Blabla de l'auteur : Salut tout le monde. Désolée pour le léger retard. J'espère que votre semaine s'est bien déroulée ? Sans plus tarder la suite de l'histoire. Merci beaucoup tout plein (faut vraiment que je retourne à l'école moi je ne parle même plus français) à nouna, karine (Salut miss. Ouais tu l'as dit, ça va être dur pour elle. Je ne vais pas la ménager ^^ J'espère que ça va te plaire. Bisous), et Aurlie (Salut miss. Désolée de t'avoir sapé le moral, ce n'était pas prémédité en fait, je le jure ! J'espère que ce chapitre un peu plus léger te plaira. Bisous miss) pour leurs reviews. Je vous adore les filles.

Disclaimer : L'univers, ainsi que ses lieux, et ses personnages, ne m'appartient toujours pas ! (Hélas) C'est toujours la propriété de Disney ! Je ne fais que l'emprunter un court instant ! Et naturellement, je ne touche absolument rien, mais vous avez le droit de me laisser votre avis ! :p Et les corrections sont de chris87

PS : Je ne le précise pas mais on ne voit que la version de Mitchie. Bon si finalement, je le précise !

Chapitre 20

Une fois dans sa chambre, assis sur son lit, je lui racontais ma séance, avant d'enchaîner sur la dispute que j'avais eue avec mon père sur les besoins, inexistants selon moi, que j'avais de voir un psy. Je m'attendais à ce qu'il me soutienne mais il fut de leurs avis. Enervée, je crachais :

« - Tu dis ça, juste parce que t'es un homme !

« - Non, soupira-t-il. Je le dis parce que je pense que tu en as réellement besoin.

« - Faux, je n'ai besoin de personne ! Ni d'un psy, ni d'amis, ni de petits copains. Je vais très bien, je suis bien dans ma tête, et parfaitement heureuse !

« - Tu mens ! Tu ne vas bien qu'en apparence Mitchie, c'est tout !

Il me parlait avec douceur, et j'en avais marre. J'avais beau crier sur lui, il était toujours aussi gentil avec moi.

« - Non, je vais très bien Shane ! Et tu sais quoi, je vais vous le prouver. Vous voulez tous que j'ai un copain, et bien soit, je vais m'en trouver un et vous me foutrez la paix comme ça ! Surtout toi !

« - Tu en serais incapable, et tu le sais !

Il perdit soudain son calme, et nous nous retrouvâmes à crier comme un couple qui se dispute.

« - Combien de temps va-t-il accepter d'attendre, à ton avis, avant qu'il ne puisse simplement t'embrasser ? Ou te toucher, ne serait-ce que la taille ? Tu vas le repousser, peut-être le frapper, dégoûtée de ce contact, et tu le sais ! La preuve, avec moi ! Tu sais ce que je ressens, et même si tu ne le partages pas, je m'en moque, mais est-ce que tu crois sincèrement que je ne vois pas tes regards flippés dans le bus dès qu'on t'observe trop, ou dès que j'ai le malheur de te toucher, accidentellement, sous ton manteau ? Je le vois très bien ! Même Jake n'a pas pu poser sa main sur ton épaule sans que tu ne le frappes !

« - Tu as tord ! Jake me faisait peur par sa façon de s'habiller, et toi, je te repousse juste parce que je ne veux pas que tu crois que je ressens quelque chose, dis-je méchamment. Et même si demain, tu ne m'aimais plus que comme une amie, je ne pourrais pas te laisser me toucher ! Parce que tu sais tout, et ton contact me dégoûterait !

J'accompagnais ma phrase d'un regard assassin, auquel il répondit par un blessé, puis se reprit. M'attrapant le coude, il sortit de sa chambre, et descendit au salon. J'avais cru qu'il allait me mettre dehors, mais visiblement, il avait autre chose en tête. Et son père avait un rôle à jouer ! Je me retins de déglutir, et le regardais, en cherchant à comprendre. Le regard arrogant, il dit :

« - C'est juste Jake que tu repousses à cause de ses fringues, et bien vas-y, fais la bise à mon père ! Il n'a ni l'allure de Jake, ni mes sentiments.

Je le regardais horrifiée, et son père perdu. Le prenant comme un défi, je m'approchais, mais quand je fus à un pas, je me figeais d'un coup, et son père se tourna vers lui.

« - Tu peux m'expliquer Shane ?

« - Plus tard ! Je veux juste lui prouver qu'elle se ment, pour le moment.

Il ne m'avait pas lâché des yeux, et je me retournais d'un bond. J'enfilais mes bottes, mis mon manteau, et dit au revoir à son père. J'ouvris la porte pour voir Heather. Elle me salua en souriant et je lui souhaitais une bonne soirée sèchement avant de partir, d'un pas rageur. Son fils me rejoignit alors que j'étais encore dans son allée.

« - Attends, Mitchie, je…

« - Dégage, Shane ! T'es content, tu m'as prouvé que j'avais tort. Que j'étais folle, et bien bravo, dis-je en applaudissant sarcastiquement. Maintenant dégage de ma vie, je veux plus jamais te revoir !

« - Mitchie, je t'en prie, commença-t-il en me tenant le coude.

« - Lâche-moi ! Je te déteste Shane, je veux plus jamais te revoir ! Et à partir de lundi, je veux plus vous voir à ma table. Tous les trois, ajoutais-je en me dégageant brusquement.

Je partis en courant, et montais dans le bus, dès qu'il arriva. Je descendis sept ou huit arrêts plus loin, et en pris un autre. Lorsque je vis un parc, je signalais que je descendais ici, puis m'y réfugiais. J'ignorais complètement où j'étais et pour être franche, je m'en moquais éperdument. Je m'assis sur un banc et ramenant mes genoux contre moi, je les entourais de mes bras, et posais ma tête dessus pour pleurer. Il avait été trop loin en me demandant de faire la bise à son père, et il le savait. Tout, dans ses mots, et ses gestes me faisaient horreur. Pour être franche, je n'avais pas été tendre non plus, mais je voulais du réconfort, pas la vérité ! Je n'avais pas besoin de lui, pour savoir que j'avais besoin d'un psy, mais je voulais l'entendre me dire qu'ils avaient tort que j'étais forte. Je détestais être faible ! Les mots du psy me revinrent en mémoire « Non seulement, elle aura beaucoup de mal à refaire confiance aux hommes, mais tout dans son attitude montre qu'elle ne peut rester seule avec un homme sans en éprouver une grande peur ! Je pense qu'elle va refuser, pendant longtemps d'avoir un copain ou qu'un homme, même un de son âge, ne la touche, ne serait-ce que pour lui dire bonjour ! » Ce part quoi papa avait ajouté que c'était déjà le cas, et que je grimaçais quand je devais serrer la main de nos voisins. Enervée qu'ils en sachent autant sur moi, je frappais le banc, puis me décidais à marcher. Je regrettais de ne pas avoir ma musique, mais tant pis. Je fis le tour du parc, suivant le chemin de cailloux, puis repris le bus, quand je fus calmée. J'ignorais si je serais rentrée à l'heure à la maison, mais tant pis !

Durant le trajet, je fixais la fenêtre, en me demandant si j'arriverais à mettre ma fierté de côté pour aller m'excuser. J'avais été vraiment très dure ! Pire, j'avais été cruelle, parce que j'avais utilisé le fait qu'il m'aimait pour le blesser, en appuyant là où ça faisait mal ! Je regardais l'heure, et notais que j'allais arriver juste pour manger. Bon, j'irais m'excuser, après avoir débarrassé la table.

Je rentrais, et prévins que c'était moi, avant de les rejoindre au salon. A priori, aucun ne m'en voulait, j'étais donc peut-être à l'heure. Nous mangeâmes en silence. Maman avait bien essayé de reparler de cette histoire de psy, mais je l'en avais dissuadé. Je n'en avais pas besoin, pour le moment. Un jour peut-être ! Enervée par cette ambiance à couper au couteau, je me tâchais, et repoussais mes excuses de quelques minutes, le temps de me changer. Quand le repas fut terminé, je nettoyais la table et demandais s'ils acceptaient que j'aille voir Shane quelques minutes. J'avais un truc important à faire. Pas la peine qu'ils sachent à quel point, ils ont engendré un monstre. Maman accepta, et me demanda de rentrer pour minuit grand max. Oula, je n'étais même pas sûre qu'il accepte de me voir cinq minutes alors quatre heures… J'acquiesçais et montais rapidement dans ma chambre. Sauf que lorsque je vis mon lit, je me figeais. Doucement, je fermais derrière moi, et m'approchais. Sur ma couette, violette, était écrit « désolé » avec des pétales de fleurs blanches. Il y avait même un petit bouquet sur mon bureau, et j'en fus grandement touchée. Pire, je me sentais vraiment monstrueuse ! Il était trop gentil avec moi, et moi je le blessais. Prenant une photo de son message, je me changeais puis descendis. Papa me demanda si je comptais pardonner à Shane, et je fis un grand sourire. S'il acceptait mes excuses, nul doute que nous serions, à nouveau, amis dès demain ! Je courus jusqu'à chez lui et arrivais, hors d'haleine dans son allée. La porte s'ouvrit au même moment, et il sortit, un sac poubelle à la main. Il s'arrêta sur le perron, la main sur la poignée de la porte, en me fixant sans savoir quoi faire. Pour ma part, j'essayais de reprendre mon souffle. Soudain, je parcourus les quelques mètres restant, et il ouvrit les bras juste à temps pour me rattraper. Sans lui laisser le temps de parler, je dis :

« - Pardon, pardon, pardon, pardon ! Excuse-moi pour ce que j'ai dit ! C'était moche, méchant, cruel, mesquin, archi faux, atroce, bas, abjecte, ignoble ! J'ai été odieuse, et si je le pouvais, je me flagellerais moi-même, je me couperais en petits cubes, je me pendrais, me jetterais en prison pour toute ma vie, me jetterais du haut d'une falaise et bien pire. J'ai été vraiment horrible avec toi, me servant de ce que tu ressens pour te blesser et je ne me le pardonnerais jamais.

« - T'inquiète, rit-il. Moi je te pardonne ! Je n'ai pas été tendre non plus. Je n'ai pas pensé que tu voulais juste du réconfort tout à l'heure. C'est maman, fine psychologue aussi celle-là, je la soupçonne de lire à son travail, ajouta-t-il taquin, qui me l'a fait remarquer après ton départ. Elle ne comprenait pas que tu me détestes, alors je lui ai raconté un bobard, et elle m'a mis une claque derrière la tête ! D'ailleurs pour elle, tu as juste vécu quelque chose de difficile et ton père voudrait que tu vois un psy, mais tu refuses ! Bon la dernière partie, c'est la pure vérité ! Donc, excuse-moi également. J'ai été con sur ce coup, mais ça ne se reproduira pas. Je n'ai pas envie que tu me détestes une seconde fois, c'est trop douloureux, surtout en lisant la peine dans tes yeux.

Il reprit son sac poubelle, et… Bah il fit ce pour quoi, il était sortit, ça va de soit ! Je l'accompagnais et quand il eut les mains libres, je m'arrêtais, et il fit de même.

« - T'as pas à t'excuser ! Tu as raison, et papa aussi. J'ai besoin de voir un psy, tant je suis stupide. C'est à moi de te supplier de me pardonner. Plus jamais, je ne veux qu'on se dispute ! Je me suis sentie trop seule, durant notre éloignement, de quelques heures.

« - Ecoute, si tu promets de ne pas te flageller, de ne pas te couper en petits cubes, ni de te jeter en prison ou de te pendre, je te pardonne. Tu m'excuses, si j'en ai oublié, t'as parlé très très vite !

« - Promis, je me jetterais juste du haut d'une falaise, s'il y en a à Akron, ris-je.

« - Non ! Tu promets de ne pas attenter à ta vie, de quelques manières que ce soit, dit-il en ouvrant la porte.

Je le lui promis, puis il m'embrassa la joue, et je fis de même, ravie qu'il ait pardonné mon attitude. Je le pris dans mes bras, avec l'intention de lui faire le plus grand câlin de ma vie. Il mit ses mains sur ma taille, et pour une fois, je n'eus pas peur. Sa mère arriva.

« - Je préfère ça que vous voir vous disputez ! Allez montez, avant que je ne vous punisse !

Nous rîmes, et il me prit la main, en courant, tant sa mère pouvait être sévère dans ses punitions. Arrivés dans sa chambre, il la laissa ouverte, et je le regardais.

« - Comment fais-tu pour toujours savoir ? Tout à l'heure je viens, tu fermes la porte, et tout va bien, et ce soir, avant même que je ne te le demande de la laisser ouverte, tu le fais ! A croire que tu lis dans mes pensées !

« - Je suppose juste, qu'après ton après-midi, t'as besoin d'être rassurée ! Et les portes ouvertes te rassurent mon petit oiseau, dit-il en s'asseyant. Et pour d'habitude, je me fis à ce que je vois dans tes yeux. Si t'es calme et joyeuse, je ferme, mais si tu sembles aller mal, je laisse ouvert, ou entrouvert, juste au cas où on parlerait sérieusement.

« - Merci, t'es le meilleur Shane. Celle qui aura la chance de sortir avec toi, aura beaucoup, beaucoup de chance.

« - Je ferais passer le mot, chuchota-t-il à mon oreille alors que je repris mon câlin.

Je souris simplement. Nous nous étions disputés pour des broutilles, et à présent, nous étions plus proches l'un de l'autre. Je soupirais de bien être, et lorsque je dus repartir, trois heures plus tard, je lui promis de prendre rendez-vous avec un psy. Je rentrais chez moi et prévins mes parents que j'acceptais d'aller, gaspiller de l'argent, chez un professionnel du mental, avant de filer au lit. Il n'était pas loin de minuit, et la journée avait été longue !

Je passais mon week-end à bosser mes cours, comme une malade, ou du moins une grande partie, puisque je fus dérangée dimanche après-midi. J'étais en train de me battre avec la tirade du Cid, que je devais décortiquer pour mon cours d'espagnol, quand on frappa à ma porte. Soupirant, je décidais de m'accorder une pause, et augmentais le volume de la musique, avant d'aller ouvrir. Sauf que je refermais aussitôt, au nez de mes amis, en leur demandant d'attendre deux minutes. Je ne pouvais pas les voir alors que j'étais encore dans mon pyjama non ? J'avais pris ma douche, mais j'avais surtout eu la flemme de m'habiller. Je devrais adopter la méthode d'Einstein, m'acheter qu'une tenue, en sept ou huit exemplaires. Ça me faciliterait l'existence. Je troquais juste mon short contre un jeans, puis rouvris, pour les faire entrer. Ils s'installèrent en terrain conquis et je croisais le regard interrogateur de mon confident, alors que je laissais la porte ouverte. Il ne fit cependant aucun commentaire, et nous commençâmes à discuter de choses et d'autre, puis Jason partit aux toilettes. Lorsqu'il revint, il ferma la porte, et je me levais d'un bond, pour l'entrouvrir de nouveau. Il sourit face à mon geste, et dit :

« - Relax Mitchie on va pas te violer !

Je me figeais et, si Nate sourit, ce ne fut pas le cas de Shane qui grimaça. Je me repris, en priant que mon voisin de bio n'ait rien vu de notre manège. Fort heureusement, ils ne me demandèrent pas de refermer, j'en aurais été incapable. En fait, je détestais qu'on me force la main sur ce genre de détail. Afin de changer de conversation, mon rendez-vous de bus me demanda s'ils dérangeaient.

« - Je bossais mon devoir d'espagnol. Je dois le rendre à la fin du mois, mais j'ai rien d'autre à faire ! Et j'avais envie de me prendre la tête avec Corneille.

« - On va pas déranger longtemps alors, s'excusa Nate.

« - Non, mais vous ne dérangez pas, ne vous inquiétez pas ! Donc, à moins que vous ayez quelque chose à faire, vous pouvez rester.

Il me remercia face à tant de générosité, et je souris. Ils restèrent deux heures, puis Jason soupira.

« - Bon, j'en ai marre d'attendre ! On lui dit ou pas ?

« - On lui dit quoi ? Et à qui ? A moi, demandais-je intriguée.

« - Bah oui à toi. T'es la seule à ne pas savoir, sourit mon voisin de biologie. Sauf qu'en fait, ce n'est pas à dire, mais à te donner ! Tu penses, habituellement on te prévient quand on veut passer, sauf là on a décidé de te surprendre.

« - D'ailleurs, j'adore ton pyjama, se moqua Jason. J'ai quasiment le même !

« - Voilà une information qui va être hyper facile à replacer dans une conversation, tiens, ironisais-je. Fais-moi penser à prévenir ta future copine !

Nous rîmes, puis ils devinrent sérieux, et je me demandais ce qu'il se passait. Une fois encore, ce fut Nate qui m'éclaira.

« - Voilà ! Pendant qu'on répétait hier, on a parlé de toi ! Pour être franc, disons qu'on parlait de toi, et de temps à autre, on jouait deux notes, s'amusa-t-il. Mais bref, avec Jason on essayait de comprendre ton attitude ces derniers temps. Tu sembles constamment être sur le point de te briser, et deux minutes plus tard, tu débordes de joie, ce qui est très intriguant.

« - Pour ma part, j'ai parié que tu étais enceinte, mais Shane assure que c'est pas le cas !

« - En effet ! Vu le désert de ma vie sentimentale, je serais, moi-même, curieuse de savoir qui est le père de mon pseudo enfant.

« - les éléphants mettent bien neuf ans, à mettre bas, je crois !

« - Jason ? Insinuerais-tu que je ressemble à un mastodonte de ce genre ? Non, parce que c'est peu flatteur, je t'assure !

« - Bon on se clame, rit Shane. Vous vous disputerez plus tard !

« - Ouais, assura son ami avant de reprendre son récit. Donc, on répétait, un peu, en cherchant ce qui pourrait te mettre dans cet état, mais soyons franc, on sait que peu de choses de toi. Hormis Shane, mais il est carrément muet dès qu'on l'interroge. Tout ce qu'on a pu tirer de lui, c'est que tu étais plus fragile que d'habitude et que tu avais besoin de soutien. Donc, on a abandonné nos guitares…

« - Pauvre petites chéries, quand j'y pense !

« - Jason, grogna Nate. On est donc sorti, et on t'a acheté un truc. Ce n'est pas grand-chose, mais au moins, grâce à ça, tu sauras qu'on est avec toi, quelque soit les raisons de ton attitude, dit-il en me tendant une boite.

Intriguée, je les remerciais, n'osant pas l'ouvrir. Seulement voilà, en plus d'être curieux, notre clown perso est très impatient, et me pressa donc d'ouvrir rapidement leur présent. Je m'exécutais avec une lenteur ce qui le fit presque bondir de mon lit pour l'ouvrir lui-même, et je découvris un petit pendentif adorable. C'était un cercle en or avec deux petites ailes de chaque côté.

« - On cherchait un ange en fait, mais on n'en a pas trouvé, expliqua Jason. Et quand on vu celui-là, on s'est dit qu'il serait parfait. T'as l'auréole et les ailes, et comme il paraît que t'es un ange déchu, tu retrouves donc ce qu'il te manque.

« - C'est trop mignon, dis-je avant d'enlever ma chaîne.

J'y attachais le nouveau pendentif, qui fit connaissance avec mon trèfle à quatre feuilles, que Sierra m'avait offert un an auparavant.

« - Merci les garçons, je l'adore et vous aussi, dis-je en les prenant dans mes bras. C'est vous mes anges !

Je leur fis des bisous à chacun puis repris ma place. Seulement, le portable de mon voisin sonna, et il dut repartir. Les deux firent de même, et je les raccompagnais en bas, en les remerciant une fois de plus. Ils sont vraiment adorables, avec moi, je ne les mérite pas !

La semaine suivante fut légère comme une brise d'été, sur une mer encore chaude, ainsi qu'un autre week-end que je passais centrée sur ma musique. J'avais négligé mes deux instruments trop longtemps ! J'avais cependant du faire une pause quand maman m'avait demandé quand je comptais prendre rendez-vous avec un psy, et je grimaçais. Je leur avais promis d'aller en consulter un rapidement, mais ça m'était sorti de la tête. Je pris donc toutes les adresses et en sélectionnais un. Docteur Dangon ! Pas parce qu'il me semblait bien, mais juste parce que son cabinet était situé dans la rue du Colibri. Je pourrais donc m'y rendre après les cours. Pratique ! Je l'appelais, et pris rendez-vous, pour mardi, dix-sept heures. J'aurais ainsi le temps de déposer mon sac de cours, avant d'y aller. Je prévins mes parents, sitôt le rendez-vous pris, et ils grimacèrent. Tous les deux travaillaient, et aucun ne pourrait m'accompagner, pour la première séance. Je poulais y aller toute seule après tout. Enfin, sans eux, je veux dire ! Je suis grande maintenant, presque adulte, je peux bien aller voir un médecin sans qu'on me tienne la main, non ?

Les deux jours passèrent rapidement, et je n'étais pas pressée, mais alors pas du tout de me retrouver face à lui. Je fis part de mes appréhensions à Shane, quand le bus nous ramena, chez nous, le mardi, et il me proposa de venir avec moi.

« - Je t'attendrais au Colibri, et on boira un truc après, histoire que tu décompresses, qu'en penses-tu ?

« - Adjugé, vendu !

Il me sourit, et je me sentis bizarre. En fait, pendant l'espace d'une seconde ou deux, je me sentis légère, avant que ça ne disparaisse tout aussi rapidement. Vraiment étrange. J'avais déjà éprouvé cette sensation, au début de l'année, quand je ne leur parlais pas vraiment. Je sortais du bus, me semble-t-il, j'avais croisé son regard, et j'avais ressenti ce même truc étrange ! Il faudra que je réfléchisse à ce point. Pour le moment, je laissais mes pensées vaquer sans chercher à les retenir. Sans trop savoir pourquoi, je repensais à ce bref, mais très bref baiser échangé quelques semaines auparavant. Nous n'en avions jamais reparlé, lui par gêne, moi parce que… Parce que j'avais eu d'autres chats à fouetter, mais en reparler maintenant, serait peut-être dangereux ! Et pour dire quoi de toute façon ? Qu'il m'aimait toujours d'un amour sincère et vrai, et que j'étais toujours incapable de lui dire la même chose, parce que je ne ressentais pour lui, qu'un profond respect, et une admiration sans limite. C'est vrai, à sa place je ne sais pas si j'aurais eu le courage de me taire aussi longtemps et jouer la carte de l'ami fidèle ! Je descendis déposer mon sac chez moi, et proposais à Shane de faire de même, puis nous remontâmes dans le bus qui passa vingt minutes plus tard ! Pourquoi ce contact m'obsédait autant, aujourd'hui ? Je l'ignorais, mais alors complètement. En fait, j'aurais aimé savoir ce qu'on ressentait dans ces moments-là ! Vous savez quand, enfin, quand on embrasse la personne qui fait battre votre cœur. La joie j'imagine, surtout si la personne répond au baiser, mais peut-être il y a-t-il autre chose en dessous ? Plus profondément, je veux dire ! Une main passa devant moi, et je me tournais vers mon meilleur ami, l'interrogeant du regard.

« - Tu semblais perdue dans tes pensées, et je n'avais pas envie que tu appréhendes ton rendez-vous !

« - Oh ! Je n'y pensais pas vraiment ! J'étais même à des lieux de ça ! Je songeais à notre… A rien, soupirais-je en secouant la tête.

Seulement, penser qu'il va s'en tenir à ma réponse aussi bancale que fausse, était mal le connaître.

« - A notre quoi ? Notre amitié ? Ou relation, comme tu préfères dire !

« - Non, soufflais-je, pas à ce côté-là de notre amitié ! En fait, ce n'était pas vraiment à quelque chose se rapportant à ce qu'on vit tous les deux, mais à un cas beaucoup plus général ! Ah, on descend ici !

Je le signalais au chauffeur et quand le bus s'arrêta, je descendis, en espérant que la conversation allait changer. En fait, je profitais que c'était la première fois que je venais au treize boulevard Lindbergh, pour changer de conversation, en le répétant doucement, comme si l'entente de l'adresse allait illuminer la porte. Je sentis qu'on me prit la main et je sursautais, en m'écartant vivement avant de voir que ce n'était que Shane. Soupirant de soulagement, je repris sa main, et son regard blessé parti. Tant mieux ! Le pauvre, il avait du croire que je ne voulais pas qu'il me touche, ce qui est ridicule, j'adore être avec lui. Depuis le début de cette épreuve, c'est le seul qui arrive à m'approcher suffisamment, pour me calmer quand j'en ai besoin et c'est vers lui que je me tourne dès que j'ai besoin de réconfort. Il m'emmena à l'adresse, et je notais que c'était pile en face du café. Nous avions vingt minutes d'avance, aussi, nous allâmes au rez-de-chaussée à titre exceptionnel. Je commandais un thé à la menthe, et je le bus, en songeant à mon meilleur ami ! Etait-il seulement ça pour moi ? Mon meilleur ami ? J'avais dit à l'expert qu'il avait un peu tous les rôles. Sauf celui auquel, il aspirait naturellement, mais ça ne semblait pas le contrarier. Or, il avait conclu son entretien par une phrase qui m'était restée en tête. Peut-être parce qu'au fond de moi, je savais qu'il avait raison ! Un petit copain tenait également le rôle de confident, meilleur ami, et grand frère, en fonction des moments. Sauf que voilà, je ne pouvais pas me mettre avec lui, juste parce que c'était la suite logique des choses. Si nous venions à former un couple, plus tard, et là rien n'est gagné, je voulais que ce soit par amour, et non pas parce que c'était logique.

« - Tu penses encore ?

« - Exactement, j'étais en pleine réflexion philosophique sur l'amour, éludais-je.

« - Je t'en prie fais-moi partager ! Connaissant ta vision de la vie, je suis curieux d'entendre ce à quoi tu pensais ! Histoire de vérifier, si tu penses toujours que l'amour n'est qu'une excuse grotesque que l'homme a trouvé pour mettre une femme dans son lit, quand l'argent ne suffit plus !

« - Je songeais simplement au fait que l'amour est loin d'être logique !… Bon j'explique, mais ça va nous mettre mal à l'aise, je te préviens ! Quand j'étais avec l'expert, on a beaucoup parlé, et tu es venu dans la conversation ! En fait, tes sentiments pour moi, pour être exact ! Je ne sais toujours pas comment les gérer et j'attendais un conseil, je lui ai donc parlé de notre relation amicale où tu tenais un peu tous les rôles, et il m'a dit que ça ressemblait à une relation de couple ! Sauf que ce n'est pas le cas, puisqu'on est juste ami ! J'étais donc en train de me dire que si nous devions, un jour, être ensemble, je voudrais que ce soit par amour, et non pas parce que c'était la suite logique ! On s'entend bien toi et moi, et cette relation me plait, bien que je sois persuadée que tu en souffres ! Et si tu venais à me dire que je devais prendre mes distances parce que tu le supportais plus, je le ferais la mort dans l'âme, mais sans hésiter, je t'ai assez fait souffrir. Or, je ne sais pas pourquoi, mais je songeais à tout ce monde qui croit qu'on est une sorte de couple secret, et je pense qu'ils le croient parce qu'on agit un peu comme un couple, les contacts en moins. La logique voudrait qu'on finisse ensemble, sauf qu'en amour, la logique n'a pas sa place. Tu peux très bien rencontrer la fille de tes rêves, pendant que je serais là-bas, et tu t'éloigneras, ce qui sera parfaitement logique, entre-nous ! Mais bon ! Enfin, tu vois, ce n'est pas génial comme philosophie.

« - Peut-être, t'as pas tort ! Une partie de moi espère qu'un jour, tu me verras autrement, mais notre relation me plait ainsi, rassure-toi, je n'en souffre pas. Et si un jour, on devait être ensemble, j'espère bien que ça ne serait pas juste parce qu'au point où on n'en ait, c'est logique ! Sauf pour aller boire un verre !… Tu devrais y aller, tu vas être en retard, moi je monte ok ?

J'acquiesçais et soupirais avant de me diriger à ce fichu rendez-vous. Prions qu'il passe rapidement ! J'entrais dans le cabinet, et me dirigeais vers la secrétaire. Celle-ci m'indiqua la sale d'attente, et je m'y assis, les yeux dans le vague, en me demandant comment ça allait se passer. Il s'appelait Philip Dangon, et j'espérais que je n'allais pas m'enfuir. Il finit par arriver, et je l'observais. Il avait les cheveux châtain, les yeux verts, la peau bronzée, et semblait athlétique. Il devait bien faire une tête de plus que moi, mais il émanait de lui, quelque chose d'agréable, qui me mit tout de suite en confiance.

« - Mademoiselle Torrès, je suppose ? Suivez-moi, dit-il avec un sourire.

Je me contentais d'obéir, en pensant à Shane. Il allait trouver le temps long non ? Pendant que j'allais raconter ma vie ! J'entrais dans un bureau, typique de psychologue. Comme on voit dans les films ! Un bureau massif, en bois clair, avec un ordinateur dessus, un fauteuil à roulette ergonomique, deux fauteuils agréables recouverts de velours rouge, une armoire où il devait ranger quelque chose, et le sacrosaint canapé en une sorte de cuir blanc ! Sur les murs, un tableau de Van Gogh, la Méridienne, ainsi qu'un de Basquiat intitulé Famous moon king. Je restais debout en attendant qu'il me dise quoi faire.

« - Assieds-toi, je t'en prie, dit-il en désignant l'une des chaises. A moins que tu préfères t'allonger ?

« - Non !

« - Je vois ! Rassure-toi, je ne vais pas t'obliger à te coucher là-dessus, tu le feras quand, tu le voudras ! En attendant, on peut soit, se faire face, avec le bureau entre-nous, ou chacun dans un fauteuil, c'est toi qui choisis.

« - Comme vous voulez ! Ecoutez, je vais être franche, ce sont mes parents et mon meilleur ami, qui m'ont poussé à vous consulter, vous ou un de vos confrères, en fait. Pour ma part, je sais que je n'ai pas besoin de ces séances, et je vais simplement vous faire perdre du temps ! Alors, faites comme vous voulez ! Pour ma part, ça m'est complètement égal, du moment que je ne suis pas obligée de m'allonger sur votre banquette !

« - Un problème avec le canapé, ou le fait de s'allonger ?

« - Je ne m'allonge jamais sur un canapé, même pas chez mes parents, mentis-je.

« - Très bien, alors si tu me disais pourquoi ton entourage t'oblige à venir me voir.

« - C'est une sale affaire ! Mon… Dwight, mon oncle et mon parrain, a un fils, Dylan ! Et donc ce Dylan, que je refuse d'appeler mon cousin, à présent, a fait quelque chose de sale, et selon mes parents, et l'expert psychiatre que j'ai été obligée de consulter suite à ma plainte, ont cru bon de m'envoyer vous voir.

« - Tu as porté plainte ? Pour quel motif ?

« - Euh… Ce n'est pas le plus important !

« - Comme tu veux ! De quoi veux-tu parler dans ce cas ? Tes cours ? Tes amis ? Ton petit copain, peut-être ?

« - J'ai personne dans ma vie ! J'ai emménagé à Akron en septembre, après que mon père se soit fait muter. Je vais au lycée de West High, les cours pourraient être intéressants, si je ne les connaissais pas tous. J'ai trois amis qui sont également les coqueluches du lycée, parce qu'ils sont adorables, talentueux, toujours de bonne humeur, et pas moche en plus ! Voilà, on a fait le tour de ma vie.

« - Tu me parles de tes amis ?

« - Si vous voulez, dis-je en haussant les épaules. D'abord, il y a Nate ! Il est en biologie avec moi. C'est le premier à m'avoir parlé, et à ne pas m'avoir fixé comme si j'avais un bras à la place du nez, le premier jour ! En fait, il m'a regardé un quart de demi seconde, puis est retourné sur son cahier ! Et puis un jour, alors que j'avais repéré une faute au tableau, il a attendu la fin du cours pour me féliciter. Sur le coup, je n'ai pas répondu ! De toute façon qu'aurais-je pu dire ? L'erreur est humaine !

« - Tu n'apprécies pas qu'on te regarde ?

« - Pas vraiment ! J'ai l'impression d'être un animal de foire, dans ces cas-là.

« - Je vois ! Et les deux autres ?

« - Ah oui ! Ensuite, il y a Jason. C'est le plus grand, en taille ! Il adore rire et faire l'idiot, n'hésitant pas à se tourner en ridicule, juste pour nous faire rire ! Il est beaucoup moins sérieux que Nate, en fait. Pour plaisanter, je le traite souvent de clown, et il prend ça comme le compliment que c'est. Je n'ai aucun cours avec lui, et la première fois qu'il m'a parlé, c'était pour s'excuser. Suite au cours où Nate m'avait parlé, il l'a chambré sur le fait qu'il n'avait pas vu la faute du prof ! Ce qui est étrange quand on connaît son côté observateur, mais bon ! Donc, il le chambrait, avant de se demander à quoi je ressemblais ! J'étais juste devant eux, et mon voisin de bio le lui a fait remarquer ! Il a commencé à s'excuser, mais je suis partie, sans l'écouter. J'étais nouvelle, mais dans un lycée de près de mille élèves, j'étais facilement invisible, ce que j'aime je dois dire ! Enfin j'aimais ! Mais traînez avec ces trois-là, est un handicap sérieux pour mon côté, « oubliez-moi » ! Pour finir il y a Shane !… Là, l'histoire se complique. La première fois qu'il m'a parlé, c'était à l'arrêt de bus, près du lycée. Je n'aime pas prendre le car scolaire, enfin bref ! Il pleuvait et je suis tombée en renversant mon sac. Il m'a aidé à tout ramasser, et a commencé à vouloir me connaître ! Mais, je ne compte pas rester à Akron ! En fait, je compte retourner à Salt Lake City, ma ville natale, et je ne voulais pas d'amis ici. Les au revoir seraient plus simples, vous savez ! Pas d'attaches, pas de larmes sur le quai de la gare.

« - C'est un peu drastique comme solution. Les amis sont très utiles dans la vie, tu sais.

« - Oui, oui, je le sais, mais bon, j'ai jamais été très sociable ! En fait, hormis eux trois, je n'ai que Sierra mais elle a du rester à Salt Lake ! Il n'y avait plus de place dans ma valise !

« - D'accord ! Et à présent, tu es amie avec Shane, je me trompe ?

« - C'est même mon meilleur ami ! Enfin, c'est compliqué ! C'est le premier qui a cherché à me connaître, en se renseignant auprès de Nate pour savoir mon prénom, puisque personne ne le connaissait, souris-je. Il habite même mon quartier ! Un week-end ma mère a invité sa famille à venir manger à la maison, pour faire connaissance, vous savez ! Il est venu, avec les deux autres sous le bras. C'était les seuls jeunes, alors je suis restée avec eux. Il insistait souvent pour que je vienne manger avec eux, pour me connaître, ce qui était étrange. Et maintenant, on est inséparable ! C'est à lui que j'ai parlé l'affaire en premier !

« - Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué, dans cette histoire, soupira-t-il en s'appuyant sur son dossier.

« - Bah jusqu'à ce que Dylan reparte du week-end qu'il a passé chez mes parents, moi non plus ! On était amis, bien que tout le monde croie qu'on sort ensemble, ce qui est ridicule ! Un soir, Dylan a… Fait ce qu'il a fait, et je me suis réfugiée chez lui. Sa mère m'a hébergé, et on a discuté jusqu'à ce qu'on s'endorme dans les bras de l'autre ! Quand je suis arrivée lundi, je l'ai vu. Ils étaient dos à moi, j'ai voulu leur faire peur, mais… Mais mon prénom est entré dans la conversation et en mauvaise curieuse, j'ai écouté, et tout a changé ! Il était en train de leur dire, à Nate et Jason, qu'il était tombé amoureux de moi, et qu'il avait aimé me tenir contre lui, durant la brève nuit qu'on avait passé ! Ça m'a fait un choc ! Je pensais juste qu'on était amis. Depuis plus rien n'est comme avant ! On marche souvent sur des œufs, dès qu'il y a un geste ou une phrase de trop.. Comme la fois où il m'a brièvement embrassé ! C'était une semaine après que j'ai entendu ce qu'il ressentait ! Je m'en souviens, il me taquinait, et j'ai voulu le frapper. De fil en aiguilles, il a inversé la situation et m'a chatouillé, jusqu'à ce que je cris grâce. Et après, alors que je cherchais à retrouver mon calme les yeux fermés, il m'a embrassé ! Le contact a été très bref, mais ça a suffit pour jeter un froid entre nous. Je ne voulais pas qu'on tombe amoureux de moi, et aujourd'hui encore, cela dit ! Mais il a fallu qu'il me voie autrement qu'en amie ! Maintenant, j'ai toujours peur de lui en demander trop, quand je me réfugie dans ses bras, comme le jour où ma mère m'a carrément forcée à déposer une plainte contre Dylan ! Vous ne prenez pas de note ?

« - Non, rassure-toi, j'ai une bonne mémoire, rit-il. Continue plutôt cette histoire. Pourquoi ne veux-tu pas tomber amoureuse ? Il n'y a rien de plus beau, que sa première histoire d'amour ! Le premier baiser, les premiers mots tendres, les je t'aime, dit et entendu pour la première fois, et les premiers gestes qu'on a envers l'autre. C'est une expérience de la vie qu'il faut connaître, et que tu connaîtras un jour.

« - Je ne sais pas ! J'étais amoureuse avant… C'était il y a deux ans, il s'appelait Marc ! Enfin, il s'appelle toujours comme ça, mais bon ! Il vit à Salt Lake. Mais Dylan a… Agi, et j'ai repoussé les avances de Marc, il me faisait peur d'un seul coup. J'avais quatorze ans à l'époque, et maintenant, je ne veux plus. Vous savez, c'est atroce de lire la souffrance dans les yeux d'un garçon qui nous plait, surtout quand on sait que c'est de notre faute. Je me suis sentie coupable, mais je ne pouvais plus faire un geste vers lui ! Il me terrorisait. Et maintenant… Je vous l'ai dit, je compte repartir d'ici rapidement, je ne veux pas m'attacher à un garçon, puis le quitter, parce je serais incapable de lui demander de s'éloigner de sa famille, par amour pour moi ! La famille, c'est ce qu'il y a de plus important dans la vie ! Ça serait un sacrifice bien trop gros, et je ne le mérite pas.

Il me regarda lentement, sûrement pour juger ce que je venais de dire ! Pour ma part, j'étais étonnée. Jamais je n'avais parlé aussi librement ! Habituellement, je me contentais de quelques mots, monosyllabes la plupart du temps, alors que là… En même temps, il émane quelque chose de lui, qui me rassurait et me déliait la langue. Le reste de la séance, je lui parlais des garçons, du qu'ils adoraient la musique et comptaient faire carrière, de ma passion pour solfège, et de ma fascination pour la psychologie, ce qui le fit bien rire. A la fin, il se leva et je fis de même. Il me tendit la main, mais je la regardais effrayée, et il se rétracta.

« - Bien ! Pour une première séance, c'est concluant. Je pense qu'une séance par semaine devrait suffire, qu'en dis-tu ?

« - Pendant combien de temps ?

« - Le temps qu'il faudra pour que tu acceptes, par exemple, de serrer la main d'un homme sans frayeur !

« - Purée, je serais encore là dans cinquante ans alors, soupirais-je.

Il rit et me proposa de revenir la semaine d'après, même jour, même heure, et j'acquiesçais. Lorsque je rejoignis Shane au café, je le retrouvais au premier, les yeux rivés sur son portable, et je m'approchais.

« - Que regardes-tu ?

« - Rien, un message de Christie ! Alors ta séance, c'était concluant ?

« - Pas vraiment, je dois y retourner mardi prochain, même heure et ce jusqu'à ce que je puisse toucher un inconnu sans flipper comme la malade que je suis.

« - Je vois ! En tout cas, t'es ma malade à moi.

Je ris devant cette marque d'appartenance. Il était vraiment mignon d'accepter mes problèmes et de m'aider au maximum. Rien que pour ça, il méritait un bisou. Je m'étais assise à côté de lui, et sans le prévenir, bougeais la tête pour le lui faire. Sauf qu'il tourna la tête au même instant et que je l'embrassais sur les lèvres. Je n'eus pas de réaction pendant une seconde, puis je m'écartais, manquant par la même de tomber. Il me rattrapa à temps, par le poignet, et je rougis.

« - Désolée !

« - Pas grave, t'inquiète. Je voulais te proposer de boire quelque chose, mais peut-être voudrais-tu rentrer ?

« - Pas vraiment, mais j'ai des devoirs à faire, soupirais-je.

Il acquiesça et je me levais. Il fit de même, et nous ressortîmes. Durant le temps que le bus arrive, je ne pus m'empêcher de l'observer. Il ne semblait pas être blessé, ou ravi ! Enfin pas plus que d'habitude ! Peut-être plus légèrement absent, mais c'est tout. Je me mis face à lui, et il me regarda dans les yeux. Nul doute, s'il ne regrettait pas, il n'était pas gêné pour autant.

« - Ce… Baiser non voulu,… il ne va rien changer entre nous, n'est-ce pas ?

« - Pas tant que tu ne le voudras pas, rassure-toi, dit-il en me caressant la joue avant de l'embrasser.

Bizarrement, je me sentis flotter à nouveau, sans trop savoir pourquoi. Je reconnus par contre la légère torsion de mon ventre. Je commençais à apprécier qu'il m'embrasse, souhaitant même qu'un autre accident de ce genre se reproduise. Seulement, nous étions trop prudents pour que ça recommence avant longtemps ! Je fus effrayée, une seconde, lorsque je m'aperçus que je cherchais à sentir, à nouveau, ses lèvres sur moi, et reculais d'un pas.

« - Qu'est-ce que tu as, me demanda-t-il inquiet.

« - Je… Rien, je songeais à l'avenir ! Les examens, le procès, tout ça quoi, dis-je en faisant un geste vague.

Pour le rassurer, je posais ma tête sur son épaule, et il posa un de ses bras sur mon épaule en me rapprochant doucement de lui, alors que l'autre se posait sur ma taille. Je pris cette main, et la fit glisser dans mon dos, en me collant presqu'à lui, et fermais les yeux. Ainsi, j'étais bien ! Même mieux que bien ! Je me sentais en sécurité, ce qui ne m'était pas arrivée, depuis longtemps.


Et voilà, c'est fini ! Alors à votre avis, comment va réagir Mitchie dans le prochain chapitre ? Elle va chercher à lui dire qu'elle l'aime ou elle va faire ce qu'elle sait faire de mieux, à savoir, fuir ce qu'elle ressent, par peur ? Vos réponses en reviews, si vous le souhaitez !

Miss Tagada (L)