Un grand merci à mirrorkinomoto, Dea Artio et Guest pour vos reviews, ça me motive énormément ! Bonne lecture !
XXI
« Tu es prête, Ginny ? »
La voix lointaine d'Harry Potter résonna dans les oreilles de Ginny et elle leva les yeux dans sa direction, sortant de sa torpeur. Il l'observait avec tension, attendant patiemment qu'elle lui réponde. Ginny hocha la tête en guise de réponse. Sa gorge était sèche et elle se sentait nauséeuse.
« Allons-y, dans ce cas. » dit-il en lui désignant une porte à l'autre extrémité d'un couloir sombre.
Ils se trouvaient dans les locaux du Bureau des Aurors où Harry les avait conduits, Draco et elle, une heure plus tôt. Il était presque deux heures du matin passées et l'endroit était vide, seulement fréquenté par quelques Aurors de garde pour la nuit.
Ginny et Harry traversèrent le long corridor dans un silence pesant et la marche lui sembla interminable. Elle appréhendait ce qu'elle allait trouver derrière la porte.
« Où est Draco ? » demanda Ginny, d'une voix qui lui sembla étrangère.
« A l'intérieur. » indiqua Harry.
Alors qu'ils arrivaient devant la porte, il se tourna vers Ginny.
« Tout va bien ? » demanda-t-il.
Elle haussa les épaules, sentant son appréhension monter au fil des secondes. La réponse qui lui venait était sans doute ''Non'' mais elle n'avait même pas l'énergie de l'articuler. Il tourna la poignée et ils pénétrèrent dans une pièce étroite, assez grande pour accommoder une demi-douzaine de personnes. Son regard tomba directement sur Draco qui discutait à voix basse avec l'Auror Gawain Robards. De manière presque machinale, Ginny se dirigea vers Draco et elle sentit un calme soudain l'envahir lorsqu'il posa ses yeux gris sur elle.
« Miss Weasley. » commença Robards d'une voix grave. « Navré de vous avoir fait patienter aussi longtemps. »
« Où est-il ? » demanda Ginny d'une voix blanche, écoutant à peine ses paroles.
Robards désigna un large miroir encastré dans l'un des murs de la pièce.
« Avant tout, nous avons besoin de l'identifier. » indiqua-t-il.
Il agita sa baguette en direction du miroir et ce dernier cessa de refléter l'intérieur de la pièce et une autre image s'y matérialisa soudain.
Elle pouvait apercevoir ce qui ressemblait à une cellule de prisonnier, composée d'un mobilier très basique. Un homme était assis sur un banc en granit et regardait le sol. Ginny s'approcha du miroir, observant l'individu avec attention, tentant de distinguer les traits de son visage.
« Reconnaissez-vous cet homme ? » demanda Robards, derrière elle.
L'homme bougea soudainement et fixa un point droit devant lui. Ginny eut un mouvement de recul immédiat et son cœur commença à battre soudainement dans sa poitrine à toute vitesse.
« Il ne peut pas vous voir. » assura Robards.
L'homme était grand, mal bâti et semblait vouté sur le banc. Un front dégarni, un teint terreux ainsi que des yeux renfrognés parachevaient son apparence piteuse.
« Je…Je le connais. » murmura Ginny dans un souffle, le choc audible dans sa voix. « C'est le concierge de mon immeuble. »
Un long silence s'installa dans la pièce tandis qu'elle observait l'homme avec incrédulité et aversion.
« Il s'est rendu de lui-même, il y a quelques heures. » déclara finalement Robards. « Son attitude était totalement erratique. Nous l'avons interrogé et son discours semble complètement incohérent. Il prétend de ne pas avoir de souvenirs mais est persuadé d'avoir agressé une femme. »
« Comment est-on certain que c'est de lui qu'il s'agit, dans ce cas ? » demanda Harry.
« L'un de nos Aurors s'est rendu à son appartement après qu'il se soit rendu et il a fait des découvertes accablantes. » indiqua Robards. « Miss Weasley ? »
Ginny détourna les yeux du miroir et Robards se dirigea vers elle, puis lui tendit une série de clichés.
« Pendant la fouille de son domicile, plus d'une centaine de photos de vous ont été retrouvées. »
Sur les premières photos, Ginny pouvait voir le mur d'un appartement où avait été collées une multitude de photos la représentant, tirées de magazines en tout genre. Elle sentit son ventre se nouer lorsqu'elle vit l'une des photos. Sur le cliché, Ginny se trouvait à l'intérieur de son appartement, et l'image semblait avoir été prise à travers ses fenêtres. Plusieurs photos la montraient pendant qu'elle s'adonnait à des occupations tout à fait ordinaires dans son appartement.
« Nous avons également trouvé plusieurs traces de parchemins ainsi que l'encre exacte utilisée pour les messages qui vous ont été envoyés, Miss Weasley. » poursuivit Robards.
Il jeta un regard hésitant à Ginny puis à Draco, comme s'il hésitait à ajouter quelque chose.
« Ce n'est pas tout. » dit-il finalement. « Nous avons retrouvé des objets vous appartenant à son domicile. »
Il tendit une nouvelle série de photos et l'horreur totale se dessina sur le visage de Ginny tandis qu'elle reconnaissait certaines de ses possessions. L'une de ses brosses à cheveux, sa robe de chambre en soie favorite, des sous-vêtements, du maquillage et d'autres accessoires familiers.
« Il semblerait qu'il n'en n'était pas son coup d'essai lorsqu'il vous a agressée. Il s'était déjà introduit à plusieurs reprises chez vous. » ajouta Robards.
Ginny sentit les photos lui glisser des mais puis tomber au sol avant de s'éparpiller dans la pièce. Elle se sentait chancelante. Elle sentit un bras se poser autour de sa taille et elle lança un regard perdu à Draco. Elle n'était pas certaine de pouvoir rester debout sans son aide.
« Je n'arrive pas à le croire. » chuchota-t-elle d'une voix tremblante. « Comment ? »
Sa question lui paraissait rhétorique. Jamais elle n'aurait soupçonné cet homme. Ils avaient rarement interagi depuis qu'elle avait emménagé dans son appartement et il n'avait jamais montré de signe d'intérêt envers elle.
« Son nom est Isaac Coombs, 39 ans, célibataire et sans enfants. Une vie sociale visiblement très chaotique et il semble isolé en raison de son statut de cracmol. Quelques antécédents judiciaires mineurs dans son dossier. » indiqua Robards en lisant un parchemin. « Il a le profil type des agresseurs sexuels. »
« Cracmol ? » répéta Draco avec surprise, fronçant les sourcils. « Je suis quasiment certain qu'il m'a jeté un sort le jour de l'agression. »
« Vous avez-vous-même indiqué que vous étiez dans l'obscurité totale, M. Malfoy » avança Robards. « L'un de vos sorts a peut-être ricoché dans votre direction. Il se peut également qu'il avait sur lui un artefact. De nos jours, on trouve des objets pouvant lancer des maléfices dans les magasins de farces et attrapes. »
« Est-ce que l'un de vous le reconnaît ? » demanda Harry. « Pensez-vous qu'il s'agissait de lui ? Il serait bénéfique pour l'enquête de pouvoir obtenir un élément qui le certifie. »
Draco secoua la tête avec frustration et tourna la tête vers Ginny.
« Je…je n'ai pas vu son visage. » indiqua-t-elle.
« Mais vous avez entendu sa voix, c'est bien cela Miss Weasley ? » insista Robards.
Ginny hocha la tête et l'Auror extirpa ce qui ressemblait vaguement à un magnétophone dans sa main. Ginny avait déjà vu Allegra, l'assistante de Draco, utiliser un objet similaire.
« Nous lui avons demandé de répéter les mots que votre agresseur a prononcé pendant votre attaque et nous l'avons enregistré. » apprit Robards. « Écoutez ça. »
Il actionna l'appareil à l'aide de sa baguette.
« Reste tranquille ! Petite garce ! » entendit-on dans la pièce.
Ginny se figea immédiatement et elle sentit son sang se glacer en l'espace d'une fraction de seconde. Cette voix. Elle l'entendait encore dans ses cauchemars.
« C'est lui. » dit-elle d'une voix blanche, le teint livide, les jambes chancelantes.
A son grand soulagement, Draco ne l'avait pas lâchée. Elle se serait probablement effondrée sur le sol s'il ne la tenait pas aussi fermement.
« Tu es certaine, Ginny ? » demanda Draco.
Elle acquiesça la tête, tournant la tête vers le miroir. L'homme n'avait pas bougé de son siège.
« Dans ce cas, c'est fixé. Nous avons assez d'éléments pour l'envoyer au trou pendant quelques années. Les preuves physiques sont accablantes, nous avons obtenu votre témoignage, ainsi que sa déposition, même si elle est incohérente. Tout colle parfaitement. » conclut l'Auror, l'air satisfait. « Potter, préparez le transfert à Azkaban. Je vais contacter le Magenmagot de mon côté. »
Il était près de cinq heures du matin lorsqu'ils rentrèrent finalement dans l'appartement de Draco. Robards avait pris la nouvelle déposition de Ginny et avait insisté pour qu'ils signent des formalités.
« Plus vite nous terminons la paperasse, plus vite ce malade sera enfermé. » avait indiqué Robards.
« Tu dois être épuisée. » lança Draco tandis qu'ils entraient dans l'appartement. « Tu devrais aller te reposer. »
Ginny secoua la tête immédiatement. Elle n'avait aucune envie de fermer l'œil.
« Je n'ai pas sommeil. » protesta-t-elle en se dirigeant dans la cuisine.
Machinalement, elle commença à préparer du thé et elle sentit le regard de Draco suivre chacun de ses gestes. Il s'installa finalement sur l'une des chaises du large comptoir en céramique.
« J'ai du mal à réaliser qu'il était juste sous mes yeux. » dit-elle finalement. « Combien de fois est-il entré dans mon appartement, sans que je le sache ? »
Elle frissonna tandis qu'elle imaginait le concierge l'observer pendant qu'elle dormait, résistant visiblement à la pulsion de l'attaquer violemment.
« Ne pense pas à ça. » conseilla Draco. « Il ne peut plus te faire de mal. Tu es hors de danger. »
Elle hocha la tête distraitement, incapable de se défaire de ces pensées néfastes. Étrangement, elle ne se sentait pas fatiguée (et le litre de café qu'elle avala pendant la matinée en fut probablement la cause) et elle resta enfermée dans sa léthargie pendant des heures. De sa chambre, elle entendit soudainement la sonnerie de l'appartement retentir et elle se redressa.
Des voix lui parvinrent à l'oreille et curieuse, elle se releva, puis se dirigea dans le séjour. Elle fut surprise de voir Harry et Ron dans l'appartement. Ils échangeaient visiblement des paroles avec Draco et Ginny fut surprise de constater que ce dernier et Ron semblait avoir une conversation polie. Elle s'éclaircit la gorge, pour manifester sa présence et les trois hommes se tournèrent vers elle.
« J'ai raté quelque chose ? » demanda Ginny, levant un sourcil.
« Je venais simplement vous prévenir que Coombs a été incarcéré à Azkaban. Il devra encore attendre son jugement mais il risque d'y rester pendant un long moment. » indiqua Harry.
Une vague de soulagement envahit Ginny.
« Merci, Harry. »
Son regard se posa ensuite sur Ron et elle lui jeta un regard qui signifiait clairement « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
« Malfoy, j'ai encore quelques questions à te poser, si tu permets. » dit soudainement Harry en adressant un regard entendu en direction de Malfoy.
« Absolument, suis-moi Potter. » dit-il avant de disparaitre dans la cuisine, Harry sur ses talons, laissant Ginny et Ron dans la pièce.
Ginny n'avait toujours pas quitté Ron des yeux et elle croisa les bras, l'observant avec hostilité. Elle n'avait pas encore digéré ses remarques lors de sa dernière visite au Terrier. Alors qu'elle avait été au fond du gouffre, il n'avait pas pu s'empêcher de remettre sur le tapis sa haine pour Draco Malfoy.
Cette fois, cependant, Ron ne semblait pas aussi inamical. Il paraissait même mal à l'aise tandis qu'il observait Ginny, cherchant visiblement par où commencer.
« Écoute Ginny, je voulais m'excuser pour mon attitude ces derniers mois. » commença-t-il, en baissant la tête. « Je n'ai pas été correct avec toi et je me suis laissé aveuglé par ma haine pour Malfoy. »
Ginny écouta ses paroles, estomaquée. Elle ne parvenait pas à croire que son frère lui présentait des excuses.
« Même si je le déteste, je dois reconnaître qu'il a été davantage un soutien pour toi que ton propre frère. » indiqua-t-il d'un ton dépité. « Je n'aurais pas pu me regarder dans les yeux s'il t'était arrivée quelque chose. »
Le visage de Ginny s'adoucit et elle se rua dans la direction de Ron pour l'étreindre.
« Imbécile. » dit-elle avec un rire nerveux alors qu'il l'étreignait à son tour.
« Ça ne change en rien le fait que je pense que Malfoy est une fouine arrogante et qu'il ne mérite absolument pas ma sœur. » dit-il. « Ow, ça fait mal Ginny ! »
Elle lui avait assené un coup dans les côtes.
« Mais je garderai mon opinion pour moi à l'avenir. » s'empressa-t-il de rajouter.
« Voilà qui est mieux. » décréta Ginny, un sourire lumineux éclairant son visage. « Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? »
« Harry a sa part de responsabilité là-dedans. » admit Ron d'un air contrit. « Il a passé beaucoup de temps avec toi récemment et par conséquent avec Malfoy. Il m'a fait comprendre qu'il te traitait convenablement. Et si Harry peut l'accepter, j'imagine que je le peux aussi. »
« Ronald Weasley, je ne te reconnais pas. D'où vient cette maturité soudaine ? » demanda Ginny avec effarement.
« Arrête de te payer ma tête, Ginny. » répliqua Ron en levant les yeux au ciel.
Il lâcha un long soupir avant de poursuivre :
« Pour te dire la vérité, j'avais toujours l'espoir que toi et Harry… Eh bien, tu sais… » dit-il avec gêne. « Mais je vois maintenant que vous êtes tous les deux passés à autre chose. »
Ginny hocha la tête.
« Il t'aura fallu une décennie pour l'accepter. » dit-elle avec un rire.
« Et peut-être que dans vingt ans, j'accepterai Malfoy. » dit Ron avec un sourire coin.
« Weasley, je suis touché par cet élan d'acceptation. » lança Draco d'une voix trainante alors qu'il pénétrait de nouveau dans le séjour, Harry sur ses talons.
« Disons plutôt trente. » chuchota Ron à voix basse, de façon à ce que seule Ginny puisse l'entendre.
« Chaque chose en son temps. » déclara Ginny avec un sourire.
Une demi-heure plus tard, l'appartement de Draco était au complet. La famille de Ginny avait insisté pour venir lui rendre visite dès qu'ils avaient été notifiés de l'arrestation de son agresseur. Dennis et Grazyna étaient également présents. Ginny fut même surprise de voir Pansy Parkinson parmi les invités.
Cette dernière fut une entrée remarquée en arrivant dans un large manteau en fourrure de boursouflet rose et s'attira un regard hostile de la part de Grazyna.
« Oh Ginny. » s'exclama Pansy d'un ton dramatique en se dirigeant vers Ginny pour l'étreindre.
Elle recula de quelques centimètres puis l'observa d'un œil critique.
« Je suis tellement heureuse qu'ils aient arrêté ce malade mental. » assura-t-elle. « Je ne peux pas imaginer comment tu as dû te sentir. »
« Merci Pansy. » la remercia Ginny.
La présence de ses proches à ses côtés après le calvaire qu'elle avait récemment traversé lui faisait le plus grand bien.
Ginny fut presque suffoquée par les longues étreintes de sa mère, visiblement soulagée que sa fille soit hors de danger.
« Je n'arrivais plus à dormir. » assura Molly en sanglotant pour la troisième fois de l'après-midi.
Ginny adressa un regard reconnaissant à son père lorsqu'il prit son épouse par les épaules pour l'éloigner en direction de l'un des sofas.
« Je ne comprends toujours pas comment il a pu abaisser les protections autour de l'appartement. » entendit-elle Draco déclarer.
Il discutait avec Bill, Harry et Percy. Percy entama un long discours sociologique sur une étude qu'il avait récemment lue au sujet de certains troubles psychologiques et de la violence qu'ils engendraient.
Ginny se dirigea ensuite vers la cuisine, à la recherche d'Elky, un plateau vide dans les mains. Elle y trouva Pansy Parkinson debout devant le comptoir, en compagnie de deux de ses nièces, Roxanne et Victoire.
Apparemment, Pansy organisait prochainement sa fête d'anniversaire qu'elle décrivait comme ''l'évènement de l'année.''
Elle transportait visiblement avec elle un carnet affichant les tenues potentielles soigneusement préparées avec son personal shopper. Elle semblait demander l'avis de Roxanne et Victoire. Ginny écouta d'une oreille distraite leurs paroles tandis qu'elle agitait sa baguette en direction d'une théière.
« Cette robe est jolie. » commenta Roxanne d'une voix excitée.
« Oui, j'aime bien. C'est jeune, c'est audacieux. » commenta Pansy en haussant la tête, l'air appréciateur. « Une robe dorée a l'encolure, pourquoi pas. C'est la mode des strass et des paillettes, après tout. »
Elle tourna la page de son carnet.
« Maintenant il faut choisir la photo pour mes invitations. » décréta Pansy. « Qu'en pensez-vous ? »
« Celle-ci. » commenta Victoire avec enthousiasme en pointant du doigt une photo lorsque Pansy tourna la page.
Pansy lança un regard un regard critique à la photo, semblant peu convaincue.
« L'ennui, c'est que cette photo me donne un air trop sympathique et trop abordable. J'ai envie qu'on sache que n'importe qui ne peut pas s'adresser à moi. » indiqua Pansy à Victoire. « Tu vois de quoi je parle ? »
« Pas vraiment. » répondit Victoire en haussant les épaules.
Ginny étouffa un rire.
« Tu sais Pansy, je ne suis pas certaines que les filles soient des professionnelles du style et de l'image. » dit Ginny avec amusement.
« Oh mais au contraire. Nous nous amusons comme des petites folles. » assura Pansy en hochant frénétiquement la tête.
Elle observa tour à tour les deux petites filles.
« Les filles, qu'est-ce que vous avez appris avec Tante Pansy, aujourd'hui ? » interrogea-t-elle, en prenant l'air d'un professeur qui posait une question à ses élèves.
« Il ne faut pas rester dans un mariage bancal. » répondit Roxanne, fièrement.
Pansy acquiesça et se tourna ensuite vers Victoire qui sembla réfléchir pendant de longues secondes.
« Le mélange des styles, ce n'est pas sexy. » répondit finalement Victoire.
« Correct. » confirma Pansy en lui faisant un clin d'œil.
« Ce sont les filles faciles qui rendent nos vies difficiles. » acheva Roxanne.
Pansy tapa dans ses mains, visiblement très satisfaite par les prestations de ses nouvelles protégées. Ginny ouvrit la bouche, mortifiée.
« Mes chéries, je vous laisse apporter ces biscuits aux autres. » s'empressa de déclarer Ginny en posant dans leur bras des assiettes remplies. « Et ne répétez surtout pas ce que vous venez de dire ici à vos parents, entendu ? »
Victoire et Roxanne se précipitèrent d'acquiescer avant de disparaitre de la cuisine. Ginny se retourna vers Pansy, un air de total incompréhension sur le visage.
« Elles sont adorables. » murmura Pansy avec un sourire rêveur sur les lèvres. « Ça me donne presque envie d'en avoir. Mais je tiens trop à ma taille 36. »
« Tu réalises qu'elles n'ont même pas encore l'âge d'aller à Poudlard ? » questionna Ginny, toujours abasourdie. « Est-ce qu'on pourrait s'assurer d'avoir des conversations un peu plus appropriées pour leur âge ? »
« Oh tu sais, les enfants de nos jours sont précoces. » indiqua Pansy. « Elles me remercieront un jour. »
Elle prit une cacahuète dans un bol du comptoir, l'air totalement tranquille.
« Très bien, je me retiendrais la prochaine fois. » accepta finalement Pansy en croisant le regard insistant de Ginny.
Ginny ne vit pas l'après-midi passer et bientôt, ses parents prirent congé, suivis par Bill, Percy, George et leurs familles respectives puisqu'il commençait à se faire tard pour les enfants. Hermione s'excusa également, prétextant une garde nocturne à l'hôpital ce soir-là.
Une fois les enfants partis, Pansy insista pour entamer l'une des meilleures bouteilles d'hydromel du bar de Draco.
« Comment en est-ton arrivé là ? » demanda finalement Ginny à haute voix tandis qu'elle observait Pansy raconter ses frasques à Harry et Ron.
« Elle a insisté pour être présente. » se justifia Draco qui venait de la rejoindre, observant Pansy en secouant la tête. « Il faut l'arrêter bientôt, elle risque de devenir incontrôlable, sinon. »
Ginny avait déjà observé les excès de Pansy Parkinson lorsqu'elle forçait un peu trop sur la bouteille (ce qui semblait lui arriver régulièrement.)
« Je n'arrive pas à croire que Ron est en train de rire à ses blagues. » commenta-t-elle avec incrédulité.
Deux heures plus tard, Pansy proposa à tout le monde de continuer la soirée à l'extérieur.
« Je passe mon tour. » indiqua Ginny.
Elle avait passé une longue nuit et une longue journée et la dernière chose dont elle avait envie était de sortir. Draco sembla être du même avis.
« Par Salazar, Vous êtes d'un ennui. Pas encore mariés et on dirait déjà un vieux couple. » dit Pansy en levant les yeux au ciel, l'air moqueur.
Elle revêtit son large manteau en fourrure rose et pointa un doigt en direction d'Harry et Ron.
« Potter, Weasley, vous êtes de la partie. » dit-elle d'un ton factuel, sans leur demander leurs avis.
Elle se tourna ensuite vers Dennis.
« Toi aussi…Humm, quel est ton nom déjà ? » demanda-t-elle.
« Dennis. » répond-t-il d'un ton aimable
« Tu viens aussi, Derrick ! » ordonna Pansy en se dirigeant vers la porte, le pas titubant.
Ron et Harry échangèrent un regard perplexe puis la suivirent à leur tour.
« Je ne sais pas où je m'engouffre. » murmura Dennis avant de leur emboiter le pas.
Ginny observa le groupe avec incrédulité – jamais elle n'aurait cru un jour assister à ce genre de regroupement. Lorsqu'ils quittèrent l'appartement, le silence s'installa de nouveau et un sentiment étrange parcourut Ginny.
Être occupée et entourée toute la journée lui avait momentanément fait oublier ses troubles et l'avait empêchée de trop penser. Désormais, toutefois, elle avait l'impression que ses idées noires l'assaillaient de nouveau.
Machinalement, elle commença à mettre de l'ordre dans le living-room, éprouvant le besoin de s'occuper et ne supportant pas l'idée de ne rien faire. Draco attrapa son bras et elle lui jeta un regard surpris.
« Elky va s'en occuper. » assura-t-il d'une voix ferme. « Tu n'as pas dormi depuis deux jours, tu devrais te reposer. »
Ginny capitula. Elle savait qu'il avait raison et elle s'était promis d'arrêter de protester systématiquement.
« Merci pour tout ça. » dit-elle finalement.
Draco avait pris l'initiative de faire venir tous ses proches et elle appréciait ce geste prévenant de sa part. Il haussa les épaules.
« Je t'en prie. » dit-il avant de disparaitre, à la recherche de son elfe de maison.
Cette nuit-là, bien qu'elle soit exténuée, Ginny peina à trouver le sommeil. Elle se tourna et se retourna dans son lit pendant plusieurs heures. Lorsqu'elle parvint finalement à trouver le sommeil, celui-ci fut agité par de nouveaux cauchemars. Cette fois, cependant, son agresseur avait un visage. Elle se revit dans son appartement, attaquée par le concierge de son immeuble, incapable de se libérer de sa prise. Soudainement le visage de l'homme se transforma et elle se retrouve devant la figure cadavérique et effrayante de Lord Voldemort.
Elle ouvrit les yeux immédiatement et resta immobile dans son lit, incapable de bouger, en prise à une crise de tétanie. Au bout de quelques minutes, elle sentit ses muscles se détendre et elle retrouva le contrôle de ses membres. Elle se précipita dans la salle de bain et ouvrit l'eau du robinet puis passa de l'eau glacée sur son visage.
Elle observa son reflet dans le miroir. Son teint était cireux et de longues cernes étaient apparentes sous ses yeux, signe manifeste de son manque de sommeil.
Elle sortit de sa chambre, et rejoint le living-room qui était silencieux. Elle s'installa sur l'un des fauteuils, les jambes ramenées contre sa poitrine, observant distraitement l'horloge se trouvant face à elle. Trois heures du matin, affichait-elle.
Pourquoi était-elle toujours à fleur de peau ? Son agresseur était derrière les barreaux, elle n'avait plus rien à craindre. Pourquoi son cerveau ne la laissait-il donc pas en paix ?
« Ginny ? » entendit-elle soudainement derrière.
Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était restée assise dans cette position, plongée dans l'obscurité la plus totale. Elle reconnut immédiatement la voix de Draco. Quelques secondes plus tard, elle sentait le fauteuil s'affaisser légèrement tandis qu'il prenait place à ses côtés.
« Insomnie ? » demanda-t-il d'un ton neutre.
Elle hocha la tête même si elle savait pertinemment qu'il ne pourrait pas la voir dans l'obscurité.
« Désolée de t'avoir réveillé. » dit-elle.
« Ce n'est pas le cas. » indiqua-t-il.
Un silence s'installa de nouveau.
« Je pensais que tout irait mieux, une fois qu'il serait arrêté. » admit finalement Ginny d'une voix éteinte. « J'étais persuadée que ça serait suffisant pour stopper toute cette angoisse. »
Sans qu'elle ne puisse les réprimer, elle sentit de nouvelles larmes lui remplir les yeux comme chaque jour ces derniers temps.
« Tu as vécu une expérience traumatisante, ça n'a rien d'anormal. » rappela Draco.
« J'ai l'impression d'entendre ma psychomage. » dit Ginny avec un rire nerveux, entre ses larmes. « Bientôt tu vas me dire que je dois pleurer pour exprimer toutes mes émotions. »
« Tu peux pleurer autant que tu veux, je ne te prendrai pas dans mes bras, Weasley. » dit-il d'une voix moqueuse.
Ginny émit un rire, plus franc cette fois. A sa grande surprise, quelques secondes plus tard, Ginny sentit un bras se poser sur ses épaules. Elle se figea, désarçonnée par ce geste inattendu. Puis, contre toute attente, elle se détendit. Elle sentit Draco se tourner légèrement sur le fauteuil pour prendre une position plus confortable afin d'accommoder Ginny. Elle posa sa tête contre son torse d'un geste machinal.
Il était troublant de réaliser qu'elle était dans les bras de Draco Malfoy et que ce geste lui semblait presque naturel. Étrangement, elle ne se sentait pas mal à l'aise. Ainsi enveloppée dans son étreinte, elle était juste bien.
Avant qu'elle ne puisse le réaliser, elle tomba dans un sommeil profond. Quelques heures plus tard, elle sentit une chaleur soudaine la recouvrir et elle ouvrit un œil. Son regard tomba sur Elky, l'elfe de maison, qui semblait occupée à poser une couverture sur eux, les observant d'un air béat.
Ginny se redressa d'un geste brusque, s'extirpant des bras de Draco.
« Qu'est-ce que tu fiches ? »
« Elky ne voulait pas réveiller Maîtresse. Elky avait peur qu'ils prennent froid, alors elle a posé la couverture sur eux. » indiqua l'elfe d'un ton joyeux.
Ginny jeta un regard en direction de Draco qui était toujours endormi dans le fauteuil. Alors qu'elle réalisait qu'elle avait dormi serrée contre lui, son visage prit une couleur écarlate. Elle jura copieusement.
« Ce n'est pas un terme très approprié au langage d'une lady. » réprimanda Elky en fronçant ses sourcils épais.
Ginny lui jeta un regard hostile et l'elfe reprit la couverture, s'éloignant d'un pas visiblement contrarié. En se relevant, Ginny cogna son genou contre la table basse et elle laissa échapper un juron plus vulgaire et plus bruyant encore.
« Que t'arrive-t-il ? » demanda la voix de Draco tandis qu'elle sautillait quasiment sur place, une expression de douleur sur son visage.
Elle jeta un regard dans sa direction. Il s'était redressé et se frottait les yeux. Il avait visiblement été réveillé brutalement par le tapage de Ginny.
« Désolée. » grinça-t-elle. « C'est quoi le problème de ton elfe, au juste ? »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » interrogea Draco avec confusion.
« Elle est… »
Ginny fit un mouvement circulaire avec son doigt en direction de sa propre tête. Un air de compréhension sembla apparaitre dans les yeux gris de Draco.
« Elle se fait un peu vieille. » indiqua-t-il. « Elle appartenait à ma mère. Elle a insisté pour qu'Elky commence à travailler ici lorsque j'ai emménagé. Elle est un peu spéciale et n'obéit pleinement qu'à ma mère pour dire la vérité. »
Ginny pesta dans sa barbe, proférant des plaintes à l'égard de cette elfe irritante. Elle croisa ensuite le regard de Draco et son embarras prit de nouveau le dessus. Elle ne savait pas trop comment agir après ce qu'il s'était passé entre eux. Était-elle supposée dire quoi que ce soit ? Après de longues secondes de dilemme intérieur, elle décida de rester silencieuse et prétexta une douche pour pouvoir s'éloigner à toute vitesse.
Katrina accorda trois jours de repos à Ginny et cette dernière en profita pour consulter la professionnelle mentionnée par Grazyna.
Sarwa Quartey était spécialisée en magie alternative et prétendait pouvoir libérer des aptitudes cachées chez ses clients. Ses services étaient onéreux, mais elle garantissait des résultats positifs chez cent pour cent de sa clientèle.
Son cabinet était coloré, biscornu et dégageait une forte odeur d'encens. Elle assurait que ses potions secrètes stimulaient le cerveau et ''préparaient le corps et l'esprit pour une fusion totale.'' Elle possédait une allure extravagante, avec sa longue tunique aux motifs africains et ses longues tresses d'une teinte dorée, lui tombant presque au niveau des cuisses.
« Dans ma culture, au Ghana, personne n'utilise de baguette magique. C'est une invention occidentale. » expliqua-t-elle. « D'ailleurs, je n'en possède pas. »
Sous les yeux médusés de Ginny, Sarwa agita le doigt d'un air distrait et un plateau de thé s'éleva dans les airs, se posant face à Ginny. Une chaise s'anima ensuite et s'arrêta derrière Ginny qui s'installa dessus avec hésitation. Ginny ouvrit la bouche, médusée. Elle avait déjà entendu parler de la possibilité de faire de la magie sans baguette, mais elle n'avait encore jamais assistée à une démonstration.
« La baguette magique n'est qu'un objet utilisé pour canaliser sa magie et la contrôler plus facilement. » poursuivit Sarwa. « Mais si vous apprenez à connaitre votre magie, vous obtiendrez un contrôle total dessus, sans l'aide d'un artifice en bois. »
« Pensez-vous que je puisse encore apprendre ? A mon âge ? » demanda Ginny avec étonnement.
« Ça dépend de votre volonté et de votre ouverture d'esprit. » indiqua Sarwa. « Certaines personnes restent bloquées plus longtemps que d'autres parce qu'elles sont incapables de faire le vide. »
Elle proposa à Ginny de faire un essai et l'invita à s'asseoir au sol, sur des coussins à fanfreluches.
« Nous allons commencer par le principe du vide. Fermez les yeux. » ordonna Sarwa. « Ne pensez à rien. »
L'entreprise se révéla plus difficile que prévu et après maintes tentatives, Ginny ne parvint pas à vider totalement son esprit.
« Vous réfléchissez beaucoup trop. Vous devez accepter l'idée que vous ne pouvez pas tout contrôler. » dit Sarwa à la fin de la séance. « Mais ce n'est pas un problème, j'ai l'habitude des cas difficiles. »
Lorsqu'elle sortit du cabinet, Ginny eut des sentiments mitigés au sujet de cette expérience nouvelle. Le principe du vide de Sarwa la laissait perplexe et elle ne voyait pas en quoi ne penser à rien pouvait l'aider à mieux contrôler sa magie.
Le point positif fut qu'elle se sentit beaucoup plus détendue et lorsqu'elle fut de retour chez Draco, elle ne se mit pas en quatre pour l'éviter. Elle n'avait pas osé entamer une conversation depuis leur ''nuit'' ensemble, trop embarrassée.
Il la gratifia à peine lorsqu'elle entra, occupé à discuter vivement dans son miroir à double sens. Elle haussa un sourcil lorsqu'elle réalisa qu'il parlait une autre langue qu'elle ne comprenait pas.
« A qui parlais-tu ? » demanda-t-elle avec curiosité lorsqu'il eut terminé.
« Le responsable de la filiale italienne de Machinations Malforescentes. » répondit-il d'un ton évasif.
« Tu parles italien ? » continua-t-elle, surprise.
« Oui, même s'il est un peu rouillé. » répondit Draco avec un rictus.
Ginny lui adressa un regard surpris. Elle en apprenait tous les jours.
« A ce sujet, j'irai en Italie dans deux semaines pour un sommet international. » annonça-t-il.
« On se fait plaisir chez Machinations Malforescentes. » commenta-t-elle.
Il esquissa un sourire en coin.
« Tu peux venir également, si tu le souhaites. » suggéra-t-il. « On a tous besoin d'une pause. »
Ginny lui lança un regard étonné, surprise par sa proposition. Elle n'était jamais allée en Italie et la perspective de s'y rendre était excitante.
« J'adorerais ça. » répondit-elle, plein d'entrain.
« Parfait. Dennis peut venir également, si tu le souhaites. Je serai occupé pendant le sommet, ça te fera de la compagnie. » indiqua-t-il en quittant la pièce. « Allegra vous communiquera les détails. »
Le Jeudi suivant, Ginny se retrouva dans le Hall exubérant et éblouissant du Palais de la Chimère. La salle de bal accueillait pour la soirée le Gala des Survivants, organisé par la philanthrope Cressida Warrington.
L'évènement réunissait des personnalités politiques, des représentant de diverses fondations qui avaient vu le jour après la fin de la guerre ainsi que des familles directement touchées par la guerre.
L'évènement était à ouvert à tous, en échange de l'achat d'un billet coûteux. Les ventes seraient entièrement reversées à une association au profil des orphelins de la guerre.
Cressida Warrington semblait aux anges. Pour la première fois depuis le lancement du Gala, elle avait réussi à y faire participer Harry Potter qu'elle présenta comme l'invité d'honneur. Ce dernier sembla gêné par l'attention qu'il reçut. Après la guerre, Harry s'était fait discret. La presse était obsédée par ses moindres faits et gestes et sa discrétion semblait contribuer au mythe au mystère autour de sa personne. Hermione et Ron étaient également présents (ce qui causa le ravissement de Cressida.)
« Le trio d'or de nouveau réuni. » commenta Draco d'un ton sarcastique aux côtés de Ginny lorsque les trois comparses se retrouvèrent assiégés par les journalistes de la Gazette.
Ginny laissa échapper un rire léger, tandis qu'elle avalait une gorgée d'hydromel. Ils étaient installés à une table non loin de l'estrade principale en compagnie de Dennis, Charlie qui accompagnait Hermione, ainsi que Katrina pour qui le Gala était une énième occasion pour réseauter. A une table éloignée, Ginny aperçut Pansy Parkinson parmi une table de jeunes femmes, toutes tirées à quatre épingles.
« Tu ne m'as pas dit comment s'est déroulée la fin de la soirée, samedi dernier. » fit remarquer Ginny, une heure plus tard, tandis qu'elle se dirigeait avec Dennis en direction du bar. « Comment avez-vous pu tous passer une soirée ensemble sans vous entretuer. »
Dennis laissa échapper un soupir dramatique.
« Cette soirée était complètement surréaliste. » commenta Dennis, en secouant la tête, comme s'il n'y croyait pas lui-même.
« Raconte. Je veux tout savoir. » quémanda Ginny avec curiosité.
« Nous avons fait une tournée des pubs du Quartier Treize. Laisse-moi te dire que Parkinson a une descente impressionnante. Même Ron était bluffé. Nous étions tous tellement ivres, c'était pathétique à voir. » expliqua Dennis avec un rire. « Je ne sais pas comment elle a réussi à nous convaincre – elle a ce pouvoir de persuasion terrifiant – mais nous nous sommes retrouvés à la Vipère Argentée. C'est un club de strip-tease. »
Ginny éclata de rire en écoutant le récit de leur soirée mouvementée.
« Et comment s'est passé votre soirée ? » demanda Dennis, à la fin de son discours.
Immédiatement, le visage de Ginny prit une couleur corail et Dennis lui adressa un regard suspicieux.
« Que s'est-t-il passé ? » demanda-t-il avec insistance. « Je veux tout savoir. »
Avec un soupir embarrassé, Ginny lui raconta son récent rapprochement avec Draco. Dennis parut surexcité.
« Je savais que ça allait être croustillant. » dit-il en feignant l'émoi. « Content de voir qu'il y a enfin un peu d'avancement de ce côté-là. »
Ginny lui lança un regard outré.
« Je ne vois vraiment pas de quoi tu parles, Dennis. » dit-elle d'un ton sec.
« Tu sais Ginny, quand tu dors dans le lit d'un homme, tu lui envoies certains signaux. C'est clair ou je dois te faire un dessin ? »
« Techniquement, c'était sur son canapé, pas son lit. Et il ne s'est rien passé. » répliqua Ginny.
« Vous étiez glués l'un contre l'autre. » rappela Dennis sur le ton de l'évidence.
« Non, j'étais bouleversée et il voulait me consoler. Rien d'autre. » réfuta Ginny.
« Je t'aime beaucoup, Ginny, mais je ne sais pas si je peux supporter plus longtemps la désillusion dont tu fais preuve lorsqu'il s'agit de Draco Malfoy. » déclara Dennis en lui jetant un regard empli de pitié.
« Ma désillusion ? » répéta Ginny avec un rire nerveux, n'en croyant par ses oreilles.
« Regarde la manière dont il agit avec toi. Comme il te regarde parfois. Tu ne peux pas prétendre être aveugle à ce point. » lança Dennis.
Ginny ne répondit pas.
« Dès qu'Harry Potter, ton ex petit-ami a débarqué, Draco a sorti les crocs comme un lion qui protège sa proie. Tu as bien vu à quel point il était désagréable envers Harry alors que le pauvre n'a rien demandé. » poursuivit Dennis.
Il soupira et prit une gorgée de son verre, l'air dépassé.
« Dommage qu'il ne réalise pas où se trouve le vrai danger. » acheva Dennis en donnant une tape légère sur l'épaule de Ginny pour attirer son attention.
D'un geste discret de la tête, il désigna un point à l'autre extrémité de la pièce. Ginny suivit son regard et croisa les yeux cuivrés de Blaise Zabini, rivés sur elle. Elle détourna les yeux immédiatement, réprimant un juron.
« A plus tard. » annonça Dennis d'un ton entendu avant de s'éloigner.
Ginny se retourna et fit face au bar, les battements de cœur dans sa poitrine s'accélérant sous la nervosité. Avec un peu de chance, il ne l'avait pas vue, pensa-t-elle. Elle s'empêcha à grande peine de lever les yeux au plafond face à sa propre bêtise. Bien évidemment qu'il l'avait vue. Elle l'avait surpris à la regarder. Elle resserra sa main autour de son verre, anxieuse.
Quelques instants plus tard, elle n'eut même pas besoin de se tourner pour savoir qu'il était à ses côtés, près du bar.
« Un whisky-pur-feu. » demanda-t-il à l'attention d'un barman.
Elle garda les yeux résolument fixés devant elle, faisant mine d'ignorer sa présence.
« Est-ce qu'on peut parler ? » demanda-t-il soudainement.
C'était à elle qu'il s'adressait. Il avait parlé avec cette voix presque caressante et elle tourna la tête dans sa direction. Il l'observait avec ce regard intense dont il avait le secret mais Ginny y resta insensible. Quel manipulateur hors-pair il était.
« Je n'ai rien à te dire, Zabini. » répliqua-t-elle d'une voix glaciale.
« Je veux simplement m'excuser. Ensuite, je te laisserai tranquille. » assura-t-il d'un air qui paraissait presque sincère. « Je t'attendrai dans le couloir, près de l'escalier. »
Il s'empara du verre que le barman posa sur le comptoir puis s'éloigna. Ginny termina son verre d'une traite. Il prétendait vouloir lui présenter des excuses. Elle secoua la tête, pesant le pour et le contre. Après ses mensonges grossiers, elle avait perdu toute confiance en lui.
Une partie d'elle-même était curieuse d'entendre les excuses qu'il tenterait cette fois de lui faire avaler. Avant qu'elle ne puisse s'en empêcher, elle se détourna à son tour du bar, et suivit la direction que Blaise avait prise, vers le gigantesque escalier en verre.
Elle le retrouva adossé contre le mur d'un couloir vide, à l'écart des festivités et des autres invités.
« Ginny. » dit-il d'une voix suave lorsqu'elle s'approcha. « Je suis content de te voir. »
« Ce n'est pas réciproque. » répliqua-t-elle avec froideur.
« Je sais que tu es en colère contre moi, j'aurais dû être honnête avec toi. » indiqua-t-il d'un ton navré. « Mais je n'ai pas menti, cette femme ne signifie absolument rien pour moi. »
Ginny l'observa avec effarement.
« Tu me prends vraiment pour une idiote. » constata-t-elle. « Tes excuses ont fonctionné les premières fois, mais il va falloir en trouver des nouvelles. Ce disque commence à être rayé. »
Il sembla surpris par son hostilité. Après tout, elle n'avait jamais résisté bien longtemps devant ses belles paroles, par le passé.
« Tu n'es qu'un menteur et je plains sincèrement cette pauvre femme. » continua-t-elle avec mépris.
« Je suis un menteur ? » répéta-t-il. « Et tu te considères comme une sainte ? Pourtant tu es en couple avec Malfoy, et il en a fallu peu pour te mettre dans mon lit. Qu'est-ce que ça fait de toi ? »
Avant qu'elle ne puisse se retenir, elle assena une gifle sur sa joue. Le geste était parti seul. Il recula de quelques pas, visiblement estomaqué. Puis une lueur de colère apparut dans son regard cuivré et ses yeux s'assombrirent sous l'effet de la contrariété.
« Mauvaise idée. » dit-il d'un ton furieux. « Tu n'as pas envie de me mettre en colère Ginny. »
« Ça m'est complètement égal, Zabini. » dit-elle d'un ton enragé. « Ne t'approche plus de moi. »
A sa grande surprise, il laissa échapper un rire malveillant qui lui donna froid dans le dos. Elle avait l'impression de le découvrir sous un nouveau jour. Elle voyait enfin son vrai visage, derrière le masque de séduction.
« Je te connais, Ginny. Tu seras de retour. » garantit-il d'une voix méprisante. « C'est plus fort que toi. »
Elle se sentit envahie par une colère noire lorsqu'elle entendit ses paroles. Il n'avait aucun respect pour elle. Il la considérait comme un jouet avec lequel il pouvait s'amuser comme bon lui semblait. Elle se sentait trahie, blessée et déçue par sa propre bêtise. Comment avait-elle pu se laisser ainsi berner par quelqu'un comme lui ?
Il esquissa un geste dans sa direction et elle recula instinctivement.
« N'aie pas d'inquiétude, je serai prêt à t'accueillir lorsque tu seras lassée de Malfoy. » chuchota-t-il avec moquerie, près de son oreille.
« Tout va bien, ici ? » demanda une voix, à quelques mètres d'eux.
Ginny détourna les yeux et tomba sur le visage interpellé de Dennis Creevey. Blaise recula, mettant de nouveau de la distance entre eux. Ginny en profita pour s'éloigner et se dirigea vers Dennis, la démarche furieuse, les lèvres tremblantes, partagée entre l'envie d'hurler et de pleurer.
« Qu'est-ce qu'il a fait ? » demanda Dennis, en l'observant avec inquiétude.
« Je n'ai pas envie d'en parler. » répliqua Ginny. « J'ai juste besoin de prendre l'air. Il a complètement gâché ma soirée. »
« Si ça peut te rassurer, je crois qu'il y a pire à venir. Cressida Warrington a prévu de faire chanter l'hymne national par une bande de perroquets gabonais. » lança Dennis dans une tentative d'humour tandis qu'ils traversaient la salle de banquet.
Ils prirent la direction du jardin du Palais de la Chimère, puis marchèrent le long des callas blanches.
« Cette soirée pourrait difficilement être pire. » assura Ginny avec frustration.
Elle se figea soudainement alors qu'ils passaient devant une alcôve qui semblait occupée. Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur lorsqu'elle vit son frère Ron échanger un baiser passionné avec Pansy Parkinson.
Fin du Chapitre
Hehe ! J'espère que ça vous a plu ! Dites-moi ce que vous en avez pensé :)
A très vite,
Fearless
