Bonjour à tous ! Alors voilà un chapitre transition très très court, je m'excuse d'avance mais je n'avais pas prévu que ces toutes petites scènes prendraient autant de place et étant donné que cela aurait fait beaucoup trop long pour le prochain chapitre, je vous le poste tout de suite, histoire de vous faire patienter un peu...

Alors bonne lecture !


Shiryu émergea lentement le lendemain matin. Il s'étira, ne prit pas la peine d'ouvrir les yeux comme il en avait désormais l'habitude et enlaça avec tendresse Shun allongé contre lui. Il se demanda un instant ce qu'il faisait dans le lit du jeune adolescent puis la soirée de la veille lui revint en mémoire.

OoOoO

Ikki grogna quand la porte claqua et Shun s'effondra sur lui-même. Il cacha son visage dans ses mains et fondit en larmes. Ikki se redressa et l'attira contre son torse. Il s'y lova aussitôt en sanglotant, blottissant son visage contre lui. Il tremblait des pieds à la tête et Ikki le serra aussi fort qu'il le pouvait. Il leva les yeux vers Shiryu, appuyé contre le canapé, complètement perdu.

« Shun, souffla-t-il, ça va aller... »

Les pleurs de l'adolescent s'intensifièrent et Ikki le poussa doucement jusqu'au canapé. Il y attira Shiryu et le fit s'asseoir de l'autre côté de son petit frère. Il mit Shun dans ses bras et partit au frigo. Shun s'accrocha désespérément à son ami et Shiryu le berça lentement tandis qu'Ikki sortait une poche de petits pois du congélateur. Il revint s'asseoir près d'eux et pressa la poche contre son visage en grondant de douleur.

« Est-ce que ça va aller ? Murmura le brun en caressant le dos de Shun.
_Hn. On verra demain matin. »

Shiryu se redressa un peu.

« Je vais appeler un taxi pour qu'il me ramène et...
_Dis pas de conneries, putain. »

Quand il souffrait, Ikki devenait toujours vulgaire. Shiryu l'entendit renifler puis jurer, le son étouffé contre la poche plastique.

« I-Ikki... »

Shun s'était redressé pour se tourner vers son frère. Ses joues étaient trempées de larmes et sa voix, de plus en plus enrouée. Le susnommé fit un signe vague de la main mais le plus jeune bondit sur ses pieds et fila à la salle de bain. Il revint avec une petite trousse de secours tout en reniflant et reprit place entre eux.

Shiryu entendit le bruit d'une fermeture éclair. Shun farfouilla un moment avant de sortir un désinfectant. Il en imbiba un mouchoir et l'appliqua sur la tempe du garçon aux cheveux bleus. Ikki siffla de douleur et sa tête dodelina légèrement sur la gauche pour éviter la main douloureusement salvatrice. Mais le plus jeune immobilisa sévèrement son visage pour nettoyer sa lèvre.

« Ne bouge pas.
_Ça pique, grogna Ikki d'une voix boudeuse.
_C'est normal. » Souffla Shun avec un petit sourire.

Ses yeux se gorgèrent de nouveaux de larmes alors qu'un hoquet le secouait. Ikki leva la main pour caresser sa joue dans un geste de réconfort mais l'adolescent en profita pour se défiler en saisissant son poignet. Il était ouvert au niveau des phalanges alors Shun les désinfecta à leur tour. Mais elles étaient simplement égratignées. Ce n'était pas le sang d'Ikki... Shun renifla et se mit de nouveau à trembler. Qu'avait-il fait ?

Shiryu hésita à intervenir, trouvant ce silence de plus en plus long et ne sachant ni quoi dire, ni quoi faire. Il commençait très sérieusement à se sentir de trop alors que, il y avait à peine quelques minutes, le silence entre Ikki et lui seul lui paraissait si doux, si reposant. Et si naturel. Puis il se trouva égoïste. Il se saisit de son téléphone et attira ainsi le regard d'Ikki sur lui.

« Pas question que tu appelles un taxi cette nuit. »

Il lui vola son cellulaire et incita les deux anciens lycéens à se lever pour déplier le canapé-lit.

« Aller. Au pieu. » Ordonna alors Ikki en les faisant tomber sur le matelas.

Il était fatigué et une migraine commençait à lui picorer la cervelle. Shun renifla derechef tandis qu'ils s'allongeaient correctement. Puis il alla se blottir contre un Shiryu plutôt contrarié mais soulagé de pouvoir rester. Ikki les regarda s'endormir, un mouchoir toujours pressé contre son nez et avec un soupir de désolation, s'allongea de l'autre côté de son frère.

OoOoO

Durant la nuit, Shun s'était à plusieurs reprises réveillé, avait pleuré de longues minutes, tantôt dans les bras de Shiryu, tantôt dans ceux d'Ikki avant d'enfin tomber dans un sommeil sans rêves jusqu'à l'aube. Avec la tendresse d'un frère, Shiryu caressa la peau velouté du bras qui enserrait sa taille et ses lèvres déposèrent instinctivement un baiser sur ce qu'il pensait être la tempe de Shun. Le bras autour de lui resserra son emprise, une emprise forte, presque douloureuse et qui ne laissait place à aucune fuite.

Et après un bref instant de réflexion, Shiryu se dit que sa tempe était plus tendre qu'elle ne l'aurait dû. Il devait donc s'agir de sa joue. Une joue légèrement rugueuse. A la barbe naissante donc. Son odorat s'éveilla pleinement et il se gorgea de l'odeur de miel de son ami. Non, pas de miel. De musc et d'acier. Et...

Il se redressa vivement, sans pour autant réussir à échapper aux bras puissants d'Ikki. Est-ce qu'il était réveillé ? Allait-il se moquer de lui pour l'avoir embrassé ?

« T'en fais pas, chuchota la voix rauque de Shun. Il en fraudait plus pour le réveiller. »

Shiryu sursauta légèrement et tourna la tête vers son ami. Il était très probablement assis dans le coin cuisine et de par les bruit de couverts qu'il pouvait entendre, il mangeait un bol de céréales. Rasséréné, il se défit lentement des bras chauds d'Ikki et le rejoignit en silence.

« On dirait bien que tu es malade, finit-il par murmurer.
_C'est sûrement à cause de mon plongeon dans le port, marmonna Shun en avala une autre cuillère de céréales au chocolat.
_... Quoi ?
_Il y a eu un mouvement de panique et on m'a poussé. Je suis tombé à l'eau.
_Tu dois voir rapidement un médecin, s'enquit aussitôt Shiryu.
_Mais non, ça ira... »

Shiryu secoua tête.

« Ce n'est pas parce que tu te sens mal que tu dois aggraver ton cas.
_Je n'aggrave pas mon cas. Je n'ai pas envie d'embêter Ikki avec cela... »

Sa voix était emplie de tristesse et de regrets. Shiryu acquiesça lentement et chercha sa main à tâtons. Les doigts de Shun vinrent à sa rencontre et il les serra doucement.

« Shun...
_Non. Je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. J'ai mêlé Ikki à mes histoires sans le vouloir et maintenant, regarde le... Enfin..
_Ce n'est rien. Dis moi.
_Sa lèvre est gonflée, son œil droit aussi et il aura très certainement du mal à s'ouvrir et il a encore plein de sang séché partout... Et s'il n'avait pas répliqué, je suis persuadé que ce serait pire... »

Shiryu le sentit vibrer.

« Shun...
_Il aurait pu le blesser gravement !
_Non, Shun. Aiolia n'aurait pas pu faire cela. »

La voix calme et raisonnable de son ami le détendit légèrement. Il s'accrocha à ses doigts. Les larmes affluaient de nouveau dans ses grands yeux tristes. Ils le brûlaient d'avoir trop pleurer. Ils étaient rouges et gonflés et Shun était persuadé qu'il ne pourrait plus verser une seule larme. Mais il s'était trompé...

« Tu as le droit de pleurer, Shun, lui murmura tendrement Shiryu.
_Je lui ai demandé s'il m'aimait, souffla Shun, au bord des larmes. Et il n'a même pas daigné me répondre... »

Shiryu retint son souffle. Il ne s'attendait pas à ce qu'il se confie si vite. Mais il ne dit rien. Si cela pouvait lui faire du bien de tout déballer...

« J'ai tout gâché... J'aurais mieux fait de rester dans cette cellule de dégrisement avec l'autre clodo...
_Il n'était peut-être pas prêt, non ? »

Shun se tut et Shiryu crut pendant un instant avoir dit une énorme bêtise. Surtout quand le garçon en face de lui se mit à sangloter.

« Shun...
_Peut-être... Mais peut-être qu'il aime encore l'autre gourdasse de Marine.
_Qui ? »

Les deux adolescents sursautèrent et se tournèrent vers Ikki dans un même mouvement. Shun eut un léger sourire amusé en le voyant grimacer de douleur en se redressant sur son séant. Il amena une main contre son front et grogna. Et cette scène parut si familière à Shun que cela le ramena des mois en arrière, quand son frère commençait tout juste la fac. Il rentrait très tard dans la nuit tout au long de la semaine et il se réveillait de la même manière, en grognant de douleur. Il avait toujours cru que c'était dû à la fatigue et le sport.

Il se leva et servit un bol de céréale à son grand-frère avant de s'asseoir près de lui.

« Qui ? Insista l'étudiant en prenant le bol.
_Marine. L'ex-petite ami d'Aiolia.
_Pff. Connais pas.
_Il ne t'en a jamais parlé ? Demanda Shiryu avec surprise.
_Nan. Maintenant, chut. »

Il enfourna une grosse cuillère de céréales dans sa bouche et mâcha lentement en silence. Il avait besoin de calme, de silence, pour oublier son mal de crâne lancinant.

OoOoO

Aiolia ouvrit les portes du commissariat d'un geste brusque et lança un regard circulaire au hall avant de se diriger tête baissée vers le bureau d'un agent.

« Où est-elle ? »

Shura leva lentement les yeux vers lui, l'air légèrement hagard.

« Qui ?
_Marine. Où est-elle ? »

Toujours un peu perdu, il désigna les vestiaires mixtes à leur gauche et Aiolia s'y précipita. Il ouvrit violemment la porte et posa les yeux sur Marine, sa chemise bleue dans les mains et exhibant fièrement une généreuse poitrine retenue par un soutien-gorge en dentelle noir. Mais Aiolia le vit à peine. Tout comme il ne vit pas les boucles rousses et soyeuses. Ni les grands yeux chocolats qui le regardaient avec surprise.

« Qu'est-ce que tu lui as dit ?
_Je te demande pardon ? »

Il vint se poster près d'elle et envoya un poing rageur dans un casier.

« A Shun ! Qu'est-ce que tu lui as dit ?! »

Elle sursauta quand il haussa la voix et pendant une seconde, elle lui parut fragile et sans défenses. Mais elle ne prit pas la peine de finir de s'habiller et reprit de l'ampleur en posant ses poings sur ses hanches.

« Déjà, tu baisses d'un ton. On est pas à un de tes concerts de punk-rock, ici.
_Merde, Marine. Dis-moi ce que tu lui as dit ! »

Elle haussa les épaules.

« La vérité. »

Aiolia serra les dents. Et les poings. Il ne voulait pas la frapper, après tout, elle n'avait très certainement rien fait de mal, mais le désir de la secouer comme un prunier le tenaillait tellement. Il voulait lui saisir ses épaules rondes de femme et la faire virer dans tous les sens.

« C'est-à-dire ? Se força-t-il à articuler, tendu au maximum.
_Que quand on sortait ensemble, tu voulais tout le temps coucher avec moi. Qu'il n'y avait que cela qui t'intéressait. Et que tu n'y allais pas doucement. »

Le Lion resta silencieux un long moment, ses yeux céruléen ouverts en grand et la bouche entrouverte.

« Tu as dit quoi ?! Finit-il par rugir en l'attrapant par les épaules.
_Je m'inquiétais pour lui. » Expliqua-t-elle calmement sans se démonter par son geste.

Aiolia allait la tuer. Purement et simplement. Et tant pis s'il finissait derrière les barreaux.

« Mais de quoi tu te mêles ? Explosa-t-il.
_Écoute moi bien, Aiolia, commença-t-elle en repoussant ses mains. Il est jeune, petit, faible et sûrement très influençable. Je sais comment tu es avec les personnes physiquement inférieur à toi.
_Arrête avec ça ! Tu sais bien que si j'étais comme ça avec toi, c'était parce que je savais que tu saurais me dire non ! »

Elle le regarda en silence.

« C'est vrai ! Shun est plus faible que toi ! Et je suis persuadé qu'il n'oserait jamais me dire non, quoique je puisse lui demander ! »

Elle se contenta de croiser les bras et de l'écouter mais dans son regard, Aiolia pouvait voir qu'elle le jugeait.

« Mais je ne suis pas comme cela avec lui... Ajouta-t-il un peu plus calmement. Je fais attention. Je fais... Très... Attention. » Murmura-t-il doucement.

Marine décroisa les bras, subitement l'air désolé.

« Excuse moi... Je ne voulais pas lui faire peur... Je souhaitais simplement le mettre en garde..
_Eh bien, la prochaine fois, abstiens toi ! Tu n'as plus le droit de t'occuper de moi ou de mes relations amoureuses depuis que tu m'as quitté ! S'emporta de nouveau Aiolia.
_Je ne pensais pas à mal, je te le jure. Mais il avait peur. Il était trempé et blessé.
_Comment cela « blessé » ?
_A la main. Il devait avoir le cartilage broyé. Elle était violacée sur le dessus. Tu ne l'as pas vu ? »

OoOoO

« Eh bien, voilà une jolie veine ulnaire éclatée. Mais rien de grave. Le cartilage de votre métacarpien semble abîmé mais rien de cassé. Il faudra simplement éviter de vous servir de cette main jusqu'à ce que l'hématome se résorbe. Et pensez à mettre de la glace tous les soirs. Est-ce que cela vous lance ? »

Shun acquiesça lentement tandis que le médecin manipulait sa main en douceur, bien qu'il ne soit pas aussi délicat que ne le fut Milo. Ikki l'avait finalement emmené de force chez un généraliste après quelques heures. Il avait commencé à trembler et tousser, sa voix de moins en moins audible. Finalement, il avait attrapé un gros rhume carabiné avec un début de fièvre. Il lui donna une ordonnance pour du sirop pour toux sèche et ils sortirent. Ils retrouvèrent Shiryu, resté dans la salle d'attente. Ikki prit sa main pour le guider dehors et Shun les observa, quelques pas derrière eux.

« On part quand même à la montagne, hein ? Chuchota-t-il finalement en attrapant la manche de son frère.
_Ouais. »

Ils lui avaient parlé de leur projet de partir pour les deux mois de vacances et Shun en était ravi, bien qu'il n'aurait pas l'occasion de Le croiser par hasard. Pas qu'il en ai envie, hein ? Il n'avait pas envie de le revoir. Du tout. Pour le moment. Pas tout de suite.

Avant tout, il devait se concentrer sur le plus important. A la rentrée prochaine, s'il avait son bac, il entrerait à l'université de médecine avec Shiryu. Ce dernier avait obtenu les cours de la première et deuxième années grâce à Mû afin de pouvoir prendre de l'avance. Les révisions l'occuperaient alors et l'empêcheraient de penser un peu trop à Aiolia. De toute façon, Ikki lui avait formellement interdit de le revoir...

OoOoO

Milo frappa une seconde fois à la porte. Mais comme il n'avait toujours pas de réponse, il utilisa le double qu'il avait rajouté à son trousseau de clés, bien des années auparavant. Il déverrouilla la porte et entra lentement, effrayé de ce qu'il pourrait trouver après une semaine de silence radio. A sa grande surprise, l'appartement était complètement en désordre. Pas que cela ne ressemblait pas à son ami. En fait, cela ressemblait à son ami d'avant. Avant qu'il ne sorte avec Marine et que cette harpie le change en un parfait homme d'intérieur. L'évier était rempli de vaisselle sale qui commençait déjà à développer son propre système cellulaire viable. De nombreuses boîtes de plats préparés et de pizzas vides s'entassaient sur la table de la cuisine et dans le salon. Visiblement, le sol n'avait pas été nettoyé depuis quelques jours. Des baskets et des vêtements traînaient de ci et là et Milo ne se serait pas aventuré à les renifler pour vérifier leur état.

Il enjamba plusieurs boules de fringues et se dirigea vers la chambre d'où provenait de la musique qu'il jugea aussitôt comme déprimante. Il poussa la porte entrouverte et découvrit Aiolia, allongé en travers de son lit, un oreiller serré contre son torse et le regard fixé au plafond. Il eut une moue dubitative et vint s'asseoir près de lui.

« Tu vas rester là à écouter du Bon Jovi toute la journée ? »

L'étudiant écroué acquiesça lentement. Ses yeux étaient rougis et ses muscles, tendus au maximum. Son téléphone était posé près de lui et affichait tous les appels manqués de ses amis. Il attendait visiblement avec un espoir vain que Shun ne l'appelle et se refusait de décrocher à quelqu'un d'autre, au risque de louper son appel. Milo poussa un long soupir et se dirigea vers l'enceinte qui déchargeait une musique triste à en pleurer sur eux.

« Écoute, j'adore cette chanson mais...
_Tu es tout ce que je suis, lis juste à travers les lignes de mon visage... Chanta tout bas et en anglais Aiolia, le regard toujours sur le blanc plafond. Je suis amoureux de toi... »

Milo le regarda un moment avant de couper le CD rayé par les années et d'en mettre un autre.

« Hey...
_Quitte à écouter de la daube, autant écouter de la grosse, grosse daube, mon grand ! »

Aussitôt, une batterie agressive débuta et Milo commença à chanter dans un allemand très très approximatif :

« Nein, nein, nein, nananana nein. Schrei ! Bis du du selbst bist ! Schrei ! Und wenn es das Letz/..
_Éteins moi ça ! Explosa finalement Aiolia en lui jetant l'oreiller qu'il ne serrait pas contre lui.
_Mais quoi ? Tu préfère Nevada Tan ? Ou Killerpilze ? Pourtant y a rien de mieux pour..
_Se sentir encore plus merdique ? Non merci.
_Bon... »

Il farfouilla un moment dans les autres pochettes de CD avant de trouver ce qu'il fallait. Si la mauvaise musique ne fonctionnait pas, alors il fallait de la très, très, mais alors très bonne musique. Et quoi de mieux qu'un ou deux albums d'AC/DC ? Il le mit en route et alla s'allonger en travers de son meilleur ami. Aiolia grogna mais ne le repoussa pas.

Ils écoutèrent trois chansons en silence avant qu'Aiolia ne chuchote :

_Il est parti.
_J'ai cru comprendre. Mais il revient dans deux mois.
_C'est une éternité...
_Mais non. Il aura le temps de réfléchir.
_C'est ma faute.
_D'autant plus.
_Il me manque.
_A moi aussi.
_Milo... »

Le susnommé se redressa sur un coude.

« Mec. Tu as essayé de l'appeler et il n'a jamais répondu. D'après Camus, il est malade à souhait et il sera à l'autre bout du pays pendant deux mois. Deux mois où tu ne seras rien qu'une épave en manque d'amour. Alors je te préviens tout de suite. T'as pas intérêt à débarquer dans mon lit en pleine nuit et en chialant, d'accord ? »

OoOoO

« Je peux dormir chez vous ? Juste cette nuit ? »

Camus lança un coup d'œil critique à Aiolia, debout sur le seuil de sa porte. Il affichait un visage penaud et un air complètement misérable. Le littéraire retint un soupir. Ces deux mois allaient être long. Il prit la main d'Aiolia, ferma la porte derrière lui et le ramena dans sa chambre où Milo émergeait difficilement. Il était tout de même trois heures du matin mais voir son meilleur ami dans la journée avait tourneboulé la routine dépressive d'Aiolia. Milo grogna pour la forme mais il écarta les draps à l'arrivée des deux jeunes hommes. Il attira son ami contre lui et jeta un coup d'œil à Camus de l'autre côté du lit. Ce dernier vint enlacer le dos de l'étudiant et prit la main de son petit ami dans la sienne. Milo eut un maigre sourire et serra doucement ses doigts. Ils n'aimaient pas voir Aiolia dans cet état. Mais vraiment, pas du tout.


Voila ! Sur ce, je vous laisse. J'espère que ce petit chapitre vous satisfera et que je ne serais pas trop longue à poster la suite ! Passez une bonne soirée !

Bisous, bisous !