Notes : Salut tout le monde ! Ca y est : les vacances sont finies - enfin, pas encore tout à fait pour certains :p - donc, on se remet au travail. Voici donc la suite. J'espère qu'elle vous plaira ;). Ah oui ! Et dès à présent, je tenais à présenter mes excuses auprès d'Hermann, que j'ai bien malmené dans ce chapitre xD ! A bientôt !
La pluie aidant, nous avons passé l'après-midi chez moi. J'ai ramené Anja chez son père en début de soirée, là où je ne suis guère resté. En effet, nous avions bien l'intention d'y planifier un tant soit peu notre court séjour sur Hambourg, mais est-ce le fait d'apprendre que je partais de façon totalement imprévue (et imprévisible) avec sa fille ou davantage que celle-ci ait passé l'après-midi chez moi (quoi qu'à tout bien y réfléchir, ça devait carrément être les deux), le fait est que le papounet d'amour a soudainement repris quelques-unes de ses « bonnes » et anciennes habitudes.
*Comme quoi : chassez le naturel et il revient au galop !
Et je ne dis pas ça pour moi, hein !*
Autrement dit, j'ai eu droit à quelques grognements intempestifs et autres regards torves, qui m'ont clairement indiqué que sa récente sympathie demeurait assez friable.
Ainsi, un court échange pour indiquer à Anja que je passerais la prendre vers 5h30 – Ah oui ! Parce qu'il avait fallu que la demoiselle réserve le premier vol du matin, et ce, sur le vol le plus normal qui soit.
… Comme si je n'aurais pas pu réserver un jet privé pour partir à l'heure qui nous aurait convenu. Tsss... Mais non ! Bien sûr. Pour la énième fois, quand j'ai osé soumettre l'idée, j'ai eu droit à un : « Non Karl ! Je ne suis pas avec toi pour que tu m'entretiennes ! Je veux garder une vie normale et vivre comme tout le monde. »
Ben voyons ! On en reparlera dans quelques années, hein, ma cocotte.
Bref. Je n'ai pas voulu polémiquer (surtout qu'il y en avait un qui n'attendait que ça – une petite dispute pour me sauter dessus et me faire avouer tout ce que j'avais fait subir à sa fille durant la journée) et ai cédé sans (trop) rechigner. Donc : départ trop tôt, pour arriver sur Hambourg trop tôt.
*Ben oui. Qu'est-ce que vous avez d'ouvert à sept heure du mat', à part les bars et les presses ? Rien ! (et entre parenthèse, ils aurait mieux fait de rester fermés ce jour-là, ceux-là)*
En plus, Anja voulait passer à sa fac pour faire des papiers. Ah ah ! Je me marre ! Z'avez vu, vous, une administration ouverte – et efficace – si tôt ? Non ? Moi non-plus.
Mais bon, Anja était contente...
*Ou alors, elle a fait gaffe de ne pas râler devant moi parce qu'elle devait se douter que je l'attendais au tournant.*
… et on a tout de même trouvé de quoi s'occuper en attendant une heure raisonnable pour partir chacun de son côté, puisque nous en avons profité pour aller déposer nos affaires à l'hôtel, où nous avons également pris notre petit-déjeuner.
Je passerai d'ailleurs rapidement sur le fait qu'il a fallu, une fois de plus (et surtout, deux fois en deux jours) que je montre patte blanche pour qu'Anja accepte de venir dormir à l'hôtel. Anja qui semblait vraiment me prendre pour un dévergondé peu digne de confiance en puissance.
*Soupir*
- Dis-donc, ai-je fini par lui glisser. Tu sais qu'à force de toujours ramener le sujet sur la table - alors qu'en plus, je ne pense même pas à mal quand je te propose de venir dormir à l'hôtel, pour qu'on y soit simplement ensemble -, je vais finir par croire que tu penses encore plus à la chose que moi et que tu me tends des perches pour voir comment je les attrape.
Blanc et teinte rouge.
- Hein ? Non mais ça va pas de dire ça ?!, s'est-elle enflammée.
Elle ne marchait pas, elle courait.
- Pour qui tu me prends ? On ne sort ensemble que depuis quelques jours – on pourrait même compter ça en heures tellement ça fait peu !, s'est-elle défendue, boudeuse. Alors si tu crois que la seule chose à laquelle je pense quand je suis en promiscuité avec toi, c'est ce qui... qui... qui pourrait arriver si on était trop proches ou carrément que je suis du style à aller m'allonger sous le premier venu, tu te fourres le doigt dans l'œil !
J'ai alors failli lui demander pourquoi, si tout ça lui était si éloigné, elle avait viré pivoine en m'engueulant, mais mon bon sens m'a mis en garde. Après tout, je restais dans l'idée que la braquer éloignerait la date fatidique où je pourrais enfin lui prouver tout mon amour.
*Hé ! Je les vois les petits sourires en coin !*
Vers 10h30, Anja s'en est donc allée vers son ancienne université, les bras chargés de dossiers et autres paperasses qui ne servent généralement qu'à vous prendre la tête, et moi, j'ai commencé par rappeler Hermann – qui devait censément être dispo., mais s'était finalement retrouvé en urgence chez son dentiste pour un mal de dent atroce (ça lui apprendra à bouffer des cures dents à celui-là ! Il avait dû s'en planter un dans la gencive qu'il n'arrivait plus à retirer) – Hermann, qui ne pourrait donc être visible qu'en début d'après-midi.
Donc, quoi faire ? Hé ben, je me suis fait un petit viron du côté de mon ancien club, histoire de voir s'il ne s'était pas écroulé depuis.
Au final, j'ai été déçu.
*Quoi ? Mais non, il ne s'était pas écroulé !*
C'est parce que je n'y ai trouvé personne, que j'ai été déçu. Il n'y avait même pas mon japonais préféré, qui d'ordinaire, passait autant de temps sur les terrains que moi. Dommage. Qu'est-ce que j'aurais aimé lui lancer un p'tit défi pour voir s'il avait progressé... Mais non. Genzô était rentré chez lui, au Japon, pour les vacances. Apparemment, il y avait aussi des sélections nationales...
*Re-soupir.*
J'ai donc tué le temps comme j'ai pu et suis retourné tranquillement à l'hôtel, où Anja viendrait me rejoindre.
- Non mais, tu te rends compte ? Je me pointe tout sourire avec touuuuus les papiers qu'on m'a dit d'amener. Tous ! Tiens, regarde ! Tout ça, je me suis trimbalé ! Il n'en manquait pas un seul !
Sur quoi Anja a inondé la table ronde, déjà fort occupée par les couverts, verres et assiettes, des fameux documents dont je vous ai déjà dit tout à l'heure que hormis vous prendre la tête, ils ne servent généralement pas à grand-chose.
... Et heureusement que nos plats n'étaient pas encore arrivés, car vu l'énergie débordante dont fit preuve ma petite-amie sur le moment, je ne suis pas convaincu qu'il serait resté grand-chose à manger dans les assiettes.
- Ils prennent vraiment les gens pour des abrutis, dans cette administration, c'est pas possible !
- Et s'il n'y avait que dans celle-là, ai-je soufflé en soupirant.
Anja a approuvé d'un signe de tête ferme puis a repris son monologue.
*Dans ces moments-là, mieux vaut la laisser se défouler un bon coup, toute seule. Elle se calme plus vite et… de toute façon, énervée comme ça, elle ne vous écoute même pas. Alors…*
- Du coup, il faut encore que j'y retourne demain matin pour voir la collègue absente ce matin. N'importe quoi ! Ah… Merci.
On venait de nous servir nos entrées. Sauvé !
… mais pas pour longtemps. Car à peine eut-elle avalé sa première bouchée de salade :
- « Vous n'avez pas lu la note qui vous a été envoyée ? », a-t-elle dit en prenant une voix particulièrement aigüe, refaisant la personne qui l'avait réceptionnée ce matin-là. Non, je ne l'ai pas lue, vieille bique ! Et tu sais pourquoi ? Parce que vous avez oublié de me l'envoyée, la note ! Raaaah ! J'enrage ! Avec eux, c'est toujours pareil : toujours la faute des autres. Et comme en plus, les « autres », ce sont les trois-quarts du temps des étudiants, c'est du pain béni. Ah ! Les jeunes ! Tu parles, oui !
Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire. Décidément, la douce Anja que je connaissais pouvait se montrer enragée quand les choses lui déplaisaient.
*Et je n'allais pas tarder à m'en rendre compte de façon beaucoup plus… personnelle.*
J'ai posé mes couverts et ai croisé mes mains sous le menton. Devant mon attitude, elle a stoppé net et m'a regardé, soupçonneuse.
- Quoi ?
- Oh rien, ai-je souri de plus belle. Je me disais simplement que la vie d'étudiant était bien pénible, parfois.
- Tu te moques de moi, là ?
- Ah non, ai-je répondu en haussant les sourcils. Promis que non. Je n'aime pas beaucoup tout le côté paperasse et administratif des choses. Alors, je compatis.
- Mouais…
Elle a semblé hésiter un peu sur l'aspect véridique de mes paroles, mais finalement :
- Bah… De toute façon, j'avais prévu deux jours pour m'occuper de tout ça, a-t-elle soupiré. Donc, je reste dans les temps.
Elle s'était enfin calmée.
- Mais c'est tout de même agaçant de se dire qu'on fait les choses comme il faut et que malgré ça, non-seulement ça ne va justement pas comme il faut, mais en plus, on nous reprocherait presque d'en être responsables !
- Hum… Bon !, ai-je changé de sujet pendant qu'on nous débarrassait (hé oui ! On avait quand même réussi à manger, avec tout ça). Tu vois tes amis tout à l'heure, c'est ça ?
Elle a acquiescé d'un mouvement de tête.
- Et toi ? Tu vas voir Hermann ?
- Oui. Dans quel état, j'en sais rien. Mais je vais le voir.
- Bah… Au pire, même si on lui a arraché une dent, il sera remis quand tu arriveras.
- Hermann ?, ai-je ricané. Tu ne connais pas encore la bête ou quoi ?
Elle a ri à son tour.
- Oui, c'est vrai. Et Genzô, il sera là aussi ?
- Non, il est au Japon.
- Ah ? Dommage.
C'est aussi ce que je m'étais dit.
- Les trois ensemble, ça aurait donné, s'est-elle tout à coup esclaffée.
J'ai haussé un sourcil. À l'évidence, nous n'avions pas trouvé ça dommage pour les mêmes raisons. Et encore plus à l'évidence, son souvenir de nous trois réunis n'était pas des plus valorisant…
Le déjeuner terminé – et les documents administratifs soigneusement montés dans notre chambre – nous nous sommes séparés une nouvelle fois. Elle, s'est dirigée vers sa fac, mais pour s'arrêter au parc qui la jouxtait, et moi, je m'en suis allé chez Hermann, qui se remettait tant bien que mal de sa dent douloureuse.
- Ah ! Chalut, Karl.
J'ai littéralement éclaté de rire.
*Hé non ! Parfois, je ne suis véritablement pas charitable.*
Mais aussi, que voulez-vous. Quand Hermann m'a ouvert la porte, je ne me suis pas retrouvé, comme à l'accoutumé, face à un solide gaillard armé d'un bout de bois, mais devant un pauvre bougre à la bobine défaite qui appuyait sur une joue qui avait triplé de volume, une grosse poche remplie de glace.
Bon. Évidemment, il s'est renfrogné évidemment, il m'a claqué la porte au nez – pour la rouvrir trois secondes plus tard évidemment, je me suis excusé de manière peu convaincante… et on est ensuite allés s'asseoir dans son salon après que j'ai poliment refusé quelque chose à boire.
- Alors ? Qu'est-ce qu'on t'a fait, comme misère ?, lui ai-je ensuite demandé, une fois calmé.
- Ben..., articula-t-il péniblement. Au départ, j'y chuis allé parche-que j'avais juchte un peu mal. T'as fini de te foutre de moi ?!
- Pardon… J't'en prie : continue.
- Et voilà que quand j'arrive chez chet empafé de dentichte, cha checrétaire me dit qu'il a dû partir en urgenche – comme chi j'en étais pas une, moi auchi, d'urgenche !
Je confirme.
- Du coup, comme je n'étais pas vraiment aux janges, elle m'a dit que chi je voulais, je pouvais toujours voir le gars qui le remplache habituellement durant chés congés et qui n'allait pas tarder à arriver.
- Et ?
- Quoi « et » ?, s'est-il énervé. L'état de ma bouche ne te chuffi pas à comprendre que j'aurais mieux fait d'attendre l'autre ?! M'a charcuté, l'abruti ! En pluch, chuis obligé de retourner voir mon dentichte maintenant !
Hermann s'est alors laissé aller contre le dossier du fauteuil en soupirant, pressant avec une grimace sa poche sur sa joue bouffie et rougie. J'ai cru qu'il allait en pleurer. Le pauvre ! Avec ce qu'il aimait aller chez « l'homme à la roulette » (un peu comme nous tous, quoi)…
- Allez ! Courage, l'ai-je conforté en m'avançant pour lui donner une tape sur la jambe. Plus qu'un mauvais moment à passer et ça sera fini.
Il m'a répondu par un grognement.
- Cha me rappelle un peu la fois où tu m'as balanché un Fire-Shoot en pleine tronche. 'tain ! Que ça fait mal…
C'est vrai que lui aussi s'en est pris quelques-uns de mes tirs dans la tête. Bah ! Fallait pas m'embêter, après tout. Maintenant, c'est Shunkô qui morfle…
- Au fait, m'a-t-il soudain demandé en se redressant, l'air étonné. Comment cha che fait que tu chois là ? Je chuis content de te voir, hein ! Ch'est pas la quechtion. Mais tu ne m'avais pas dit que tu ne bougerais pas de Munich pour mettre au point un nouveau tir ?
J'ai tiqué. Démasqué.
- J't'ai jamais dit que c'était pour mettre au point un nouveau tir.
- Ah non, ch'est vrai, a-t-il souri… pour grimacer aussitôt. Mais aux vues de ta dernière confrontachion avec Gen, rèchter à Munich pour t'entraîner équivaut à pacher tout ton temps chur un terrain pour mettre toutes les chanches de ton côté pour le battre, il a-t-il fini avec un petit clin d'œil.
- Hé hé, c'est vrai, ai-je avoué. J'y ai déjà pas mal travaillé d'ailleurs, mais là… j'ai eu envie de faire un p'tit break.
- Un break ? Parche-que tu chais che que cha veut dire, de faire un break, toi ?
Vous voyez un peu l'étiquette que je me traînais ?
- Heu… Ben oui, ma foi. Je suis monté voir les copains, quoi...
Pour une obscure raison, j'hésitais à lui dire que j'étais en vérité là parce que j'accompagnais ma petite-amie. Malheureusement, comme la raison que je venais d'invoquer n'a définitivement jamais fait parti de mon vocabulaire, Hermann a rapidement suspecté quelque chose. Et mon air coupable n'a rien arrangé.
*C'est pas étrange, quand même ? Pour être un ami de longue date, lui plus que quiconque savait que j'avais très régulièrement des petites-amies – et plus encore, que j'en changeais souvent. Alors, quelle retenue je pouvais bien avoir de lui dire que je n'étais pas monté sur Hambourg seul ?*
Il m'a alors fixé de son regard perçant – vous savez, l'impressionnant qu'il prend encore aujourd'hui quand il se lance, en même temps qu'il crache son cure dent d'ailleurs (malheur alors à celui qui se trouve dans les environs, c'est la crevaison d'yeux assurée) – et n'a eu qu'à attendre que je crache le morceau.
*Je crois bien qu'il n'y a que lui qui ait cet effet-là sur moi. Heureusement qu'il n'en a jamais été de même avec mes parents !*
- Ok, ok !, ai-je soupiré, agacé. J'ai véritablement fait un break, mais suis avant tout venu sur Hambourg parce que j'y accompagne quelqu'un qui avait besoin d'y aller.
- Hein ?
- Quoi « hein » ? T'es sûr qu'il ne t'a enlevé qu'un morceau de dent, ton dentiste ? Je suis en train de te dire que je suis venu à Hambourg parce que ma copine avait à y aller. C'est plus clair comme ça ?
- Aaaaaah ! Pour chûr que ch'est plus clair !, s'est-il exclamé. Pourquoi tu ne me l'as pas dit de chuite ? Pas bejoin de faire des mychtères avec cha avec moi, tu chais.
- Mais je ne fais aucun mystère, me suis-je renfrogné – histoire de m'enfoncer un peu plus. De toute façon, je ne suis pas venu te voir pour te parler d'elle, mais vraiment pour voir comment tu allais.
- Ah ben ! Cha cherait bien la première fois que tu me parlerais d'une de tes conquêtes, a-t-il souri doucement pour ne pas trop maltraiter sa gencive.
J'ai alors regardé ailleurs. Erreur fatale.
- Quoi ?, m'a-t-il lancé, vif et alerte. Raconte, tu t'es trouvé une nouvelle jolie petite ?
- Allez, Karl ! Raconteuuuh ! Ouille, ouillouillouille ! Ch'te dent ! J'en ai marre ! Bon, allez, Karl, accouche ! Qui ch'est che coup-chi ? Mannequin, actriche, préjentatriche ? Qui ?
J'étais agacé. Pourtant, après l'habitude que j'avais pu donner aux uns et aux autres, il n'y avait rien d'extraordinaire à ce que Anja soit ramenée au même rang que mes autres « greluches », comme aimait à les appeler ma mère. Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même.
- Ça n'est ni l'une, ni l'autre, Hermann. C'est une jeune femme ce qu'il y a de plus discret et comme tu as déjà dû en croiser des dizaines. Quoi que... Non. Des comme elle, ça m'étonnerait que tu en ais déjà beaucoup vues.
- Oooh... ? AAAAAAAH !
Tellement stupéfait, il en a lâché sa poche qui a déversé sa glace... entre ses jambes.
*Hé ouais ! Ça n'aurait pas été drôle, sinon.*
Je l'ai regardé se débattre un instant avec sa poche et son contenu, avant qu'il ne se re-concentre sur ce qui l'intéressait alors et me regarde à nouveau avec deux yeux ronds.
- Karl..., a-t-il dit dans un murmure, comme si ce qu'il s'apprêtait à prononcer lui paraissait incroyable. T'es amoureux ?
Je me suis senti balayé par une brusque vague de chaleur et n'ai pas eu le courage de le regarder en face. Révélateur.
- C'est pas vrai..., ai-je alors entendu souffler Hermann.
Bon, ça allait !
- Quoi ?, ai-je fini par lui demander, ce coup-ci, en le regardant droit en face. Je peux savoir ce que ça aurait de si extraordinaire que je sois amoureux ?!
- Ben... Comment dire..., a-t-il fait mine de réfléchir. Tu chaurais où il y a des poules dans le coin ?
Des poules ?
- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? Qu'est-ce qu'elles viennent faire ici, tes poules ?
- Ben ma foi. Après avoir entendu cha, va maintenant falloir que j'aille voir chi elles n'auraient pas des dents qui leur auraient pouché durant la nuit !
Sur quoi, je me le suis vu éclater de rire... avant que sa douleur aux dents ne le rattrape et le calme aussi sec. Bien fait !
Se doutant qu'après un coup pareil, il n'aurait guère à attendre de compassion de ma part, une fois les lancements passés, il m'a demandé avec un petit sourire en coin :
- Cha m'étonnerait, mais... je la connais ? Chinon, elle est comment ?
Soupir. Et en plus, il la connaissait. Malheur ! Est-ce que je pouvais lui dire qu'il s'agissait d'Anja ? La Anja qu'il connaissait lui aussi depuis des années et qu'il devait même davantage connaître que moi ?
... Euh... « Davantage connaître que moi » ? Mais c'est que ça pouvait être intéressant, ça, de savoir comment était perçue Anja par d'autres personnes, qui n'avaient pas les mêmes rapports avec elle que moi...
*Je suis tordu ? Mais pas du tout !*
Ainsi, je me suis décidé un peu plus vite que la fois d'avant pour répondre. Il m'aurait eu à l'usure, de toute façon.
- Ok, ai-je commencé en voyant un sourire goguenard se dessiner doucement sur son visage. C'est Anja...
- Anja ?
Évidemment qu'il n'allait pas penser à elle. Mais qu'il ne compte pas sur moi pour l'aider.
Et enfin, après plusieurs minutes d'intense réflexion :
- Anja ? L'Anja que je... qu'on connait tous les deux ? La fille de Marcuche, le pchychopathe des peloujes ?!
Ah ! Ravi de constater qu'on avait le même point de vu sur le potentiel beau-père.
- Oui, Hermann, ai-je confirmé calmement. Cette Anja-là...
- Oh...
J'ai esquissé un sourire. Ça devait me changer d'être avec une fille comme elle.
- Hé ben, mon vieux, a-t-il dit tout en essayant d'assimiler la chose, incrédule. Ah ouais. Anja. Ben ma fois. Ch'est étonnant quand même.
- Hum...
Je ne savais honnêtement pas trop quoi dire.
- Comme quoi, la vie est drôlement faite, en a-t-il conclu.
- C'est à dire ?, ai-je relevé, perplexe.
- Ben... Qu'une fille comme elle ch'intérèche à un garchon comme toi...
- Et ça veut dire quoi, ça ?
Contrairement à ce que vous pourriez penser (ou alors : en accord avec ce que vous pensez), je ne l'ai pas pris mal pour moi, mais pour elle.
... et j'avais tort.
- Ben... Elle est gentille et chérieuje, Anja, a dit Hermann avec un léger haussement d'épaules. Mais toi..., a-t-il laissé en sous-entendu.
- Je vois.
Charmant. Merci les amis !
- Bah... La connaissant, je me doute que chi elle a craqué chur toi, ch'est que t'as dû faire des progrès en la matière.
- Faut croire, ouais.
Quel rattrapage de débutant.
- Te vexche pas !, a-t-il rigolé.
- Non, vraiment. Ch'est très bien, je trouve. Enfin, pour toi – parce que ch'est une chouette fille, Anja. Tiens ! Tu chavais qu'elle est régulièrement venue nous faire un p'tit coucou au chtade, même après le départ de chon père pour Munich ? Enfin... Tout du moins est-elle venue jusqu'à che que l'autre tanche ne lui interdise l'acchès parche-qu'elle n'avait « plus rien à faire ichi »...
- Pardon ?!
C'était qui, cette tanche ?
- T'inquiète. On lui a dit che qu'on penchait de chon comportement et il est revenu chur cha déchijion. Mais entre-temps, Anja nous a dit que ch'était pas grave et qu'elle avait de toute fachon chés études qui lui prenaient beaucoup de temps. Qu'elle ne pourrait plus venir comme avant...
- Je vois...
Elle est gentille mon Anja, hein ?
- Ouais, a repris doucement Hermann. Je penche chinchèrement que t'es tombé sur une chouette fille, a-t-il dit en me lançant un clin d'œil. À toi maintenant de ne pas foirer ton coup.
- Ouais, ouais ! Ça va ! Je sais !
On aurait dit mon paternel !
- De toute façon, ai-je répondu avec sérieux, vous n'avez pas à vous en faire pour ça. Je...
Interrompu par la sonnerie de mon téléphone, j'ai pris quelques secondes pour répondre et ai laissé ma fin de phrase en suspend. Oh ! C'était Anja ! Elle en avait donc déjà fini avec son rendez-vous avec ses amis ?
Quoi que, après un rapide coup d'oeil à mon montre, le temps avait vite filé et il n'était plus si tôt que ça.
Hermann a rapidement compris de qui il s'agissait – mon air gêné en voyant qui m'appelait, l'ayant, en outre, mis sur la bonne voie. Mais s'il a d'abord tâché de rester discret tout en essayant de ne pas en rater une miette, il s'est aussi vite refroidi que moi en percevant de loin les cris qui me vrillèrent les tympans.
J'ai raccroché très peu de temps après avoir décroché. Il n'a rien dit, me laissant le privilège d'entamer le commentaire du coup de fil.
- Bon. Hé bien Hermann, ai-je dit, mi-figue, mi-raisin, je crois que je vais y aller. Il semblerait qu'Anja sollicite ma présence au plus tôt.
Notes : Coucou lala ^^ !
Quand j'ai vu tous ces comm. arriver, pour ainsi dire, tous en même temps, je me suis doutée que c'était toi ;).
Hé ben oui, que veux-tu. Même s'il n'est finalement pas à l'heure, le blondinet se met, petit à petit, au niveau (d'un point de vue réellement "affectif", j'entends - pour l'autre côté de la chose, je lui fais confiance, il sait de quoi il s'agit xD).
Après, il lui restera bien encore deux trois trucs à apprendre, mais bon... Chaque chose en son temps ^^ !
J't'envoie de gros bisous.
A plus et bonne continuation,
ewanna =^.^= !
