Soirée romantique

B l'entendit arriver grâce au carillon de l'ascenseur. Elle ne l'attendait pas si tôt et n'eut que le temps de prendre la pose dans le sofa.

Lorsqu'il arriva à la porte du salon, Louis eut un hoquet de surprise. B était installée en petite tenue sur le canapé, dans une position des plus suggestive. Il sentit son pouls s'accélérer devant ce spectacle. Il déglutit avec peine, puis s'avança dans la pièce.

Il mit quelques secondes avant de reprendre ses esprits. Il devait garder la tête froide. Ce n'était pas là, des manières pour une dame de la haute société et aussi délicieuse soient les intentions de B, il devait lui faire comprendre que ce n'était pas une attitude appropriée pour une future princesse. Il n'osait penser à ce qui se serait passé si sa mère ou le père Eduardo l'avait accompagné en cet instant.

B sentit que quelque chose clochait. Elle avait pourtant veillé au moindre détail. Cependant, Louis ne semblait pas apprécier le spectacle. Elle se releva et se retrouva en guêpière et porte-jarretelles noires à dentelles devant lui, mais ce n'était pas ce qui la faisait se sentir vulnérable. Une flamme brûlait dans le regard de Louis, mais ce n'était pas celle du désir, c'était celle de la colère.

- Ça ne te plaît pas ? questionna-t-elle du bout des lèvres.

C'était la première fois qu'elle se livrait à ce genre de jeu avec lui. Elle pensait que chaque homme apprécierait que sa fiancée fasse des efforts pour pimenter leur vie sexuelle, mais elle n'en était plus aussi certaine tout à coup.

- Il faut qu'on parle, va t'habiller, dit-il d'une voix blanche.

Blair quitta le salon et grimpa les escaliers les larmes aux yeux. Elle avait l'impression d'être une catin. La désapprobation de son regard lui avait clairement indiqué qu'elle se comportait comme telle.

Elle s'enferma dans la salle de bain et se regarda dans le miroir. Elle était pourtant à son avantage. Chuck adorait quand elle portait ces sous-vêtements. Elle se mordit la lèvre inférieure.

Louis n'était pas Chuck.

La boule qui venait de remonter dans sa gorge lui faisait atrocement mal. Elle sentit les larmes inondées ses joues et ne put retenir ses sanglots plus longtemps.

Elle redescendit moins d'une demi-heure plus tard, démaquillée et vêtue d'un pyjama en soie rose. Louis avait éteint les bougies et rallumer les lumières dans le salon.

- Assied-toi, dit-il à son adresse

- Je suis désolée, je pensais que ça te plairait, s'excusa-t-elle, se sentant vraiment misérable.

- Ça me plaît beaucoup, mais ce n'est pas la question.

- Alors quelle est la question ? l'interrogea-t-elle, tout à coup complètement perdue.

- Ce n'est pas le genre d'attitude qui convient à une future princesse de Monaco.

- Mais nous sommes entre nous, je ne vois pas où est le problème, si ça te plaît et que ça me plaît….

- C'est justement ça Blair, tu ne discernes jamais où est le problème et où sont les limites à ne pas dépasser.

- Comment pourrais-je connaître tes limites ? Tu ne m'en parles jamais, depuis presque six mois que nous sommes fiancés maintenant, tu ne m'as confié aucun de tes fantasmes intimes.

- Je croyais que tu étais satisfaite de nos ébats.

- Là, c'est toi qui t'égare. Je voulais juste épicer un peu nos relations, cela ne veut pas dire que je ne sois pas satisfaite.

- Et pourquoi vouloir les améliorer alors ?

- Je n'ai pas dit que ce serait meilleur … juste … différent, se défendit-elle.

Le sentiment de honte qu'elle avait ressenti commençait à faire place à une colère sourde qui grondait en elle. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle lui explique tout ce qui lui paraissait pourtant si évident ?

- Je ne suis pas comme lui et je ne veux pas l'être, siffla tout à coup Louis.

Blair le regarda sans savoir quoi répondre.

Louis se leva du canapé et sortit de la pièce. Elle entendit le carillon de l'ascenseur retentir à nouveau lorsqu'il quitta l'appartement.

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Plus tard, dans la nuit, elle sentit ses bras autour d'elle. Il déposa un doux baiser dans le creux de sa nuque. Elle frissonna de plaisir. Ses doigts courraient sur son corps et ses lèvres dévoraient sa peau. Elle sentit le désir s'enflammer en elle comme une traînée de poudre. Ses membres, engourdis par le sommeil quelques minutes plutôt, se réveillaient en même temps que tous ses sens. Il était tout ce qu'elle désirait, il lui donnait tout ce qu'elle voulait et elle n'avait qu'une envie, entremêler leurs corps jusqu'à ce qu'ils se fondent l'un en l'autre, plus près, encore plus près, toujours plus près, encore et encore.

- Je t'aime, murmura Chuck.

B sursauta en entendant la voix basse et profonde et ouvrit les yeux.

Elle était seule dans son lit !