Bonjour à tous !
Barre des 200 reviews franchie ! Trop cool ! Merci à tous pour votre présence et vos commentaires ! J'en ai surpris plus d'un avec l'auteur du pinçage de fesses et j'en suis ravie ! Faire revenir Edward là aurait été beaucoup trop simple et trop court ! J'ai encore tellement de choses à vous dire !
Voici le dernier chapitre de ce tome. Il y aura un épilogue la semaine prochaine qui (normalement) ne vous laissera pas trop sur votre faim… Si vous êtes gentilles avec moi (comment ça, c'est du chantage ? Mais non … pas du tout ^^)
Bonne lecture !
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Chapitre 21
POV Bella
Mon portable sonna sur ma table de nuit et je grognai en tendant le bras pour l'éteindre. Je savais qu'il fallait que je me lève mais je n'en n'avais absolument pas envie. Cela faisait deux mois que nous étions revenus d'Aspen et je n'aspirai qu'à une seule chose, prendre des vacances. Il faisait une chaleur infernale et je rêvais d'aller piquer une tête dans la piscine de Jasper. Il était prévu que je m'y rende après le boulot mais pour cela, il fallait déjà que j'arrive à me motiver pour sortir du lit.
Notre semaine de vacances à Aspen avait eu du bon car j'avais pu dire à Jasper mon petit secret sur mes passe-temps particuliers. Il m'avait écouté, sans me juger puis il avait attendu le lendemain pour me rassurer en disant qu'il resterait à mes côtés tant que je l'y autoriserais et qu'il ne se permettrait jamais de se moquer de moi ou de mes sentiments. Il avait semblé dépité d'apprendre que je n'avais jamais pris de plaisir à ces parties de jambe en l'air et m'avait même dit qu'il rêvait de rencontrer Edward pour lui dire ce qu'il pensait de lui.
Notre relation n'avait pas vraiment évolué depuis notre retour et je l'en remerciais pour ça. Je ne tenais pas à me précipiter car j'avais l'impression qu'un changement allait signifier qu'il avait pitié ou une merde dans le genre. Jasper donnait l'impression d'avoir pris conscience de quelque chose mais à chaque fois que je lui en parlais, il restait vague en m'assurant que tout allait bien. Il m'arrivait souvent de dormir chez lui depuis notre retour. J'avais tenté de dormir chez moi mais je n'avais pas trouvé le sommeil car il me manquait quelque chose... ou plutôt quelqu'un.
L'anniversaire du bar approchait et Jasper avait proposé de refaire le même genre d'animations que l'année précédente. Il m'avait demandé de m'en occuper et j'avais accepté avec plaisir. Je pensais pouvoir dire que j'étais en couple avec Jazz même si le mot n'avait jamais été prononcé. Les filles étaient aux anges pour moi et nous passions des heures à faire des plans sur la comète pour les mois prochains. Elles étaient persuadées que j'allais emménager au manoir sous peu et que Jasper allait se déclarer rapidement. Je n'envisageais plus vraiment de partir de San Francisco maintenant. J'y étais bien. J'avais des amis, qui s'apparentaient plus à une famille et je pouvais même dire que j'aimais Jasper comme je ne l'avais jamais fait avec personne.
Mon portable sonna à nouveau, me tirant efficacement de ma rêverie. Je me ruai dessus pour répondre avant les cinq sonneries qui emmèneraient l'appel vers ma messagerie.
-Oui.
-Salut Darlin' !
-Salut Jazz... Comment vas-tu ?
-Bien. Je voudrais savoir où tu es car le groupe vient d'arriver.
-Quoi ? Non mais ils sont en avance ! Je suis pas prête.
Je jetai un coup d'œil à ma montre pour me rendre compte qu'il était près de 15 heures. J'aurais dû être au bar depuis une bonne demi-heure.
-Merde ! Désolée Jazz, je me suis rendormie. J'arrive dans un petit quart d'heure.
-Te presse pas ma belle. On boit un coup en t'attendant.
J'abandonnai mon portable sur le lit et me ruai dans la salle de bain pour me coiffer. Heureusement que j'avais pris ma douche la veille, sinon le quart d'heure ne serait pas faisable. Je me fis un chignon rapide puis appliquai ma crème et mon maquillage sur le visage. J'attrapai ensuite mon short en jean et mon débardeur afin de m'habiller. J'avais déjà préparé mon sac avec les vêtements typiquement texan pour la soirée mais je ne comptais pas les mettre tout de suite, il faisait beaucoup trop chaud pour m'enfermer dans des bottes et un jean.
Je nouai mes compensés en deux temps, trois mouvements et quittai mon cagibi en plaçant mes lunettes de soleil sur le nez. Il ne me servait quasiment plus mais il m'arrivait encore d'y dormir une fois par semaine, surtout pendant le weekend. Jasper grognait à chaque fois mais ne disait rien, il voulait me laisser faire mes propres choix et je l'en remerciais souvent.
Je mis cinq minutes à rejoindre le bar et j'arrivai à l'intérieur transpirante et essoufflée. Par habitude, je déposai mes affaires dans le vestiaire avant de rejoindre Jasper et le groupe.
-Bonjour Messieurs. Excusez-moi pour le retard.
Ils me saluèrent d'un mouvement de tête et Jasper m'attrapa la main pour y déposer un baiser. Je lui fis un clin d'œil avant de reporter mon attention sur les musiciens qui ressemblaient à de vrais Cowboys. J'avais proposé de recréer l'ambiance d'un vrai bal Country pour le weekend anniversaire et rien qu'au regard de Jasper j'avais su qu'il aimait. Après tout, il était texan et cela devait lui manquer...
Ce groupe avait la particularité de proposer des karaokés mais les musiciens jouaient à la place d'une bande et que les paroles n'apparaissaient pas sur un prompteur mais étaient placées dans un classeur à disposition sur scène.
Au bout d'une heure de discussion, nous laissâmes le groupe s'installer sur l'estrade à l'entrée du bar et Jasper m'attira vers son bureau.
Dès que nous fûmes à l'abri des regards, il m'attira à lui pour déposer ses douces lèvres sur les miennes. J'avais pris goût à ses baisers. Ils étaient toujours dominants et je me complaisais à le laisser diriger notre étreinte. En revanche, il avait beau être entreprenant, il n'était jamais brutal ou exigeant. Il donnait l'impression de vouloir me préserver, pour éviter que je prenne peur.
Nous avions tendance à nous perdre dans nos baisers et je les appréciais chaque jour un peu plus. Ses mains étaient agrippées pour l'une à ma hanche et pour l'autre à ma nuque pendant que les miennes griffaient son cuir chevelu. Son grognement guttural aurait pu m'emmener à la jouissance en moins de deux secondes si je n'arrivais pas à me contenir. Dès que nous fûmes à bout de souffle, il picora mes lèvres, me laissant une chance de respirer correctement. Lui aussi haletait et ses cheveux ne ressemblaient plus à rien à cause de mes mains.
-Bonjour Darlin'...
-Salut Jazz...
Il sourit en entendant ma voix rauque et attrapa ma main pour nous diriger vers son sofa. Je m'installai directement sur ses genoux, à cheval sur lui et posai ma tête contre son cou pour respirer son odeur entêtante. Au point où j'en étais, j'avais abandonné toute retenue en sa présence car il m'envoutait tout simplement et je n'arrivai plus à réfléchir. Il avait la capacité de briser tous les murs que j'avais ériger et le pire de tout cela était que je n'en avais même pas peur. Il passait son temps à me rassurer et à me montrer que je comptais pour lui.
Je m'étais fait la promesse d'attendre encore un bon mois avant de céder et de "jouer" avec lui mais il ne le savait pas encore. C'était mon petit secret. Seul Rose le savait et elle jubilait de voir la mine frustrée de son frère.
Ses grandes mains glissèrent dans mon dos et je m'enterrai encore plus dans son cou pour profiter de son étreinte. Aucun mot ne fut prononcé durant plusieurs minutes, jusqu'à ce que mon ventre grogne. J'étais partie tellement vite que j'avais oublié de me prendre à manger.
-Tu n'as rien mangé aujourd'hui ?
-Non, j'ai voulu te rejoindre au plus vite.
-On va aller chercher quelque chose car j'ai faim aussi.
Nous quittâmes le bar en passant par le Cercle, qui était désert à cette heure-ci, et nous allâmes au snack qui était devenu notre cantine. Nous nous installâmes à la table qui nous accueillait tous les jours et le serveur vint prendre notre commande rapidement.
-Tu viens à la maison ce soir ?
-J'aimerais bien oui mais tu vas finir super tard au cercle. Je ne veux pas t'attendre dans ton bureau pendant ta scène avec Maria.
C'était la première fois que j'osais lui dire ce que je pensais depuis notre retour d'Aspen. Je ne jugeais pas mais j'avais encore du mal à savoir qu'il s'occupait d'elle la nuit pendant que moi je poireautais comme une conne au bar à côté. Rose m'avait déjà dit que je me trompais mais je n'arrivais pas à y croire. Jasper était un bel homme, dominant de surcroit et je l'imaginais mal faire ceinture en attendant que je me décide ...
-Qu'est-ce qui te fais penser que je participe à des scènes avec Maria ?
-Elle n'est pas ta soumise ?
-C'est un peu plus compliqué que ça et nous n'avons pas le temps pour une explication dans les règles. Sache juste que je n'ai pas touché Maria depuis ton départ en Décembre. Quand j'ai compris que tu étais partie à cause de moi et de mes croyances, j'ai arrêté. Elle ne m'intéresse plus. Elle a essayé de m'approcher la dernière fois mais j'ai eu l'impression de te tromper et ça, je ne peux pas le supporter.
-Es-tu en train de me dire que tu n'as eu aucune relation sexuelle depuis 8 mois ?
-En gros, c'est ça...
-Mais pourquoi continues-tu à aller au Cercle ?
-Parce que j'en suis le Maître de Cérémonie. Je me dois d'être présent pour mes invités même si je ne participe pas aux réjouissances.
J'étais déprimée d'apprendre qu'il se restreignait à cause de moi mais j'étais également honorée de savoir qu'il m'appréciait assez pour être fidèle alors que nous n'avions jamais parlé de cela avant.
-Et tu arrives à résister à la tentation ?
-Tu en fais assez pour que je n'explose pas Darlin'... Et puis quel dominant je serais si je n'arrivais pas à me contrôler un tant soit peu ?
J'étais sérieusement en train de me demander s'il ne méritait pas une remise de peine pour son comportement exemplaire. Je savais que les hommes vivaient mal l'abstinence...
-Pour en revenir à ce qui se passe le soir, tu n'auras pas à m'attendre car je serais prêt dès que tu auras fini. Habituellement, je reste dans mon bureau dès que j'ai lancé la soirée.
-Tu dois te faire chier...
-Oui, j'avoue mais que veux-tu, j'essaie de plaire à une belle brune alors j'évite de déconner...
Le serveur nous apporta nos assiettes, coupant court à la conversation et je ne pus m'empêcher de rougir en comprenant le sens de ses paroles. Il croqua dans une tomate avant de reprendre.
-Je crois qu'il est temps que je te donne quelques précisions sur mon mode de vie Darlin'. Que dirais-tu que nous en parlions en rentrant chez moi ce soir ?
-Ça me plairait bien, oui.
Nous arrêtâmes notre discussion sur ces mots et nous nous concentrâmes sur notre repas. J'étais maintenant pressée de rentrer pour avoir LA discussion que j'attendais avec impatience. J'étais beaucoup trop curieuse de savoir réellement ce que comportait la mention BDSM.
Après notre repas, nous retournâmes au bar et je passai par le vestiaire pour changer de tenue avant de commencer mon boulot. Le groupe avait déjà commencé à jouer et j'espérai réellement que personne n'allait de demander de chanter. Je n'en avais pas envie et je n'avais aucun message à faire passer ce soir.
Malgré la chaleur ambiante, je dus préparer une quantité effarante de cafés en tout genre. D'après Jazz, c'était devenu un incontournable du Texan Lair. Les gens venaient pour ça, tout simplement. Garrett passa la soirée à naviguer dans la salle pour servir les plateaux que je préparai et j'observai du coin de l'œil son manège. Il faisait systématiquement un détour vers la table des bimbos et j'aperçus plus d'une fois le clin d'œil d'une des blondes. A peu près une heure avant la fermeture, il revint vers moi pour une commande d'Irish et je ne pus m'empêcher de l'emmerder un peu.
-Tu me la présenteras un jour ?
-Hein ? Tu parles de quoi ?
-Bah de ta copine...
Il rougit comme un puceau avant de baragouiner une phrase inintelligible et je me moquai gentiment de lui tout en préparant le plateau Dès que Nathan eut fini de raccompagner les gens vers l'extérieur, il ferma les portes afin que je puisse m'atteler au ménage. C'était le plus long à faire mais je préférais y passer une heure avant de partir plutôt que de venir plus tôt le lendemain pour le faire.
J'étais en train de laver le sol derrière le bar quand la porte du bureau s'ouvrir sur un Jasper souriant. Je lui fis un signe avant de terminer mon nettoyage puis emmenai le seau dans les vestiaires pour le vider.
-Tu es prête à rentrer à la maison ?
Il annonçait toujours ça comme si son manoir était notre maison et j'adorais ça. Sans le vouloir, il me rendait importante et cela gonflait mon cœur de joie. Je n'étais pas juste une femme lambda, j'étais celle qu'il ramenait chez lui. D'après ce que Rose m'avait expliqué, il ne l'avait jamais fait. J'étais la première.
-Oui, c'est bon. J'ai fini...
Il me sourit puis alla ouvrir la porte du vestiaire. Je plaçai la caisse dans le coffre à l'entrée puis le retrouvai dans la rue. Il attrapa ma main pour nous diriger vers sa voiture. Il m'aida à m'installer puis nous emmena à travers les rues endormies de San Francisco pour rallier sa gigantesque maison.
Nous avions nos habitudes comme si nous étions un vieux couple et cela me faisait rire. Pour ne pas déroger à la règle, nous rentrâmes de concert en nous tenant la main puis nous allâmes à la cuisine boire un verre avant d'envisager autre chose.
-Tu vas à la douche en premier ?
-Oui... Tu te rends compte qu'on se comporte comme un couple marié depuis 30 ans ?
-Oui, je me disais la même chose à l'instant. C'est flippant, je trouve.
-Ça me plait bien d'avoir ce genre d'habitude avec toi, Darlin'.
Pendant qu'il prenait sa douche, j'en profitai pour nous préparer un petit encas et allai le placer sur la table du salon de jardin. Il faisait encore une chaleur intolérable et j'aspirai à profiter de l'extérieur un maximum. Nous nous installâmes au bord de la piscine, profitant de l'éclairage doux et je me calai dans les bras de Jazz en soupirant.
L'instant était assez délicat et je n'étais pas sûre de savoir comment entamer la discussion. Ses mains m'attirèrent à lui afin que je sois collée à son corps et il soupira doucement avant de se décider.
-Je suis celui qui a le plus souffert de rejet de notre mère. J'avais mon frère et ma sœur, certes, mais j'ai toujours voulu attirer l'attention de notre génitrice. Je faisais tout mon possible pour avoir les meilleures notes pour espérer grappiller quelques étreintes réconfortantes. Je n'y avais malheureusement jamais le droit car elle trouvait quelque chose à redire...
-Comment s'appelait-elle ?
-Reine. Et je peux t'assurer que son comportement correspondait parfaitement à son prénom. Je voulais t'expliquer ça avant de te raconter ma façon de vivre.
-Cela a quelque chose à voir avec Œdipe ?
-Je n'y avais jamais pensé... Mais je ne crois pas, non. En fait, c'est un peu plus simple que ça. J'ai découvert que si je dirigeais mes relations en contrôlant mes partenaires, je n'avais pas à souffrir d'abandon ou de rejet. C'est légèrement malsain, j'en ai conscience mais cela m'est venu si naturellement que je n'ai pas pu le rejeter.
-Frappes-tu tes soumises pour te venger de ta mère ?
-Non ! Jamais ! Je ne reporte pas ma colère sur mes partenaires. Ce n'est pas ce que je recherche dans ce genre de relation. Elles doivent me faire confiance à 100% et c'est ça qui me plait. Je veux qu'une femme s'abandonne à mon contrôle, qu'elle me laisse la main sur son plaisir et ses orgasmes, ainsi que sur son corps.
-Je croyais qu'être Dominant signifiait infliger des punitions avec une cravache ou un fouet.
Il se mit à rire en me faisait pivoter pour que je le regarde. Je ne pouvais pas m'empêcher de laisser sortir mes craintes par rapport à ses pratiques. Après tout, nous étions en couple et je savais que nous allions avoir des rapports sexuels sous peu. Si je pouvais me préparer à me soumettre un peu, autant le faire maintenant.
-Comme beaucoup de non-initiés, tu penses à tort que le BDSM se résume à foutre des branlées à des femmes soumises, ligotées sur une croix dans une pièce sombre et glauque. Me trompe-je ?
-Non, pas vraiment. J'ai vu tes Play-Room et j'ai vu les accessoires à disposition. J'ai même vu les traces rouges dans le dos de Rose la dernière fois.
-En as-tu parlé avec elle ?
-Non... Je ne veux pas qu'elle soit gênée.
-Pourquoi serait-elle gênée de parler de quelque chose qu'elle apprécie de faire ?
-C'est personnel...
-Elle ne considère pas cela comme un vilain secret à garder. Elle assume pleinement son côté soumis et s'en amuse souvent. C'est un jeu assez récurent entre Emmett et elle. J'ai une question pour toi, as-tu déjà vu la peur dans le regard de ma sœur à la fin d'une scène ?
-Non, jamais.
-As-tu eu l'impression qu'elle faisait ça par obligation ?
-Non. Elle aime Emmett, ça se lit sur son visage. Il ferait tout pour elle et inversement.
-Et pourtant il la domine. Il est son Maître, pour tout te dire.
-Tu en es un aussi ?
-Non... En fait, je suis le Maître de Cérémonie du Cercle car j'en suis le propriétaire mais je ne suis que Dominant avec mes partenaires. Je vais t'expliquer la différence. Le Dominant - moi par exemple - ne fait pas que donner des ordres. La Domination ne consiste pas simplement à donner des ordres d'une manière aléatoire. Je préférerais m'attacher à trouver le moyen de donner à ma soumise le désir de me plaire. Je me dois d'être un protecteur, un professeur et un amant. En tant que protecteur, je dois être plus fort que la soumise et également plus fort que les autres hommes de notre entourage.
Pour ne pas rendre cette discussion trop rigide, je m'amusai à tâter ses bras comme pour m'assurer de ses muscles, ce qui le fit rire.
-Ne le prends pas mal mais je crois qu'Emmett est plus fort que toi.
-Emmett est le plus fort dans l'entourage de Rose. Je suis son frère, pas un Dominant potentiel. Attention, quand je parle de force, je ne parle pas que de force physique ou de taille. Il s'agit aussi de la force de caractère et de la personnalité. En tant que professeur, je dois être sage et par-dessus tout, juste. Je ne dois pas punir arbitrairement une soumise. Toute punition doit avoir une raison. Dans le cas contraire, la confiance et la sécurité de ma partenaire seraient brisées. Je dois la respecter. Le respect est d'ailleurs une qualité méritée par le Dominant s'il est juste, d'un jugement rapide et capable de justice ainsi que de récompense envers sa soumise.
-Donc, ce que tu me dis c'est que le Dominant fait tout le boulot.
-Non, pas vraiment. Une soumise doit également respecter son Dominant. C'est un échange donnant - donnant. En réalité, elle joue un rôle déterminant dans le développement de la relation. Son rôle primaire est d'obéir aux ordres du Dominant et de lui faire plaisir. Attention, cela ne veut pas dire qu'elle doit être un paillasson. La soumise est la compagne, l'étudiante et l'amante. Elle doit être traitée avec respect et dignité. Elle est autorisée à émettre des opinions et peut partager des activités avec son Dominant.
-Mais, je croyais que tu ne voulais pas voir tes soumises en dehors du Cercle.
-Oui, c'est vrai. C'est un choix personnel et j'en parle toujours avec mes partenaires avant qu'un engagement soit pris. Je ne les laisse pas dans le noir, je suis précis dans mes demandes et mes attentes. Si elles ne veulent pas, je ne les oblige pas. Une fois qu'elle est d'accord avec ce que je lui propose, elle doit apprendre à me faire plaisir et quand ceci est fait, elle aspire à être récompensée. De la même façon, le non-respect d'un ordre entraîne une punition et je peux même t'assurer que certaines soumises aiment fauter pour obtenir une punition. La limite entre la douleur et le plaisir est très mince, et tout l'art de la Domination réside là-dedans.
-Tu me dis qu'une soumise peut aimer avoir mal ? Je ne comprends pas...
-Le dominant n'est pas là pour infliger souffrances et dégradations à la soumise mais pour lui indiquer les moyens et le chemin pour lui plaire. Comme amant, il se doit d'être aimant et le cas échéant, dur. Il est conscient qu'il est la seule source de plaisir de la soumise. Il ne doit pas négliger ce point. Il doit être, lorsque les circonstances l'exigent, gentil, compréhensif et tendre. Une relation dominant / soumise n'est pas un abus de pouvoir. Il appartient au Dominant de faire attention au bien-être de sa soumise. Si la punition est requise pour arrêter une action négative, cela est du ressort du dominant. De la même manière, les bonnes actions de la soumise doivent également être notées par le dominant et faire l'objet de tendresse.
-Pourquoi avoir besoin de règles pour savoir ce qui est bien ou mal ? Je n'arrive pas vraiment à concevoir qu'on puisse faire quelque chose de mal dans une relation sexuelle d'ailleurs.
-Vois ça comme un scénario, une histoire dont les principaux acteurs sont le Dominant et la Soumise. J'édicte des règles pour un jeu afin d'emmener ma partenaire à me laisser la main sur son plaisir et aussi pour qu'elle puisse atteindre un niveau de bien-être plus élevé.
-En quoi une punition va m'emmener plus loin dans mon orgasme ? Je ne comprends pas le concept.
-Imagine que tu sois étendue sur mon lit, dans l'incapacité de pouvoir bouger et que je t'ordonne de ne pas faire de bruit durant toute la scène. Si tu écoutes, je t'autorise à jouir mais si tu gémis, je te refuse l'orgasme.
-Tu ne peux pas obliger quelqu'un à se retenir.
-Si, en réalité, ça vient avec le temps. Tu y arrives d'ailleurs puisque tu m'as dit que tu n'avais jamais réellement joui avec un partenaire. Inconsciemment, tu te retiens. Mon rôle de Dominant, dans notre cas, serait de tout faire pour obtenir ta confiance afin que tu t'abandonnes à tes orgasmes.
Cette conversation était en train de me donner chaud. Sans réellement le dire, il suggérait qu'il allait m'emmener à quelque chose que je n'avais jamais expérimenté et juste pour ça, j'étais prête à le laisser me dominer... un peu. Il ne se rendit même pas compte de ma lutte interne et continua ses explications sur son monde, d'une voix douce et envoutante.
-Comprends-tu ce que je voulais dire en parlant d'échange ? En tant qu'amante, la soumise doit faire tout son possible pour plaire au dominant car, par principe, elle s'occupe de son bien-être au même titre que lui s'occupe d'elle. Elle ne fait pas cela par crainte de souffrances et ou de représailles, ni dans un but d'une rétribution mais parce qu'elle veut faire plaisir. Elle ne veut pas décevoir son dominant. Elle tire son plaisir de celui qu'elle procure à son Dominant.
Je comprenais parfaitement ce qu'il voulait me dire et j'étais obligée d'admettre que c'était à l'opposé de mes croyances. Je n'étais pas encore sûre de vouloir lui confier mon corps et mon âme mais j'étais d'accord pour essayer.
-Tout à l'heure, tu m'as dit qu'Emmett était un Maître. Quelle est la différence ?
-Le Maître est au niveau supérieur dans le contrôle en B&D. Il applique les mêmes règles que le Dominant mais au sens plus strict de la chose. Sa partenaire n'est pas une soumise mais une esclave et elle lui appartient tout simplement. Le Maître considère son esclave comme un bien de très grande valeur. Les offenses aux règles édictées sont, en général, traitées avec sévérité. De même, la satisfaction du Maître fait l'objet d'attentions supérieures. Il est également le protecteur de son esclave en tout temps. L'esclave dépend entièrement de son Maître. C'est une histoire de propriété.
-C'est malsain !
-Tu ne peux pas dire ça. Pour certains, tes "passe-temps" sont malsains aussi Darlin'. Pour ma part, je pense que tant que chacun y trouve son compte et surtout du moment que tout est fait dans les règles de l'art, il n'y a rien de malsain. N'oublie pas que nous sommes des adultes consentants. Il n'y a pas d'obligation à entrer dans notre monde, ni de punitions parce qu'on dit non... Enfin sauf lorsqu'on joue. Nous avons même des contrats précis détaillant ce qui peut être fait ou pas.
Je me retrouvai con devant sa tirade et préférai me concentrer sur les reflets dans la piscine plutôt que sur ses yeux. Il soupira en passant sa main dans les cheveux avant de continuer.
-Il reste un dernier "niveau" au monde BDSM. Il s'agit du sadisme. C'est le niveau ultime, celui que je ne comprends pas vraiment. En quelques mots, c'est une perversion qui consiste à tirer sa satisfaction sexuelle de souffrances infligées aux autres. Ils ressentent un plaisir à être cruel. Marcus est sado, en plus d'adorer le voyeurisme. Là où le Maître corrigera son esclave avec un coup de cravache, le sado s'assurera de faire couler du sang même pour la gratification. Le Maso recherche ça... Je n'ai jamais parlé de ça avec eux et je dois t'avouer que ça ne m'intéresse pas du tout.
Je frissonnai violemment lorsque des images de tortures traversèrent mon esprit et Jasper dut s'en rendre compte car il m'attira à lui pour me câliner en me berçant doucement.
-Je ne te ferais jamais souffrir Darlin'...
-J'espère bien pour toi, sinon je te jure que je te démonte la tronche ! Sans rire ...
J'avais assez de connaissances pour ne défendre si quelqu'un me faisait souffrir et j'étais même prête à le montrer à qui de droit pour avoir la paix.
-Et si nous allions dormir ?
-Bonne idée...
Nous nous levâmes sans nous lâcher la main et montâmes dans la chambre de Jasper pour nous étendre sur le lit. Chacun de notre côté, positionné sur le flanc, nous nous souhaitâmes "Bonne nuit" avant de dériver vers le sommeil. J'en profitai pour penser à tout ce qui avait été dit durant la soirée. Je continuai à penser que je devais attendre avant de me donner à lui, même si ma salope intérieure n'était pas d'accord. Je voulais prendre mon temps, être sûre de moi, surtout si ça me permettait de préserver mon cœur. Edward avait déjà assez foutu le bordel comme ça.
(_¸.•°´'`°¤,¸.•*´`*•.¸,¤°´'`°•.¸_)
Voilà une vraie explication concernant ce monde si secret du BDSM… Je tenais à le mentionner, surtout pour rétablir une vérité souvent tronquée, déformée et amplifiée. J'ai dû chercher un moment avant de trouver ces réponses. J'espère que vous aurez compris la démarche !
En attendant, j'attends vos commentaires avec impatience ! Passez une excellente semaine et rendez-vous mercredi prochain pour l'épilogue.
