Bonjour tout le monde,

J'espère que vous aimerez ce chapitre autant que j'ai apprécié l'écrire. Certes, Tom n'est encore qu'un courant d'air mais ce sont des moments importants dans la vie de Harry donc... patience, patience mes amis :) Merci pour toutes vos reviews ! Nous avons dépassé le cap des 450 reviews, prochain objectif : 500 ! Merci à vous.

Bonne lecture, Patmol25


L'incorrigible attraction

Chapitre 21

« Sérieux mec, viens avec nous jouer une partie de foot demain, » plaida Ron.

Harry ne put s'empêcher de sourire en avisant Dean et Seamus joindre leurs mains en guise de fausses supplications à côté de son meilleur ami. Il s'apprêtait à refuser encore une fois l'invitation de son ami. Une nouvelle parmi tant d'autres. Il vivait depuis dix jours chez Adrian et, hormis sa soirée démentielle dans un club privé de Londres avec Drago, Harry se bornait à rester cloîtré chez son ami le soir. Il n'avait ni le cœur ni l'esprit à faire la fête ou tout simplement à sortir avec les autres et à devoir afficher un sourire de circonstance complètement faux.

Mais les yeux bleus de son ami brillant à la fois d'espoir et d'inquiétude fit flancher sa détermination à passer une nouvelle soirée penché sur ses cours ou devant un film. Il était difficile de ne pas voir l'inquiétude de ses amis depuis l'ébranlement de sa vie. Hermione lui lançait constamment des regards scrutateurs et, sans avoir besoin de prononcer un mot, Harry savait qu'elle se doutait que sa relation avec Tom avait explosé en plein vol. Elle brûlait de curiosité mais le jeune homme avait parfaitement conscience de ne pas pouvoir révéler le secret de l'homme. Alors, il se taisait et souffrait en silence. Sans pouvoir le partager avec sa meilleure amie.

Ronald était beau coup moins subtil dans son souci. Il n'arrêtait pas de le questionner, parfois avec lourdeur. Harry s'était même arrangé à plusieurs reprises pour le fuir dans les couloirs de Westminster. Le rouquin comprenait son désir de ne pas parler de sa situation familiale mais il tenait très peu de temps ses bonnes résolutions de ne pas l'interroger à ce propos.

« Bien sûr, je serai là, » accepta Harry avec un sourire. « Où se retrouve t-on ? »

« Au Terrier ! » s'enthousiasma Ron en faisant un bond sur place. « Il prévoit un peu de soleil demain même s'il fera un peu froid. Fred et Georges seront aussi de la partie. »

« Génial ! On va pouvoir enfin les rencontrer, » s'écria Dean en souriant largement. « J'ai été visiter leur boutique de farces et attrapes sur Oxford Street. Elle est gigantesque. Je n'en reviens pas d'habiter à Londres depuis 5 mois et de ne voir ce magasin que maintenant. »

Ron bomba le torse avec fierté en racontant la façon dont ses frères aînés, une paire de jumeaux, avaient ouvert une boutique de farces et attrapes en plein cœur de Londres. À une époque où ce genre de boutiques fermaient, remplacées par les rayons bazars dans les grandes surfaces, Fred et Georges Weasley avaient réussi l'exploit d'attirer une clientèle conséquente. Leur imagination était sans limites et ils bossaient des heures pour confectionner de nouvelles idées toutes plus farfelues les unes que les autres. Leur entreprise se développait de jour en jour et les garçons avaient même le projet d'ouvrir une seconde boutique dans la gare de Victoria, là où un important trafic quotidien de voyageurs se déroulait.

Tandis que Dean et Seamus buvaient les paroles du roux, Hermione se rapprocha de Harry. Elle n'avait pas été convié à la grande partie de foot organisée par Ron – malgré le froid hivernal – mais ne s'en plaignait pas, peu attirée par ce sport. Ou tout autre sport, d'ailleurs. Une pile de bouquins appuyée contre sa poitrine, elle se pencha vers lui alors qu'ils se dirigeaient tous vers la sortie de l'université de Westminster. Leur journée était finie et l'approche de l'annonce des résultats des partiels du premier semestre les rendait tous dingue.

« C'est bien que tu ailles. Ça fait vraiment plaisir à Ron, » chuchota t-elle.

« Et pourtant, il sait très bien que je suis nul dès qu'on me met une balle au pied, » ronchonna Harry. « Moi, c'est la course. Pas le foot. »

« Je ne pense pas qu'il recherche en toi un joueur excellent. C'est plutôt de te voir sortir de ta tanière qui lui fait plaisir. »

La jeune femme soutint son regard torve sans se décomposer et Harry fut finalement le premier à baisser les yeux, haussant les épaules d'un air ennuyé. Il maudissait Hermione et sa capacité à lire en les autres avec une facilité déconcertante. Ce n'était pas du droit qu'elle aurait dû faire, mais de la psychologie !

« La colocation avec Adrian se passe bien ? » demanda t-elle avec curiosité puis quand elle avisa le regard noir de Harry, elle afficha une mine faussement offusquée. « De quoi ? J'ai le droit de m'intéresser à ce charmant étudiant de quatrième année qui t'héberge gratuitement. »

« Je paie les courses, » réfuta Harry en arquant un sourcil avant de lancer un regard soucieux aux trois garçons derrière eux. « Il ne se passe rien entre Adrian et moi. Il… C'est cool de vivre chez lui. C'est tout. »

« Je suis sûr qu'il ne se passe rien, » rassura la jeune femme. « Je vois bien que tu as l'esprit dirigé vers quelqu'un d'autre qu'Adrian. Même si celui-ci espère encore que tu te tournes vers lui. »

Le souffle de Harry s'accéléra légèrement mais il s'efforça de paraître détendu, peu importe le sourire espiègle de sa meilleure amie. En partageant au quotidien le petit appartement d'étudiant, Harry n'avait pas l'impression qu'Adrian ressente le moindre intérêt pour lui. En tout cas, il n'en montrait rien et se contentait d'agir avec lui comme le ferait un bon ami. Harry avait peut-être été trop naïf en pensant qu'Adrian n'était déjà plus attiré par lui.

Il s'apprêtait à répondre vertement à son amie, pour lui assurer que Tom n'envahissait absolument pas ses pensées. Mais son regard fut attiré par l'homme se tenant de l'autre côté de la rue, appuyé contre une moto rutilante. Sirius. Son parrain était nonchalamment appuyé contre sa bécane, une cigarette entre les lèvres. Ses yeux noirs farfouillaient la foule d'étudiants quittant l'université en cette fin d'après-midi puis il le repéra et se redressa.

La gorge serrée de croiser le regard de son parrain après avoir quitté la maison de ses parents depuis dix jours, Harry marqua un temps d'arrêt et Ron manqua de lui foncer dedans. Son meilleur ami poussa une exclamation étouffée puis lui flanqua une claque bourrue dans le dos. En constatant son immobilisme, ses amis suivirent son regard. Hermione et Ron échangèrent un regard inquiet en constatant le malaise du jeune Potter.

« Salut les jeunes ! » lança Sirius en les voyant approcher. « Vous n'avez toujours pas eu les résultats de vos partiels ? »

« Bonjour Sirius. Bon sang, non, » geignit Hermione en plissant le front. « Ça commence à être insupportable cette attente. »

« C'est une façon de voir les choses, » grommela le rouquin. « C'est aussi un temps de répit avant de savoir si on doit se mettre la pression ou pas pour le seconde semestre. »

Ron, Hermione et Sirius échangèrent encore quelques mots après que Dean et Seamus se soient présentés. Sirius avait cette capacité étonnante de mettre à l'aise quiconque en seulement quelques phrases. De son côté, Harry resta silencieux, se sentant trop tendu pour entrer dans la conversation l'air de rien. Il n'était pas dupe sur les raisons de la présence de son parrain.

Finalement, les étudiants saluèrent le commissaire de police et Harry avant de s'éloigner. Harry, la gorge serrée, peina à leur répondre de vive voix. Il se contenta alors de leur adresser un geste de la main amical avant de se tourner vers Sirius. L'homme s'était déjà désintéressé des jeunes adultes et le fixait silencieusement, finissant sa cigarette.

« Je t'invite à boire un coup ? » proposa Sirius en lui tendant un deuxième casque.

Harry hésita quelques secondes mais le ton de son parrain ne soufflait aucun refus. Il attrapa le casque et l'enfila avant de grimper derrière Sirius. Quand la moto démarra, il passa ses bras autour du corps de l'homme et tint sa taille fermement. Parfois, son parrain l'emmenait faire de la moto. La première fois, il avait dix ans et il avait adoré la sensation du vent s'engouffrant dans ses vêtements et celle d'avoir le sentiment d'être sur le point de voler. Harry ferma les yeux et se laissa transporter par toutes ces sensations.

Il ne fallut pas plus de dix minutes à Sirius pour traverser Westminster malgré la circulation abondante. Il se gara près d'un pub et les deux garçons s'y engouffrèrent sans un mot. Sirius le guida vers le fond de la salle après qu'ils aient passés commande vers le serveur, un vieil homme aux longs cheveux hirsutes.

« Je n'ai pas eu de nouvelles de toi depuis des jours. »

Les traits de Sirius étaient impassibles tandis qu'il le fixait du regard. Un bref instant, Harry put presque le confondre avec Narcissa Malefoy – sa cousine – et son habitude à sembler indéchiffrable. Le jeune homme se tendit légèrement. Il savait combien Sirius, malgré son côté foufou, pouvait être sérieux.

« J'étais occupé. »

« Trop occupé pour répondre à mes SMS ? » ironisa Sirius en haussant un sourcil. « Écoute gamin, ne plus donner de signe de vie comme ça pendant… »

Sirius s'interrompit quand le serveur apparut avec leur commande. Il déposa une bière devant le plus âgé et un soda face à Harry. Le plus jeune se perdit dans la contemplation de son verre rempli du liquide noir pétillant pendant que Sirius tendait un billet au serveur. À peine celui-ci fit-il volte-face pour retourner derrière son comptoir que son parrain reprit la parole, déterminé.

« Pourquoi as-tu simplement disparu de la surface de la terre après t'être disputé avec tes parents ? »

« Je n'ai pas disparu, » tempéra Harry en mordillant sa paille. « J'avais juste… besoin de temps. Je suis débordé par le boulot et la fac. »

« Ce n'est pas parce que tu te disputes avec James et Lily que tu dois m'évincer de ta vie, » soupira Sirius en baissant tristement les yeux sur son verre de bière. « Je me suis inquiété. Tu n'as même pas répondu à mes messages. Imagines-tu un peu l'angoisse de tout le monde en voyant que tu ne revenais pas ? »

« J'ai parfaitement entendu papa me dire de ne pas revenir ! »

Sa voix s'était élevée avec force et cela attira l'attention de deux clients accoudés au bar sur eux. Harry se mordit la lèvre en rosissant mais il soutint le regard de son parrain. Ce dernier fronça les sourcils avec inquiétude avant de secouer la tête.

« Tu sais que James et toi êtes deux crétins ? Ne me fais pas croire que cette situation ne t'atteint pas ou que tu penses sincèrement que ton père se réjouit de ne plus t'avoir à la maison. Surtout de cette façon. »

« Il avait l'air très soulagé que je me casse, » cracha Harry avec mauvaise foi.

« Sérieusement, Harry ? »

Les deux hommes restèrent un moment silencieux. Le plus jeune savait qu'il mentait ouvertement. James avait semblé en colère, dépité, triste mais sûrement pas soulagé de le voir préparer ses affaires puis de disparaître. Son père pouvait être un parfait crétin mais il ne se réjouirait jamais d'une telle chose. Loin de là.

Avec le recul, Harry n'arrivait même plus à comprendre pourquoi il s'était enfui ainsi de la maison et pourquoi ses parents et lui ne se parlaient plus. c'était tellement stupide de s'être ainsi fâchés pour une histoire de dîner. Ce n'était que le prétexte qui, après la fusillade chez Pettigrow et sa rupture avec Tom, lui avait permis de péter un plomb, de hurler sa détresse sans mettre les mots justes dessus. Ses paroles avaient dépassé ses pensées et un rien était devenu une montagne. Sans aucun sens.

« Ils s'inquiètent pour toi. Comme nous tous. »

« Ils ne cherchent pas à avoir de nouvelles de moi, » marmonna Harry en évitant son regard. « Et de toute façon, je vais bien. »

« James est aussi têtu que toi et Lily a bien compris que tu n'appréciais pas ses appels répétitifs. Elle attend simplement que tu la contactes maintenant, » renchérit Sirius en arquant un sourcil. « Tu le leur reproches mais tu n'as pas fais un pas vers eux non plus. »

« Je n'en ai pas besoin. »

Sa mauvaise foi était criante et même Sirius roula des yeux en secouant la tête. L'homme but une gorgée de sa bière en le fixant du regard, s'amusant ouvertement de la rougeur s'étalant sur le visage de Harry. Ils se connaissaient suffisamment l'un et l'autre pour croire que Harry n'avait vraiment pas besoin d'être en contact avec ses parents. Les Potter, avec les hauts et les bas classiques d'une relation parent-enfant, avaient une relation particulièrement forte.

« Où est-ce que tu squattes ? »

« Chez un pote, » répondit évasivement Harry, peu désireux de révéler son point de chute à son parrain. « Près de l'université. »

« Ce n'est donc pas une petite amie ? »

La question de Sirius fit apparaître de nouvelles rougeurs sur son visage et Harry baissa les yeux sur la carte des bières posée sur la table. Il se maudit en songeant que sa réaction portait vraiment à confusion. Il ne pouvait pas croire qu'il réagisse comme un petit puceau prude alors même qu'il n'était ni puceau, ni prude. Seulement, il avait expérimenté une vie sexuelle seulement avec un autre homme. Entendre Sirius supposer, encore une fois, l'existence d'une petite-amie le mettait dans tous ses états.

Non seulement car ça le renvoyait au fait que les filles ne l'intéressaient absolument pas et parce que ça lui rappelait inévitablement Tom. Tom et ses mensonges. Tom et son silence. Tom et la fin de leur relation. Les dix derniers jours n'avaient pas effacé la tristesse, la colère et la rancœur mais la douleur était un peu plus supportable. Notamment quand il se plongeait dans le boulot au cabinet Malefoy, dans ses bouquins à la fac ou dans la télévision d'Adrian.

« Siri… Je n'ai pas de petite-amie, » déclara t-il en relevant la tête pour le regarder. « Si j'en avais une, vous le sauriez. Ce n'est pas le cas. »

« Très bien. Pas de petite-amie, » conclut Sirius d'un ton lent au bout de quelques secondes de silence. « Seulement un pote, alors. »

Harry jurait que la dernière phrase de son parrain contenait une inflexion interrogative mais il s'interdit de le relever. Si ses parents étaient parfois complètement aveuglés à son sujet, c'était rarement le cas de Sirius qui le connaissait et pouvait deviner des choses à son sujet avec une acuité désarmante. Il se contenta de rester muet. Sa vie était trop chamboulée pour le moment pour y rajouter son coming-out.

« C'est… Écoute, ton père est vraiment inquiet à ton sujet et il n'ose pas réellement te contacter. Entre sa fierté déplacée et sa certitude que tu ne veux plus jamais lui adresser la parole, il préfère ne rien faire. »

« Il est vraiment soucieux ? » s'enquit Harry avec prudence.

Le regard de Sirius le fit tressaillir et il se sentit rougir bêtement. Savoir que James s'inquiétait sincèrement pour lui lui réchauffait le cœur. Sa vie était un tel bordel, bon sang. Il avait juste besoin d'être sûr que certaines choses ne changeaient pas et allaient rentrer dans l'ordre.

« Tu as vraiment besoin que je te le dise ? Tu te doutes très bien que ta mère est aussi dans tout ses états. »

« Je… Je n'ose pas trop, » confia le plus jeune en passant une main derrière sa nuque. « Retourner à la maison et dire 'coucou' juste comme ça. »

« Vas-y quand tu te sens prêt mais ne restez pas bêtement en froid comme cela pendant des semaines, » conseilla Sirius.

Après cela, l'atmosphère entre eux se détendit réellement. Sirius perdit son air sérieux et grave pour se décontracter et lui lancer un sourie jovial. Harry sentit le soulagement se répandre en lui en constatant que rien n'avait changé entre Sirius et lui. Une pointe de regret remua ses entrailles en songeant qu'il avait volontairement mis de côté toutes les personnes de sa famille depuis sa dispute avec ses parents. Car il ne se sentait pas en mesure de le faire.

Sirius et lui commandèrent une deuxième tournée sans cesser de discuter de choses et d'autres. Harry lui raconta avec enthousiasme son premier rendez-vous avec un client du cabinet Malefoy. Il travaillait avec Cédric Diggory sur ce dossier et son collègue, avec l'accord de Lucius Malefoy, lui avait confié de réaliser cet entretien du début à la fin pour la première fois. Ça avait été une expérience un peu stressante mais au bout de quatre mois passés dans l'entreprise, Harry avait assisté à suffisamment de rendez-vous pour relever ce défi.

« Sérieux, j'avais la voix qui tremblait au début. Ce qui est ridicule car je suis ce client depuis mon arrivée au cabinet mais d'un coup, que ce soit moi qui gère le truc, ça m'a pétrifié, » raconta Harry avec emphase, les yeux brillants de joie. « Après cet entretien, j'étais pas vraiment sûr d'être fait pour ce genre de travail. Gérer la communication d'une entreprise et l'aider à se développer, c'est vrai que c'est chouette mais ce que je préfère, c'est rédiger des communiques de presse ou bien aller rencontrer des clients potentiels sur le terrain. Enfin, quoiqu'il en soit ,c'était un bon moment. Je suis content que mes collègues me fassent suffisamment confiance ! »

« Je suis heureux de t'entendre être si enthousiaste pour ce travail ! » s'écria Sirius en souriant. « Après, il faut le temps pour être certain de ce que l'on veut faire de sa vie. Comment ça se passe avec Lucius ? »

« Oh, tu sais… Il est égal à lui-même. Des regards froids, des rictus et des hurlements sur tous ses employés, » ricana le jeune Potter en roulant des yeux. « Mais il m'a complimenté du bout des lèvres sur mon travail il y a dix jours alors je pense que c'est plutôt positif. »

Évidemment, Harry resta silencieux sur le fait que Lucius avait glissé ce compliment dans son conseil d'évincer définitivement Tom Jedusor de sa vie. Il avait été le premier effaré de voir l'homme reconnaître son travail et son investissement depuis son arrivée dans le cabinet Malefoy. Ça avait été déstabilisant et, si Harry s'écoutait, il pourrait croire que son patron avait voulu le consoler. Incroyable, n'est-ce pas ?

« C'est génial, » s'enthousiasma Sirius en frappant dans ses mains. « Je sais bien combien c'est difficile pour ce connard coincé de faire un compliment à quiconque d'autre que lui-même. Tu peux être fier de toi. »

« Merci Siri, » murmura Harry, touché.

Étonnamment, ce moment avec Sirius revigora Harry et il quitta son parrain en ayant le cœur un peu plus léger. Il lui adressa un dernier signe de la main en le regardant partir à toute allure, juché sur sa moto. Assez embarrassé de lui demander de le déposer au pied de l'immeuble d'Adrian, Harry s'était contenté de lui indiquer la gare de Victoria, assez près du logement de son ami. Sirius était peut-être gentil et tout le tralala, mais il n'aurait jamais pu se retenir de faire sa petite enquête sur celui qui l'hébergeait depuis dix jours à présent.

Les nuages gris laissaient passer quelques rayons d soleil qui vinrent caresser sa peau. Enfonçant ses mains dans les poches de son blouson, Harry apprécia la douceur de ce mois de janvier. Il était certain que la partie de foot du lendemain chez les Weasley allait être une réussite. Ron s'était assuré discrètement auprès de ses parents que les Potter ne risquaient pas de débarquer chez eux pour une raison ou une autre. Si Harry revoyait ses parents, il ne voulait pas que ça se fasse en présence d'autres personnes.

Comme il l'avait dit à Sirius, il avait encore besoin d'un peu de temps. Histoire de remettre ses pensées en ordre et d'avoir le courage de faire face à ses parents après leur avoir dit qu'ils l'emmerdaient. Il culpabilisait chaque fois qu'il repensait à la façon dont il avait évoqué l'impossibilité de Lily à avoir un second enfant. C'était mesquin de se part et rien ne justifiait une telle méchanceté. Comment avait-il pu être aussi mauvais ?

Tom… La réponse n'était pas si difficile à trouver finalement. Sa colère contre Tom avait été telle qu'il avait laissé ce sentiment le submerger. Harry fit un geste de la main pour remercier le véhicule le laissant passer et il s'empressa de traverser le passage clouté. Penser à Tom lui provoquait comme un coup d'électricité à chaque fois.

« Espèce de connard, » marmonna t-il entre ses dents.

Avec le temps s'écoulant, Harry ignorait ce qui était le plus douloureux : apprendre que Tom était le patron de la mafia ou bien subir son silence radio depuis cette soirée là. Le choc premier passé, Harry s'apercevait que l'idée était de moins en moins effrayante. Comme s'il s'habituait progressivement à ce que la mafia existe réellement et que son amant en soit le dirigeant. Sa récente conversation avec Drago Malefoy était responsable de beaucoup dans ce changement de point de vue. Peut-être était-ce l'objectif principal de son camarade mais en seulement une discussion, il était parvenu à dédiaboliser la mafia, à la rendre plus humaine. Était-il devenu fou de penser cela ? Si ses parents ou quiconque de son entourage venaient à savoir qu'il commençait à seulement envisager d'accepter la mafia comme elle était, ils en seraient tous malades.

Et à juste titre.

Pourtant, Harry ne pouvait pas s'empêcher de ressasser les dernières paroles de Drago avant que celui-ci ne l'embarque dans une soirée complètement folle. Avait-il tort ou raison de prétendre que Tom et lui étaient fait pour être ensembles, peu importe leur différence ? Son cœur se comprima étrangement à cette pensée et il n'eut aucun mal à laisser le visage de Tom envahir son esprit. Il frissonna en se rappelant les baisers de l'homme et il morigéna entre ses dents en sentant son érection s'éveiller aussitôt. Il était de plus en plus difficile d'ignorer, chaque matin, son érection dure quand son esprit se remémorait la façon passionnée dont Tom lui faisait l'amour.

Après lui avoir donné sa virginité, Harry ne parvenait plus à résister aux assauts physiques de l'homme. Mieux encore, il se donnait à lui avec plaisir, se transformant en une masse gémissante et haletante. Car Tom était foutrement doué avec ses mains, sa langue et… son sexe. Mon dieu, il ne parvenait même pas à chasser de son esprit cette séance de sexe particulièrement torride dans la douche de Tom. Harry rosit face à ses propres pensées en pleine rue et il se secoua la tête. Que lui prenait-il de penser à cela maintenant ?

Harry poussa un soupir éreinté en constatant combien il lui était impossible d'oublier Tom. Drago avait raison ! Ils étaient fait pour être ensemble. La vie lui semblait si terne après avoir connu de telles émotions avec le trentenaire. C'était juste… Qu'était-il censé faire ? Le coeur serré par l'émotion, par le manque, Harry attrapa son téléphone portable et entra dans ses SMS. Il trouva rapidement sa conversation avec Tom et fit défiler les textos sous ses yeux. Le dernier message datait d'il y a douze jours à présent.

Viens à la maison ce soir. J'ai commandé des pizzas. Et du vin rouge.

Et Harry s'était effectivement rendu chez Tom. Ça lui faisait toujours étrange lorsque l'homme disait la maison pour désigner son appartement. Ça paraissait tellement naturel. Harry y avait d'ailleurs laissé des affaires y traîner, se sentant très bien entre ses murs. À sa place auprès de Tom. Ils avaient passé une merveilleuse soirée et Tom avait fini par l'allonger sur le tapis près du poêle à bois et lui avait fait l'amour durement, sans lui laisser la moindre seconde de répit. À son plus grand plaisir.

Comment avaient-il pu passer de ce moment d'extase à la rupture la plus nette et tranchée ? Lors de leur première dispute, Tom lui avait laissé quelques jours de tranquillité avant de l'appeler chaque soir à 21h45. Jusqu'à débarquer à la fête de la fraternité pour le sortir de là. Cette fois-ci, Tom n'avait pas tenté de le contacter une seule fois. Nada. Rien. Ni un message, ni un appel manqué. C'était douloureux et en même temps, cela répondait à ce qu'il avait exigé de Tom avant de quitter l'appartement en coup de vent. C'était bien ce qu'il avait voulu n'est-ce pas ? C'est bien ce qu'il avait recherché ? C'était ce qu'il y avait de mieux à faire de toute façon, non ?

En se mordillant la lèvre, Harry sut qu'il faisait une bêtise mais ses doigts agirent de leur propre volonté. Il rentra dans les paramètres de son téléphone et masqua son numéro pour les appels. Ensuite, il appuya sur le nom de Tom et colla son mobile contre son oreille. Son cœur s'accéléra quand les premières tonalités s'élevèrent.

« Oui allô ? »

La voix de Tom lui coupa le souffle. Elle était grave et pressée, comme si l'appel le dérangeait dans son boulot. Bouleversé, Harry s'appliqua à rester silencieux. Ses yeux se fermèrent alors qu'il s'arrêtait au pied de l'immeuble d'Adrian. Il y eut un léger silence et Harry put presque sentir l'étonnement de Tom.

« Allô ? » répéta t-il.

Tom laissa échapper un soupir agacé face à l'absence de réponse puis il raccrocha. Harry resta bêtement appuyé contre le mur de l'immeuble et il poussa à son tour un profond soupir. Il savait combien il avait l'air stupide mais entendre la voix de Tom lui avait fait du bien. Est-ce que l'homme se doutait qu'il était celui l'ayant appelé en numéro masqué juste pour entendre sa voix ? C'était ridicule !

« Je t'aime Tom, » murmura t-il en regardant l'écran de son téléphone.


Bonne semaine.