Bonjour les amis. Me revoilà de retour parmi vous après une très longue absence. Beaucoup d'entre vous étaient triste à l'idée de ne pas voir de suite à cette fic. Je tiens donc à vous rassurer. Je n'ai nullement l'intention de l'abandonner. Le premier tome ira jusqu'au bout. Cela mettre probablement du temps, mais je l'écrirai.

Je ne vais pas m'attarder plus longtemps, je vais plutôt vous laisser apprécier ce nouveau chapitre.

Comme d'habitude, mis à part quelques personnages secondaires et Sarah, aucuns des personnages ne m'appartiennent.

Bonne lecture à vous!


Chap 21 : Une Sarah très demandée


Il ne fallut que très peu de temps à Sarah pour apprendre à vivre avec ses deux apparences. Forte d'une tout nouvelle résolution et de son nouveau bonheur d'appartenir enfin à un peuple qui la respectait pour ce qu'elle était. Dormir à la façon elfique, restait ce qu'elle préférait par-dessous tout. Cela lui donnait l'impression que le monde était à portée de main. Un nouvel univers s'ouvrait à elle. Toutes ces choses qu'elle n'aurait jamais envisagé de faire auparavant et qui maintenant lui apparaissait avec une extrême simplicité.

Sa nouvelle vision était dorénavant un véritable atout. Qui aurait pu penser que la vision des elfes était aussi sensible, mais également aussi développée. C'était là aussi une heureuse découverte pour Sarah. Avoir des jumelles en guise d'yeux, qui l'eut cru ? Elle voyait le monde différemment, tous ces détails qui avaient toujours étaient là, mais dont elle ne s'était jamais aperçue, aujourd'hui elle les voyait enfin.

Quant à ses pouvoirs de sorcière. Elle les sentait plus vivant, plus vibrant que jamais en elle. Ce fluide magique, cette chaleur diffuse qui faisait partie d'elle. Il ne demandait qu'à être utilisé sous sa nouvelle apparence. Cela semblait si facile d'être aux yeux de tous, une elfe de Lorien, avec des pouvoirs de sorcières. Et c'était si facile. Ils n'attendaient que ça, entré en action. Rien de plus facile. Alors que pendant longtemps, elle les avait toujours refoulé au plus profond d'elle-même, à en perdre même parfois le contrôle, alors qu'elle ne les maîtrisait pas, aujourd'hui elle se sentait tellement plus forte grâce à eux. Elle savait qu'ils faisaient partie d'elle parce qu'ils étaient elle. Aujourd'hui elle les avait parfaitement acceptés, elle en avait la pleine maîtrise, et pour rien au monde elle n'y renoncerait. Ils étaient elle. Et elle était eux.

Le plus surprenant fut certainement la réaction du peuple de la Lorien, suite à sa métamorphose. Ou plus exactement le manque de réaction des elfes, qui il faut bien l'avouer, n'avait pas été plus surprit que ça d'apprendre que leur petite sorcière qui leur en avait fait voir de toutes les couleurs à son arrivée en ces lieux, avait en elle une part d'elfe. Même si personne ne le lui avait réellement dit, ils avaient bien senti au fil des jours qu'il se dégageait d'elle un je ne sais quoi qui leurs rappelait que malgré tout elle était une des leurs. Surtout que bien évidemment, par les Valars, les Seigneurs des lieux n'auraient jamais permis que n'importe qui demeure aussi longtemps en ces lieux, sans une bonne raison.

Et il y avait aussi eu ce sentiment plus fort qu'un je ne sais quoi qui avait commencé à se manifester quelques jours avant le début de sa métamorphose. Un sentiment de liberté, d'appartenance aux lieux. Tous l'avaient parfaitement ressenti. Seuls deux ou trois en avaient compris la raison avant que les Seigneurs ne leurs en explique la raison.

Aujourd'hui, elle était leur fierté. Sarah Ancalimë de son nom d'Homme. Jeune sorcière débarquant d'un autre monde nommé Terre. Nouvellement mi- elfe mi- sorcière aux pouvoirs exceptionnels, qui se révélaient d'une puissance inimaginable. Elle était leur fierté, mais également, la peur au plus profond de leurs cœurs, leur plus grand espoir dans cette guerre qui était à présent imminente.

Sarah rejoignit son amie Enelya aux maisons de guérison voir si cette dernière n'avait pas besoin d'un petit coup de main en cette belle matinée. Bien que les lieux ne soient jamais bien pleins, il lui arrivait de trouver son amie au chevet d'enfants principalement qui apprenaient la vie. C'est donc une fois de plus auprès d'un enfant qu'elle retrouva la guérisseuse qui pansait une écorchure à une petite tête blonde.

« Je peux me joindre à toi ? » lui demanda-t-elle en guise de bonjour.

Enelya lui sourit comprenant où son amie voulait en venir. Sarah adorait ces enfants, tellement elle se voyait en eux. Et eux de leur côté l'adorait pour sa magie. Il n'y avait pas une fois où lorsqu'elle leur racontait des histoires, elle ne mêlait pas sa magie, à leurs plus grand plaisir.

« J'en serais plus qu'honorée » lui répondit son amie.

Sarah positionna ses mains au-dessus du genou du petit elfe. Presque immédiatement, ses mains s'illuminèrent d'une douce lueur, accompagnée de milliers de petites lueurs bleues qui tourbillonnaient bienveillantes autour de la blessure, alors que Sarah ressentait la vie dans ses mains. En quelques secondes tout fut terminé. L'incandescence de ses mains se résorba, ses scintillement également, et l'écorchure avait laissé place à une peau dépourvue de toute blessure. Les déchirures des vêtements autour de la petite blessure s'étaient annulées d'elles-mêmes. Comme si rien ne s'était passé.

La blessure s'était guérie d'elle-même pour la plus grande joie de l'enfant qui d'après l'espièglerie de son visage n'avait qu'une seule envie : retourner jouer avec ses camarades qui l'attendait près de l'entrée en chuchotant entre eux, et accessoirement repasser par les maisons de guérisons, pour une nouvelles visite auprès de leur guérisseuse magique.

« Voilà bonhomme, c'est guéri » s'amusa-t-elle.

Le garçonnet se suspendit joyeusement à son cou pour déposer un baiser sonore sur sa joue. Puis sans demander son reste, il sortit en courant en compagnie de ses amis.

Pendant ce temps-là, à l'extérieur, les gardes repèrent un cavalier à l'approche. Un cavalier blond entra dans la cité de Carras Galadron, chevauchant un destrier blanc comme neige. Sans que personne ne s'oppose à son passage, il avança d'un pas paisible en direction des écuries où il laissa sa monture aux bons soins des palefreniers.

On le surnommait 'tête blonde' dans le langage des hommes à cause de la couleur blonde de ses cheveux. Il était le commandant des armées de Rivendell, royaume d'Elrond. C'était d'ailleurs à la demande de ce dernier qu'il était venu transmettre un message aux Seigneurs des lieux.

C'est paisiblement, avec toute la grâce naturelle des elfes même en période de sombres heures qu'il s'avança vers le palais royal où il se fit annoncer.

« Seigneur Celeborn, Dame Galdriel » les salua-t-il respectueusement lorsqu'ils furent devant lui.

« Glorfindel. Mon cher ami, quel bon vent vous amène ici ? » le questionna Seigneur Celeborn

« Il a un message de la plus haute importance à nous transmettre » le devança la Dame après avoir pénétré l'esprit du visiteur.

« C'est cela ma Dame. Mon Seigneur Elrond m'a chargé personnellement de venir vous transmettre un message. Les heures sombres se rapprochent bien plus vite que nous le pensions. Nous n'avons désormais plus le choix face à la menace. Mon Seigneur réunit une assemblée extraordinaire. Sa venue est probablement notre seul espoir de réussite. » annonça-t-il tristement.

« Par Eru, ce n'est qu'une enfant ! Elle n'est pas encore prête ! »

« Mon Amie » commença doucement Celeborn qui connaissait le lien puissant qui unissait désormais son épouse à leur jeune invitée « Ce que nous craignions depuis longtemps est en train de se produire. Je sais que ce que nous nous apprêtons à lui demander dépasse l'entendement tant elle n'est encore qu'une enfant. Mais aujourd'hui, nous ne pouvons plus reculer l'échéance. Nous prierons s'il le faut les Valars pour qu'ils la protègent. Nous ne pouvons lui demander ce sacrifice et pourtant c'est ce que nous nous apprêtons à faire.»

Glorfindel ne s'attarda pas plus. Sitôt son message délivré, et après quelques heures de repos au sein de la maison des invités, le valeureux guerrier reprit la route pour Rivendell.

De leur côté, les Seigneurs de la Lorien se retirèrent dans leurs appartements, le cœur lourd. Ils s'apprêtaient à perdre Sarah, et cela leur brisait le cœur. Ils restèrent un long moment à décider de la façon dont ils présenteraient les choses à la jeune mortelle. Même s'ils en connaissaient déjà la réponse, les visions de Galadriel leur avaient déjà révélé le prochain départ de Sarah. Ils ne parvenaient à se résoudre à la laisser partir. Et pourtant, c'était là son destin. Et ils ne pouvaient s'y opposer !

C'est ainsi qu'un long moment plus tard, alors que le soleil commençait sa descente à l'horizon, qu'ils se rendirent ensemble aux maisons de guérison. Ils l'y trouvèrent en grande discussion avec son amie Enelya.

« Sarah » l'appela doucement Galadriel.

À l'appel de la souveraine, Sarah se figea un très court instant. Quelque chose dans la voix de son aînée l'incita à penser qu'il se passait quelque chose. Le visage de cette dernière reflétait une intense tristesse comme elle n'en avait jamais vu chez cette dernière. Une tristesse que Galdriel ne parvenait pas à cacher.

« Mes Seigneurs ! Que se passe-t-il ? Il est arrivé quelque chose à Haldir ? » s'inquiéta-t-elle aussitôt.

« Rassurez-vous Sarah. Haldir va très bien » la rassura Celeborn. « Nous avons à vous parler. C'est un sujet délicat que nous avons à aborder avec vous. Venez Sarah, allons faire quelques pas à l'extérieur. »

Tous les trois ressortirent rapidement des maisons de guérisons. Sans dire un mot, ils prirent le chemin de la clairière des Souverains. Cette attitude attisa la curiosité de Sarah. Elle sentait bien qu'il se passait quelque chose, vu leur mine défaite. Ils tentaient de sourire. Mais cela sonnait étrangement faux.

Arrivés à destination, ils s'installèrent dans le talan. Celeborn et Galadriel face à Sarah. Durant quelques longues secondes encore, aucun ne dit mot. Ils se contentaient de la regarder, leurs si beaux yeux pleins de sagesse, reflétait toujours cette tristesse.

Ce fut finalement Celeborn qui prit le premier la parole.

« Sarah, ce que nous avons à vous dire est très important. Nous allons tenter de vous expliquer les choses le plus clairement possible afin que vous compreniez bien ce que nous tentons de vous expliquer. L'important est qu'il ne subsiste aucun doute dans votre esprit »

« Sachez toutefois que la décision finale n'appartient qu'à vous mon enfant » continua doucement Galadriel en prenant doucement la main de Sarah.

« Vous commencez à me faire un peu peur là » murmura Sarah.

« Sarah. Vous n'êtes pas sans savoir qu'un mal en puissance se cache aux delà de nos frontières. Caché en Mordor, le mal semble s'être réveillé, gagnant en puissance, et tentant de répandre son influence sur toutes les contrées de la Terre du Milieu. Nous savons par ailleurs que l'anneau unique a été retrouvé, qu'il cherche à retrouver son maître, d'où l'activité ressentie récemment en Mordor. Des cavaliers noirs en sont sortis, parcourant nos terres à la recherche de l'unique pour leur maître. « reprit Celeborn, la voix plus grave que jamais.

« Mon enfant écoutez-moi. Le Seigneur Elrond tiendra un conseil extraordinaire en son royaume le 19 Octobre. Vous y êtes conviée car certaines informations vous concernent au plus haut lieu. » enchaîna Galadriel.

« Il faut que vous sachiez également que votre présence en ces lieux a été révélée à notre ennemi. Un de nos anciens alliés, dont Elrond a tu le nom jusqu'à présent s'est récemment rallié au Mordor, nous trahissant, et révélant certaines de vos aptitudes. »

« Sarah. La guerre est désormais imminente. Au vu des dernières informations qui nous sont parvenues, il semble que vous alliez devoir prendre parti à cette guerre. De façon directe ou indirecte nous ne le savons pas encore. D'où la demande d'Elrond à ce que vous participiez à cette assemblée extraordinaire en son royaume. Néanmoins la décision finale n'appartiendra qu'à vous. » sourit Galadriel.

Sarah les regarda tour à tour, ne sachant que penser. Ce qu'elle attendait depuis si longtemps d'une certaine façon était arrivé plus rapidement que prévu. Elle avait peur à présent. Peur de faire un mauvais choix. Peur que le choix qu'elle fera sera lourd de conséquence. Peur de ne pas être à la hauteur de ce qu'on pourrait lui demander. Peur de ne pas réussir à accomplir ce qu'on attendait d'elle.

Toutes ces questions durent se lire sur son visage, car Galadriel qui n'avait cessé de l'observer lui dit :

« Il est tout à fait normal que vous ayez peur de l'inconnu Sarah. Tout le monde a un jour ou l'autre eu peur de décevoir, de ne pas se sentir prêt à accomplir ce qu'on attendait d'eux. Douter de ses capacités, vous rend plus fort que ce que vous pouviez penser. »

« J'imagine donc que je dois être honorée d'avoir été spécialement invitée à cette assemblée. Et si j'acceptai sa requête, quand devrais-je me mettre en route pour Rivendell ? »

« Le plus rapidement possible car la route risque d'être assez longue. En fait dès demain pour être plus précis » révéla Celeborn

« Si tôt ?

« Nous sommes désolés mon enfant. Nous ne pensions pas que tout cela arriverai si tôt. Nous pensions avoir plus de temps pour vous y préparer. »

« Vous n'y êtes pour rien mes Seigneurs. Si c'est ainsi que les choses doivent arriver, nous ne pourrons lutter contre. Et puis ce n'est qu'un conseil. Je serai rapidement de retour. » optimisa Sarah.

« Un conseil certes, mais probablement lourd de conséquences pour ma suite des évènements » sourit tristement Galadriel « mais vous avez raison Sarah. Pour ce moment, ce n'est là qu'un conseil. »

« Si vous le permettez, je vais me retirer à présent. Je voudrais me préparer pour le départ de demain. »

« Bien évidemment. Allez-y Sarah » l'encouragea Celeborn.

C'est malgré tout le cœur lourd que la sorcière prit congé de ses ainés, et prit le chemin de son talan. Elle prépara rapidement un sac dans lequel elle y mit pêle-mêle quelques affaires indispensables. Notamment quelques pantalons et longues tuniques, ainsi qu'une longue cape verte grise, ce qui la ferai aisément passer pour un rôdeur.

Le reste de la soirée fut assez calme. Elle eut la visite de tous ceux qu'elle aimait. Venus la soutenir et l'encourager pour son futur voyage, chacun y allant de son conseil. Tous avaient été mis au courant par les Seigneurs, qui leurs avaient expliqués les raisons.

Lorsqu'ils repartirent, Sarah se sentit forte. Elle était habitée par une nouvelle détermination. À savoir qu'elle était tout à fait capable d'entreprendre ce voyage, que tout se déroulerai pour le mieux. Elle savait ce qu'elle avait à faire, ce qu'on attendait d'elle. C'est tout naturellement qu'elle accomplira sa mission.

Le matin du départ, elle se leva tôt, et sur une subite impulsion, elle glissa dans ses affaires les quelques photos qu'elle possédait de son père. Elle accrocha également autour de son cou son pendentif auquel elle tenait énormément, qu'elle glissa ensuite sous sa tunique grise.

Lorsqu'enfin elle fut prête, elle rejoignit les écuries, où elle eut la surprise de retrouver tous ses amis qui l'y attendaient. Chacun leur tour, ils la prirent dans leurs bras, la serrant fort contre eux avant de lui souhaiter bonne chance pour son périple.

Elle leur promit de se montrer extrêmement prudente, de ne rien tenter de stupide. C'est aussi pourquoi elle portait autour de la taille une ceinture de cuir sur laquelle était accroché deux poignards à la lame extrêmement tranchante. Elle y portait également l'épée dont elle se servait pendant ses séances d'entraînement au maniement des armes. C'est Haldir qui la lui avait apportée la veille.

Nilwë avait été scellé alors qu'elle se préparait dans son talan. Il n'attendait plus que sa cavalière pour partir. Vient alors le moment du départ. Alors qu'elle montait à cheval, Sarah ne put s'empêcher de jeter un dernier coup d'œil sur sa maison, ses amis, comme si au plus profond d'elle, elle sentait qu'il lui faudrait attendre très longtemps avant qu'elle ne puisse revenir en ses lieux.

Enfin, elle lança son cheval au pas, le temps de sortir de la cité, puis de la forêt. Rapidement elle fut rejointe par Alassë et Haldir, qui choisirent de l'escorter jusqu'au frontières du royaume.

Arrivés aux frontières, les trois cavaliers mirent pied à terre une dernière fois. Alors que de leurs côtés les deux hommes avaient le cœur serré de la laisser partir si loin d'eux. De son côté Sarah n'en menait pas plus large, le cœur gros, les larmes qui menaçaient de couler d'ici peu. Ils lui firent leurs dernières recommandations. Lui recommandant d'être bien prudente, et de bien s'arrêter à la nuit tombée.

Enfin, elle se mit au galop, sans un regard en arrière, alors que n'ayant plus la force de le contenir, elle laissa ses larmes couler librement sur ses joues.

Sa première halte, elle la fit quelques longues heures plus tard afin de laisser son cheval reposer un peu. Elle en profita pour manger un de ces délicieux pains elfique qui lui avaient été remis avant son départ. Elle choisit aussi de prendre son apparence d'elfe en remontant à cheval. Elle laissa son cheval galoper au grès de ses envies jusqu'à ce que le jour décline lentement. Elle choisit une petite cavité rocheuse pour campement, ainsi elle pourrait se protéger de la pluie et des vents cette nuit, s'il y en avait.

C'est ainsi qu'au milieu de la matinée du quatrième jour, elle arriva au croisement de la route du Sud et du chemin vert. Elle s'y arrêta pour manger rapidement, car voulait perdre le moins de temps possible. Elle s'apprêtait tout juste à se remettre en selle, lorsqu'une violente douleur la prit à l'estomac. Sous l'effet de la douleur, elle se plia en deux. À cet instant, elle sentit sa magie qui prit le dessus sur elle. Et eu alors un instant de panique, car la dernière fois que sa magie avait pris le dessus sur elle, elle avait fait pas mal de dégâts en Lorien. Toutefois, cette fois-ci elle ressentait quelque chose de nouveau, de différent. Sa magie la parcourait à une allure folle. Elle pouvait la sentir.

Un vent qui semblait venir du Nord se mit à tourbillonner follement autour d'elle, essayant presque à l'obliger à prendre la direction du Nord. C'était comme si on essayait de lui transmettre un message, mais elle ne parvenait pas à le déchiffrer, luttant comme elle le pouvait pour ne pas perdre la maîtrise de sa magie. Le vent se mit alors à tourbillonner tout autour d'elle. Et lorsqu'il entra directement en contact avec tout son être, elle eut des flashs très lumineux, très rapides, d'une violence inouïe.

Dans le premier, elle reconnue Aragorn dans ce qui semblait être une auberge, assis à une table dans le coin le plus sombre de la pièce, à demi dissimulé sous sa cape, rabattue pour l'occasion sur sa tête. Il surveillait du coin de l'œil quatre petites créatures installées un peu plus loin, et qui étaient loin de passer inaperçues.

Dans le suivant, elle se retrouva dans une chambre plongée dans l'obscurité. Elle y reconnue de nouveau Aragorn, debout devant la fenêtre, qui semblait surveiller ce qui passait à l'extérieur. L'atmosphère y était beaucoup plus étouffée, beaucoup plus sombre. La route principale était déserte jusqu'à ce que surgissent neufs cavaliers noirs montant neufs terrifiants chevaux aux yeux rouges. Aux cris aigus venant de l'extérieur, les quatre petites créatures à nouveau présente, se réveillèrent en sursaut.

Un troisième flash remplaçait déjà le précédent. Cette fois-ci, elle y vit Aragorn qui se battait seul contre des créatures qui ressemblaient étrangement aux cavaliers du flash précédent. Ils ressemblaient à s'y méprendre à des spectres vivant. Il parvenait à en enflammer certains, ce qui faisait reculer les autres en poussant à nouveau d'horribles cris aigus. Ce flash ci fut rapidement remplacé par un nouveau. Cette fois-ci il faisait grand jour. Elle put y voir un magnifique cheval blanc monté par une femme, ou plutôt une magnifique elfe en laquelle elle reconnue Arwen. Elle chevauchait à vive allure, tenant d'une main les rennes de son cheval, tandis que de l'autre, elle maintenait fermement contre elle l'une des créatures qu'elle avait vu dans ses flashs précédents. La créature en question semblait bien mal en point. Arwen était poursuivi par les neufs cavaliers qu'elle reconnut sans peine. Ils étaient déployés en V derrière elle et gagnaient sensiblement du terrain. L'un d'eux tendait la main en avant et…

Le flash s'interrompit alors, laissant Sarah à bout de souffle, on aurait dit qu'elle venait de courir un marathon, alors qu'elle n'avait pas bougé d'un pouce.

« Non… » souffla-t-elle « non… »

Alors elle essaya de se remémorer son premier flash. Elle se souvenait avoir vu ce village au cours de son apprentissage. Comment se nommait-il déjà ? Avec ses grandes portes, son auberge du poney fringuant, sa grande route principale. Bree si sa mémoire ne lui faisait pas défaut. Les Seigneurs la tueraient s'ils avaient vent de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Se remettant en selle, elle fit prendre à son cheval, la direction opposé de celle qu'elle était sensée suivre. Cap au Nord et non au Sud.

« Allez mon beau, c'est une urgence. Il va falloir m'aider, j'ai besoin de tout ce que tu peux me donner ! »

L'animal sembla comprendre la demande de sa cavalière car l'instant d'après, il filait au triple galop sur le chemin vert.

Les quelques voyageurs qu'elle rencontra en chemin eurent à peine le temps de l'apercevoir tellement elle semblait à la vitesse du vent. Un peu comme si sa vie en dépendait. Tout ce qu'ils eurent le temps de voir, c'est un cheval noir monté par une elfe vêtue d'un long manteau noir semblable à ceux que portent les rodeurs.

C'est ainsi que le lendemain à la tombée du jour, elle pénétrait enfin dans le village, juste avant la fermeture des portes principales pour la nuit.

Elle mit son cheval au pas, afin de tenter de reconnaître les lieux qu'elle avait rapidement aperçu dans sa vision. Il fallait qu'elle trouve la bonne auberge elle se voyait mal se présenter dans toutes les auberges du village à la recherche de quatre créatures pas plus hautes que trois pommes.

Il fallait croire que la chance était avec elle, car après quelques pas seulement dans le village, elle reconnut l'auberge de sa vision. L'auberge du poney fringuant put-elle lire.

Une fois son cheval à l'abri aux écuries, Sarah revint sur ses pas, s'arrêta quelques instants devant l'établissement qui l'intéressait. Se décidant enfin, elle entra alors dans l'auberge. Sitôt entrée, elle ne passa pas inaperçu avec son style vestimentaire, la capuche toujours rabattue sur sa tête, si bien que tous les regards convergèrent vers elle.

Arrivée au comptoir, elle n'eut pas à attendre longtemps avant que le propriétaire ne vienne à sa rencontre.

« Une chambre, et de quoi manger s'il vous plait »

« Installez-vous, je vous apporte ça » lui répondit-il en lui remettant la clef de sa chambre.

Tout comme Aragorn dans sa vision, Sarah alla s'installer au fond de la salle, à la même table qu'avait occupé ce dernier quelques longues heures plus tôt.

D'où elle s'était assise, elle avait une vue d'ensemble sur la salle. L'homme au comptoir lui apporta rapidement de quoi se restaurer. Tout en mangeant, elle parcourue la salle dans son ensemble, scrutant chaque personnes qui entraient, écoutant les différentes conversations en cours. Mais rien ne retint son attention. Si bien qu'au bout d'une heure environ, elle dut se rendre à l'évidence. Des hobbits c'est ainsi que se nommaient les créatures il n'y en avait aucune trace, et d'Aragorn, encore moins.

Alors que la salle se vidait peu à peu, elle interpella l'homme qui l'avait servie.

« Dites-moi, vous n'auriez pas vu récemment quatre hobbits accompagnés d'un homme aux cheveux lui tombant sur les épaules, et qui répond au nom de Grand-pas ? »

« Faite attention à vous gente dame, ces rodeurs ce ne sont pas des gens fréquentables. Ils sont mauvais, dangereux » la mit-il en garde.

« Merci de votre attention à mon égard, néanmoins vous n'avez pas répondu à ma question, les avez-vous vus ? »

« Oui je les aient vus. Ils séjournaient ici jusque hier. »

« Ils sont partis tôt je présume ?! »

« Oui, ils ont quittés l'auberge assez précipitamment hier à l'aube »

Sarah le remercia, puis ayant terminé son repas, elle se retira dans sa chambre pour réfléchir aux dernières informations qu'elle avait obtenue. S'ils étaient partis la veille à l'aube, cela leur faisait quasiment deux jours d'avance. Mais s'ils étaient à pieds, car ils devaient certainement l'être, cela réduisait considérablement leur avance. Et comme elle était à cheval, en partant à l'aube elle aussi, elle pouvait aisément rattraper son retard en quelques heures si elle ne s'arrêtait pas avant de les avoir rattrapés.

Elle s'accorda ensuite quelques heures de sommeil elfique.

Dès que les premières lueurs du jour apparurent le lendemain matin, Sarah était fin prête à reprendre la route. Elle ne voulait pas perdre de temps, et pouvoir les rattraper au plus vite. Elle descendit donc dans la grande salle de l'auberge déserte à cette heure-ci.

Elle s'y restaura rapidement de quelques fruits, rendit sa clef et en profita également pour se renseigner sur la route qu'ils avaient empruntés.

« Ils ont pris la grande route, jeune demoiselle. Soyez extrêmement prudente si vous veniez à rencontrer ce Grand-pas »

Sarah ne s'en formalisa pas, pensant que d'une certaine façon, il n'avait peut-être pas tout à fait tort. Non seulement elle était une femme, et ce n'était pas tous les jours, qu'une jeune elfe partait à la recherche d'un rôdeur, alors que ces derniers ne jouissaient pas d'une bonne réputation.

Elle, elle savait qu'elle ne risquait absolument rien e sa compagnie. Car elle, elle le connaissait mieux que personne. Elle savait que ce n'était qu'une apparence qu'il se donnait. Surtout que s'il y avait une personne qui pouvait se révéler dangereuse, c'était bien elle, et non le rodeur. Elle possédait une arme rare qu'il ne possédait pas et qu'il ne posséderait jamais : la magie !

Sarah sourit de contentement à cette idée alors qu'elle prenait la route des écuries. Nilwë hennit de contentement à l'approche de sa cavalière. Sarah ressortit des écuries au moment où le soleil commençait son ascension dans le ciel.

Conformément aux dires de l'aubergiste, elle prit la direction de la grande route. Celle-ci était tout aussi déserte à cette heure matinale.

N'ayant qu'une idée en tête, à savoir rattraper au plus vite Aragorn, elle mit son cheval au galop.

Le paysage défilait autour d'elle sans qu'elle n'y prêta véritablement attention. Sa seule préoccupation pour l'heure était de réduire la distance qui la séparait de son ami. Et comme pour l'aider dans son périple, un léger vent venant du Nord-Est semblait l'entourer, la poussant dans la bonne direction, comme quelques jours auparavant lorsqu'elle avait eu ses visions. Elle ne s'accorda qu'une pause alors que la journée était bien avancée pour permettre à son cheval de se reposer, l'ayant fait galoper tout le long durant afin de réduire la distance qui la séparait de son but.

Un cri lointain lui glaça le sang, l'obligeant à s'arrêter quelques instant, incertaine. Dans l'obscurité bien avancée, elle chercha grâce à son vision d'elfe des points mouvants. Des éléments en mouvements qui pourraient être ce qu'elle cherchait. Dans la lointaine obscurité, elle discerna ce qui ressemblait à s'y méprendre à un foyer de feu en mouvement. Il s'agissait plus de petits points qui s'agitaient qu'autre chose mais cela la satisfit amplement car elle prit le risque d'en prendre la direction. Si elle se trompait cela se autant de temps de perdu dans sa recherche. En revanche, si elle avait vu juste, sa quête toucherait presque à sa fin.

Sa folle course contre la montre la mena finalement au guet, mais il n'y avait personne. Mettant tout de même pied à terre, elle constata les reste d'un feu encore chaud, qu'elle raviva grâce à une formule afin d'y voir plus clair. Il y avait également les restes d'un repas abandonnés précipitamment. L'épée à la main pour plus de sécurité, la bride de son cheval à la main, Sarah s'avança prudemment à la recherche d'indices qui pourraient expliquer ce qui ressemblait à une fuite. Mais il n'y avait personne, mais elle sentait qu'elle ne devait pas être loin derrière eux. L'écart se resserrait considérablement mais devait-elle s'en réjouir, ou au contraire devait s'en inquiéter. Elle n'avait pas pu empêcher les visions qu'elle avait eu de se réaliser. L'un des petits hommes devait à coup sûr être blessé. Dans sa dernière vision, elle avait vu Arwen poursuivit par des cavaliers qui en avaient après le petit homme qu'elle tentait de protéger. Il lui fallait impérativement les rattraper et lui venir en aide. Sinon à quoi sa magie lui servirait-elle si elle ne parvenait même pas à empêcher certains événements qu'elle pouvait voir avant qu'ils ne se produisent de se produire !

Là, elle sentit le désespoir l'envahir. Que faire pour empêcher que cela ne se produise ? Quelle direction prendre ? Cette fois-ci elle n'avait pas le droit à l'erreur. Jusque-là on pouvait en parti dire que la chance avait été de son côté en la menant là où elle devait se rendre. Mais qu'arriverait si pour une raison quelconque elle choisissait un chemin plutôt qu'un autre ? Les conséquences pourraient sans nuls doutes être désastreuses. Mais pour parvenir à prendre la bonne direction il lui fallait impérativement commencer par retrouver Aragorn. Où pouvait-il bien être ? Elle regarda tout autour d'elle, espérant une intuition ou autre chose qui pourrait l'aider. En posant son regard sur le bois en contre-bas, elle se dit pourquoi pas. Le plus silencieusement possible, elle s'y dirigea la bride du cheval toujours à la main. Il lui sembla alors qu'elle y parvenait entre des bruits de voix étouffées. Elle en distinguait deux sûres, et peut-être même un troisième.

Elle se laissa alors guider par les voix, espérant au plus profond d'elle-même ne pas se tromper. L'épée à la main, elle essaya d'être le plus silencieuse possible, et elle y parvint plus ou moins. Pour elle-même il n'y avait pas de problème. En revanche, elle ne pouvait empêcher les pas de son cheval sur les brindilles de bois.

Elle eut en fin de compte un gros doute, lorsqu'en débouchant à l'orée d'une petite clairière, un silence des plus religieux se fit soudainement. Elle eut juste le temps d'apercevoir trois petites formes se cachait derrière un bosquet.

Et avant qu'elle ait eu le temps de faire un geste de plus, la lame d'une épée tranchante vint s'appuyer contre sa gorge. Dans son dos, elle sentit un corps, qui doucement se déplaça jusqu'à lui faire face.

Lorsqu'elle reconnut son assayant, elle poussa un profond soupir de soulagement, qui ne passa pas inaperçu.

« Aragorn, enfin je vous trouve »

L'effet fut immédiat. Aragorn se recula de quelques pas, libérant au passage sa gorge, tandis que derrière eux, les trois hobbits sortaient de leur cachette. L'un d'entre eux s'avança même jusqu'à leur hauteur comme hypnotisé par la jeune elfe, jusqu'à ce qu'Aragorn qui avait repris ses esprits, l'empêcha d'approcher plus en plaçant son bras devant lui.

« Oh, regardez encore une elfe » s'exclama-t-il subjugué.

Rassurée, Sarah fut la première à ranger son épée, leur montrant de ce fait qu'elle ne leur voulait aucun mal.

« Cela fait des jours que je vous cherchait Aragorn, et enfin je vous trouve ! »

« Pardonnez mon étonnement, mais je n'ai pas le souvenir que nos routes se soient déjà croisées par le passé. Et pourtant vous semblez me connaître ! » s'exclama-t-il méfiant.

Sarah sourit face à sa confusion. Comment pourrait-il avoir le souvenir de la connaître alors qu'il ne l'avait jamais vue sous cette apparence.

« Vous êtes ? » la pressa-t-il

'Bien des choses ont changées depuis ma dernière visite à Rivendell, ' reprit-elle en elfique ' seulement ne me dites pas que vous avez réussi à oublier le seul membre féminin de notre quatuor infernal quand-même ?!' sourit-elle.

Sarah eut lors la satisfaction de voir l'incrédulité se peindre sur le visage du rôdeur.

'Par Eru, comment est-ce possible ? Sarah ?!' poursuivit-il dans le même langage

'En chair, en os et en elfe !' dit-elle avec humour. 'Mais l'heure est grave mon ami. Aragorn, depuis combien de temps Arwen est-elle reparti avec l'un des hobbits ?'

'Mais comment pouvez-vous être au courant de cela ? vous arrivez à peine !'

'Cela serait trop long à expliquer maintenant, alors que nous sommes pris par le temps. Mais c'est grâce à la magie. Elle m'a montré que vous aviez besoin d'aide, et comme je n'étais pas très loin, j'ai fait un petit rochet par ici. Je sais qu'Arwen est en ce moment même poursuivie par des cavaliers à l'allure repoussante. Je crains que seule elle ne s'en sorte pas, d'où ma présence. Il faut impérativement que je la rattrape pour lui venir en aide. Et chaque minute que nous prenons ici à parler, c'est autant de temps perdu à lui venir en aide.'

'Cela fait quelques heures maintenant qu'elle est partie. Les cavaliers noirs n'abandonneront pas tant qu'ils n'auront pas eu ce qu'ils sont venus chercher. Si vous pouvez réellement l'aider, allez-y Sarah. Toute aide salvatrice sera la bienvenue en ces temps sombre…' la supplia-t-il presque.

« Eh oh, on est là nous aussi ! » les interrompit alors l'un des hobbits un peu joufflu.

Aragorn et Sarah se retournèrent de concert, les deux hobbits les avaient rejoints, et les regardaient quelque peu méfiant, tandis que le troisième semblait toujours aussi hypnotisé par l'elfe.

« Ça nous concerne tout autant que vous. Je vous signale que Frodon est notre ami » continua l'autre hobbit au gilet jaune.

« Pardonnez-nous » leur dit Sarah compatissante en langue commune « c'est juste que nous somme pris par le temps. Nous essayons d'aider votre ami, et le temps nous manque quelque peu. »

Puis se retournant vers Aragorn, elle reprit toujours en langue commune afin que les semis-hommes puissent suivre.

« Aragorn, sa monture est-elle rapide ? »

« Très rapide oui, pourquoi une telle question. »

« S'il est aussi rapide que Nilwë, et si elle ne s'est pas arrêtée depuis son départ de Rivendell, je pense avoir de bonnes chances de la rattraper. Mais avant je pense à quelque chose… »

« Sarah » l'interrompit Aragorn soucieux. « Vous ne comptez tout de même pas vous lancer à leur poursuite ! »

« Et comment que je ne vais pas le faire. C'est notre seule chance d'aider Arwen et Frodon. Souvenez-vous que je suis pleine de surprise. Je peux aisément faire diversion pour les ralentir et lui permettre de gagner les rives de Rivendell»

' Sarah ! dès lors que vous interviendrez, vous ne serez plus en sécurité. Ils sauront ce que vous êtes, la menace que vous représenterez pour le Mordor et surtout pour lui ! Il vous poursuivra, tentera certainement d'une façon ou d'une autre de vous corrompre pour vous faire rejoindre son camp' reprit-il en elfique

« Nous aviserons en temps voulu. Pour l'heure le plus important est de porter secours à Arwen. »

Puis s'agenouillant depuis le hobbits qui la contemplait avec des yeux de merlan frit depuis son arrivé, elle lui sourit amicalement et posant une main sur son épaule, elle lui demanda :

« Dites-moi jeune homme, cela vous plairait-il de m'accompagner porter secours à votre ami ? Et retrouver l'autre elfe ? »

« Et comment. Voyager avec une si jolie elfe, mais ça ne sera pas trop dangereux quand même. Pas que je sois trouillard, mais on ne sait jamais ce qui peux arriver »

« Non ça ne sera pas dangereux, je vous en donne ma parole » lui sourit-elle

« Alors c'est d'accord. Quand partons-nous ? »

« Attends, t'es pas sérieux là Pippin ?! T'as pas entendu de ce qu'ils ont dit ? »

« Bien sûr que si, on va aller retrouver l'autre jolie elfe, Merry. »

« N'ayez crainte jeune Merry, je prendrais bien soin de votre ami » le rassura Sarah

« Ce n'est pas mon ami, c'est mon cousin. T'as vraiment rien écouté de ce qu'ils ont dit Pippin. Ils ne parlent pas d'une simple promenade, ils parlent de partir à la poursuite de ceux qui poursuivent Frodon et l'autre elfe. Ça n'a rien d'une simple promenade crois-moi. Elle a parlé de faire diversion. Tu crois toujours que tu ne risques rien ?! »

« Je vous promets que je prendrais le plus grand soin de votre cousin. Je ne le mettrais pas inutilement en danger. Je sais parfaitement ce que je fais. Vous le retrouverez tel que vous le voyez là dès votre arrivée à Rivendell. Allez Pippin, en selle.

Une fois le jeune hobbit parfaitement installé sur le dos de son fidèle cheval, Sarah se tourna une dernière fois vers Aragorn qui venait de poser ma main sur son bras.

'Sarah, il faudra m'expliquer un bon nombre de choses'

'Tout ce qu'il vous plaira de savoir. Mais pour l'heure il nous faut impérativement partir si nous voulons parvenir à rattraper Arwen.'

'Soyez prudente Sarah. Ne tentez rien de stupide qui pourrait vous mettre en danger. Bonne chance à vous'

'Merci Aragorn, il est vrai que j'en aurai probablement besoin. Mais je reste confiante, tout devrait bien se passer'

Elle se mit prestement en selle et cala son passager au plus près d'elle. Puis elle se pencha et tout en caressant son cheval entre ses oreilles, elle lui chuchota :

« Allez mon grand. Montre-moi de quoi tu es capable »

Comme s'il n'attendait que ça, le cheval sorti de la clairière dans un triple galop. Ils traversèrent les bois et débouchèrent dans une immense plaine sans rencontrer personne.

Ils chevauchèrent tout le reste de la nuit sans jamais s'arrêter. Contre elle, elle pouvait sentir le petit cœur de son petit passager battre la chamade. Elle le sentait tendu à présent. Il devait certainement réaliser que la petite promenade ne serait finalement pas aussi reposante qu'il l'avait pensé lorsqu'elle lui avait proposé de l'accompagné. Une fois de plus, il aurait vraiment du écouter son cousin.

« Je te promets que rien ne t'arriveras tant que tu seras avec moi. Sois sans craintes » lui murmura-t-elle à l'oreille

« Vous en êtes sûre ? »

« Parfaitement sûre. Ça risque d'être un peu mouvementé, mais je fais la promesse qu'il ne t'arrivera rien ! »

C'est ainsi qu'après avoir chevauché toute la nuit, et prendre le temps de s'accorder une pause, qu'ils débouchèrent dans une vaste pleine qui sembla tout de suite familière à Sarah. Des bosquets de part et d'autres du chemin emprunté s'étendaient à perte de vue. Sarah accéléra sensiblement l'allure de sa monture, lorsqu'enfin elle les vit, au loin droit devant elle.

Comme dans sa vision, le cheval blanc que montait Arwen était poursuivi par neuf cavaliers noirs qui formaient un V derrière elle. Elle vit Arwen jeter un bref coup d'œil en arrière, mais visiblement elle ne s'aperçue pas que ses poursuiveurs étaient également poursuivis. Pendant que les neufs cavaliers noirs gagnaient du terrain sur l'elfe, Sarah gagnait également du terrain sur eux.

Lorsqu'elle ne se retrouva plus qu'à quelques mètres derrière eux, et surtout lorsqu'elle vit l'un des cavaliers tendre la main pour attraper Frodon, elle se décida à manifester sa présence. Transférant les rênes de son cheval à son passager, elle porta ses doigts à sa bouche, et aussitôt un long sifflement se fit entendre.

Cela eut l'effet escompté, car la main fut aussitôt rapatrié vers son propriétaire, alors que les cavaliers les plus en arrières tournèrent instinctivement la tête dans sa direction.

Un long frisson d'horreur la saisit, et son sang se glaça dans ses veines, lorsqu'elle vit enfin à quoi ils ressemblaient. Ils n'avaient pas de visage. Une sorte de trou béant et noir remplaçait l'espace où aurait dû se trouver le visage. Même Pippin eut un léger mouvement de recul contre elle.

Mais à présent, ils ne pouvaient plus reculer. Ils étaient découverts, et Arwen avait plus que jamais besoin d'elle. Se ressaisissant, elle remonta à leur hauteur.

« Salut ! Je crois que tu gênes » ne peut-elle s'empêcher d'ironiser pour masquer sa peur

Et levant la main dans le ciel, elle en balaya l'air ce qui eut pour résultat de propulser le cavalier dans le décor à plusieurs mètres de là.

« Et un de moins, au prochain » commenta-t-elle

« Waouh ! Comment tu as fait ça ? » s'enthousiasma Pippin

« Ça mon cher ami, c'est de la magie. Regarde ce n'est pas fini ! »

Et de nouveau, elle balaya l'air de sa main, et deux autres cavaliers noirs connurent le même sort que le précédent.

« Et encore deux de moins. Pas mal ! Maintenant faut se frayer un chemin. Tiens bien les rênes et fais attention à notre trajectoire. »

Cette fois-ci, tout en se concentrant au maximum, elle ferma légèrement les mains avant de les rouvrir presque instantanément. Les cavaliers excepté elle, Pippin, Arwen et Frodon se retrouvèrent figés dans le temps.

« Et voilà le travail »

Tout en continuant sa course, Sarah galopa entre les spectres figés pour arriver à la hauteur d'Arwen

« Qui que vous soyez, je tiens à vous exprimer ma plus profonde reconnaissance » dit cette dernière en ralentissant l'allure de sa course.

« Ne me remerciez pas maintenant Arwen, attendons d'être arrivées saines et sauves chez votre père. Le sort ne durera pas éternellement. Lorsqu'ils comprendront, et verront l'avance que nous avons prise, leur colère en sera décuplée. Ils n'auront alors de cesse de nous rattraper et probablement de nous le faire payer. »

L'elfe regarda un long moment son sauveur, interloquée par de telles paroles. Il y avait en elle un quelque chose de familier, sans parler de cette façon qu'elle avait de se servir de cette magie. Il y avait dans toute la Terre du Milieu qu'une seule personne pouvant prétendre à ce genre de magie. Mais cela ne se pouvait.

« Sarah ?! Sarah, est-ce bien vous ? »

« Vous au moins vous m'avez reconnue, ce qui n'a pas été le cas avec Aragorn avant que je ne le mette sur la bonne voie. »

« Que cela signifie-t-il. Je sens en vous l'instinct des elfes, je ne sens pas un quelconque tour de magie destiné à faire illusion. Mais bien l'essence même des nôtres ! »

« Ce serait beaucoup trop long à expliquer maintenant. Sachez que cela fait des jours que j'étais à votre recherche afin de vous aider à contrer des évènements que j'ai pu ressentir au travers de mes pouvoirs. Mais pour l'heure le sort va bientôt s'estomper, et j'aimerais profiter de ce temps pour mettre en place une diversion qui devrait vous aider à traverser la rivière la première. Je saurais les ralentir. »

« Que proposez-vous ? »

Sarah réfléchit quelques instants avant de lui répondre :

« Je voudrais nous donner vos apparences. En ayant devant eux deux hobbits semblables mal en point protégés par deux elfes identiques, ils seront obligés de se séparer pour nous poursuivre dans deux directions opposées. De ce fait, avec moins de cavaliers à vos trousses, vous passerez plus rapidement la rivière. Mais pour cela, il faudrait que je puisse voir le visage de votre hobbit. Il nous faut prendre le risque de nous arrêter quelques instants »

Ce faisant, Arwen ralenti sa monture jusqu'à l'arrêter complètement. Sarah fit de même tout en se plaçant face à son aînée. Elle avait une vue parfaite sur le hobbit ainsi que sur Arwen.

« Parfait »

Durant quelques secondes, elle s'imprégna des traits du jeune hobbits, jusqu'à en avoir une image parfaitement identique dans son esprit. Elle demanda alors à Pippin de lui faire face quelques instants afin de mettre en œuvre son plan. Elle posa à présent ses mains au sommet de son crâne, et lentement elle les descendit le long de visage de son hobbit. Les traits du jeune garçon changeaient instantanément devenant ceux de l'autre hobbit. Au final il sembla être le parfait jumeau. Le moindre trait, la moindre expression de douleur. Tout y était. Elle murmura ensuite quelques mots, et ses vêtements également se changèrent en une copie conforme de ceux de Frodon. Jusqu'à la moindre tâche, ou le moindre coup de couteau. Tout y était. Il était à présent impossible de les différencier.

Lorsqu'elle en eut terminé avec Pippin qui retrouva sa place initiale, Sarah fit de même avec elle. Elle laissa ses mains partirent du sommet de son crâne et descendre lentement le long de son visage. Son apparence se changeait en celui de son aînée. Là aussi, elle était une parfaite copie de Arwen, sa jumelle à tout point de vue, jusqu'à la coupure qu'elle s'était faite un peu plus tôt sur la joue.

Arwen resta quelques petites secondes interdite devant le travail de Sarah. Elle voyait son propre visage qui la regardait. C'était là une sensation très étrange. Mais elle n'eut guère le temps de continuer sa méditation que dans leur dos, des cris inhumains d'une grande colère les ramenèrent à la réalité. Un bref coup d'œil leur permit de constater que le sort venait de s'achever, et que les cavaliers étaient encore plus en colère.

« Allons-y, ne les laissons pas nous rattraper » l'enjoignit Arwen, la première à avoir repris ses esprits.

Aussitôt, elles relancèrent leurs montures, ne voulant pas les laisser gagner aisément du terrain. Pourtant dans leurs dos, ils leurs semblaient pouvoir sentir le souffle putride de ces créatures du mal qui gagnaient minutieusement du terrain. À chaque chevauchée, ils diminuaient l'écart entre eux.

« Arwen, il nous faut nous séparer. Prenez à droite entre les sapins. Ne vous arrêtez pas et passez le plus rapidement possible la rivière. Je vais prendre de l'autre côté. En les séparant, nous aurons plus de facilité à les semer, ils devront également se séparer pour nous suivre. »

« Parvenez-vous aussi à passer très rapidement la rivière. Sur l'autre rive les pouvoirs de mon peuple nous protégera. »

« Accroche toi bien Pippin, c'est maintenant que ça va secouer » chuchota Sarah à son passager tant pour l'avertir que pour le rassurer.

Tandis qu'Arwen virait à droite entre les sapins, Sarah de son côté vira de gauche. Un rapide coup d'œil derrière elle lui permit de constater que comme elle l'avait pensé précédemment, les cavaliers noirs s'étaient séparés afin des poursuivre les deux cavalières. Cinq d'entre eux étaient maintenant à sa poursuite. Ils chevauchaient beaucoup trop vite, et si elle ne se pressait pas davantage, ils lui barreraient le chemin, c'était sûr. Elle espérait néanmoins qu'Arwen s'en sortait mieux.

Comme si Nilwë comprenait le désarroi de sa maîtresse, il accéléra sensiblement l'allure, mettant à chaque fois un peu plus de distance entre elle et eux.

Avisant un peu plus loin des bosquets, Sarah s'y dirigea sans tarder, puis se mit à slalomer entre les arbres, dans le seul but de les déstabiliser. Ce qui fonctionna remarquablement bien puisqu'à plusieurs reprises, les cavaliers noirs manquèrent de se percuter entre eux. Ce qui permit à Sarah à gagner en distance.

En prenant soudainement à droite entre deux arbres, elle sortit du bois au moment même où quelques mètres plus loin Arwen sortait également du bois.

Elles se rejoignirent, traversèrent côte à côte la rivière avant de s'arrêter sur l'autre rive. Elles stoppèrent ensuite leurs montèrent se sachant en sécurité, puis firent à nouveau face aux cavaliers noirs.

Ceux-ci s'étaient arrêtés sur l'autre rive, hésitant visiblement à traverser la rive.

C'est à ce moment que là que l'un d'eux prit la parole d'une voix métallique

« Abandonnez le semi homme femmes elfes ! »

Brandissant son épée dans un air de défi, Arwen lui répondit :

« Si vous le voulez, venez le réclamer.

En réponse sur l'autre rive, les neufs cavaliers brandirent eux-aussi leurs épées, dans le but certain de venir chercher leur dû. Sûr d'eux, ils avancèrent dans les eaux calmes de la rivière.

D'un geste de la main, Sarah les désarma. Les épées allèrent retomber quelques mètres plus loin dans l'eau, ce qui valut de long rugissement de colère.

Imprudemment, ils avancèrent plus loin dans la rivière.

Aussitôt Arwen se mit à psalmodier des formules magiques elfique. Sarah qui comprit aussitôt l'intention que son amie, Sarah inventa dans l'urgence une formule magique qui lui permit de créer un mur invisible tout autour des spectres qu'elle maintint de ses mains.

Elle vit le niveau de l'eau s'élever brusquement, et la magie, elle pouvait la sentir dans l'air. Elle put entendre le rugissement de l'eau provenant de sa droite qui n'allait pas tarder à débouler brusquement. D'autant plus qu'elle sentait que maintenir le mur magique lui demandait beaucoup de force, la fatiguant plus qu'elle ne l'aurait cru. C'était dû au fait qu'elle luttait contre une forme de magie noire, qui l'affaiblissement considérablement. Elle sentait qu'elle n'allait pas tarder à lâcher prise.

Le courant déboucha brusquement dans la vallée au moment où épuisée par l'effort magique, Sarah brisa brusquement le mur invisible. Enfin il apparut, mené magiquement par des chevaux au galop. Le courant maintint les spectres dans sa prison d'eau, les emportant avec lui.

Les deux elfes regardèrent satisfaite leurs poursuivant disparaître impuissant au milieu des eaux en colère.

Ce furent les gémissements d'agonie de Frodon qui les ramèrent au temps présent.

« Non, non » supplia Arwen en le déposant avec précaution au sol.

Son passage dans le monde des ombres semblait s'accentuer.

« Non…frodon ne renoncez pas…pas maintenant » pleurait Arwen.

Impuissante, elle le serra dans ses bras, les larmes coulant le long de ses joues

« Arwen, ne perdez pas espoir » murmura Sarah en posant une main compatissante sur son épaule. « Laissez-moi vous aider »

« Comment ? »

« Me faites-vous confiance ? »

D'un hochement de tête, Arwen lui confirma qu'elle lui faisait confiance. Reposant le petit homme à terre, elle s'écarta de quelques pas, alors que Sarah prenait sa place au-dessus de lui.

« Que faites-vous ? » lui demanda Arwen en voyant Sarah positionner ses mains au-dessus de la blessure.

« Je vais essayer de le soigner. Ayez confiance. »

Sarah se concentra. Ses mains s'illuminèrent d'une faiblement. Contrairement aux autres fois, elle n'obtint pas plus d'illumination même en se concentrant au maximum, faisant fi de l'intense fatigue qui la submergeait. Seules quelques petites lueurs bleues tourbillonnèrent au-dessus de la blessure. En revanche de nombreuses étincelles émergèrent de la blessure. Au contact de celles-ci, Sarah se retrouva projetée sur plusieurs mètres.

« Que s'est-il passé ? » s'inquiéta Arwen en se précipitant vers Sarah.

« Je ne sais pas » répondit-elle en acceptant l'aide d'Arwen pour se relever. « J'ai essayé de le soigner grâce à ma magie. Visiblement cela n'a pas fonctionné. Ce poison m'a littéralement repoussé. Je ne suis pas sûre d'être en mesure de l'aider. »

« Je ne connais qu'une seule solution pour l'aider » dit Arwen déterminée.

Retournant, auprès de Frodon, Arwen le prit contre elle, et tout en suppliant les Valars, elle offrit son immortalité au petit homme afin de le ramener dans la lumière

« Que la grâce qui m'a été donnée… lui soit accordée. Épargnez-le…Sauvez-le »implora-elle alors qu'un halo blanc bienveillant les entouraient tous les deux

« Arwen, qu'avez-vous fait ?... »

À suivre…

Je vous dis à bientôt