Bonjour à tous,
Voici enfin la suite de Fallen angels. Ce chapitre apparaît plus comme une transition qu'autre chose à mes yeux, le contenu n'étant pas d'une intensité extraordinaire … Mais je crois qu'il est tout de même important pour la suite du récit.
Alors je m'excuse par avance s'il ne vous apparaît pas aussi passionnant que les autres, et tenterai de vous mettre la suite en ligne plus vite (et pardon vraiment s'il reste des fautes, je n'ai relu que rapidement, par manque de temps !).
Je vous souhaite de passer un bon moment malgré tout, et encore merci à tous ceux qui me suivent sur cette fic et qui ont la patience de m'attendre (je vous admire, franchement, lol !).
Disclaimer : la plupart des personnages et lieux appartiennent à J.K. Rowling, le reste est à moi.
Rating : K
Bonne lecture : )
Fallen angels
Chapitre 21 : Protect yourself
Que dois-je faire ? J'ai le vertige tant ma vie semble en équilibre instable …
J'ai l'impression d'être au bord d'un précipice, et qu'on vient de me donner l'occasion de faire un grand pas en avant. Que faire ? Si je reste prudemment au bord, je ne souffrirais peut-être pas plus, mais je ne changerais rien non plus à ma vie. Si j'avance, je tombe dans le vide, mais en m'ouvrant la possibilité de découvrir enfin autre chose …
Ce que je voudrais savoir, c'est ce qui sera le plus douloureux …
Tomber dans le précipice.
Ou rester au bord.
Harry n'avait pas dormi de la nuit, et cela se voyait. Au repas de midi, quand Dean lui fit la remarque qu'il avait vraiment l'air crevé, le brun ne put réprimer un soupir et lança, exaspéré :
« Si tu crois être le premier à me le dire, tu te trompes ! »
Son camarade eut un petit mouvement de recul, et fit, maussade :
« Oh, le grand Potter s'est levé du pied gauche, ce matin, ou quoi ? »
Hermione se pencha vers Dean et eut un petit regard d'excuse :
« C'est juste que tu es au moins le 15ème à lui dire depuis qu'il est levé, alors … »
« Oh, d'accord … » Baissant la voix, le jeune homme demanda à la brune : « C'est rapport à l'attaque d'hier ? »
Hermione ouvrit de grands yeux, puis soupira : « Tout le monde est déjà au courant ? »
Seamus, tout en réclamant le pain à la meilleure amie de Harry, intervint, dans un large sourire : « Tu sais bien que rien ne reste jamais secret très longtemps, à Poudlard. »
« Oui, c'est vrai, mais … Qu'est-ce que vous savez, au juste ? » demanda la jeune fille à ses camarades, d'un ton aussi détaché que possible.
Ce fut Neville qui répondit, se mêlant lui aussi à la conversation.
« Ce que tout le monde raconte : que des Mangemorts ont attaqué Pré-au-lard, et que Lupin, Ron et Harry se sont battus contre eux et les ont mis en fuite … »
« Et c'est tout ? » s'étonna la brune.
« Ben oui, c'est tout. » fit Ginny, en venant s'asseoir en face de son amie. « Que voudrais-tu qu'il y ait d'autre ? » La rouquine lança un regard appuyé à Hermione, qui dit alors, en riant exagérément :
« Ben rien ! Ah ah, oui, c'est tout, évidemment … Non, je sais pas, je me demandais si on savait ce que voulaient ces Mangemorts … »
« Foutre le bazar, comme d'hab ! » conclut avec force Lavande, se mêlant elle aussi au débat. Puis elle dévia la conversation sur un tout autre sujet, autrement plus passionnant pour elle : « Au fait, vous êtes au courant que moi et d'autres septième année avons été chargés par ce brave Dumbledore d'organiser, comme nous le voulons, la fête de Noël à Poudlard ! J'avais alors pensé à … » Les autres Gryffondors se captivèrent alors instantanément pour la discussion lancée par la blonde, délaissant Hermione et Ginny.
La sœur de Ron se pencha alors par-dessus la table et murmura à son amie, tout en faisant mine de piquer quelques carottes dans son assiette :
« Ne t'en fais pas, rien n'a filtré concernant l'intervention de l'Ordre ou … concernant Harry. » Elle haussa les épaules, et conclut, d'un ton un peu mauvais : « Tu vois bien qu'il y a des choses qui arrivent à rester secrètes à Poudlard. »
Hermione saisit bien, au ton aigri de la rouquine, que Ginny était vexée d'avoir été maintenue si longtemps dans l'ignorance de ce qui était arrivé à Harry. Pourtant, quand ils l'avaient fait venir à l'infirmerie hier soir pour lui révéler leur secret, elle avait paru bien le prendre.
Elle n'avait pas dit grand-chose, en fait, et avait affiché un air de compréhension.
Mais comprendre la situation et l'accepter étaient deux choses différentes.
Toutefois, Hermione décida de remettre le problème de l'honneur blessé de Ginny à plus tard. Elle avait déjà fort à faire avec ses autres préoccupations pour s'en rajouter une pour le moment. Elle finit rapidement son petit déjeuner, puis fit signe à Harry de la suivre. Une fois rendus dans le couloir, elle lui demanda :
« Je vais aller rendre visite à Ron à l'infirmerie avant d'aller en cours. Tu veux venir ? »
« Non. » Devant l'air presque choqué de sa camarade, le brun ajouta précipitamment, sur un ton d'excuse : « Heu, je ne peux pas … Le professeur … Rogue, m'a demandé de venir le voir dès que je pouvais. »
Les yeux de Hermione s'agrandirent sous la surprise :
« Ah bon ? Mais nous n'avons cours avec lui que dans deux heures. »
Le jeune homme haussa les épaules en signe d'ignorance, puis demanda, en voyant le visage inquiet de l'autre :
« Quelque chose ne va pas ? »
Elle hésita, puis glissa d'un ton prudent : « Je me demandais juste ce qu'il te voulait. »
« Je ne sais pas, mais quelle importance ? »
« Non, c'est juste que … » Elle se tut, puis secoua la tête et esquissa un pâle sourire à son ami. « Peu importe, vas-y, il vaut mieux ne pas le faire attendre. »
Harry acquiesça, et fit mine de partir. Toutefois, il ajouta avant de s'éclipser : « Je me trompe, Hermione, ou tu n'apprécies pas vraiment le professeur Rogue ? »
La brune sourit, puis ajouta d'un ton plein d'amertume : « Il faut dire qu'il nous l'a toujours bien rendu. A … à toi, particulièrement. »
D'un ton plus sec qu'il ne l'aurait souhaité, Harry répliqua :
« Ce n'est pas l'impression qu'il m'a donné hier, cependant. » Puis, avisant l'air surpris de son amie, il s'excusa, puis fila en direction des cachots.
oOoOoOoOoOo
Tout se bouscule, tout se mélange … Ca me dérange.
Je ne comprends plus quel regard porter sur les autres … Je ne semble pas leur accorder la confiance qu'il faudrait, et je me méfie de ceux qui veulent pourtant mon bien.
Mais comment savoir où est le bien, le mal ? Je me sens comme un petit enfant qui a encore tout à apprendre, et qui se trompe sans cesse. Il faut qu'on me tienne la main, pour que je sache où mettre mes pas …
Mais …
Mais, j'ai envie d'avancer seul. J'en ai assez qu'on me tienne la main.
Tout en craignant sans cesse d'être laissé seul.
Après s'être trompé une ou deux fois de chemin, Harry finit par frapper à la porte du bureau du Professeur des Potions. Il était, une fois de plus, en proie à des questionnements qui le perdaient. Que faire de la méfiance de Hermione à l'égard de Rogue ? Devait-il rester sur ses gardes, alors que depuis la veille, tout son être lui intimait au contraire de croire en cet homme, qui était venu les sauver, lui et ses amis.
Après tout, suivre son instinct lui avait plutôt réussi … alors pourquoi ne pas le suivre encore aujourd'hui ?
Au moins un peu ?
« Entrez, Potter. » fit une voix glaciale de l'autre côté de la porte.
Harry pénétra dans le sombre cachot qui servait de repère à Severus, puis demanda timidement, après avoir refermé derrière lui le lourd battant de bois :
« Vous saviez que c'était moi ? »
Rogue, jusque-là plongé dans la lecture d'un parchemin, leva un regard impénétrable vers son élève, puis déclara, après un long silence qui mit mal à l'aise Harry :
« Vos pensées étaient si tumultueuses et agitées qu'elles ne pouvaient que porter votre signature. »
« Hein ? » fut la seule chose que put lâcher le Survivant, aux paroles de l'homme.
L'autre se contenta d'esquisser un petit sourire en coin, avant de retourner à la lecture de son document, comme s'il en avait fini avec le jeune homme.
Harry resta un moment, debout, les bras ballants, face au bureau de Rogue, laissant les paroles de son professeur faire longuement leur chemin jusqu'à son esprit. Et enfin, il comprit.
Choqué, déstabilisé, presque admiratif aussi, il balbutia alors :
« Vous … vous avez lu dans mes pensées ? »
« Si vous ne le vouliez pas, il ne fallait pas les laisser suinter hors de vous avec autant … » Rogue fit claquer sa langue, comme s'il cherchait le mot le plus approprié, puis tourna ses yeux sombres vers son élève : « … d'indécence. »
Harry rougit un instant, gêné que l'autre ait perçu les doutes qu'il émettait à son sujet. Toutefois, il se reprit et demanda, après un moment, tout en s'approchant du bureau un peu plus près :
« Vous vouliez me voir … professeur ? »
Rogue parut, l'espace d'une seconde, surpris. Sans doute ne s'était-il pas attendu à ce que son élève arrive à garder sa contenance. En cela, il reconnut le Harry d'autrefois : celui-ci n'avait jamais cédé face à lui, ou abandonné la partie –quitte à faire preuve d'insolence. Mais l'homme put constater en cet instant aussi à quel point son élève avait changé : jamais auparavant le jeune Potter n'aurait pu rester aussi impassible, sans s'énerver. Rogue n'irait pas jusqu'à dire qu'il l'avait provoqué exprès, mais …
« Oui. » finit par répondre le professeur. « Je crois qu'il est temps que nous reprenions quelques cours … particuliers. »
Le Gryffondor haussa un sourcil, surpris, mais ne dit rien. Rogue, lui, esquissa un sourire, cette fois dénué de toute animosité ou méchanceté.
Il le pressentait, cette fois-ci, les cours d'occlumancie avec son jeune élève seraient beaucoup plus productifs que la dernière fois.
Beaucoup plus …
oOoOoOoOoOo
Je n'ai jamais autant sollicité mon esprit que depuis que j'ai voulu le fuir, le fermer à moi.
Je ne pense pas que même avant, je soupçonnais qu'on pouvait tant l'exploiter, le travailler, le moduler … Est-il possible d'en faire réellement ce qu'on veut ?
J'aimerais me dire que oui. Après tout, en oubliant volontairement des souvenirs, en ayant la possibilité d'en retrouver d'autres à mon rythme, n'est-ce pas ce que je fais ? Ai-je vraiment la toute-puissance de contrôler mon esprit ?
Ou reste-t-il malgré tout le maître ?
Et ne suis-je pas en train de devenir fou à vouloir lutter contre une partie de moi-même ? De ce que je suis ?
Je m'aliène, je crois.
Draco referma doucement derrière lui la grande porte d'entrée de Poudlard, tentant de faire le moins de bruit possible. Aussi sursauta-t-il en entendant quelqu'un s'adresser à lui, alors qu'il se croyait seul, vue l'heure tardive.
- Draco, tu étais sorti ?
« Pardon ? » murmura le blond, un peu perdu, tournant la tête de tout côté. Le hall était pourtant bien éclairé, mais il ne distinguait personne. Un peu inquiet, il finit par s'avancer doucement, surtout dans le but d'échapper à Rusard si celui-ci venait à être attiré par le bruit dans cette partie de l'école.
- Ici, je suis là, Draco, reprit la voix.
« Où ça ? » demanda Malefoy, d'un ton un peu plus aigu.
« Ici ! » fit la voix, cette fois plus distinctement. Au même instant, Harry retira sa cape d'invisibilité, révélant sa présence à quelques centimètres à peine du malheureux Draco qui poussa un cri d'effroi.
« Par Salazar, Harry ! Tu m'as fait peur ! » Il reprit son souffle, tentant d'apaiser les battements de son cœur. Harry, lui, affichait un visage si réjoui que son compagnon ne put s'empêcher de demander, suspicieux : « Qu'est-ce qui t'arrive, toi ? Tu n'es pas comme d'habitude … » Et de fait, le blond n'avait pas vu le Survivant aussi heureux depuis son retour. Pour tout dire, il ne l'avait certainement jamais vu avec un visage aussi rayonnant –surtout face à lui ! Et Draco se doutait bien que ce n'était pas la petite blague que venait de lui faire l'autre qui pouvait rendre Harry si heureux.
« J'ai eu une bonne journée. » se contenta de répondre le brun, sans se départir de son sourire éclatant. Il passa les bras autour des épaules du Serpentard, mais étonnamment celui-ci ne lui rendit pas son étreinte, se dégageant légèrement.
« Oui, je vois ça … » répliqua le blond, avec une amertume à peine voilée. Il détourna le regard, comme si voir la joie de son compagnon lui était en cet instant trop insupportable.
Ce dernier, avisant la réaction un peu froide de son interlocuteur, perdit instantanément son euphorie passagère, et demanda, tout en redescendant ses mains des épaules de l'autre :
« Mais on dirait que ce n'est pas ton cas … »
Draco jeta un rapide coup d'œil à Harry, et se maudit intérieurement en voyant qu'il avait réussi à faire perdre, en une seconde, tout entrain à son petit ami. Il se força à esquisser un sourire, puis empoigna le brun par les hanches, le poussant doucement contre un mur. Se blottissant contre son corps, Malefoy attrapa la cape d'invisibilité que tenait toujours Harry, et les en recouvrit. Il gloussa, et dit au brun tout en l'embrassant dans le cou :
« Ca m'a l'air très sympathique, ce petit accessoire … Tu l'as eu où ? »
Sous les cajoleries de son ami, Harry se détendit de nouveau, et c'est avec un enthousiasme renouvelé qu'il indiqua, tout en serrant le corps de son amant un peu plus contre lui :
« C'est Ron qui me l'a donnée aujourd'hui ! Il a pu sortir de l'infirmerie ce soir, et quand on est rentré au dortoir, il a sorti cette cape du fond d'une de mes malles, en m'indiquant à quoi elle servait. Il paraît que je l'ai depuis ma première année … »
« Ca explique pas mal de choses … »
« Hein ? »
« Rien, rien … » reprit Draco un peu plus fort. Il posa la tête sur l'épaule de Harry, resserrant davantage la cape autour d'eux. « C'est sympa en tout cas … J'aime l'idée qu'on puisse être là sans que personne ne puisse nous voir. »
Harry gloussa et murmura : « Ca te donne des idées … » Son ton s'était fait plus gourmand, tandis que sa main remontait lentement dans le dos du blond.
Mais celui-ci répondit d'un ton las, sans toutefois repousser Harry :
« Pas ce soir, non … » Après un instant, il soupira et ajouta, comme s'il avait perçu le trouble qui avait envahi le brun à ces mots : « Désolé. »
« Non, ne t'excuses pas. » Il y avait de la sincérité dans la voix de Potter, mais aussi une certaine angoisse. C'était si rare pour lui de se sentir bien alors que Malefoy semblait mal qu'il était un peu perdu.
Désireux de changer de conversation, Draco, toujours blotti dans les bras de Harry, les yeux dans le vague, demanda :
« Au fait, c'était quoi ce truc que tu m'as fait tout à l'heure ? »
« Ce truc ? » s'étonna Harry.
« Mais oui, tu sais, avec ta voix … »
« Ah oui ! » s'exclama le Gryffondor, de nouveau avec entrain. Ca, tu veux dire ?
« Oui, ça ! » s'écria Draco. « Ca fait bizarre, j'ai l'impression d'entendre ta voix dans ma tête … »
- Parce que c'est le cas, lança Harry avec un sourire satisfait, en voyant l'étonnement croissant de son vis-à-vis. Il reprit finalement à voix haute, pour rassurer le blond : « J'ai commencé aujourd'hui des cours de … de … ah oui ! d'occlumancie et de légilimancie. Avec ton parrain. »
« Rogue t'apprend l'occlumancie et la légilimancie ? » fit Draco, stupéfait, considérant cette fois son compagnon avec un étonnement non feint. Harry hocha la tête avec vigueur, et un voile sombre passa alors sur le visage de Malefoy, qui murmura tout en détournant la tête :
« Tu ne devrais pas m'en dire tant, Harry … Protège-toi. »
« Pardon ? »
« Non, rien … » Le Serpentard le regarda de nouveau, puis dit, légèrement suspicieux : « Mais alors … tu as lu dans mes pensées tout à l'heure ? »
Avant même de savoir si Draco lui en voulait pour ça ou manifestait au contraire de l'admiration, le brun se récria, levant les mains :
« Oh non non non ! Le professeur Rogue m'a bien dit que c'était interdit … »
« Ca lui va bien de dire ça … » grinça le filleul du Maître des Potions entre ses dents.
« … là, j'ai seulement appliqué une partie de ce pouvoir. » reprit Harry, ignorant l'intervention du jeune homme. « Je t'ai juste transmis mes pensées, je les ai en quelque sorte imposées à ton esprit, mais sans lire les tiennes. » assura-t-il avec véhémence.
Draco parut alors à ce moment-là exprimer du soulagement, mais le Survivant n'eut pas le temps de s'étendre sur la question : un bruit, à l'autre bout du couloir, leur indiqua que Rusard poursuivait sa ronde nocturne par cette partie du château.
« Viens, filons. » glissa Draco à son compagnon, et tous deux s'enfuirent sur la pointe des pieds, dissimulés sous la cape d'invisibilité de Harry, qui ne pouvait retenir quelques pouffements.
oOoOoOoOoOo
M'est-il vraiment permis d'avoir ces moments de joie … futile ?
Ai-je le droit de m'amuser de choses si insignifiantes ?
Un pouvoir nouveau et intéressant …
Un moment passé à voler sur mon balai …
Des baisers invisibles échangés dans un couloir, la nuit …
D'où me vient ce sentiment de bonheur, où peut-il bien se nicher en moi alors que tout m'apparaît d'ordinaire si sombre, si confus ?
Après avoir raccompagné Draco jusqu'à sa Maison, Harry repartit vers la tour des Gryffondors -dont il arrivait à présent à retenir sans mal le chemin. Il attendit d'être rentré dans leur salle commune pour retirer sa cape.
Nullement étonnée de voir apparaître son ami comme ça, Hermione, qui était en train de lire au coin du feu, demanda :
« Oh, tu étais de sortie, Harry ? »
Il n'y avait qu'une curiosité polie dans sa voix -du moins, en apparence, mais Harry préféra éluder sa question :
« Je pensais être le seul encore debout. Tu n'es pas couchée ? »
La jeune fille lui jeta un petit regard en coin -un de ses regards qui signifiaient bien « Je sais que tu me caches quelque chose mais je ne dirais rien pour l'instant », puis finit par dire, tout en refermant l'ouvrage qu'elle tenait sur ses genoux :
« J'allais y aller, justement. Il commence à se faire tard. »
« Bonne nuit, alors. » lui répondit le jeune homme, tandis qu'elle se dirigeait vers le dortoir des filles.
Mais avant de monter l'escalier, Hermione se retourna une dernière fois vers son camarade, et demanda à voix basse :
« Au fait, Harry … tu as utilisé la pensine ? » Sa voix trembla légèrement quand elle posa cette question, mais elle affichait en même temps une expression déterminée.
Elle avait bien conscience d'aborder là un sujet sensible, mais elle savait également combien il était important qu'elle tienne bon dans ses décisions, pour le bien de Harry.
Celui-ci, après un moment, répondit dans un murmure, qui se perdit dans la pénombre de la salle commune :
« Non. Pas encore. »
Hermione ne répondit rien.
Qu'y avait-il de plus à dire, après tout ?
De son côté, Draco était resté quelques minutes sur le seuil de sa salle commune, avant d'entrer. Avait-il attendu que Harry, bien qu'invisible, soit reparti vers sa Maison, ou redoutait-il le moment où il rentrerait chez les siens ? Nul n'aurait su le dire, mais quand il pénétra dans la salle verte et argent et qu'il s'aperçût que quelqu'un l'attendait, le prince blond ne put réprimer une grimace.
« Pansy … qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-il d'un ton las, tout en se dirigeant déjà vers sa chambre, peu désireux de s'attarder en compagnie de la jeune fille.
Celle-ci ne parut pas se formaliser du ton froid de son camarade, et esquissa un sourire :
« Je voulais savoir comment ça c'était passé … » fit-elle d'un ton doucereux.
Draco haussa les épaules avec désinvolture, et répliqua, laconique :
« Et bien, comme tu le vois, je suis rentré en un seul morceau. Tu n'avais donc aucune raison de t'inquiéter. » Et il ouvrit la porte, signifiant par ce geste à la brune que la conversation était terminée.
Mais peu soucieuse d'éventuellement réveiller tous leurs camarades qui dormaient déjà depuis un bon moment, Parkinson poursuivit, sur le ton badin de la conversation, tout en s'adossant à un des lourds fauteuils de velours vert de la salle :
« Oh, mais je ne m'inquiétais pas. Je voulais juste savoir ce qu'ils t'avaient dit … » Elle fit mine d'examiner ses ongles, comme si elle n'accordait en fait que peu d'importance à la réponse que pourrait lui apporter Draco.
Mais celui-ci, sans se retourner, lâcha d'un ton dur :
« Ca ne te regarde pas. »
Les yeux de Pansy se plissèrent jusqu'à se réduire à deux fentes sombres, et elle répliqua, glaciale, dissimulant mal sa rancœur :
« C'est quand même moi qui leur ait conseillé de t'approcher pour en savoir plus sur Potter ! La moindre des choses serait que tu me dises ce qu'ils ont décidé. Ce qu'il a décidé ! »
Seul le claquement de la porte se refermant sur l'héritier Malefoy lui répondit, résonnant longuement dans le silence aseptisé des cachots de Poudlard.
