Bonjour/Bonsoir ~

Encore un peu longue à l'update, mais Japan Expo approche et j'ai peu de temps pour moi, je spammerais après le 11 juillet.

Du fluff à bubuuuuuuuulles ! Du HongIce à bubulles roses. Et oui. Ca arrive. Et j'vous en sert. Et pas de morts promiiis 8D

C'est très, beaucoup, du dialogue, ce chapitre, parce qu'il me semble que c'est le plus important dans cette scène. Et un peu extrapolé par rapport au film. Parce qu'Ice c'est une jeune fille en fleur non plus, hein (faudrait voir à pas l'oublier D8).

Et euh... Bonne lecture.


Tap tap tap.

« N'approchez pas.

_ Pourquoi ça ?

_ Sinon je saute.

_ J'ai genre pas le droit de me balader ?

_ Restez loin de moi.

_ Pourquoi ?

_ Sinon je saute.

_ Pourquoi vous voudriez sauter ?

_ Parce que.

_ Mais encore ?

_ Je n'ai pas à me justifier à un inconnu.

_ Vous comptez, genre, vous jeter du bateau, non ?

_ Perspicace.

_ Alors vous avez genre rien à perdre à m'le dire.

_ En quoi ça vous concerne ou même vous intéresse ?

_ J'sais pas. Mais genre, si vous sautez, j'vais devoir aller vous chercher.

_ … Pourquoi vous feriez ça ?

_ Parce que ça me ferait genre mal à l'estomac de vous voir vous écraser dans une eau aussi gelée, et de rien faire. Et j'aurais pas la conscience tranquille.

_ Problèmes de conscience hein ? Faites avec.

_ Non. J'ai pas envie.

_ C'est pas mon problème, à moi, si vous vous sentez mal parce que j'ai eu la mauvaise idée de me foutre en l'air devant vous.

_ Quel langage, pour un première classe.

_ … Comment vous… ?

_ J'vous ai vu, genre, vous balader sur le pont des premières. Vous avez pas gagné assez de fric cette année, donc genre, ayé, on s'fout en l'air, hein ?

_ J'fais pas d'affaires, moi. Et je ne vous permets pas de m'insulter.

_ J'le fais si j'veux. Genre, ça m'désole qu'on veuille se jeter à l'océan pour des broutill-

_ La ferme. Vous ne savez rien !

_ J'demande que ça, de savoir.

_ … Laissez-moi.

_ Non. »

Agacé, il tourna de nouveau la tête vers cet énergumène qui venait le déranger. Il s'accrochait fermement à la barrière de la poupe, en équilibre précaire dans le vide. En dessous de lui, les hélices tournaient, tranchant l'eau et faisant tourbillonner l'écume blanchâtre. L'eau presque noire avait quelque chose d'effrayant, mais d'attrayant. Facile comme mort, il pensait être assommé rien que par la chute. Facile, rapide. Sauf quand un jeune asiatique y met son grain de sel et retarde votre chute. Il fronça les sourcils et lui jeta un nouveau regard courroucé.

« Vous vous mêlez de choses qui ne vous regardent pas !

_ J'suis genre, au courant.

_ Foutez-moi la paix !

_ Alors remontez à bord.

_ Non.

_ S'il vous plaît.

_ Je ne veux pas.

_ Le problème est que je ne veux genre pas aller vous repêcher. Ça caille, là-dedans.

_ J'suis au courant, merci.

_ J'ai genre jamais été me baigner dans des eaux glacées. Et vous ?

_ Si. Une fois.

_ C'était bien ?

_ Froid.

_ On aurait genre pu s'en douter. J'ai encore moins envie de vous sauver, là.

_ Personne ne vous le demande.

_ Conscience. Vous n'avez pas de la famille, qui serait genre, triste, de vous perdre ?

_ J'ai que mon frère, et il est suffisamment occupé avec ses affaires pour se soucier de moi.

_ … Des amis ?

_ Non.

_ Du tout ? C'est genre triste.

_ Bien. Maintenant vous permettez, j'ai un suicide à mener.

_ Revenez de ce côté, et expliquez-moi donc… Euh. J'sais pas c'est quoi vot' nom.

_ Aucun intérêt. Laissez-moi, maintenant, allez donc dans votre cabine calmer votre conscience.

_ Moi c'est Fai. Fai Tao. Enchanté, m'sieur « Aucun intérêt ». »

Il fronça les sourcils, encore plus. Il se foutait clairement de lui. Et il n'aimait pas ça. L'autre, Fai, avec ses mains dans les poches, adossé à la barrière dans une attitude totalement désinvolte, il l'énervait, rien que pour ça.

« La ferme.

_ Bah quoi ? Allez, donnez-moi la main, revenez genre, de ce côté.

_ …

_ Vous avez genre, rien à perdre, à taper un peu la discute, mais je préfèrerai ne pas causer avec quelqu'un qui est pas loin de genre, tomber. Vous pourrez sauter après, si vous en avez encore envie.

_ … Bon. »

Il se retourna, lentement, et saisit la main que Fai lui tendait. Il croisa le regard de l'asiatique, et l'autre lui adressa un léger sourire.

« C'est bien, c'est quoi, donc, vot' nom ?

_ Helgusson. Nataniel Helgusson.

_ Abominablement long. Nat ça suffira.

_ Je ne vous permets pas de…

_ M'en fiche. Allez, grimpez. »

Il le tira en avant, dans un geste pour l'inciter à passer de l'autre côté de la rambarde. Nataniel s'exécuta et commença à grimper sur les barreaux. Mais ils étaient trop humides, et ses mocassins hors de prix n'étaient pas faits pour soutenir quelqu'un sur de la ferraille humide. Et le drame, il glissa, sa main serrant toujours celle de Fai. Un cri aigu s'échappa de ses lèvres alors qu'il se sentait tomber dans le vide.

« Nat ! Calme-toi ! »

Fai avait oublié toute formule de politesse devant la panique du jeune homme pendu à son bras, qui hurlait à plein poumons, les pieds dans le vide glissant contre la coque du bateau dans une tentative désespérée de remonter. Des larmes de terreur perlaient au coin de ses yeux, et il se repassait déjà le cours de sa vie dans sa tête. Dix-sept ans de cotillons et de paillettes, de quoi vous faire mourir d'ennui.

« Nat ! Nataniel ! Accroche-toi, je vais t'remonter, ok ? Arrête de t'agiter ! »

Nataniel hocha vivement la tête, s'agrippant le plus possible au bras de Fai. Celui-ci souffla un coup et tira de toutes ses forces pour remonter le garçon aux cheveux gris pendu à lui. Dès qu'il le put, Nataniel attrapa un des barreaux et s'appuya dessus pour se hisser de l'autre côté. C'était sans compter sur Fai qui l'attrapa carrément par la taille et le souleva, avant de trébucher sur le plancher du pont. Ils tombèrent ensemble sur le parquet, Fai au-dessus de Nataniel, qui tremblait comme une feuille.

« … Ça va, Nat ? »

Le dit Nat hocha la tête, essayant de calmer sa respiration saccadée. Fai lui adressa un sourire qui se voulait rassurant, et s'apprêta à ouvrir la bouche pour dire une nouvelle boutade, quand quelqu'un l'interpella.

« Eh toi ! Lâche-le ! »

Avec stupeur, il regarda les officiers accourir vers eux, et comprit alors qu'il y alla avoir un gros malentendu. Il leva les bras et commença à se justifier, mais fut interrompu par des menottes qu'on lui passait aux poignets.

« Comment a-t-il osé poser la main sur mon petit frère ? »

Un grand blond avait accouru juste après, un gars de la haute, au vu de son costume bien propre et cher. Il passa une couverture autour des épaules de Nataniel, jetant un regard noir à l'asiatique que tout le monde prenait alors pour un délinquant. Nataniel déglutit et se mit alors à parler.

« Il n'y est pour rien. Ce… C'est un malentendu !

_ Un malentendu ? Un homme qui serre un autre qui crie, j'appelle pas ça un malentendu, jeune homme.

_ C'est pas ça ! Il… Il m'a rattrapé ! Il m'a… Sauvé la vie.

_ .. Comment ça ?

_ Je… J'ai cru apercevoir des dauphins, vous savez, comme y'en avait dans la journée, et euh… Je me suis un peu trop penché et… Et j'ai trébuché. Je serais passé par-dessus bord si F-monsieur Tao ne m'avait pas sauvé. »

Un silence suivit le petit récit de toute évidence bancal de Nataniel. On interrogea Fai, qui appuya les dires du nordique. On le relâcha donc, et il fut convenu d'une invitation à dîner en première classe, pour qu'il conte ses exploits autour d'un bon verre, et histoire de le remercier à moindres frais. Nataniel demanda un instant avant de retourner en cabine, prétextant qu'il avait fait tomber sa montre sur le pont et qu'il voulait la récupérer. Fai resta là, et un silence gêné s'installa, avant que l'islandais n'ose ouvrir la bouche.

« Hm. Merci.

_ … De rien. J'vois que t'aurais genre, manqué à ton frère.

_ … Je ne me rappelle pas vous avoir autorisé à me tutoyer.

_ Oh désolé, m'sieur Helgusson. Mais j'ai pensé que genre, vous sauver la vie, ça se passait de protocole.

_ … T'as raison.

_ Alors comme ça on fuit, genre, les trucs de coincés de première ?

_ Oui. J'en ai marre.

_ Bien. Rendez-vous demain sur le pont, alors.

_ Pourquoi faire ?

_ Profiter de l'instant. Genre, t'es encore vivant grâce à moi, tu pourrais, genre m'accorder une journée ?

_ … D'accord.

_ A demain alors, ne fais pas attendre ton frère.

_ A demain. »

Un sourire échangé, un rendez-vous donné, le début de quelque chose qui aurait pu durer, mais peut-être auraient-ils mieux fait de chuter de l'autre côté.