Bonjour,
De retour de week end prolongé, je poste le 21ème chapitre.
Dean en révèle un peu plus sur son passé et Castiel est à nouveau là pour lui.
Merci de me lire et de m'écrire.
A lundi
Sydney8201
Musique du chapitre :
People help the people de Birdy
Chapitre 21 : Cauchemar
« Le cauchemar est l'épreuve nécessaire du rêve, sa première incarnation »
Yvon Rivard
Comme Castiel l'avait prévu, se comporter avec Dean comme s'il n'y avait rien entre eux devant ses proches était une vraie torture. Il avait envie de lui prendre la main ou juste de serrer sa cuisse entre ses doigts. De passer son bras autour de ses épaules pour le serrer contre lui.
Il pouvait voir que son petit ami ressentait plus ou moins la même chose puisqu'il ne cessait d'ouvrir et de fermer ses poings sur ses cuisses. Ils jouaient le jeu mais cela leur pesait.
Personne ne semblait toutefois avoir saisi que quelque chose clochait. Sam interrogeait Dean sur le tournage et sur les autres acteurs. Son frère se garda bien de décrire l'incident avec Morgan. Il se contenta de dire que Jeff avait parfaitement tenu son rôle et que l'équipe en général était géniale. Castiel ne le contredit pas malgré son envie de donner une version des faits un peu plus proche de la réalité. Il n'aimait pas l'idée que Dean puisse dépeindre une image de Morgan qui n'était pas vraie. Mais Sam n'avait pas besoin de savoir.
Jo semblait également curieuse quant à leur petit voyage. Elle posa quelques questions. Castiel laissa Dean répondre. Ils ne s'étaient pas mis d'accord sur ce qu'ils pouvaient ou non dire aux autres. Il était préférable de laisser son petit ami dire ce qu'il souhaitait et confirmer ensuite ses propos si toutefois on le lui demandait. Et personne ne semblait s'inquiéter de son silence. Castiel n'était de toute façon pas quelqu'un de très bavard.
Ils mangèrent dans le salon en discutant du film et des retours très positifs que celui pour lequel Dean était pressenti aux Oscar avait engendré à sa sortie dans les salles. C'était une réussite de plus pour le jeune acteur. Castiel était fier de lui. Il avait envie de le féliciter mais il pensait que Sam et Jo trouveraient cela bizarre. Ils s'abstint donc de tout commentaire.
Dean semblait excité à l'idée de recevoir une récompense. Il assura qu'il doutait d'être réellement dans les favoris pour recevoir ce prix et écouta patiemment Sam lui expliquer le contraire. Castiel se promit alors d'aller voir ce film pour se faire sa propre idée. Il doutait toutefois de pouvoir se montrer totalement objectif. Il était presque sûr d'aimer n'importe quel film du moment que Dean jouait dedans.
Il était toutefois suffisamment lucide pour reconnaître que son petit ami avait du talent. Beaucoup de talent. Il vivait ses personnages. Il était habité par eux. La presse l'adorait et le public était fasciné par lui. Il avait tout pour laisser une empreinte indélébile dans le paysage cinématographique. Comme quelques uns avant lui. Plusieurs réalisateurs connus le demandaient à présent. Certains dont Castiel connaissait le nom – Scorsese et Dolan – d'autres qui lui étaient encore inconnus.
Cette célébrité et cette réussite étaient une bonne nouvelle pour le jeune acteur. Mais c'était un problème pour Castiel. Il souhaitait sincèrement à son petit ami de continuer à réussir dans son métier. Il savait combien cela comptait pour lui. Mais cela compliquait toujours un peu plus leur relation naissante. Il y avait tellement d'obstacles à franchir et ils n'étaient ensemble que depuis quinze jours. C'était effrayant et un peu décourageant.
La soirée se déroula sans accrocs. Castiel n'évoqua pas Gadriel bien qu'il mourrait d'envie de poser des questions à son sujet. Il resta silencieux et en retrait pour laisser à Sam et Jo tout le loisir de profiter du retour de Dean. De toute évidence, le jeune acteur leur avait manqué. Il n'était pas surpris. Ils étaient tous incroyablement proches.
Jo fut la première à partir se coucher. Sam resta encore quelques minutes à discuter avec son frère. Ils évoquèrent les nombreux scénarios que le jeune agent avait reçus et que Dean allait devoir étudier. Certains étaient visiblement prometteurs. D'autres farfelus. Les deux frères rirent de l'arrogance de certaines scénaristes et de la stupidité de certains producteurs. Ils se remémorèrent quelques souvenirs qui donnèrent plus encore à Castiel la sensation d'être un intrus. Il aurait probablement du les laisser seuls. Il était visiblement de trop. Mais il espérait voir Sam partir se coucher avant lui pour profiter de quelques minutes avec Dean. Il ne dormirait pas avec lui ce soir mais il avait besoin d'un baiser de « bonne nuit ».
Sam finit par devoir étouffer un bâillement contre la paume de sa main. Il s'excusa ensuite et quitta finalement le salon pour rejoindre son lit. Castiel écouta le bruit de ses pas s'éloigner dans le couloir. Puis quand il ne les entendit plus, il tourna le visage vers Dean et lui sourit.
Le jeune acteur paraissait fatigué. Mais il ne semblait toutefois pas décidé à aller se coucher pour le moment. Il avait de toute évidence lui aussi besoin de quelques minutes avec son petit ami avant de devoir le laisser pour la nuit.
Le fait que Dean puisse être aussi accroc à lui qu'il l'était au jeune acteur le rassurait grandement. Il n'y avait rien de pire que de se trouver dans une situation où on appréciait plus la personne en face de soit que l'on était apprécié en retour. Castiel ne le savait pas d'expérience mais il l'avait entendu dire. Et il supposait que c'était vrai.
Castiel aurait pu rester des heures à observer Dean en silence. A étudier son visage et ses yeux verts. A écouter sa respiration sans bouger. Mais ils n'avaient pas des heures. Il doutait que Sam vienne les trouver maintenant. Il n'y avait rien d'étrange à ce qu'ils soient ensemble dans le salon. Mais le garde du corps avait développé une sorte de paranoïa dont il ne parvenait pas à se débarrasser. Il avait la sensation qu'on pouvait lire clairement en lui que rien n'était plus pareil. Et il était presque sûr, parfois, que ses gestes étaient analysés différemment à présent. Il se faisait des idées. Il le savait. Mais c'était plus fort que lui. Et il ne pouvait chasser de sa tête l'idée que quelqu'un viendrait bientôt les interrompre. Qu'on leur poserait des questions. Des questions auxquelles il ne saura pas quelles réponses donner. Il ne pouvait donc pas rester à regarder Dean jusqu'à ce qu'il ait mémorisé les moindres détails de son visage parfait.
Il se leva de son fauteuil et rejoignit son petit ami sur le canapé. Il posa ensuite ses mains sur ses joues et approcha son visage du sien.
- Tu es beau, tu le sais ? Demanda t-il.
De toute évidence, sa bouche avait décidé de ne plus consulter son cerveau avant de parler. Il s'en voudrait probablement plus tard. Mais cela valait la peine d'être ridicule quand il parvenait ainsi à faire rougir Dean. Il ne comprenait pas comment son petit ami pouvait avoir autant de difficultés à accepter les compliments alors qu'il en entendait à la longueur de journée. De surcroît, il ne pouvait décemment pas douter de son physique. Il avait été mannequin pendant un temps. Ce n'était définitivement pas accessible à tout le monde.
- Tu n'es pas objectif, protesta finalement Dean en détournant les yeux.
Castiel ne l'était probablement pas. Mais sur ce point, il était sûr de ne pas se tromper. Le jeune acteur était à couper le souffle. Il avait le profil d'une statue. Il n'y avait aucun défaut sur son visage. Ses yeux étaient fascinants, leur couleur intense comme aucune autre. Son nez était droit, ses pommettes hautes. Ses sourcils étaient parfaitement dessinés et ses lèvres auraient pu faire pâlir d'envie n'importe quelle femme. Il avait le menton prononcé et la mâchoire carrée. Ses dents étaient blanches et parfaites. Il avait des tâches de rousseurs sur les joues et le nez. Quelques unes même sur le front. Il n'y avait rien à redire sur son visage. Pas plus que sur son corps d'ailleurs. Et Dean avait du se l'entendre dire des centaines de fois déjà. Ne serait ce que par les photographes qui avaient eu le plaisir de l'utiliser comme modèle. Il les enviait. Si Castiel avait eu un quelconque talent pour la photo, il aurait adoré immortaliser le jeune acteur avec son appareil.
- Tu dis ça uniquement parce que j'ai eu ton sexe dans la bouche et que tu es encore sous le coup de l'orgasme que je t'ai procuré.
Dean avait dit cela sur le ton de plaisanterie mais il y avait quelque chose de triste dans ses propos. Quelque chose qu'il ne parvenait pas totalement à masquer. Cela faisait écho à ce qu'il avait vécu par le passé.
- Non, je le pensais avant. Je veux dire … il faudrait être aveugle pour ne pas le voir.
- Moi, c'est toi que je trouve beau et … honnêtement, on n'évolue clairement pas dans la même dimension. Je ne comprends pas comment tu as pu t'intéresser à moi.
Cette conversation ne menait nul part et Castiel savait qu'il ne parviendrait pas à convaincre le jeune acteur du contraire pour le moment. Il était peut être temps pour lui de laisser tomber. Il aurait de nouvelles opportunités dans le futur. Il n'allait certainement pas s'avouer vaincu avant d'avoir joué toutes ses cartes.
- Et si tu m'embrassais au lieu de dire des bêtises ? Lança t-il finalement pour mettre un terme à la conversation tout en rappelant à Dean qu'elle n'était close que temporairement.
Le jeune acteur secoua la tête, visiblement amusé avant de faire ce que Castiel lui demandait. Leurs langues se trouvèrent presque aussitôt. Le garde du corps aurait adoré pouvoir forcer Dean à s'allonger sur le canapé afin de prendre place au dessus de lui. Mais ce n'était pas à l'ordre du jour. Faire quoi que ce soit de plus que s'embrasser dans le salon était courir un risque inconsidéré.
Il mit toutefois autant d'enthousiasme que possible dans leur baiser. Il aimait la sensation des lèvres de Dean contre les siennes. Et il aimait plus encore sentir les mains du jeune acteur dans son dos. C'était incroyablement tendre. Castiel n'avait jamais rien connu de tel.
D'ordinaire, quand il embrassait un homme, il avait toujours une idée en tête. Un but à atteindre. Ce n'était qu'un préliminaire de plus. Mais avec Dean, les baisers se suffisaient à eux mêmes. Il aurait pu passer des heures à l'embrasser sans attendre quoi que ce soit de plus. Il aurait pu se contenter de ça jusqu'à la fin de sa vie.
Ils restèrent de longues minutes à s'embrasser avant de se séparer à regrets. Dean parsema ensuite le visage de Castiel de baisers avant de lui prendre la main et de le forcer à se lever en même temps qu'il le faisait lui.
Leur moment était terminé. Il était temps de revenir à la réalité et de rejoindre leurs chambres respectives. Il n'y aurait qu'une cloison entre eux mais pour Castiel, c'était presque comme si des kilomètres allaient les séparer. Il ressentirait l'absence de Dean comme s'il avait été privé d'un membre. Il savait d'ors et déjà qu'il ne dormirait pas bien.
Ils remontèrent le couloir sans se lâcher la main puis Dean raccompagna Castiel jusqu'à la porte de sa chambre. Il lui adressa un petit sourire avant de se pencher et de l'embrasser sur les lèvres. Le garde du corps lui rendit son baiser sans hésiter. Une nouvelle fois, ils courraient un risque mais il était hors de question de se séparer sans se dire correctement « au revoir ».
- Bonne nuit Cas, souffla Dean contre ses lèvres.
- Bonne nuit, répéta le garde du corps avant de déposer un baiser sur son front.
Ils se séparèrent ensuite lentement, Dean gardant ses yeux rivés sur Castiel en reculant. Il se passa une main dans les cheveux et manqua de trébucher en voulant reculer jusqu'à la porte de sa chambre. Castiel se retint de rire et agita sa main en direction de son petit ami pour le saluer avant de lui tourner le dos et de pénétrer dans sa chambre.
Quand il eut refermé la porte derrière lui, il laissa échapper un long soupire. Il appuya son dos contre le bois froid derrière lui et ferma les yeux. Il ressentait déjà l'absence de Dean. C'était incroyable combien tout semblait plus fort et plus intense avec le jeune acteur.
Castiel rouvrit les yeux et s'écarta de la porte. Il retira son tee shirt et le laissa tomber par terre. Puis il déboutonna son jean, l'enleva rapidement et se glissa sous les couvertures. Il s'installa sur le dos et tendit l'oreille. Il ne pouvait pas vraiment entendre grand chose dans la chambre de Dean. Mais cela ne l'empêchait pas d'imaginer ce qui était en train de s'y passer.
Le jeune acteur s'était probablement déjà déshabillé. Il était lui aussi allongé sur son lit, ses couvertures remontées jusqu'au milieu de son torse. Il était sur le dos, tout comme Castiel, ses mains jointes sur son ventre. Il avait les yeux fermés et il paraissait serein. Apaisé. Plus jeune que lorsqu'il était réveillé.
Castiel leva un de ses bras et posa sa main sur le mur derrière son lit. Il ne savait pas vraiment pourquoi il le faisait. Mais cela lui donnait la sensation d'être un peu plus proche de Dean. D'établir un lien entre eux malgré la distance. Un peu comme s'il tenait la main du jeune acteur dans la sienne.
Castiel ne dirait jamais à personne qu'il avait fait quoi que ce soit de ce genre car c'était sans doute incroyablement pathétique. Mais il était seul et personne n'allait le juger. Il n'avait pas à se retenir.
Le garde du corps ferma ensuite les yeux et laissa retomber son bras le long de son corps. Il était convaincu qu'il lui faudrait des heures pour trouver le sommeil et fut surpris quand il s'empara finalement de lui presque aussitôt.
Il rouvrit les yeux une heure plus tard et se rassit brutalement sur son lit. Il n'était pas sûr de savoir ce qui l'avait réveillé mais tous ses sens étaient en alerte. Et il avait appris à faire confiance à son instinct. Il tendit donc l'oreille, prêt à sortir de son lit si toutefois il entendait quoi que ce soit de bizarre.
Durant quelques secondes, il n'y eut que du silence. Castiel sentit ses muscles se détendre un à un. C'était probablement un cauchemar. Il n'en faisait pas souvent mais cela lui arrivait. Il secoua la tête, agacé d'avoir été ainsi réveillé en sursaut. Puis il passa sa main sur son front pour essuyer la sueur qui s'y était accumulée.
Il allait se recoucher quand un cri transperça le silence de la maison. Castiel reconnut aussitôt la voix de Dean. Il sauta du lit et attrapa son arme sur sa table de nuit. Il se précipita vers la porte de sa chambre et allait l'ouvrir quand le jeune acteur hurla à nouveau.
Castiel sentit aussitôt son cœur accélérer le rythme de ses battements dans sa poitrine. Il n'avait que quelques mètres à parcourir mais il était terrifié à l'idée d'arriver trop tard. Il n'avait aucune idée de ce qui se passait dans la chambre de Dean mais c'était forcément grave. Les cris du jeune acteur étaient déchirants. Terrifiants.
Castiel sortit de sa chambre puis se précipita dans celle de son petit ami. Il poussa la porte tellement fort qu'elle heurta le mur avec fracas. Ses yeux mirent quelques secondes à s'adapter à l'obscurité. Mais il ne pouvait pas patienter.
- Dean ? Appela t-il immédiatement.
Il avait besoin de l'entendre. Parce qu'il était terrifié à l'idée que le jeune acteur ne soit plus là. Qu'il ait été enlevé ou pire encore. Il fit un pas dans la chambre et fronça les sourcils. Après quelques secondes, il entendit un premier sanglot. Puis un deuxième. Il aperçut ensuite Dean assis sur son lit, son visage entre ses mains, ses genoux remontés contre lui. Il ne semblait pas blessé. Mais Castiel avait besoin de s'en assurer. Il rejoignit le jeune acteur sur le lit sans lâcher son arme et en gardant tous ses sens en alerte.
- Dean, qu'est-ce qu'il y a ? demanda t-il.
Il était surpris que Sam ne soit pas déjà là. Il n'avait peut être pas entendu les cris de son frère. Castiel en était soulagé. Il ne voulait pas avoir à composer avec l'inquiétude du jeune agent.
- Il était là … il était … juste là au pied de mon lit, répondit finalement Dean entre deux sanglots.
Castiel observa alors la chambre autour de lui. Les fenêtres étaient fermés. L'alarme ne s'était pas déclenchée et la porte était close également. S'il y avait effectivement eu quelqu'un dans la chambre, il s'y trouvait toujours. Il se leva du lit et fit un tour de la pièce. Il vérifia dans les placards et dans la salle de bains. Il n'y avait personne.
- Dean, tu es sûr qu'il ne s'agissait pas d'un cauchemar ? Demanda t-il en reprenant place sur le lit.
Le jeune acteur était toujours assis dans la même position. Il pleurait bruyamment et semblait à deux secondes d'une vraie crise de nerfs. Il avait les mains refermées autour de ses cheveux et se balançait doucement d'avant en arrière.
- Je l'ai vu … je ne suis pas fou. Il était là, souffla t-il.
Castiel ne mettait pas en cause ce que le jeune acteur avait vu. Mais il était presque sûr que personne ne s'était introduit dans la maison. Il avait probablement fait un cauchemar. C'était compréhensible après ce qui était arrivé à l'hôtel quelques jours plus tôt. Et c'était la première nuit qu'il passait seul depuis. Il n'était pas étonné qu'il ait fait un tel cauchemar.
- Je ne te dis pas que tu es fou … juste qu'il n'y a personne ici.
Dean relâcha alors ses cheveux et releva la tête pour regarder autour de lui dans la chambre. Castiel pouvait sentir qu'il n'était pas tout à fait là, ses yeux assombris par les images qui flottaient toujours dans son esprit. Il semblait totalement terrifié. Ses joues étaient humides de larmes. Castiel sentit son cœur se briser dans sa poitrine. Il aurait aimé pouvoir protéger Dean de toute souffrance. Il était toutefois incapable de le préserver de ses cauchemars.
- Mais il était là, murmura finalement Dean en se passant une main sur le visage.
Castiel avait été trop absorbé par les pleurs de son petit ami pour réaliser avant que quelque chose clochait dans la façon que ce dernier avait de présenter les choses. Il n'avait pas parlé d'un homme au hasard. Il avait employé un seul pronom. « Il ». Comme s'il savait qui ce « il » était. Comme s'il le connaissait. Dean n'avait pas vu un inconnu au pied de son lit. Non. Il avait vu un homme qu'il avait déjà croisé par le passé et qui hantait visiblement ses cauchemars. Celui qui l'avait fait souffrir probablement. Celui qu'il avait évoqué rapidement quelques semaines plus tôt. L'homme qui depuis occupait presque constamment les pensées de Castiel. C'était peut être l'occasion d'en apprendre plus sur lui. D'interroger Dean. Ce n'était probablement pas très juste mais Castiel pouvait sentir la curiosité l'envahir.
- Qui as tu vu Dean ? Qui est ce « il » ?
Le jeune acteur fronça alors les sourcils. Il ne semblait pas vraiment comprendre ce que Castiel attendait de lui. Il était évident que la situation lui échappait complètement.
- Lui, répondit il alors.
Ce n'était pas réellement une réponse. Castiel ne pouvait pas se contenter de ce seul mot. Il avait besoin de plus. D'une piste au moins. Parce qu'il avait l'intention de retrouver cet homme et de tout lui faire payer. Il ne l'épargnerait pas.
- Dean, souffla t-il parce qu'il avait vraiment besoin d'en savoir plus.
Le jeune acteur secoua alors la tête durant quelques secondes avant de venir se blottir dans les bras de Castiel. Il enfouit son visage dans le cou du garde du corps et éclata à nouveau en sanglots. C'était déchirant et Castiel n'était pas sûr de pouvoir le supporter très longtemps. Il se sentait totalement impuissant et il détestait cela.
- Dean, tout va bien. Ce n'était qu'un cauchemar. Tu es en sécurité ici. Je peux te le promettre.
Il était évident que le jeune acteur ne l'entendait pas vraiment. Il était trop centré sur son chagrin et sa détresse pour avoir conscience que son petit ami lui parlait. Mais sa présence semblait le soulager un peu. Castiel sentit ses muscles se détendre peu à peu alors que les sanglots s'atténuaient.
Après de longues secondes, le jeune acteur cessa complètement de pleurer et se redressa pour pouvoir regarder son petit ami dans les yeux.
- Je perds la tête, déclara t-il.
Il ricana ensuite mais c'était un son d'une incroyable tristesse. Un son que Castiel ne voulait plus jamais entendre de sa vie.
- Tu ne perds pas la tête. Tu es fatigué. Et tu devrais te reposer.
Dean se mordilla la lèvre inférieure une seconde avant de s'allonger. Il joignit ses mains sur son ventre avant de se tourner sur le côté après un moment. Il tournait le dos à Castiel à présent. Il semblait vouloir fuir toute discussion. Sans doute avait il honte d'avoir réveillé son petit ami pour rien. Mais il n'avait pas à s'en faire. Castiel ne lui en voulait pas.
- Je suppose que je le mérite hein ? Question de karma.
Castiel fronça les sourcils, surpris par ce qu'il entendait. Il ne voyait pas vraiment ce que Dean cherchait à lui dire par là. Comment pouvait il penser qu'il méritait de souffrir ? Qu'avait il pu faire par le passé pour avoir ce genre d'idées stupides ? Castiel réalisa alors qu'il ne savait pas grand chose de son petit ami. Il ne connaissait rien de son passé. Il y avait visiblement beaucoup de choses que le jeune acteur préférait encore lui cacher.
- Qu'est-ce que tu racontes Dean ? Comment peux tu mériter ce qui t'arrive ?
Il avait envie de forcer le jeune acteur à se retourner. De l'obliger à le regarder dans les yeux. Il n'aimait pas l'idée de ne pas pouvoir lire dans son regard ce qui se passait dans sa tête. Mais il savait que son petit ami n'apprécierait pas d'être ainsi malmené. Surtout après la peur qu'il avait eue quelques minutes plus tôt. Non. Il était préférable de le laisser aller à son rythme. Même si cela frustrait Castiel.
- Je ne sais pas ce que je raconte. Tu l'as dit … je suis fatigué. Et je …
Dean s'interrompit alors. Il prit une grande inspiration et remonta ses jambes contre lui. Il formait une boule sous les couvertures. Castiel n'aurait jamais cru qu'il puisse se faire aussi petit avec son mètre quatre vingt cinq. Une nouvelle fois, il sentit son cœur se briser. Il n'était même pas sûr que cela soit possible.
- Tout cet argent … toute … cette célébrité. Je n'ai rien fait pour le mériter. Je n'ai rien demandé mais je … je sais que je ne devrais pas … c'est pour ça que j'en donne autant. Pas parce que je suis quelqu'un de bien … juste parce que cet argent me brûle les doigts. Il me dégoûte. Il … Cas, je ne sais plus quoi faire.
Castiel était totalement perdu quant à l'attitude à adopter. Il ne comprenait pas vraiment la détresse de Dean. Il n'avait pas toutes les cartes en main. Il était incapable de trouver les bons mots. Il aurait eu besoin de plus d'éléments pour savoir quoi dire. Mais puisque Dean ne semblait pas prêt à les lui donner, il devait faire avec ce qu'il avait. Il choisit donc d'apporter son soutien au jeune acteur. Il s'allongea derrière lui en restant au dessus des couvertures. Il passa ensuite son bras autour de la taille de Dean et l'attira à lui jusqu'à ce que le dos du jeune acteur soit collé contre son torse.
- Je ne sais plus quoi faire et je suis tellement fatigué de … de chercher … de me poser des questions. Toujours les mêmes questions. Et parfois, cela m'empêche de faire quoi que ce soit d'autre … d'être là pour mes proches … d'être un bon acteur. Parce que c'est la seule chose que je sais faire … jouer un rôle … être quelqu'un d'autre. C'est pathétique et c'est triste et pourtant … c'est tout ce dont je suis capable. J'aimerais … Cas, si je ne peux plus jouer, je préfère encore être mort.
Pendant une seconde, Castiel se demanda si Dean n'était pas suicidaire. S'il n'y avait pas des blessures plus importantes chez le jeune acteur que celles qu'il avait acceptées de lui confier à demi mots. Il chassa cette idée de sa tête aussitôt. Il ne pensait pas que son petit ami voulait mourir. Dean le lui avait dit clairement. Mais il n'était pas heureux non plus. Et c'était incroyablement triste.
- Ce n'est pas pathétique Dean. Tu n'es pas pathétique, assura le garde du corps quand il fut évident que le jeune acteur n'allait pas en dire plus. Tu es doué dans ce que tu fais mais je suis sûr que tu pourrais faire autre chose si tu le souhaitais et … quel mal y a t-il à être doué pour quelque chose ? C'est une chance.
Dean enfouit son visage dans l'oreiller en secouant la tête. Il tremblait encore et Castiel aurait voulu trouver un moyen de le calmer pour de bon. Si sa présence ne suffisait pas, il ne voyait pas quoi faire d'autre.
- Quand je posais … au tout début, quand j'étais mannequin, il me disait toujours que je n'étais pas suffisant bon. Que je n'étais pas naturel. Pas assez mince. Pas assez … pas assez. Il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. J'ai fini par croire qu'il avait raison et je me suis en tête de tout faire pour réussir. Je ne mangeais plus. Ou quand j'avalais quelque chose parce que Sam me surveillait, je m'empressais de me faire vomir. On dit que cela ne touche que les femmes dans ce métier mais les hommes sont également victimes de ces troubles. J'ai même envisagé la cocaïne pendant quelques semaines. On me disait que c'était efficace et … j'aurais été prêt à tout pour réussir.
- Pourquoi avoir arrêté alors ? Demanda aussitôt Castiel.
Il savait que poser pour des photographes n'était pas ce dont le jeune acteur avait envie. Qu'il avait fait cela uniquement pour gagner de l'argent. Mais il comprenait à présent qu'il y avait plus sur ce sujet à apprendre. Il était prêt à parier que les blessures que Dean avait subies dataient de cette époque. Il aurait aimé que son petit ami lui en parle. Mais il était presque sûr qu'il ne le ferait pas.
- J'ai fini par comprendre que je ne parviendrais jamais à lui … à leur donner ce qu'ils attendaient. Et ce milieu fonctionne … du moins pour certains, il fonctionne d'une façon qui ne me plaisait pas. Il fallait être … il fallait être prêt à faire des sacrifices pour réussir. A … donner de sa personne … au sens propre du terme. Je ne pouvais pas l'accepter. Je suis parti. Mais j'ai tout de même fait des choses dont je ne suis pas fier. Peut être que c'est en partie pour cela que je subis toutes ces choses aujourd'hui … je paie pour ce que j'ai fait à cette époque. Ce n'est que justice.
Castiel était réellement terrifié par ce qu'il entendait. Il avait rapidement compris que Dean avait connu des expériences douloureuses. Qu'il avait souffert. Mais il n'avait jamais imaginé que cela puisse être aussi grave. Il avait peur de ne pas être à la hauteur pour l'aider. Il avançait dans le noir le plus complet. Il n'avait pas suffisamment d'informations pour agir correctement.
- Et moi je crois que tu mérites ta réussite. Que tu mérites d'être heureux et entouré. Aimé. On commet tous des erreurs Dean. La question n'est pas de savoir si nous sommes irréprochables ou pas mais de savoir comment nous gérons nos erreurs passées. Si oui ou non, nous en assumons les conséquences. Dans ce domaine là, tu n'as rien à te reprocher.
Castiel sentit le jeune acteur soupirer puis remuer sensiblement jusqu'à pouvoir se tourner sur l'autre côté et faire face au garde du corps. Il avait les traits tirés et les yeux rouges. Il semblait totalement épuisé mais également terrifié. Triste. Castiel ne l'avait jamais vu comme ça.
- Aimé ? Répéta alors Dean d'une toute petite voix.
Pendant une seconde, Castiel fut surpris d'entendre ce mot. Il réalisa ensuite qu'il l'avait lui même prononcé sans réellement s'en rendre compte. Et c'était ce que Dean avait retenu de son petit discours. Ce n'était pas surprenant. Le jeune acteur était avide d'amour et d'affection. Il en avait besoin pour se sentir vivant.
- Aimé oui. Par ton frère … par Jo et les autres. Par ton public et toutes les personnes avec qui tu travailles quotidiennement. Il y a tellement d'amour autour de toi Dean. J'aimerais que tu puisses le voir.
Dean sembla déçu de ce qu'il entendait et Castiel réalisa alors ce que son petit ami avait cru comprendre quand il avait prononcé ce mot. Le garde du corps n'avait jamais été amoureux. Il n'avait jamais dit à un homme qu'il l'aimait. Il n'était pas sûr de savoir ce qu'on ressentait quand on avait de tels sentiments. Et il était presque sûr qu'il était trop tôt pour le dire à Dean. Mais il savait que le jeune acteur en avait besoin. Et ce ne serait probablement pas un mensonge. Castiel avait des sentiments très forts pour lui.
- Je vais être parfaitement honnête avec toi Dean parce que j'estime que tu le mérites et … que je veux que les choses soient claires entre nous. Je ne sais pas ce qu'on ressent quand on aime quelqu'un. Je n'ai jamais eu de relation sérieuse et je n'en ai jamais voulu d'ailleurs.
Il sentit Dean se tendre aussitôt dans ses bras et il enchaîna sans attendre pour ne pas le laisser se faire de fausses idées.
- Jamais avant toi … et je ne suis pas en train de te dire que nous ferons notre vie ensemble parce que soyons réalistes … personne ne peut garantir ce genre de choses. Mais j'ai envie d'essayer. Avec toi, j'ai envie de tenter ma chance. Alors peut être que je t'aime … peut être que je suis déjà amoureux de toi et peut être même que je le suis depuis un moment maintenant. Je ne peux pas te le garantir parce que je ne sais pas en reconnaître les signes. Ce dont je suis sûr en revanche, c'est que je tiens énormément à toi. Que je veux te voir sourire et t'entendre rire. Que je veux te protéger et te faire te sentir mieux. Je veux tout te donner.
Il aperçut une larme couler sur la joue de Dean et il se demanda une seconde s'il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas. S'il avait été très loin. Mais le jeune acteur se blottit dans ses bras quelques instants plus tard et il sentit son cœur s'emballer aussitôt.
- Je ne suis pas forcément plus expérimenté que toi en la matière, murmura le jeune acteur dans son cou.
Castiel encercla sa taille de ses bras pour le garder fermement collé contre lui.
- Tu as aimé Benny, rappela t-il, un peu jaloux.
Il n'avait probablement aucune raison de l'être. Il avait confiance en Dean et il savait que son petit ami ne le tromperait pas avec son ex. Mais il savait également qu'ils avaient continué à coucher ensemble après leur rupture. Et il devait admettre qu'il était jaloux des sentiments que le jeune acteur avait eu un jour pour Benny.
- Je l'ai aimé oui. Mais jamais … ça n'a jamais été comme ce qu'on décrit dans les livres. Ce dont on parle dans les films. J'ai eu des sentiments pour lui. Des sentiments forts mais … quand j'y réfléchis, je ne pense pas avoir été amoureux de lui. J'aimais l'idée d'être en couple et j'aimais Benny. Mais pas comme je veux t'aimer toi.
Castiel ferma les yeux une seconde pour savourer ce qu'il entendait. Il s'agissait peut être d'un mensonge. De paroles uniquement destinées à le rassurer. A le faire se sentir différent. Unique. Mais elles n'en étaient pas moins agréables à entendre.
- Je me rends compte de la chance que j'ai tu sais, souffla alors Castiel en remontant une de ses mains dans les cheveux de Dean.
Il les caressa une seconde avant de déposer un baiser sur le sommet du crâne du jeune acteur. La maison était incroyablement silencieuse. De toute évidence, les cris de Dean n'avaient réveillé personne. C'était mieux ainsi. Si Sam débarquait dans la chambre, il aurait probablement du mal à expliquer sa présence. Ou le fait que le jeune acteur était blotti dans ses bras. Peu importait que Castiel soit au dessus des couvertures, Sam comprendrait dans la seconde qu'ils formaient un couple à présent.
- Je crois au contraire que c'est moi qui ait de la chance, protesta Dean dans son cou.
Castiel secoua alors la tête. Il était important que Dean entende ce qu'il avait à dire. Qu'il l'accepte également.
- Non, je pense que c'est moi qui suis le plus chanceux de nous deux. Soyons réalistes … tu devrais être inaccessible pour les gens comme moi. Tu es célèbre et brillant. Tu es drôle, intelligent et incroyablement sexy. Tu joues dans une autre catégorie que moi. Et puis, tu es une star et j'ai parfois un peu de mal à croire que tu puisses avoir été attiré par moi comme le monde entier et moi inclus le sommes par toi.
Dean ricana une seconde dans son cou et Castiel sut qu'il avait trouvé les bons mots. Il était sérieux quand il disait qu'il avait de la chance. Quand il expliquait pourquoi il était surpris que Dean ait pu avoir envie de lui. Mais il avait choisi de ne pas se montrer trop sérieux. C'était un moment important mais cela ne devait pas les empêcher de plaisanter un peu. Dean avait besoin de rire pour oublier le cauchemar qu'il avait fait.
- Je doute que le monde entier soit attiré par moi, protesta Dean après quelques secondes.
- Peut être pas le monde entier, je te l'accorde. Mais la totalité des femmes hétérosexuelles et des hommes homosexuels le sont très probablement. Tu t'es regardé dans la glace récemment ?
Dean ricana à nouveau. Il avait les mains enfermées entre leurs deux corps et Castiel sentit ses doigts caresser son torse avec délicatesse. Cela ne manqua pas de réveiller son corps encore endormi mais il ignora les sensations pour se concentrer uniquement sur la détresse de son petit ami.
- C'est toi qui devrait te regarder dans la glace plus souvent si tu veux mon avis. Mais je doute qu'on parvienne à se mettre d'accord sur ce point alors inutile de débattre plus longtemps.
Castiel n'avait jamais eu de complexes sur son physique. Il se savait séduisant. Mais il n'avait rien d'extraordinaire. Du moins pas comme Dean. Sur ce point, il était réaliste.
- Je détestais qu'on me dise que j'étais beau avant, confia ensuite le jeune acteur.
Castiel sentit la tension dans ses muscles aussitôt. Il était redevenu sérieux. Le garde du corps aurait préféré qu'ils continuent à plaisanter mais si Dean souhaitait se confier à lui, il ne chercherait certainement pas à l'en dissuader. Il voulait tout savoir de lui. Même s'il était presque sûr qu'il n'apprécierait pas ce qu'il entendrait.
- Comment ça ? Demanda t-il pour encourager Dean à parler.
Le jeune acteur avait le front appuyé contre son cou. Il semblait ne pas pouvoir se confier à lui en le regardant dans les yeux. Ce qui tendait à prouver qu'il cachait des choses graves. Castiel recommença à lui caresser les cheveux.
- C'était tout ce qui comptait quand j'étais mannequin. Etre beau et se taire. Au début, j'étais flatté. Je veux dire … j'étais jeune et j'avais des complexes comme n'importe qui. Je détestais mes tâches de rousseur et je me trouvais trop maigre … pas assez musclé. M'entendre dire que j'étais suffisamment beau pour donner envie aux gens d'acheter les vêtements que je portais était … c'était génial.
Dean s'interrompit une seconde pour soupirer. Castiel ignora les frissons qui remontèrent sa colonne vertébrale en sentant le souffle du jeune acteur caresser son cou.
- Mais pas dans la bouche de tout le monde … pas dans celle d'un photographe en particulier. Lui le disait avec une autre idée en tête … une idée qui me dégoûtait. Je ne pouvais pas lui donner ce qu'il attendait et il continuait de répéter que j'étais beau … que j'étais séduisant et sexy et que tous les gens avaient envie de moi. J'ai fini par détester mon apparence … pas regretter d'avoir les traits de ma mère. Mais j'ai continué de les utiliser pour réussir. Ca me faisait me sentir sale mais puisque c'était tout ce que j'avais, je ne pouvais pas faire autrement. Quand j'ai commencé à jouer, les choses ont changé. Il m'a fallu du temps pour accepter que mon apparence n'était pas la seule chose que les réalisateurs cherchaient. Qu'ils attendaient plus de moi.
Castiel n'avait jamais imaginé que poser pour des photographes pouvait engendrer de telles complications. Il avait cru que c'était un métier facile exercé par des gens qui étaient trop feignants pour faire autre chose. Des gens qui voulaient de l'argent facile. Il en avait honte à présent. Il était évident que beaucoup souffraient dans ce métier. Qu'il exigeait des sacrifices. Qu'il n'était finalement pas aussi simple que ça.
- Tu es tellement plus qu'un beau visage Dean. Tu n'as pas idée de ce que les gens voient en toi. Ce que les gens qui comptent voient en toi. Il y aura toujours des personnes pour s'arrêter à ton apparence. Tu dois en faire abstraction et te concentrer sur ceux qui savent voir plus loin.
- Les gens comme toi, souffla Dean presque aussitôt.
Castiel devait admettre que le physique du jeune acteur avait été la première chose qui l'avait attiré vers lui. Quand il ne le connaissait pas encore, il avait pensé à tort qu'il n'était rien de plus qu'un bel homme superficiel. Il avait eu envie de lui avant de développer des sentiments à son égard. Mais il savait qu'il avait eu tort.
- Comme moi et les gens qui t'entourent. Ceux qui te sont proches.
Dean hocha alors la tête et Castiel sentit ensuite qu'il baillait contre son torse. Il sourit, satisfait de voir qu'il était prêt à s'endormir à nouveau. Il avait réussi à lui faire oublier son cauchemar. Il avait été à la hauteur en fin de compte.
- Tu devrais dormir. Tu as une longue journée qui t'attend.
- Je ne suis pas sûr de pouvoir … est ce que tu crois que tu pourrais rester … pas toute la nuit mais au moins un moment ?
Castiel était presque que ce n'était pas une bonne idée. C'était courir un risque. Sam pouvait parfaitement venir trouver Dean dans sa chambre quand le soleil serait levé. Mais il n'avait pas le cœur de dire non au jeune acteur. Il pouvait sentir que sa présence comptait beaucoup pour lui. Qu'elle était la seule chose à l'apaiser pour le moment. Il hocha donc la tête.
- Bien sûr que je vais rester, accepta t-il.
Il se dégagea sensiblement de Dean pour pouvoir se glisser sous les couvertures. Dès qu'il fut installé sur le dos, le jeune acteur vint aussitôt se blottir à nouveau contre lui, son visage sur son torse, juste au dessus de son cœur. C'était ainsi qu'ils avaient dormi quand ils étaient encore à l'hôtel et Castiel ne voulait plus jamais avoir à s'en priver. Ainsi, le parfum de Dean était la seule chose qu'il pouvait sentir. Le bruit de sa respiration la dernière chose qu'il entendait avant de s'endormir à son tour.
- Bonne nuit Cas, murmura alors Dean en posant une main sur son ventre, sous la couverture.
Castiel déposa un baiser sur le sommet de son crâne.
- Bonne nuit Dean.
Il tendit ensuite à nouveau l'oreille pour s'assurer que personne n'approchait. Il ne saurait pas quoi dire si quelqu'un les trouvait dans cette position. Il ne pensait pas être capable de trouver un mensonge crédible. Mais il refusait de partir. Dean avait besoin de lui et il s'était juré d'être là pour lui. Il n'allait pas manquer à sa promesse.
Après quelques minutes, il entendit la respiration de son petit ami s'approfondir et se ralentir. Il s'était enfin endormi. Castiel s'autorisa alors à fermer les yeux à son tour. Il était confortablement installé avec l'homme qu'il aimait – peut être … sans doute – dans ses bras. Il n'aurait jamais pensé obtenir quoi que ce soit de ce genre. Bien sûr, il n'ignorait pas tous les obstacles qui continuaient de se dresser entre eux. Toutes les choses qui pourraient les amener à s'éloigner et à se séparer. Mais à cet instant précis, tout était parfait. Tout était exactement comme il voulait que ce soit. Il était facile d'ignorer tout le reste quand il était ainsi blotti avec Dean. Demain était un autre jour. Il n'avait pas à s'en soucier pour le moment. La vie se chargerait de lui rappeler tout ce qu'il avait chassé de son esprit cette nuit.
Castiel sentit peu à peu le sommeil l'envahir. Il laissa la respiration de Dean le bercer. Il aurait tout donné pour ne plus avoir à se cacher. Il aurait aimé pouvoir crier sur tous les toits qu'il était avec ce jeune homme extraordinaire qu'il avait envie d'aimer de tout son cœur. Il allait devoir patienter pour le faire et se contenter de ce qu'il avait pour le moment. C'était déjà beaucoup. Il en avait conscience. Et ce fut cette pensée qui l'accompagna au moment de s'endormir. Celle d'avoir trouvé un homme avec qui il voulait faire sa vie alors qu'il avait pensé devoir vieillir seul.
