Chapitre vingt-et-un : Surprises et rumeurs

. . .

– Je… Je ne comprends pas, arrivai-je enfin à dire, les yeux fixés sur les deux personnes devant moi.

En tout cas, j'espérais bien que Scorpius Malefoy ne sortait pas avec Lyra Rinaldi, puisque je venais de le surprendre en train d'embrasser Rose Weasley dans un couloir désert. Non pas que je les connaisse particulièrement, mais Rose Weasley et Scorpius Malefoy… comment cela avait-il pu se produire ?

– S'il te plaît, ne le dis à personne, me supplia Rose avec ses yeux bleus.

Elle tira Scorpius par la main et tous les deux se rapprochèrent de l'endroit où mes pieds étaient cloués au sol.

– On n'est pas encore prêts à dire à nos familles qu'on sort ensemble, m'informa Scorpius, l'air très calme et détendu, ce qui détonnait, compte tenu de la situation.

Ah, donc ce n'était pas simplement des petits bisous dans les couloirs. Ils sortaient ensemble. Par Merlin, tous les Hippogriffes, et Godric Gryffondor.

– Tu ne connais pas mon père, continua de m'expliquer Rose. C'était l'ennemi du père de Scorpius quand ils étaient ici ensemble. La guerre a changé cela, mais même s'ils se tolèrent l'un et l'autre désormais, mon père m'a dit un jour de ne pas être trop amie avec Scorpius.

– C'est bien plus qu'amical, là, il me semble, dis-je.

Scorpius m'offrit un faible sourire et Rose se mit à rire, d'un rire cependant un peu nerveux. Je ne pouvais pas tellement lui en vouloir.

– Tu es amie avec beaucoup de personnes de ma famille, me dit Rose. S'il te plaît, ne leur dis pas.

– Par Merlin, James…, soufflai-je en tirant distraitement sur le bout de mes cheveux, en réfléchissant à ce qu'il pourrait bien penser de la scène dont j'avais été témoin.

Si James savait que sa cousine roulait des pelles à l'attrapeur de Serpentard, il ferait une syncope. Malefoy avait battu James en Quidditch, et James n'oubliait pas ce genre de choses… Moi non plus, d'ailleurs. Qu'est-ce que Rose Weasley fichait avec le mec qui était responsable de notre défaite, par Merlin ?!

– Éva, tu ne peux pas lui dire ! insista Rose, ses tâches de rousseur s'alignant dans des sillons d'inquiétude.

C'était bien une conversation que je ne souhaitais jamais avoir : « Salut James, alors il paraît que ta cousine Rose sort avec Malefoy, celui qui a attrapé le Vif d'or avant toi au match qui nous a fait perdre. Je me disais que tu serais content de le savoir ! »

Ouais, non, pas possible. Jamais de la vie.

– Je ne lui dirai pas, promis-je. Mais tu devrais le faire. Sans trop attendre. Il s'agit de ta famille Rose, et ils t'aiment.

Sans oublier que si James – ou n'importe qui d'autre de la famille Potter-Weasley, d'ailleurs – apprenait que j'étais au courant pour Rose et Malefoy mais ne leur avais rien dit, ils m'en voudraient plus que de raison. James ne serait pas trop dérangé que Malefoy soit un Serpentard (ou presque) ; il serait gêné par le fait que Malefoy faisait partie de l'équipe de Quidditch de Serpentard.

Rose soupira d'un soulagement perceptible, et la panique quitta partiellement ses yeux.

– Tu n'as pas intérêt à la mener en bateau, Malefoy, le prévins-je en sortant mon ton autoritaire de capitaine de Quidditch.

Prends peur, Serpentard.

Malheureusement, Scorpius ne sembla pas intimidé le moins du monde. Mais bon, il avait l'habitude d'interagir avec Rinaldi, non ? À côté, ma voix de capitaine de Quidditch paraissait probablement enjouée et gentille.

– Ce n'est pas le cas, me rassura Scorpius sans hésiter.

Il envoya un regard vers Rose, de la tendresse plein ses yeux gris clair.

– Elle me plaît depuis bien trop longtemps, je ne vais pas la laisser partir de si tôt.

Alors comme ça, Scorpius Malefoy avait des émotions. Mmh. Qui l'eût cru ?

Rose lui sourit, heureuse. Je fis semblant d'étudier le support d'une torche sur le mur à côté de moi, car j'eus le sentiment qu'ils avaient besoin d'intimité.

– On va leur dire, fit Rose en se retournant vers moi. Seulement, on va leur dire en douceur.

– Eh bien, en attendant, ne vous faites pas surprendre de nouveau, leur suggérai-je avec un léger sourire.

– On a eu de la chance, jusque-là, répondit Scorpius. Mais on fait attention. Je n'ai pas tellement envie de recevoir de sorts de la part de son frère, ni de tous ses cousins, grimaça-t-il rien qu'à l'idée.

Une pensée me traversa l'esprit.

– Ça fait combien de temps ?

Leurs visages tournèrent à l'écarlate.

– Officiellement, quelques semaines seulement, répondit Rose avec timidité. Mais ça fait des mois qu'on étudie ensemble.

Des mois ? Par tous les Hippogriffes !

– Vous voulez me dire que personne n'a rien remarqué ?

Je trouvais cela extrêmement difficile – voire impossible – à croire, vu les liens forts qui unissaient les cousins Potter et Weasley.

– Oh, non, ils s'en sont rendu compte ! m'assura-t-elle. Je travaille beaucoup avec Al, donc il s'en est rendu compte tout de suite. Mais je l'ai convaincu que je travaillais avec Scorpius parce qu'on est premiers de la classe. Et Al est meilleur que moi en Potions – mais ne lui dis pas que j'ai dit ça – donc il s'est mis à travailler avec nous. Il s'entend plutôt bien avec Scorpius, d'ailleurs.

– C'est pour James et Fred que je m'inquiète, fit Scorpius platement (et je ne pouvais qu'être d'accord).

Après toute cette affaire, j'avais vraiment besoin de voler un peu pour évacuer. Je repris le chemin de la salle commune, la tête un peu ailleurs. Aujourd'hui était une journée particulièrement étrange. Pas de manière horrible, ne vous méprenez pas, mais ce n'était pas une journée normale. Mais une fois de plus, nous étions à Poudlard. Les journées normales n'existaient pas.

– On est au courant ! m'accueillit Gareth en me repérant à l'entrée de la salle commune.

Richard et lui me souriaient de toutes leurs dents.

– Au courant ? m'enquis-je, la voix un peu plus aiguë que d'habitude.

Richard haussa un sourcil, me regardant d'un œil suspicieux.

– Pour toi et le Poufsouffle. Fred nous a dit qu'il t'a larguée ?

Ah, Merlin soit loué ! Mon cerveau avait automatiquement établi un lien avec la nouvelle la plus récente, à savoir que Rose Weasley et Scorpius Malefoy sortaient ensemble. J'avais presque eu un arrêt cardiaque à l'idée que quelqu'un ait déjà été mis au courant.

– Ah, oui, répliquai-je, soulagée, en chassant la question. C'est terminé.

– Je savais que ça ne durerait pas, m'informa Gareth, l'air content de lui.

Naturellement, mes frères n'étaient pas outrés qu'un mec m'ait hypothétiquement brisé le cœur. Même si ce n'était définitivement pas le cas. Si quelqu'un avait le cœur brisé, au contraire, ce devait être lui. Cette idée me souleva la poitrine.

Richard hocha la tête avec sérieux, et ajouta d'une manière brutale qui lui ressemblait :

– Vous étiez vraiment ennuyants, tous les deux. Tout ce que vous faisiez, c'était travailler ensemble et parler des devoirs. Vous ne vous embrassiez jamais.

– Tout le monde voyait bien qu'il n'y avait aucune alchimie entre vous, acquiesça Gareth.

Est-ce que cette conversation avec mes deux frères de quinze ans, à propos de l'alchimie qui existait ou non entre mon petit-ami, était vraiment en train d'avoir lieu ? Ex-petit-ami. Enfin bref. Même mes petits frères s'étaient rendu compte que Jonathan et moi n'allions pas ensemble. Argh. C'était… eh bien c'était pathétique, complètement pathétique.

Je laissai violemment tomber ma tête dans mes mains. J'avais la peau très chaude, probablement à force de rougir.

– J'ai vraiment besoin d'aller voler, là, marmonnai-je.

. . .

Poudlard était le centre de la rumeur par excellence, et était connu pour son efficacité (quelle qu'en soit l'exactitude). Alors, naturellement, à la fin des cours du lundi, tout le monde au château savait déjà que Jonathan et moi avions rompu. Christine me dit qu'elle avait entendu un groupe de Gryffondor et de Poufsouffle supposer que j'avais largué Jonathan parce qu'il n'aimait pas le Quidditch et que je ne supportais plus son ignorance. Kieran avait apparemment été informé que Jonathan avait rompu parce que j'aimais plus le Quidditch que je ne l'appréciais lui. Ce qui, soit dit en passant, était plutôt vrai. Malins, ces Serdaigle.

Bien entendu, Lyra Rinaldi était à l'origine de la rumeur la plus ridicule qui circulait au château. Elle déclarait que Veronic Reid (l'ordure des sélections de Quidditch) l'avait informée qu'une cinquième année dont j'ignorais l'identité, et qui apparemment connaissait mes frères, aurait dit que j'avais eu une aventure torride avec James Potter. Jonathan nous aurait découverts et aurait eu le cœur brisé, avant de me larguer sans pitié.

J'avais entendu la rumeur en question alors que j'étais aux toilettes entre deux cours. D'un côté, j'avais eu bien du mal à m'empêcher d'éclater de rire en entendant cette histoire grotesque. Mais d'un autre côté, j'étais quelque peu horrifiée. Je ne voulais pas que les gens pensent que j'avais traité Jonathan de cette manière alors qu'il était de notoriété publique qu'il était d'une extrême gentillesse. Je veux dire, d'accord, je lui avais malencontreusement donné de faux espoirs et l'avais donc traité d'une manière discutable, mais je ne l'avais certainement pas trompé.

Lundi soir, au dîner, je ne fus pas le moins surprise lorsque Rose et Lily s'assirent aux places vides à côté de celle de Christine et de la mienne à la table des Gryffondor.

– La réponse est non, leur dis-je alors qu'elle ouvraient la bouche pour parler.

Christine s'étrangla dans son verre de jus de citrouille et faillit avaler de travers.

– C'est bien ce que je pensais, fit Lily les sourcils légèrement froncés de déception.

– Tu ne sais même pas ce qu'on allait te demander, protesta Rose tout en observant Christine pour être sûre que tout allait bien et qu'elle n'allait pas tomber du banc.

Si, je le savais. Elles voulaient savoir si j'allais désormais sortir avec James.

– Vous n'avez personne d'autre à embêter ? songeai-je à haute voix.

– Pas du tout ! répliqua Lily tout gaiement en se servant des pommes-de-terre.

– Eh bien vous devriez chercher quelqu'un d'autre, suggérai-je en plantant ma fourchette dans un morceau de brocoli, que j'enfournai dans ma bouche.

– Pourquoi pas Rose ? la taquina gentiment Christine. Il doit bien se passer quelque chose dans ta vie au sujet de laquelle Lily pourrait te chercher des puces.

Tout à coup, le visage de Rose s'empourpra d'une façon alarmante – ce qui n'allait pas du tout avec ses cheveux – mais heureusement, Lily était trop occupée à répondre au commentaire de Christine pour le remarquer. Je soupirai presque, mais je me retins, car cela aurait paru bizarre.

– Ce n'est pas que moi, s'écria Lily, presque outrée. Rose voulait aussi mettre son nez dans l'histoire. Toute notre famille aime s'occuper des affaires des autres. C'est dans notre nature.

– N'est-ce pas la vérité ? rigola Fred en débarquant derrière Lily et Rose, avant de leur ébouriffer les cheveux.

Les deux filles froncèrent les sourcils et entreprirent de se recoiffer.

– On fait ça très bien, acquiesça James avec un sourire tranquille en se joignant à Fred.

Il passa une main dans ses cheveux noirs, et mon estomac eut un soubresaut vraiment étrange.

– Comment ça va, Éva Louise ? Est-ce que tu tiens le coup ? me demanda Fred en m'observant d'un air inquiet.

Mais je n'étais pas dupe – ses yeux bruns pétillaient d'amusement. Je levai les yeux au ciel et avalai une nouvelle fourchette de brocolis. En retour, il pointa un doigt vers moi.

– Pas de ça avec moi, Éva Louise.

– C'est ton deuxième prénom ? me demanda Rose innocemment.

James et Fred éclatèrent de rire, ce qui eut pour effet d'attirer le regard curieux de plusieurs personnes autour de nous.

– Fred aime l'appeler comme ça parce qu'il sait que ça l'agace. Son deuxième prénom, c'est Rebecca, répondit James à ma place alors que je finissais de mâcher.

– Comment est-ce que tu le sais ? s'enquit Christine avec un petit sourire.

James haussa nonchalamment les épaules.

– Tristan l'avait mentionné alors qu'il racontait l'histoire où ta mère t'avait disputée parce que tu avais sauté d'un arbre, alors que tu voulais t'entraîner à te réceptionner en cas de chute.

Ah, j'avais complètement oublié ça. Ma mère n'était pas du tout contente, ce jour-là. Mais je n'avais pas compris pourquoi – ce n'est pas comme si j'avais sauté du haut de l'arbre. Là, la branche était relativement basse.

– Entre parenthèses, ajouta-t-il, je me suis déjà fait disputer pour la même chose.

– C'est une bonne chose que vous n'ayez pas été amis avant cette année, tous les deux, fit remarquer Lily. Vous n'avez ni l'un ni l'autre le sens de la sécurité personnelle. Vous seriez probablement morts tous les deux au nom du Quidditch.

Étant donné le nombre de blessures que je m'étais faites en grandissant avec trois frères, je trouvais son observation correcte. Si j'avais eu un ami comme James, attiré par le danger, et prêt à m'encourager, on aurait eu de sérieux ennuis.

James sourit de toutes ses dents et me dit sur le ton de la plaisanterie :

– J'aurais bien besoin d'un peu d'entraînement à sauter des arbres.

Je répondis à son sourire, mes entrailles toujours en train de faire des acrobaties. C'était une sensation bizarre dont je n'avais pas l'habitude. Peut-être que j'avais mangé quelque chose de mauvais pour la digestion.

. . .

– Content de voir que tu n'as pas oublié le match, me dit James tandis que je m'asseyais à côté de lui dans les gradins du terrain de Quidditch.

– Le match ne commence que dans quarante minutes ! m'écriai-je. Pourquoi est-ce que ça te plaît autant de constamment arriver avant moi sur le terrain ?

– C'est pour voir ton expression quand tu t'aperçois que j'y suis déjà, rétorqua-t-il d'un air satisfait.

Honnêtement, je ne crois pas qu'il plaisantait.

Je vis qu'il avait apporté son carnet, comme toujours. Le mien se trouvait dans la poche de ma robe. Je n'allais tout de même pas assister à un match de Quidditch sans prendre de notes sur nos rivaux, n'est-ce pas ?

La vue du carnet de James me rappela les paroles de Sean. En termes de compétences, toi et Potter étiez ex-æquo. James et moi étions dévoués au Quidditch, mais ce n'était pas quelque chose que j'avais voulu accepter. Mais après tout ce qui s'était passé et maintenant que nous étions amis, il fallait que je l'admette.

Serdaigle jouait contre Serpentard, donc Christine irait s'asseoir dans les gradins réservés aux Serdaigle, avec Kieran et ses amis. Les gradins des Gryffondor étaient encore vides. À part James et moi, il n'y avait quasiment personne.

– Sinon, est-ce que… tu vois, quoi. Est-ce que ça va ? me demanda-t-il presque avec prudence. Je veux dire… à propos de Grant.

Je me mis à rire, ce qui sembla le désorienter. Il devait penser que je devenais complètement cinglée, à rire parce que je m'étais fait larguer.

– Je n'avais pas vraiment de sentiments pour Jonathan, expliquai-je. C'est un mec super, mais…

– Mais il n'aime pas le Quidditch, termina James à ma place.

– Tu avais raison. Il ne savait pas différencier un Souafle d'un navet. Vraiment pathétique.

Et « pathétique » était un petit mot par rapport à cette histoire. C'était un type intelligent et plus que capable d'apprendre les règles de base, mais il préférait ne pas le faire. Il préférait se concentrer sur son précieux cricket, j'imagine.

Cela m'avait plus dérangée que je ne voulais l'admettre, que Jonathan n'ait même pas essayé de comprendre le Quidditch, ou l'importance de ce sport dans ma vie. Cela avait toujours semblé l'amuser et le troubler. Sans parler de ses parents, qui m'avaient paru être dans l'illusion que je traversais une phase étrange, et qu'un jour je me réveillerais pour me rendre compte que faire du Quidditch au niveau professionnel n'était qu'un rêve idiot.

– Évidemment que j'avais raison.

Et toujours cet air satisfait, tandis qu'il me glissait un regard de côté.

– Les gens comme nous, poursuivit-il, on n'a pas d'autre choix que de sortir avec quelqu'un qui apprécie le Quidditch, ne serait-ce qu'un peu. Pas quand le Quidditch a une telle importance.

– Je pensais que ça pourrait marcher quand même, soupirai-je. Mais il n'a même pas essayé d'aimer le Quidditch. Il le tolérait avec cette étrange politesse qui m'agaçait tellement ! Le Quidditch fait presque partie intégrante de ma vie, de ma personne, mais je n'en discutais quasiment jamais avec lui. Tu vois, je pourrais sortir avec un mec qui n'est pas un grand fan de Quidditch, si c'était le bon. Mais il lui faudrait tout de même comprendre à quel point ce sport est important pour moi. Ce n'était pas le cas de Jonathan.

J'eus l'impression d'en dire beaucoup trop à James à propos de ma vie personnelle. Mais bon… Nous étions amis. Et les amis, ça parlait des problèmes de la vie personnelle.

– Évidemment, vous êtes tous les deux déjà là, nous salua Zara quand elle arriva, suivie du reste de l'équipe, avant de s'installer sur les gradins derrière nous.

– Tu n'as pas besoin de lui, me sourit James après s'être retourné pour faire des signes à sa famille.

J'acquiesçai.

– Je n'ai pas besoin d'un petit ami en ce moment. Je dois penser à la coupe. Perdre la coupe face aux Serpentard… hors de question.

Une ombre passa sur son visage, mais elle disparut rapidement, et il se pencha pour jeter un œil à mon Carnet d'Informations de Compétitions, que j'avais ouvert sur mes genoux. Ses yeux parcoururent mes mots écrits à la hâte – j'espérai qu'il puisse les lire.

– Je crois que tu donnes trop de mérite à Harper, commenta-t-il en lisant mes notes sur la gardienne de Serdaigle.

– Ah oui ?

Je haussai un sourcil.

– Elle lance en utilisant son poignet, pas son épaule.

– Elle peut le rectifier facilement. Et à part ce défaut, c'est une excellente gardienne. Cela ne me surprendrait pas que les sélectionneurs qu'on voit là-bas soient ici pour la voir jouer, fis-je en pointant un doigt vers les sélectionneurs de Quidditch assis dans les gradins en face des nôtres.

– Ou Malefoy, fit remarquer James sombrement, en lançant un regard méchant vers les gradins de Serpentard, comme si le type en question s'y trouvait au lieu d'être dans les vestiaires avec son équipe.

Parler de gardiens me fit penser à Tristan, et ma poitrine se resserra. Je n'étais de retour à Poudlard que depuis deux semaines, mais si l'on ne s'était pas disputés aussi violemment, j'aurais déjà reçu une lettre de lui. Je me pris à me demander comment il allait, à s'entraîner avec sa nouvelle équipe.

Quand le match commença, James et moi nous mîmes à prendre des notes sur les joueurs des équipes de Serdaigle et de Serpentard. Je me forçai à oublier mon idiot de frère et me concentrai sur la tâche du moment.

– Les Serdaigle se sont vraiment améliorés depuis leur match contre Poufsouffle, me dit James tandis que deux poursuiveurs de Serdaigle, Chang et Davies, se faisaient une passe experte. Ils étaient bons contre Poufsouffle, mais on sent qu'ils se sont entraînés.

– Tu penses qu'il faudrait qu'on ajoute un entraînement hebdomadaire ? lui demandai-je, inquiète, en regardant le match.

James avait raison : les Serdaigle s'étaient améliorés comme jamais. Nous ne pouvions pas nous risquer à perdre contre eux, sinon il nous faudrait dire adieu à la coupe.

– Ouais, on ne va pas laisser les serpents gagner, insista Zara. Pas après le premier match. On aurait dû gagner.

À côté de moi, je sentis James se crisper. Je sus qu'il pensait à Malefoy, qui avait attrapé le Vif d'or, et à son sentiment d'avoir laissé tomber l'équipe.

– On va avoir de la compétition, commenta Lily, les yeux fixés sur les joueurs de Serpentard et de Serdaigle qui se disputaient le match avec férocité.

– Ça, tu l'as dit, nota Nico tandis qu'un des poursuiveurs de Serdaigle marquait un but.

Serdaigle perdait de trente poins, mais cela ne voulait pas dire grand-chose, en Quidditch.

– Tu es notre meneuse, et tu n'as peur de rien, me sourit James de toutes ses dents, en passant nonchalamment son bras libre autour de mes épaules. Tu sauras nous faire gagner la coupe, ou tu mourras à la tâche.

Par Merlin, James avait vraiment un sourire splendide. Je ne m'en étais jamais rendu compte.

Et ce qu'il venait de dire… que j'étais leur meneuse, et que je n'avais peur de rien… Cela me touchait énormément, venant de James Potter. Je voulus dire quelque chose pour exprimer à quel point j'étais reconnaissante de ses paroles, mais je ne trouvai rien de mieux qu'un « merci ».

Alors que nous continuions à prendre des notes et à échanger nos commentaires sur les événements du match, il laissa son bras gauche sur mes épaules, en une douce pression. Même sous ma cape, son bras était chaud et solide. C'était agréable.

– Les Serpentard ont de la compétition, s'exclama gaiement Bree, derrière nous.

Serdaigle gagnait maintenant de trente points.

Aussitôt qu'elle eut parlé, la foule se mit à rugir, et le commentateur cria :

– Liam Greenfield, de Serdaigle, a aperçu le Vif d'or !

Je me penchai en avant, le regard vissé sur Malefoy, qui se rapprochait de Greenfield, qui avait juste un peu d'avance. Il tendit le bras et referma ses doigts dans le vide, manquant de peu la petite balle dorée qui voletait juste devant lui. Malefoy suivait Greenfield d'une demi-longueur de balai lorsque le Serdaigle fit un mouvement désespéré pour attraper le Vif qui lui fit perdre légèrement l'équilibre, ce qui le força à reposer fermement ses deux mains sur son balai pour éviter de plonger dans le vide la tête la première. En équilibre précaire, Malefoy étendit le bras, et sa main toute pâle se referma autour du Vif d'or.

– Et ça y est ! Malefoy a attrapé le Vif d'or ! acclama le présentateur. Serpentard remporte le match, trois cent dix à cent quatre-vingt-dix !

Je notai le score dans mon carnet tandis qu'à côté de moi James faisait de même. Il reprit possession de son bras, envoyant une vague de froid sur mes épaules.

Avec trois cent dix points de plus, Serpentard avait maintenant un total de cinq cent cinquante points pour cette saison. Grâce à notre grand nombre de buts face à Poufsouffle, Gryffondor avait un total de cinq cent quatre-vingts points, à peine plus que Serpentard.

Sur notre chemin du retour vers le château, Zara et Bree dévièrent mon chemin en m'arrachant à James, qui sembla un peu surpris, mais qui continua sa route avec Richard, Gareth, et quelques membres de sa famille.

– Je ne voudrais pas m'immiscer dans ta vie, Éva, je t'assure, commença Bree avec inquiétude. Mais… est-ce que les rumeurs sont vraies ?

Je l'observai avec un soupçon de confusion. Il y avait d'innombrables rumeurs qui circulaient dans le château. On parlait de Poudlard. J'en avais justement entendu une le matin même à propos du petit frère de Gemma, Euan, qui aurait mis le feu à la robe du Professeur Slughorn. Bon, évidemment, j'étais presque certaine que celle-ci était véridique.

– Tu peux être plus précise ? lui demandai-je.

– Eh bah, que tu as rompu avec Jonathan parce que tu voulais sortir avec James ! poursuivit Zara, en me dévisageant comme si des tentacules me poussaient sur la tête.

J'allais réellement frapper celui ou celle qui avait lancé cette rumeur. Et ma menace n'était plus à prendre à la légère.

– Non, bien sûr que non ! protestai-je. Jonathan a rompu parce que ça ne fonctionnait pas entre nous, et que je ne l'appréciais pas comme je l'aurais dû.

– Mais James avait son bras autour de toi, tout à l'heure, intervint Bree, la confusion fronçant ses sourcils.

– On est juste amis, affirmai-je avec fermeté.

Je contournai un trou dans la terre, afin de ne pas me tordre la cheville.

Au vu de l'expression de Zara, on aurait pu dire qu'elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour ne pas sortir sa baguette et me jeter un sort. Peut-être devrais-je m'inquiéter ?

– Éva, ma poulette, me dit-elle d'une voix déterminée. Je me rends compte que tu n'es pas encore une pro au sujet des mecs et des relations… mais ce que je vais te dire est important, et je veux que tu m'écoutes attentivement : un ami ne se comporte pas comme ça.

Bree hocha la tête d'un air entendu.

– Elle a raison, tu sais ?

Ah…

. . .

Le dimanche matin, je me réveillai aux aurores pour aller courir. J'en avais besoin. J'avais un peu évité d'y aller, récemment, à cause de la montagne de devoirs que les professeurs ne laissaient pas décroître. Mes derniers essais de Botanique étaient insuffisants, maintenant que Jonathan n'était plus là pour me relire ou me corriger.

J'étais toujours assiste à côté de lui en Botanique, et on travaillait ensemble sur nos pots et nos plantes, mais le temps des conversations faciles était terminé. On se parlait toujours, mais cela me gênait de paraître trop sympathique, vu que je lui avais fait mal, et qu'il essayait de passer à autre chose.

Et puis il y avait l'histoire de Lily et Richard. Roxanne m'avait informée qu'elle planifierait quelque chose à propos de cette soirée filles ridicule à laquelle je devais participer. Argh. Mais tant que Sorcha et Gemma n'y assistaient pas, j'imagine que je pouvais survivre.

En remontant au château, je vis approcher Lyra Rinaldi et l'équipe de Serpentard, certainement en chemin vers le terrain pour s'entraîner. D'après le regard d'acier de Rinaldi, sa stratégie pour le prochain match devait être d'anéantir les Poufsouffle.

– Hors de mon chemin, Dubois, m'ordonna-t-elle en restant de marbre. Tu me bloques le passage.

L'agacement que j'associais à la vue de Rinaldi commença à bouillir en moi. Elle n'aurait pas dû se montrer si désobligeante envers moi au vu du coup de poing que je lui avais donné la dernière fois qu'on s'était parlé (et de son nez cassé en résultat).

– Le match était intéressant, hier, lui dis-je en mettant toute l'ironie que je pus dans ma voix. Toujours derrière Gryffondor.

Quelques membres de l'équipe de Serpentard grommelèrent, énervés. Peut-être que je me mettais moi-même en danger en leur balançant les comptes en pleine figure, alors qu'ils étaient plusieurs en face de moi.

– Serdaigle va vous écraser, toi et ton équipe de Quidditch pathétique, fit Rinaldi, acerbe. Et quand on aura gagné contre Poufsouffle, Serpentard aura la Coupe, et vous nous regarderez depuis la ligne de touche, encore une fois, et vous saurez que tu n'es qu'une capitaine minable.

Par Merlin, elle ne venait pas de dire ça… J'ouvris la bouche pour lui dire de se mettre sa remarque où je pensais, mais, à mon immense surprise, quelqu'un fut plus rapide.

– Oh, ferme-la, Rinaldi, lui dit Malefoy, ses yeux gris pâle pleins d'ennui.

Quelques Serpentard à l'arrière du groupe ricanèrent, et le visage rouge de Rinaldi s'emplit de colère. Je n'avais jamais ressenti l'envie de prendre un Serpentard dans mes bras auparavant, mais à ce moment précis, je me rendis compte que tout ce que je voulais, c'était serrer Scorpius Malefoy dans mes bras et lui dire qu'il avait été splendide comme jamais en envoyant balader Rinaldi.

– Pardon, suffoqua-t-elle, mais pour qui tu te prends pour me dire de me la fermer, à moi ?!

Elle n'avait clairement pas l'habitude que Malefoy – ou n'importe quel autre Serpentard, d'ailleurs – lui parle de cette manière. Malefoy ne parut pas décontenancé.

– Je ne t'appartiens pas, lui dit-il platement. Tu as beau être capitaine, on n'est pas sur le terrain, là.

Sous le choc, Rinaldi en resta bouche bée. J'essayai de me retenir de rire de l'expression comique qu'elle avait, je vous le jure. Malheureusement, cela ne marcha pas très bien. Quand elle entendit mon rire étouffé par mes lèvres, elle tourna vivement la tête vers moi pour me fusiller du regard. Je vis dans ses yeux qu'elle cherchait quelque chose de méchant à me renvoyer. Et, naturellement, puisqu'elle s'appelait Lyra-Rinaldi-super-pétasse, elle trouva ce qu'elle cherchait.

– Je vois que tu as fini par te laisser tenter et que tu as couché avec Potter, cracha-t-elle. Vous aviez l'air bien installés hier, dans les gradins. Il paraît que c'est pour ça que ce loser de Poufsouffle a largué ta sale tronche.

Et donc, au lieu de partir en passant au-dessus, je lui fis un coup très, très bas. Je savais que je valais mieux, mais Rinaldi et moi n'avions jamais été fair-play en ce qui concernait nos insultes. Aucune raison de commencer maintenant.

– Peu importe ce que tu fasses, rétorquai-je avec un sourire satisfait, lançant un bref coup d'œil à Malefoy avant de revenir sur elle ; il ne voudra jamais de toi.

Rinaldi sembla véritablement choquée, et, là-dessus, je tournai les talons et m'éloignai.

Triomphe !

. . .

J'avais complètement oublié que la Saint-Valentin se tenait deux jours plus tard, jusqu'au matin où j'entrai dans la Grande Salle pour y trouver un surplus de cartes et de fleurs rouges, blanches et roses, que les élèves s'échangeaient. De même que de la salive, pour certains que cela ne dérangeait pas de démontrer très ouvertement leur affection – ce dont je me serais passé.

– Regarde ce que m'a donné Olivier !

Sorcha me mit une carte rose bonbon et une longue rose rouge sous le nez.

Par Merlin, il y avait des épines ! Elle ferait bien de faire attention à la distance qu'elle mettait entre cette chose et le visage des gens ! Cela serait manquer de considération que d'éborgner ses amis avec des fleurs de Saint-Valentin.

– Fais attention aux épines, la réprimanda Roxanne en faisant un mouvement de fourchette dans la direction de Sorcha.

– Vous sortez toujours ensemble, alors ? lui demandai-je.

Sorcha avait donc continué d'interagir avec un vrai garçon. J'appelais ça du progrès.

– Ah, oui, m'informa-t-elle gaiement. Il est merveilleux. Si gentil. Je crois que je vais passer par la table des Poufsouffle et le remercier comme il se doit, ajouta-t-elle, avant de tenter un clin d'œil qui s'avéra plutôt ressembler à un tic.

Honnêtement, j'étais surprise de ne pas avoir développé de tic à force de passer du temps en sa compagnie. Ce n'était vraiment pas très bon pour ma santé. Pas du tout, même.

Sorcha se leva et se dirigea droit vers la table des Poufsouffle, s'approchant d'un garçon de taille moyenne portant une robe de Poufsouffle. Il était compliqué de voir grand-chose de lui de loin, mais il avait des cheveux châtains et des traits anguleux. Sous les yeux de Roxanne et des miens, Sorcha et Olivier J'ai-oublié-son-nom-de-famille se prirent dans les bras l'un de l'autre et entamèrent ce qui ressemblait à un combat de langues.

Eurk. Il y avait des gens qui essayaient de manger ! Il devrait y avoir des règles à ce sujet. Bon, j'imagine qu'il y en avait, mais elles étaient difficiles à appliquer un jour comme aujourd'hui.

Grimaçant d'un dégoût extrême, Roxanne se détourna et me demanda :

– Où est Christine ?

Je haussai les épaules.

– Probablement en train de rouler des pelles à Kieran. Au moins, ils font ça en privé, ironisai-je sans oser regarder dans la direction de la table des Poufsouffle. Où est Gemma ? lui demandai-je, en remarquant tout juste son absence.

C'était bizarre, elle était toujours assise à côté de Sorcha et Roxanne. Cette dernière leva les yeux au ciel.

– En train de se ridiculiser devant James.

Je me penchai sur la table – manquant laisser traîner ma robe dans mon assiette au passage – pour voir Gemma assise près de James, en train de parler avec paresse. Elle était en train de jouer avec ses boucles noires avec son index, et il semblait qu'elle avait fait un effort tout particulier de maquillage et de coiffure, ce matin-là. Elle pouffait de rire et ne se départait pas de son sourire.

James, notai-je avec satisfaction, s'ennuyait comme jamais et paraissait irrité. Pourquoi n'abandonnait-elle pas ? Elle n'avait pas écouté Sorcha quand elle lui avait rappelé que James était intéressé par quelqu'un d'autre ? Bien sûr, il était possible qu'il soit passé à autre chose, si cette fille sortait déjà avec quelqu'un.

Cependant, vu la façon dont Sorcha en avait parlé, il semblait que ce n'était pas le cas. Je me mis à penser que la ténacité de James était admirable, mais au même moment, mon cœur se serra un peu en songeant à l'attachement que James avait pour cette fille. De qui James Potter était-il sous le charme depuis si longtemps ?

Elle devait aimer le Quidditch, je savais au moins ça. Et sa famille était pleine de femmes intelligentes, donc il devait probablement respecter et apprécier cet attribut. Il n'aimait pas trop les chiffes molles. Elle ne pouvait définitivement pas être chez Serpentard. Mais bon, je n'aurais jamais pensé que Rose pourrait sortir avec Scorpius Malefoy, alors je ne pouvais peut-être pas écarter l'éventualité qu'il s'agisse bien d'une Serpentard.

Alors que j'avalai une cuillère de yaourt et de fruits, une chouette que je ne connaissais pas descendit vers moi pour déposer un paquet. Celui-ci était blanc, de la taille d'une boîte à chaussures, mais il ne portait aucune inscription.

– Oooooh, Éva ! couina Roxanne, enthousiasmée. C'est un cadeau de Saint-Valentin ?

Je retins un rire ironique à cette idée.

– Qui m'enverrait donc un cadeau ? Je n'ai pas de petit ami.

– Peut-être que c'est de la part de quelqu'un qui voudrait le devenir, suggéra-t-elle avec un grand sourire. Ouvre !

– Qu'est-ce que c'est ? me demanda Christine tandis qu'elle s'asseyait à la place vide à côté de moi.

– Je n'en suis pas sûre, répliquai-je au moment où Roxanne disait :

– On pense que c'est un cadeau de Saint-Valentin.

Christine me regarda curieusement.

– Roxanne, inclinai-je la tête dans sa direction, pense que c'est un cadeau. Pas moi. C'est sûrement un colis de la part de mes parents.

– Eh bien, vas-y, fit Lily en apparaissant soudain de l'autre côté.

D'où est-ce qu'elle sortait ?

J'ouvris la boîte.

– Vous allez être bien déçues quand vous verrez qu'il s'agit de…

Je m'interrompis net et j'inspirai profondément.

– D'un bouquet de jonquilles, dit Christine en jetant un coup d'œil dans la boîte. Elles sont superbes.

Un bouquet de jonquilles jaune clair rassemblées par un ruban bleu ciel reposait sagement dans la boîte.

– C'est mes fleurs préférées, murmurai-je, remplie d'une confusion montante.

Que se passait-il ?

– Quelqu'un doit être au courant, se moqua gentiment Lily, en me donnant un petit coup de coude.

– Le ruban va bien avec tes yeux, Éva, sourit Christine.

– Il y a un mot ? s'enquit Roxanne avec anxiété.

Elle se penchait tant qu'elle était pratiquement allongée sur la table de Gryffondor. Son coude se trouvait d'ailleurs dans une assiette de saucisses, mais elle ne semblait pas l'avoir remarqué.

Je regardai de nouveau dans la boîte et trouvai une carte blanche sous les fleurs, que je sortis et lus. Je sentis une douce chaleur s'installer sur mon visage et les battements de mon cœur s'accélérèrent.

– Est-ce que tu peux nous la lire ? me demanda Christine.

Elle avait dit cela très doucement, comme si j'étais un animal sauvage et qu'elle faisait tout pour ne pas m'effrayer.

Je m'éclaircis la voix et lus :

– Tu es mon Vif d'or.

Il y eut une exclamation collective, suivie par de grands sourires.

– Oh, Éva… c'est tellement romantique ! soupira Christine, tout émoustillée.

Je n'aurais jamais pensé qu'on puisse être « tout émoustillé », mais c'était son cas. Lily rayonnait.

– Vif d'or… c'est futé.

– Les filles…, nous appela Roxanne. Je ne cherche pas à ignorer Éva et ses fleurs, mais qu'est-ce qu'il se passe, là-bas ?

Elle désignait l'endroit de notre table où Rose, assise avec un grand bouquet de fleurs entre les mains, était entourée de Hugo, d'Al, de James, et de Fred. Aucun n'avait l'air content.

Oh, oh. Cela ne présageait rien de bon.

– Elles sont de qui ? quémanda Hugo, le frère de Rose, en pointant les fleurs du doigt.

En regardant le bouquet que Rose avait dans les mains de plus près, je vis qu'il était constitué d'un assortiment de fleurs assez étrange. Il n'y avait qu'une tige de chaque sorte, et certaines provenaient d'une plante verte plutôt que d'une fleur.

– Il n'y a pas de nom, répondit Rose calmement.

Je remarquai qu'elle disait qu'il n'y avait pas de nom plutôt qu'elle ne savait pas. Je suspectai que les fleurs provenaient de Scorpius. Non pas que d'autres garçons ne pouvaient pas envoyer de fleurs à Rose Weasley pour la Saint-Valentin, mais puisqu'ils sortaient secrètement ensemble, la probabilité qu'elles soient de lui étaient haute.

Alors que les garçons entamaient une discussion sur la façon dont ils allaient trouver l'expéditeur des fleurs de Rose, mon attention fut attirée de nouveau par les fleurs posées devant moi.

Tu es mon Vif d'or.


Note

Bonsoir, bonsoir,

Voilà donc le tout dernier chapitre traduit ! J'ai récemment relu toute la fin de la fiction et ça m'a encore plus motivée à traduire... À part le fait que les chapitres ne font que s'allonger... Je ferai dans tous les cas de mon mieux pour la suite.

En espérant que ces nouveautés vous auront plu, je vous souhaite une très belle semaine !

-DNP