Hey les mandragores !
Ce qui va suivre est la fanfic d'une fanfic, et oui ! Plus précisément, c'est un préquelle de l'OS de Lise, que j'aime beaucoup !
Il s'agit d'un Matoine m-preg.
Bonne lecture ! =D
Le jour où Antoine perdit son père, ses grands-parents l'emmenèrent vivre dans la capitale du royaume où vivait sa mère. Cette dernière était blanchisseuse au château, travaillant pour le roi, du moins, c'était le cas quand elle a donné son fils nouveau-né au père sans le moindre regret. Cependant, le petit garçon de huit ans ne l'avait jamais connu, ayant vécu avec son père, un chevalier qui suite à une blessure à la jambe ne combattait plus. Vivant d'une petite rente, ce dernier avait élevé et appris à son fils tout son savoir guerrier. Mais lui mort, la rente allait cesser d'arriver, aussi les grands-parents, prévoyants, renvoyèrent-ils cette bouche à nourrir à sa mère.
Antoine arriva au bout d'une journée de voyage aux abords du château. L'enfant était impressionné parce qu'il voyait depuis qu'il était entré dans la ville : lui qui avait toujours été habitué à vivre dans une maison près d'un petit village reculé dans la campagne, voilà qu'il découvrait une grande ville animée. Un contraste saisissant qui l'effrayait. Il aurait aimé retourner chez lui, mais il ne pouvait pas, alors se força-t-il à entrer dans le château.
Il se trouvait dans la cour mais il ignorait où aller, aussi Antoine se promena au hasard, la cour du château extérieure était grande, quand une scène attira son attention. Un peu à l'écart, sans qu'aucun adulte ne soit présent, trois enfants se battaient entre eux. Trois garçons de son âge. Ou plus précisément, deux qui se battaient contre un autre qui même s'il se débattait, était désavantagé.
Le sang d'Antoine ne fit qu'un tour et il se précipita. Grâce à l'entrainement de son père, il réussit à battre les deux assaillants qui fuirent sans demander leur reste, aussi en profita-t-il pour s'occuper de celui qui restait. Un œil qui commençait à violacer et enfler, la lèvre fendue et qui saignait, sans compter qu'il devait avoir reçu des coups ailleurs… Le résultat n'était pas beau à voir. Le petit garçon, blond aux yeux bleus, devait avoir son âge, quoiqu'un peu plus jeune, à en juger par la taille. Il semblait hébété, aussi Antoine chercha à lui parler pour le rassurer, tout en l'aidant à se relever.
- Ça va aller ?
L'autre le regarda, surpris qu'il lui parle.
- Oui…
- N'ai pas honte, enchaina Antoine, je t'ai vu te défendre, c'est très bien !
Il ne mentait pas : Antoine était impressionné qu'un garçon de petite taille ait tenu tête à deux brutes.
- C'est bien ? demanda d'une petite voix celui-ci.
- Oui, d'autres auraient abandonnés. Je m'appelle Antoine, et toi ?
- Je… Mathieu…
- Je suis content de te rencontrer ! Je vais te ramener chez tes parents, ils habitent où ?
Mathieu écarquilla les yeux, sincèrement étonné. Ce fut à ce moment-là qu'un groupe d'adultes arriva sur les lieux.
- Votre Altesse Mathieu ! Que vous est-il arrivé ? C'est ce garçon qui vous a fait du mal !
- N-non !
Mais déjà, Antoine se prit des soufflets, qui le firent tomber sous le choc. Avant de tomber à la renverse sur le sol, il eut le temps de réaliser qu'il venait de parler au prince héritier du royaume. Et que l'on pensait que c'était lui qui l'avait rossé.
Antoine se réveilla dans un lieu inconnu la tête douloureuse. Jamais auparavant il n'avait dormi dans une pièce aussi luxueuse. Quant au lit, il devait à lui tout seul coûter autant que tout ce qu'il il y avait dans son ancienne maison. Mais que faisait-il ici ?
Un bruit de mouvement lui fit tourner la tête. Un homme tout aussi inconnu le fixait.
- Bon-bonjour ! bafouilla Antoine.
- Tu ne sais pas qui je suis, n'est-ce pas ?
Il devait le connaître ?
- Devant ton air, je vois que non. Je suis le roi de ce royaume.
- Oh euh je Monsieur le roi !
- C'est Votre Majesté quand on me parle.
- Votre Majesté !
- Tu dois être nouveau à la cour, pour ne pas avoir reconnu mon fils non plus. Qui es-tu ?
- Je m'appelle Antoine Daniel, Votre Majesté. Je suis le fils Daniel, chevalier au service du roi.
Le roi écarquilla les yeux.
- Germain ? Je me rappelle de lui ! Il avait été le meilleur - et de loin - de toute l'armée et il réalisait des exploits ! S'il n'avait pas été blessé, il serait encore excellent, j'en suis sûr. Que devient-il ?
- Il est mort…
- Je l'ignorais. Quel dommage, il aurait mérité une vie bien plus longue au vue de ses nombreux actes de bravoure !
Malgré la tristesse, Antoine sourit, heureux qu'on parle de la bravoure de son père. Mais ce dernier lui avait déjà confié qu'il ne regrettait pas tant que cela sa retraite forcée malgré la vie qu'il avait adoré mener auprès du roi. En effet, au même moment naissait Antoine, aussi l'avait-il pris - soulageant la mère qui ne voulait s'occuper de lui - et l'avait élevé. Les huit plus belles années sa vie, avait-il dit à son fils avant de trépasser.
- Je te suis redevable d'avoir sauvé le prince. Il a l'habitude de fuir ses protecteurs qui le surveillent pour sa sécurité et si tu n'étais pas intervenu... Mathieu a insisté pour que tu sois bien traité alors nous t'avons installé dans cette chambre qui est la tienne désormais. Mais je tiens à ce que les choses soient claires entre nous.
Il s'approcha, intimidant l'enfant.
- Tu n'es qu'un serviteur, tu n'as pas à être proche de lui. Aucune familiarité n'est autorisée, tu le vouvoieras, l'appellera "Votre Altesse", lui présenteras le respect dû à son rang. Est-ce clair ?
- Ou-oui.
- Bien. Tu seras un chevalier à mon service comme ton père avant toi et tu seras pris en charge pour ton entrainement.
Le roi sorti sans pouvoir laisser à Antoine la possibilité de dire quoi que ce soit.
Antoine débuta dès le lendemain un entraînement des plus sérieux. Les maitres d'armes se rendirent vite compte que Germain avait légué un large savoir au petit garçon qui se révélait être étonnamment doué pour son âge. Dès les premières semaines, il eût droit aux meilleurs pour l'entraînement. Avec lui comme chevalier, disait-on, le prince Mathieu sera bien protégé plus tard. Mathieu d'ailleurs, dès qu'il le pouvait, allait assister aux séances d'entrainement. Reconnaissant envers son sauveur, il voulait passer du temps avec lui, même si c'était rare. Il ne tentait plus de fuir la surveillance des adultes qui l'ennuyait, il restait sagement assis et regardait Antoine progresser. Ils devinrent amis, même si la barrière protocolaire les séparait.
- Cela fait cinq ans que l'on se connait, annonça un jour Mathieu.
- Cinq ans que je suis ici ?
- Cinq ans que vous m'avez sauvé. Et que vous me protégez.
Il y avait une telle reconnaissance dans la voix de Mathieu qu'Antoine en fut gêné.
- Je n'ai fait que mon devoir, mon prince.
- Vous m'avez sauvé de mes agresseurs alors que vous ignoriez qui j'étais.
- Je...
- Vous avez un réel sens du devoir. J'ai hâte que vous soyez sacré chevalier, que vous puissiez recevoir les honneurs qui vous sont dus.
Antoine avait hâte aussi, en grande partie pour assurer la protection du prince. Ce dernier était bon avec lui et leur amitié était précieuse à ses yeux. Son père serait fier de lui.
- Je suis trop jeune pour prétendre à ce titre. Il me faut attendre encore quelques années. Mais après, je pourrai partir en mission et sauver les gens à travers tout le royaume !
A ces mots, le regard de Mathieu s'assombrit.
- Vous pensez partir longtemps à chaque fois loin d'ici ?
- Un chevalier doit s'occuper de protéger le peuple jusque dans les coins reculés du pays.
- Je sais mais… Vous seriez loin…
- Je serai aussi ici mon prince, il faut bien que je vous protège !
- Je l'espère bien, sourit Mathieu.
Un bref silence s'installa. Antoine était perdu dans ses pensées. Curieux, son ami chercha à savoir ce qu'il se passait.
- Etes-vous dans la lune, Antoine Daniel ? C'est regrettable quand on est chevalier.
- Je vois peu de monde, mon prince. Hormis vous et mes précepteurs, je ne fais que croiser les gens. Entre la vie dans mon village et celle que je mène ici, je crois que je n'ai rien appris de la vie. Alors quand une fille qui travaille au château est venue m'embrasser, je n'ai pas su comment réagir.
- Un fille vous a embrassé ?!
- Oui, mais comme je ne savais pas quoi faire, je n'ai rien fait. Elle l'a compris et est partie. Mais ce n'est pas ce qui me dérange.
- Quoi alors ?
Antoine hésita cette fois-ci, alors Mathieu se rapprocha de lui.
- Vous pouvez vous confiez à moi, je ne vous trahirai pas en le répétant.
- Bon… Comme je l'ai dit, je ne connais pas grand-chose du monde, alors je voudrais savoir : pourquoi elle m'a embrassé ?
- Eh bien… Euh… Pour vous montrer qu'elle vous aime.
- Je ne comprends pas, je vous aime aussi et pourtant jamais je ne vous ai embrassé.
- Ce n'est pas la même chose. Elle voulait plus que de l'amitié entre vous.
- Qu'est-ce qu'elle voulait ?
Mathieu aurait pu rire de l'ignorance d'Antoine, mais conscient de sa difficulté à se confier, il cherchait plutôt à l'aider.
- Ce que font les personnes quand elles sont amoureuses.
Il ponctua sa réponse d'un clin d'œil.
- Ils se font des clins d'œil ?
- Non, ça s'appelle faire l'amour. Je ne sais pas exactement comment ça marche encore, mais mon père me fait étudier ça pour que je sache comment faire le moment venu.
- Vraiment ?
- Je dois avoir des héritiers plus tard, donc oui.
- Faire l'amour permet d'avoir des bébés ?
Antoine avait par le passé confié à Mathieu que pendant ses huit premières années de vie, Antoine avait surtout vécu auprès de son père et avait peu côtoyé les villageois. De cet univers cloisonné il en était passé directement à un autre. Personne ne lui avait expliqué les choses de la vie. Mais Mathieu se rendait compte de la réalité de la carence de son ami à ce niveau-là.
- Oui, mais pas uniquement. Ça procure du plaisir aussi.
Antoine rougit subitement.
- Mais on peut se faire l'amour à soi-même alors ?
Ce fut au tour de Mathieu de rougir.
- Non, c'est encore différent.
- C'est compliqué ! Mais ça ne s'applique qu'entre un homme et une femme ?
- Pour les gens de même sexe aussi, sauf pour les bébés. Enfin…
Mathieu s'interrompit brusquement, gêné.
- Donc il vous faut une femme pour avoir des bébés ?
- Je… Je dois y aller !
Sans que je futur chevalier ne puisse le retenir, le prince était déjà sorti de la salle.
Les années s'écoulèrent. Antoine et Mathieu sortirent de l'adolescence pour entrer dans l'âge adulte. Antoine était devenu une fine lame, dépassant son père à son âge. A la cour, on parlait de ses prouesses avec admiration. Devenu chevalier, il avait déjà commencé à effectuer des missions à travers le royaume, renforçant sa popularité, tout le monde ne parlant que de ses actes de bravoure. Mais seule une personne pouvait se vanter de bien le connaitre.
Mathieu aimait de plus en plus passer du temps en compagnie d'Antoine. Il s'était rendu compte qu'il avait développé des sentiments forts pour lui. Malgré leur différence de statut, il aimait sincèrement son ami. Cependant, il ne savait pas si ses sentiments étaient réciproques aussi se taisait-il – pour le moment. Il guettait le moindre signe auquel se raccrocher, un mot ou un geste d'Antoine qui lui confirmerait qu'il ne risquait pas de commettre un geste qui mettrait leur amitié en péril.
Mais le prince prit sa résolution : il essayerait d'orienter la conversation dans le sens à lui donner les réponses qu'il souhaite connaitre. Se rappelant de l'ignorance d'Antoine sur le domaine amoureux, il se répétait que le chevalier ne devait pas avoir comment faire. Cependant, le prince devait s'avouer qu'il ignorait où en était rendu son ami. Jais plus depuis cette fameuse discussion ils n'avaient reparlé de cela entre eux.
Au beau milieu de la nuit, Mathieu, qui connaissait chaque ronde des soldats dans le château, sortit de sa chambre et alla dans celle d'Antoine.
- Mon prince.
- Antoine.
Tous les deux s'entendaient toujours aussi bien mais, gênés par l'étiquette imposée depuis toujours, leurs rapports étaient parfois informels. Cependant, quand ils se voyaient ainsi en cachette et pouvaient être plus proches. Antoine s'attendait à la visite de Mathieu et malgré l'heure tardive n'était pas couché. Il dormirait plus demain.
- J'ai entendu dire que vous avez combattu des bandits de grands chemins en grand nombre aujourd'hui. Vous êtes très fort, Antoine.
- Je n'ai fait que mon devoir.
- Ne soyez pas si modeste.
- Je ne vois pas ceci comme un acte de gloire, mais comme un service rendu aux pauvres gens qui souffraient de cette situation.
Mathieu sourit : décidément, Antoine ne pensait jamais comme les autres ! Mais cela faisait une partie de son charme. Son regard se posa alors sur une rose qui se trouvait posé sur des habits.
- Une fleur ?
- Un présent d'une villageoise pour me remercier. On m'offre souvent des présents et je n'en refuse aucun, je n'ai pas envie de peiner les gens.
- Que vous offre-t-on ?
- Un repas, un bon bain chaud, des objets porte-bonheur…
Un doute s'insinua dans l'esprit de Mathieu.
- Vous avez eu des offres en nature ? Des jeunes filles vous ont fait des avances ?
- C'est arrivé oui.
- Vous avez accepté ?
Sa voix déraillait. Mais il était trop surpris pour se contrôler. Antoine le remarqua et fronça les sourcils.
- Mon prince, elles étaient consentantes et je ne leur ai fait aucun mal !
- Pourquoi faîtes-vous cela ? Vous ne les aimez même pas !
- J'ai peu de temps pour moi, alors je profite des occasions que la vie me donne. J'aime beaucoup ce que je fais, mais j'ai aussi le droit de penser à moi. Et j'aimerais fonder une famille un jour.
- Vr-vraiment ?
Mathieu n'aimait pas cette discussion. Mais au fond, pourquoi Antoine n'avait-il pas le droit d'être heureux ? D'être amoureux d'une femme ? De désirer passer des moments autres qu'avec lui ? C'était parfaitement logique et pourtant, son cœur refusait d'entendre raison. Antoine était à lui, pas une quelconque demoiselle ! Il l'aimait, pourquoi quelqu'un osait se mettre entre l'homme qu'il aimait et lui ?
- Oui. Pas forcément tout de suite, mais un jour. J'aimerais un petit garçon à qui j'apprendrais à ce que je sais, et une petite fille à qui je raconterais des histoires !
- Oh ! Et qui est l'heureuse élue ? Elle a beaucoup de chance !
- Je… C'est compliqué.
- Elle ne veut pas ?
Antoine le regarda droit dans les yeux avec de la tristesse dans les yeux.
- Je ne pourrais pas avoir des enfants de cette personne, quand bien même elle est merveilleuse.
Le cœur rata un battement.
Il l'avait regardé. A moins que son imagination ne lui joue des tours, cela ne voulait dire qu'une seule chose…
- Antoine…
Le susnommé se reculait, comme s'il avait peur d'en avoir trop dit. Partageait-il les mêmes craintes que son ami, s'était-il tu en refusant de perdre leur amitié, en ayant peur que ce que le prince pouvait lui faire faire s'il osait commettre un impair ?
Mathieu refusait que le doute soit permis plus longtemps. Face à un Antoine qui restait obstinément fermé, il se rapprocha de lui et fit quelque chose qui ne s'était pas produit depuis le jour de leur rencontre à cause du protocole : il le toucha. Il avait posé la main sur son bras, cherchant à briser ce fossé qui les séparait malgré eux.
- C'est moi, n'est-ce pas ? C'est moi ?
- Oui…
Voyant que Mathieu ne se défilait pas, Antoine se lança. Il prit le visage de son prince entre les mains et l'embrassa. Mathieu fondit devant la douceur de baiser, qu'il rendit. Son tout nouvel amant en profita pour passer les bras dans son dos et le serrer contre lui, tandis que lui-même passa ses mains dans les cheveux qu'il caressa. Ce moment était magique ! Il pria pour que ce moment ne s'arrête jamais, que…
Brusquement, Antoine s'éloigna de lui.
- Je suis désolé mon prince, je n'aurais pas dû !
- Antoine, ne dîtes pas cela, je…
- J'ai eu une longue journée et je dois me reposer.
- Antoine…
C'était peine perdue malheureusement. Il partit donc, les yeux embués.
Les jours s'écoulèrent et un fossé se creusa entre les deux. Pour oublier, Antoine se consacrait à aider les gens. Mais les magnifiques yeux bleus le hantaient. Quant à Mathieu, il n'allait guère bien. Il avait l'impression que son cœur avait explosé en miettes. La vie n'avait pas le même éclat qu'auparavant à présent. Il était obligé de le dissimuler, mais rien n'atténuait sa souffrance.
Les deux hommes en étaient rendus à s'éviter, comme honteux de ce qu'il s'était passé. Pourtant, ils n'avaient rien fait de mal. Le sexe entre hommes comme entre femmes était toléré, quoique moins courant. Il était vrai que leur différence de rang était problématique selon l'étiquette, mais Mathieu passait outre ce détail. Il savait que ce qu'il ressentait pour Antoine était fort et beau. Et il avait senti l'amour que lui portait l'autre, sincère.
Pourquoi des sentiments devaient être contrés par la raison d'Etat ?
Mathieu refusa.
Le hasard fit qu'ils se croisèrent dans un couloir où d'habitude personne n'allait jamais. La raison pour laquelle ils se trouvaient eux aussi dans le couloir était étrange, mais ils étaient bien là. Mathieu ne fit pas dans la dentelle.
- Antoine, si vous m'aimez, alors donnez-nous une chance en me rejoignant dans ma chambre. Si vous ne m'aimez pas, alors je respecterai votre choix et ne vous importunerez plus avec cela.
Sans plus attendre, Mathieu se rendit dans sa chambre. Il attendit patiemment et… Derrière lui, le bruit d'une porte poussée et que l'on ferme. Etait-ce son esprit qui lui jouait des mauvais tours car il désirait entendre ce bruit ?
Non, les bras qui entourèrent sa taille et la tête qui se pose sur son épaule prouvèrent que c'était réel.
- Je vous aime, mon prince, mais notre histoire ne peut exister. Les gens nous jugeraient, vous devrez mous marriez…
- Je le sais, mais je sais aussi que je ne peux me passer de vous.
Mathieu se retourna et embrassa Antoine.
- Je vous aime aussi, Antoine. Nous serons dans le secret. Et Antoine, vous vous trompiez l'autre jour quand vous affirmez que je ne pourrais vous donnez d'enfant, car je le peux.
- Je vous demande pardon ?
Devant l'air étonné de son amour, Mathieu développa.
- Cela s'est su il y a des années, mais vous êtes arrivés à la cour après et je ne pense pas que vous ayez eu besoin de savoir cette information dans votre parcours. Je peux porter la vie.
Antoine écarquilla davantage les yeux.
- C'est une particularité de naissance, continua d'expliquer Mathieu. Je peux donner comme porter la vie. C'est pour ça que le roi qui ne pouvait avoir d'enfant m'a adopté quand j'étais bébé : les rares cas comme moi sont considérés comme porteurs de chance. Si je tombe enceint, nous pourrions fonder une famille. Vous ne pourriez revendiquer votre paternité mais ils seront de vous, pas à la personne avec qui je devrais me marier.
- Vous... Vous êtes...
Antoine prenait le temps de digérer ces révélations. Il en était chamboulé. Mathieu, de son côté, craignait de l'avoir dégoûté en lui avouant tout d'un bloc. Antoine l'accepterait-il ? Finalement, le chevalier reprit la parole.
- Vous êtes extraordinaire.
Il prit son homme dans ses bras et le serra fort contre lui, sentant son odeur, voulant profiter de lui comme si c'était la dernière fois qu'il pouvait le faire. De même, Mathieu l'embrassa avec passion. Ils en avaient envie, tous les deux, et rien ne les en empêchera.
Les vêtements tombèrent un à un au sol.
Le roi lut avec attention les différentes lettres qui se trouvaient dans son bureau. Son fils était désormais assez âgé pour se marier, aussi les demandes d'union se multipliaient. Il prenait son temps pour choisir : Mathieu devant être marié avec quelqu'un d'utile au royaume.
L'extase, c'était l'extase.
Mathieu se sentait comme transporté vers les étoiles, là où Antoine l'emportait dans leur passion commune. Les coups de butoirs du chevalier le rendaient fou.
- Antoine…
Comment pouvait-il être aussi doué ? Mathieu comprenait à présent pourquoi des jeunes femmes avaient voulu obtenir de ses faveurs. C'était encore mieux que ce qu'il avait pu imaginer. Le prince avait certes appris toute la partie théorique de la sexualité à deux, mais jamais il n'avait expérimenté la chose. Et malgré la douleur du début, jamais il ne s'était sentit aussi bien qu'à ce moment-même. Et c'était à lui qu'Antoine faisait l'amour, pas à ces femmes.
Les gémissements de plaisir se firent cris. Le prince s'obligea à plaquer la main contre sa bouche, de peur qu'on l'entende s'il était trop bruyant. Mais il avait du mal à se contenir, d'autant que les râles de son chevalier ne l'aidaient guère.
- Mathieu, vous êtes si…
Il fut coupé par les ongles de son amant qui s'enfoncèrent dans sa chaire. Mathieu s'était cambré comme jamais, la tête en arrière et n'avait pu retenir son cri cette fois-ci : Antoine avait touché un point bien particulier et le bonheur était trop parfait pour qu'il puisse se contrôler davantage.
Ils jouirent en même temps. Essoufflés mais heureux, ils s'échangèrent un dernier baiser avant qu'Antoine ne se retire. Mathieu se serra vont lui.
- Vous regrettez toujours de m'avoir suivi ?
- Non, pas du tout !
Antoine se traitait mentalement de sot pour avoir repoussé son prince l'autre soir. Même s'il ne pourrait jamais s'afficher avec lui, même si quelqu'un d'autre le porterait jusqu'à l'autel, même si ses enfants ne seront pas reconnus comme les siens, si Mathieu l'aimait, alors il était capable de tout supporter.
- Je n'ai pas peur tant que vous êtes avec moi.
- Je serai toujours avec vous, Antoine.
Les mois qui suivirent prouvèrent que leur amour était puissant. Ils se voyaient en cachette dès qu'ils le pouvaient et rien ne venait ternir leur union.
Mathieu toucha son ventre rond typique des fins de grossesses. Il avait si mal ! Comment un accouchement pouvait causer un telle douleur ? Ce fut au-dessus de ses forces, il hurla.
- Aaaaahhhh !
La main d'Antoine autour de la sienne la serra davantage.
- Je suis là mon amour, tout va bien se passer !
- Antoine, j'ai si mal !
- Ne vous inquiétez pas…
Nouvelle contraction, nouveau cri. Antoine le soutenait du mieux qu'il pouvait, l'encourageant, lui épongeant son front avec un linge humide. Et enfin, avec son corps qui se modifiait naturellement pour l'évènement, la délivrance.
La tête du bébé puis tout le corps sortit du corps, encore relié par le cordon ombilical. Son enfant… Ils étaient enfin parents, ils étaient…
Mathieu se réveilla d'un coup. Ce rêva avait été tellement étrange ! A croire que la nouvelle du dragon qui ravage une partie du royaume le tourmentait plus qu'il ne le croyait ! A moins que…
Mathieu toucha son ventre plat. Se pourrait-il qu'il y ait un bébé en lui ? Un bébé de lui et Antoine ? Oui. Mathieu le sentit en lui. Il n'avait pas vraiment fait attention aux petites nausées et à son comportement qui était quelque peu différent ces derniers temps, ayant mi ça sur le compte d'une maladie. Mais la vérité était toute autre.
- Oh… Oh !
Il était enceint d'Antoine ! Ils allaient fonder une famille ensemble ! Leur enfant, Mathieu n'osait y croire et pourtant, la vie grandissait en lui. Il fallait qu'il aille le dire à Antoine ! Il serait sûrement fou de joie de l'appendre.
Il se leva et s'habilla avant de partir voir son bel amant.
Il ignorait encore tout ce qui allait se passer…
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