Voilà la suite. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires ! Et si la fic vous plaît, n'hésitez pas non plus à en parler autour de vous !

Voilà, j'ai fait ma pub, je rappelle également que les persos ne m'appartiennent pas mais que je les ai empruntés à J.K. Rowling, et c'est reparti.

Hermione cligna des yeux, puis les referma bien vite, éblouie par la lumière qui l'entourait. Totalement désorientée, elle tenta de remettre de l'ordre dans ses pensées, tandis qu'une douleur lancinante envahissait son crâne et tous ses membres.

Je suis morte, se dit-elle d'abord. Mais la douleur physique rendait cette hypothèse pour le moins improbable. Elle entrouvrit ses yeux épuisés et brûlants, ce qui lui permit d'apercevoir des murs blancs, des meubles sobres, un rideau qui lui cachait le reste de la pièce, et une fenêtre par où entrait la cruelle lumière du jour, et à travers laquelle elle crut distinguer un décor familier. Un nouvel effort lui permit de tourner la tête pour mieux voir. Pas de doute, elle était à Poudlard, plus précisément dans l'infirmerie.

Bon, ok, je suis pas morte, ou alors ce paradis est vraiment spécial. Mais comment… ? Severus !

« Severus ! » cria-t-elle aux murs blancs, qui restèrent impassibles.

La jeune femme tenta de se lever, mais tout son corps protestait, et elle finit par s'écrouler à nouveau sur son oreiller, haletante.

« Il y a quelqu'un ? » demanda-t-elle d'une voix anxieuse. Pas de réponse. Où était tout le monde ? Est-ce que la bataille continuait ? Depuis combien de temps était-elle là ?

« Il y a quelqu'un ? » appela-t-elle à nouveau. Tout à coup, elle entendit une porte s'ouvrir quelque part, et des pas se rapprochèrent précipitamment.

Le rideau qui la camouflait à la vue fut repoussé, et c'est une Mme Pomfresh écarlate et hors d'haleine qui apparut, l'accueillant avec ce déluge de paroles :

« Seigneur, Miss Granger ! Vous êtes déjà réveillée ? Le docteur Grant m'avait pourtant dit qu'il ne fallait pas y compter avant au moins deux jours encore ! Comment vous sentez-vous ? Mais vous êtes mal installée ! Rallongez-vous convenablement, voyons ! Tenez, prenez cet autre oreiller, vous serez mieux ! Avez-vous faim, soif ? Je vais aller vous chercher un bouillon de poule à la cuisine, cela vous donnera des forces.

-Que s'est-il passé, Mme Pomfresh ? parvint enfin à demander Hermione.

-Comment ? Oh, c'est vrai, vous êtes restée inconsciente si longtemps, vous ne savez donc rien ! Tout est terminé, ma chère ! et pour le mieux ! Grâce à vous et à Severus !

-Comment va-t-il ?

-Oh… il va très bien, aussi bien qu'on peut l'être. » Elle avait soudain l'air embarrassée.

« Où est-il ?

-Hum… Mais ne m'avez-vous pas demandé de vous raconter ce qu'il s'était passé ? Quelle mauvaise conteuse je fais ! De quoi vous souvenez-vous exactement ?

-Je crois… J'ai tué Isabelle ? Mais elle aussi m'avait lancé l'Avada Kedavra, je ne comprends pas comment…

-Cela, je peux vous l'expliquer. Mais d'abord, sachez qu'Isabelle n'est pas morte : vous n'avez pas l'âme assez noire pour tuer quelqu'un. Non, elle est à Azkaban, attendant d'être jugée. Quant à elle, elle aurait fort bien pu vous tuer, mais Severus ne l'a pas permis.

-… ?

-Il a dévié le sort au dernier moment, ce qui fait que vous n'en avez reçu qu'une fraction. Pourtant, quand il vous a ramenée ici, il croyait bien que vous étiez morte. Si vous aviez vu alors… Mais je m'égare ! Severus a donc dévié le sort, et c'est à ce moment que les Aurors sont parvenus à forcer le passage et à entrer. D'ailleurs, je me demande comment vous avez-fait, vous-même, toute seule ? Mais passons. Les Aurors sont entrés, ils ont vu Severus dévier le sort d'Isabelle, ils vous ont vue tomber, ainsi qu'Isabelle, et se sont précipités à votre secours. Et ce Philippe, cet… héritier, a profité de l'inattention générale pour s'enfuir.

-Alors ce n'est pas terminé, murmura Hermione, désespérée.

-Oh si ! rassurez-vous ! Simplement tout cela est arrivé il y a presque deux semaines déjà, il s'en est passé des choses, depuis !

-Je suis restée inconsciente deux semaines ! s'exclama la jeune fille.

-Il faut dire que vous avez été assez malmenée, jeune fille, et comme je vous le disais, le docteur Grant avait prévu…

-Que s'est-il passé ensuite ? coupa Hermione, impatiente à présent.

-Eh bien, ne pouvant plus rien faire, Severus vous a ramenée à Poudlard, cependant que vos amis s'occupaient des autres victimes.

-Y a-t-il eu des morts ?

-Pas de notre côté, je ne sais par quel miracle. Toujours est-il que l'on vous a ramenée ici, et vous sembliez bel et bien morte, lorsque je vous ai vue. Et pourtant non, après quelques minutes, j'ai pu entendre votre cœur se remettre à battre. Vous êtes moins fragile que vous n'en avez l'air ! s'exclama la matrone affectueusement.

-Il semblerait…

-Severus est resté jusqu'à ce qu'il vous sache hors de danger, vous et tous les autres, et puis, au matin, il est parti à la poursuite de ce Philippe. Nous n'avons pas eu de nouvelles avant plus d'une semaine, mais alors Minerva a reçu un message d'un hibou noir, qui nous apprenait que Philippe était enfin défait.

-Il est mort ?

-Oui. Tout est bel et bien fini, ma chère, Severus, une fois de plus, a mis fin à la menace qui pesait sur nous. Tout de même, je ne puis m'empêcher de penser, il était si jeune, à peine plus vieux que vous, il aurait pu s'amender avec le temps…

-Je crois que si Se… Mr Rogue l'a tué, c'est qu'il estimait qu'il n'y avait aucun espoir de ce côté-là. Il ne me semble pas qu'il mettrait fin à la vie d'un homme s'il en avait le choix, vous n'êtes pas de mon avis ?

-Si, bien sûr, mais je crois aussi que bien des choses vous échappent encore sur la personnalité de Severus. Il pardonne difficilement, aux autres aussi bien qu'à lui-même, et je pense qu'il lui était impossible d'accorder son pardon à Philippe.

-Et le professeur ? Est-il rentré ?

-Pas encore. Nous l'attendons, mais…

-Mais quoi ?

-Je ne sais pas, dans son message, il ne parlait pas de rentrer. Et avant de partir, il a mentionné une promesse, qu'il n'aurait pas tenue, et…

-Mais c'est ridicule ! s'exclama Hermione, comprenant mieux que personne la nature de cette promesse. Personne n'est mort, il doit revenir !

-Bien sûr qu'il doit revenir, mais s'il n'en a pas envie, qui l'y obligera ? Il n'est pas homme à se laisser dicter sa conduite. Heureusement, Draco le suit toujours, il n'est pas seul !

-Vous le connaissez mieux que quiconque, Mme Pomfresh, dit tout à coup Hermione.

-Oui, je crois que lui et moi sommes devenus, au fil du temps… des sortes d'amis, ou du moins ce qui s'en rapproche le plus pour lui.

-Vous a-t-il confié quelque chose ? A-t-il dit quelque chose de plus sur la raison qui l'empêchait de revenir ? A-t-il mentionné l'endroit où il était, ou bien où il projetait d'aller ?

-Je… J'ai bien peur que non… Mais je vous ai tenue éveillée trop longtemps, ma fille ! Et je ne vous ai même pas apporté votre soupe !

-Mais je…

-De toute façon, je n'ai plus rien à vous apprendre. Je vais vous faire porter à manger et avertir vos amis que vous êtes hors de danger. Mais je ne les laisserai pas entrer, je vous préviens ! Vous avez besoin de repos ! »

Sur ces mots, la brave femme coupa court aux supplications d'Hermione et se sauva, aussi rouge et essoufflée qu'elle était entrée.

Il parlait de la promesse que j'ai exigée de lui, songeait Hermione amèrement, cette promesse ridicule. Oh ! si seulement j'avais tenu ma langue ! Il serait là, à côté de moi, et nous serions les plus heureux du monde ! Pourquoi, pourquoi faut-il toujours que je gâche tout ! Maintenant, Dieu seul sait où il est et s'il ne revient jamais, ce sera ma faute…

Sur ces pensées décourageantes, la jeune femme sombra dans un sommeil agité et douloureux.

Quelques jours plus tard, quelque part en France.

« Severus, disait Draco, ça suffit maintenant. Reprends-toi, par Merlin ! Elle va bien, tu vas bien, tout le monde va bien. Pourquoi ne rentrons-nous pas ?

-Je ne te retiens pas, répondit une voix atone, du fond d'un fauteuil plongé dans l'obscurité.

-Tu sais bien ce que je veux dire ! s'emporta le jeune homme. Rentre, et tente encore ta chance.

-Non.

-Mais pourquoi, enfin ?

-Tu ne comprends pas, Draco… Je ne la mérite pas, je ne l'ai jamais méritée. J'ai été stupide de le croire, et maintenant elle ne me trouvera plus jamais en travers de son chemin pour la faire souffrir.

-Mais c'est idiot ! Tu lui as sauvé la vie !

-C'est à cause de moi qu'elle a risqué sa vie. Si je n'avais pas été là, il ne lui serait jamais rien arrivé.

-Ce qui est fait est fait. Pense à elle, maintenant, ne crois-tu pas qu'elle t'attend ? Tu la feras souffrir bien plus encore en ne revenant pas.

-Ca m'étonnerait qu'elle m'attende. Elle m'en voulait tellement… La voix se brisa. J'ai juré que plus personne ne pâtirait de cette guerre, et il a fallu que ce soit elle, elle entre tous !

-C'est la promesse la plus stupide que tu aies jamais faite, et cela m'étonne de Granger qu'elle t'ait demandé une chose pareille. Elle ne s'attendait certainement pas à ce que tu la prennes au pied de la lettre comme ça. Allez, rentrons !

-Rien ne m'appelle en Angleterre.

-Si. Moi. Je suis ton filleul, et je te le demande. Severus, s'il te plaît, au nom de notre presque parenté, je t'en prie, rentre avec moi.

-Ne m'attaque pas sur ce point, Draco !

-Bien sûr que si, c'est ton unique point faible, à part… Enfin bref, si tu ne me suis pas en Angleterre, tu déshonoreras la promesse que tu as faite à ma mère de toujours me protéger. Cela ferait deux serments brisés, en quelques semaines… C'est beaucoup, même pour toi !

-Vil Serpentard, soupira Severus. Tu n'as aucunement besoin de moi là-bas, surtout maintenant que ton cousin est mort.

-Ah ! ne parle pas de cette parenté-là ! Je veux oublier que j'ai jamais eu un cousin !

-Et pourtant, s'il ne l'avait pas été, je n'aurais jamais su où aller le chercher.

-Ce bâtard de Philippe, siffla Draco, qui a osé se réfugier dans ma propre maison de France ! Quand je pense que, toutes ces années, tout ce que j'ai fait, je l'ai fait parce qu'il me le demandait… Comment ai-je pu être aussi stupide et manipulable?

-Un trait de famille, sans doute…

-Très drôle. Allez, va faire tes bagages, nous rentrons.

-Très bien ! Nous rentrons ! Mais si personne n'a besoin de moi là-bas, je me considérerai comme délivré de la promesse faite à ta mère, et je partirai définitivement.

-Oh ! ne t'inquiète pas, j'aurai besoin de toi ; ne serait-ce que pour affronter les journalistes ! »

Il a craqué, songea le jeune homme en regardant son parrain quitter la pièce d'un air sombre, amaigri et voûté. C'était trop pour lui. Pourvu, pourvu que Granger soit aussi folle de lui qu'il l'est d'elle ! Il ne s'en remettra pas…