Je m'excuse d'avance pour les fautes ! ^^ Bonne lecture !
Chapitre 21 : Descente aux Enfers
Je n'ai pas dormi de la nuit, l'appréhension, l'angoisse, le stress m'en ont empêcher, j'ai fait de nombreux cauchemars aussi, me suis réveillé plusieurs fois en sursaut, transpirant, la gorge sèche. Je me rends compte que ce que je m'apprête à faire est suicidaire, je me pose des questions. Sasuke avait sans doute raison de s'inquiéter, peut-être ne devrais-je pas y aller, peut-être devrais-je tranquillement vivre ma vie sans me soucier de l'Enfer, de Sasuke. Moi qui voulais tant oublier il y a des mois.
Des mois qui me paraissent des années.
Et aujourd'hui, j'ai le sentiment de faire une énorme bêtise, descendre aux Enfers, quelque chose ne tourne décidément pas rond dans ma tête. J'ai peur, et cette peur me rend lâche, j'hésite. Je n'ai pas oublié pour qui je me battais, et je ne veux pas l'abandonner car je sais que je le regretterais toute ma vie. Je déglutis, toujours assis dans mon lit dont les draps sont trempés par la sueur. Une sueur froide qui continue de couler sur mon front. J'inspire et expire profondément, il faut que je me calme.
Si je panique ce sera fini de moi.
Je claque mes joues, remettant les idées en place et sors de ma couette, un peu tremblant un goût poisseux dans la bouche. Je décide de prendre une douche, et m'enferme dans la salle de bain.
Les cauchemars étaient effrayants. Je voyais des cadavres, des squelettes me sauter dessus, me réclamant de l'aide, pleurer des larmes qu'ils n'avaient plus. Je me souviens avoir frisonner au contact de leur peau froide et blanche. Puis le feu, énormément de feu...je crois qu'il s'agissait d'un autre rêve, parce que j'étais dans un appartement, les flammes dévoraient les murs, les meubles, les rideaux, le plancher. Il faisait nuit. Une femme criait à quelqu'un de l'aider, le suppliait, pleurait, je ne comprenais pas ce qu'elle disait, mais je sais qu'elle hurlait sa souffrance. Cette voix m'avait dit quelque chose, je me souviens du lit en feu, de cette femme agenouillée devant une ombre, s'accrochant comme elle le pouvait, sa vie en dépendait.
Puis soudain, j'ai vu son visage, et je me suis réveillé en criant. Quelques secondes après, je ne savais déjà plus à qui cette personne ressemblait, mais j'ai tout de même pleuré.
Une nuit insupportable qui laisse des traces sur mon visage, des énormes cernes, et l'empreinte des draps sur ma joue. Je soupire et ouvre l'eau chaude dans la cabine de douche.
Comme je me suis endormi dans la voiture en revenant de ma rencontre avec Sasuke, je ne sais pas ce qui s'est passé hier soir, mais apparemment les autre sont partis assez tard. Une serviette sur les épaules, habillé d'un simple jean, et d'un t-shirt je sors pieds nus de ma chambre et vais dans la cuisine avec nonchalance. Je n'ai pas faim, mais je vais me forcer.
Les autres ont dû s'inquiéter, après tout je leur raconte une histoire pas croyable, où j'ai clairement parlé de l'existence de l'Enfer. Qui n'aurait pas les jetons ? Et je n'imagine même pas ce que leur a dit Kiba en rentrant, il est trop bavard et je suis sûr qu'il a exagéré. Mais je lui pardonne, on ne voit un succube tous les jours...
Au moins ceux qui peinaient à me croire, ne douterons plus. Même si quelque part ça m'aurait arrangé qu'ils me prennent pour un fou. Je me fige un instant, et mords la lèvre inférieure, j'espère qu'ils ne diront rien. Non, ce n'est pas leur genre, j'ai confiance en eux. Tout ce qui m'emporte pour le moment, c'est de détruire le pacte noir de Sasuke et de protéger mes amis de l'Enfer. Je suis certain que les démons sont assez fourbes pour les prendre en otages. Seulement une autre chose m'inquiète...c'est cette histoire d'équivalence, ne vont-ils pas encore prétexter protéger l'équilibre des Enfers si je vole le pacte. Le mangeur d'âme ne va t-il pas vouloir récupérer leurs âmes en échange de celle de Sasuke ?
- ARGH ! Trop de questions ! Je m'exclame tout seul, m'adossant à la porte du frigo.
Le contact du métal froid sur ma peau me fait doucement frissonner. Je lève la tête vers le plafond, et ferme un instant les yeux, oubliant quelques secondes ce qui m'attend. Je n'y arrive pas et en soupire de frustration, j'aimerais vraiment pouvoir dormir, et faire disparaître cette migraine. J'ouvre les paupières, excédé, et mes yeux tombent tout de suite sur une feuille de papier soigneusement pliée en quatre, posée négligemment sur la table. Je hausse un sourcil et fais un pas pour m'en saisir.
C'est l'écriture d'Ino, une écriture de médecin, j'ai un peu de mal à la déchiffrer et plisse les yeux :
"On espère que tu passeras une bonne nuit, car tu en as besoin. Et prépare bien tes examens ! Ne t'inquiète pas pour le reste, fais ce que tu as à faire, nous sommes là pour toi, ne l'oublie pas.
On t'aime."
Je souris, je doute qu'elle sache réellement de quoi elle parle, mais je ne leur en veux pas. Je n'ai pas l'intention de leur demander de m'aider, plutôt mourir que de les amener aux Enfers. Je repose le mot sur la table, passe une main las dans mes cheveux et me dirige vers le canapé pour m'y affaler. J'ai sommeil mais mon cerveau est en plein ébullition.
Le temple de Kyuubi, un peu avant minuit.
Je me demande si je dois préparer quelque chose, comme une arme ou de la nourriture. Au cas où je resterais là-bas quelque jours. D'ailleurs, comment se déroule le temps aux Enfers ? Est-ce différent de "la surface" ? Je me rappelle bien de cet étrange phénomène, ce temps qui s'arrêtait lorsque l'ascenseur apparaissait. Peut-être qu'il ne passera que quelques secondes sur Terre et des semaines dans le monde souterrain.
Je crois que je regarde trop la télé...un zombie qui réfléchis c'est vraiment pas bon. Je me moque de moi-même et m'allonge sur le canapé. Je ferme les yeux, et pense à Sasuke. Je me demande ce qu'il fait, s'il pense à moi, s'il a peur...sans doute. Si ça se trouve il est même plus angoissé que moi. J'aimerais le revoir, juste quelques instants, avant de descendre aux Enfers. Un silence passe, avant que j'ouvre soudainement les yeux.
L'appareil photo !
J'avais oublié que j'avais pris des photos de lui. Je cours dans ma chambre et déniche l'objet tant convoité sur le bureau. Je l'allume, cherche un peu, et tombe sur une image de moi, de dos. Je souris en imaginant Sasuke la prendre, était-il déjà amoureux de moi à ce moment là ? Ce serait bien. Je m'assois sur mon lit, regarde l'heure : 10h30, je travaille cette après-midi. Baissant les yeux sur le petit écran, je contemple le visage de Sasuke. J'ai l'air malin comme ça, peut-être un peu niais mais je m'en fiche.
La journée va me sembler longue, et plus les heures vont passer plus mon estomac va se tordre d'appréhension.
Pour finir, je n'ai pris que le strict nécessaire, de la nourriture et j'avoue avec une certaine honte, un couteau de cuisine...oui bon, je n'ai ni de super sabre japonais, ni de kunais remontant à l'air des ninjas et encore moins de revolver ou de fusil de chasse. Je fais avec ce que j'ai...et en l'occurrence avec un mon couteau le plus tranchant. Je déglutis en sortant mon sac à dos de la voiture, et entreprends de partir à travers bois.
De toutes les recherches sur internet que j'ai pu faire au café, je n'ai trouvé qu'une carte ancienne sur le temple de Kyuubi. Elle se situerais le long de la frontière du pays du feu, j'ai donc dû faire une cinquantaine de kilomètres avant de tomber sur l'endroit que je cherchais. "La forêt de la Mort"...dit comme ça on dirait vraiment un film de mauvais goût, et j'aurais pu presque rire du nom peu originale de cette forêt si elle n'avait pas été si effrayante. Je déglutis une nouvelle fois en allumant ma lampe torche, et manque de pousser un cri en entendant le bruissement suspect de branches.
Aller, reprends-toi mon vieux, ce ne sont que des arbres ils ne vont pas te dévorer. Et je suis même certain qu'il n'y a pas de bêtes sauvages, oui, il n'en y a pas, il ne doit pas y en avoir...Et si pas le plus grand des hasards tu en croises, fais leur comprendre que tu es trop osseux pour être bon. Oui, je vais faire ça même si je suis incapable de parler aux animaux...
Avec appréhension je ferme la portière et les verrouille toute, puis me retourne mon sac sur le dos, ma lampe de poche à laquelle je m'accroche comme si elle pouvait me sauver la vie, et un énorme poids dans mon estomac. J'ai l'impression que mon cœur va exploser tellement la pression est forte. Je respire bruyamment et je peux sentir de la sueur froide couler sur ma tempe. J'avance ainsi, mort de trouille, dans les bois. Ma progression est alors lente, je fais attention à ne pas marcher sur une branche, et à ne pas trébucher sur une racine. Soudain un hululent, je me fige sur place mon cœur s'est retourné, mes yeux sont exorbités, je me tourne vers le bruit et plonge mon regard dans ceux brillants d'une chouette. Sans le faire exprès, j'ai projeté la lumière de ma lampe dans ses pupilles et elle s'est aussitôt jetée sur moi. Totalement paniqué, je me couche à terre, les mains protégeant ma tête.
J'attends encore quelques instants, le temps de me remettre de cette frayeur, quand cette fois-ci un hurlement de...loup (?) retentit en écho dans la nuit. Oh mon dieu, y en a par ici ? Le "Aouuuuh" me redonne la force de m'enfuir à toute jambe à travers la forêt, sans m'arrêter, le souffle haché, me prenant plusieurs branches dans la figures, je ne vois pas où je vais, j'ai laissé ma lampe là-bas et dans ma précipitation ai oublié de la ramasser après ma rencontre avec la chouette. Je me sens vraiment nul, mais ma peur dissipe cela et c'est mon instinct de survie qui prime...
Je suis pas un ninja, merde ! Il croit quoi l'autre en me faisant amener ici à une heure pareille !
Tout d'un coup, je trébuche sur une racine, et roule sur une pente raide. Je me protège le visage et pousse quelques cri de douleur lorsque je me prends une pierre dans ma descente. J'essaye d'arrêter ma violente ascension, mais ne fais qu'écorcher un peu plus les mains. Et après un moment qui me semble une éternité tout s'arrête. Ma respiration est toujours rapide, et je suis toujours allongé sur le sol, il faut que je me calme.
Pourquoi j'ai l'impression d'être déjà aux Enfers sans y être ? Y a vraiment qu'à moi que ça arrive ce genre de situation.
Je me relève, tout essoufflé, et titube un peu une fois debout. Je suis sale, mes vêtements sont pleins de terres, et d'herbe, je lorgne sur les tâches de mon manteau, et passe rapidement une main dessus pour enlever le plus gros, mais ne fais que l'étaler. Je soupire, fatigué par tout ça et abandonne. Lorsqu'enfin je relève les yeux, c'est pour voir une bâtisse en ruines, illuminée par la lune. Le hasard fait vraiment bien les choses. Je jette un coup d'œil à ma montre, aidé par la lumière blanche, et perçois : 23h46. Pour une fois j'ai de la chance, encore faut-il que je trouve le passage avant minuit.
J'avance et vais pour explorer le temple abandonné. Je me demande qui était ce Kyuubi, Sasuke ne m'en a pas parlé, peut-être n'est-ce pas important, mais je suis tout de même curieux. Un serviteur ? Un démon ? Un dieu des Enfers ? Je n'en sais rien. Je contemple l'entrée et décide d'y entrer. J'espère qu'il n'y a pas de squatter, ou de rats...je n'entends rien donc, il ne doit pas avoir de danger, seulement sait-on jamais...
Je monte lentement les marches en pierres, et suis un couloir après avoir passé la large porte à moitié brûlée, il n'y a pas de toit. Pas un bruit, mais ce silence me pèse. Je frémis en voyant une fresque, dont quelques morceaux manquent, sur le mur : un énorme renard à neuf queues crachant des boules de feu sur un village, des hommes tout petits en bas de la fresque qui tentent d'arrêter sa folie meurtrière. Je continue ma progression mais n'arrive dans aucune salle, il ne s'agit que dans très long couloir sans plafond. Je n'en vois pas le bout, et plus le temps passe, plus je me demande si j'arriverais un jour au passage, peut-être devrais-je courir ?
Puis soudain, des clapotis. Des gouttes qui s'écrasent sur le sol ou autre. Je me fige, surpris, intrigué mais aussi et surtout apeuré. Je ne comprends pas, le paysage s'est changé en quelques secondes sans que je m'en aperçoive. Il n'y a plus la lumière de la lune, un plafond est apparu couvert de tuyaux crasseux. Les murs sont dans le même état, gris, tâchés d'une couleur sombre que je n'arrive pas à identifier. Est-ce là ? Le passage vers l'Enfer ? Un couloir aux allures d'usine désaffectée ?
Étrangement cet endroit me rappelle aussi les ascenseurs qui mène à l'Enfer...poisseux, rouillés, mais cachant un pouvoir qui n'appartient pas aux humains. Un pouvoir effrayant. Je me mords la lèvre, déglutis, et commence un peu à paniquer. Sasuke m'a dit qu'il me rejoindrait, mais je ne le vois toujours pas. J'ai envie de faire demi-tour, cette sensation de mal être me prend aux tripes comme un poison. Je me sens vide, et pourtant si lourd. Je ne devrais pas être ici, ce n'est pas un monde pour moi.
Je ne devrais pas être ici.
Je fais un pas en arrière et mes pieds sont pris dans un liquide, je ne m'en suis pas rendu compte : j'ai de l'eau jusqu'aux chevilles, mais ce n'était pas là avant. Horrifié, je me mets à courir devant moi. L'eau continue de monter, elle arrive à mes mollets, je grince des dents, mon cœur bat trop vite. Cette situation me dépasse. Où suis-je ? En Enfer ?
Puis une voix, aiguë, cristalline résonne d'entre les murs. Elle chante un air que je ne connais pas. Suis-je fou ? Je continu de courir comme si ma vie en dépendait. Non, ma vie en dépend réellement. Le couloir se fait de plus en plus sombre, l'eau monte toujours, elle me ralentit. Vais-je finir noyer ? Si je ne trouve pas d'issue, je vais vraiment mourir. Je m'aide des murs pour avancer, cette eau est trop dense, ce n'est pas normal.
A moins que ce ne soit pas de l'eau...
Puis un mur. Non, je suis arrivé dans un cul de sac, pourtant je n'ai fais que suivre ce chemin qui avait un sens unique, pas de déviation. Je cogne comme un forcené sur le mur :
- MERDE !
Je suis tout essoufflé, je n'en peux plus. Je crois que je vais avoir une crise cardiaque dans peu de temps si le niveau de ce liquide augmente trop vite. Cette tension m'étouffe, je me sens comme une proie acculée par ses prédateurs, sans aucune sortie possible. Pas d'échappatoire. Je frappe encore et encore, à m'en faire mal.
Et le mur s'ouvre. Je tombe en avant, plongeant la tête la première dans le liquide carmin. Aussitôt, j'émerge brutalement pour cracher toute "l'eau" que j'ai pu avaler. M'empêchant de vomir mes tripes et boyaux. Je remarque alors que le liquide n'atteint que mes chevilles à présent, et que la voix s'est éteinte. A peine soulagé, je reprends mon souffle, bien content de ne pas être mort noyer. J'ai eu la peur de ma vie, fermant les yeux je tente de regagner un minimum de self-control. Puis mes paupières s'ouvrent à nouveau.
J'ai pensé trop vite.
Je hurle jusqu'à ne plus avoir de souffle devant l'énorme œil rouge qui me fixe depuis un moment, derrière d'imposantes grilles. Je tombe en arrière. Instinctivement mes bras se positionnent devant mon visage, et je me mets à trembler comme une feuille, c'est quoi ça ? Un monstre ? Serait-ce le célèbre Cerbère ? On va me dévorer ? Je vais mourir cette fois ? Pas maintenant ! Non, il faut m'enfuir, je dois détruire le pacte de Sasuke, je dois partir aux Enfers, je n'ai pas de temps à perdre ici ?
J'ai peur, putain qu'est-ce que j'ai peur !
- Tu ne vas pas faire lent feu aux Enfers, si tu as autant peur ici...Fait une voix grave, résonnant dans la pièce sombre.
J'écarquille les yeux, et sans faire attention les laisse plonger dans un rouge sang peu rassurant. De la haine, de la folie, c'est tout ce que j'y vois. Je recule, traînant mes jambes que je n'arrive plus à bouger. Je suis complétement paralysé devant ce monstre. Un sourire se dessine, et bien qu'enfermé, il ne me rassure pas du tout, ses canines pointues et tranchantes se dévoilent une par une. Je n'arrive pas à prononcer un seul mot.
- Je n'imagine même pas ta tête en face de Satan. Tu mourrais sûrement sur le coup. Poursuit-il semblant s'amuser de mon état de frayeur.
J'aimerais répliquer, mais ma peur me bloque. Je vais mourir.
- Pourquoi as-tu aussi peur de la mort alors que tu es arrivé jusqu'ici ? Pourquoi as-tu avancé alors ? Pourquoi n'as-tu pas fait demi-tour ?
Ce n'était pas comme si je ne l'avais pas voulu ou que je n'y avais pas pensé, mais Sasuke compte beaucoup trop pour moi, et il a risqué sa vie pour sauver la mienne. Jamais, je ne l'abandonnerais et ce même si je dois faire face à un démon tel que lui. Je ferme les yeux, et inspire profondément. Je sors mon couteau de mon sac, avec des gestes peu précis, plusieurs fois j'ai fait tombé la lame dans l'eau. Je vois l'œil du démon se plisser, intrigué. Je place au dessus de ma cuisse le couteau et sans hésitation je l'enfonce dans ma chair. Je hurle de douleur, mais retrouve mes capacités.
Je me remets debout et fixe droit dans les yeux ceux du démon. Je sens mon sang couler sur ma jambe, mais n'en dit rien. J'ai bien fait, j'ai l'impression d'avoir les idées plus claires.
- Impressionnant, mais ce n'est pas ça qui te sauvera de Madara.
- M-m-m-ma-madara ?
Merde, je bégaye et ma gorge est horriblement sèche, c'est comme si je n'avais pas bu depuis des jours.
- Soit ce Sasuke avait tout prévu, soit tu as une incroyable chance. Dit-il attirant mon attention.
Je ne sais pas si j'appellerais ça "une chance" et ne voit pas du tout en quoi elle est incroyable. Mais je me retiens de le faire remarquer, je n'ai pas envie qu'il me morde. J'allais lui demander ce qu'il savait sur Sasuke, mais il me coupe en grognant un :
- Nous n'avons pas de temps à perdre en parlotte, gamin.
"Gamin" ? Je m'offusque devant cette peluche géante qui me traite de "gamin", faisant la moue. J'ai tout de même vingt-quatre ans !
- Et moi j'existe depuis la fin des temps, minus. Fait-il de sa voix grave. Ne crois pas pouvoir te détendre, parce que je te fais la causette.
J'entrouvre la bouche, je ne comprends pas ce qu'il veut dire, un peu surpris aussi qu'il puisse lire dans mes pensées mais ça je commence à avoir l'habitude. Et il a bien dit qu'il existe depuis la création de la Terre, il est pas un peu fou ? Comme si j'allais le croire. Je fais un pas vers lui, croisant mes bras sur la poitrine, je veux des explications sur la raison pour laquelle j'ai atterrie ici et pas en Enfer. Car je ne suis pas en Enfer, n'est-ce pas ?
Son sourire carnassier s'élargit, ses babines bavant sur les grilles. Il semble attendre quelque chose, me fixant comme si je n'étais qu'un vulgaire morceau de viande, je le scrute posant ma question sans prononcer un mot.
Que veux-tu de moi ?
Les clapotis ne se sont pas arrêtés, et le silence se fait de plus ne plus pesant, une lueur rouge s'échappe de sa cage. Je recule, les yeux écarquillés, ça vient vers moi, ça veut me bouffer. Je continue de faire marche arrière, et quand je relève mes yeux exorbités sur le démon, je vois un sourire dément sur sa gueule de renard maléfique. La chose rouge vole vers moi avec vitesse, ça vient de lui, il veut m'emprisonner ? Me dévorer ?
- Tu as raison d'avoir peur, stupide gamin.
Elle arrive à moi, m'entourant complétement, lorsque je mets ma main à l'intérieur je sens une chaleur. On dirait du feu sous forme de poussière, mes doigts brûlent et je les retire en hâte. Le tourbillon se dessine autour de moi, m'empêchant de m'échapper. A travers la poussière, je peux voir le regard rouge qui me pénètre, et m'étouffe. Je suffoque, pris dans le feu en particules.
- Un être intouchable par l'Enfer. Enfant d'un démon et d'un ange. Dit-il.
Mes yeux s'écarquillent. De qui parle t-il ? De moi ? Je fronce les sourcils, complétement perdu. J'ai l'impression de voler, mes pieds ne touchent plus le sol. La poussière tourne encore de plus en plus vite, effleurant ma peau, me réchauffant sans me brûler. mes cheveux me gène, virevoltant devant mes yeux.
- Je ne peux pas te tuer, même si j'en crève d'envie. Ajoute t-il, agacé.
Sa patte, griffe sorties, se glisse entre les barreaux et elle avance vers moi, la poussière me porte jusqu'à lui. Je m'essouffle à hurler, je ne sais pas ce qu'il veut, ce qu'il fait. Je ne comprends rien à ce qui m'arrive, j'ai le sentiment d'être dans un cauchemar trop réel à mon goût. Je tremble de partout et n'arrive pas à calmer les battements de mon cœur.
- Juste avant ta naissance, ta mère t'a confié à ma surveillance. Elle savait qu'elle allait mourir, tuée par ses semblables pour avoir aimé un ange, elle n'a pu faire confiance qu'à un banni, moi.
Je m'arrête de hurler, et le silence. Il se met à rire.
- Voilà à quoi je suis réduit : à jouer les nounous.
J'ai cessé de me débattre, et l'écoute avec incompréhension.
- Mais c'était le seul moyen de me venger de Madara, lui qui m'a enfermé ici.
- P-pourquoi ?
- Ça ne te concerne pas, petit. Contente-toi de l'éliminer, ce pouvoir je te le donne, fais en bonne usage. Dit-il d'une voix plus profonde.
Pouvoir ? Parle t-il de cette poussière rouge ? Au moment même où je me pose la question, elle pénètre en moi par mes entrailles, chaque pore de ma peau, je la regarde faire, paralysé, impuissant. Ça ne fait pas mal. Cette chaleur me donnerait presque envie de m'endormir si la situation n'était pas aussi étrange et effrayante. Il a même parlé de mes parents, mais qu'est-ce qu'ils viennent faire dans l'histoire ? Je ne suis là que pour libérer Sasuke. J'aimerais lui poser la question mais je me sens tiré en arrière.
- Tu ne t'es jamais demandé pourquoi toutes les personnes à qui tu tenais mourraient les unes après les autres ? Demande t-il connaissant déjà la réponse.
Mon cœur bat si fort que je l'entends même résonner dans la pièce sombre. Je continue d'être emporté par l'aura. Ses yeux pleins de malice me font déglutir. Je lui réponds la gorge serrée, d'une voix trop basse :
- J'en ai juste déduit que j'étais maudit.
- C'est facile d'arriver à une telle conclusion. Tu as du sang de démon dans les veines, et les démons...attirent naturellement le malheur. C'est tout.
Alors c'est bien de ma faute. Je baisse les yeux, attristé. C'est réellement de ma faute. J'atterris violemment sur le sol, l'eau ayant amortie ma chute. Je suis juste devant la porte, qui est grande ouverte.
- Tu n'as pas le temps de te morfondre, stupide gamin. Descends aux Enfers. Gronde t-il.
Quelque chose de nouveau s'écoule dans mes entrailles puis dans chacun de mes muscles. J'en tremblerais presque d'excitation, ma peur se dissipe doucement, chassée par l'aura rouge du démon.
- Une dernière chose, dis-je, qui êtes-vous ?
- Kyuubi, gamin. Appelle-moi, quand tu auras fini ton affaire, j'ouvrirai le passage. Déclare t-il avec un ton acerbe, comme si ça le tuait de m'aider.
J'acquiesce et m'en vais sans demander mon reste. Quand je me rends compte, honteux, d'une chose qui a son importance. Je me retourne discrètement, lui posant une dernière question avec un sourire embarrassé :
- Euh...C'est par où ?
Il se met à poussé un cri bestial, puissant au point que mes tympans vont exploser sous la pression. Je grimace, je crois que je l'ai énervé. Le démon me traite d'imbécile et manquant de patience me jette hors de sa tanière. La porte se referme dans un grand fracas, puis un bruit de serrure que l'on verrouille. Il fait totalement noir, je ne sais pas du tout par où aller. Je n'entends que ma propre respiration, et remarque qu'elle est trop rapide pour être normale. Je me claque les joues, comme ce matin, et déterminé, une nouvelle force s'écoulant dans mon corps, comme une source de courage, je fais un pas devant moi.
Le temps semble soudainement s'arrêter. Je le sens, le bruit des clapotis s'est comme figé, et l'atmosphère est lourde, cette sensation, c'est la même que lorsque les ascenseurs apparaissaient des tréfonds de l'Enfer pour venir me chercher. Le passage vient de s'ouvrir. Les battements de mon cœur se font plus violents dans ma poitrine. C'est l'heure. Et ce constat me fait trembler. Mais il est trop tard pour reculer, Sasuke m'attend, il faut que j'y aille.
Je fais un pas quand soudain des voix résonnent, des cris d'agonies, des pleurs, des rires sans joie. Je sursaute et tourne sur moi-même pour voir d'où ça vient. Je me stoppe une seconde pour lever la tête. Ce sont des âmes, des spectres qui viennent d'au dessus de moi. Je n'avais pas vu qu'il n'y avait pas de plafond. Les fantômes semblent couler comme d'un fleuve, en harmonie et pourtant si déchirés vers les Enfers. Ils hurlent leurs peines, je me bouche les oreilles. J'ai envie de crier mon angoisse quand ils passent à travers moi pour descendre dans une abîme. Comme les flots d'un océan, ils rejoignent les terres du monde souterrain. Quand sont-ils morts ? D'où viennent t-ils ? Je ne peux percevoir de visages, tous défigurés par la folie.
Ça n'en finit pas. Des milliers d'âmes, des milliards de personnes partent pour l'éternité aux Enfers, et je crains que ce soit cela qu'ils leurs arrachent des larmes inexistantes.
Pourquoi suis-je intouchable ? Qu'est-ce que j'ai de plus que ces gens ? Je ne comprends pas vraiment la signification d'intouchable, mais ce n'est pas ma première préoccupation. Je les observe, et l'envie de pleurer avec moi me traverse l'esprit. J'ai pitié d'eux, j'aimerais faire quelque chose, mais je sais que je ne peux sauver qu'une seule personne. Sasuke.
La voix cristalline se remet à chanter. On dirait une voix d'enfant, je regarde partout autour de moi, je l'avais entendu avant d'arriver à l'antre du démon, il s'agit d'une âme, je la vois au-dessus des autres, pleurer tout en chantant sa mort. Mais je ne comprends pas les paroles. Serait-ce une autre langue ? On dirait une langue orientale, de l'indien peut-être ? Ou de l'arabe ? Alors ça voudrait dire que toutes ses âmes viennent bel et bien du monde entier.
Je sens un courant d'air caresser mon visage. La voix ne cesse de me bercer d'une mélodie douce et enchanteresse, alors que je vois l'abîme prendre peu à peu forme. Sombre, glacée par le souffle froid que dégage le flot humain.
Je fais quelques pas, lentement. Puis je tombe et pousse un cri en sentant mes jambes se dérober. Je le vois enfin : un escalier en colimaçon, de pierre blanche. Est-ce qu'il mène aux Enfers ? Je n'en vois pas le fond, il est apparu comme est apparu le passage vers Kyuubi. Les âmes tournent autour de la spirale qui semble sans fin. Je serre les poings, inspire un bon coup, ferme les yeux et suis d'un pas tremblant les fantômes. Les marches sont étroites et je manque de tomber plusieurs fois. Je me reprends, respirant irrégulièrement, ça n'a rien à voir avec mes premières venues dans le monde souterrain. Il y faisait trop chaud, et j'avais le sentiment d'étouffer à chaque inspiration. Mais là, c'est différent, mes membres se glacent, s'engourdissent, et mes geste se font de moins en moins précis.
Plus je descends, plus le froid est saisissant et je comprends enfin d'où il vient : les esprits. C'est la chaleur de la mort des cadavres, qui me pique telles des aiguilles dans mon dos. Va t-elle vouloir me prendre ? Pas maintenant. Je n'en ai pas le temps, il faut que je me ressaisisse. Et soudain, de l'eau, à nouveau. Je regarde à mes pieds, perçois quelque chose, plisse les yeux. Les âmes plongent dans cette eau, emportées par un courant. C'est...un fleuve ?
J'écarquille les yeux, les lumières blanches des esprits illumine le fond du fleuve, les unes après les autres. Une force me pousse à y pénétrer à mon tour mais je ne veux pas, je vais mourir si j'y vais, je le sais. Je recule mais perds l'équilibre, me prenant une marche avec le talon. Quelque chose se saisit de ma cheville, je lève les yeux pour tomber sur une créature démoniaque, elle sort de l'eau, sa peau jaunâtre luisant grâce aux gouttes qui courent sur elle.
Elle s'approche de moi, j'ai envie de hurler de peur, mais mon corps est trop engourdis pour bouger librement. Son haleine putride fouette mon visage. Elle est laide, ses yeux exorbités, deux billes sans couleur me fixent avec intensité, elle se demande sûrement qui je suis, ses dents tranchantes dépassent de ses lèvres charnues. Son visage osseux, encadré par des cheveux blancs, gras et longs lui arrivant à ses reins.
Qu'est-ce que c'est ? Un démon aussi ?
Elle me renifle et pointe soudainement une arme dont la lame brille par les lumières que dégagent les âmes, sous mon menton. J'arrête de respirer. Elle est sur le point de me tuer. Je ne la quitte pas des yeux, j'ai encore mon couteau dans mon sac, mais si je fais un mouvement trop brusque, elle va sans doute me trancher la gorge. L'odeur qui s'échappe d'elle me prend au nez et j'ai envie de vomir.
- Qui ? Dit-elle d'une voix erraillée.
Je ne sais pas quoi répondre. Je ferme les yeux et dit :
- Quelqu'un.
Certains qu'elle va s'énerver à cause de ma réponse, je recule doucement, faisant attention à ce qu'elle ne remarque rien.
- Que fais-tu là, quelqu'un ?
Surpris, j'ouvre les yeux, et mon cœur rate un battement. Elle a été assez bête pour me croire ? Je reprends confiance, et lui réponds :
- Je viens voir un ami.
- Qui ?
Je ne peux pas lui dire que j'attends Sasuke !
- Personne.
Elle fronce les sourcils, pas convaincue. Je suis impressionné par le manque d'intelligence dont elle fait preuve, elle est pire que moi à l'époque où j'étais encore en primaire. Un silence passe où elle semble réfléchir, quand soudain elle écarquille ses yeux, si bien que je crois les voir sortir de leurs orbites.
- MENSONGE ! Hurle t-elle.
Sa voix stridente me perce les tympans, et alors qu'elle allait me frapper. Une main gantée l'arrête. Je relève la tête pour voir le visage de Sasuke. Toute la pression accumulée depuis ma rencontre avec Kyuubi retombe, et je me surprends à pousser un long soupire de soulagement.
- Va t-en, furie. Dit-il sèchement.
Elle ne demande pas son reste et plonge à nouveau dans le fleuve, se mêlant aux âmes. Je n'ai pas le temps de dire un mot que déjà il me tire vers lui.
- Tu es en retard. Lui fais-je remarquer.
- Désolé. Plusieurs de mes anciens camarades me pourchassaient.
Je le fixe, étonné et inquiet. Il me fait signe de ne pas m'en faire et me pousse dans une petite barque. Prudemment j'y pose un pied, le bois craque sous mon poids, je grimace, n'étant pas vraiment rassuré. Sasuke suit tous mes mouvements de près et m'aide un peu à m'installer. Je ne dis rien, bien content d'avoir du soutien. Mes jambes sont toujours difficiles à bouger à cause du froid. Avec une longue rame, il pousse sur le rebord de l'escalier sans fin, et nous commençons notre traversée.
- Qu'est-ce que c'est ? Ce fleuve ?
- Il entoure les Enfers, les âmes y demeurent. Me répond t-il, le regard fixe droit devant lui.
J'inspire profondément et observe par dessus le rebord de la barque, les âmes en peine qui s'écoulent au fond, faisant le tour des Enfers sans fin.
- Il a l'air...profond...
- Il mène aux Limbes. Le royaume des morts, tu connais déjà ça non ?
- Vaguement.
Je me rassois, soupirant de malaise. Je ne devrais pas être ici, ce monde me rejette je le sens. Est-ce parce que j'ai du sang d'ange dans les veines ? Je ferme douloureusement les yeux, c'est trop gros pour que j'y crois, la prochaine fois, je demanderai une preuve à Kyuubi. Comment puis-je être intouchable ? Comme puis-je ne pas être affecté par l'Enfer ? Alors que j'ai pu former un pacte ? Oui enfin, je n'en suis pas mort, et mes blessures suite à l'accident ont vite guéries.
Merde. Ça viendrait de lui ? Du démon renard ?
Et puis cette histoire d'attirer le malheur...même si elle explique pas mal de choses, je...je m'étais toujours dis que c'était de ma faute, que cela venait de moi mais quand il s'agit d'une autre personne qui le confirme, et un démon à l'occurrence, un poids pèse un peu plus sur mon cœur. Un poids que j'appelle "culpabilité". Je me prends la tête dans les mains, et un sanglot m'échappe. Alors c'est bien à cause de moi si mon père est mort.
- Je vois que tu as rencontré le banni. Déclare Sasuke une mine inquiète dans ses pupilles noires. Il t'a dit certaines choses, n'est-ce pas ?
- Tu le savais ? Pour mes parents ? Je demande en répondant indirectement à sa question.
- Pas au départ. J'avoue ne l'avoir su que récemment, quand Madara cherchait à nous séparer à tout prix.
Je hausse un sourcil interrogatif.
- Il a soudoyer tous les gobelins afin de contrôler toutes mes entrées et sorties sur Terre, il voulait savoir si je te fréquentais encore en cachette. Les gobelins sont avides, et celui qui était encore de mon côté n'a pas mis longtemps à me trahir.
- Je vois...
- Voilà pourquoi j'étais en retard, Madara a su que nous nous étions vu hier, et a voulu me faire passer un examen.
- Un "examen" ?
- T'effacer une bonne fois pour toute de ma mémoire.
- Pourquoi ne l'a t-il pas fait avant ? Je demande surpris.
- Pour me torturer sans doute, me faire ressentir de la haine à ton égard, me donner l'envie de te tuer pour oublier la douleur de t'avoir perdu. Déclare t-il d'un ton acide. Il s'est bien rendu compte que ça n'a pas marché. Ajoute t-il en me souriant tendrement.
Je détourne la tête, fronce les sourcils toute en fixant mes pieds sans les voir. Plongé dans une intense réflexion. De plus en plus bizarre.
- Tu te rappelles cet après-midi sur cette plage recouverte de neige ? Me questionne t-il une douce lueur dans ses billes noires.
Je lève les yeux vers lui en souriant.
- Ce jour où tu m'as embrassé pour la première fois ?
Je rougis doucement, et mon sourire s'élargit, j'acquiesce. Comment pourrais-je oublié ? C'est un souvenir que je chéris, un souvenir dont les images, les photos que j'ai prises sont encore sur mon lit. Un souvenir auquel je m'accrochais durant son absence.
- Tu m'as demandé si Madara mijotait quelque chose. C'est en effet le cas.
- Comment ça ?
- Kyuubi t'a révélé que tu étais intouchable, non ? Madara veut ton âme, il veut déguster la puissance de Kyuubi parce que si tu meurs, le démon renard mourra avec toi.
Mes yeux s'écarquillent. Le démon ne m'a pas parlé de ça ! Qu'est-ce que cela signifie ?
- Il a été très embêté quand il a su que j'étais amoureux de toi, mais a essayé d'en tirer profit en me laissant faire le bouleau à sa place. Il m'a envoyé en exil, m'a retiré tous mes privilèges, mes pouvoirs, reposant toute la faute sur toi, il voulait que je me venge sur toi. Il voulait que je te tue.
Ma respiration se fait plus forte, et son regard plus dur.
- Là aussi, ça a échoué.
Je me détends un instant, mais une question me taraude l'esprit :
- Pourquoi ne l'a t-il pas fait avant ?
Sasuke sourit, amusé par ma remarque. Il se moque clairement de moi, mais je ne comprends pas pourquoi.
- Parce que tu es intouchable, as-tu déjà oublié ? Cervelle de poisson rouge. Ce n'est que lorsque tu as signé un pacte avec moi, qu'il a pu essayé de t'avoir. Tu as frôlé les pouvoirs de l'Enfer, seulement tu ne l'as pas fait d'une manière ordinaire. Tu as voulu sauver une vie. Ta pureté te rendait plus intouchable encore et il ne pouvait agir par lui-même.
- Il s'est donc servi de toi.
Il acquiesce, et continu :
- Je dois avouer que je trouvais cela bizarre qu'il me laisse autant te fréquenter au début. Les démons sont prié de ne faire que leur travail, pas de s'attacher à un humain. Il m'a envoyé sur plusieurs missions et a fait en sorte que je te croise le plus souvent possible. Mais c'est moi qui suis tombé dans le piège le premier, pas toi.
Je le regarde, interrogatif, ne voyant pas où il voulait en venir :
- J'ai doucement commencé à t'aimer. Fini t-il.
Je me sens un peu troublé, et plonge dans ses abysses sans chercher à m'en échapper. Je me sens en paix, mais je sais que ça ne sera qu'éphémère, que bientôt nous accosterons, je vais devoir faire face aux autres démons. Je ne suis pas du tout confiant de ce côté là, je ne sais pas vraiment me battre, enfin si mais j'étais encore au collège et il m'arrivait de frapper des plus costaux que moi. Mais ce ne sera pas face à des humains que j'aurai à faire, j'ai déjà vu la puissance de Sasuke. Une force incommensurable, des flammes jaillissants de la paume, une vitesse telle qu'il pouvait disparaître sans que je ne m'en rende compte.
Je ne suis pas à la hauteur, mais je ferais de mon mieux. Je m'interdis de mourir ici, après tout je suis intouchable, qu'est-ce qui pourrait m'arriver, hein ? Ahahaha ! Ahaha...Non, je ne vois pas en quoi je serais intouchable, cette furie a bien failli me tuer tout à l'heure. Je ne dois pas me faire d'illusion et foncer juste dans le tas, comme je l'ai toujours fait. Et puis j'ai mon couteau de cuisine...
Mouaih...à mon avis ils vont juste se demander qui est le crétin qui s'amuse à agiter une lame qui habituellement coupe du bœuf, comme si sa vie en dépendait. J'entends soudainement Sasuke rire, je crois qu'il sait déjà à quoi je pense.
- Ne t'inquiète pas, tu n'auras pas à te battre, enfin je l'espère. Je ferais diversion, pendant que toi tu partira dans l'allée des damnés. Quelqu'un t'attendra là-bas pour te guider. Dit-il en me jetant un coup d'œil.
C'est suspect. De qui parle t-il ? Je fronce les sourcils, allais lui poser une autre question quand le bateau se met à tanguer. Je prends peur et m'accroche aux rebords. Sasuke avance dans la barque et m'enjambe pour lancer une corde dans le vide. Je ne distingue pas bien où nous sommes, et me concentre pour voir quelque chose. Un ponton.
Sasuke tire sur la corde pour nous approcher. Je me lève pour l'aider, même s'il n'en a pas besoin connaissant sa force surhumaine, et nous descendons de l'embarcation. Sans un mot, ni même une seconde pour souffler, Sasuke me prend la main et m'entraîne en Enfer. Silencieusement, nous passons une haute entrée en pierre, sans porte, ni garde. Cette endroit a été apparemment abandonné, sans doute qu'après l'apparition des ascenseurs, les démons n'avaient plus besoin de passer par le fleuve. Je n'ai pas le temps de regarder de plus près, et cours à la suite de Sasuke dont la main me serre avec force.
Il a peur pour moi, trop mignon.
Je souris, me moquant légèrement de lui, même si ça me soulage grandement de l'avoir auprès de moi. Nous courons sur un chemin de terre, des arbres nus le bordant, il fait de plus en plus chaud. Cependant il fait trop noir que je puisse voir correctement où je vais. Je trébuche, mais ne tombe jamais, deux bras me retenant toujours. Il me traite d'imbécile, stressé par l'idée d'être découverts. Sa voix tremble un peu, mais je n'en dis rien.
Des pas, des rires qui s'élèvent. Nous sursautons de concert, et ma respiration est trop rapide, trop forte. Sasuke nous cache derrière l'un des arbres, une main sur ma bouche. Il me chuchote à l'oreille :
- Des gardes, ils font leurs rondes.
C'est moi où ces "gardes" n'ont pas du tout une allure humaine ? Je les fixe les yeux écarquillés, ils ressemblent à des hyènes sur deux pattes, mais leurs yeux montrent bien une intelligence que je n'ai pas vu dans ceux de la furie, jaune et perçants comme ceux des faucons, ils ont des piercings au niveau des oreilles, une armure et une hache à leurs pattes. Et ils...ils parlent entre eux...
- Ce sont des gnolls, n'ai pas peur.
Il a beau me dire ça, je suis terrifié. Nous restons ainsi encore un moment sans faire un seul bruit. Ils sont partis depuis plusieurs minutes mais Sasuke ne semble pas vouloir bouger. Et il a eu raison, un sifflement se fait entendre et une dizaine d'énormes chiens noirs aux dents dont la longueur me semble démesurée, apparaissent à une vitesse folle. Ils reniflent partout autour d'eux, donne des coups de pattes, leurs yeux rouge sang m'horrifient bien plus que ceux des gnolls.
Et alors qu'ils approchaient dangereusement de nous, Sasuke nous fait voler discrètement dans les airs. Mais pas assez discrètement, puisque l'un des chiens abois, si fort que j'en bouche mes oreilles. Je suis sur son dos et il court le plus vite possible. Mon cœur va s'échapper de ma poitrine, et je serre le cou de Sasuke à l'en étouffer. Il ne se plaint pas, me faisant subir la même torture en tenant fermement mes jambes. Je vois les arbres défiler à toute vitesse, mais pas assez vite. Les chiens nous suivent de près tout en gueulant, donnant l'alerte de notre...non, de ma présence.
Ce n'est pas un monde pour moi.
Et nous arrivons à une ville. Une étrange ville dont je ne vois que les toits biscornus, les chemins tortueux, et les murs crasseux de notre position. Sasuke a sauté sur le toit d'une des plus haute tour des Enfers, mais ne me laisse pas contempler la cité plus longtemps. Des démons, des furies nous encerclent et nous hurlent des insultes.
- Accroche-toi. Me dit-il en se tournant à peine vers moi.
Je ne fais que ça et me sens parfaitement inutile. Je ne veux pas être un boulet mais c'est tout ce que je sais faire apparemment. Un goût amère dans la bouche j'acquiesce, peu fier de moi. Je ne peux pas me battre contre ces créatures de l'Enfer. Je plonge ma tête dans son cou, m'en remettant totalement à lui.
- Je t'emmène dans l'allée des damnés, ne te retourne pas, ne regarde pas sur les côtés, d'accord ? La personne t'y attendra. Tu ne pourras pas facilement entrer dans la Tour inversée, mais...
- Ne t'inquiète pas pour moi. Je le ferais.
Je ne veux plus être celui qu'on sauve. Tout comme l'avait fait ma mère en me confiant à Kyuubi, ou comme l'a fait Sasuke maintes fois après l'accident. C'est à mon tour, maintenant. Je serre les poings, fronce les sourcils, plus déterminé que jamais. Sasuke frotte sa joue contre ma tempe, comme pour me rassurer, je le sens sourire. Je ne sais d'où il tient une telle confiance, mais en même temps il a vécu ici durant deux siècles. Moi, je ne m'y sens pas à ma place.
- C'est le sang de ton père. Dit-il en répondant à mes pensées.
- Je sais.
Des flammes arrivent droit sur nous, Sasuke les esquive et riposte. Mais sa puissance n'est pas égale à ses adversaires, quand il disait que ses pouvoirs avaient été diminué, il ne mentait pas. Nous sautons d'un toit à l'autre, faisant tomber quelques ardoises ici et là. Deux démons nous suivent de près, dont un arrive à courir à côté de nous. J'écarquille les yeux en reconnaissant Sai.
J'en étais sûr.
Il me sourit toujours aussi faussement, et presque amicalement me fait un salut rapide de la main.
- Bonsoir Naruto, quel bon vent t'amène ?
- Ne lui adresse pas la parole ! Lui réplique Sasuke avec une haine non contenue.
Il accélère. Des jets de feu ne nous atteignent que de justesse. Je ferme les yeux, aveuglé par les flammes et étouffé par toutes cette chaleur.
- On y est !
Je les rouvre immédiatement, Sasuke me pose maladroitement, tremblant un peu. Il me montre du doigt la direction et j'ai l'impression qu'il ne peut plus dire un mot. Je l'embrasse, posant chastement mes lèvres sur les siennes, tenant son visage en coupe.
- Je te ramènerai sur Terre, et on ira sur cette plage comme la dernière fois.
- Reste en vie, je t'en supplie. Murmure t-il en fermant les yeux.
Un bruit sourd nous surprend et il m'embrasse longuement le front, ne voulant pas me lâcher. Les chiens noirs sont là, ils ralentissent et leurs baves coulent sur le sol. Sasuke les voit, me pousse vers un chemin sombre.
- COURS ! Hurle t-il. NE TE RETOURNE PAS !
J'obéis, le cœur serré. Je suis tenté de regarder en arrière lorsque j'entends une autre explosion. Mais je tiens ma promesse, et continu de courir. Quand je me rends compte que je suis suivis. Je jette un rapide coup d'oeil pour voir l'un des chiens me poursuivre toutes dents sorties. Il court trop vite, il va me rattraper sans problème. Merde ! J'accélère autant que je peux, mais l'avance que j'ai se réduit peu à peu, et même beaucoup trop vite à mon goût.
Mon couteau.
Je ne ralentis pas, sortant mon couteau de mon sac. Juste une seconde, il me faudra juste une seconde pour viser, si je rate c'est la fin pour moi. Sasuke ne pourra pas me sauver. J'inspire profondément, c'est le moment. Je m'arrête me retourne, le chien fonce sur moi tel un boulet de canon. Et je le lance, aussi fort que je le peux avec autant de précision que mes mains tremblantes me le permettent. Le chien gronde, s'arrête, titube, hurle. Je recule, essoufflé et n'attends pas pour courir de nouveau. Je ne regarde qu'une seule fois en arrière et c'est pour voir le chien, ensanglanté par le couteau plongé dans son œil, allant dans les sens, sa souffrance l'empêchant de me poursuivre. J'ai pas raté mon coup, j'en suis assez fier.
Je cours encore, et tombe sur l'allée des damnés. Je le sais, car seul cet endroit pourrait porter un nom pareil. Des corps emprisonnés dans les murs hurlent, arrivant parfois à tendre la main malgré le fine mais puissante épaisseur de leur prison. Je déglutis, reprends mon souffle, tente de ne pas les regarder, quand j'entends une voix familière.
- Naruto ? Oh mon dieu Naruto !
Je me tords le cou pour savoir d'où elle vient, et regarde finalement au-dessus de moi. Une âme flotte dans les airs me fixant, des larmes coulant sur ses joues trop creuses à mon goût.
- Sakura...?
Auteur Dégénérée : Je me suis DÉFONCÉE !
Conscience : U_U Oui, oui c'est ça...
Auteur Dégénérée : JE T'AIME INSPIRATION !
Sasu : T_T Mais qu'elle se calme...
Auteur Dégénérée : Alors là, l'histoire avance !
Naru : T_T Momo-Chan, calmos...
Conscience : Tsss...et pour tes autres fics, tu comptes te défoncée aussi ?
Auteur Dégénérée : TT_TT C'est dur d'être moi...
Conscience : V_V C'est plutôt moi qui devrais me plaindre d'avoir une empotée pareille...
Sasu/Naru/Conscience/Auteur Dégénérée *GROS SOUPIRE*
XDD
Chapitre 22 : "Nous verrons" mais pour l'instant j'ai le bac donc je ne posterai pas avant un moment, je m'en excuse d'avance mais c'est ainsi...
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