Bonjour,
Bon ça n'a pas été tout de suite, tout de suite mais j'ai quand même réussi à ramener ce chapitre jusqu'ici! C'est un grand chapitre sur Law et Zoro, donc pas de Kidd à l'horizon ou de Luffy, désolé pour ceux et celles que ça intéressaient! Je me rattraperais dans le prochain!
Je ne vous embêtes pas plus longtemps et vous laisse lire, je pense que vous avez assez attendu pour ça!
Rating: K
Pairing: Divers. -Présentement ZoLaw-
Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Oda-sama sauf Shinnosuke, il est de moi ce petit bonhomme-là!
Bonne Lecture.
Chapitre 20 - Confession d'un soir.
Ça n'fait pas des heures. Ni même des minutes. Encore moins des jours. …Mais, il est là et il attend.
Assis sur cette sorte de palier, il attend le retour de ce médecin.
Il fait froid, pas que ça l'gêne seulement rester immobile c'est chiant. Chiant mais pas insurmontable. Ça ne le découragera pas. Au contraire, ça l'incite à persévérer. A ne pas bouger. A camper.
Réchauffant ses mains à l'aide de son souffle chaud, il reste planqué dans le col de sa veste et il pense. Il n'arrête pas de cogiter. D'imaginer. De croire. D'envisager. De s'induire en erreur.
Accroupi, il a fait peur à deux-trois personnes habitant sur le même étage mais personne ne lui a adressé la parole. Personne saint d'esprit ne l'aurait fait après tout.
Flanqué d'un costard noir, d'une chemise blanche, de cette sorte de bandeau noir accroché à son bras et sa façon de regarder les gens méchamment…, personne n'aurait pu lui adresser la parole.
Il fait peur en réalité. On aurait cru un créancier. Un mafieux. …C'est surement ce qu'il est un peu d'ailleurs. Ce nom qu'il refuse de porter même si.
Serrant les phalanges, il ne regarde même plus l'heure. Il a abandonné à compter les minutes. Il est venu ici directement après avoir été chez les Eustass. Après avoir entendu la décision de Luffy. Et même s'il n'aime pas…, il croit lui aussi pouvoir leur faire confiance. D'une certain façon, il s'y sent obligé puisqu'un certain chirurgien aide ce rouquin depuis des années. Lui parle. Se confie peut-être. …C'est chiant. C'est emmerdant à penser. C'es-
_ Roronoa-ya~ ?
Ce n'est qu'un murmure surpris. Une intonation bancale. Un questionnement inutile. Qui concrétise. Qui vérifie les faits.
Se relevant à ce nom entendu. A cette voix reconnaissable. A ce timbre retrouvé, Zoro s'époussète légèrement et fait face à ce petit docteur –façon de parler-. A ce noiraud qu'il a envie de voir depuis des jours. Des heures. Ou des minutes. Ce noiraud qu'il a blessé, il le sait. Qu'il a éloigné. Ce noiraud qu'il veut récupérer.
_ Qu'est-ce que tu fais ici ? Interroge Law alors qu'une clef sort de sa poche et qu'il approche de sa porte. Lui, il aimerait juste dormir. Se reposer un peu. Ne plus devoir se justifier même s'il ne l'a jamais vraiment fait.
_ Je t'ai envoyé un message disant que je voulais te voir. Tu ne l'as pas lu ? C'est bête mais sur l'instant, il ne sait rien répondre d'autre. Il veut juste éviter une dispute. Une bagarre inutile. Un rejet qu'il mériterait.
_ Je n'ai pas regardé. Répond l'ébène en frottant sa paupière de son poing fermé. Comme un enfant. Un enfant qui a oublié de grandir. Puis il fixe ce Vert un peu perdu lui semble-t-il. Un peu dérouté. …Tu veux entrer ?
Cette chose est inespérée n'est-ce pas ? Tellement, que ce bretteur s'empresse de répondre à l'affirmatif.
Les deux pénètrent donc l'appartement et allumant les lumières, Trafalgar se déchausse au même titre que ce Vert qui l'imite. Ce médecin retire également sa veste qui lui donnait un peu de chaleur et entrant dans son salon avant de rejoindre la cuisine, il pose une autre question. Moins personnel. Plus pour paraitre poli. Une chose à boire. …Pour ne pas rester les mains vides à regarder les murs et écouter le silence ambiant.
Trouvant sa place dans le canapé, Zoro accepte une bière. Enlève un bouton de cette veste qui l'entrave légèrement, prend de profonde respiration et quand son ainé rapplique, il essaie de ne pas paraitre nerveux. De se détendre. De ne pas le regarder. De ne pas lorgner. De ne pas être un imbécile. D'être pressé ou impulsif. De garder son calme. De ne pas lui sauter dessus. D'attendre pour s'excuser. D'ailleurs tout ça…, tout ça n'est pas dans ses habitudes. Rien de tout ça !
_ Hn. …Roronoa-ya~, maintenant est-ce que je peux savoir pourquoi tu es là à 3 heures du matin ?
Si tard ? …Ou si tôt ? Quel est le plus approprié ?
Il réfléchit à une chose stupide et pour ça, il se gronde. Se frappe mentalement. Et quand il ose enfin un vrai regard vers cet ébène qu'il trouve sublime, il remarque un pansement.
Un putain de pansement au niveau de sa gorge. Un truc qu'il a fait de ses mains. Une blessure qu'il a donnée à ce médecin. Une putain de marque qu'il ne méritait pas.
Il soupir. Baisse de nouveau le regard. Resserre ses mains entre elles. Se déteste. Puis et parce qu'il sent ce regard lunaire sur sa personne, il décide d'emprunter le peu de courage qui lui reste. Il doit parler maintenant. Se dévoiler, un peu. Parler, beaucoup. Avouer, modérément.
_ Pour m'excuser de t'avoir fait un truc comme ça, commence Zoro en levant la main pour frôler ce pansement à la jugulaire de Trafalgar. Parce que je sais que j'ai été bien con de t'accuser. De voir en toi un ennemi. De t'avoir repoussé. Continue-t-il en remettant sa main sur le dossier du canapé. Parce que j'ai besoin de savoir ce que tu cherches. Si je peux t'aider. Si tu peux m'refaire confiance. Si tu veux bien m'accorder une seconde chance. Étale le Vert en ne s'arrêtant plus. En fixant. En scrutant. En épiant. En imprégnant. En espérant. On a besoin de parler toi et moi. J'veux pas qu'ça s'termine comme ça entre nous. Souffle ce bretteur à la fin. Parce qu'il ne voit pas quoi dire d'autre.
_ Entre nous ? Soupir Law qui ne fait que regarder son cadet. Je ne crois pas qu'il y ait déjà eu quelque chose entre nous, Roronoa-ya~. Tu as tout fait pour que cela n'arrive pas. Pour qu'on n'soit même pas ami. Quant à tes excuses, elles ne me dérangent pas. Dit-il dans un petit rictus presque navré. Désolé. Et si le Vert veut intervenir, il se retient. Il mérite ça après tout. Et pour terminer de te répondre, j'avais une bonne raison de me retrouver devant la demeure du petit D.
_ J'aimerais la connaître.
C'est dit et Zoro ne regrette pas.
Il veut vraiment en savoir plus sur ce médecin bien mystérieux. Bien seul, il en est sûr. Il veut l'aider, s'il le peut. L'approcher un peu plus. Être là pour lui. Indispensable. Il veut que ce noiraud ne voit plus que lui. Appelle après lui. Devient dépendant. Complètement accro.
Merde à l'instant, il vient de se rendre compte d'un truc. Dans l'histoire…, c'est lui qui est accro non ?
De son côté, Law aimerait savoir pourquoi ce bretteur semble aussi insistant. Aussi pressé. Comme pris par le temps. Par un truc qu'il ignore. …Pis cette façon qu'il a de le dévisager, il ne comprend pas.
Mais se confier à lui, c'est peut-être dangereux. …Ou pas. Mais faire confiance à un homme qui a tenté de le tuer c'est ridicule. Complètement fou… Ou pas.
Tout est contradictoire quand il s'agit de Roronoa Zoro pour lui. Malgré tout, il l'apprécie. Toujours. Pour ce qu'il est. Pour sa façon d'être franc. D'insister.
_ Tiens-tu vraiment à le savoir Roronoa-ya~ ? Ça risque de ne pas te plaire. …Tu pourrais détester ça. Dit ce médecin comme une confirmation. Un aveu précoce.
_ Ça m'va. Dit-le-moi maintenant. Tente de nouveau le Vert même si secrètement son cœur bat extrêmement vite. Rate des battements. Oublie parfois. Change de rythme.
_ Tu rentreras chez toi ensuite ? Questionne ou essaie de persuader ce docteur. Il ne sait pas bien. Une chose l'embête. Peut-être tout. Il se sent frustré.
_ Si c'est ce que tu veux, ouais je rentrerais.
_ Je…, il n'y a que chez les D que j'aurais des réponses à mon passé. Les mots soufflés, il détourne le regard. Il sait bien qu'il doit en dire plus. Ou qu'il en a trop dit. Qu'il ne peut plus faire demi-tour. Qu'il vient de décider de faire confiance. …Un truc ne tourne pas rond chez lui, il en est sûr. Je m'appelle Trafalgar D Water Law. C'est mon nom complet, …mon père était un D.
Ce n'est pas ce à quoi ce bretteur s'attendait.
Il avait imaginé beaucoup de scénario. Parfois ridicule. Parfois trop compliqué. Mais pas celui-là. Pas un seul instant. …Jamais il n'aurait pu.
Il est soufflé. Il a besoin de respirer. De s'aérer la tête. De bouger ou non, de rester là. De prendre une profonde respiration. De remplir ses poumons et d'assimiler. De comprendre aussi. Mais comprendre quoi ? Que ce médecin. Son médecin. Celui qu'il a connu par hasard est de la famille de Luffy ? Qu'ils ont un lien de parenté. Qu'il est censé être dans son camp depuis le début ?
Merde. Putain de merde. …Fait chier, c'est dingue.
Law un D. Un petit D. Il est sur le cul. Littéralement. Complètement assommé.
_ Pourquoi ? Questionne Zoro sans pouvoir continuer. D'ailleurs, continuer par quoi. Il a du mal mais il le faut. Il veut comprendre. Il est curieux maintenant. Il a soif d'apprendre. De tout connaitre de ce noiraud qu'il voit si près mais qu'il sait très loin de lui. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ne pas avoir fait de recherches plus tôt ? Merde un D, jamais j'aurais pu envisager un truc comme ça. Sourit bêtement le Roronoa en chiffonnant ses mèches claires.
_ Parce qu'avant je n'en faisais pas des cauchemars. …Avant je gérais plutôt bien le fait d'être orphelin. Je n'envisageais plus de me venger. Souffle presque légèrement ce noiraud. Est-il soulagé ? Ressent-il une certaine joie de le dire ? De s'expliquer ? De pouvoir dire à voix-haute ce qu'il ressent réellement ?
_ Te venger ? …De qui ? Marmonne sans certitude ce bretteur qui ressent une vague de panique. Qui n'ose pas donner de prénom. Pas celui de son meilleur ami du moins mais…, il veut savoir. Tout connaitre. Toute l'histoire. Vraiment tout. Chaque petit détail insignifiant. …Luffy ?
_ Il n'était pas né. Par contre, il doit connaitre les noms des D qui ont tués mes parents et ma sœur. Grogne Law en serrant ses mains entre elles. Tu veux autre chose à boire ?
Cette question n'est pas à sa place mais voilà que Trafalgar est déjà sur ses pieds et qu'il se dirige vers la cuisine pour prendre une autre canette dans le frigo.
Une autre bière est de sortie, ouverte et légèrement bue. Par la suite, il revient dans ce salon trop pesant et reprenant sa place près de ce sabreur, il s'appuie sur le dossier et attend.
Il ne sait pas ce qu'il peut dire d'autre. Rien certainement. Le reste est futile. Dérisoire. Personnel. Et puis, ça ne concerne en rien cette herbe à ses côtés. …Peut-être qu'il s'en fout maintenant.
_ Ils ont été assassinés ? Tes parents…, ta sœur ? Marmonne le Roronoa alors que finalement, il cherche ses mots plus qu'autre chose. Et toi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Raconte-moi Doc'.
Lui raconter ? Pourquoi ce vert veut connaitre son histoire ? Law le fixe intensément. Pendant des minutes entières. De longues secondes interminables. Puis il soupir. Claque la langue. Pince sa lèvre. Et chiffonne ses mèches charbons.
…Serre les poings, un peu. Parce qu'il ne pensait pas cette discussion aussi longue.
_ J'avais 7 ans. Mon père a été exécuté pour trahison envers les D, parce qu'il a soigné des hommes qui appartenaient à d'autres familles et parce qu'il était ami avec le père d'Eustass-ya~. De ce que je me souviens, il passait beaucoup de temps là-bas et ça ne plaisait pas. Tellement, qu'il a été rejeté par les D et que le père d'Eustass-ya~ a donné un travail au mien. …Puis un jour, alors qu'on était à la maison, des hommes sont apparus. Raconte Law avec un tel détachement que ça parait étrange, pas réel et pourtant…, ça fait souffrir. Cette souffrance se retrouve sur le visage de ce noiraud. Visage que Zoro n'arrête pas de scruter. D'épier en silence. De boire ces paroles difficiles. Ma mère nous avait caché moi et ma sœur, surement qu'elle savait mais ça n'a pas suffi. Ils ont tirés une balle dans la tête de mon père après l'avoir forcé à regarder ma mère se faire tuer. On n'a fait qu'entendre le bruit mais ça avait effrayé ma sœur et je n'ai pas su la retenir. Ils avaient ri d'elle après l'avoir abattue et j'ai rien fait. J'suis resté caché. Je n'avais pas fait un bruit. Ils ont fouillés la maison parce qu'ils savaient que mes parents avaient un gamin –moi- mais, ils n'ont rien trouvés et en ont déduit que j'étais ailleurs. J'ai attendu longtemps avant de sortir de mon trou et de courir chez Shanks-ya~. Continue-t-il sur sa lancé alors que son visage se baisse. Que ses mains se resserrent. Que son cœur pince atrocement. A ce moment-là, je ne savais pas de qui il s'agissait. Mon père avait beaucoup d'ennemi et Shanks-ya~ n'avait trouvé aucun indice suffisant. Il m'a gardé avec lui par la suite et je lui suis redevable pour ça.
_ Comment est-ce que tu as su alors ? Murmure bassement le Roronoa. Il ne voulait pas paraitre détaché ou « je-m'en-foutiste » mais, il avait besoin de savoir. Besoin pour réconforter ensuite ce noiraud. Est-ce qu'on te l'a dit ?
_ En faisant des recherches et parce que quelqu'un qui est mort maintenant me l'a avoué dans une lettre. Un flic qui était sur l'affaire et qui a tout fait pour connaitre le fin mot de l'histoire. Marmonne Law en terminant sa canette. La deuxième de sa soirée. …Cora-san était quelqu'un de bien.
C'est la première fois qu'il parle de ça. De cette personne qu'il considérait comme un ami. Un grand-frère ou plutôt un oncle. Qu'il a connu grâce à la famille Eustass, encore eux. Il a toujours voulu le garder secret. N'avait jamais parlé de lui à personne. …De la façon dont ils avaient de se comprendre.
…Son cœur fait mal à l'instant. Il ne veut plus parler. Se confier. Révéler des choses. Livrer. Dire.
Et sans comprendre, une main se pose sur son crâne. Grande. Gentille. Chaude. Accueillante.
Elle chiffonne les mèches de jais en même temps qu'un corps se rapproche et continuant de cajoler ces cheveux doux et épais, Zoro fini par faire glisser ses doigts sur cette nuque gracile et par tourner cette tête vers lui.
Il a besoin de le voir. De le regarder. De croiser ce regard acier fatigué. De lui dire qu'il est là pour lui à présent. Qu'il ne reculera plus. Qu'il ne le rejettera plus. Qu'il restera avec lui.
_ Je suis désolé, souffle le bretteur avec sincérité mais, il sait que ça ne représente rien. Que tout le monde peut dire un truc pareil. Qu'il est ordinaire. Banal à tous les autres. Stupide. J'ferais de mon mieux pour t'aider Doc'.
_ Si tu l'dis… . Murmure le médecin aux joues légèrement rougie par l'abus d'alcool. Mixture qu'il ne tient pas contrairement à son cadet mais ça, aucun des deux ne le sait. Lui-même a oublié. Tu sais tout maintenant, est-ce que ça te suffit ?
_ J'aurais préféré avoir une autre histoire, tu sais. Que tu sois un genre d'espion ou un autre truc du genre, ça aurait été plus facile à gérer. Avoue-t-il sans plus de détour. Là, ...j'sais pas quoi faire pour te montrer que j'suis là. Que t'es pas seul.
_ Oh…, tu n'veux plus me trancher la gorge ? Grogne mesquinement le docteur en plus de son air hautain. Carrément moqueur. …De terminer le travail de cette famille que tu sers ?
Ça pourrait mettre en colère. Peut-être que ça l'fait. Ça pourrait donner des remords. Envie de se lever et de partir, envie d'un tas de chose. De contredire, de se justifier, de s'excuser, de protéger, de donner des arguments, de parler encore et encore, de chercher des raisons, de se morfondre, de compatir, de crier.
Mais là, ça ne fait qu'accrocher. Approcher. De prendre un baiser à des lèvres vicieuses qui essaient de se protéger. De ne plus souffrir. De garder la tête haute.
Ça prend un baiser appuyé. Impulsif. Rempli d'un tas d'émotion. Ça agrippe une nuque. Des cheveux corbeaux. Une peau fine. Froide. Gelée. Frissonnante. Douce. Qui a bon goût.
Zoro n'essaie pas de se justifier, il montre seulement à quel point il a joué au con. Qu'il ne fuira pas. Plus. Que Law peut le blesser autant qu'il veut, il restera. Il ne bougera plus de là. Tiendra toujours sa main.
_ Tu peux me détester si tu veux, je ne m'éloignerais pas. Le front posé sur celui de Law, il souffle comme une confidence. Marmonne comme un secret pour que cette oreille entente correctement. Tu peux m'faire autant d'mal que tu veux, ça me va, laisse entendre les lèvres du Vert non sans légèrement sourire. Comme un accord tacite en plus des paroles dites. J'sais pas trop ce que tu m'as fait mais-, « j'crois que j'suis tombé pour toi Doc' ». C'est ce qu'il pense mais, il n'arrive pas à le dire. C'est dur à sortir ce genre de chose. Pas facile à prononcer. C'est embarrassant. Gênant. Vraiment pas fait pour lui. Il n'est pas du genre à dire ça. Vraiment pas. …C'est impossible. Mais, j'ai pas l'intention de te lâcher.
_ … « N'a pas l'intention »…j'comprends pas, continue de sourire ce médecin. Un sourire si triste qu'il ne s'en rend pas compte. Qu'il ne sait pas. Un sourire torturé. Au bord des larmes. Mais qui pourrait paraitre à la fois tellement malsain. Immoral. Dérangé. Détraqué. Tu es étrange Roronoa-ya~, j'voulais te laisser tranquille.
_ Pas tout de suite si tu veux bien.
Zoro sait qu'il ne peut rien faire d'autre. Qu'il est lui-même incapable d'agir pour l'instant. Mais, il ne veut pas enlever sa main de cette nuque.
Il déteste l'histoire entendu et en même temps, il est heureux d'être le seul à tout savoir. Le premier. Tout dans son intégralité. Il sent à quel point la pièce est pesante. Distraite. Mal. Rempli de souvenir monstrueux et pourtant, il n'y a pas meilleure place.
L'émeraude contemple toujours autant ce visage quelque peu éméché et si sa poitrine se serre, c'est parce que tout se contredit beaucoup trop. Parce qu'il est incapable de se lever pour prendre la porte.
_ …Il est tard, tu peux rester ici si tu veux. Soupir finalement ce médecin qui se retire de cette prise et se dirige vers sa cuisine. Le pas légèrement vague. …Prendre une douche aussi.
_ Tu…, tu es sûr ?
La réponse est un soupir et le Roronoa accepte.
Ce chirurgien lui dit qu'il apportera des vêtements, lui dit qu'il peut prendre canapé ou lit. Lui dit qu'il peut prendre son temps. Qu'il peut manger s'il veut comme il est occupé de le faire. Qu'il peut prendre ces aises.
Acquiesçant, Zoro ne fait que prendre une douche d'une quinzaine de minutes. D'enfiler un pantalon assez large et appartement à ce noiraud. D'apercevoir une photo qu'il n'avait jamais remarqué jusqu'à là. La famille défunte de cet ébène. Ils avaient l'air heureux. …Vraiment.
Il réfléchit à cette photo qu'il remet en place et s'assoit sur le canapé. Respire une bonne odeur de pêche. Le gel douche de cet ébène. Il sent comme Law. Ils ont la même odeur et pour l'instant ça lui suffit. Il préfère se concentrer là-dessus.
Trafalgar emprunte la salle d'eau peu de temps après. La même douche. Le même savon. La même pomme de douche. S'essuie et enfile des vêtements pour se tenir chaud. Parce que c'est un grand frileux.
Mais avant d'entrer dans sa chambre, il invite ce Vert à le suivre. Parce qu'il est trop fatigué pour lui apporter une couette, des oreillers. Trop fatigué pour marcher encore. Et le bretteur ne refuse pas.
Tous deux dans ce lit, Law est déjà sous la couette, la tête posée sur l'oreiller, ses cheveux humides éparpillés dessus…, vraiment beau. Zoro, lui, est de l'autre côté, se cachant à peine de la couette et saisissant presque quand cet ébène qu'il observe se retourne vers lui. Il aimerait le prendre dans ses bras.
_ Tu devrais dormir Roronoa-ya~… .
L'affirmation faite, le sabreur acquiesce de nouveau et obéit.
S'allongeant, laissant son bras gauche partir derrière sa tête alors que son torse nu reste découvert de tout drap, il ferme les yeux et souffle. Ça fait du bien. Il est bien là. Et s'il regarde sur son côté droit pendant une seconde, il peut remarquer sans mal un médecin aux yeux fermés. Il dort surement. Après tout, il a surement dû travailler dur aujourd'hui. Il est rentré tard aussi et il l'a fait parler. Peut-être un peu trop. …Il l'a épuisé.
Par contre, il ne s'attendait pas à ce que son bras droit soit pris en otage par deux mains. Douces. Aussi douce que celles des femmes. Pas aussi fines mais elles y ressemblent. Ce vert en frisonne. Encore plus quand un front percute son épaule. Qu'un vent glacial lui paralyse le côté avant de se réchauffer tranquillement grâce à lui.
Et ce « bonne nuit », c'est le bouquet final. A peine murmuré. A peine soufflé. Dit en dormant. Du bout des lèvres. Comme une cachoterie enfantine. Tout autant que ce baiser que ce Vert offre à ce crâne de jais. …Il l'adore.
.
Il ne peut toujours pas travailler alors il s'occupe comme il peut.
Il ne panique plus. Il se moque des bruits qu'il entend. Qui surviennent parfois. Il a arrêté de se dire qu'on en voulait à sa vie puisque ce n'est pas le cas.
Il n'a plus cette inquiétude intérieure qu'il ne voulait pas montrer. Il est redevenu las. Calme. Désinvolte. L'angoisse a disparu.
Il revient d'ailleurs du combini et ses achats sont déposés dans la cuisine. Sur ce bar vide et propre. Il cherche son repas du soir. Un truc rapide et simple. Il n'est pas motivé.
En réalité, sa vie d'avant est réapparue. Celle d'avant Kidd. D'avant son retour et ça lui va. Il est d'accord avec ça. C'est ce qu'il souhaitait. Ce qu'il espérait. Alors oui, il recommence sa purge. Sa réhabilitation. Sa désintoxication. …Son sevrage.
_ Alors, tu nous fais quoi à manger ? Grogne une voix joviale à l'entrée de l'appartement.
_ Onigiri, j'ai pas le courage de plus. Ça te va ? Souffle Penguin qui pendant un moment a oublié son ami. Il s'en veut un peu pour ça d'ailleurs. Tu vas devoir m'aider aussi.
_ J'imagine, sourit Ban qui se trouve être non-seulement l'ami du noiraud mais également son collègue de travail. Ami depuis près de 10 ans. Tu fais cuir et je construis.
Ils vont diner ensemble ce soir. Passer la soirée ensemble et rire un peu. Beaucoup connaissant ce Blanc.
Pis cet ébène a besoin de ça. De se changer les idées. D'oublier. De se faire d'autres souvenirs. De combler cette sorte de manque. D'effacer. De ne pas regretter les mots qu'il a eu.
Pis il doit se trouver un copain. Un vrai. Pas un sexfriend ou un passe-temps. Quelqu'un qui s'occupe de lui. Qui le réconforte. Qui prend soin de lui. Qui le chouchoute. Il n'a jamais eu ça d'ailleurs et il aimerait essayer. Voir ce que ça fait d'être câliner.
Mais pour l'instant, il a des amis et il passe la soirée avec l'un d'entre eux. Et ça lui va. C'est bien comme ça. D'une certaine manière il va être cajolé puisque ce Blanc est comme ça. Gentil avec tout le monde. Comme…, une sorte de frère.
… .
A suivre...,
Je vous ai dis qu'on parlerait de Zoro et de Law et je n'ai pas menti! Pis un peu de Penguin dans votre vie à la fin du chapitre, si ça, ce n'est génial!
On en connait un peu plus su le passé de Law à présent et on sait pourquoi il voulait tant rencontrer les D et leur poser des questions, maintenant, il ne reste plus qu'à savoir si Zoro va l'y aider ou non!
Sur ceux, je vous laisse et vous dit à la prochaine!
