Hem, je sais que j'ai mis pas mal de temps à vous pondre ce chapitre, mais je suis et salariée et en période d'examens, ce qui fait que j'ai peu de temps pour écrire…
Ce chapitre est pour Yotma, qui m'a fait promettre, pour me pardonner de n'avoir pas encore eu le temps de lire sa merveilleuse fic, de livrer un chapitre le plus vite possible, voilà qui est fait cousine…
Remerciements à ma petite 'famille' : Ella, Elro, Estel, Fro, Laessiel (gros bisous à toutes !)…
Chapitre 18 : Equations à doubles inconnues
HaradL'épée au clair, Elessar a entrepris de réduire une à une les tribus rebelles qui font des razzias sur le Gondor et dont certaines sont remontées jusqu'aux frontières du Rohan. Eomer, près de lui, habillé lui aussi des amples vêtements haradrim, abaisse Guthwinë dégouttante de sang et se tourne vers son ami…
Autour d'eux, des cadavres de haradrim rebelles, qui avaient mis le Gondor du sud à feu et à sang, pillé et rançonné sans merci, tuant même femmes et enfants. Pourtant, même s'ils ont l'habitude de combattre, Eomer et Elessar n'aiment pas cela tant que ça, ils ressentent toujours cette impression de malaise…
Après tout, ce sont des hommes comme eux qu'ils tuent…
Faramir les rejoint et dit :
« Nous avons rattrapé tous les fuyards, Majesté…nous avons des prisonniers… »
Ceci réjouit Elessar, qui ramena d'un geste vif un pan de tissu derrière lui et dit :
« Nous les interrogerons tout à l'heure… »
Eomer leva ses yeux clairs sur son ami et dit :
« Tu devrais aller te reposer, je sais que tu n'as pas dormi cette nuit… »
Elessar fixa ses yeux bleus sur le roi de Rohan et lui dit :
« Je n'ai jamais eu un sommeil très calme, mais ça s'était amélioré lorsque je suis devenu roi…j'ai retrouvé ces nuits dernières mes habitudes de ranger errant, le sommeil léger, toujours en alerte, et je n'ai pas pu dormir… »
Puis il continua :
« Tu ne devrais pas être là, cela va bientôt être les cérémonies de commémoration de ton couronnement… »
Eomer sourit et dit :
« Ils attendront bien quelques jours, la sécurité du royaume est plus importante que leurs futiles commémorations… »
Elessar sourit : c'était bien de son ami de détester les mondanités…Eomer, malgré son éducation soignée à la cour de Rohan, avait toujours été très simple.
Un homme d'armes vint alors dire :
« Majesté, nous avons pris l'un des chefs de tribu, il veut négocier avec vous… »
Elessar sourit…voilà déjà un mois que les gondoriens et les rohirrim étaient au Harad, luttant pied à pied contre les tribus rebelles, et ils voient enfin une issue à ce conflit. Remettant Anduril au fourreau, Elessar s'avance vers le camp où il interrogera les prisonniers…
Cependant, il pense qu'il doit faire porter des nouvelles à Minas Tirith, une population informée reste calme et il le sait. Le messager devrait aussi aller à Edoras, afin d'informer la reine Lothiriel de la poursuite des opérations. Son regard tombe sur Aragorn-Theoden, le fils aîné de Faramir, aide de camp d'Eomer. Par son lignage, le jeune homme appartient aux deux pays, il est donc tout indiqué pour accomplir cette mission. Il se tourne vers Eomer et lui demande :
« Aurais-tu une objection à ce que j'envoie à Minas Tirith et à Edoras ton aide de camp ? »
Eomer secoue la tête et dit :
« Non, au contraire, il sera parfait, il connaît bien les routes et ira très vite… »
Et il fit un signe au jeune homme qui approcha. De l'adolescent timide dont Elessar se souvenait, il ne restait plus trace, il était devenu lui-même, un homme au tempérament calme et posé, très bon guerrier et très intelligent. Il ressemblait beaucoup plus à Faramir qu'à Eowyn sur ce plan…
Le jeune homme s'inclina devant lui, et Elessar lui dit :
« Je t'envoie à Minas Tirith et à Edoras, porter des nouvelles à la reine Arwen et à la reine Lothiriel…ensuite, tu reviendras ici. »
Il lui donna un message qu'il avait écrit la veille pour Arwen, et Eomer écrivit un message pour Lothiriel, qu'il lui confia également. Aragorn-Theoden s'inclina en signe de respect et d'acceptation, mais ne dit pas un mot de plus et se prépara à partir…
AnorienLe temps du repos était fini pour Eldarion, son unité remontait au front. Enveloppé dans sa cape sombre, le jeune homme frissonnait sous la pluie légère qui tombait sur l'Anorien plongée dans le brouillard. Il avait eu trois semaines de repos, trop vite passées, où il avait pris le temps d'écrire à sa famille. Il aurait aimé écrire à Eolain, mais il respectait le serment qu'ils avaient fait tous deux de ne pas chercher à se recontacter pour l'instant. Pourtant elle lui manquait énormément…
Sans bruit, la moitié de l'unité s'embusqua près de l'entrée d'une des grottes, et l'autre, l'épée à la main, se prépara à y rentrer. Alors Eldarion, conscient du danger, attrapa rapidement son Evenstar à sa ceinture et le passa discrètement autour de son cou, comme s'il avait besoin de sa lumière et de la présence maternelle qu'il symbolisait. Puis il assura Eärendil fermement dans sa main…
Arbarad se tenait non loin derrière lui, avec sa propre unité, il superviserait l'assaut à la dernière des grottes…son regard bleu se posa un instant sur le jeune prince, et un léger sourire détendit presque imperceptiblement ses traits de statue avant de revenir sur l'entrée de la grotte. Il importait de porter ce jour-là un choc décisif aux brigands qui dévastaient l'Anorien, une partie du Rohan et une partie du Gondor, en prenant d'assaut l'une de leurs caches les plus importantes…
Arbarad connaît l'enjeu de cela, de cette guérilla qu'ils mènent depuis des mois, grotte après grotte, cache après cache…il tue le moins possible, essayant plutôt d'obtenir de ses prisonniers des renseignements par pression psychologique. Avant tout, les Rangers sont des agents de renseignement, même s'ils ont toujours été aussi des soldats de l'ombre, agissant derrière les puissants de ce monde…
Sur un signe de leur chef, l'unité d'Eldarion se dirigea sans bruit vers la grotte. Tout leur équipement avait été huilé pour faire le moins de bruit possible et glisser silencieusement, et on entendait à peine le bruit de leurs bottes sur le sol argileux. Naturellement, Eldarion retrouvait le marcher léger enseigné par son parrain, sa respiration légère comme celle des Elfes. Tous ses semblables enviaient sa capacité à maîtriser son pas et sa respiration, mais aucun ne se demandait où il avait acquis de telles capacités. Jusque là, Eldarion parvenait bien à dissimuler sa véritable identité, forçant l'admiration du cousin de son père…
Les hommes ne parlaient pas, soucieux de ne pas se faire entendre des brigands qui se cachaient là, et progressaient lentement dans les boyaux naturels creusés par le temps au cœur des Montagnes Blanches, seulement éclairés par une petite lumière tenue par le premier de la file. Comme tous ses semblables, descendants d'Elfes, Eldarion n'appréciait pas trop l'obscurité, mais il avait suffisamment de contrôle sur lui-même pour réfréner ses instincts…
Au bout d'un certain temps de marche, une lueur apparut, et les Rangers se collèrent à la paroi pour ne pas être vus. La petite lumière fut éteinte, et tous se préparèrent à jaillir de leur coin d'ombre l'épée au clair. Sur un geste d'Arbarad, les Rangers se précipitèrent dans la pièce, cherchant avant tout à faire des prisonniers et non à tuer, mais les brigands étaient décidés à vendre chèrement leur vie. Bientôt, Eärendil fut teintée de sang, alors que cris et clameurs emplissaient la grotte…Eldarion se fendait, parait, esquivait avec une certaine agilité, ce qui faisait sa force face aux brigands n'utilisant que la force brute. Non loin de lui, Arbarad combattait lui aussi, avec toute l'expérience qu'il possédait, mais il ne vit pas un des brigands blessés derrière lui se relever, l'arme à la main. Eldarion le vit, cria, mais sa voix se perdit dans le tumulte du combat. Il porta un coup rageur au brigand devant lui, mais, le temps qu'il puisse atteindre Arbarad, celui-ci avait déjà été frappé dans le dos, traîtreusement, par le brigand qui retomba à terre. Eldarion, furieux, lui passa le fil de son épée à travers le corps puis se pencha sur Arbarad, qui gisait à terre. La blessure semblait grave, et les brigands, voyant que le chef des Rangers étaient à terre, se précipitèrent sur lui. Eldarion se releva, murmura «Elendil ! » et commença à combattre rageusement, récoltant quelques blessures et égratignures. Personne ne porterait la main sur le cousin de son père !
Une fois la situation stabilisée, Eldarion ouvrit une petite pochette suspendue à sa ceinture, derrière lui. Elle contenait de la charpie et des bandages, et sa mère lui avait recommandé de toujours s'en munir, on ne savait jamais. D'une main sûre, il déchira le vêtement humide de sang, disposa la charpie et appuya fortement dessus. Le flot de sang s'étancha quelque peu, mais Arbarad n'en était pas sauvé pour autant. Empêchant les brigands restants de l'approcher, Eldarion continua à combattre, mais l'affaire fut vite réglée…
Tandis que certains restaient dans la grotte pour finir de sécuriser, on évacua le plus vite possible les blessés vers l'extérieur, ce qui ne fut pas une sinécure compte tenu des conditions. Arbarad s'était évanoui à cause du sang perdu, ce qui était normal, mais il importait avant toute chose de le mettre en sécurité pour le soigner plus efficacement.
Une fois arrivés au camp, on déposa Arbarad sur sa couche, et les Rangers commencèrent à le dépouiller de sa tunique humide de sang, ne lui laissant que ses chausses. Mais ils s'aperçurent vite que la blessure était plus mauvaise qu'ils ne le pensaient, le sang s'en écoulait encore et elle était profonde, atteignant sans doute les poumons. Il faudrait un miracle pour qu'il survive…
Beaucoup de Rangers avaient été blessés lors de cette action, et, bientôt, l'odeur du sang et les gémissements des blessés s'élevèrent du camp, ainsi que l'odeur de ce qui servait de désinfectant. Mais Eldarion savait très bien qu'une partie seulement des blessés graves survivrait, ils n'étaient pas dans des conditions suffisantes pour une bonne guérison…
L'art de la médecine n'était pas inconnu au jeune prince, son père lui avait enseigné les bases, ce qu'il avait appris autrefois à Rivendell plus les choses apprises sur le terrain, et Eldarion savait à peu près se servir des plantes les plus communes. Mais, voyant la blessure très grave d'Arbarad, un seul nom lui vint à l'esprit : athelas. Son père lui avait appris ses vertus lorsqu'il était petit, ainsi que sa particularité liée à la personne royale. Tous les Rangers savaient soigner, mais ne pouvaient souvent rien pour des blessures de cet acabit, Arbarad était condamné s'il ne faisait rien…
Alors il sortit les feuilles d'athelas, offertes par son père, de la petite bourse où elles étaient rangées, puis alla chercher de l'eau, qu'il posa près d'Arbarad, et il jeta les feuilles dedans. Une odeur fraîche caractéristique envahit alors la tente, et Eldarion, patiemment, enleva le bandage sanguinolent et passa de l'eau tiédie sur la blessure. Il imprégna ensuite un peu de charpie de sa préparation, et refit un bandage…maintenant, tout ne dépendait plus que d'Arbarad.
Il prit alors le bac d'eau, et fit consciencieusement le tour de tous les blessés, graves ou légers, en passant un peu de cette eau sur les blessures, sous le regard médusé de son chef d'unité, Gilmir, qui le laisse cependant faire. Puis celui-ci vient le voir et dit :
« Où as-tu donc appris la façon de se servir de l'athelas ? »
Eldarion pose son bac et dit :
« Mon grand-père connaissait les secrets des plantes, ainsi que mon père, et ils me l'ont transmis… »
Après tout, c'était parfaitement vrai, Elrond était un guérisseur renommé, ainsi qu'Elessar, lorsqu'il s'appelait encore Aragorn. Il savait que lui seul avait réussi à vaincre le mal noir qui rongeait Faramir, Eowyn et Merry, grâce à ses pouvoirs de guérison et en utilisant l'athelas. Eldarion ignorait s'il avait un pouvoir particulier, mais il voulait au moins une fois se sentir utile, et si ses faibles connaissances pouvaient y contribuer, c'était encore mieux.
Gilmir sourit et dit :
« Tu me surprends de jour en jour, Galneth…nous avons fait en toi une recrue de choix… »
Eldarion sentit alors une main se poser sur son épaule, et, se retournant, reconnut Arador, un bandage en travers du front, le visage poussiéreux mais ravi :
« La zone est sécurisée, et on a ramené des prisonniers…mais toi il paraît que tu as soigné tout le monde avec une préparation miracle, y compris le chef… »
Eldarion sourit légèrement à son ami puis dit :
« Je n'ai pas fait grand'chose, juste utilisé de l'eau et de l'athelas, comme mon père me l'a appris autrefois…mais la vie de notre capitaine est encore menacée, on ne peut dire encore avec certitude s'il survivra… »
Les deux garçons se turent, regardant en direction de la tente où Arbarad reposait, encore inconscient…seul le temps pourrait dire s'il vivrait…
Edoras
Avec le départ du roi en guerre, le temps semblait comme s'être ralenti dans le palais, même si l'on préparait les cérémonies d'anniversaire de l' accession au trône d'Eomer. Lothiriel tenait à ce que tout soit prêt, même s'il fallait au dernier moment les repousser pour cause d'absence du principal intéressé, perdu au fin fond du Harad.
Dehors, Elfwine galope, la lance au poing, et tente de la lancer sur un mannequin de paille qui sert d'ordinaire d'entraînement pour les gardes du palais. Il se tient bien mieux à cheval, et arrive désormais à manier l'épée en même temps, mais manier la lance nécessite encore de l'équilibre supplémentaire. Alors Elfwine s'entraîne sans relâche…
Eolain est à l'intérieur, elle aide sa tante à terminer la tapisserie qui sera exposée dans la grande salle pendant les cérémonies, et qui raconte en détail comment Eomer est devenu roi (note : dans le style de la tapisserie de Bayeux, qui raconte l'invasion de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant). La jeune fille n'excelle pas à ce genre de travaux, mais elle apprend très vite, et Lothiriel se montre très satisfaite d'elle. Elle la laisse chevaucher à son aise, consciente qu'elle a besoin de cela, que c'est son moment à elle, mais se permet parfois de lui faire quelques petites remarques sur sa façon de se tenir ou de se vêtir. Eolain, même si ces conseils lui pèsent, sait qu'ils sont judicieux, et transforme sa façon de paraître tout en gardant sa façon d'être et sa personnalité profonde.
Pourtant, aujourd'hui, toutes deux n'ont pas le cœur à parler, nulle nouvelle du Harad où combattent Eomer et Aragorn-Theoden. Eolain pense aussi à Eldarion, qu'elle sait lui aussi combattre, et a un aperçu de la vie d'une reine quand le roi est parti en guerre. Il faut veiller à tout, prendre soin du pays et préparer son retour en n'ayant pas un seul doute…que Lothiriel paraît calme ! Eolain sait la profonde affection qui l'unit au roi Eomer, et elle se demande comment elle peut rester aussi calme et posée alors que l'homme qu'elle aime est au combat.
Comme si elle savait à quoi pense Eolain, Lothiriel sourit et dit :
« Allons, ne fais pas cette tête !Ils vont très bien… »
Eolain s'était toujours demandée comment Lothiriel faisait pour toujours savoir à quoi elle pensait, mais elle le regarde et lui dit :
« Comment le sais-tu, ma tante ? »
Lothiriel sourit légèrement et dit :
« J'en ai l'intuition, je ne saurais pas te l'expliquer avec des mots mais je sais s'il arrive quelque chose à ton oncle… »
Confusément, Eolain comprit que cela avait un rapport avec les sentiments, la tendre communion qu'ils partageaient depuis près de vingt ans maintenant…Saurait-elle aussi si Eldarion allait bien ? Lothiriel la regarda et lui dit :
« Je sais que tu t'interroges aussi, souvent…mais tu dois apprendre à faire confiance à ton cœur, que te dit-il ? »
Eolain prit une grande respiration, ferma les yeux et sourit à sa tante sans répondre. Lothiriel lui dit alors :
« Le tout est d'apprendre à faire confiance à l'autre ainsi qu'à son propre instinct…c'est quelque chose que j'ai appris avec le temps… »
Et elle sourit à sa jeune nièce…
Minas Tirith, quelques jours plus tard…Arwen lit un document, puis le signe et appose le sceau royal avant de le remettre à un des ministres et de demander :
« A-t-on bien veillé à l'approvisionnement des populations sinistrées ? »
En effet, dans le beau Lebennin avait eu lieu une inondation, emportant des maisons et provoquant l'exode de milliers de gens vers les provinces avoisinantes ainsi que vers Minas Tirith…il fallait gérer ce flot ininterrompu de réfugiés, et veiller à ce que tous aient à manger en suffisance, rude tâche s'il en était. Eladiel l'aidait comme elle le pouvait, recevait les messagers, triait, transmettait les messages et tenait sa mère informée d'heure en heure. Quant à Eowyn, Elsea et Elya, elles cousaient des vêtements qui seraient donnés aux réfugiés…toutes les princesses royales étaient ainsi impliquées et aidaient de leur mieux.
Ce fut dans ces jours-là qu'arriva Aragorn-Theoden, poussiéreux et fatigu d'avoir tant chevauché. Les gardes de la porte ne le reconnurent pas, car il portait le cheval de la maison d'Eorl et non ses propres armes, mais on le conduisit tout de même au palais. Justement, la princesse Eladiel rentrait d'une visite à un camp de réfugiés, mais elle le reconnut, même si elle ne l'avait pas vu depuis fort longtemps…
« Aragorn-Theoden d'Ithilien ? Je vous croyais à Edoras, auprès du roi Eomer… »
Gêné, conscient de sa saleté et de la beauté de la jeune femme, il parvint tout de même à répondre :
« Le roi Elessar m'envoie porter des nouvelles, je suis porteur d'un message pour la reine Arwen… »
Eladiel sourit, de ce léger sourire si elfique, et dit :
« Je vais vous conduire à ma mère, mais je pense que vous voudrez vous rafraîchir auparavant, je viendrai vous chercher dans une demi-heure… »
Le jeune prince rougit légèrement, et hocha juste la tête alors qu'Eladiel demandait à un serviteur de le conduire jusqu'à une chambre d'amis. Alors qu'elle s'éloignait pour prévenir la reine, Aragorn-Theoden la regarda…elle portait une robe simple, d'inspiration elfique mais gondoréenne de fabrication, et ses cheveux d'ébène ondulaient librement sur son dos, seulement retenus par un petit bandeau de fils d'argent orné de pendeloque qui les empêchait de tomber sur son visage. S'il ne la connaissait pas, il aurait cru à une apparition, à une jeune Elfe sortie tout droit des légendes anciennes…elle avait toujours eu l'air d'une Elfe, mais ce trait s'était accentué au fur et à mesure que sa beauté s'était déployée. Et ce regard ! ce regard qui avait l'impression de voir à travers de vous, de tout savoir…
Une fois dans sa chambre, un serviteur lui apporta des vêtements propres et prit les siens pour les aérer et les nettoyer. Le jeune prince, dans la salle d'eau, fit sa toilette, que sa longue chevauchée rendait nécessaire, se versa un grand bol d'eau sur la tête avant de repasser dans la grande salle où l'attendaient des vêtements propres, qu'il passa, puis il s'approcha du grand miroir qui était posé dans un coin de la pièce. Il s'aperçut alors que son teint avait hâlé au soleil du Harad, chose dont il s'aperçut après s'être rasé, et qu'il avait quelques petites cicatrices sur le visage. Ses cheveux châtains clairs avaient poussé, atteignant maintenant ses épaules, mais ils ondulaient toujours autant. Il songea à mes ramener derrière sa tête en catogan, mais y renonça en secouant la tête et en s'admonestant : depuis quand se souciait-il de son apparence ? Il rosit légèrement en devinant la réponse, mais se redressa, se tenant bien droit dans sa tunique de velours bleu aux armes du Gondor…
Une demi-heure plus tard, on l'avertit que la princesse Eladiel l'attendait pour le conduire au bureau de la reine. Il prit le rouleau scellé donné par le roi, et sortit de la chambre. La princesse lui dit :
« La reine ma mère vous attend… »
De son pas léger, elle l'emmena jusqu'au bureau d'Arwen, puis s'éclipsa en le laissant entrer. La reine sourit et dit :
« Entrez, jeune homme, voyons le message que vous me portez… »
Le jeune prince d'Ithilien s'inclina et vint donner le rouleau à la reine, qui le lut attentivement puis dit :
« Très bien, vous resterez ici cette nuit puis vous reprendrez demain votre route pour Edoras…je suppose que vous aimeriez voir votre frère et votre sœur, ainsi que votre mère, qui est en visite aujourd'hui, Eladiel va vous conduire… »
Aragorn-Theoden sourit, puis s'inclina et sortit…Eladiel l'attendait, puis lui dit :
« Venez, je vous emmène… »
Elle parlait toujours d'une voix douce et mesurée, et elle lui demanda :
« Cela fait longtemps que vous n'étiez pas venu ici, n'est-ce pas ? »
Aragorn-Theoden sourit et dit :
« Oui, très longtemps, voilà presque deux ans que je n'étais pas revenu en Gondor…je suis aide de camp du roi Eomer, en Rohan. »
Eladiel ne répondit pas, gardant son air éthéré et absent qui la rendait si mystérieuse, puis elle dit :
« Allez, maintenant, votre mère se trouve ici avec votre sœur et votre frère… »
La princesse lui désigna la porte, puis lui dit :
« Adieu donc, Aragorn-Theoden d'Ithilien, puissiez-vous enfin trouver ce que vous cherchez depuis si longtemps… »
Et elle s'éloigna, laissant le jeune prince interloqué…cependant, il entra, et reçut son petit frère quand il se précipita sur lui en criant :
« 'ragorn !! »
Il l'appelait comme ça depuis qu'il était tout petit, et l'appellation lui était restée. Le prince embrassa son jeune frère, puis salua sa sœur et sa mère de façon plus digne, comme il convenait…Eowyn sourit et dit :
« Quelle surprise ! »
Comme son fils aîné avait grandi ! C'était un homme à présent, qui ressemblait cependant beaucoup à son père Faramir, même regard bleu lointain, même cheveux châtain clair ondulant…mais il y avait dans ce regard une grande sagesse car, pour son jeune âge, il avait déjà beaucoup vu et beaucoup vécu.
Sa sœur Arwen demanda alors :
« Tu es revenu définitivement ? »
Aragorn-Theoden secoua la tête et dit :
« Non, je pars demain pour Edoras, je dois accomplir une mission là-bas… »
Il se sentait mal à l'aise, car il ne savait pas vraiment comment réagir face à sa propre famille qu'il n'avait pas vue depuis si longtemps, et vit dans les yeux de sa mère qu'elle le comprenait…elle lui sourit et lui dit :
« Assieds-toi avec nous… »
Il se détendit vite, et répondit avec gentillesse aux questions incessantes de son petit frère et de sa sœur…pourtant, rien n'était plus comme avant…
Anorien
Eldarion, à moitié endormi, veillait sur Arbarad toujours inconscient…depuis quatre jours qu'il avait été blessé, il n'avait pas repris connaissance, ce qui inquiétait tout le monde. Le jeune prince s'était porté volontaire pour le veiller, mais n'avait constaté aucune amélioration dans son état, juste que maintenant la fièvre s'était emparée de lui et des périodes de délire alternaient avec des périodes de calme…nul ne savait pour l'instant s'il pourrait survivre…
Une main posée sur son épaule le réveilla, et il reconnut son ami Arador, qui lui tendit une tasse fumante :
« Tiens, bois ça, c'est Gilmir qui m'envoie te le porter… »
Eldarion sourit et trempa ses lèvres dans le breuvage aux plantes, dont l'odeur familière lui rappela son père, qui l'affectionnait également…Arador lui demanda alors :
« Est-ce qu'il survivra ?
Eldarion dit :
« Certains disent que oui, d'autres que non, mais moi je dis qu'il peut survivre…il est suffisamment fort pour ça. »
Arador sourit, puis, avec une dernière pression sur l'épaule d'Eldarion, sortit de la tente pour aller prendre son repos. Eldarion resta seul, veillant et priant pour que la santé d'Arbarad se rétablisse…il recevait les meilleurs soins, seul le temps maintenant pouvait agir et le sauver…
A SUIVRE…
