard était empli d'inquiétude, et tentait de me communiquer quelque chose d'important. Je fronçais les sourcils en la voyant ainsi. Ce rêve qui aurait dû me rendre heureuse, me rendit subitement maussade et méfiante. Je percevais la tension dans sa main, et je me demandais bien ce qu'elle avait, comme d'habitude. Je faisais souvent ce songe ces derniers temps. Cela avait commencé au moment où mon père m'avait appelé en France en décembre dernier. Elle m'apparaissait chaque fois que quelque chose d'important aller se produire dans ma vie. Je la contemplai, gravant chaque parcelle de son visage. Elle me manquait tellement. Cela me rappelait à quel point je l'aimais mais surtout ce que j'avais perdu. Je ne sentirais plus son odeur si apaisante, son rire si contagieux. La façon qu'elle avait de me consoler. Son regard plissé par l'âge mais si sincère et magnifique. Cela me déchirait le cœur. Elle est une des personnes les plus importantes dans mon monde et elle était partie. J'espérais de là où elle était qu'elle était fière de moi.

Elle me prit dans ses bras comme à son habitude et me caressa doucement les cheveux. Je me sentais bien, en paix et en sécurité avec elle. Et puis soudainement elle me lâcha et disparue, me laissant vide, seule et effrayé.

- Mon cœur, réveille-toi. Nous sommes arrivés, murmura-t-il. Je sursautais au son de la voix angoissé d'Edward. Je regardais partout et me rendit compte que nous étions devant chez moi, à Forks et non au vieux pont. Je fermais les yeux face à la déception et au chagrin qui se mêlaient en moi. Ce rêve, qui aurait dû me rendre heureuse, me rendit subitement maussade et méfiante.

La main de mon ange se posa sur ma joue, comme ma grand-mère précédemment. Mes paupières se levèrent aussitôt à son contact. Il me regardait avec anxiété. Avait-il vu mon rêve également ? Ou bien avait-il senti mon état ? Je n'osais lui demander. La seule chose que je désirais, est d'effacer ce sentiment de son regard. Je me penchais en avant et l'embrassa délicatement. Le baiser dura quelques secondes avant que je ne recule et lui souris timidement. Je m'étirais et fis claquer tous les muscles de mon corps endoloris par la position que j'avais prise pendant le trajet du retour. J'allais pour ouvrir la portière quand celle-ci s'ouvrit soudainement. Edward me regarda avec un fausse air coupable et me tendis la main. Je secouais la tête, amusé par son attitude mais un peu déboussolé par ses manières. Il me faudra un peu de temps pour m'habituer à sa vitesse et à son côté gentleman.

Une fois dehors, je m'aperçus que ma voiture n'était pas présente sur l'allée, ni celle de mon père d'ailleurs. Lui et Sarah avaient dû avoir quelque chose de prévu cet après-midi. Nous devions normalement rentrer demain mais après réflexion, je souhaitais avoir le dimanche pour reprendre pied avec la réalité. Voir ma famille. Discuter avec les Cullen et m'excuser pour mon attitude de la semaine passée. Mais surtout une journée avant d'affronter la journée de lundi.

J'ouvris la porte de la maison et posa mon manteau sur la chaise dans la cuisine.

- Je vais chercher tes valises, me dit Edward en embrassant mon cou, avant de filer dehors.

Je pris la pile de courriers présents sur la table et vis une lettre provenant de Maître Anderson. Je la dépliai, tout en me dirigeant dans le canapé. Je m'assis et me mis à la lire. Ce n'était pas une lettre du jugement mais une lettre de remerciement. Je fus surpris d'apprendre qu'en fait il était un ami de Mr Stanford mais ne souhaitait pas me le dire plutôt, de peur que je ne change mon esprit la veille du procès. Je comprenais mieux son attitude maintenant, pourquoi il défendait son client avec tant d'entrain. En la remettant dans l'enveloppe, je me demandais comment Renée avait réagi aux nouvelles du procès. Très mal, je suppose mais elle l'avait bien cherché. Je souris malgré moi, contente que cette affaire soit enfin derrière moi. Je fus coupé dans mes réflexions par des lèvres fraîches sur ma nuque.

- Hum, j'espère que ce sourire m'est destiné, susurra-t-il à l'oreille. Je me tournais et mon cœur tressauta encore une fois face à sa beauté. Jamais je ne me lasserai de cet homme. Il était absolument magnifique. J'avais l'impression d'être une midinette, en extase envers le mec le plus chaud de l'école. Ce qui était vrai dans un sens. Chacun de ses baisers, de ses touchés m'électrisaient. Envoyant un frisson agréable à travers tout mon être. J'aimais son côté mauvais garçon, son instinct protecteur et possessif. Il était plaisant, réconfortant même, d'avoir quelqu'un qui prenait soin de vous.

- Désolé, lui dis-je penaude, mais ceci t'est destiné.

Je posai aussitôt mes lèvres sur les siennes. Mon corps réagit vivement à ce touché. Mes mains agrippèrent ses cheveux et poussèrent son visage plus près du mien. Je gémis quand sa langue froide se mêla à la mienne. Le contraste entre les deux était euphorisant. Un grondement sourd émana de sa gorge, envoyant une décharge d'excitation le long de mon corps. Merde, ses grognements avaient le don de m'allumer sans en comprendre la raison. Il passa par-dessus du canapé, pour venir s'allonger sur moi doucement. Il fit attention de ne pas m'écraser avec l'aide de ses bras pour se soutenir. Il souleva ma jambe droite, pour l'enrouler autour de sa taille. Je sentis son membre prendre vie dans son jean, et mon bas ventre alla à sa rencontre de son propre chef.

- Non mais je rêve ! Comment oses-tu me faire ça ?, entendis-je hurler soudainement. Je me figeai au son de cette voix, Edward également. Je regardai mon petit ami, un peu paniqué et quelque peu embarrassé. Je ne voulais pas qu'elle le découvre comme ça. Non pas que l'avis de ma sœur comptait pour moi mais je ne savais pas si lui souhaitait que tout le monde sache que nous étions en couple aussi tôt, surtout Bella. Nous n'en avions pas encore discuté. J'avais un peu peur de le savoir justement. Il était après tout son ancien petit ami. Peut-être avait-il encore des sentiments pour elle. J'espérais bien que non. J'avais bien compris que leur histoire était atypique. Sa mâchoire se crispa subitement. J'avais oublié un instant qu'il pouvait lire mes pensées. Je détournais mon regard de peur de ce que je pourrais voir. Rapidement, il se leva et me tendit la main pour m'aider à faire de même. Finalement j'osai le mirer et ce que je vis me déstabilisa. Il y avait de la colère et de la déception. Il me regarda un court instant, me faisant comprendre que ce sujet était clos pour le moment mais que nous en rediscuterions plus tard. J'étais d'accord avec ça. Je remis rapidement mes habits en place.

- Bonjour Bella, Me Dwyer, dit-il finalement.

Je me relevai la tête, prise de panique en entendant ce nom. Je devais certainement rêver. J'étais encore dans la voiture, ce n'est pas possible autrement. Pourtant là face à moi, aux côtés de ma sœur, se tenait cette femme que je n'avais pas vue depuis près de trois ans. Ma mère, Renée Dwyer. Elle me détailla de la tête au pied, surprise par ce qu'elle voyait. Oui, j'avais changé en trois ans. J'en fis de même, plus discrètement. Elle était aussi petite qu'Isabella. Elle n'avait pas vraiment changé, juste un peu vieilli.

La voir ici me renvoya dans mon enfance, où je me souvenais de son indifférence. Là où j'avais souffert par l'absence d'amour d'une mère. La nervosité et l'angoissa montèrent en moi. Ma respiration était laborieuse, mon cœur tapait fortement dans ma poitrine. Je pouvais sentir les signes d'une future crise d'essoufflements mais ne parvins pas à me contrôler suffisamment. Edward fut à mes côté aussitôt. Bien sûr il avait entendu mon muscle s'emballer, ressentit ma panique. Il me prit la main, caressant le dos de celle-ci avec son pouce pour m'apaiser.

- Et merde. Ça n'aurait pas dû se passer ainsi, entendis-je parler ma meilleure amie. Elle se précipita vers moi rapidement, frottant mon bras à son tour. Je la fixai, incrédule et irrité, lui demandant silencieusement des réponses. Elle comprit aussitôt.

- Je suis désolé ne pas t'avoir prévenue mais vous deviez rentrer demain normalement. A votre retour, elle serait partie d'ici depuis longtemps. Alors avec Charlie, on a décidé de ne rien te dire. Je ne voulais pas gâcher votre temps ensemble avec Edward, s'excusa-t-elle tout bas.

- J'aurais préféré savoir. Je me serais préparé ou je ne sais pas, on serait resté plus longtemps.

- Tu n'as pas vu notre retour, siffla mon petit ami, brusquement mécontent. Il fixait Renée depuis un moment. Son visage se contracta au fur et à mesure des secondes qui passaient. Il continuait cependant à me caresser la main mais je pouvais sentir sa nervosité à travers elle. Je me questionnai sur les raisons de cette tension.

- Désolé mais non. Vous avez pris la décision de votre retour au dernier moment. Il est normal que je n'aie rien vu, nous apprit la sœur d'Edward. Je repérai du coin de l'œil, leur mère. Je me demandais brièvement ce qu'elle faisait ici.

- Nous sommes allé aider Esmée à repeindre les murs d'un orphelinat près de Port Angeles, me dit mon amie.

Je comprenais d'où provenaient les taches de peinture sur sa salopette. J'entendis le son de raclement d'une gorge et me tourna vers la source de ce bruit. Je me redressai et la foudroya du regard.

- Que fais-tu ici ?, lui demandais-je d'un ton sec.

- Tu pourrais parler mieux que ça à ta mère !, s'exclama-t-elle, effarée par mon intonation.

- Ma mère ! Esmée a plus de fibre maternelle en elle que toi. Tu n'as rien d'une mère. Je fermais les poings fortement à m'en faire mal, en disant ça. J'entendis Esmée hoqueter à mon ton mais ne dit rien cependant.

- Comment oses-tu me dire ça, alors que j'ai tout fait pour toi ! Elle tentait de maîtriser sa colère et de se faire passer pour une victime aux yeux de tous.

- Comment ? J'ose parce que c'est la vérité. Tu n'as rien fait pour moi à part me montrer de l'indifférence et du mépris.

- Tais-toi, tu as tort. Si c'était vrai crois-tu vraiment que je t'aurais gardé avec moi durant toutes ces années.

- Je pense seulement que tu m'as gardé pour avoir une certaine prise sur mon père. Pour avoir plus de pension alimentaire, plus d'argent.

- Pour quel genre de mère me fais-tu passer ? Tu es horrible de me jeter ses obscénités au visage. Je ne mérite pas ça, cria-t-elle maintenant. Je voyais bien son jeu. Elle a toujours aimé se montrer, que les gens la prennent en pitié. Elle savait y faire. Le rappel de mon passé douloureux remontèrent à la surface, peu à peu. Me rappelant l'injustice que j'avais vécue avec elle.

- Arrête Renée, arrête ton baratin. Tu es une femme vile, égoïste et avare. Une femme qui ne voit pas plus loin que son nombril. Qui écrase toutes les personnes sur son passage pour le plaisir de les voir souffrir, dis-je en secouant la tête face à son attitude. J'avais du mal à prononçait les prochains mots mais ne me démonta pas pour autant.

- Dis-moi, quel genre de mère refuse d'acheter le traitement qui permettrait de soulager la douleur de son enfant gravement malade, sous prétexte qu'elle n'a pas la somme requise. Alors que dix minutes plus tard, elle offre un vélo deux fois plus cher que ses médicaments, à sa deuxième fille en parfaite santé.

Je m'avançai vers elle dangereusement. Je voulais lui faire mal, qu'elle souffre comme j'ai souffert. Les souvenirs affluaient de plus en plus en moi. Je n'arrivais pu à dominer mes sentiments et ne le souhaitais pas. Je désirais qu'ils alimentent ma rage et ma colère. J'entendais Edward gronder tout bas derrière moi. Il voyait dès à présent ce que je n'arrivais pas à lui dire depuis des jours.

- Quel genre de mère laisse son enfant se faire maltraiter, humilier, insulter ! Quel genre de mère traite son sang d'empoté, DE GROSSE ET DE MONSTRE! Sais-tu à quel point j'ai souffert de me faire appeler d'iceberg, ou de bibendum bleu pendant des années. MAIS PLUS QUE TOUT QUEL GENRE DE MÈRE SE FAIT DE L'ARGENT DERRIÈRE LE DOS DE SA FILLE EN SE SERVANT DE SON HANDICAP ! Dis-moi, Renée ? Moi je vais te le dire, TOI !, lui vociférai-je au visage.

- Je…je ne suis pas comme ça, bredouilla-t-elle. Elle devenait nerveuse. Elle était surprise et embarrassée par les mots que je lui avais balancé car ils étaient vrais.

- Je ne vois pas ce que tu veux dire, se reprit-elle toutefois avec une assurance. Je me retournai complètement choquer qu'elle nie les faits. Je vis dans ma périphérie, qu'Esmée avait une de ses mains posée sur le bras d'Edward et l'autre tenait celle de son fils. Je savais ce qu'elle faisait, elle le retenait. Alice avait son bras autour des épaules de ma meilleure amie pour faire de même. Je regardai mon ange. Il paraissait si furieux, triste et déçu également. Est-ce ma faute qu'il soit ainsi ? Certainement. Il avait vu toute mon histoire à travers mes pensées. Il savait maintenant que j'étais toujours été une personne faible, se laissant piétiner dessus sans un mot. Une personne au physique désagréable et repoussant. S'il n'y avait pas eu cet accident, je serais toujours ce phénomène. Cette fille obèse, peu sûre d'elle. Même si j'avais changé physiquement, par moment je me sentais toujours ainsi. J'avais tellement peur qu'il me quitte à présent. Je ne voulais pas le perdre. Je n'osais le regarder d'avantage et pris l'enveloppe sur la table. Je ravalai difficilement la boule dans ma gorge dû à mes précédentes pensées. Je tendis la lettre à ma soit disant mère méchamment. Bella me fixai avec un regard plein de haine, mais également curieuse de savoir ce qu'il se passait.

Ma génitrice écarquilla les yeux au fur et mesure qu'elle lisait la lettre.

- Tu ne vois toujours pas de quoi je parle, hein. Tu devrais lire la lettre à voix haute Renée, toi qui aime tant avoir un auditoire. Regarde, il y en a un qui est tout disposé à t'écouter. Elle me regarda avec panique, sachant très bien son erreur.

- Je… Qu'as-tu fait ? Pourquoi tu m'as fait ça ?, s'égosilla-t-elle. Quel culot elle avait !

- Ce que je t'ai fait ! Non mais je rêve ! C'est toi Renée qui a porté plainte contre Mr Stanford pour lui prendre son argent, alors que j'étais dans le coma ! C'est un comble !

- J'ai fait tout ça pour toi et pour ta sœur. Cet argent vous servira plus tard, pour que vous ailliez une meilleure vie.

- Attends, tu comptais que je le partage avec elle ! Tu as fait ceci pour elle en fait par pour moi. Tu pensais m'avoir avec le temps, te montrer gentille afin je donne la moitié de la somme à Bella, si ce n'est plus. Tu n'en avais rien à foutre de moi, en faite. Tu n'en avais rien à foutre de savoir comment j'étais, comment je me sentais, hurlai-je, une main posé sur mon cœur totalement surprise d'avoir été trompé dès le début. Je respirais mal, la tête me tournait, mon cognait si fort contre mes côtes. Je luttais pour de ne pas m'évanouir. Je ne pouvais pas, il fallait que je vide mon sac.

- C'est de sa faute et de ses sbires, que j'ai subi jour après jour tellement d'humiliations, d'intimidations et de coups bas. De sa faute que j'ai eu un accident, que je suis restais bloqué pendant deux ans dans un fauteuil roulant ! Que j'ai fuis dans un autre pays pour me reconstruire ! Et qu'as-tu fais Renée ? Rien, que dalle ! Pas une seule fois, tu ne m'as consolé quand je rentrais à la maison, dépité et apeuré. Pas une seule fois tu m'as montré un geste d'amour, ou bien même embrassé. Au contraire, tu l'as encouragé !

- Ne lui parle pas comme ça !, s'indigna Bella. Je la foudroyai du regard et la vis tressaillir de peur. Elle recula vers sa mère.

- FERME-LA ! Je vais te dire une bonne chose Isabella. Tu n'as jamais été une sœur. Sarah t'a remplacé sur ce point-là. J'ai toujours espéré que ton comportement soit poussé par Renée mais qu'au fond tu ne voulais pas être comme ça envers moi. Je vois cependant que je me suis trompé. Tu es exactement comme elle ! Elle me regarda horrifiée et enragée par ma réplique.

- Quand à toi, comme tu as pu lire, le jugement en rappel a été classé sans suite. Pour ton information, la somme que j'ai reçu comme dommages et intérêts suite à l'accident, a été redonné à son propriétaire dans son intégralité. Je suis allé témoigner en faveur de Mr Stanford, mercredi dernier à Seattle. Le juge a été surpris de savoir que la signature sur la demande en rappel était fausse. Que tu l'avais signé à ma place. Il a été également effaré de savoir qu'au moment de cette fameuse demande, j'étais majeure grâce mon émancipation et en dehors du pays. Et oui, papa m'a donné son accord avant que je ne parte en France. Tu as de la chance que Mr Stanford n'a pas porté plainte contre toi. Cela aurait été moi, je l'aurais fait, sans aucun remords !, lui dis-je avec fierté et mépris.

Elle me mira, interdite et incrédule pendant quelques instants, avant que son visage ne change d'expression et ne devienne rouge de colère.

- TU N'ES QU'UN MONSTRE. JE TE DÉTESTE TELLEMENT. JE NE COMPRENDS PAS CE QU'IL PEUT TE TROUVER. TU ES SANS IMPORTANCE, INSIGNIFIANTE, cria-t-elle à mon encontre. Sarah réussit à sortir de l'étreinte d'Alice en voyant mon état de détresse face à ses mots cruels. Elle prit mon visage dans ses mains me forçant à la regarder.

- Regarde-moi ! Respire, je t'en prie calme toi !, essaya-t-elle de m'apaiser, en vain.

- Quant à vous ! Vous ne voyez pas que vous la bouleverser. Je jure que vous avez de la chance que je ne sois pas chez moi, car vous pouvez être sûr que vous auriez depuis un moment la marque de main sur votre visage. Ne croyez-vous pas que vous en avez fait assez comme ça !, lui dit-elle hargneuse. Renée fus choqué par sa réplique. Un grondement sourd et menaçant résonna dans la pièce. J'entendis la mère de l'homme que j'aimais, lui parler, essayant tant bien que mal de le retenir.

- Tu lui ressemble tellement. Depuis mon adolescence, elle a pourrie ma vie. Refusant de m'offrir ce que je méritais. Je détestais être pauvre, de vivre ses principes. De devoir supporter ses leçons de morales sur la vie. Connerie ! La seule chose de bien que j'ai faite, est de me déshérité ainsi que ta sœur, rigola-t-elle. Maintenant c'est toi, qui as hérité de toutes ses babioles et de ses dettes. Quand je te vois, je la vois elle et ton père. Deux des personnes que je méprise. Le rappel de la misère et des sacrifices que j'ai fait ici.

- Ça suffit Renée ! Je n'en reviens pas quel genre de femme vous êtes. Vous nous avez tous dupés avec votre attitude, mais c'est fini maintenant. Je suis si heureuse que mon fils est rompu avec Bella et qu'enfin il est trouvé celle qu'il lui correspond. Je vous interdis, vous m'entendez, de dire un mot de plus envers cette enfant. Je crois qu'il serait préférable pour vous, que vous partiez de cette maison avant que Charlie ne revienne et ne voit l'état dans lequel vous avez mis sa fille, siffla méchamment Esmée. Je tremblais à présent. C'est donc pour ça qu'elle me haïssait parce que je ressemblais à bonne maman. A cette femme merveilleuse qui m'avait tant aimé et appris.

- Mais Esmée, ne voyez-vous pas…

- Tu n'as pas entendu ce qu'elle vient de te dire ! PARS DE MA MAISON MAINTENANT ET NE REVIENS PAS ! Je ne peux pas t'interdire de voir Isabella mais je t'interdis de revenir chez moi jusqu'à ton départ demain après-midi !, l'interrompit mon père qui venait de rentrer dans la pièce. Visiblement il avait tous entendus et était littéralement furieux.

Elle regarda chaque personne dans cette pièce avant de poser son regard sur ma personne. Elle me contempla longuement dans la colère avant de sursauter en entendant un grognement. Elle caressa doucement la joue de Bella et partis de la maison, hâtivement. Ma sœur la suivi après m'avoir foudroyé du regard et de lancer un regard langoureux vers Edward.

Mon corps tremblait violemment sous l'assaut de mes émotions. Je me sentais soudainement molle et n'arrivait pas à supporter mon poids. Je respirais difficilement. La pièce se mit à tourner très vite. Je me retenais de toutes mes forces à ma meilleure amie.

- MELINDA ! La voix angoissée d'Edward m'atteignit avant que le noir ne m'engloutisse.

Je sentis une main fraîche effleurer mon visage, alors qu'une autre prenait mon pouls sur ma main gauche. J'entendis plusieurs voix autour de moi. Comme des murmures lointains. Je me sentais fatigué, vidé mais étrangement sereine. Mais pourquoi ? Tout me revint aussitôt. La venue de Renée, notre dispute, moi qui enfin avait fini par affronter mes peurs. Et mon effondrement dans le salon. J'avais mal de tête, mon cœur battait encore vite mais plus calmement que tout à l'heure. Cependant J'avais l'impression qu'une charge de plomb s'était levée de mes épaules.

- Comment va-t-elle papa ?, quémanda mon ange très inquiet.

- Elle va bien mon fils. Elle ne devrait plus tarder à se réveiller, lui répondit mon médecin. Que faisait-il ici ?

- Comment va son cœur, Carlisle ? Je ne l'ai jamais vu comme ça avant. Bon sang, si j'avais su jamais je ne serai sorti. Je…je, demanda à son tour mon père attristé et impuissant.

- Son cœur se porte bien. Toutefois j'aimerais qu'elle passe un ECG et une échographie demain après-midi par précaution. Il bat peut-être un peu vite encore pour sa moyenne. Je vais lui prescrire un léger sédatif à prendre le soir et le matin pendant une semaine. Je referais des examens par la suite mais je pense que ça va suffire. Plus de peur que de mal. Votre fille est forte Charlie. Elle a eu seulement beaucoup de chose à gérer ses derniers temps. J'en suis désolé d'ailleurs car c'est en parti notre faute, s'insurgea mon médecin. Mon père souffla de soulagement et le remercia. Je tentai de me calmer pour ne pas éveiller les soupçons de mon réveil, désireuse d'entendre la suite de cette conversation.

- Je crois que si elle vous entendait, elle ne serait pas d'accord avec vous. Je me suis toujours douté que vous et votre famille étiez différents. Vous savez j'ai entendu un certain nombre de fois les légendes quileutes, celles que Billy racontait pour effrayer les gens, surtout les adolescents. Quand vous êtes arrivés, il n'a pas été difficile de comprendre que les personnes de ces histoires étaient vous en faite. Je sais également que vous êtes de bonnes personnes, dangereuses mais de bonnes personnes. Je comprends son choix malgré le danger que vous représentiez. J'ai confiance en elle, en son jugement, même si je suis effrayé par toutes les conséquences dû à sa décision. Votre fils la rend heureuse et c'est tout ce qui m'importe. Elle le mérite. C'est tout ce que souhaite un père, le bonheur de son enfant. Alors arrêtez de vous en vouloir. C'était inévitable. C'est deux-là s'aimaient, ça se voyait bien avant qu'ils ne s'en rendent compte, exposa mon père. Je fus ému, euphorique par les paroles de mon père. Soulagé également car je comprenais qu'enfin il savait la véritable nature des Cullen et qu'il acceptait ma relation avec l'aînée de cette famille.

Je décidai d'arrêter ma mascarade et ouvris les yeux. Mon père était proche de moi, assis sur la table basse, une main dans la mienne. Carlisle était à ses côtés, prenant mon pouls encore une fois. J'essayais de me redresser mais la tête me tournait encore un peu. Il me rattrapa et m'aida à m'asseoir contre le dossier du canapé. Je le remerciais en lui souriant. Toutefois je pus voir l'inquiétude dans ses yeux. Mon père mit une couverture sur moi et Esmée vint quelques secondes plus tard avec une tasse fumante. Je la pris et vis que c'était une infusion. Je grimaçai légèrement et entendis rigoler à côté de moi. Je levai la tête pour voir que Jasper, était présent également dans la pièce. Ainsi que Jacob. Je rougis face à tant d'attention et me sentis soudainement un peu intimidé et nerveuse. Tout disparu rapidement et un calme apaisant fit place en moi. Je regardai Jasper et inclina la tête pour le remercier. Il fit pareil, me gratifiant même d'un petit sourire, ce qui était surprenant. Je bus le liquide chaud. Le goût était étrange mais pas désagréable. Toutefois je grimaçai encore une fois.

- Tu ne crois quand même pas qu'on allait te donner un café après la crise que tu as faite, me réprimanda mon amie. Je rétrécis mes yeux et leva les yeux au ciel face à sa mine renfrogné. J'en pris une deuxième gorgé et m'habitua à la saveur. Je regardai tout le monde et m'arrêta sur la personne que je désirais tant me blottir. Il semblait si angoissé et empli d'inquiétude également. Je désirais tellement effacé ses sentiments de son visage parfait.

- Qu'est ce qui s'est passé ?, demandai-je d'une voix rauque.

- Tu t'es évanouie après le départ de ta…, de Renée. Edward t'as rattrapé avant que tu ne t'effondres et que tu ne te cognes violemment la tête contre la table. Ton père m'a appelé par la suite et je suis venu le plus vite possible. Tu es resté inconsciente une bonne vingtaine de minutes, ce qui a commencé à nous faire peur. Cependant, tu as vécu beaucoup de choses ces temps-ci, ça plus la fatigue. Je pensais que tu t'étais reposé un peu en Alaska, demanda-t-il. Je rougis en pensant à mes actions en Alaska. Il est vrai que j'avais dormi très peu là-bas. Il se racla la gorge et se mit à rire doucement.

- Je vois. Comme je le disais à Charlie plutôt, je t'ai prescrit un léger sédatif le soir et le matin pour t'apaiser et permettre à ton cœur de retrouver son rythme normal. Demain tu viens à l'hôpital pour passer des examens et c'est sans appel. Repos complet demain et les autres jours de la semaine. Tu peux aller en cours, mais en dehors que du repos. Et quand je dis repos, je veux dire aucunes activités de toutes sortes. Je te recommande également de ne pas conduire pendant une semaine encore. Ton genou est encore un peu gonflé, m'ordonna-t-il avec précaution mais fermement. Je hochai la tête à son ton qui se voulait sans appel. Il me sourit amusé et se leva pour rejoindre sa femme.

Les Cullen restèrent encore un peu avant de partir une heure plus tard même Edward. J'étais nerveuse et soucieuse. Je désirais tellement lui parler de ce qu'il a pu voir pendant ma dispute avec Renée. J'avais cette peur qu'il ne me revienne pas. Une vive douleur se fit sentir dans ma poitrine que je tentais, en vain de réprimer. Jacob nous laissa également après avoir dîner avec nous. J'eus toutefois le temps de lui dire qu'il était mon ami et que peu importe ce qu'il est, je l'acceptais. Le soulagement sur son visage était sans pareil et il me serra fortement dans ses bras.

La soirée se passa tranquillement. Bella visiblement passait la nuit avec Renée et j'en fus ravie. J'étais peu désireuse de passer une soirée dans une tension à couper au couteau. Je ne savais pas ce qui se passerait demain mais je ne voulais pas y penser ce soir.

Je regardai un film dans le salon avec mon père, blotti contre Sarah. J'étais heureuse de la retrouver. Elle m'avait manqué. Ma main n'avait pas quitté la sienne. Elle ne prononça pas un mot de sur ma lutte avec ma mère ou des jours précédents. Juste quelques banalités. Elle savait que je ne souhaitais pas en discuter ce soir. C'est ce que j'aimais avec elle. Pas de mots mais un soutien infaillible à travers ses gestes et ses actions. Nous aurions toute la journée pour avoir le loisir d'en parler.

Fatigué, j'embrassai tout le monde et monta dans ma chambre pour prendre une nuisette. Je pris une longue douche chaude pour me détendre, repoussant malgré tout l'heure du coucher. J'avais pris l'habitude d'être dans les bras d'Edward et savoir qu'il ne sera pas là ce soir m'angoissait et m'attristait.

Je pénétrai dans ma chambre et sursauta en voyant Edward assis sur le rebord de ma fenêtre. J'étais partagé entre le soulagé d'un côté et l'angoisse de l'autre. Il me contempla intensément, avant de se lever et de prendre un verre d'eau sur ma table de chevet avec un comprimé. Merde, j'avais oublié l'indication de Carlisle.

- Il me semble que mon père t'a demandé de prendre ceci, dit-il d'un ton ferme et de reproche. Je m'exécutai aussitôt. Une fois fait, il prit le verre et le reposa sur le meuble.

Il me scruta un long moment et je détestais la distance entre nous. J'avais l'impression d'avoir une grosse boule dans ma gorge, une charge de plomb qui m'encombrait. Les larmes me montèrent face à son silence. J'attendais qu'il prononce ses mots, ceux que je ne voulais pas entendre et qui me terrifiaient. Que ferais-je sans lui dans ma vie ? Nous étions ensemble depuis peu mais j'étais déjà irrévocablement attaché et amoureuse de cet homme. Je fermais les yeux pour tenter de me contenir, ce qui fut difficile. Je sursautai à nouveau en sentant quelque chose de froid me toucher. C'était la main d'Edward. Son regard était rempli de douleur, d'incompréhension. J'entendis sangloter dans la pièce et compris que c'était moi qui pleuré.

Il me prit dans ses bras tendrement et me porta jusqu'à mon lit. Il s'allongea dessus, me serrant contre lui.

- Chut, je t'en prie. Je déteste te voir ainsi mon cœur. Ne pleure pas, me rassura-t-il. Il me caressa la nuque avec son pouce. Mon cœur manqua un battement à mon surnom, mais je ne voulais pas espérer de peur que cet espoir soit brisé par la suite. Il souffla de frustration. J'avais de nouveau oublié qu'il pouvait entendre mes réflexions.

- Ne me quitte pas, s'il te plait, dis-je désespérément. Je pouvais paraître pathétique mais je m'en fichais complètement.

- Mon dieu, non, jamais mon cœur. Je suis désolé si mon attitude ce soir t'as fait penser le contraire. Il me fallait juste le temps de digérer tout ce que j'ai entendu et vu aujourd'hui. Et ton père souhaitait passer un moment seul avec toi et Sarah. Ce que je peux comprendre. Je suis encore surpris qu'il prenne aussi bien la vérité sur ma famille. Tu ne peux pas à savoir à quel point, j'ai voulu aller vers ta mère et lui briser le cou. S'il n'y avait pas eu ma mère pour me retenir, en me murmurant de me calmer et de ne rien faire pour toi, je… . Il s'interrompit et se pinça l'arrête de son nez pour se calmer. Geste qu'il faisait dès qu'il devenait nerveux.

- Elle ne cessait de me dire que tu avais besoin de ça, besoin de te relever contre ta…, contre elle et Isabella, cracha-t-il furieusement. Il se leva subitement, me laissant seule et froide. Il continua son plaidoyer.

- Quand j'ai lu dans sa tête mais surtout la tienne, toutes les horreurs que tu as subi en silence. J'ai eu beaucoup de mal à me contrôler. Je suis désolé mais j'ai expliqué à ma mère la raison de mon attitude et Carlisle a dû la retenir physiquement pour l'empêcher d'aller lui faire du mal, pesta-t-il. J'écarquillais les yeux étonné, en imaginant Esmée si empreint à me défendre.

- Elle t'aime, tu sais. Tu as conquis le cœur de cette famille, même Rosalie. Elle est seulement trop fière pour le dire. Laisse-lui le temps.

- Pourtant tu as vu comment j'étais. Tu devrais trouver quelqu'un de plus forte, quelqu'un qui est capable de se défendre. Je baissai la tête en lui disant ceci. Je sentis le matelas s'affaissait à côté de moi. Il souleva mon menton de ses doigts lisses et froids.

- Cette personne je l'ai déjà trouvé et elle est devant moi. Je t'ai vu cet après-midi te défendre avec tant d'ardeur. Tu es cette personne que tu viens de décrire et je suis si fière de toi. La petite fille que j'ai vue dans tes pensées, fragile et effrayé, est devenue une femme magnifique, attirante et combative. Tu m'es si précieuse, tu n'imagines pas à quel point. Alors cesse de te tourmenter ainsi.

Je me sentis pour la première depuis des heures, soulagé et en paix. Les effets du sédatif y étaient également pour beaucoup. Toutefois j'étais heureuse d'avoir cet homme merveilleux pour petit ami. Et malgré qu'il sache tout de moi maintenant, toute la souffrance de mon passé, il était resté près de moi. Je fus apaisé de savoir que je n'aurais plus à mentir à mon père sur les Cullen. Que c'était une question de temps avant que ma meilleure amie accepte Jacob.

Edward me demanda de m'installer dans mon lit. Je hochai la tête mais ne le lâcha pas pour autant.

- Reste avec moi, le suppliai-je. Il rigola, ce qui me vexa un peu et m'embrassa sur le front.

- J'en avais bien l'intention mais pour ça il faudrait que tu me libère pour me je puisse me déshabiller si tu me le permets, me dit-il amusé.

- Oh !, dis-je embarrassé et penaude.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Il se glissa sous les draps et me prit dans ses bras. Je me blottis contre lui, appréciant la douceur de sa peau de marbre. Je savais que dans le milieu de la nuit, il mettrait une couverture entre nous, pour me protéger de sa fraîcheur. Je caressai distraitement son torse et je l'entendis gronder. Il stoppa ma main sans pour autant l'ôter de son corps.

- Je ne vais pas survivre à la journée de demain, ni au restant de la semaine si tu me touches ainsi. Je rigolai à sa réplique et embrassa sa joue. Au moment où j'allais me réinstallé contre lui, il prit mon visage et m'embrassa sur les lèvres tendrement.

- Vraiment difficile, rajouta-t-il en picorant une dernière fois mes lèvres.

Je secouais la tête, amusé, et posa ma tête sur sa poitrine, à l'endroit où son cœur était figé à jamais dans la pierre et la glace. J'avais affronté ma plus grande peur ce tantôt mais au finale, cela m'a permis de renforcer ma relation avec l'homme que j'aimais, ce soir.


Bon alors, vous en pensez quoi ?

J'attend vos reviews avec impatience.

Bisous à tous!

Charmarc