Coucou les filles !
Nous arrivons un peu en retard avec le nouveau chapitre. Nous sommes désolées de trainer, mais c'est période creuse niveau inspi. En plus un peu ras le bol de l'hôpital… Mais c'est bientôt fini.
Vos reviews nous font toujours autant plaisir, ainsi que vos mises en alerte et favoris. Donc pour tout cela nous vous disons un grand merci.
Diana : Merci beaucoup, c'est important pour nous de connaitre votre avis.
Rosallia : C'est clair qu'Ed va avoir besoin de temps pour assimiler tout ce qui se passe dans sa vie et va se passer. En tout cas merci de reviewer à chaque chap.
Aussidagility : Contente que le chap t'ait plu, et flattée que tu ais aimé ma dédicace. C'était sincère et je suis certaine que tu dois avoir beaucoup de force morale, car rien n'est fait pour te faciliter la vie.
Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, nous leur avons juste inventé une nouvelle histoire.
Bonne lecture, et n'oubliez pas de nous donner votre avis en cliquant sur le bouton vert….
Chapitre 21 : Sauvée
POV Edward
Miracle, c'est un miracle !
Je viens enfin d'entendre cette phrase, LA phrase que j'attends désespérément depuis hier soir. Je n'en crois pas mes oreilles, je suis si surpris que j'ai peur de l'avoir rêvée.
- Docteur, c'est vrai ? Vous êtes certaine ?
- Oui, Monsieur Cullen, sûre et certaine.
- Arizona, tu as tout vérifié ?
- Oui Carlisle tu peux me faire confiance.
- Mais il ne vaudrait pas mieux attendre lundi et voir si les parents biologiques de Mélody acceptent de faire le don ? J'ai cru comprendre qu'il y avait moins de risque de rejet, dans ces cas là. Ne puis-je m'empêcher de demander.
- Heu… Oui effectivement, mais je ne pense pas qu'il faille attendre. S'ils refusent et qu'on passe à côté de ce foie, je ne sais pas si nous aurons la chance d'en avoir un autre à temps.
- Oui, c'est vrai vous avez raison, c'est plus sage.
C'est incroyable, je sens une larme de soulagement couler sur ma joue, et l'espoir renaître en moi.
- Mélody, ma poupée, tu as entendu le Docteur ? On va pouvoir te soigner. Tu vas bientôt aller mieux.
- Oui, papa. Un tout petit sourire se dessine sur ses lèvres, mais elle est si faible, qu'il se voit à peine.
- Comment ça va se passer Docteur ?
- A 7 heures demain matin, elle descendra au bloc. Je commencerai par lui retirer son foie. C'est long car je ne dois pas endommager le système vasculaire. Quand ça sera fait, je réimplanterai le foie sain. Il faudra prendre votre mal en patience car, au total, je devrais en avoir pour une dizaine d'heures.
- Tant que ça ?
- Oui.
- C'est une opération risquée ?
- Oui, mais je suis confiante. Mélody est forte et je n'en suis pas à ma première intervention.
- OK. Je me demandais si je pourrais voir la famille du donneur, pour les remercier de leur acte.
- Heu… Non, non, ce n'est pas possible car ce foie vient du Massachussetts.
- Si loin que ça ? Dommage.
- Oui en effet. Heu… Mélody, demain c'est ton grand jour. Il va falloir que tu sois très courageuse. Vers 6h30, je viendrai te donner un médicament qui va un peu t'assommer, puis tu feras un gros bisou à ton papa, et nous descendrons toutes les deux pour que je puisse enlever ce vilain bobo qui te fait du mal. Tu te souviens, je te l'ai expliqué ? Ton foie ne marche plus. Mais, la bonne nouvelle, c'est que j'en ai trouvé un pour le remplacer. Donc quand on arrivera dans la salle d'opération je te mettrai sur le visage un masque comme celui-ci, tiens, regarde. Il faudra que tu comptes. Tu sais compter jusqu'à combien toi ?
- Cent.
- Wouah, t'es super forte ! Mais jusqu'à dix ça suffira, et hop, tu dormiras. Pendant ce temps, moi, j'échangerai, le mauvais foie contre le bon. Ca te va ?
- Oui.
- Bien, fais de beaux rêves maintenant ma jolie. Ah, j'oubliais, si tu veux tu pourras prendre cette belle peluche, elle te tiendra compagnie. Comment il s'appelle cet éléphant ?
- Horton.
- Tu voudras qu'il vienne avec toi ?
- D'accord.
- Parfait, on lui mettra un beau bracelet comme à toi. Bonne nuit Mélody, bonne nuit Horton. M. Cullen, vous aussi reposez-vous. La journée sera longue.
- Merci Docteur, merci pour tout.
- Vous me remercierez le jour où vous quitterez l'hôpital. Au revoir tout le monde.
- Au revoir Docteur Robins.
Dès que la porte est refermée, je me tourne vers mon père.
- Papa, je suis tellement content. Tu penses que ça ira ?
- Oui Edward, je le pense.
- Parfait.
Oh je suis si soulagé que…. Pfoua…. Je ne sais pas quoi dire.
Ma mère, qui s'est levée, vient me prendre dans ses bras, et je me remets à pleurer. J'ai beau être un homme, je n'arrive pas à m'arrêter. J'ai eu vraiment, vraiment peur pour ma fille. Comme toute ma famille, et je ne sais pas ce que j'aurais fait, ces dernières 24 heures, sans elle.
- Toute cette histoire est presque finie mon grand.
- Oui maman, merci.
Je me redresse et sèche mes yeux pour aller prendre Mélody dans mes bras, ce n'est pas très pratique avec tous ces tuyaux, mais je la serre contre moi autant que possible. Je n'aurais jamais pu supporter de la perdre.
- Oh putain ! Mon p'tit Mufasa tu nous as fait une sacrée frayeur !
- Tonton, t'as dit un gros mot. Même très malade, rien n'échappe à ma fille.
- Oups pardon ! Mais c'est vrai !
- Mélody ma puce avec ton tonton, c'est peine perdue tu sais. Ne te fatigue pas à essayer de le corriger, il est incorrigible. Dit Rosalie en souriant tendrement et à ma fille et à mon ami, ce qui fait rire tout le monde.
Comme c'est bon, j'ai bien cru que jamais plus je ne rigolerais. Je sais qu'il reste encore l'étape cruciale de l'opération, mais pour l'instant je profite du moment présent.
Alors qu'il y a trente minutes on se serait cru à un enterrement, maintenant nous discutons et plaisantons même. Bien sûr, Emmett nous fait son show, c'est son moyen pour évacuer la pression, et je crois que ça fonctionne sur tout le monde. Sauf, peut-être, sur Rosalie qui ne cesse de regarder son portable. Mais, tout à ma joie de savoir que Mélody sera bientôt guérie, je ne cherche pas à savoir ce qui la chagrine.
Ma curiosité est, quand-même, mise à rude épreuve quand elle reçoit un sms, et que, quelques minutes après, Rosalie quitte la chambre sous prétexte d'aller nous chercher à boire. S'il s'agissait de Bella ? J'avoue que j'aimerais savoir. Je ne veux plus la voir, je ne veux plus l'aimer, mais ce n'est pas si facile à faire.
POV Rosalie
Revoir un sourire sur tous ces visages que j'apprécie tant, est vraiment merveilleux. Je suis, moi aussi, soulagée de savoir que ce cauchemar est bientôt terminé. Mélody ne méritait pas ça, aucun enfant ni aucune personne, d'ailleurs, ne mérite d'être malade. Mais ça fait partie des choses qui nous tombent dessus sans que l'on sache vraiment pourquoi. Et c'est pour ça qu'il faut savourer la vie au maximum. On ne sait jamais ce que nous réserve l'avenir. Du bon ? Du mauvais ? Aucune idée. Ce qui est primordial, pour moi, c'est d'être en paix avec soi-même, de ne pas avoir de regret. Ce n'est pas toujours facile à faire, il y a des décisions difficiles à prendre, mais si on écoute son cœur, en général, on fait les bons choix.
Cette année restera à jamais gravée dans mon esprit, j'ai trouvé mon âme sœur, j'ai trouvé une seconde famille, et j'ai trouvé ma meilleure amie. Bella.
J'aimerais être à ses côtés en ce moment. Car si, ici, tout le monde est joyeux c'est grâce à elle, et je regrette de ne pas pouvoir le dire. C'est uniquement par respect pour elle que je me tais. Mais j'espère que, bientôt, la vérité éclatera au grand jour. Bella mérite, elle aussi, d'être heureuse et de partager son bonheur.
Une promesse étant une promesse je tiens ma langue, mais j'ai du mal. Elle doit être quelque part dans cet hôpital, seule et inquiète, et ce n'est pas juste.
Alors que je m'apprête à sortir une excuse bidon pour pouvoir quitter la chambre et rechercher Bella, mon portable sonne m'indiquant que j'ai un nouveau message. Je m'empresse de lire.
Rose
Tu auras compris que tout est OK pour que je fasse le don dès demain. Je suis dans la chambre 107 - oui celle juste à côté de la 105 !- et tout va bien.
Bisous.
Bella
Si je ne la connaissais pas autant je pourrais croire que tout va bien.
- Heu… tout ça m'a donné soif. Je vais nous chercher à boire, je reviens.
Sitôt la porte 105 fermée, j'ouvre la 107.
- Oh Rosalie… dis-moi qu'ils sont heureux. Dis-moi que… Mélody est contente et qu'elle va être forte et …. que tout va bien se passer.
- Bella, pourquoi tu me dis que tout va bien, alors que je te trouve en pleurs.
- Parce que….parce que…. je suis …. heureuse. J'ai retrouvé ma fille….tu te rends compte…..et je vais vraiment ….. Agir comme une mère …. pour une fois….. faire ce qu'il faut.
- Je sais Bella, c'est merveilleux. Dis-je en la prenant dans mes bras, elle est tellement sensible sous ses grands airs. Respire un bon coup, ça va aller.
- Oui. Comment elle est ? Dis-moi comment elle va.
- Elle est faible pour l'instant, mais demain tout sera terminé. Et elle a quand même trouvé la force de réprimander Emmett car il a dit un gros mot.
- C'est vrai ? J'ignore tout d'elle, son caractère, ce qu'elle aime ou n'aime pas.
- Tu sauras bientôt.
- Oui tu me raconteras.
- Non, TU verras.
- J'en doute.
- Bella, on n'est pas d'accord la dessus donc ce n'est pas la peine d'en parler maintenant. Veux-tu que je reste avec toi cette nuit ?
- Non merci. Que dirais-tu à Emmett.
- Je pourrais lui dire la vérité par exemple. Il comprendrait tu sais, et ce serait beaucoup plus pratique.
- Certainement pas. Il le dirait à Edward dans la seconde qui suit et je ne veux pas. Je lui parlerai moi-même, en personne, quand il sera prêt.
- Tu ne me facilites pas la tâche.
- Rosalie, je ne te demande rien. Tu en as assez fait pour moi, et je te remercie d'ailleurs, mais maintenant, c'est bon, tu n'es pas obligée de t'occuper de moi.
- Quand comprendras-tu que je ne prends pas ça pour une obligation. Tu es mon amie, c'est normal que je sois à tes côtés. Je vais inventer un bobard, et je reviendrai plus tard. A tout à l'heure.
- Merci Rose.
- Tais-toi !
Je ferme la porte 107 et à deux millimètres de la poignée de la porte 105 je réalise que je suis partie acheter à boire et que j'ai les mains vides. Demi tour direction la cafétéria.
De retour dans la chambre de Mélody, Emmett me débarrasse des boissons.
- Il t'en a bien fallu du temps.
- Oui, je me suis un peu perdue en allant à la cafet. Dis-je légèrement essoufflée.
- A ta santé Mélody ! S'exclame Alice.
- Trinquer avec un café ça l'fait pas. Se moque gentiment mon frère.
- Oui, je sais bien, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a.
- Je vous jure que, dès que nous sommes à la maison, je vous invite à boire le champagne. Hein ma puce, dès que tu sors d'ici on fait la fête. T'es d'accord ?
- Oui papa, c'est génial.
- Mais pour l'instant ma petite fille a grand besoin de dormir. Donc il est temps pour nous tous de partir. Allez, les enfants, on y va, hop hop. Bonne nuit petite princesse.
- Bonne nuit papi.
Nous disons tous au revoir à Mélody et Edward, puis nous sortons de l'hôpital. Comparé à hier soir où personne n'a dit un mot, ce soir, nous discutons jusqu'au parking. Nous sommes tous très optimiste et ça se sent. C'est pourquoi quand Esmé se met à pleurer, nous sommes surpris.
- Mon amour que t'arrive-t-il ?
- Rien, c'est juste que je me suis retenue toute la journée, et que maintenant j'ai les nerfs qui lâchent. J'ai eu si peur.
- Je sais ma chérie, moi aussi. Et puis tu n'as pas fermé l'œil la nuit dernière, quelques bonnes heures de sommeil te feront le plus grand bien.
- C'est vrai. Au revoir les enfants, et rentrez prudemment, surtout toi Emmett avec ta moto. Répond-elle en reniflant et en s'essuyant les yeux.
- Mais oui Esmé, tu me connais !
- Justement.
Elle nous serre dans ses bras chacun notre tour puis monte en voiture en nous faisant signe de la main.
Alice et Jasper nous embrassent également et partent aussi.
- Tiens ma Rosie, enfile ton casque, on y va.
Je grimpe en selle et m'agrippe fermement à mon homme. Bon sang je ne sais toujours pas ce que je vais lui dire pour expliquer que je ne passe pas la nuit avec lui.
Dans le garage, au sous-sol de sa résidence, alors qu'il est en train d'attacher sa moto, je me lance.
- Emmett, mon cœur, je voudrais te demander un truc.
- Qu'est-ce qu'il y a ma Rosie ? Tu n'as pas eu l'air bien toute la journée. Demande-t-il en me caressant la joue tendrement.
- Moi, ça va, ne t'inquiète pas. C'est Bella, elle n'est pas au mieux de sa forme. En fait elle a très mal vécu ce qu'il s'est passé avec Edward, hier.
- Ouais, il n'y a pas été de main morte. Mais qu'est-ce qu'il y a eu entre eux exactement ?
- Trop de non-dits à mon avis. Bella est très pudique, et maladroite aussi, quand il s'agit de sentiments. Mais elle est ma meilleure amie et elle a besoin de moi. Est-ce que ça te gène, si je passe la nuit chez elle ? Je serais à l'hôpital demain bien-sûr.
- Ben j'aurais préféré te garder prêt de moi, mais je comprends que tu veuilles aider Bella. C'est-ce qui fait ton charme, tu es adorable.
- Merci Emmett, tu es un amour toi aussi. Tu vas me manquer. Dis-je en l'embrassant passionnément pour lui prouver mes dires.
- Arrête ça, Rosie, sinon je vais changer d'avis. Regarde l'effet que tu me fais.
Effectivement une belle bosse déforme déjà son pantalon. Je m'écarte donc et attrape simplement sa main. Ensemble nous montons les escaliers qui nous ramènent à l'air libre. Il me raccompagne à ma voiture, m'embrasse et sur un dernier « je t'aime », je le laisse pour retourner à l'hôpital aux côtés de ma meilleure amie.
- Oh Bella, tu pleures encore ?
- C'est rien, je sais même pas pourquoi. Je dois être un peu cinglée.
- Mais non.
- Tout se bouscule dans ma tête. La joie, la peur, tout.
- Je comprends.
Nous parlons jusque très tard dans la nuit. Elle revient sur le sujet de ses parents qui lui manquent, même si elle leur en veut beaucoup. Mais principalement c'est Mélody qui occupe la plus grande place dans notre conversation. Je lui dis ce que je sais d'elle, pourquoi je l'aime beaucoup. Je lui raconte quelques anecdotes marrantes la concernant. Vers une heure du matin, après avoir menacé Bella d'appeler une infirmière pour qu'elle lui donne un somnifère en intraveineuse, nous nous endormons.
A 6 heures le réveil est difficile. Le Docteur Robins et le Docteur Bailey entrent dans la chambre, et demandent à Bella de se laver à la Bétadine, puis de se tenir prête. J'en profite pour demander à être informée dès que Bella remontera en chambre, mais sans que les autres ne s'en rendent compte. Le docteur Bailey, qui semble froide aux premiers abords, accepte pourtant sans problème.
- Je viendrai dans la chambre 105, et ferai semblant de m'être trompée. Si vous n'y êtes pas, je vous chercherai et passerai simplement devant vous. OK ? Du moment que vous me voyez ça signifiera que Mlle Swan est ici.
- C'est parfait merci beaucoup.
- De rien, à tout à l'heure. Et vous Mlle Swan à dans quelques minutes au bloc.
- D'accord. Docteur Robins, est-ce que Mélody a bien dormi ?
- Oui, je sors tout juste de sa chambre. La nuit a été bonne, et elle est prête à descendre. Votre fille est courageuse, vous pouvez être fière.
- Tout le mérite revient à son père.
- Mais non, elle tient ça de vous. Je viendrai aux nouvelles ce soir.
- Docteur, prenez soin d'elle.
- Comptez sur moi.
Quand les brancardiers viennent chercher Bella j'ai le cœur serré. Les médecins ont beau dire que tout va aller, c'est quand même risqué comme intervention.
- A dans quelques heures Bella.
- Si je me réveille !
- C'est malin de dire des trucs pareils. T'as intérêt, sinon je te tue.
- Je verrai ce que je peux faire. Ciao.
Je n'aurais jamais cru Bella capable de faire de l'humour comme ça, cinq minutes avant son opération. Elle est bien dans sa peau, ça se voit, et je suis heureuse pour elle.
J'entrouvre discrètement la porte de la chambre pour vérifier qu'il n'y a personne dans le couloir et je sors à mon tour pour toquer à la porte d'à côté.
- Entrez.
- Coucou c'est moi. Bonjour tout le monde.
- Salut Rosalie, tu n'étais pas obligée de venir. Il est super tôt.
La voix tremblante d'Edward, m'indique qu'il est anxieux, et je compatis, car je le suis aussi.
- Je sais, mais je voulais faire un bisou à Mélody. Tu es prête ?
- Oui, et Horton aussi. Il a un peu peur mais je lui ai dis que tout allait bien se passer.
- Tu as bien raison. Allez Horton courage.
Après avoir déposé un baiser sur le front de Mélody je rejoins les bras réconfortants d'Emmett.
- Tu m'as manqué cette nuit, ma chérie. Me chuchote-t-il au creux de l'oreille.
- Toi aussi, mon amour. Mais je crois que je vais devoir découcher encore une fois ce soir.
- Ah bon ?
- Oui, on en reparle plus tard.
Emmett n'a pas le temps de me répondre qu'on frappe à la porte. Le Docteur Robins entre dans la chambre suivie des mêmes brancardiers que pour Bella.
- C'est parti ma jolie, on y va. Fais un bisou à ton papa. Quand tu le reverras tu seras toute neuve.
- Papa, tu seras là quand je me réveillerai ?
- Evidemment mon bébé, je ne bouge pas.
- A toute à l'heure.
- Je t'aime ma poupée. Je t'attends.
- Moi aussi je t'aime.
- Allez, à bientôt tout le monde.
Edward suit des yeux le brancard jusqu'à ce qu'il passe l'angle du couloir. Il agrippe la porte de toutes ses forces de la main droite, et son autre poing est tellement serré que ses phalanges sont blanchies. Il ne dit rien, ne respire pas, comme s'il voulait rester figé ainsi jusqu'au retour de sa fille.
- Edward, viens boire un café. Propose Emmett.
- Non, je reste là.
- Viens, il y en a pour longtemps, et tu dois avaler quelque chose. Rajoute Carlisle.
- Je ne peux pas papa. Je lui ai promis de rester ici.
- Je ne te dis pas de quitter l'hôpital, bien que cela te ferait du bien.
- Hors de question. S'il se passe quelque chose je dois être ici.
- Je sais, on va seulement à la cafétéria, pour déjeuner.
- Vous pouvez y aller sans moi. Je ne bouge pas.
- Ed tu ne feras rien de plus seul dans cette chambre. Allez mon pote, juste un café.
- Cinq minutes pas plus OK ?
- C'est juré, mon chéri. Moi non plus je ne préfère pas m'éloigner de cette chambre.
Bien sûr, Esmé, en tant que « parent » , doit être celle qui comprend le mieux Edward. Elle passe son bras autour de la taille de son fils et ensemble ils quittent la pièce. Nous suivons tous silencieusement. La tension est palpable. La joie d'hier a relaissé sa place à l'inquiétude. Tout peut arriver sur une table d'opération. Le meilleur comme le pire.
Les minutes passent, certes, mais avec une telle lenteur que c'en est insupportable. 5 heures que nous attendons. Edward est finalement ressorti plusieurs fois pour fumer. On l'a tous senti, mais personne n'a rien dit. Ce n'est pas le moment. Alice est soit disant en train de lire un magasine, mais ses yeux sont immobiles, et sa main droite est crispée dans celle de mon frère. Carlisle et Esmé conversent silencieusement, alors qu'Edward regarde par la fenêtre. Ses dernières paroles m'ont fait plaisir quant-à l'avenir.
- Rosalie, tu as passé une bonne soirée, tout le monde va bien ?
Heureusement, ce matin Emmett m'a dit qu'il avait parlé de ma soirée chez Bella à Edward. Sans cela, je n'aurais pas vraiment compris qu'indirectement c'est des nouvelles de ma meilleure amie qu'il souhaitait obtenir. Je suis heureuse, ça prouve qu'il pense à elle, et que, comme j'en suis convaincue, il l'aime malgré tout. Ces deux là vont me donner le tournis à force de tourner autour du pot.
- Oui, je pense que tout le monde va bien. J'ai vraiment de plus en plus de mal à mentir.
- Tant mieux.
A 12h30, nous nous retrouvons, encore, assis sur ces maudites banquettes près des machines, où les hommes viennent d'acheter leurs sandwichs. Esmé Alice et moi ne pouvons rien avaler, tout comme Edward qui tourne en rond tête baissée. Je commence à me dire que Bella ne devrait pas tarder à revenir en chambre quand j'aperçois le Docteur Bailey. Elle marche sans même me regarder et se dirige vers les escaliers qu'elle monte sans se retourner. Je me lève d'un bond.
- J'ai oublié mon portable dans la chambre. Je reviens.
Sans écouter ce que me répond Emmett je tente de rattraper le Docteur Bailey. J'y parviens avant qu'elle n'entre dans le couloir du 1er étage.
- Tout s'est passé comme prévu Docteur ?
- Oui, l'opération s'est déroulée à merveille. Il n'y a eu aucune complication. Votre amie se remettra très vite à mon avis.
- Ouf. Merci beaucoup. Pour la petite Mélody vous savez ce qu'il en est ?
- Oui, le Docteur Robins a terminé un peu avant moi l'ablation, et il n'y a pas eu non plus de problème. Elle est en train de réimplanter le foie sain.
- Génial. Quelqu'un va avertir la famille Cullen ou pas ?
- Oui Arizona a demandé à une infirmière de le faire.
- Parfait. Je peux voir Mlle Swan ?
- Elle est en salle de réveil, mais je voulais vous dire le plus vite possible que c'était fini et qu'elle allait bien.
- Ah, d'accord. Merci Docteur.
- De rien, on se verra certainement plus tard.
- Certainement.
Je redescends avec un souci de moins. Bella va bien, c'est déjà ça, maintenant il ne reste plus que Mélody. Vivement que cette journée s'achève, je suis épuisée.
Au rez-de-chaussée Emmett m'accueille avec le sourire.
- Ma chérie, une infirmière vient de nous informer que la première partie de l'opération s'était faite comme sur des roulettes. Ils sont en train de lui mettre le nouveau foie.
- Oh, c'est super ! Ouf !
Je crois qu'on en avait tous assez d'être dans la chambre car personne ne propose de remonter. Ici il y a de l'animation et de la vie, alors que là-haut, sans le lit et sans un bruit, c'est morbide. Impossible d'avoir une pensée positive.
A 14h30 je m'éclipse à nouveau. Emmett va finir par me prendre pour une folle mais ce n'est pas grave. Le principal intéressé, à savoir Edward, n'a même pas remarqué que je m'étais absentée une première fois, et là c'est pareil. De toute façon, je dois vérifier si Bella est en chambre. Je suis grandement soulagée de constater que c'est le cas.
- Bella, ahhh tu es là. Ca va ?
- Hum… j'ai mal….
- Tu l'as dit aux infirmières ?
- Hum. Dit-elle en me montrant un petit bouton sur lequel elle appuie. Morphine. Réussit-elle à souffler.
- Ok. Tu devrais essayer de dormir. Je reste pas loin.
- Mélody ? Articule-t-elle difficilement.
- La dernière fois qu'on a eu des nouvelles c'était il y a deux heures. Tout se passait bien. L'ablation était réussie, et le Docteur Robins débutait la réimplantation.
- Hum.
Voyant que mon amie s'est assoupie je décide de redescendre. 15 jours à jongler entre les uns et les autres, je vais devenir chèvre. Mais bon, c'est ainsi. J'ouvre la porte sans prendre gare, et je tombe nez-à-nez avec …. Alice.
- Ben qu'est-ce que tu faisais dans cette chambre ?
- Heu… je me suis trompée de porte.
- Ben voyons !
- Si je t'assure !
- Rosalie, j'ai un sixième sens très développé, tu devrais être au courant maintenant. Je vois bien que tu nous caches quelque chose. Tu es bizarre depuis hier.
- Mais non Alice, qu'est-ce que tu vas inventer ?
- Tu ne veux rien me dire ? Tant pis. Je finirai par savoir.
- Certainement puisqu'il n'y a rien à savoir. On peut y aller, c'est bon ?
- Je te suis.
Nous entrons en même temps dans la chambre de Mélody, je fais mine de chercher quelque chose dans mon manteau, puis nous retournons auprès des autres.
Bordel, je n'avais pas besoin qu'Alice vienne mettre son nez dans mes affaires. Je l'adore, c'est clair, mais il est impossible de lui résister. Elle réussirait à faire parler n'importe qui. Je vais devoir être encore plus prudente.
15h
16h
17h Nous retournons dans la chambre.
Jusque là, bien que très longue, l'attente était normale. Nous savions qu'il faudrait au moins 10 heures. Mais ce délai passé, plus aucun d'entre nous ne tient en place. Edward est pire qu'un lion en cage. Emmett commence à râler qu'on ne soit au courant rien, et Alice souffle toutes les trente secondes. Sans compter qu'elle ne m'a pas lâché des yeux de l'après-midi.
18h
- Papa, ça fait 11 heures maintenant. Tu penses qu'il y a un souci ?
- Mais non, Edward. Arizona a dit « au moins 10 heures ». C'était le minimum. Tu sais il vaut mieux qu'elle prenne son temps et que tout soit parfait.
- Ouais.
- Calme-toi mon fils, ais confiance.
- J'en peux plus moi ! Je veux qu'on me rende ma fille et surtout je veux me casser d'ici.
- Edward, retourne prendre l'air. Je viens te chercher si Arizona arrive.
- Ouais. Il vaut mieux.
Pauvre Edward, il me fait vraiment mal au cœur. Ce n'est déjà pas facile d'élever un enfant seul, et en plus il a fallu que cette maladie vienne en rajouter. Après toute cette histoire il mériterait de partir se reposer au soleil avec sa fille, et Bella. Je refuse de penser que tout est fini entre eux.
Profitant du départ d'Edward, je tente moi aussi de quitter la pièce. Mais c'est sans compter sur Alice.
- Je vais me chercher un soda. Je vous prends quelque chose ? Propose-je.
- Ah oui, bonne idée, je viens avec toi ! Répond Alice en me regardant droit dans les yeux.
- OK.
Au final, même Jasper et Emmett viennent avec nous, et je préfère ça. Au moins Alice ne me pose pas de questions.
A peine posons-nous un pied dans le couloir de la chambre 105, que nous voyons Carlisle en grande conversation avec le Docteur Robins. Inconsciemment nous accélérons le pas, pour enfin savoir.
- Tout s'est très bien passé les enfants. Mélody est en salle de réveil et Edward est allé la rejoindre.
- Mon Dieu, merci ! S'exclame Alice.
- Oh, putain! C'est trop fort ! En rajoute Emmett en me prenant dans ses bras et en me faisant tourner.
- Emmett ! J'ai la tête qui tourne. Tu sais que si Mélody était là, elle te gronderait, tu viens encore de dire un gros mot.
- C'est vrai. Je compte sur toi pour le lui dire dès qu'on la verra, rien que pour l'entendre m'engueuler. J'adore ça en fait !
- J'étais certaine que tu le faisais exprès. Se moque gentiment ma belle-sœur. Ahhh, que ça fait du bien que tout ça soit fini. J'ai l'impression de peser vingt kilos de moins.
- Les enfants calmez-vous. Mélody va être sous étroite surveillance pendant encore quelque temps.
- Ce que dit Carlisle est vrai. Enchaine le Docteur Robins. Mais vous avez raison d'être optimiste, et je le suis aussi. J'ai confiance en l'avenir.
- Moi également ! Clame-je. 2011 va être l'année du bonheur pour tout le monde.
Secrètement j'espère que Bella entend se qu'il se passe dans ce couloir, car ça la rendrait plus heureuse que jamais.
