Note de la traductrice: les droits de la saga Twilight appartiennent à la formidable Stephenie Meyer, et cette histoire qui est savoureuse comme du chocolat Lindt au sel de mer sort tout droit de l'imagination d'Amethyst Jackson qui est aussi gentille que son nom le laisse entendre.

Bon, la dernière fois j'avais dit que j'essayerais de faire vite pour livrer les derniers chapitres de cette fiction, mais c'était avant d'entreprendre l'écriture du chapitre 25 d'Indomptable esclave et la traduction du premier chapitre d'une grenouille à sauver.

Je m'excuse de vous avoir laissées en attente durant une semaine au complet, mais jusqu'à maintenant j'ai quand même tenu ma promesse de livrer au moins un chapitre par semaine…

Merci pour vos nombreux commentaires et de me mettre dans vos faves et vos alerts.

En maintenant, retournons à Edward et Bella…

Bonne lecture.

Chapitre 21: disposée

BPOV

À ma demande, Edward m'amena chez lui. En entrant dans l'appartement, je compris tout de suite pourquoi il aurait préféré qu'on aille chez moi – son salon, avec des emballages vides d'aliments transformés répandus partout sur la table à café et au-delà, ressemblait énormément à une zone sinistrée.

Je jetai un coup d'œil à Edward. Il était rouge de honte.

« Je suis passé par une phase de… heu… boulimie récemment, » expliqua-t-il en se frottant la nuque.

J'essayai de garder une expression neutre. « Et bien, le moins qu'on puisse dire c'est que mes crises de SPM ne sont vraiment pas grand-chose en comparaison de ça. »

Edward leva les yeux au ciel. « Oui, tu m'as déjà dit des tonnes de fois que je me comporte souvent comme une fille. Mais il se trouve que j'ai été quelque peu déprimé, » dit-il en haussant les épaules, mal à l'aise.

Déprimé. S'il m'aimait autant qu'il le disait – j'étais encore en train d'essayer de me convaincre que je n'avais pas mal compris cette affirmation – alors j'avais dû le rendre misérable à force d'éviter tous ses appels et de refuser de le voir chaque fois qu'il se pointait à un tournant. Je grimaçai amèrement. J'étais une horrible personne.

« Edward, je suis navrée, » lançai-je en me tournant vers lui. « J'ai réagi de façon excessive et tout interprété de la mauvaise manière, et je n'aurais jamais dû être si pressée. J'ai juste… j'avais tellement peur d'avoir mal. Je ne voulais pas t'entendre dire que tu ne voulais pas de moi. Je n'aurais pas pu survivre à ce rejet. »

« Shh, Bella, Bella, » tenta de me calmer Edward, m'attirant dans ses bras. « Je comprends tout ça. C'est la vérité, je t'assure. Mais ne pouvais-tu pas le sentir? Chaque fois que je te touchais, ne pouvais-tu pas réaliser l'ampleur de mes sentiments? Je pensais que j'étais tellement transparent. »

« Je le sentais, » dis-je en furetant dans son cou. Il ne s'était pas rasé depuis quelques jours. « C'était quand tu n'étais pas là que j'avais des doutes. Je pensais que peut-être que j'avais seulement imaginé tout ça. »

« Tu n'es pas si créative que ça, » plaisanta-t-il, pressant ses lèvres sur le dessus de ma tête dans un baiser réconfortant. « Tu sais, je pense que je me suis un peu épris de toi dès le moment où on s'est connus. Je n'ai jamais pu t'effacer de ma mémoire par la suite. Je suis tellement heureux de t'avoir retrouvée. »

Je me redressai sur la pointe des pieds pour appuyer mes lèvres contre les siennes. Nous nous embrassâmes lentement, savourant la sensation, et je posai mes paumes sur son torse pour me délecter de la solidité et du magnifique tracé de son corps. Ses épaules et son dos étaient larges et je me sentais minuscule dans ses bras. Minuscule mais en sécurité parce que je pouvais également sentir qu'il me respectait et m'acceptait entièrement telle que j'étais. C'était quelque chose que je n'avais jamais connue avant.

« Je voulais te dire, » poursuivit Edward en reculant imperceptiblement, « tu es ravissante ce soir. Cette robe, c'est… pas n'importe quoi. »

Je fis un sourire entendu. Alice m'avait pratiquement donné une poussée pour que je perde l'équilibre devant la robe bleu électrique aussitôt qu'elle l'avait aperçue, bien en évidence sur un des mannequins en plastique blanc de la boutique. J'étais pour ma part tombée sous le charme de la robe parce qu'elle avait le pouvoir magique de rendre mon décolleté ultra voluptueux.

« Je dois bien avouer que j'espérais que tu te pointes à la fête et que tu tombes à mes genoux en me voyant la porter. »

Edward éclata de rire. « Je serais tombé à tes genoux de toute manière. Mais la robe est très sexy, » soupira-t-il.

« Merci. » Je souris timidement et regardai mes souliers.

« Écoute, Bella… rien ne nous oblige à faire quoi que ce soit cette nuit, si tu ne veux pas, » dit-il. « Je sais que tu voulais venir ici, mais je ne voudrais pas que tu sentes que je te mets de la pression – on peut prendre notre temps. »

« Tu ne penses tout de même pas que je me sois invitée chez toi juste pour me servir de toi comme doudou, n'est-ce pas? » Demandai-je en souriant narquoisement.

Il m'observa de manière plus aiguë. « Je veux juste m'assurer que tu sois 100% disposée la prochaine fois que nous ferons l'amour. »

J'inclinai la tête vers la gauche. « Qu'est-ce qui te fait penser que je ne l'étais pas la première fois? En fait je l'étais encore le lendemain matin, ce que tu aurais su si tu n'étais pas parti si hâtivement pour te rendre à ton travail. »

Je vis la pomme d'Adam d'Edward monter et redescendre dans sa gorge alors qu'il déglutissait lentement. « Ça ne me dit toujours rien sur tes dispositions actuelles. »

« Edward? Je suis juste un petit peu plus que disposée, » insistai-je. « Et toi? »

Edward trembla de rire. « Qu'est-ce que c'est que cette question idiote? »

« Je ne sais pas, » dis-je en haussant les épaules, mes yeux rivés sur sa poitrine. « Je pense que nous avons déjà établi que je suis une idiote. Et je comprendrais si tu étais réticent à… replonger, après la façon dont je me suis comportée. Peut-être que je t'ai fait trop mal. »

Il cogna doucement son front contre le mien. « Je plongerais dans n'importe quoi avec toi, Bella. »

Ma respiration se fit plus difficile tout à coup. Personne ne m'avait jamais dit quelque chose d'aussi ridiculement romantique avant; c'était clair qu'il essayait de m'achever.

« Amène-moi dans ton lit, alors, » dis-je en levant les yeux vers son visage. Il expira et humecta ses lèvres tandis que ses doigts se serraient sur mes hanches. Mon corps tout entier se tendit en réponse. « S'il te plaît. »

Ces quelques mots exhortèrent Edward à agir. Il m'attira vers sa chambre, m'attrapant lorsque je manquai de trébucher à cause de mes talons hauts, mais n'arrêtant jamais de se mouvoir. Je n'avais pas l'intention de protester.

Quand nous fûmes dans sa chambre il ferma la porte derrière nous – je n'étais pas certaine de la raison étant donné que personne n'allait nous suivre jusqu'ici, mais je préférai ne pas ouvrir la bouche pour commenter. Jusqu'à ce qu'il m'embrasse, du moins, et alors je passai mes bras autour de son cou et l'ouvris avidement, impatiente d'approfondir notre étreinte. Il gémit dans ma bouche, nos langues se jumelant et ses doigts s'affairant fébrilement sur la fermeture éclair de ma robe, la faisant descendre jusqu'au bas de mon dos. Ensuite il fit remonter ses doigts en suivant le trajet de la fermeture éclair et je sentis ses lèvres se muer en un point d'interrogation contre les miennes. Il me relâcha momentanément. « Pas de soutien-gorge? »

« Ça ne fonctionnait pas avec la robe, » expliquai-je en tirant son chandail vers le haut. La statique dans le matériel du survêtement envoya ses cheveux valser dans tous les sens lorsqu'il le passa par-dessus sa tête. Je m'étirai pour l'embrasser encore, mais il n'était pas revenu de son étonnement.

« Qu'est-ce qu'il y a? »

« Tu es allée à la soirée sans sous tif? Combien de types t'ont vue comme ça là-bas? »

« Relaxe, Edward. J'étais assise dans un coin la majorité du temps, à me morfondre, » dis-je, plantant mes doigts dans ses côtes. « N'es-tu pas en train de focaliser sur la mauvaise chose ici? »

Edward hocha la tête pensivement. « Tu as raison. Pas de soutien-gorge signifie que cette robe doit s'en aller, maintenant, » déclara-t-il en faisant glisser les bretelles de mes épaules. La robe tomba à mes pieds.

« Tu es tellement belle, » soupira-t-il, frôlant le côté droit de mon corps avec le dos de sa main. « J'aurais dû te dire combien tu es belle la première fois. »

« Merci, » murmurai-je. « Je pense malgré tout que je préfère lorsque tu me le montres. »

Edward me gratifia d'un sourire plein de promesses et me poussa dans le lit. Je restai étendue et l'admirai pendant qu'il se débarrassait du reste de ses vêtements – tee-shirt camisole, chaussures et bas, jeans, boxers. J'aurais pu l'aider, mais je me régalais du spectacle. Edward avait une silhouette longue et mince, et musclée juste à point; un véritable festin pour les yeux. Si je pouvais m'en tirer indemne, je le prendrais en photo – debout, nu et en érection comme en ce moment – je ferais agrandir l'épreuve et je m'en servirais comme papier peint pour décorer tous les murs de ma chambre.

Il s'approcha de moi comme un animal sauvage sur sa proie et embrassa mes lèvres. Je répondis distraitement à son baiser, cambrant mon corps vers le haut pour me frotter contre lui, et il émit un son guttural contre mes lèvres. Les minutes qui suivirent s'écoulèrent dans une brume de volupté alors qu'Edward me serrait contre lui et m'embrassait plus fougueusement, ses mains suivant un parcours imaginaire, de mes épaules à mes jambes en explorant chaque coin et recoin situés entre les deux. Il fallait que je fasse un effort pour ne pas oublier de respirer.

« Je te veux maintenant, » marmonna-t-il contre ma mâchoire.

« Oui, » soufflai-je, languissante, tandis que sa bouche dégustait mon cou.

Ses mains écartèrent mes cuisses davantage, et d'une seule poussée qui ne lui demanda aucun effort, il fut en moi. Je gémis à l'extraordinaire sensation de plénitude. Aucun de mes anciens amants n'avait jamais eu cet effet sur moi, comme si Edward était adapté juste pour moi.

J'enroulai mes jambes autour de ses hanches et j'enfouis mes doigts dans ses cheveux au moment où il commençait à bouger. Sa tête reposait sur mon épaule et ses lèvres se mouvaient sans répit sur ma peau. C'était grisant. Je pouvais sentir tous les petits sons qui vibraient de sa bouche.

« Tellement bon, » gémit-il, frottant ses hanches contre les miennes à chaque coup de rein. Je poussai une plainte pour signifier que j'étais du même avis.

Edward était persistant et infatigable. Même si des gouttes de sueur perlaient entre ses sourcils, il ne manifestait toujours aucune intention de ralentir lorsque je sentis mon orgasme se former. Je respirai plus fort et désengageai mes jambes pour pouvoir enfoncer mes talons dans le lit.

« Tu es proche? » Demanda-t-il en mordillant gentiment le lobe de mon oreille.

« Oui, » haletai-je en cambrant mon bassin pour augmenter le contact avec le sien.

Edward fit mouvoir et pivoter ses hanches avec plus de vigueur et de rapidité. « Oui, mon amour, laisse-moi le sentir, » gémit-il encore contre ma mâchoire, et je me laissai emporter par la vague de plaisir qui montait depuis tout à l'heure. Je fus frappée de plein fouet par un orgasme qui se répercuta dans toutes mes terminaisons nerveuses. Je poussai une plainte sonore et m'accrochai à mon amant tandis qu'il continuait de bouger pour prolonger les merveilleuses et renversantes sensations. J'avais l'impression que mon corps flottait en apesanteur, retenu dans le lit seulement par le poids d'Edward.

Il attrapa mes lèvres, me permettant de sentir plutôt que d'entendre ses gémissements d'extase quand il se libéra à son tour au plus profond de moi. Mon corps fut secoué par une seconde vague orgasmique et je m'agrippai encore plus fort à lui jusqu'à ce qu'elle se soit calmée.

ooo

Le matin suivant, au réveil, le corps d'Edward m'enveloppait comme un étau. Il était en cuillère derrière moi, ses bras serrés autour de mon torse et une jambe gardant les miennes prisonnières. Je souris. Même si je transpirais à cause de la chaleur qu'il dégageait et même si je ressentais une envie de bouger tellement forte que ça en était presque pénible, ce que je vivais présentement était mille fois mieux que de me réveiller toute seule.

Edward émit un grognement typiquement masculin en se réveillant et il frotta son visage dans mes cheveux. Je fis pression sur le bras qui était par dessus moi pour le laisser savoir que j'étais réveillée moi aussi.

« Bonjour, » soupira-t-il avec un sourire dans la voix. « Tu as bien dormi? »

« À merveille, » répondis-je. Il desserra assez son emprise pour que je puisse rouler et lui faire face. « Et toi? »

« À merveille, » répéta-t-il en écho en faisant une grimace amusée. « Tu es bigrement mignonne au petit matin. »

Oui, je pouvais facilement l'imaginer, avec mes cheveux crépus et emmêlés et tous les plis de mon oreiller étampés dans mon visage.

« C'est pareil pour toi, » dis-je en contemplant ses joues toutes roses et ses cheveux qui avaient l'air d'un nid d'oiseau sur sa tête.

Nous demeurâmes silencieux durant un moment. « Alors… quoi maintenant? »

« Quoi, quoi maintenant? » Demanda Edward, les sourcils froncés comme si j'avais parlé dans une langue étrangère.

« Où est-ce qu'on s'en va à partir de maintenant? »

Il sourit. « Oh, ça. Et bien, je pensais qu'on pourrait aller dans la cuisine pour se préparer un petit déjeuner- »

« Ce n'est pas ce que je veux dire, » soupirai-je.

« Je sais, Bella. Okay, d'accord, » dit-il en appuyant sa tête dans la paume de sa main. « Aimerais-tu entendre ce que j'ai prévu? »

Je le regardai plus intensément. « Prévu? Tu as prévu quelque chose? »

Edward roula des yeux. « Après tout ce temps, tu as sûrement dû réaliser que je planifie à peu près tout. »

C'était vrai; j'étais bien placée pour le savoir. « D'accord, alors c'est quoi ton plan? »

« Et bien, pour la première partie du plan, » commença-t-il, « je vais t'amener faire des sorties. Dîners, ciné, concerts, musées, tout ce que tu veux. »

« Heu… et en quoi cela est-il différent de ce que nous faisions avant? » Questionnai-je.

« C'est très simple. Tu vas enfin me laisser payer, et je vais tenir ta main, » clarifia-t-il.

Je voulais arguer avec la partie où il était question que ce soit lui qui paye pour nos sorties, mais mon cerveau se transforma en bouillie quand il mentionna qu'on allait désormais se balader main dans la main.

« Et le reste du plan? »

« Si la phase un se passe bien, je suppose que l'étape suivante serait de te convaincre d'emménager avec moi. Et si cette étape fonctionne aussi bien que ce à quoi je m'attends, alors un jour je te demanderai de m'épouser, et on sera le couple le plus heureux qui ait jamais existé sur la planète. »

Je le fixai pendant de longues secondes, incapable de parler. Il commença à avoir l'air inquiet. « Est-ce que j'en ai trop dit? »

« Non, » finis-je par dire en secouant la tête. « J'attends juste que mon corps se mette à fondre et devienne une mare visqueuse, c'est tout. »

Edward rit de bon cœur. « J'espère que ça n'arrivera pas. Je ne sais pas comment je pourrais sauver mes draps à la suite d'une telle mutation. On va déjeuner à présent? »

« Okay, » approuvai-je, faisant une pause pour le regarder sortir du lit.

Je ne voyais qu'un petit accroc dans le plan d'Edward – nous étions déjà heureux au-delà de l'entendement.

Rien à ajouter. Il est tard et je m'en vais me coucher.

Ciao.

Milk