C'était affreux. Pour un homme, ça devait être une chose très douloureuse d'entendre ça. Très humiliante. Mon John…Je t'en supplierai presque.


- Pardon. Répéta-t-il.

Ce mot me réchauffait. De quoi t'excusais-tu ? De m'avoir frappé ? Mais tu étais déjà pardonné. Je savais que ça allait finir par arriver, une chose comme celle-là. Mais pourquoi… pourquoi la seule personne que je désirais voir à mon chevet n'étais pas venue ? Une douleur sourde me serrait depuis mon réveil. Pourquoi n'es-tu pas venu ? Mais en ce moment, il était là. Jusqu'où allait-il aller ? Je restai immobile, blessé. Il esquissa un pas timide vers moi, en fit un deuxième lorsqu'il vit que je ne bougeais pas. Il s'approcha, félin prudent, jusqu'à s'arrêter à une vingtaine de centimètres. Puis, tout doucement, il commença à glisser ses mains sur mon t-shirt, sur ma taille, dans mon dos. Il plaça une main sur ma nuque et se colla contre moi. Il mit sa tête dans mon cou, ferma étroitement les paupières. Ses cils chatouillèrent mon cou tendu. Il était bouffé par la culpabilité. Il resserra doucement ses bras, sans toucher mes vertèbres fêlées.

- John… Bébé…

Je fermai les yeux, ce qu'il ne put voir. Un soulagement immense m'empli, chassant la peine.

- Mon cœur…

Mon estomac se retourna de plaisir. Je restai toujours impassible. Il bougea sa tête, faisant se toucher ses lèvres et ma nuque. Elles m'embrassèrent lorsqu'il chuchota :

- Reviens, s'il te plaît…

Puis, sans doute sans le vouloir, il serra encore le bras qui enlaçait le bas de mon dos, m'amenant contre lui. Il était si mignon, comme ça. Combien de temps cela durerait-il ? Me câlinerait-il toujours le lendemain matin ? Mais là, je vis plutôt que c'était lui, celui qui avait besoin d'être protégé. Il semblait absolument perdu. Parmi ses pensées, ses sentiments ? Il susurra à voix basse :

- Pardon… Reviens-moi bébé…

Je semblais le plonger dans une immense souffrance, ce qui me fit de la peine. Ses supplications… Je les avais si longtemps attendues. Mais je n'osais lui en demander plus. Il avait beau être suppliant, il avait beau me serrer désespérément, je dépendais toujours de lui. Randy… Le jour même où j'avais découvert mes sentiments pour lui… Cela avait-il été ma punition ?

- Je ne ramperai plus devant toi.

Il blottit sa tête contre mon cou et gémit. J'avais vraiment été la bonne poire. Et je revenais ! Mais comment pouvais-je le repousser maintenant ? Surtout maintenant, où il avait enfin besoin de moi ? Il avait dû se battre pour arrêter de me frapper, pour m'appeler. Le retour de son corps chaud contre le mien, de son odeur sur la mienne…

Je finis par l'enlacer d'un bras. Il eut un presque-sursaut d'étonnement puis sembla se décontracter. Il releva doucement la tête pour me faire face. J'aurais aimé rester face à ces deux lacs d'un acier azuré infiniment, enlacé. Il semblait interdit devant mon invitation, ne sachant pas s'il avait le droit de rester. Et ce ne fut qu'à ce moment qu'il me donna son premier baiser. Je me rappelais du mien, symbolique, lorsqu'il s'était endormi. Il me contempla quelques secondes avant de baisser les yeux vers ma bouche. Puis, il les ferma, se pencha vers mon visage. Là, il posa délicatement ses lèvres sur les miennes, ne voulant pas les blesser. Ce n'était plus les baisers de bourrin qu'il m'appliquait, mais un doux, si doux qu'il m'offrait que je fus transpercé de délice. Il fit glisser ses lèvres contre les miennes, se délecta de mon soupir. Puis, il bougea sa main située dans ma nuque pour la glisser dans mes cheveux. S'il resta timide en voyant que je ne réagissais pas, il continua de m'effleurer. Je répondis en lui donnant un léger bisou sur la lèvre inférieure. Il exhala de plaisir et caressa mes cheveux. Puis, ayant mon consentement, il s'appuya un peu plus sur mes lèvres, les léchant, séduit de leur onctuosité. Emoustillé, je les entrouvris. Sa bouche épousa aussitôt la forme de la mienne, docile, et il y passa sa langue. Nos deux langues se cherchèrent avant qu'il ne me la caresse. Nous finîmes par être tous deux enivrés et il accéléra légèrement le baiser en faisant tourner sa langue autour de la mienne. Encore et encore. Ses paupières closes cachaient mal son désir naissant. Il semblait vraiment prendre plaisir à m'embrasser et dégustait de ses lèvres moelleuses cette friandise veloutée. Je dus clore mes yeux plus fortement lorsqu'il pressa encore le baiser. Quel doux sentiment… Quel baume apaisant tous mes maux… Je dégustai encore la saveur de sa bouche fraîche, de ses lèvres brûlantes quelques secondes avant qu'il ne retire sa langue. Il glissa son visage contre le mien, frotta sa joue contre la mienne. Il me serra.

- John…

Je le regardai d'une manière attendrie, sans qu'il ne me visse, souris doucement. Tu n'avais toujours pas compris ? Je lui soufflai légèrement dans l'oreille, joueur et il ne put retenir un frémissement. Il se releva, ses yeux colorés du rougeoyant désir posés sur les miens. Je l'embrassai rapidement. Il me rejoint de nouveau en se pressant plus langoureusement contre mes lèvres. Il haleta dans ma bouche, excité, puis s'arrêta. Il hésita, mais me demanda en plongeant son regard dans le mien :

- Tu veux bien ?

Il attendit ma réponse. Je sentais son membre bandé contre mon entrecuisse, ce qui attisa encore le feu. Mais il se contrôlait, ce qui me rassura.

- Oui.

De plaisir, il me caressa les cheveux. Il cacha aussitôt un sourire ravi en baissant la tête vers nos corps entremêlés et repoussa le sien pour s'échapper de mes bras. Si je fus frustré, je n'en dis rien. Il ne pouvait voir depuis tout à l'heure qu'un mur de glace. Brisé. Aussi retira-t-il son t-shirt et le garda à la main. Puis, toujours sans me regarder pour éviter que je voie son bonheur, il passa à côté, derrière moi. Je ne pus me retourner sous la douleur fulgurante qui me parcourut la cuisse mais je le vis s'accroupir. Puis, il me fit face de nouveau et, torse nu, il se remit contre moi, à mon plus grand plaisir. Sa peau nue frotta le tissu de mon t-shirt mais il ne s'en souciait guère. A la place, il me saisit le dos et ma jambe valide de deux bras puissants pour me faire basculer délicatement en arrière. Il semblait vraiment concentré. Mon corps enlacé au sien finit à terre mais je fermai les yeux de douleur lorsque le contact du sol fit bouger mon bras cassé. Aussitôt, il sembla inquiet et redoubla de précaution. Il prit le temps de m'embrasser en signe d'excuse puis déposa mon bassin au sol, fit de même avec le reste de mon corps. S'il respectait sa promesse… Je fermai les yeux. Il me prendrait lentement, me susurrai ce qu'il pense. Chantage divin. Lorsque ma tête toucha terre, je sentis son t-shirt. Il se mit à quatre pattes au-dessus de moi, me laissant dévorer des yeux sa peau mate et huilée et ajusta le vêtement sous ma tête pour en former un doux coussin. Sa grande main glissa sur mon visage et il me demanda :

- Ca va comme ça ?

J'oubliai pendant plusieurs secondes sa question, égaré de tendresse. Je fixai sa bouche humide de baisers puis les deux beaux yeux qui semblaient impatients et détaillaient tout mon visage, craignant que je ne me rétracte. Ses longs doigts caressèrent ma joue pour me faire réagir et je hochai la tête en voyant son air inquiet. Mon cœur eut un raté. Il descendit alors et me lâcha des yeux pour contempler mon t-shirt ample avec frustration. Il me l'enleva en se repaissant au passage de la vue mon torse, les yeux assombris de désir, et s'effara devant les bandages qui m'enserraient la taille. Il fit cependant très attention à mon bras, grimaça lorsqu'il dut faire frotter le tissu dessus. Il jeta le vêtement et souleva très doucement mon bras pour le placer perpendiculairement à mon corps. Lorsqu'il le reposa, je soufflai de douleur. La souffrance incendiait mes os et se propageait jusqu'à mon épaule. Il s'approcha alors doucement et déposa de longs baisers mirages sur tout mon bras. Je ne pus retenir un gémissement de plaisir et son corps se cambra de soulagement, de désir. Il s'immobilisa, semblant réfléchir puis bégaya :

- Je… J'…

Il grimaça, ne réussissant pas à parler et détourna les yeux. Puis, soudainement, il vint se réfugier sur mon corps, en blottissant sa tête contre la mienne, ses lèvres expirant tout contre ma nuque. Il hésita puis susurra :

- J'adore tes biceps… Ils me donnent toujours envie que… tu me prennes dans tes bras…

Il détourna la tête, honteux et attendit nerveusement ma réaction. Mes muscles se contractèrent sous le plaisir tandis que je haletai doucement. Il releva un peu sa tête du sol, semblant comprendre mon ravissement. Je dus gémir une nouvelle fois lorsque je me mis à bander plus fort et le récompensai en l'enlaçant virilement d'un bras. Bien qu'il jugeait inutile que je le récompense. Il baissa ses yeux vers mon torse et déglutit difficilement.

- Et ton torse. J'aime tes abdos, fit-il en descendant pour les lécher, tes…

Il lécha mes tétons, n'arrivant pas à dire le mot. J'étais parcouru de délice. Chaque parcelle de mon corps criait de désir et d'amour, n'arrivant pas à choisir lequel de ces deux sentiments devait dominer. Son corps ondula sur le mien.

-… Tes trapèzes…

Et il les embrassa. Jusqu'à remonter vers mon visage. Là, il sembla vraiment stressé en croisant mes yeux et referma sa bouche. Mon cœur se mit à battre plus fort sous l'attente. Il fixa mes lèvres inertes, presque déçu.

- Et ton sourire.

Il semblait regretter que je ne sourisse pas. Le fait qu'il me frappe, qu'il parte alors que je venais juste de m'avouer mes sentiments pour lui m'avaient juste terriblement refroidi. Je n'osai plus le toucher, ne comprenant pas ce que j'avais fait pour le mettre dans cet état de fou furieux. Aussi restais-je immobile, bien que tout mon corps se soit réchauffé de plaisir. Il n'avait évoqué que des parties du corps « sexuelles », et savoir qu'il aimait quelque chose qui m'était propre, de plus intime m'avait touché. Ses yeux papillonnèrent dans tous les recoins de mon visage. Il mit son poing devant sa bouche pour tousser, souhaitant reprendre contenance. Je me doutais qu'il voulait ajouter quelque chose, mais mes non-réactions l'en empêchaient. Je me laissai alors à fermer les yeux, penchant ma tête en arrière. Il embrassa doucement ma gorge, puis traîna ses lèvres sur mon cou, jusqu'à atteindre mon oreille. Il lécha celle-ci de sa grande langue brûlante, sous mes halètements et plaqua mon bras valide au-dessus de ma tête, près du premier. Il me lécha de nouveau, fiévreux, avant de susurrer :

- Tu es magnifique.

Un gémissement d'orgasme sortit aussitôt du plus profond de ma gorge et je me cambrai au maximum de ce que m'accordait mon corps éclaté. Il reposa avec toutes les précautions mon corps au sol et descendit vers mon pantacourt, toujours concentré. Faisait-il cela par devoir ? Une obligation qu'il s'était fixé, et non un plaisir ? Il déboutonna mon bas, puis l'enleva en serrant les dents. Tout comme moi, sous la douleur. Il n'osa pas regarder ma cuisse qu'il avait écrabouillée moins de vingt-quatre heures plus tôt. A quatre pattes, il enleva à son tour son jean, puis son boxer. Il semblait toujours gêné de me montrer à quel point je le faisais bander, surtout maintenant où le moment était à la douceur. Lorsqu'il enleva mon caleçon, son membre effleura chastement ma jambe meurtrie, qui se contracta par réflexe. J'émis un cri étouffé qui fit s'immobiliser Randy. Cela semblait lui coûter affreusement, mais il proposa :

- Tu peux me dire d'arrêter, tu sais…

Je regardai son visage torturé, sublimé de passion et ne put m'y résoudre. Nous étions maintenant nus tous les deux. Il décala son bassin pour mettre fin au contact intime de son sexe avec ma cuisse et, ne m'entendant pas protester, continua, soulagé. Si je me doutais qu'il prenait son temps, je devinais aussi que cela ne lui plaisait pas. Et je compris qu'il se forçait, ce qui gâcha un peu le moment. Ses yeux se mirent à pétiller en voyant mon membre tendu et il passa sans le vouloir sa langue sur ses lèvres. Sa grande langue. Ma peau s'hérissa en pensant à ce qu'il pourrait en faire. Bien que je lui aie offert cette humide caresse quelques jours auparavant, il n'avait jamais montré quelconque signe d'envie de me faire la même chose. Ce qui ne m'étonnait pas. Sa belle langue brûlante. Je n'osai lui demander pareille faveur. Ses yeux se troublèrent lorsqu'il me vit, les bras au-dessus du corps, gémissant de frustration. Il perdit quelque peu de sa délicatesse en prenant en main mon membre et en exerçant des va-et-vient secs. Il se calma aussitôt pour en faire de plus longs, langoureux. Je fermai les yeux et commença à soupirer. Tout en continuant, il grimpa de nouveau sur mon corps et vint se mettre devant mes yeux. Il profitait de mon handicap pour me dévorer des yeux pendant qu'il me branlait. Il accéléra un peu, testant, et je rejetai la tête en arrière de plaisir. Il continua tandis que je le regardai en haletant. Il accéléra encore, d'un coup. Je gémis, toujours noyé dans ses yeux. Ceux-ci semblaient perdre peu à peu lucidité, dévorés de désir. Il resserra ses doigts, me masturba plus fort. Je ne pus me contrôler et donna un coup de bassin, qui me déchira. Je pus nettement sentir le muscle de ma cuisse se rouvrir et je poussai un long cri de souffrance. Il s'arrêta aussitôt, désolé, reprit pied. Il murmura un « Ok…Ok… » Et me donna une longue caresse sur mon membre avant de me lâcher. La douleur commença à refluer et je rouvris les yeux, lui fisx un signe de tête. Randy posa ses lèvres sur la ligne médiane de mon torse, en embrassa tout le long. Puis, il me tourna le bassin et la moitié du thorax sur le côté. Ainsi pouvait-il me prendre sans toucher ma jambe. Il se positionna au-dessus de moi, mais prit ma croupe à deux mains et la regarda. La veille… Il coula son corps et son entrejambe contre mes cuisses. La veille… Un flash vif et assassin me saisit.

- Stop ! Arrête !

Ma tête qui le regardait tomba sur le côté et je haletai en fermant les yeux. La veille… C'était à ce moment-là qu'il avait pété les plombs. J'étais plus traumatisé que ce que je ne voulais penser. Je le sentis bouger sur moi et mon corps trembla contre ma volonté. Qu'avais-je donc ? Ce n'était pas mon genre de frémir de peur… Randy le comprit et s'approcha doucement. « Tais-toi ! » M'avait-il hurlé. Je n'émis plus aucun bruit. Il passa une de ses mains dans mon cou tandis que l'autre releva ma tête pour me caresser la mâchoire d'un pouce.

- John…

Mon prénom. Quelque part je sentis un organe palpitant se réconforter.

- Bébé, c'est moi ! C'est Randy.

Randy, pas Orton. Pas le psychopathe. Pour une de ces rares fois dont je raffolais et qui m'emplissaient ensuite de peine, j'étais avec lui. Il m'embrassa au coin de l'œil et je les ouvris. Il semblait vraiment mesurer l'ampleur des dégâts qu'il avait causés et regrettait amèrement. Il glissa une main sur mon corps, jusqu'à tenir mes reins et approcha doucement son membre de ma peau. J'étais juste subjugué par toute la patience qu'il déployait. Attendri. Amoureux. Sa verge dure finit par me toucher et je sursautai légèrement. Il se pencha vers moi, embrassa mes lèvres. Son baiser était cependant empressé, insistant et je devinai qu'il était à bout. Je n'osai plus protester. Il quitta ma bouche, haleta, colla son front contre le mien. Puis, il avança encore son bassin, commençant à me pénétrer. Lentement. Ses yeux se fermèrent de soulagement, ses cils s'entremêlèrent aux miens. Il soupira. De longs va-et-vient. Sa main caressa mon ventre de profil recouvert de bandages, ses muscles du thorax brulèrent les miens. Cette position me donnait une dose nouvelle de jouissance, douce, bonne. Alors, il prit appui sur ses deux bras pour se relever et être davantage en moi. Son membre raide alla plus loin et je soupirai de bien-être. Va. Et Vient. Va. Et vient. Lents. Délectables. C'était la première fois que je pouvais autant goûter à lui. Mais ce n'était pas assez. Je savais quelque part en moi que ça n'allait pas. Une tension, une mise à l'épreuve qu'il ressentait. Sa tête rejetée en arrière tomba tout à coup et il expira difficilement. Va. Et vient. Il ferma étroitement les paupières. Va-et-vient. Un peu plus rapide, plus brutal. Il contracta la mâchoire. Qu'avait-il ?

- Randy… Qu'est-ce qui…

Malgré moi, ma voix s'était faite un peu anxieuse. Il ouvrit aussitôt les yeux, paniqué.

- Non ! Ne t'inquiète pas ! Tout va bien…

Il ferma de nouveau les yeux et se concentra à faire une allée la plus douce possible.

- C'est juste… Que j'ai du mal à rester comme ça. Mais ça va, je peux le faire.

Une veine palpita près de son oreille lorsqu'il reprit ses délicieuses pénétrations. Non, il ne me faisait pas l'amour. C'était encore de la baise. Une douce baise au goût de sel. Cependant, envahi de plaisir, je fermai à mon tour les yeux et me laissai faire. Tous ses efforts qu'il faisait… J'aurai dû m'en réjouir. Je m'en réjouissais… Mais ils auraient dû venir naturellement, ces gestes tendres. Son visage se décontracta et il accéléra très légèrement le rythme. Mon bassin de profil se soulevait au rythme des pressions de son aine. Il m'avait pris par la main. Un sourire et un soupir. Il descendit m'embrasser la mâchoire, continua ses allées et venues près de mon visage. Le plaisir fut trop grand et je jouis en gémissant, relevant la tête en arrière. Randy pressa sa tête contre mon cou et eut un orgasme, criant de délivrance devant mon délice. Son haleine fraîche et sa voix grave firent s'hérisser mes poils de nuque. Il haleta un peu, puis s'extrait doucement de moi en me tenant la croupe à deux mains. Et maintenant ?

Epuisé, il s'allongea à côté de moi. Sa main toujours sur mon corps descendit vers mes fesses, qu'il caressa affectueusement. Il contempla quelques secondes le plafond avant d'oser se tourner vers moi. Les rôles avaient vraiment été inversés. Il esquissa un demi-sourire à fondre en voyant que j'allais mieux. Il demanda tout de même de sa belle voix virile :

- Ca va ?

Je hochai la tête. Il s'approcha un peu, m'enlaçant de sa main qui effleurait mes fesses musclées.

- Comment ça se fait que tu sois déjà de retour ?

Je haussai les sourcils et le taquinai :

- Désolé, je te lâcherai pas comme ça.

Je souris et son regard se transforma, plus profond. Il rit. Nous restâmes quelques instants ainsi, sur le sol poussiéreux et froid d'une salle nue. Puis, il s'approcha, commençant à se relever. Au passage, il m'embrassa longuement l'épaule. Puis, il saisit mon torse en passant ses bras derrière mon dos, me leva précautionneusement. Il attrapa mes vêtements, me les mit doucement, comme il habillerait un bébé, s'habilla à son tour. Nous nous retrouvâmes l'un en face de l'autre. Doutant que, maintenant que nous étions réconciliés et qu'il m'avait sauté, il me prenne de nouveau par la main, je fis l'ombre d'une esquisse d'un pas vers la sortie. Cependant, aussi costaud que je fusse, je fus arrêté par une effroyable douleur et ma jambe céda. Elle se plia d'un coup et Randy me rattrapa. Puis, sans un mot, il passa mon bras valide derrière ses épaules, me tint par la taille. Il ouvrit la porte et nous sortîmes.

Je boitai dans le long couloir sombre. Voyant qu'il n'y avait personne, Randy descendit sa main jusqu'à la mettre dans la poche arrière de mon pantacourt, toujours sans parler. Je le regardai, étonné, et, trop fier, il me regarda encore moins. Je lui déposai un baiser sous la mâchoire. Baiser sourire. Nous continuâmes d'avancer tous les deux. Plusieurs fois, nous entendîmes des personnes m'appeler, ce qui faisait se raidir Randy. Mais je ne leur répondais pas. Malheureusement, on me retrouva avant que nous ayons atteint ma chambre. Les lumières s'allumèrent d'un coup et mon psychopathe remonta aussitôt ses mains vers mon torse, dans une attitude plus professionnelle. Malheureusement encore, jouant de toute la malchance du monde, nous tombâmes sur les deux personnes à éviter. CM Punk et Rey Mysterio. Ils s'immobilisèrent tous deux, à cinq mètres de nous, n'osant pas y croire. Je lâchai l'épaule de Randy pour qu'il puisse s'enfuir mais apparemment, il n'y avait même pas pensé. Je n'eus pas le temps de me mettre entre eux pour expliquer la situation que Mysterio et Phil se mirent à courir vers nous, hargneux. Ils nous atteignirent quelques petites secondes plus tard et s'en prirent directement à Randy. Avant qu'il n'ait pu bouger - Ce qu'il ne fit pas -, il se prit un énorme coup de poing dans la figure. Cela le fit reculer et l'aveugla. Quand il rouvrit les yeux, Punk le tenait dans le dos tandis que Mysterio le martelait de coups de pieds dans le ventre. Je me retournai le plus rapidement possible, m'appuyant sur le mur et m'exclamai :

- Arrêtez ! Rey ! Lâchez-le ! Phil !

Je détestai royalement être dans la peau de la jeune fille qui ne faisait qu'hurler sans intervenir et décidai de me rapprocher. Seulement, si Randy avait accepté quelques coups pour m'avoir fait souffrir, il commença à siffler de douleur et à se plier en deux. Il eut plusieurs fois le souffle coupé.

Puis, il commença à s'énerver. Ses gestes se firent plus rapides, plus barbares et il mit un coup de coude à Punk qui le lâcha. Il enchaîna avec un coup de pied en pleine figure dans la tête du petit mexicain. Les yeux de Randy commencèrent à s'exorbiter de fureur tandis qu'une bataille sanglante commençait entre les trois. Je n'hésitai pas et me rapprochai encore.

- Randy !

Trop furieux, il ne m'entendit pas. Tous enchaînaient coups sur coups, recevaient blessures sur blessures. Ils n'avaient pas besoin de mots. Je m'élançai et me plaçai en plein milieu de la scène entre les deux camps. J'écartai mon bras valide vers Phil et Rey, regardai Randy. Ses traits étaient brouillés par la haine. Une autre crise meurtrière. Il commença à me pousser brutalement pour passer mais je résistai. Je sifflai de douleur et grondai gravement :

- Orton !

Sous l'appellation, il cligna des yeux. Puis, il sembla se rendre compte qu'il avait failli me blesser et regretta. Il me lâcha mais, trop viril, ne s'excusa ou ne m'embrassa pas devant ennemis. J'insistai pour le calmer, baissant mon bras, me rapprochant de lui. Je lui adressai un regard franc qui lui fit détourner les yeux, les baisser en biais vers le sol. Ensuite, il soupira fortement et remit mon bras sur ses épaules, me tint doucement par la taille. Il chuchota d'une voix grave, juste assez fort pour que je fûs le seul à entendre, fixant le sol :

- Je n'ai pas voulu te blesser…

Je le regardai puis lui embrassai la joue. Il ne protesta pas.

- Je sais. Calme-toi maintenant.

Il s'exécuta et ne bougea plus. En face de nous, j'avais affaire à deux personnes refroidies, médusées. J'avais choisi mon camp. Phil le comprit et fut celui qui se calma le plus rapidement. Tous deux ne semblait pas revenir de l'attitude soumise de Randy Orton avec moi. Et si celui-ci n'aimait montrer notre relation particulière à personne, il avait cependant cédé, montrant même une faiblesse. Cela me toucha.

- Mais… Il t'a attaqué, John ! S'exclama Rey Mysterio avec un accent marqué.

- On en a déjà parlé hier, il me semble.

Rey contracta la mâchoire, vexé. Punk reprit, plus doucement :

- Donc, qu'est-ce qu'il se passe maintenant ? On doit oublier tout ce qu'il t'a fait ?

- Je lui ai pardonné, répliquai-je, évidence même.

Randy caressa discrètement ma taille d'un pouce. Punk soupira et s'approcha de Randy, le toisa :

- Et qu'as-tu à lui offrir ?

- Punk… fis-je, en signe d'avertissement.

Il m'ignora.

- J'espère que tu ne comptes pas continuer comme ça, Orton.

Il ricana.

- Dis-moi que tu as prévu autre chose qu'une baise par jour, un peu de toi et tu te casses, avant la fin de sa vie quand même ?!

Randy se redressa de toute sa hauteur, mais ne répondit pas.

- Tu n'étais pas là, quand il s'est réveillé dans l'ambulance. C'est moi qui ai vu sa tête détruite, quand il a su que t'avais encore fui.

Randy contracta la mâchoire. Je devinai que mon contact devait le brûler, lui rappeler un peu plus tout ce qu'il regrettait. Punk expira, plein de ressentiment. Puis, il s'emporta :

- Pauvre débile ! Tu l'as frappé le jour où il s'était …

- Phil ! C'est bon.

Celui-ci me regarda, les mains sur les hanches. Je ne voulais absolument pas, craignait même, de lui avouer mes sentiments. Ils ne dirent plus rien et je lâchai Randy pour m'avancer vers Punk. Puis, pour lui montrer que je ne lui en voulais pas, je le pris dans mes bras. Etreinte virile. Il me l'a rendit. Je chuchotai :

- Merci mec… Ne t'inquiète plus, il est revenu. C'est le principal.

Punk sourit dans mon dos.

- D'accord. Lâche-moi s'il te plaît, sinon je vais me faire tuer.

Je fronçai les sourcils et me tournai vers Randy. Il calma aussitôt son attitude agressive en me voyant mais fusilla Punk du regard.

- Un problème, chéri ? Demandai-je avec humour.

Il grimaça du surnom mais tut la remarque qu'il allait me lancer. A la place, il répondit docilement :

- Non.

Je souris et embrassai sciemment Punk dans le cou. Randy serra les poings à s'en faire craquer bruyamment les articulations tandis que sa jalousie maladive ne demandait qu'à exploser sur la tête de Phil. Lorsque je restai trop longtemps dans la nuque de ce dernier, il poussa un feulement rageur. Félin. Punk rit en sentant mon sourire dans son cou et Randy s'avança rapidement. Il m'attrapa par les hanches et me serra contre lui, à l'abri de Punk. Il ordonna :

- On y va.

Il me tint correctement et m'emmena, doucement pour m'épargner en me jetant de fréquents coups d'œil pour voir si le contact avec un autre homme m'avait plu. J'esquissai un petit sourire fier. Mon Randy. Nous arrivâmes à ma chambre. J'ouvris la porte, rentrai avec lui et la refermai. Il m'emmena jusqu'à mon grand lit et m'allongea dessus.

- Tu vas dormir ? Demanda-t-il sèchement, toujours vexé.

Je lui répondis oui et il commença à me déshabiller pour la seconde fois. Debout, il enleva mon t-shirt, mon pantalon, me laissa en boxer. Quand je vis son petit air jaloux, je ne pus m'empêcher de passer sa main derrière lui, caressant ses fesses à travers son jean.

- Enlève tes grandes paluches de mon cul.

Je ris et l'attirai avec moi sur le lit. Il fit attention à ne pas tomber sur mes côtes fêlées et se mit à quatre pattes au-dessus de moi.

- Ne retouche plus jamais Punk comme ça. Exigea-t-il méchamment.

Bien qu'intérieurement, je fondis, je haussai juste les sourcils pour lui signifier qu'il n'avait pas à me commander. Il s'adoucit aussitôt et reprit :

- S'il te plaît, John.

Je fis une moue hésitante. Il continua :

- S'il te plaît, John, ne touche que moi.

Conquis, je ne pus que faire un immense sourire, qui fit pétiller ses yeux, avant de rire. J'enjoignis à mon tour :

- Embrasse-moi.

Mon ton autoritaire n'était pas crédible mais il s'exécuta.

- Non, comme tout à l'heure.

Il reprit en s'appliquant à faire un baiser doux.

- Mieux. Ordonnai-je.

Il effleura mes lèvres puis les lécha.

- Mieux.

Il soupira et posa ses lèvres sur les miennes, délicatement.

- J'ai dit mieux, pas pire.

Il s'arrêta, puis vit mon sourire joueur. Alors, exaspéré, il m'embrassa à pleine bouche, pressant ses lèvres contre les miennes. Il se fit un passage de force et enfourna sa langue en moi, me léchant le palais comme un sauvage. Je perdais pied lorsqu'il me lâcha subitement.

- C'est bon, satisfait ?

Je n'eus pas le temps de me ressaisir qu'il se leva. J'aurais dû deviner qu'il ne resterait pas. Il se dirigea vers la porte, s'arrêta avant d'ouvrir.

- Je repasse te voir ce soir, histoire que tu ne crèves pas la dalle. T'as pas intérêt à sortir de ton lit.

Je mis mes mains derrière ma tête et lui fit un clin d'œil. Il sortit. Je t'aime. Pensée chuchotée. Je n'arrivai à me l'avouer que quand il partait loin, de peur qu'il m'entende le penser. Seul, j'essayai :

- « Je t'aime »…

Le son renversa mon estomac, me serra le cœur. Je t'aime… M'aimeras-tu ? Maintenant ou dans six mois ? Dans dix ans ? Peu m'importe…

Ce que je ne savais pas à ce moment-là, c'est que je t'aimerai… Jusqu'à la fin.


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