Bwahaha, je suis super en retard ! Désoléeeeee D8
J'ai honte, je sais... T.T Je suis vraiment désolée. é_è Je tâcherai de faire mieux la semaine prochaine, et celle d'après. ^^" J'ai galéré pour boucler ce chapitre, j'avoue... Mais c'est finalement fait ! Et vous savez grâce à qui, hein, hein ? :D Grâce à Cloudy-L et ses conseils, pis surtout grâce à la bêta-lecture rapide et efficace d'Elerina :3 Merci à toutes les deux ! =3 Rah là là, toute seule, je serais vraiment une sacrée quiche. xD
Sinon, pour ce chapitre : évolutiooon. C'est tout ce que j'ai à dire. \o/
Bonne lecture :3
Chapitre 21 : Il paraît que les conseils d'amis se révèlent souvent utiles
Sur le coup, Roxas hésitait entre la rage et le désespoir, à vrai dire. Brutalement stoppé dans son putain d'élan, il sentit ses pensées se fracasser la gueule contre un mur en béton apparu comme par miracle en plein milieu de son chemin, et il resta donc immobile, fixant son téléphone comme un con – et Vanitas, évidemment, dut bien le remarquer, parce qu'aussitôt il parut inquiet. Mais ça, le blond le remarqua pas, il y prêta même pas attention à vrai dire ; au point où il en était, il s'en foutait un peu, et son cerveau s'était visiblement branché sur la vitesse minimale, alors fallait pas essayer de lui faire comprendre quoi que ce soit.
« Roxas ? Appela soudain Vani, pas vraiment timide, plutôt hésitant, pas trop sûr de lui. Heu... J'peux savoir ce qui se passe ou même pas ? »
L'adolescent ne répondit pas – il avait pas écouté, de toute façon, même pas entendu, ni prêté attention, en fait. Ses yeux bleus larges de stupeur couraient à toute allure sur l'écran de son iPhone et évidemment à cause de ça il voyait flou et pigeait plus rien aux mots qu'il essayait désespérément de relire, de re-relire, d'accepter et d'assimiler ; et puis, tout à coup, il sentit la main de son meilleur pote se poser doucement sur son genou, et il sursauta.
« Bordel, s'écria-t-il, mais putain Vani, qu'est-ce que tu f- »
Le regard doré braqué sur son visage aux traits doux l'arrêta net dans son élan – course, course, paf, mur, béton, arrêt soudain, et tu te retrouves la gueule en morceaux juste parce que des trucs apparaissent en plein sur la route que tu prends. C'était mal fichu, quand même, cette histoire.
Parce que là, son ami de toujours avait juste l'air plus sérieux que jamais, plus concerné que par toutes les parties de jeux vidéo qu'il avait dû faire jusque là, plus inquiet aussi que pour toutes les conneries que Roxas avait pu faire sans réfléchir aux conséquences – et de sa position le blond aurait pu, si sa respiration lourde s'était brusquement arrêtée, entendre les derniers battements de son propre cœur.
« Ecoute, mec, finit par dire calmement le proprio de l'appart, je te connais, t'sais. Jamais un SMS pourrait te foutre dans un état pareil, même pas un de ta mère, j'suis quasi sûr. Alors j'te demande juste... Ça vient de qui ? »
Le blond ne répondit pas – mais de toute façon, aujourd'hui, il était pas vraiment décidé à répondre à quoi que ce soit. C'était pas le jour pas l'heure pas la minute pas la seconde, pas le moment quoi ; et puis à vrai dire il avait juste envie de disparaître, de s'évanouir, de partir loin, de tout voir se casser la gueule et tomber en morceaux sous ses yeux inquiets aux pupilles tremblotantes – mais c'était pas possible, il le savait bien.
Fallait qu'il fasse quelque chose avec Vanitas, là, maintenant, tout de suite. Qu'il l'éloigne ou le rapproche, lui taise tout ou finisse par lui dire, mais choisisse et décide ou décide et choisisse que faire que dire que penser, comment réagir ; sauf qu'avant même qu'il ait pu réagir, qu'il ait pu réussir à seulement réaliser ce qui était en train de se passer, la main de Vani avait à nouveau grimpé jusqu'à la sienne.
Et à nouveau, elle l'avait enlacée.
La peau de Vanitas était chaude et réconfortante là où celle de Roxas, tendrement rongée par le froid ici ou là, n'était maintenant plus que gelée. Et puis, doucement, la paume tiède enveloppa le dos rugueux de celle qui tenait fermement l'iPhone entre ses doigts – et tandis que ces derniers se relâchaient peu à peu, le blond réalisa que, probablement, personne au monde n'avait les mains plus habiles et douces – à part peut-être Axel, en fait.
C'était agréable et étrange à la fois – lentement, une chaleur rassurante, à la source encore inconnue, s'emparait de ses doigts, de ses mains, de ses joues aussi ; et sur le coup, ça le surpris tellement, et ça lui fit tellement de bien qu'il zappa complètement d'engueuler Vanitas lorsque celui-ci voulut, en bonne et due forme, simplement lui prendre son portable des mains.
Et putain, putain, quelle erreur il venait de faire ; mais ça, évidemment, il lui fallut facile trente secondes pour le réaliser, et à ce moment c'était déjà trop tard depuis bien trop longtemps.
« 'tain, connard, s'exclama-t-il, soudain beaucoup moins calme, lâche ça !
– Nan, répondit alors son pote, et il reporta toute son attention sur l'appareil. 'tends, je lis. »
A ces mots, Roxas sentit grandir en lui comme une putain de haine immense envahir jusqu'à ses entrailles, oppressant son estomac, s'éparpillant partout dans son ventre ; alors sans même réfléchir, il se jeta littéralement sur Vani, et tant pis, tant pis si son putain d'honneur devait être un peu blessé, bordel, il pouvait juste pas permettre que cet imbécile de première, que ce crétin fini de débile de meilleur pote à la con ose seulement essayer de lire ses messages ! Et la notion de propriété privée, d'espace personnel, mais il connaissait pas ou quoi ?
Bordel.
C'était vraiment la merde, cette fois.
C'était bien beau de se plaindre, mais une chose qu'il fallait reconnaître c'était que, physiquement, Vani était juste beaucoup plus fort que lui ; et dans un cas comme celui-ci, ça craignait vraiment un max. Roxas eut beau s'acharner, essayer de récupérer son putain d'iPhone, gueuler au point que les voisins auraient pu croire à une dispute sérieuse, Vani n'en démordit pas de faire planter ses assauts répétés, à l'aide d'un seul bras à peine – et merde, quoi, à la fin ! Plus ça continuait et plus l'adolescent sentait ses joues chauffer – rougir, bordel, rougir, quoi ! –, et les battements de son putain de cœur s'accélérer ; mais c'était quoi ça enfin ? De la gêne ? De la honte ? Un autre truc à la con ?
Il savait pas, mais plus qu'entre tout maintenant ça le faisait bien chier et il avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire pour régler tout ça – et ça, franchement, ça lui donnait juste envie de chialer.
« Bon. »
Un mot. Roxas tressaillit mais ne parvint pas à bouger.
Vanitas avait fini de lire les SMS qui l'intéressaient, visiblement, et c'était tout ce qu'il avait trouvé à dire – bon. Mais quoi bon ? Bon comment ? Il se passait quoi exactement ? Bon avec un soupir ça aurait fait mal - mais bon tout court c'était encore pire, à vrai dire. Et le blond n'osait pas parler – il n'osait plus. Plus parler, ouais, plus rien dire, plus contester, se taire et subir. Et puis il avait honte. Il s'en voulait. Il en voulait à Vanitas. Il se sentait même trahi, quelque part, en fait.
Mais tout au fond de lui, il pouvait pas s'empêcher de se dire que son pote voulait juste l'aider, s'inquiétait juste pour lui et putain, il savait vraiment pas quoi répondre à un truc pareil – alors, il laissa Vani parler.
« J'suis désolé, balança contre toute attente le jeune homme, et il se leva sans plus attendre. J'aurais pas dû, je... »
Sans crier gare, il balança vite fait son iPhone à Roxas, qui ne fit même pas l'effort d'essayer de le rattraper – faire le vide, songeait-il, faire le vide dans son putain d'esprit et même plus prêter attention à ce que lui disait son colocataire. C'était peut-être ça la solution, en fin de compte ; faire le vide, oublier, ne plus penser, et...
Le téléphone s'écrasa lentement entre les larges plis du drap moelleux et Vani détourna les yeux, regarda ailleurs.
Et faire comme Axel.
Oublier les torts qu'on lui avait faits parce que voilà, c'était Vanitas, et il pouvait pas, il arrivait pas à s'imaginer fâché avec Vanitas, pas à long terme, pas sans rien faire pour arranger les choses. Oublier, oublier et revenir le lendemain, faire comme si rien ne s'était passé ; ne pas revenir sur l'engueulade, ne pas dénouer le problème, laisser les choses se régler toutes seules ou laisser le malaise s'installer à long terme – chez l'un ou chez l'autre.
Axel, ouais, était bien du genre à faire ça, pardonner super facilement n'importe quelle erreur à un connard – Roxas, lui, préférait généralement en vouloir à mort au connard en question, bousillant au passage toute éventuelle possibilité de réconciliation. Sauf que, y'avait pas si longtemps que ça, Axel n'était pas venu au parc, comme s'il avait cessé de pardonner au connard en question ; et maintenant, c'était à Roxas de se demander s'il n'allait pas simplement essayer de changer ça.
Se lever, d'un seul coup, attraper Vanitas, par le bras, sans avoir peur, oser le toucher, le retenir enfin ; et puis lui dire que ce n'est pas si grave, essayer de lui sourire, peut-être lui expliquer, l'aider à comprendre, penser à Axel, vouloir le voir lui aussi, reprendre contact, recommencer à discuter avec lui, lui qui n'avait peut-être pas tout oublié finalement, et-
Et ça faisait peur, en fait. Roxas, ça le faisait flipper, plus que jamais et plus que tout au monde. Parce qu'après tout, il y avait tellement de questions – Se fâcher contre Vani, là, maintenant ? Pardonner tout de suite, faire comme si rien ne s'était passé ? Faire, trouver à faire quelque chose entre les deux ? –, tellement de points d'interrogation dans sa tête – Et Axel, et Axel, il en était où, lui ? Le pardon comme toujours ? Le pardon plus jamais ? Comment savoir, comment faire pour savoir ? Il envoyait des messages mais si au fond, ce n'était pas juste, ça sonnait faux, c'était pas vrai et pas sincère ? Et si tout simplement malgré son apparente gentillesse il gardait tout au fond de lui et n'était plus prêt à pardonner ? –, tellement de choses qui se heurtaient et s'entrechoquaient et valsaient partout qu'il avait l'impression de tourner avec mais-
Emporté par le courant d'un ouragan enragé, Roxas s'était tu et n'avait rien fait ; mais Vanitas se dirigeait vers la sortie de la pièce, lui. Impossible de savoir combien de temps il était resté assis après avoir lu les messages, ou même s'il était resté tout court – mais maintenant il sortait, et le blond aurait pu jurer sur la tête de sa mère qu'il avait deviné sous les mèches rebelles de sa tignasse sombre l'esquisse d'un regard indéchiffrable, rien que pour lui.
« Heu, Vani, attends ! »
Sans même réfléchir, il avait plus hurlé qu'appelé ces quelques mots – mais c'était pas grave, bordel, il en avait fichtrement rien à foutre, en fait !
Parce qu'en fin de compte, il venait de réaliser un truc beaucoup plus important. Quand Axel s'était mis à tout lui pardonner, toutes les remarques, toutes les disputes, ces mêmes disputes dont encore maintenant il peinait à se reconnaître coupable, et même toutes les insultes, tous les préjugés, Roxas, ça l'avait juste énervé – mais l'autre imbécile n'en avait pas tenu compte et était revenu, encore, tout le temps, jusqu'à ce jour où il avait abandonné.
Un soir, il avait abandonné, et le blond se souvenait encore parfaitement du point auquel ça avait fait mal – bon, okay, c'était y'a pas si longtemps que ça, mais quand même. Et maintenant, le roux se montrait à nouveau sympa, était à nouveau là via ses messages, mais quand même.
Axel devait être un garçon patient – ou particulièrement optimiste. Mais Vanitas n'avait à coup sûr ni la patience ni l'optimisme d'Axel ; et pourtant, ce que le travelo avait souffert quelques mois, Vani l'endurait depuis des années. Des coups de gueule, des engueulades qui menaient nulle part, des cris et des insultes là où il n'y aurait jamais dû en avoir – alors Roxas s'était demandé, et si lui aussi il décidait d'abandonner un jour, il se passerait quoi ?
La réponse n'avait pas mis deux secondes à jaillir dans son esprit – ce serait la fin, pour sûr. La fin de leur amitié, le temps pour le blond de retourner chez sa mère avec toute la solitude qui semblait si pressée de le retrouver, peut-être parce qu'il l'avait aimée d'amour passionné un moment, et puis quelque chose, indescriptible, mais super désagréable.
Alors, il se tenait là, debout, face à son meilleur ami, prêt à clarifier les choses avec lui – mais putain, ses yeux piquaient et il se sentait haletant comme s'il avait couru un marathon alors que non, bordel, c'était juste son foutu cœur qu'avait rien trouvé d'autre à faire que de battre, encore et toujours, super vite, à fond les manettes.
« C'pas grave, déclara-t-il à toute vitesse, sans même prendre le temps de réfléchir à ses mots ou de vérifier si son pote l'écoutait. C'pas grave pour les SMS, 'fin j'voulais pas en parler, mais t'sais je crois que j'aurais dû, 'fin... Entre ma mère et l'autre, je... »
Il, heu… – lui, il, bah, il ne trouvait pas les mots. Même en cherchant de toutes ses forces il ne les trouvait pas. Même en s'acharnant sur son pauvre esprit éreinté il ne les trouvait pas. Mais quelques instants à peine après, il réalisa que, finalement, il n'aurait peut-être pas besoin de les trouver ; et en silence, il remercia son meilleur ami pour avoir simplement passé ce bras, fort, amical, autour de ses deux épaules minces.
« J'comprends, dit alors doucement le propriétaire des lieux. Et c'est pour ça que j'suis désolé... J'te jure, je voulais juste lire parce que ça avait pas l'air d'aller, mais... Je me doutais pas du tout que ta mère croyait que t'étais gay, 'fin elle le croit plus maintenant, 'fin je crois, mais j'comprends que ça puisse te chambouler quoi, et puis ce type... »
Vanitas marqua une pause et préféra lâcher le blond pour se mettre à jouer avec ses cheveux ; mais d'habitude il les tripotait quasiment jamais et à vrai dire, ça se présentait un peu comme le signe que quelque chose n'allait pas trop. Mais quelque part, ces quelques excuses faisaient plaisir à Roxas, aussi ; c'était cool, ouais, rassurant, et ça le calmait de le savoir qu'au fond, Vani n'avait jamais eu trop l'intention de le mettre mal à l'aise, de l'énerver seulement ou de se foutre de sa gueule.
« 'fin bon, lâcha-t-il finalement, je voulais pas t'emmerder, t'sais. J'avoue, j'me suis un peu énervé quand j'ai vu que tu voulais rien me dire, mais... Mais maintenant que je sais, bah, je comprends, quoi. Sincèrement désolé, mec... »
Encore une fois, Roxas ne répondit pas tout de suite – mais cette fois-ci, pas besoin de lire le futur ou simplement ses pensées pour comprendre que ça allait déjà mieux, qu'il se sentait déjà mieux. Et même qu'en fait, il se sentait prêt à faire, il avait carrément envie de faire un truc qu'il n'avait encore jamais fait avant, et allez savoir pourquoi la perspective de le faire, là maintenant tout de suite, le remplissait d'une joie absolument immense – alors, il esquissa un très léger sourire et regarda Vani droit dans les yeux, sans réfléchir à l'avant, à l'après, ni même au maintenant, d'ailleurs.
« C'est bon, j't'en veux pas. »
Et c'était sincère – en un seul regard, Vani le comprit, et ne put s'empêcher de sourire à son tour. Et comme un sourire en appelle un autre, et comme soudain le blond se sentait bien, parce que ça y est, ça allait avec Vani, ils étaient pas fâchés, ils resteraient amis et potes à tout jamais, il eut envie de sourire comme un putain d'attardé bienheureux – mais heureusement, il se reprit au dernier instant, et ceci pour la simple et bonne raison qu'il se rappela un truc beaucoup moins agréable.
Son portable. Se réconcilier, enfin, éviter une dispute avec Vani, se débrouiller pour lui pardonner parce qu'au fond il avait ses raisons pour avoir fait quelque chose comme ça, même si sur le coup ça avait été chiant, même s'il avait fallu que tous les deux ils contrôlent leur impulsivité, leur foutue impulsivité à la con, c'était fait – mais envers et contre tout restaient les messages d'Axel sur son portable, et vis-à-vis de ça il ne savait vraiment pas quoi faire.
Toutefois, il ne l'appréhendait plus aussi mal qu'avant.
Quelque chose lui disait que ce roux, il était peut-être pas si con que ça ; et le sourire de Vani semblait appuyer cette idée mais mieux valait ne pas trop hâter les conclusions. Sauf que là, l'heure tournait, un peu beaucoup lentement toujours, et fallait vraiment qu'il se décide – répondre ? Ne pas répondre ? Pardonner ? Mais pardonner quoi, bordel ? L'absence au parc ? Ça aurait été avouer qu'il s'y était rendu, qu'il l'y avait cherché, et que...
Soudain, le blond sentit ses joues le brûler, d'un feu plus doux qu'auparavant ouais, mais d'une sacrée flamme quand même, et il ressentit juste le pur et simple besoin d'aller prendre son iPhone, de le tenir entre ses doigts, et de se retrouver à nouveau dans la douce et terrible situation d'hésiter à ouvrir un certain message, et ce même s'il savait déjà de quoi ça parlait.
Et qu'il s'était attendu à le trouver, surtout. Qu'il avait été déçu de ne pas le voir. Simplement, difficilement, les deux à la fois – qu'il ne le détestait pas autant qu'il ne voulait bien l'admettre.
Mais justement, ça, c'était peut-être temps de l'admettre ; parce qu'après tout, c'était en pensant à Axel, à sa manière d'être, à sa façon de faire qu'il avait trouvé l'idée, le courage peut-être, de faire un pas pour une fois dans la direction de Vanitas – d'accord, il ne l'avait pas fait pour ressembler au rouquin, mais pour ne pas se ressembler à lui-même et dans le fond, ça revenait simplement à vouloir se rapprocher, juste un peu, rien qu'un peu, de la tolérance et de la patience de dingue de ce travelo débile.
« Heu, Roxas..., fit soudain la voix de Vani, hésitante, et le garçon sursauta. J'peux genre te donner un conseil ?
– Bah..., bafouilla alors le blond, pas vraiment certain de ce qu'il fallait faire, tellement il s'était pas attendu à ce genre de remarque – mais en même temps, ça faisait bien deux minutes qu'il faisait une fixation sur son portable et maintenant qu'il le réalisait, clair que Vanitas avait eu de quoi s'inquiéter, là. Heu... Ouais... 'fin... »
Il savait pas trop ce qu'il disait, en fait. Il bredouillait deux-trois trucs, alignait quelques mots, ouvrait et fermait le SMS auquel il ne savait pas s'il fallait ou non répondre – tant et si bien qu'il lui fallut carrément vingt secondes pour piger que son meilleur pote s'était assis à côté de lui sur son lit, et venait de soupirer, un peu amusé. Tic, tac, tic, tac, réaction ; mais bordel, il avait quoi à se foutre de sa gueule, cet enfoiré ? Il voulait une paire de baffes ou quoi ?
« Réponds-lui si tu veux pas passer pour un salaud, finit par dire son pote. A moins que tu le détestes et que tu veuilles plus jamais le voir ? Mais c'est pas trop ça l'délire, si j'ai bien compris...
– Ah ouais ? Répondit Roxas, un poil agacé sur les bords – parce que putain, il aimait pas qu'on se foute de sa gueule, et surtout il en avait marre de ces remarques qui le cernaient tellement bien, tellement mieux que lui-même. Et j'lui dis quoi, hein ?
– Ça dépend. Tu veux quoi, exactement ? »
Le blond baissa les yeux – et merde, encore une question chiante, difficile et putain de compromettante. C'était vrai après tout, il voulait quoi, hein ? Être de nouveau pote avec Axel – mais l'avait-il jamais été, aussi ? Arrêter de lui faire gueule – mais il pouvait pas, enfin, il avait une image à conserver, quoi ! Lui faire comprendre qu'il était peut-être pas si fâché que ça, qu'il s'en voulait peut-être aussi un peu – ouais mais non, beaucoup trop risqué, et de toute façon, Vani se foutrait de sa gueule, et Axel aussi, il en était quasi sûr, là. A la limite, il aurait pu lui demander simplement pourquoi il n'était pas venu au parc, l'autre fois – mais là aussi, bordel, là aussi c'était dangereux, et putain, juste vraiment, vraiment, vraiment gênant à dire, ou même à écrire.
Merde, à la fin, il savait juste vraiment pas.
« J'sais pas, souffla-t-il alors, et il était plus trop sûr de comprendre quoi que ce soit à la situation actuelle. Je... J'veux pas passer pour un con... Et pas être gentil parce que... Ça l'fait pas quoi...
– Et y'a pas un truc à la con dont tu pourrais lui parler ? Proposa soudain Vani, comme inspiré par un putain de dieu qui pour la première fois de la vie de Roxas arrivait au bon moment. Genre, j'sais pas, un truc dont il t'aurait parlé une fois, ou quelque chose comme ça... »
Un truc dont Axel lui aurait parlé une fois ?
Il voyait pas. Il réfléchit, il pensa, il réfléchit, il trouva pas, et décidément non il voyait pas. Quelque chose qu'Axel lui aurait dit ? Quelque chose à propos de ce crétin fini ou à propos de lui ? Mais c'était vrai après tout – ils avaient parlé de quoi, ensemble ? En dehors des répliques à la con du travelo, de ses morales de philo à deux balles cinquante, de ses histoires sans intérêt que le blond n'avait pas écoutées la plupart du temps, de-
L'hôpital.
Clair, depuis qu'ils se connaissaient, ils avaient pas discuté des masses – du moins, Roxas avait pas écouté des masses, et quelque part, il s'en voulait un peu, un tout petit peu pour ça. Mais il restait un truc. Un endroit. Un moment. L'hôpital. Et la phrase que le rouquin lui avait balancée à la va-vite en sortant, sous les regards limite assassins de Cloud.
Son nom dans l'annuaire – ça paraissait con, comme ça. Mais il l'avait dit. En partant. En partant vite et pressé par tout le monde, tout le monde contre lui, Roxas compris. Et on disait généralement pas les choses les plus futiles quand on avait pas le temps – alors peut-être qu'au final, c'était important, cette connerie.
Peut-être – un seul moyen de vérifier, et l'adolescent avait envie- non, besoin de le faire.
Alors, sans plus attendre, il prit son iPhone à deux mains et se mit à taper son message, sous le regard surpris de Vani qui n'avait visiblement pas tout compris – mais ça, il s'en occuperait plus tard.
« C'est quoi ton nom de famille ? »
Il ne relut même pas et envoya le SMS tel quel – parce qu'au fond, il avait peur de revenir en arrière s'il y prêtait trop d'attention, et sur le moment il n'avait pas envie de revenir en arrière, pas envie de remettre tout ça à plus tard, pas encore, plus jamais.
C'était décidé, là – marre de se dire qu'il ferait tout plus tard, et que ça irait mieux s'il s'occupait des problèmes, s'il les laissait traîner dans les coins. Marre de se dire aussi que c'était toujours la faute des autres, et que lui il avait aucun problème, qu'il faisait toujours tout bien ; parce que putain, il foirait aussi des fois, et même si ça faisait super mal à dire autant qu'à penser, il savait qu'à partir de maintenant, il n'irait plus jamais nulle part s'il continuait à faire la gueule à tout le monde, sans jamais pardonner.
Quelque part, ça le rendait fier – un peu, ouais. Un poil fier de lui pour ce qu'il avait osé dire, faire et penser ; et rien que pour se sentir à nouveau fier de lui, dans le sens, fier de ce qu'il était, il se sentait presque prêt à pardonner, encore une fois.
Alors, un peu plus calme qu'auparavant, il prit une grande inspiration, éteignit l'écran de son iPhone, et demanda doucement à Vani s'il avait un annuaire.
Et voilà, j'espère que ça vous a plu :3
J'ai remarqué que le style ici était moins "vulgaire" que dans les autres... Ça m'embête, j'aimais bien écrire un Roxas plus colérique xD Vous en pensez quoi, vous ? Sinon, quant à Vani, je sais pas si ça se voit, mais il évolue un peu, lui aussi... Je crois qu'il essaie de prendre bien soin de Roxas, peut-être qu'il se sent un peu responsable de lui ? xP
Ah, et... Toujours pas de concert... J'ai honte... xD Je suis trop nuuuulle T_T XD
Merci pour votre lecture en tout cas =3 En espérant vous retrouver jeudi prochain
