Disclamer : Harry Potter, son monde et ses personnages appartiennent à la talentueuse JKR. L'histoire, Six Feet Cold, appartient à Enivrement.
Warning : Cette histoire, dans ces derniers chapitres, sera un slash, c'est à dire qu'elle décrit les relations homosexuelles entre deux hommes. Si ça vous pose un problème, vous feriez mieux de rebrousser chemin.
Pairing : Severus Snape/Harry Potter
Ce site n'autorise plus les auteurs à mettre les réponses aux reviews dans les chapitres, et vu comme on sait comme ils peuvent être pointilleux... Voila comment je vais faire :
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Chapitre XX
Tourner sept fois la langue dans sa bouche
Je fus un homme très timide quand j'approchais la porte de l'appartement de Kestor. Je fus un homme très surpris quand ce ne fut pas Kestor qui ouvrit, mais plutôt cette femme dont il se cachait derrière les jupes. Je ne pouvais même pas me souvenir de son nom. Je fus un homme très effrayé quand je vis l'expression sur son visage. Elle n'était pas très contente de moi, ce qui me conduisit seulement à croire que Kestor savait avec qui j'étais rentré. Je penchai la tête de honte et elle me laissa entrer, tout son comportement désapprobateur.
Cela ne me surprit pas de voir Kestor déjà debout et habillé, assis à la table de la cuisine en train de boire du thé. Si ma supposition était correcte, c'était sûrement du Darjeeling. Il avait toujours été un lève-tôt, et ça avait toujours été son préféré. Quelque chose dont vous vous souvenez après avoir vécu avec quelqu'un pendant si longtemps.
Il me regarda, son visage ne montrant que très peu de surprise. « Donc, es-tu ici avec la queue entre les jambes, ou as-tu une excuse pour m'avoir planté là, ayant l'air d'un parfait idiot ? »
J'allais lui répondre, ne pensant pas avoir fait quoi que ce soit de mal, mais il me coupa. « Tu ne t'es même pas embêté à me dire que tu étais parti. Je t'ai attendu une heure avant que Jordan ne mentionne qu'il ne t'avait pas vu depuis un moment. Il pensait que tu étais rentré. »
Je suppose que j'aurais pu essayer de justifier mes actions en disant que j'avais demandé à Alestor de transmettre mes plans, mais je ne pouvais toujours pas justifier mon départ. Je pouvais juste imaginer comment ça pourrait se passer. « Hey Kestor, je vais me téléporter à mon appartement pour pouvoir continuer avec l'homme que j'embrassais dans les toilettes. Oui, celui qui est assez vieux pour être mon père. »
Pas besoin de dire que je décidai de rester silencieux à la place. Je vis Julie, du moins c'est ce que je crois être son nom, dans un coin de la pièce, une place qu'elle semblait aimer occuper, mais je ne concentrai pas mon attention sur elle. Vrai, c'était entre Kestor et moi, mais elle ne ferait rien là-dessus.
Kestor eut un sourire méprisant, un moyen sûr de savoir qu'il était vraiment en colère. C'était un des sourires les plus amers imaginables. « Donc, dis-moi au moins s'il était bon au lit ? »
Je m'étranglai sur son commentaire, ce qui était remarquable, parce que je n'avais rien sur quoi m'étrangler. « Kestor, je ne peux pas te dire à quel point je suis désolé pour t'avoir laissé là-bas, mais je ne pense pas que ma vie sexuelle te concerne de quelque manière que ce soit. »
« Et bien, tu sais que normalement je ne demanderais pas, mon cœur, mais il a laissé une marque assez grosse sur ton cou, alors j'ai supposé que ça ne te dérangerait pas que des gens te posent des questions dessus. »
Ma main vola à mon cou, frottant l'endroit que je n'avais même pas su exister. Entre le rêve étrange qui m'avait fait tourner et retourner toute la nuit et Snape, ou plutôt Severus, parti le matin, je n'avais pas vraiment pris beaucoup de soin de mon apparence. J'étais plus absorbé par le fait de régler les points en suspens et de m'assurer que je n'avais pas gâché mon amitié avec Kestor.
Visiblement, je n'avais pas ordonné mes priorités.
« En toute honnêteté, chéri, répliquai-je avec autant d'amertume, ce ne sont pas tes affaires la personne avec qui je partage mon lit. Je pense que tu seras d'accord pour dire que tu as perdu ce privilège quand je t'ai trouvé penché sur le canapé avec Carson derrière toi. Le canapé que j'ai payé, en plus."
C'était un coup bas, et je le savais. Merde, je l'avais utilisé à mon avantage plus d'une fois. Passez une année avec quelqu'un et vous saurez très bien quels boutons pousser pour le faire réagir. Le fait que j'avais vécu avec Kestor pendant presque six ans rendait la tâche d'autant plus facile. Pour couronner le tout, la partie Serpentard en moi ne me permettait pas de me sentir coupable.
Kestor bafouilla un moment, désespéré de trouver une réponse spirituelle. Je suis sûr que le moment auquel je faisais référence lui revint facilement à l'esprit. Kestor avait toujours trouvé le sexe plus important que moi. Il déclarait que le sexe fournissait un lien spirituel entre deux personnes. Vous couchiez avec quelqu'un pour prouver que vous l'aimiez. J'avais toujours été de l'avis que vous couchiez avec quelqu'un parce que vous saviez déjà que vous l'aimiez, et qu'il ressentait la même chose.
Ironique comme Kestor sauta dans le lit avec quelqu'un d'autre dès que les chosent commencèrent à devenir difficiles dans notre relation, et comment j'ai couché avec quelqu'un dont je savais très bien qu'il me méprisait.
Kestor parvint finalement à balbutier un douloureux : « Ethan, ce n'est pas juste… » et je commençai à me sentir désolé pour mes mots. Il avait admis m'avoir trompé pour se venger du fait que je l'ignorais, et j'avais accepté ses excuses, ce qui avait conduit à la fin assez banale de notre courte relation.
Je penchai à nouveau la tête. « Je suis désolé, je n'aurais pas dû amener le sujet. Je suis venu pour m'excuser de la nuit dernière et essayer de corriger les choses, mais il a fallu que tu me pousses… »
« Je ne comprends juste pas comment tu as pu casser avec moi si facilement puis reprendre avec un homme que tu connais depuis moins de quatre mois. »
J'aurais pu mentionner quelque chose de banal sur les âmes sœurs, ou le fait que nous deux ne soyons pas compatibles, mais je décidai de marquer un point. « Tu sais qu'il y a des choses sur mon passé que je ne dis à personne ? »
Kestor acquiesça, pas sûr d'où je voulais en venir.
« Cet homme avec qui tu m'as vu, celui avec qui je travaille, celui qui a 'deux fois mon âge'. » Je m'arrêtai là pour l'effet. « Il sait tout ; dans le moindre détail. Il y a des gens qui me connaissent mieux que toi. Je souhaiterais qu'il n'y en ait pas, mais ce n'est pas le cas, et ils savent des choses sur moi que tu ne pourrais jamais comprendre. Je déteste te dire ça, mais tu dois l'accepter. J'ai suffisamment essayé pour savoir que je ne peux pas être avec quelqu'un qui ne comprend pas cet aspect de ma vie, et je ne peux pas m'approcher suffisamment de qui que ce soit pour leur dire. »
Cela prit un moment pour que les mots s'impriment, mais quand ils le firent, ce fut au tour de Kestor de baisser la tête. « Donc c'est ça ? Tu pars maintenant, pour retourner à ton petit monde parfait, et nous ne te reverrons jamais ? »
Je fus choqué par ses mots. Ce n'était pas la réaction que j'avais espérée. « Non ! Je ne voulais pas dire ça de cette manière. Je n'ai aucune raison de jamais retourner à mon ancienne vie… »
Je laissais ma phrase en suspens, sachant que ce que je disais n'avait pas trop de sens, et Kestor saisit l'opportunité pour me couper. « Alors de quelle manière veux-tu le dire ? Parce que je ne pense pas que je puisse jamais être ami avec quelqu'un qui ne me fait pas assez confiance pour se confier à moi après six putains d'années ! »
Kestor se leva et se dirigea vers sa chambre. C'est à ce moment que je remarquai à nouveau Julie, et je commençais à regretter d'avoir eu cette dispute devant elle. Elle avait perdu son expression désapprobatrice, seulement pour être remplacée par une expression de choc total et de déception.
« Je suis désolé » fut tout ce que je pus dire alors que je quittais l'appartement que j'avais partagé avec mon meilleur ami.
Etrangement, la seule pensée qui me vint à l'esprit fut combien Kestor me rappelait Sirius à la fin de ça.
Ce fut avec beaucoup de trépidation que je retournai à Poudlard après les vacances d'hiver. Les classes recommençaient le premier lundi après la Nouvelle Année, et j'eus peu de chance de parler avec Severus. En toute honnêteté, j'étais assez certain qu'il m'évitait, pas que ça me gênait. Cela me donna une chance de vraiment penser à ce que je voulais dire plutôt que de juste marcher dans une situation qui était sûre de se retourner contre moi comme la dernière fois.
Je dois admettre que ce fut un miracle que ça ne se retourne pas contre moi avec Severus. Quand j'essayai de lui parler, il sembla m'éviter encore plus. A la fin, j'utilisai la manière qui avait le moins de tact à laquelle je puisse penser. En fait, la seconde manière qui avait le moins de tact. J'aurais pu me lever à la table des professeurs dans la Grande Salle et m'exclamer : « Severus, nous avons baisé, c'était génial. Discutons. »
J'avais une affection saine pour ma vie, donc je me décidai pour la seconde option avec le moins de tact. Le week-end après que les classes aient repris, je suivis le Maître des Potions dehors, fit une boule de neige d'une taille décente et la lançai. Ma visée était bonne, et la boule de neige toucha l'homme pile entre les omoplates. Les élèves dehors n'eurent rien d'autres qu'une crise de rire.
Heureusement, la réaction de Severus fut également prévisible. Il se retourna pour me faire face, son visage déformé par la rage, et il gronda : « Professeur James, pourrais-je vous voir dans mon bureau, maintenant. »
Je le suivis avec joie, l'écoutant grommeler sur le fait que j'étais infantile pour avoir fait quelque chose comme ça devant les élèves.
Une fois que nous fumes dans la sécurité de son bureau, je dressai des sorts de silence et lui souris. « Pour être honnête, Severus, je ne faisais que répondre. C'était assez infantile de ta part de partir le matin sans me dire au revoir, et c'était assez infantile de m'éviter toute cette semaine. »
Il m'adressa un regard noir, sachant parfaitement que j'étais dans le vrai.
« Maintenant, nous sommes tous les deux des adultes, donc nous devrions être capables d'en discuter de manière mature. »
« Qu'y a-t-il à discuter, James » répondit-il appuyant sur mon nom de famille. Il n'approuvait visiblement pas que je sois aussi familier. « Nous avons baisé, vous sembliez plutôt aimer ça. Nous avons tous les deux eu ce que nous voulions, donc laissez-moi plutôt tranquille. »
« Il y a quelque chose à discuter, Severus. Il y avait visiblement beaucoup d'émotions impliquées, et n'essaies pas de me convaincre du contraire. Il y avait trop d'émotions pour que ce soit purement physique. »
Severus ferma les yeux et prit une profonde inspiration. « Impatient de recommencer, James ? J'admets qu'il y avait beaucoup d'émotions, mais rien entre nous. Vous étiez simplement un moyen pour une fin, et je suis certain que c'était la même chose pour vous. »
Ses mots me blessèrent d'une manière que je ne pouvais expliquer, et je n'allais certainement pas laisser tomber ça. « Je trouve dur à croire que tu sois le genre de personne à avoir des aventures d'un soir, Severus, et je ne le suis certainement pas.
« En plus, ajoutai-je effrontément, si je n'étais qu'un moyen pour une fin, tu ne te serais pas endormi à côté de moi après, pas plus que tu ne m'aurais serré dans tes bras toute la nuit. »
Malgré ma semaine de planification minutieuse, je pouvais confesser à présent que je n'avais pas la moindre idée de ce que je faisais. Je ne pouvais pas vraiment deviner comment mon plan de lui parler comme des adultes s'était transformé en plan pour l'attirer dans mon lit. Mon cerveau grommela quelque chose sur le fait que je voulais voir si le professeur de potions râleur criait si vous mordiez son cou juste au bon…
Non ! Mauvais Harry ! Ce n'est pas pour ça que nous sommes là. Je me frappais à présent mentalement, parce que Severus s'approchait encore, il remarquerait définitivement combien j'étais impatient de recommencer.
« Qu'est-ce que vous visez, Monsieur James ? En tant qu'ex-Mangemort » il accentuait vraiment ces mots « j'ai très peu à offrir en termes de… compensation. »
Il m'adressa un coup d'œil rapide et indolent, et un sourire sardonique joua sur ses lèvres. « Mais encore, vous ne semblez pas être le genre d'homme qui demanderait très peu de compensation. Je suis sûr que vous êtes assez capable de prendre soin de vos besoins. »
J'étais sûr qu'il m'avait insulté là, mais je ne pouvais pas deviner comment. Pourtant, je n'allais pas le laisser s'en sortir. « Serait-ce trop dur d'imaginer que j'ai quelques besoins que même moi ne peux satisfaire ? Par exemple, Severus, il semblerait très étrange que j'essaie d'avoir une discussion pleine d'esprit avec moi-même. Ou alors, j'aurais du mal à trouver une autre personne qui ait des connaissances dans l'art fin des potions. Encore plus une qui pourrait supporter ma curiosité. »
Je remarquai les lèvres de Severus s'incurver légèrement en un sourire sincère, bien qu'il essaya désespérément de le cacher.
« Essayez-vous d'impliquer quelque chose là, Monsieur James ? » demanda-t-il, une émotion rare passant derrière ses yeux. Si rare, en fait, que je ne pouvais pas vraiment la placer.
« Si tu m'appelles Ethan, je te dirai peut-être exactement ce que j'implique. »
« Très bien Ethan, que dis-tu ? »
A présent, c'était une très bonne question. Je n'étais pas vraiment sûr de ce que j'impliquais. J'essayais juste de faire durer la conversation, tout en étant spirituel et amusant. Une fois encore, j'avais toujours réagi rapidement. « Je pense qu'il pourrait être mutuellement bénéfique si nous étendions notre relation en dehors des frontières entre collègues. »
Severus eut un reniflement méprisant. « Je ne… sors pas. »
Je dus réprimer mon propre rire à ce commentaire. Je ne pense pas que je fus jamais quelqu'un qui sortait non plus. « C'est très pratique, parce que moi non plus. Je suggérais simplement que nous pourrions essayer d'être civil l'un envers l'autre en public, et peut-être passer une soirée de temps en temps ensemble. »
Le coin de la bouche de Severus tiqua à nouveau. « Une soirée de temps à autre, murmura-t-il pour lui-même. Je pense que ce serait satisfaisant. Devrais-je vous attendre ce soir ? »
Cachant un sourire satisfait, j'acquiesçai. « Je pourrais te faire la grâce de ma présence. »
« La grâce, vraiment… » entendis-je le Maître des Potions répliquer alors que je quittais la pièce.
Etrangement, ce ne fut que lorsque j'atteins mes propres quartiers que je considérai que ce pourrait ne pas être une bonne idée. Si ce n'était simplement pour le fait qu'il avait exactement l'âge de mon père, c'était parce que j'abuserais de sa confiance. Je pensais longtemps et durement aux conséquences de mes actions, mais finis quand même par descendre vers les appartements de Severus ce soir là. Qu'est-ce que cela faisait que ce soit décidément une mauvaise idée ? J'étais un Gryffondor et les conséquences pouvaient aller au diable.
Merci à Cyzia pour être ma beta et pour les merveilleuses corrections qu'elle me fournit !
