[chapitre par vervex]

11 février 796

Capsule Corporation

La salle de séjour principale de la demeure des Briefs était vaste et comptait deux fauteuils ainsi que deux canapés pouvant asseoir jusqu'à quatre personnes chacun. Les murs étaient beiges et les meubles pâles s'harmonisaient au reste de la pièce. Un écran géant, un tapis qui avait dû coûter une fortune ainsi que quelques tables basses complétaient l'ensemble du lieu. Une unique fenêtre laissait entrevoir l'extérieur. La lune qui illuminait la nuit noire pouvait être entrevue par le châssis.

Ce soir-là, le salon était plein. Videl et Gohan étaient assis ensemble au bout du divan qui faisait face à la fenêtre. La tristesse hantait leur visage. Ils se tenaient la main et ils semblaient être complètement hors de focus. Goku était situé à l'autre bout du canapé, un bras sur l'accoudoir de celui-ci, écoutant attentivement les paroles de Junior. Il n'avait montré jusqu'à maintenant aucune réaction sauf un intérêt soutenu. Entre Gohan et Goku était coincé Goten qui écoutait plus ou moins et qui avait la tête tournée vers Kimiko. Sur le sofa opposé étaient assis Bra, Trunks et Takeshi qui avaient tous les trois les yeux rivés vers le demi-Kaio. Tandis que les deux frères semblaient considérer avec une certaine inquiétude les mots de leur interlocuteur, Bra le fixait intensément, des poignards dans les yeux. Si elle avait pu jeter au visage de Junior du venin, elle l'aurait fait sans hésitation. Heureusement pour ce dernier, cracher du poison ne faisait pas partie de ses talents.

Deux fauteuils reposaient à l'entrée de la salle de séjour. Dans l'un était assise Bulma qui, les coudes sur les genoux, observait Junior avec angoisse. Il y avait dans le second siège Kimiko qui, toute droite, avait les bras croisés et un air maussade. Elle venait tout juste d'y revenir, son père sur ses talons. Debout derrière elle, Végéta avait les mains sur le dos du fauteuil, son ombre enveloppant en partie la forme sa fille. Il semblait avoir peine à décider s'il devait être amusé par la réaction de Kimiko, irrité de la savoir en train de sortir avec un homme qu'il ne connaissait pas encore, ou excité par les nouvelles de Junior.

Dai Kaio Junior passa une main sur son visage, exaspéré par l'attitude des Saïyens face aux nouvelles qu'il venait de leur annoncer pour la deuxième fois. Sa paume s'arrêta à la hauteur de son menton et il leva les yeux vers ses hôtes, les observant par-dessus ses lunettes soleil rondes violacées. Il les regardait depuis le pouf sur lequel il était assis, situé à l'autre extrémité de la pièce, dos à la télévision. Il avait à sa gauche et en face de lui les Briefs, puis à sa droite la famille de Goku. Le demi-dieu brassa lentement la tête.

- Je le répète donc pour la millième fois : Pansy est la présidente de la Vigie Universelle, déclara le demi-Kaio en mettant de l'emphase sur son titre. Vous vous souvenez de la Vigie Universelle?

Végéta renifla avec arrogance. Une dizaine d'yeux se tournèrent vers lui.

- Bien sûr que nous nous en rappelons… Nous avons été attaqués par un bon à rien! Est-ce de cela dont nous devons avoir peur?

Junior serra les poings, irrité par son manque de sérieux.

- Ruskin n'était qu'un éclaireur, une marionnette dispensable envoyée pour évaluer le terrain!, dit-il en élevant la voix.
- Il n'a pas évalué grand-chose, rétorqua le prince.
- Au contraire!, s'écria le demi-dieu. Votre combat était sur écoute. En plus de savoir qui vous êtes, ils savent maintenant comment vous vous battez, comment vous réagissez.

Végéta haussa un sourcil, peu convaincu. Junior soupira mais ne laissa pas tomber.

- Les Saido-jins sont redoutables! Ils ont déjà détruit des milliers de peuples jugés indignes au cours des millénaires. Aucun n'a survécu! Comprenez le danger qui s'apprête à vous tomber dessus!, supplia-t-il en ouvrant les mains.
- Nous serons donc les premiers à les remettre à leur place!, répondit l'héritier Saïyen, du feu dans les yeux.
- En fait, je me demandais…

Les têtes se tournèrent vers Takeshi qui venait de s'inclure dans la discussion. Il posa ses mains sur ses genoux et continua d'une voix égale :

- Je me demandais comment ta race avait réussi à survivre au conflit.

Junior ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Ses yeux s'agrandirent; Takeshi ne pouvait pas connaître la rivalité entre les deux peuples. Alors comment? Le métis continua, voyant qu'il venait de déterrer de l'information importante.

- De la façon dont tu en parles, je crois comprendre que les Kaios et les Saido-jins ne s'entendent pas du tout. Pourtant, vous ne vous entretuez pas… Y a-t-il une telle possibilité pour les Saïyens?
- Tu te trompes, rétorqua Junior en baissant le regard et en passant une main dans sa chevelure jaune. Les Shin-jins et les Saido-jins sont constamment déchirés par la haine et la guerre. C'est une bataille de pouvoir. Nous détenons le contrôle sur l'univers et ils le veulent. Certaines périodes sont plus tumultueuses que d'autres, mais nous avons connus des pertes importantes des deux côtés.

Un silence inconfortable s'installa dans la salle de séjour. Les traits de Bra s'adoucirent malgré sa colère en discernant de l'angoisse sur le visage du demi-Kaio.

- Mais, comment…, commença Takeshi.
- Ce n'est pas important et, surtout, pas du tout relié à votre sort, trancha Junior d'une voix autoritaire. Ce que vous devez garder en tête, c'est que vous vous apprêtez à combattre la chef de l'armée la plus puissante de l'univers.
- À quel point est-elle forte?, questionna Kimiko en se penchant vers l'avant de son fauteuil.
- Très forte.

Trunks fronça les sourcils.

- Avons-nous une chance, selon toi?

Dai Kaio Junior hésita une seconde. Son premier réflexe aurait été de dire « non » mais il ne souhaitait pas démolir leurs espoirs. Il se mordit la lèvre inférieure en pensant aux réponses possibles, toutes fausses. Finalement, il décida de donner une réponse honnête, quoiqu'optimiste à l'extrême :

- Peut-être.

Sur ce, Junior se leva et se dirigea vers la sortie. Végéta posa une main sur son épaule lorsqu'il passa à côté de lui. Ils se toisèrent pendant un instant.

- Où penses-tu t'en aller?, demanda le prince.
- Je n'ai plus rien à vous dire. Votre destinée est entre vos mains.

Le puissant héritier laissa aller le demi-dieu avec un « keuf » caractéristique. Lorsqu'il eut quitté le salon, Végéta se retourna vers sa famille et ses amis. À part lui-même et Goku, tous semblaient sidérés par le poids de l'information.

- Qu'allons-nous faire?, demanda Takeshi, la panique le prenant.

Silencieux jusqu'à maintenant, Goku se releva et sourit.

- Nous allons continuer à faire ce que nous faisions déjà. Nous allons nous entraîner jusqu'à son arrivée, dit-il d'une voix claire.

Goten leva les yeux vers son père.

- Mais papa, à en croire Junior, Pansy va être différente de tout ce que nous avons affronté jusqu'à maintenant!, dit-il, inquiet.
- N'est-ce pas ce que chaque nouveau combat est?, répondit le Saïyen, les pupilles brillantes. Chaque affrontement est totalement différent du dernier. Et nous avons toujours réussi à nous en sortir. Alors entraînons-nous et gagnons!

L'optimisme qu'irradiait Sangoku contamina les jeunes combattants présents dans la salle et plusieurs visages tristes se transformèrent en sourires. Même Végéta ne put s'empêcher de sourire en coin devant le positivisme maladif et dégoûtant de Karot.

Quelques minutes plus tard, Videl et Gohan étaient repartis vers Satan City. Kimiko et Takeshi avaient filé dans les couloirs de leur demeure pour discuter. Goten s'était glissé derrière eux dans les dédalles de Capsule Corporation. Trunks était sorti par la porte avant et Bra, déchirée à propos Junior, était partie à ses trousses. Bulma, après un mot avec Goku, avait quitté la pièce, se dirigeant vers sa chambre.


À 22h30, il ne restait plus que Végéta et Sangoku dans la salle de séjour. Tandis que Végéta avait les bras croisés et un sourire de requin sur les lèvres, le Saïyen-Terrien arborait un air complètement décontracté. Aucun mot ne fut prononcé pendant de longues secondes jusqu'à ce que le prince brise le silence.

- Crois-tu vraiment que nous avons une chance?, demanda-t-il au guerrier légendaire, ne détachant pas ses yeux des siens.

Goku sourit, toujours amusé lorsque Végéta lui demandait son avis, une chose que trente ans plus tôt il n'aurait jamais fait, quitte à en mourir.

- Je crois que ce sera le plus grand défi que nous aurons eut à affronter à ce jour.

Les yeux du prince brillèrent. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir excité face au danger imminent. Goku, bien que posé, était aussi fébrile.

- Comment s'est passé ton entraînement avec Tiny?, questionna Goku.
- Comment as-tu su?, demanda Végéta, surpris que la nouvelle soit si vite arrivée jusqu'à son rival.

Sangoku haussa les épaules et leva les yeux vers le ciel.

- Je passais par là…

Le sourire du combattant élite s'élargit quelque peu.

- Cela s'est très bien passé. Elle apprend vite.

« Un peu trop vite à mon goût », complèta Végéta dans ses pensées. Il n'en dit rien cependant. Goku hocha la tête.

- J'aurais aimé lui enseigner, dit-il.
- Tu as déjà Oob, répondit le prince en haussant un sourcil.
- C'est vrai. Je dois d'ailleurs aller le chercher pour lui annoncer la nouvelle…
- Quand allons-nous enfin le voir à l'œuvre?, coupa Végéta.
- Bientôt, très bientôt, rétorqua Goku en souriant.

Il quitta la pièce en faisant un signe d'au revoir à Végéta qui, fidèle à lui-même, ne lui répondit pas. Seul au milieu du salon, il repensa aux paroles de sa fille aînée. Qui pouvait bien être cet avorton avec qui elle sortait? Les pensées se bousculèrent dans sa tête et il revit Junior assis sur le pouf en train d'annoncer qu'ils allaient être décimés. La vie amoureuse de sa fille pouvait attendre.

Le Saïyen glissa vers sa chambre d'un pas léger, rejoignant sa femme qui l'attendait sous les couvertures.


Trois coups résonnèrent à la porte de la chambre de Dai Kaio Junior. Assis sur son lit, il releva la tête vers l'entrée et considéra ne pas répondre. Il se sentait las et fatigué. Durant ses mille ans d'existence, il avait vu plus d'un peuple se faire décimer. Il avait été témoin de génocides, de guerres et de trahison. Il avait connu la perte de plusieurs êtres chers. Junior avait pourtant toujours relevé la tête et continué sa route sans jamais regarder derrière lui. Alors pourquoi sentait-il un pincement dans la poitrine à l'aube de l'anéantissement de la race saïyenne? N'était-elle simplement pas une race parmi tant d'autres?

Un quatrième coup le tira hors de ses pensées. Il se leva et alla répondre. Il ouvrit la porte et vit debout dans l'embrasure une jolie jeune femme à la chevelure turquoise et aux lèvres roses. Ses yeux bleus éclatants semblaient tristes. Elle baissa le regard, timide et honteuse.

- Junior…, supplia-t-elle d'une voix douce.

Le demi-dieu attendit patiemment. Il avait envie de passer ses doigts dans ses doux cheveux mais il n'en fit rien.

- Je m'excuse pour ma réaction plus tôt aujourd'hui, dit-elle.

Junior sourit un peu.

- Ne t'en fais pas… Tu n'es pas la première qui tente de me foutre une raclée!, répondit-il en posant une main sur l'épaule de la délicate demi-Saïyenne.

Bra leva la tête et rencontra le regard du demi-Kaio. Ses yeux étaient plein d'eau. Junior pinça les lèvres, soudainement mal à l'aise. La jeune femme essuya ses yeux avec la manche de son gilet, retenant un sanglot.

- C'est que… Je…, dit-elle en tentant de ne pas pleurer.
- Prend ton temps, dicta le fils de Dai Kaio, compréhensif.

Elle renifla bruyamment. Junior tressaillit en silence, extrêmement inconfortable. Il savait quelle serait la prochaine ligne. Il l'avait entendue des milliers de fois. Elle lui glaçait tout de même le sang à chaque fois.

- Oh Junior… Je crois que je suis amoureuse de toi!

Elle pleurait maintenant sans retenue. Elle s'approcha du demi-dieu et pressa son visage contre sa poitrine. Junior serra les dents et plissa les yeux, embarrassé. Qu'est-ce qu'il aurait donné pour avoir le pouvoir de disparaître à volonté!

- Je t'aime bien aussi Bra…, tenta-t-il.
- Tu ne m'aimes pas réellement, pleurnicha-t-elle en reculant, les yeux rouges plein de reproche et de tristesse.
- Je n'ai jamais dit ça, rétorqua-t-il sur la défensive. J'ai seulement dit que je ne suis pas le genre de gars qui cherche du long terme.
- C'est la même chose, dit-elle entre deux sanglots.
- Non, ce n'est pas vrai. J'aime ta personnalité et ton joli visage.

Bra se mit à pleurer plus fort. Alarmé, Junior passa la tête dans le cadre de la porte pour vérifier si quelqu'un les écoutait. Le couloir étant heureusement vide, il attrapa la métis par le bras et la tira à l'intérieur de sa chambre avant de refermer la porte. Le demi-dieu se tourna vers elle, frustré de son comportement infantile.

- Tu ne peux pas beugler comme ça dans le milieu du corridor!, s'écria-t-il.
- Je peux faire ce que je veux!, cria Bra en serrant les poings, les joues mouillées. Je suis chez moi ici!

Elle avait un point. Junior soupira et finit par se rasseoir sur son lit, abattu. Il passa une main dans ses cheveux, écoutant les pleures de la jeune adulte debout devant lui.

- Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal pour que tu ne m'aimes pas?, bredouilla-t-elle en essuyant ses larmes pour la énième fois.
- Ce n'est pas toi, Bra, expliqua-t-il sans même relever la tête. Je m'ennuie rapidement, c'est tout! Cela n'a rien à voir avec ton comportement.
- Je suis ennuyeuse?, se lamenta la fille de Végéta.

Junior écrasa sa paume contre son front, exaspéré. Il enleva ses lunettes et massa ses yeux.

- Bra… Laisse-moi t'expliquer quelque chose…

Le demi-Kaio se releva et regarda de ses 1 mètres 76 la jeune femme au visage triste.

- J'ai 1096 ans. Comprends-tu ce que cela signifie?, demanda-t-il d'une voix douce et patiente.

Bra prit un air piteux et brassa la tête en signe de négation. Junior se retint tout juste de lever les yeux vers le ciel. Il se rappela qu'il parlait à une enfant de 18 ans. Que pouvait-elle bien savoir de l'éternité?

- J'ai rencontré des milliers de mortels dans ma vie. Et la plupart sont aujourd'hui morts. Certes, je peux toujours les visiter dans l'autre monde mais s'ils décident de se réincarner, ce que la plupart font à un moment ou un autre, c'en est finit d'eux. Comprends-tu ce que j'essaie de te dire?

Le visage de la demi-Saïyenne prit un air confus. Elle réfléchit un instant, usant du peu de rationalité dont elle disposait au milieu de la tempête qu'était sa première réelle peine d'amour. Enfin, elle se jeta à l'eau :

- Tu ne veux pas rester avec moi parce que je vais un jour mourir et que tu seras seul?, tenta-t-elle.
- Ehhhh… C'est partiellement cela, dit-il, incertain.
- Mais tu pourrais m'aimer maintenant!, insista Bra en s'avançant.

Elle agrippa le gilet du métis qui essaya de reculer, en vain, prit entre elle et le lit. Il serra les dents, angoissé. Il prit son courage à deux mains et finit par poser ses paumes sur les épaules de Bra, la repoussant tranquillement vers l'arrière pour se libérer. La jeune femme ouvrit la bouche pour protester mais Junior fut plus rapide qu'elle.

- Je ne veux pas d'attachements!, s'écria-t-il d'une voix puissante. Je ne veux pas être l'homme d'une seule femme! J'ai besoin de respirer!

Bra figea. Trois secondes plus tard, elle recommença à pleurer. Junior cette fois ne put s'empêcher de lever les yeux vers le ciel. « Qu'ai-je fais pour mériter un tel châtiment? » demanda-t-il à la déité qui s'acharnait sur son sort. Il lâcha la fille de Végéta et se dirigea vers la fenêtre. Il l'ouvrit et se glissa à l'extérieur à la vitesse de l'éclair, prêt à tout pour s'échapper de cette situation horrible.

Lorsque Bra ouvrit les yeux, elle vit qu'elle était seule dans la chambre. Ses yeux se posèrent sur la fenêtre ouverte. Elle se laissa tomber sur le lit et martela le matelas de ses poings en criant et en pleurnichant.


Palais de Dieu

L'après-midi tirait à sa fin au Palais de Dieu. Le soleil allait toucher l'horizon d'ici deux heures et ensuite la lune prendrait le relais. Récemment douchée et vêtue d'un habit de combat nouvellement réparé, Tiny s'abreuvait des derniers rayons du soleil, assise en tailleur au milieu de la surface plane, entourée de palmiers. Il était merveilleux de pouvoir simplement se reposer et méditer après six longs mois d'entraînement continu. Piccolo était en train de réparer les dégâts qu'elle et son frère avaient causés à la salle de l'Esprit et du Temps. Dendé et Popo étaient à quelque part dans le monument flottant, sans doute en train de veiller sur le monde d'une façon ou d'une autre.

Tiny bailla bruyamment. Elle se coucha sur le dos, les membres en étoile et sourit, les yeux fermés. Être aussi paresseuse devait être un péché… un si doux péché. Elle s'assoupit.

La Saïyenne somnola quelques minutes avant qu'une nouvelle présence sur la plate-forme ne la réveille. Il s'agissait d'un ki qu'elle connaissait. Elle ouvrit lentement les yeux et redressa la tête pour voir au bout du palais Dai Kaio Junior se poser et s'avancer vers elle. Elle referma les yeux, ignorant la présence du viril demi-Kaio. Tiny l'entendit s'asseoir à sa droite. Elle fronça les sourcils, toujours sans le regarder.

- Que fais-tu ici?, demanda-t-elle.
- Je viens rendre visite, dit-il sur un ton joyeux.

La combattante ouvrit les paupières et tourna la tête vers Junior, peu convaincue par son mensonge. Voyant qu'elle était difficilement impressionnable, le demi-dieu soupira et laissa tomber ses histoires.

- J'aurais besoin d'un endroit où dormir pour la nuit, expliqua-t-il plus sérieusement.
- N'es-tu pas un demi-Kaio? Tu dois avoir un château ou une résidence dans l'autre-monde, fit remarquer la Saïyenne en haussant un sourcil.

Il hésita un instant, mâchouillant sa lèvre inférieure.

- C'est compliqué, se contenta-t-il de répondre.

Tiny roula les yeux.

- J'imagine que tu pourrais rester, mais le palais ne m'appartient pas. Il faudrait demander à Dendé ou à Piccolo.

Elle contempla le visage de Junior. Malgré son air décontracté, elle le savait tendu; ses doigts bougeaient sans cesse en silence sur les tuiles, grattant, tapant.

- De qui te sauves-tu?, demanda-t-elle, un sourire en coin.

Les traits du demi-dieu se crispèrent une seconde, une expression que Tiny ne manqua pas. Sa bouche devint une mince ligne. La Saïyenne replia ses bras et mit ses mains derrière sa tête, attendant patiemment sa réponse.
- J'ai du mal à rester posé lorsqu'une femme pleure sans arrêt, dit-il tranquillement en rencontrant les iris bleus de la guerrière.
- Ah, je vois. Tu as finalement brisé le cœur de Bra, commenta-t-elle.

Junior se gratta la tête, inconfortable.

- Je ne l'ai pas fait exprès, s'excusa-t-il.
- Huh uh, c'est ce que tu as dû dire des mille autres avant elle.

Le fantôme d'un sourire se baladait sur les lèvres de Tiny. Elle semblait trouver la situation cocasse. Le bel homme plissa les yeux.

- Tu ne sais pas ce que c'est de vivre aussi longtemps et de voir les femmes que tu aimes périr les unes après les autres, répliqua-t-il sur un ton brusque. Tu ne sais pas ce que…
- Foutaises!, le coupa la jeune femme, les yeux perçants.

Junior resta bouche bée un instant, surpris par l'interruption. Puis, il se mit à rire aux éclats. Il posa une main sur son ventre et essuya une larme de son autre. À force de répéter la même histoire, il avait presque finit par y croire!

- Tu as raison, dit-il lorsqu'il put de nouveau parler.
- Bien sûr que j'ai raison!, répondit Tiny sans modestie. Tes excuses fonctionnent peut-être sur les filles comme Bra mais pas sur moi. Tu aimes les femmes et le reste importe peu. Tu aimes te balader, libre comme l'air.

Le demi-Kaio hocha la tête lentement, regardant maintenant avec admiration la Saïyenne. Observant son visage blanc, son nez droit et ses cheveux bruns, il remarqua que quelque chose avait légèrement changé, mais il ne trouvait pas de quoi il s'agissait. Il fronça les sourcils.

- Quelque chose a changé, déclara-t-il à voix haute. Ton visage…
- J'ai vieilli, répliqua simplement la jeune femme.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire, répondit-il, trouvant sa remarque un peu absurde.
- Non, j'ai bel et bien vieilli, insista Tiny en lançant un regard dans sa direction. Je viens de passer six mois dans la Salle de l'Esprit et du Temps.

Les yeux de Dai Kaio Junior s'agrandirent.

- Tu veux dire que cette salle mystique existe réellement?, demanda-t-il, étonné. Tu y as été seule?
- Non, avec Végéta.

Junior serra les dents, angoissé à la seule idée de passer six mois en compagnie de Végéta. Il semblait si… fier et dangereux.

- Ce n'était pas si pire que cela, le rassura la Saïyenne en voyant l'expression faciale de Junior se transformer en un masque de crainte.
- Voyant que tu es encore en un seul morceau, je vais devoir te croire!

Ils rirent tous deux. Le Shin-jin considéra la Saïyenne qui regardait maintenant de l'autre côté et il la trouva jolie. Elle n'avait pas la grâce de Bra ou de Kimiko, mais son assurance et sa présence compensaient pour ce manque de féminité. Ses cheveux courts lui donnaient un air rebelle et sauvage que peu de femmes portaient avec autant de naturel. Son corps possédait d'ailleurs des courbes très intéressantes.

Étrangement, Tiny était l'une des seules femmes qu'il avait rencontrées sur qui son pouvoir séducteur n'avait aucun effet. Cela le chagrinait beaucoup. Il aurait aimé voir où ce premier baiser, volé pendant un moment de faiblesse, l'aurait mené. Serait-elle dominante et curieuse, ou encore douce et vulnérable?

- Mes yeux sont ici, retentit une voix féminine.

Il releva la tête, réalisant qu'elle le regardait depuis plusieurs secondes, un mélange d'irritation et d'amusement sur le visage. Junior rougit, gêné de s'être fait prendre ainsi tel un novice. Il sourit et prit un air décontracté.

- Comment va ta vie amoureuse?, demanda-t-il précipitamment, tentant de changer de sujet.

Les traits du visage de la jeune femme s'assombrirent. Elle se redressa et s'assit sur les tuiles, un genou relevé à la hauteur de son menton.

- Inexistante, répondit-elle sur un ton neutre.

Junior remarqua que la Saïyenne était en train de se fermer à lui. Avait-il fait quelque chose de mal?

- Ne t'inquiète pas, je suis certain qu'un beau jeune homme tombera pour toi bientôt, dit-il en se voulant encourageant. C'est difficile de ne pas te remarquer!
- Hmm, hmm.

Curieux quant à la raison du froid qui venait de s'installer, le demi-dieu tenta une nouvelle avenue.

- As-tu quelqu'un en vue?, demanda-t-il avec un léger sourire.

Tiny tourna la tête vers lui et il figea, lisant dans ses yeux de la colère et y voyant une pluie de poignards volants.

- Non, trancha-t-elle.

Elle se releva et marcha d'un pas rapide vers l'entrée du palais, laissant seul sur la plate-forme Dai Kaio Junior. Il se leva lui-même lentement et regarda la jeune femme disparaître dans l'embrasure de la porte. Il n'avait aucun doute que quelque chose la tracassait. Aimait-elle quelqu'un qui ne l'aimait pas en retour? Niait-elle l'existence d'une relation? Ou encore se pouvait-il qu'elle luttât contre ses propres sentiments?

Ses pensées furent interrompues lorsque Dendé franchit le seuil de la porte et qu'il marcha à sa rencontre. Il s'arrêta à quelques pas du demi-Kaio et se pencha en signe de salut, son bâton à la main.

- Tiny m'a prévenu de votre arrivée. Vous êtes le bienvenu au Palais, fils du Grand Kaio, dit-il avec un sourire sincère.

Junior lui retourna le bonjour avec une révérence.

- Je vous remercie de votre hospitalité, Kami-sama.

Dendé, de quelques centimètres plus petit que le visiteur, hocha la tête humblement et l'invita d'un geste de la main gauche à le suivre à l'intérieur du temple flottant. Ils y entrèrent en silence et marchèrent sans presse dans les couloirs en colimaçons. Ils entrèrent dans une grande chambre située sur la façade sud.

- J'ai cru comprendre que vous aviez besoin d'un endroit où rester. J'espère que cette chambre fera l'affaire, dit le Namek.

La pièce était vaste et richement décorée, agrémentée de rouge, de bronze et d'or. Le demi-dieu sourit et brassa la tête, agréablement surpris par le luxe qu'on lui offrait.

- Je crois que vous avez des informations importantes pour Tiny et Piccolo, ajouta Dendé. Vous les trouverez ce soir à l'extérieur du palais si vous voulez leur partager vos trouvailles.

L'instant d'une seconde, Junior se demanda comment le Namek pouvait être au courant de Pansy. Puis il se rappela qu'il avait affaire au Kami de la Terre et que l'un de ses pouvoirs était d'avoir accès à ce qu'il se passait sous ses pieds. La Dieu quitta la chambre, fermant la porte en partant. Le visiteur s'écrasa sur son nouveau lit et ferma les yeux. Il se demanda ce qu'il faisait là et si sa présence allait vraiment faire une différence dans le combat à venir.

Junior ne savait la réponse à aucune de ces deux questions.


Capsule Corporation
Chambre de Kimiko

Takeshi prit la main de sa sœur jumelle dans la sienne. Ils étaient tous deux assis sur le lit de la demi-Saïyenne dans une chambre joliment décorée et colorée. Elle leva les yeux vers lui et lui fit un sourire forcé. Elle soupira et son frère, sentant son découragement, brassa la tête.

- Tu t'inquiètes trop, Kimi, dit-il d'une voix douce. Tu connais papa. Il va rouspéter quelques temps et ensuite il laissera tomber.
- Je n'aime pas le contrarier, répondit Kimiko en baissant le regard.

Elle voyait déjà son père lui crier après pour avoir choisi de sortir avec un garçon qu'il qualifierait d'abruti. Il était bien sûr biaisé mais il n'entendrait rien; Végéta avait toujours raison.

- Où était papa aujourd'hui?, demanda Takeshi, la sortant de ses pensées.

La jeune métis hésita un instant avant de répondre. Elle avait promis à son père de ne rien dire, mais lorsqu'il s'agissait de son jumeau, il y avait une clause dans chacun de ses serments qui l'incluait. Kimiko releva la tête et rencontra les iris bleus de son frère.

- Il a passé une partie de la journée dans la salle de l'Esprit et du Temps, rétorqua-t-elle.

Surpris, les yeux de Takeshi s'agrandirent.

- Avec Tiny?
- Oui, si j'ai bien compris.
- Wow, ils sont motivés!
- Nous pourrions y aller, proposa Kimiko.

Le jeune homme eut un mouvement de recul involontaire suite à la proposition. L'idée de passer six mois à s'entraîner sans arrêt lui glaçait le sang. Sa jumelle lut son malaise sur son visage et esquissa un léger sourire. Échangeant les rôles, elle posa sa main sur la sienne en signe de réconfort.

- Ce n'était qu'une idée, dit-elle. Je comprends si tu ne veux pas…
- C'est juste que... c'est très long, bafouilla-t-il, inconfortable. Et c'est… beaucoup d'entraînement.

Kimiko flatta la main de Takeshi qui se calma et finit par sourire lui aussi, réalisant qu'il sonnait comme un homme terrifié. Il serra les doigts de sa sœur après avoir repris le dessus sur lui-même.

- Ce que je veux dire, c'est qu'éventuellement j'irai avec toi, mais que je ne me sens pas encore prêt.

La métis hocha la tête et s'approcha de son jumeau pour lui donner un câlin. Takeshi le lui rendit, passant ses bras autour des épaules délicates de la combattante. Il ferma les yeux un instant. Lorsqu'il les ouvrit quelques secondes plus tard, prêt à se séparer de sa sœur, il vit la tête de Goten dans l'embrasure de la porte de la chambre et il sursauta, relâchant immédiatement Kimiko.

- Mon dieu, Goten! Tu m'as fais une de ces peurs!, s'écria Takeshi en posant une main sur son cœur.

Kimiko se retourna tout de suite vers le nouvel arrivant, juste à temps pour le voir sourire à pleines dents. Le fils de Goku se glissa dans la pièce en vitesse, refermant la porte derrière lui.

- Je ne vous dérange pas j'espère?, dit-il, un soupçon d'inquiétude dans la voix.
- Pas du tout, répondit la métis chaleureusement.

Takeshi, ayant remarqué le changement drastique d'attitude chez sa sœur, haussa un sourcil. Ainsi il lui suffisait de voir ce garçon qu'elle aimait bien pour oublier ses soucis. Dire que quelques jours auparavant ce même jeune homme tentait de les tuer…

- As-tu…, commença Sangoten, hésitant.
- Non, pas encore, répondit la demi-Saïyenne en baissant le regard de nouveau.

Le jumeau n'eut pas trop de mal à suivre leur conversation fragmentée; ils parlaient de Végéta. Kimiko avait sans doute eu l'intention d'annoncer la nouvelle à leur père ce soir. Il devina que la mauvaise nouvelle de Dai Kaio Junior avait dû empêcher sa sœur d'atteindre son but. Takeshi leva les yeux vers le fils de Goku qui s'était approché de sa jumelle pour lui prendre les mains. Ses pupilles brillaient et la jeune femme lui rendit son regard. Oui, il s'agissait bel et bien d'amour, le fils du prince n'en doutait pas. Il se demanda ce qui avait bien pu transformer leur amitié en romance. Était-ce l'intensité du combat auquel ils avaient pris part? Ou était-ce uniquement une finalité inévitable?

- Je prouverai à ton père que je saurai prendre soin de doit, déclara le demi-Saïyen solennellement, faisant rougir la métis.

Les amoureux et Takeshi entendirent un gloussement provenant de la fenêtre de leur chambre. Ils se tournèrent immédiatement vers celle-ci et virent, accoté contre le châssis, Trunks. Ses jambes flottaient dans le vide et il arborait un air amusé.

- Goten, tu aurais pu me prévenir que tu avais finalement amassé assez de courage pour courtiser ma sœur!, s'écria Trunks en inclinant légèrement la tête vers la droite.

Sangoten rougit à son tour. Le combattant à la chevelure lilas se hissa à l'intérieur de la chambre et referma partiellement la fenêtre derrière lui. Il s'avança vers les jumeaux et son meilleur ami, s'arrêtant au pied du lit.

- Tu aurais été le prochain à le savoir, sois-en certain, répondit le garçon aux cheveux noirs en souriant.
- Tant mieux! Je serais vexé qu'il en soit autrement, rétorqua le fils de Végéta, moqueur.

Takeshi fronça les sourcils, prenant conscience de son ignorance.

- Attendez… suis-je le seul qui n'avait aucune idée que Goten était en amour avec Kimi depuis…
- Presque un an, compléta Trunks en hochant la tête.

Le jumeau ouvrit la bouche pour poser une autre question, puis il se tourna vers sa sœur dont les mains étaient toujours entre celles du métis debout en face d'elle.

- Cela fait combien de temps que tu as un œil sur lui?, demanda-t-il en pointant Goten.

Kimiko haussa les épaules, soudainement gênée d'être le centre de leur attention.

- Goten a toujours été un bon ami. Je…, elle hésita, je crois que je l'ai toujours bien aimé, sans m'en rendre compte.

Takeshi grimaça, se sentant un peu idiot, à l'amusement de Trunks qui posa une main sur la tête de son petit frère avant de lui ébouriffer les cheveux.

- Ne t'inquiète pas, Tak. Dans quelques années tu commenceras à comprendre ce qu'est l'amour, lorsque tu auras plus d'expérience!

Offensé, le jeune métis tassa la main de son fraternel et croisa les bras. Tous ricanèrent devant sa réaction enfantine, y compris Kimiko. Réalisant la façon dont il agissait, il se joint lui aussi au rire collectif. Mieux valait en rire que d'en pleurer. La famille était réunie et un nouvel amour commençait à fleurir. Y avait-il raison de s'inquiéter ou de s'attrister?

Sa chambre étant tout près de celle de Kimiko, Végéta entendit les rires de ses enfants dans la pièce voisine. Éveillé malgré l'heure tardive, il tendit l'oreille et entendit les voix lointaines de sa progéniture. Il reconnut celle de Sangoten sans trop de difficulté. Le prince soupira, devinant la nouvelle que sa fille avait voulu lui annoncer.

Bulma, la tête accotée contre la poitrine musclée de Végéta, ouvrit lentement les yeux. Son mari passa une main dans ses cheveux turquoise. Elle sourit faiblement, à moitié endormie, et referma les paupières.

- Ils ont l'air heureux…, marmonna-t-elle en passant un bras paresseusement autour de la taille du Saïyen.

Végéta tourna la tête vers le mur d'où provenaient les voix brouillées des métis.

- Ça aurait pu être pire, répondit-il tout bas, plus à lui-même qu'à quiconque.

« Pire que le fils de Goku? », pensa-t-il, étonné de s'être entendu approuver leur relation à voix haute. En effet, de qui d'autre sa fille aurait-elle pu tomber amoureuse qui l'aurait irrité plus que le fils de son éternel rival? Dai Kaio Junior, peut-être? Il savait pourtant déjà une de ses enfants amoureuse du charmant demi-Kaio et la laissait faire, sachant que leur relation ne durerait pas plus que quelques semaines. Alors, honnêtement, qui d'autre?

Végéta réalisa qu'il acceptait beaucoup plus de choses maintenant que dix ou vingt ans auparavant. Étrangement, une image de Minutu lui souriant chaleureusement, habillée du même costume que lui, surgit dans son esprit. C'était un tableau qu'il avait eut l'occasion de contempler plusieurs fois au cours de son séjour dans la salle de l'Esprit et du Temps. Était-ce sa famille qui l'avait ramolli à ce point? Lui qui s'était cru à une certaine période de sa vie complètement imperméabilisé contre toute émotion…

Le prince se demanda s'il méritait autant d'amour autour de lui. Il ferma les yeux à son tour et plongea dans un sommeil peuplé de rêves étranges.


Palais de Dieu

Les étoiles brillaient sur la toile couverte d'encre noire qu'était le ciel. Au dessus de l'horizon, une lune décroissante éclairait le firmament. Insensible aux mouvements des astres, Piccolo et Tiny étaient assis depuis deux heures au bout de la plate-forme sur les tuiles du palais. Face à face, séparés par un mètre seulement, ils étaient tous deux plongés dans une méditation profonde qui visait à faire le vide dans leur esprit avant de chercher à repousser les limites de leur pouvoir respectif.

Dai Kaio Junior, adossé à l'embrasure de la porte menant aux entrailles du palais, observait non sans admiration les deux guerriers qui ne bougeaient pas d'un poil, sauf le lent soulèvement de leurs poitrines. Tiny qui plus tôt l'avait abandonné au milieu des palmiers en furie, était parfaitement calme, miroitant avec exactitude la tranquillité de son sensei namek. Il y avait quelque chose de fascinant dans leur silence et leur immobilité qui le retenait d'aller les déranger pour aborder le sujet de Pansy. Malgré leurs habits disparates, Piccolo portant son gi violet, sa cape et son turban blancs, et Tiny étant vêtue d'un costume semblable à celui de Végéta, il ne faisant aucun doute que Junior avait devant lui maître et élève.

Piccolo ouvrit les yeux et tourna la tête vers Junior qui, pris par surprise, ne bougea pas d'un poil. Il se demanda s'il y avait longtemps que l'ancien Dieu le savait sur la plate-forme. Il avait pourtant été très silencieux et avait camouflé son ki. De plus, il baignait dans la noirceur. Le Namek leva la main et fit signe au demi-Kaio de s'approcher, ce qu'il fit en empruntant un air décontracté. Piccolo se leva et alla à la rencontre de Junior d'un pas lent mais assuré.

Lorsqu'ils furent face à face, Junior dut lever la tête afin de croiser le regard du Namek puisqu'il le dépassait d'un demi-mètre. Le clair de lune éclairait les traits du grand homme qui n'était pas désagréable à regarder. Son nez parfaitement droit, ses lèvres minces et son arcade sourcilière prononcée avait un je-ne-sais-quoi que Junior ne manqua pas de remarquer. Le demi-dieu tendit la main. Piccolo hésita un instant avant de la serrer, peu habitué à ce geste typiquement terrien.

- C'est un plaisir de faire votre connaissance, déclara le Namek d'une voix égale, souriant légèrement.
- Je peux en dire de même, répondit le charmant Shin-jin avec un sourire dévastateur.

Piccolo haussa un sourcil, incertain quant à la raison d'un tel sourire. Il décida d'ignorer ce dernier et d'aller droit au but.

- Vous avez des informations importantes à propose de l'identité de notre prochain attaquant, commença l'homme vert, laissant suspendre sa phrase.

Junior hocha la tête et ajusta ses lunettes soleil qu'il portait à toute heure du jour, même la nuit.

- J'ai en effet appris il y a quelques jours une nouvelle dérangeante, répondit-t-il en baissant légèrement les yeux. Je vous ai précédemment parlé de la Vigie Universelle, une entité militaire dangereuse et subtile qui échappe au pouvoir des Kaios depuis des millénaires.

Piccolo croisa les bras et attendit le reste de l'histoire patiemment. Le demi-Kaio procéda alors à lui raconter tout ce qu'il savait sur Pansy, sur la force légendaire des Saido-jins ainsi que sur le temps qu'il estimait qu'il leur restait afin de se préparer. La présidente de la Vigie pouvait arriver à l'improvise dans quelques jours seulement, ou encore dans deux semaines. Il n'y avait aucun moyen de savoir pour sûr.

Ayant écouté son récit avec attention, le Namek hocha la tête lorsque Junior eut terminé. Il se tourna vers Tiny qui n'avait pas bougé d'un pouce depuis l'arrivée de Dai Kaio Junior. Elle lui répondit par un simple hochement, les yeux toujours fermés, confirmant qu'elle avait bel et bien écouté la conversation. Piccolo se retourna vers le demi-dieu et le remercia d'être venu jusqu'au palais pour partager avec eux l'information. Avant de retourner à sa chambre, Junior lança un dernier regard vers Tiny. Voyant qu'elle ne lui accordait aucune attention, il quitta la plate-forme sans bruit.

L'ancien dieu alla rejoindre son élève. Elle ouvrit les yeux et leva la tête vers son enseignant qui était debout devant elle, totalement silencieux.

« Je me trouve un peu trop jeune pour mourir… », retentit la voix de la jeune Saïyenne dans l'esprit de son mentor.

« Tu ne mourras pas. »

Tiny sourit faiblement, sans conviction. Quoi penser du génocide imminent de sa race? Elle se sentait étrangement détachée quant à ses origines saïyennes et fière à la fois. Elle se demanda ce que c'était, être Saïyen. N'était-ce qu'un trait racial, ou encore une façon de vivre?... Un état d'esprit, peut-être?

Tiny calcula qu'il ne leur restait que quelques jours avant l'arrivée de leur bourreau. Quelque chose se resserra dans sa poitrine. Elle avait un mauvais soudain pressentiment concernant l'affrontement inévitable.


12 février 796

Kame House

Krillin entendit trois coups résonner à la porte. Ayant reconnu le ki du visiteur, il était déjà à mi-chemin entre le salon et l'entrée avant qu'on ait cogné pour la troisième fois. Il ouvrit la porte une seconde plus tard, prenant par surprise son vieil ami qui avait toujours le poing dans les airs.

En voyant Krilin ouvrir la porte en vitesse, petit homme maintenant grisonnant mais détenant toujours une étincelle dans les yeux, Sangoku ne put retenir un éclat de rire. Il arrivait chez son meilleur ami sans prévenir et il était reçu comme un invité d'honneur.

- Ça fait longtemps…, commenta Krilin, le sourire aux lèvres.

Goku hocha la tête.

- J'aurais aimé passer plus tôt. Si j'avais pu, je…

Le vieil homme roula les yeux.

- Oui, on sait bien à quel point tu es occupé, dit-il avec une pointe de sarcasme dans la voix. Allé, entre. Le déjeuner est presque prêt.

Krilin fit signe à son compagnon de le suivre à l'intérieur, ce qu'il fit sans hésitation. S'approchant de la cuisinette, Goku remarqua C-18 penchée devant le four, ses mains dans des gants de cuisine sur les genoux. Sans se retourner, elle s'adressa au combattant légendaire avec sa douce voix :

- Goku… Krilin commençait à se demander si tu ne l'avais pas oublié.

Le guerrier passa une main derrière sa tête et rit nerveusement, réalisant pour la première fois qu'en effet, il y avait trop longtemps qu'il n'avait pas mis les pieds sur la petite île. L'androïde se redressa finalement pour faire face au Saïyen. Les mains sur les hanches, elle prit quelques secondes pour examiner le combattant qu'elle avait eu comme mission d'éliminer plusieurs décennies plus tôt. Sangoku n'avait pas changé, si ce n'était qu'une ou deux rides qui s'étaient glissées aux coins de ses yeux. Il gardait sa candeur d'antan et il dégageait toujours une énergie positive presque étouffante. Elle-même n'avait pas beaucoup changé au fil du temps, bien quelle portât dorénavant ses cheveux plus courts. Elle sourit et finit par s'avancer pour lui serrer la main, enlevant sa mitaine rouge avant d'enfouir sa menotte dans la patte du guerrier.

- Que nous vaut cette visite?, retentit une voix provenant de derrière Sangoku.

Le Saïyen se retourna et fut agréablement surpris de découvrir à l'entrée de la salle à manger Tortue Géniale. Le grand homme posa les mains sur les épaules de son ancien sensei tellement il était content de le voir. Le vieil homme sourit et hocha la tête. Goku le lâcha et se laissa tomber sur une chaise devant la table à manger.

- Vous m'avez tellement manqués!, déclara-t-il enfin, les yeux brillants.

Krilin alla s'installer à son côté. C-18 éteignit le four et procéda à préparer la table ainsi qu'à servir le repas; saumon, riz et légumes verts. Tortue Géniale rejoignit ses élèves après avoir déposé son bâton de marche dans un coin de la pièce. L'humaine artificielle enleva son tablier et se tourna vers les trois hommes qui déjà s'attaquaient comme des affamés à leur repas. Elle soupira.

- Avoir su que tu viendrais, j'aurais préparé quelque chose de plus consistant, dit-elle en s'adressant à Sangoku.

Ce dernier, entre deux bouchées, leva la main en signe de protestation.

- Ne t'inquiète pas! C'est peu mais c'est délicieux!

C-18 jeta un regard à la montagne de poisson qui trônait dans l'assiette du Saïyen et elle haussa un sourcil. Elle se doutait bien que, bien que trop pour elle ou son mari, cette portion n'était pour Goku qu'un amuse-gueule. Krilin déposa sa fourchette et agrippa une tasse de café. Il souffla sur le liquide chaud et posa des yeux scrutateurs sur son ami d'enfance. Il n'y avait que lui pour arriver à l'improvise et bondir de cette manière sur la nourriture!

- Quelles sont les nouvelles?, demanda Krilin plus sérieusement.

Tortue Géniale, derrière ses lunettes fumées, leva les yeux vers Goku. C-18 ne le regarda pas mais elle tendit tout de même l'oreille, curieuse de la raison de la venue de leur visiteur. Le combattant freina sa course effrénée et il posa son ustensile dans son assiette, imitant Krilin. Un peu de sa bonne humeur sembla s'évaporer d'un coup. Son regard s'assombrit. Son ami sentit quelque chose se reserrer dans sa poitrine. Il s'était attendu à une annonce importante et il avait espéré qu'elle soit positive. Voilà que ses espoirs partaient en fumée. N'étant pas du genre à passer par quatre chemins, Goku leur annonça la nouvelle :

- Dans quelques jours, nous allons recevoir la visite d'un nouvel ennemi.

Les yeux de Krilin s'agrandirent, C-18 fronça les sourcils et les rides sur le front de Tortue Géniale s'accentuèrent.

- Pour quelle raison, cette-fois?, demanda le petit Terrien, agacé. Domination du monde? Destruction de la Terre?

Sangoku brassa la tête.

- Éliminer ce qu'il reste de la race saïyenne, dit-il gravement.

Puis, il ajouta sur un ton plus léger :

- Vous n'avez donc pas à vous inquiéter pour votre sécurité..!

Une partie de la tension que Krilin avait ressentie depuis l'arrivée de son ami s'évapora. Les monstres ne s'attaqueraient pas à lui et à sa famille! Le stress qui venait de disparaître fut cependant aussitôt remplacé par de la honte. Comment pouvait-il penser ainsi alors que son meilleur ami était en danger? Et que dire de Gohan, Goten, Trunks, Bra, Kimiko et Takeshi? Ils ne méritaient pas un tel sort. Alors comment se faisait-il qu'il se sentait rassuré d'entendre que l'attaque ne concernait que les Saïyens et leurs descendants?

Krilin baissa la tête, n'osant pas croiser le regard de Goku. C-18 devina la raison du malaise de son mari. Elle prêterait main forte aux Saïyens s'ils lui demandaient de les aider, mais elle savait Krilin incapable d'en faire autant; la différence entre leurs forces était trop grande. Alors qu'ils étaient encore dans la force de l'âge, le petit homme vieillissait à un rythme normal, comme le faisaient tous les autres humains.

L'androïde tourna la tête vers Sangoku et lui demanda plus de détails. Il leur raconta tout ce qu'il savait sur les Saido-jins, sur Pansy et sur son arrivée imminente, ce qui était très peu en rétrospective. Retrouvant ses esprits, Krilin cogna la table de son poing. Goku, C-18 et le vieil ermite levèrent les yeux vers lui, surpris.

- Je… j'aimerais tellement pouvoir vous aider, dit-il d'une voix étranglée.

Les traits du visage de Goku s'adoucirent.

- Je ne suis venu ici que pour partager avec vous les informations que j'ai, dit-il. Pas pour demander de l'aide. Ce n'est pas votre combat.

Krilin brassa la tête en signe de négation.

- Je devrais tout de même être capable de t'aider. Un combat qui concerne mon meilleur ami me concerne aussi!

Sangoku sourit, touché par les paroles sincères de son compagnon.

- Je me demande quelles sont les motivations réelles de ces Saido-jins…, questionna Tortue Géniale à voix haute.

Le Saïyen haussa les sourcils, confus.

- Je ne comprends pas…
- Et bien, pourquoi attaquer les Saïyens alors qu'il ne reste qu'une poignée de combattants en vie? Ce n'est pas comme si vous posiez un danger. Même l'infâme Végéta s'est calmé!, déclara-t-il en caressant de ses doigts sa barbichette.

C-18 inclina la tête en pensant au problème.

- Personne ne peut prétendre que les Saïyens ne méritent pas ce qui va leur arriver, lança l'androïde.

Son commentaire lui valut le poids de trois pairs d'yeux posés sur elle. La blonde n'était pas du genre à rougir mais elle sentit tout de même un léger malaise. Elle s'expliqua :

- Votre race est reconnue pour avoir décimé des centaines planètes sous le régime de Freezer, sans parler de votre force légendaire qui le tracassait tant qu'il a finit par vous éliminer.

Elle s'arrêta, le temps de prendre une gorgée de café, et continua :

- Tes actes de bravoure ne pèsent pas lourd dans la balance de morts qui ont été causées par ta race, dit-elle à l'intention de Goku. S'il y a une police dans cet univers, ou une race qui se prend pour telle, elle a raison de vous considérer comme dangereux, termina-t-elle.

Krilin bougea inconfortablement dans son siège, ne trouvant pas d'argument pour réfuter les déclarations de sa femme.

- Cela n'explique pas pourquoi ils n'ont pas agit avant, insista Tortue Géniale.

C-18 hocha les épaules en se tournant vers le vieil homme.

- Peut-être qu'ils croyaient tous les Saïyens morts jusqu'à récemment. Peut-être qu'ils commencent à craindre votre puissance qui se rapproche de la leur. Peut-être qu'ils n'ont rien de mieux à faire. Le « pourquoi » ne change rien à la situation.

Sangoku hocha la tête. Il reprit sa fourchette et termina ce qu'il restait dans son plat. Le reste de son séjour se déroula sans incident. Ils parlèrent de Marron, nouvellement déménagée à la Capitale du Sud pour y travailler. Ils parlèrent de leurs anciens ennemis, de leurs combats épiques et du bon vieux temps. Krilin se sentit vieux, soudainement, et Tortue Géniale se sentit encore plus décrépi. C-18 écouta plus qu'elle ne parla. Elle pensa à sa fille et se promit d'aller la visiter dans les jours qui suivraient.

Lorsque Goku quitta Kame House quelques heures plus tard, il laissa ses amis avec un sourire sur les lèvres. Rien n'était pas à l'épreuve du positivisme de Sangoku, pas même la menace qui planait sur sa famille et ses amis. Et pourtant, il faudrait au guerrier plus que de la bonne humeur pour venir à bout de Pansy…


13 février 796

Université de la Capitale de l'Ouest

Dans une salle sombre bombée d'étudiants universitaires silencieux, un professeur d'histoire de l'art entamait sa deuxième heure de présentation. L'architecture ancienne de la région centrale était au menu cet après-midi-là, projetée sur une immense toile blanche. La voix de l'enseignant gras et âgé était basse ainsi que monotone. Son discours semblait sans fin.

Tiny tourna la tête à sa gauche, puis à droite; plusieurs élèves s'étaient endormis. Elle soupira en silence et accota sa tête sur son poing, oubliant peu à peu la scène devant elle. Elle se demanda si elle avait eu raison de retourner à l'université. Non seulement avait-elle perdu le fil de sa session universitaire après six mois d'entraînement intensif dans la salle de l'Esprit et du Temps, mais elle trouvait aussi un peu ridicule l'idée de se présenter en classe quelques jours à peine avant une grande bataille. Nul besoin de dire que Piccolo avait lui-même jugé l'initiative de farfelue. Pourtant, la Saïyenne s'était tout de même envolée vers la Capitale de l'Ouest ce jour-là avec l'espoir que l'arrivée de Pansy ne changerait rien à court et long terme à son train de vie.

Tiny, assise dans la noirceur d'une salle à demi-endormie, se demanda si ces cours lui serviraient un jour. Certes, elle se plaisait à l'université, mais une discipline comme l'histoire de l'art ne fournissait pas beaucoup de débouchés. Elle se demanda ce qu'elle allait faire de sa vie. Travaillerait-elle? Et si oui, dans quel domaine? Végéta et Sangoku ne semblaient pas s'inquiéter de leur avenir, mais ayant vécu jusqu'à l'âge de douze ans parmi les humains, elle avait du mal à s'imaginer dépendante de la générosité des Briefs ou des ressources du Palais pour le reste de sa vie. Elle se demanda si Pansy serait aussi forte que Dai Kaio Junior le prédisait. Y avait-il un être plus puissant que Sangoku? Existait-il une combattante assez bonne en Kung Fu pour la faire trembler dans ses bottes?

Alors qu'elle rêvait à son prochain combat, le ki de Tiny augmenta de plusieurs dizaines de milliers de points sans qu'elle ne s'en rende compte. Son rythme cardiaque s'accéléra et elle sourit en silence. Si les étudiants avaient été attentifs, ils auraient vus autour de la Saïyenne un frémissement dans l'air. Heureusement, la plupart dormaient ou étaient complètement désintéressés par ce qui se trouvaient devant eux.

L'enseignant choisit ce moment précis pour se retourner et poser une question à la classe. Voyant que les participants étaient K.O., il parcouru la salle de classe des yeux et s'arrêta sur la jeune femme assise dans la quatrième rangée. Il croisa son regard hagard et fronça les sourcils.

- Vous, là, dites-moi la réponse à la question que je viens de poser.

Tiny, réalisant qu'on s'adressait à elle, écarquilla les yeux et s'empressa de baisser sa puissance qui était beaucoup, beaucoup trop élevée! L'étudiante ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit. Elle n'avait aucune idée de la question, encore moins de la réponse à celle-ci!

- Alors? Le chat a mangé votre langue?, taquina le professeur, un sourire malicieux sur le visage.

La Saïyenne lécha ses lèvres sèches : « Allé, se dit-elle, je tente une réponse au hasard… ». Au moment où elle allait lancer le premier mot qui lui venait à l'esprit, une voix claire provenant de l'arrière retentit dans la salle :

- Volutes triangulaires.

Le professeur haussa un sourcil et dirigea son regard vers l'arrière de la pièce, oubliant complètement Tiny. Cette dernière relâcha son souffle, prenant compte par la même occasion qu'elle n'avait pas respiré depuis que le vieil homme s'était adressé à elle.

- Très bien, Miss Brief. Il s'agit bien de volutes triangulaires qui figuraient sur les colonnes anciennes de notre Capitale.

Surprise d'entendre ce nom, la jeune femme se retourna d'un coup et chercha parmi les visages celui à qui la voix appartenait. Une manne de longs cheveux lilas attira son attention; elle y découvrit, encadré entre des mèches ondulées, le visage de Kimiko, souriant. Un instant plus tard, Tiny lui retourna son sourire. Elle agrippa son sac et se leva tranquillement avant de se diriger vers la sortie. La fille de Végéta ne tarda pas à la suivre, son propre sac à main sous le bras.

- Tu viens juste de me sauver la vie!, s'exclama Tiny aussitôt qu'elles eurent franchi le seuil de la porte.

Kimiko rit.

- Je ne savais pas que tu prenais ce cours!
- Et moi de même! Comment se fait-il qu'on ne s'y soit jamais rencontrées?, demanda l'élève de Piccolo.

La métis haussa les épaules.

- Je suis assise au fond de la classe, dit Kimiko. Dans la noirceur nous ne nous sommes pas vues j'imagine!

Tiny hocha la tête, fourra ses mains dans ses poches et accota son dos contre le mur du couloir dans lequel elles discutaient. Ce dernier était vide, la plupart des élèves étant en classe.

- Je croyais que tu t'entraînais, commença la Saïyenne, laissant la phrase en suspend.
- Je m'entraîne, mais je veux tout de même terminer mes études, répondit-elle en souriant. J'ai l'espoir que nous allons nous en tirer.

La combattante aux cheveux courts hocha de nouveau la tête. Elle espérait elle aussi s'en sortir.

- Tu t'entraînes avec Végéta?, demanda Tiny, sachant déjà la réponse à cette question.
- Tous les matins, confirma Kimiko. Et toi? Que fais-tu ici? Tu ne t'entraînes pas?

Sa très jeune tante pinça les lèvres en pensant à ce qu'elle pouvait répondre. Elle n'était pas certaine de la réponse.

- Je… je me change les idées, finit-elle par dire.

Kimiko fronça les sourcils, incertaine quant à la signification de ces paroles.

- Après un entraînement intensif pendant six mois, j'avais envie de sortir, de faire autre chose, clarifia-t-elle. Je sais que ce n'est pas une décision sage mais…
- Je comprends, coupa Kimiko en posant une main sur l'épaule de la Saïyenne.

Tiny, étant peu habituée à de tels contacts physiques, resta bouche bée et ne bougea pas d'un poil.

- Tu es quand même chanceuse, ajouta l'étudiante aux iris turquoise. J'aurais aimé avoir une telle chance… m'entraîner dans la salle de l'Esprit et du Temps.

Sa main glissa le long du bras de la guerrière et retourna à son côté. Elle baissa légèrement la tête, juste assez pour que son interlocutrice aperçoive le geste involontaire.

- Mais mon père ne me l'a pas offert, termina-t-elle.

Tiny sentit un pincement dans sa poitrine et un profond malaise dans ses trippes. Kimiko enviait le temps qu'elle avait passé aux côtés de Végéta! La situation était tellement étrange qu'elle ne sut pas quoi répondre. C'était la première fois depuis son enfance que quelqu'un l'enviait. Elle n'aimait pas particulièrement la sensation, surtout lorsqu'il n'y avait rien à envier. Des images provenant du rêve étrange qu'elle avait eut des mois plus tôt refirent soudain surface dans son esprit. Elle les chassa et se promit d'en parler à Piccolo dès qu'elle en aurait la chance. Ses yeux se posèrent sur sa nièce.

- Kimiko…, finit-elle par dire, la bouche sèche. Ton père s'entraîne tous les jours avec toi depuis des années. Il n'a pas besoin de passer des mois interminables dans une salle vide avec toi.

La jeune femme releva la tête, surprise par la réplique inattendue de la Saïyenne. Puis elle sourit, réalisant qu'elle possédait en effet déjà l'amour et l'approbation de son père.

- Merci Tiny, dit-elle tout bas.
- De rien. Mais ce n'est que la vérité, dit-elle avec un clin d'œil.

La guerrière se sourit à elle-même en repensant à son séjour dans la chambre blanche et ajouta avec un air espiègle sur le visage :

- J'ai découvert quelque chose dans les affaires de Végéta pendant que j'étais dans la salle. Je peux te dire de quoi il s'agit si tu me promets de ne jamais lui dire.

Kimiko ricana doucement en hochant la tête, curieusement peu surprise que Tiny ait fouillé dans la valise de son père.

- Tu sais sans doute que Végéta garde dans une capsule une valise blanche. Dans la valise, il a plusieurs costumes de combat. Au début, je n'y ai pas trop fait attention mais en y repensant, j'ai réalisé qu'il devait y avoir quelque chose d'autre de plus important caché sous les vêtements. Autrement, pourquoi garderait-il ses costumes dissimulés ainsi?

Tiny marqua une pause et Kimiko, piquée par la curiosité, se pencha un peu vers l'avant, impatiente d'en apprendre plus sur le secret de son père.

- Pendant qu'il prenait sa douche, j'ai ouvert la valise et je l'ai vidée, continua-t-elle en flashant un sourire narquois. Tu sais ce que j'y ai découvert?

La fille de Végéta brassa la tête vivement, les yeux grands ouverts. Les traits de la Saïyenne s'adoucirent.

- J'y ai découvert sa possession la plus précieuse. Il y avait au fond du bagage une photo de vous.
- Nous?, demande Kimiko, confuse.
- Sa famille. Une photo de toi, Takeshi, Trunks, Bra et Bulma. Elle doit dater d'il y a au moins dix ans parce que Takeshi et toi aviez l'air jeunes. Mais elle était tout de même là, dans le fond de sa valise, encore en bon état.

Kimiko resta bouche bée un instant. Un instant plus tard, lorsque l'information fut finalement assimilée par son cerveau, ses yeux se remplirent d'eau. Alarmée, Tiny s'approcha d'elle et posa une main sur son bras avec hésitation.

- Oh, Kimiko, ne pleure pas… je ne voulais pas… je…
- Je pleure parce que je suis contente, la coupa-t-elle en souriant.

L'élève de Piccolo exhala un soupir de soulagement. Kimiko rit et essuya les larmes de ses yeux du revers de la main.

- Excuse-moi, mais je crois que c'est la plus belle chose que j'ai entendu depuis des mois, dit-elle.

Elle s'approcha de Tiny et l'entoura de ses bras. La Saïyenne hésita quelques secondes et finit par poser ses mains dans le dos de sa nièce.

- Merci, murmura Kimiko, toujours pressée contre la combattante.
- Y'a pas de quoi!.., répondit-elle, troublée par tant d'amour.


14 février 796

Capsule Corporation

Végéta frappa l'air pour la millionième fois, brillant de mille éclats, ses cheveux blonds hérissés. Un filet de sueur coula le long de sa tempe. Il posa ses yeux turquoise sur sa fille qui s'attaquait à un ennemi invisible à l'autre extrémité de la salle de gravité. Sa chevelure tombait telle une cascade de pics dorés dans son dos. Il observa sa progéniture et se sentit fier. Si Kimiko atteignait le second niveau de Super Saïyen, elle arriverait sans doute à dépasser la puissance de son grand frère Trunks. Ce dernier s'entraînait trop peu. Quel gaspillage, pensa-t-il amèrement.


Clairière au Nord de la Capitale de l'Ouest

Takeshi s'écroula à quatre pattes par terre, le souffle court. Il perdit son éclat doré et de la sueur coula le long de son visage rouge. Quelques mètres plus loin, le rire moqueur de Trunks retentit.

- Je t'avais bien dit qu'il était paresseux!, s'exclama le fils aîné de Végéta.

Le plus jeune grogna, trop épuisé pour protester.

- Bien… il n'est pas mauvais, insista Goten en marchant vers Takeshi.

Il tendit sa main au plus jeune. En guise de réponse, le scientifique se laissa tomber par terre et écrasa son visage dans le gazon. Il marmonna un « non merci » et exhala bruyamment. Sangoten éclata de rire et baissa le bras.

- Il n'est pas habitué de s'entraîner autant, commenta le fils de Goku en se retournant vers son meilleur ami.

Trunks haussa les épaules.

- Il a toujours été comme ça, répondit-il simplement, les yeux fixés sur la carcasse étendue dans l'herbe.

Takeshi ronchonna une réplique incompréhensible.

- Qu'est-ce que tu marmonnes là dans la pelouse?, demanda Trunks en haussant un sourcil.
- Arrêtez de parler de moi comme si je n'étais pas là!, s'écria-t-il en relevant la tête.

Il posa un bras sous son menton afin de soutenir son cou.

- Qu'est-ce que je donnerais pour être dans mon lab…, se plaint-il.
- Et moi n'importe où ailleurs, continua Trunks en roulant les yeux.
- Et moi avec Kimiko…

Trunks et Takeshi posèrent leurs yeux sur Goten qui rougit, réalisant qu'il venait de partager ses pensées à voix haute. Le fils aîné de Végéta s'approcha de son ami et entoura ses épaules de son bras, le tirant vers lui.

- Ahhh, mais comme il est trognon le petit Sangoten! Il est devenu un romantique!, s'exclama Trunks avec un ton moqueur.

Le fils de Goku le repoussa et s'éloigna de quelques pas, un air contrarié sur le visage.

- Ce n'est pas comme ça!, dit-il, boudeur.
- Ah, non?, répondit Trunks avec sarcasme.

Goten ignora son commentaire et croisa les bras.

- Arrêtez de vous chamailler, intervint Takeshi en se relevant lentement et péniblement. Au rythme auquel nous nous entraînons, Kimiko finira bien par être capable de nous battre tous les trois!

Le nouveau directeur de Capsule Corporation haussa un sourcil.

- Tiens, c'est étrange qu'un commentaire comme ça vienne de toi!
- Nous devons nous entraîner… ou sinon nous mourrons, dit Takeshi gravement.

Un éclat de rire sortit de la gorge de Trunks.

- Ça, j'en doute! Nos pères sont invincibles, dit-il avec arrogance en se tournant vers Goten.
- Takeshi n'a pas tort, répliqua le métis aux cheveux noirs en pinçant les lèvres. Mon père est mort plus d'une fois; contre Raditz et contre Cell! Le tien s'est sacrifié en vain lors du combat contre Boo et…

Il hésita une seconde. Trunks, devinant déjà le souvenir auquel il allait faire allusion, grincha des dents.

- …et nous sommes morts, nous aussi.

Takeshi, maintenant debout à quelques mètres de Goten et Trunks, vit les deux garçons se taire et contempler l'herbe verte. Après un moment de silence, il les interrompit :

- Comment ça fait de mourir?, demanda-t-il sérieusement.
- Hmm… Je ne sais pas trop, répondit Goten en haussant les épaules.
- Nous étions inconscients quand la Terre a explosée, continua Trunks.
- Oh, je vois, bredouilla le plus jeune.

Le jumeau fronça les sourcils.

- Comment est le paradis?, tenta-t-il de nouveau.

Les yeux de Goten et Trunks s'allumèrent et ils se regardèrent avec complicité.

- Ça, cher petit frère, tu dois le vivre pour le comprendre, s'exclama Trunks avec un regard espiègle.

Takeshi roula les yeux. Il avait déjà tenté de questionner son père et Sangoku à ce sujet; leurs réponses avaient été évasives pour la plupart. Il décida de laisser tomber la question; il finirait bien par le savoir un jour et le plus tard serait le mieux!

- Allé, on s'entraîne!, reprit Goten en tapant dans les mains. Si mon père découvre que je passe mes journées à jaser, il va être déçu…
Les affrontements reprirent. Ils devaient être prêts.


100 km au Sud de la Tour Karine

Tiny essuya un filet de sang au coin de sa bouche avec son bracelet rouge. Elle sourit à son opposant.

- Tu es bon, bien meilleur que je m'imaginais, commenta-t-elle en plissant légèrement les yeux.

Quelques mètres plus loin, face à elle, Dai Kaio Junior flasha un sourire parfait et inclina la tête vers l'avant.

- Merci. Un tel compliment veut dire beaucoup provenant d'une Saïyenne, répondit-il d'une voix mielleuse.
- Il est temps de passer aux choses sérieuses, dit la combattante en se mettant en position d'attaque.

Elle lâcha un cri; son aura explosa et ses cheveux passèrent de bruns à jaunes en une fraction de seconde. Junior serra les poings et se concentra, réussissant un moment plus tard à maîtriser le Kaioken x5. Il était auparavant déjà au quatrième niveau de la technique. Sa propre aura gonfla et prit une teinte de rouge plus foncée. Les guerriers bondirent l'un vers l'autre l'instant suivant et entamèrent un second affrontement beaucoup plus intense.

Cent mètres plus loin, Piccolo observaient son élève lutter contre le demi-Kaio. Au loin s'élevait la Tour Karine qui disparaissait dans les nuages blancs. La région dans laquelle ils se trouvaient était un lieu parfait pour s'entraîner; surface plane et rocheuse s'étendant sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés et presque aucune créature vivante dans les parages. Peu importe ce qui arrivait, les combattants ne risquaient pas de détruire leur environnement puisqu'il n'y avait rien à démolir.

Piccolo regarda Tiny s'acharner sur Junior qui échappait ses coups grâce à des mouvements rapides et fluides. Le style de ce dernier comportait des éléments de Kung Fu mais certains mouvements provenaient aussi d'autres arts martiaux. Son élève avait l'avantage au niveau force. Pourtant, elle ne cherchait pas à surpasser son opposant en puissance ou en vitesse; elle gardait délibérément son ki au même niveau que Junior afin de voir qui avait la meilleure technique.

Le Namek observa Dai Kaio Junior agripper la Saïyenne par derrière et l'immobiliser pendant plusieurs secondes. Tiny, surprise au début d'avoir à faire avec un opposant utilisant une technique différente de la sienne, réalisa qu'elle se trouvait dans une impasse si elle laissait le demi-dieu s'accrocher à elle; une telle position lui donnait un avantage important puisqu'il pouvait la frapper dans les côtes et le ventre sans qu'elle puisse faire quoi que ce soit. Les mains prisonnières, Junior cramponné à son dos, Tiny s'élança dans les airs. Piccolo leva la tête, suivant des yeux la montée en flèche de plusieurs centaines de mètres de son élève.

- T'envoler ne servira à rien!, cria Junior dans l'oreille de son adversaire. Je ne décrocherai pas!

La Saïyenne sourit en guise de réponse. Elle arrêta sa montée. Une fraction de seconde plus tard, elle fonçait vers le sol à toute vitesse. Le demi-Kaio, voyant la terre arriver à toute vitesse vers lui, paniqua et lâcha prise. Il évita de justesse la surface rocheuse et tomba sur son côté, se grafignant au passage. Tiny, quant à elle, percuta le sol avec tant de puissance qu'une explosion résultat de la collision. Enveloppé d'un nuage de poussière, Junior plissa les yeux et couvrit sa bouche et son nez de sa manche longue orangée.

Piccolo vit Junior sortir du nuage une main sur la bouche. Ses yeux retournèrent vers le cœur de l'explosion. Il discerna un éclat de lumière au travers de la fumée. Un rictus se forma sur son visage. Un moment plus tard, la poussière se dissipa et laissa voir Tiny qui, sale mais toujours bien en vie, marchait vers son opposant. Elle s'arrêta à quelques pas de Junior. Ce dernier baissa sa main et hocha la tête avec un sourire.

- Très bien. Plus de prise par l'arrière. J'ai compris, dit-il en essuyant sa tunique noire.
- Je ne sais pas quel genre d'art martial il s'agit mais ça ne fonctionne pas sur moi, dit la Saïyenne en lui lançant un sourire narquois.
- Jujitsu. Ça s'appelle Jujitsu, dit-il en levant un doigt, feignant une mine vexée.

L'ancien dieu regarda les deux combattants reprendre leur affrontement. Or contre rouge. Kung Fu contre Jujitsu. Il observa attentivement et, plus tard, il se joint à eux.


Près de chez Sangoku

Le champ qui servait d'aire d'entraînement à Goku depuis des années ne ressemblait plus beaucoup à un champ; suite au combat contre Ruskin, le sol comptait plusieurs cratères et à plusieurs endroits l'herbe manquait. Sangoku n'y était pas retourné depuis l'affrontement contre le magicien. Il regarda l'étendue des dégâts et siffla, à la fois surpris et découragé.

- Dis donc… Je ne m'étais pas rendu compte à quel point l'endroit avait été massacré!, déclara-t-il en mettant les poings sur les hanches.

Derrière lui, Oob avança de quelques pas et posa ses yeux sur la scène. Le gazon, les arbustes et les buissons avaient bien triste mine. Il posa les yeux sur son sensei.

- Ne t'en fais pas, Sangoku. Les plantes finiront bien par repousser.

Le combattant tourna la tête et lança un sourire sincère à son élève.

- Je ne m'en fais pas, répondit-il.

Oob hocha la tête. Ils marchèrent jusqu'au centre du terrain abimé.

- Crois-tu que Gohan viendra s'entraîner vers nous?, demanda le jeune homme à la peau couleur café.

Goku fronça les sourcils, soudain soucieux.

- Je l'espère. Depuis la mort de Pan, il parle et sort peu, dit-il en baissant les yeux vers le sol.

Oob vit de la tristesse dans les yeux de son ami. Il posa une main sur l'épaule de Goku qui s'était arrêté.

- Elle n'était qu'une enfant, dit le Saïyen, l'air grave. Elle ne méritait pas ce qui lui est arrivé.
- Elle n'est pas partie pour toujours, lui rappela le jeune homme. Les DragonBalls la ramèneront bientôt.

Ils ne parlèrent pas pendant quelques secondes. Puis, Goku leva les yeux vers le ciel et y vit une silhouette au loin. Celle-ci approchait rapidement dans leur direction. Enfin, il sourit et se tourna vers Oob.

- Gohan va se joindre à nous aujourd'hui, annonça-t-il en croisant les bras.
- « Certains évènements rapprochent les gens malgré le chagrin et la souffrance. Certaines épreuves doivent être franchies ensemble plutôt que seul. », cita Oob, le regard rivé vers le ciel azur.
- C'est vrai. D'où vient cette citation?, demanda Goku en détachant ses yeux de la silhouette de son fils.
- Ma mère, répondit-il tout doucement. C'est aussi une parole utilisée assez couramment dans mon village.

Goku hocha la tête, se rappelant le village pauvre de son élève. Les habitants manquaient de tout mais ils étaient proches les uns des autres. La petite communauté avait d'ailleurs été très chaleureuse envers le Saïyen. Il pensa aux Saïyens qui devaient s'unir une fois de plus. Il pensa à sa très grande famille. Et il sourit de plus belle.

Il s'envola à la rencontre de Sangohan.


16 février 796

Forêt au Sud de la planète

Devant une cascade au cœur d'une jungle luxuriante, Piccolo méditait. Le Namek flottait plusieurs mètres au-dessus d'un cours d'eau qui serpentait au travers de la forêt fournie avant de se jeter dans un fleuve une dizaine de kilomètres à l'Est. Vêtu de sa lourde armure blanche et de son turban, l'ancien dieu ne bougeait pas. Dans un état méditatif profond, aucun son ne se rendait jusqu'à son oreille; il avait mis en sourdine le chant des oiseaux, le bruissement du feuillage et le grondement de la chute. Piccolo sentit néanmoins un ki s'approcher.

Seul au milieu du bois, le combattant ouvrit tranquillement les yeux et laissa les bruits de la forêt pénétrer son ouïe fine. Il leva la tête et confirma qu'il y avait bel et bien quelqu'un qui se dirigeait vers lui. Il sourit en coin, sachant à qui appartenait l'énergie.

Quelques minutes plus tard, Sangohan se posa sur les rochers au bas de la cascade. Piccolo y était déjà, les bras croisés. Le jeune homme leva les yeux vers son ancien maître d'arts martiaux et sourit. Il y avait longtemps qu'il n'était pas venu visiter Petit Cœur. Tant il était heureux, il oublia pendant un instant la tristesse qu'il trainait avec lui depuis le meurtre de son enfant.

Piccolo posa les yeux sur Gohan. Ce dernier portait des pantalons noirs et une chemise bleu poudre dont les manches étaient roulées. Il revenait donc de l'université puisqu'il était habillé si proprement. Il scruta le visage de son ancien élève et y vit tout de suite l'empreinte discernable du chagrin. Le fils de Goku avait des cernes sous les yeux et son teint était pâle. C'était la première fois qu'il voyait le garçon, d'ordinaire positif et enjoué, aussi abattu. Il sourit néanmoins à son disciple.

- Bonjour Piccolo, dit Gohan en s'avançant d'un pas.

Il fourra ses mains dans ses poches, comme il le faisait étant jeune. En présence de son sensei, il se sentait comme un enfant.

- Bonjour Gohan, répondit Piccolo doucement. Comment vas-tu?
- Je vais…, il hésita. Je vais bien.

Le Namek haussa un sourcil, ne croyant pas une seule seconde aux paroles de son apprenti. Sangohan vit le scepticisme dans les pupilles de son maître et il soupira.

- Mal, mal, mal, corrigea-t-il en baissant la tête.

Piccolo hocha la tête, reconnaissant son état.

- Je… Je n'arrive pas à passer par-dessus, murmura le métis en croisant mollement les bras.
- Personne ne s'attend à ce que tu passes par-dessus, Gohan, répliqua le Namek. Tu viens de perdre quelqu'un qui est important à tes yeux, si ce n'est que temporairement.

Le demi-Saïyen tressaillit en entendant les paroles de l'ancien dieu. Chaque mention de la mort de Pan le faisait grincher des dents.

- Tout le monde ne cesse de me dire qu'elle va revenir…
- Ce qui est vrai, affirma Piccolo. Mais ce qu'il te faut, c'est canaliser ta tristesse.

Gohan releva la tête et rencontra les iris foncées de son enseignant.

- Que veux-tu dire?
- As-tu envie de revoir ta fille, Gohan?, demanda le Namek sur un ton plus dur.
- Évidemment!..., répondit le métis sans comprendre.
- Alors prépare toi à te battre pour elle, insista Piccolo.

Les yeux du fils de Goku étaient plein d'incompréhension. Petit Cœur soupira.

- Si nous ne gagnons pas le combat à venir, Pan ne revivra jamais, dit-t-il enfin.

Sangohan ne répondit pas tout de suite. Les mots que son sensei venait de prononcer firent écho dans son esprit. Il sentit la main de son sensei se poser sur son épaule.

- Si tu veux donner une seconde chance de vivre à ta fille, tu dois commencer par survivre, expliqua Piccolo. Ne les laisse pas gagner. Ne laisse pas le chagrin te détruire sans te battre.

Le Namek se tut. Les yeux de Gohan se remplirent d'eau. Il détourna la tête pour cacher ses larmes. Le métis essuya ses joues avec sa main. Surprenant Piccolo, il franchit les trois pas qui les séparaient et il l'entoura de ses bras. Étonné et confus, Petit Cœur figea et regarda son élève dont la tête était appuyée contre sa poitrine. Il finit par poser deux mains hésitantes sur les épaules de Sangohan en décontractant légèrement ses muscles. Une telle proximité le troublait mais il fit de son mieux pour ne pas laisser paraître son embarras.

Le moment passa et Gohan finit par lâcher son maître. Il recula, laissant une distance respectable entre eux, et il offrit à Piccolo un sourire sincère.

- Merci, Piccolo. J'aurais dû venir te voir bien avant, dit-il, de l'émotion dans la voix.

Le Namek hocha simplement la tête. Il connaissait assez Gohan pour savoir ce qu'il avait besoin d'entendre. Il jouait, après tout, le rôle d'un second père pour le garçon. Piccolo sourit à cette pensée.


20 février 796

Une voix féminine préenregistrée résonna dans une spacieuse salle des commandes :

« Temps d'arrivée estimé à 15 minutes. »

Pansy ouvrit les paupières et regarda droit devant elle au travers de l'énorme baie vitrée qui donnait sur l'espace. Les jambes croisées, une main sur son genou et l'autre sur l'accoudoir de son siège, elle s'avança un peu vers l'avant afin de scruter le paysage qui s'offrait à elle.

Une planète bleue et son satellite naturel étaient visibles à sa droite, grandissant alors que le vaisseau s'en approchait. La présidente de la Vigie Universelle sourit avec satisfaction. Il y avait déjà trois semaines qu'elle voyageait en direction de la Terre. Elle en avait assez de rester assise et de sonder les étoiles.

- Enfin…, murmura-t-elle.


Capsule Corporation – 11h20 AM

Tiny laissa son sac de sport tomber par terre après avoir franchi le seuil de Capsule Corporation. Elle referma la porte, passa une main dans ses cheveux puis elle soupira. La Saïyenne n'était plus certaine d'où elle en étant; devait-elle continuer son entraînement en compagnie de Végéta ou devait-elle retourner vivre au Palais de Dieu? On s'attendait à ce qu'elle reste dans la forteresse industrielle mais il semblait qu'il manquait quelque chose à son existence à Capsule Corporation. Un tel manque se faisait aussi sentir lorsqu'elle revenait à la citadelle flottante. Qu'était-elle supposée faire pour se sentir complète? Élire domicile à quelque part entre les deux? Elle brassa la tête et chassa une image mentale la dépeignant vivant sur un voilier au milieu de la mer qui s'éparait le Palais de Capsule Corporation.

Laissant son sac à l'entrée, elle s'aventura dans les couloirs de la gigantesque maison à la recherche de son frère.


Végéta soupira en regardant son fils étalé sur le plancher de la salle de gravité. Il croisa les bras pendant que Trunks tentait de se relever en vacillant. Le Saïyen se tourna vers sa fille et hocha la tête en signe d'approbation. Cette dernière sourit en guise de réponse et se remit en position de défense devant son frère aîné.

- Bon sang, papa, qu'est-ce que tu lui donnes à manger?, s'écria Trunks, un peu d'irritation dans la voix. Un cocktail de stéroïdes?

Le prince se contenta de sourire en lançant un dernier regard vers Kimiko avant de se diriger vers la sortie.

- Je m'entraîne tous les jours, fit remarquer la jeune femme en haussant un sourcil, pendant que toi tu chasses la gente féminine.

Trunks ignora son commentaire et fonça plutôt vers elle afin de reprendre leur combat au corps à corps. Leur père profita de ce moment pour s'éclipser.


Quelques minutes plus tard, Végéta était debout dans la cours arrière de Capsule Corporation. Il marcha sur l'herbe fraîchement coupée et s'arrêta à quelques pas de la piscine creusée. Il vit Bra assise dans une chaise longue en train de lire un livre à l'autre extrémité de la cours mais il n'y fit pas attention. Le Saïyen leva plutôt les yeux vers le ciel et scruta le firmament.

Le prince entendit la porte de sa demeure s'ouvrir lui puis se refermer. Quelqu'un avança dans sa direction et s'arrêta quelques centimètres derrière lui à sa gauche. Ils restèrent en silence pendant plusieurs secondes avant que Végéta n'ouvre la bouche :

- Je commençais à me demander si tu n'allais pas revenir, dit-il tout bas sans détourner le regard du ciel bleu.
- J'avais besoin de temps pour penser, répondit Tiny.

Elle baissa la tête et scruta le gazon, cherchant une façon simple d'expliquer le problème existentiel auquel elle faisait face.

- Pour certains, je suis Tiny, reprit-elle. Pour d'autres, je suis Minutu.
Végéta hocha imperceptiblement la tête sans la regarder.

- Je ne suis plus certaine de qui je dois être.

Le prince détacha ses yeux du ciel et posa son regard sur la jeune femme qui se tenait debout à son côté. Ses yeux bleus semblaient chercher une réponse dans ses propres iris foncés.

- Nous avons tous plus d'une identité, dit-il enfin. Il suffit de trouver une façon de balancer le tout.

Tiny plissa les yeux, confuse. Un sourire amusé prit naissance sur les lèvres de Végéta. Il ne dit rien d'autre. Il avait confiance que la jeune Saïyenne saurait faire du sens de ses paroles avec le temps. Quant à lui, cela lui avait prit près de quarante ans avant de saisir la signification de ces mots.

Il détourna le regard et reprit son observation du ciel.

- Qu'est-ce que tu regardes?, demanda Tiny en levant elle aussi les yeux vers la stratosphère.
- Quelque chose…, commença-t-il. Quelque chose approche.

La combattante fronça les sourcils, ne sentant aucun ki.

- Comment…?
- Aujourd'hui. Aujourd'hui nous aurons de la visite, dit-il avec certitude.


Palais de Dieu

Dendé était debout au bord du vide, son bâton dans la main droite. Le jeune dieu avait les yeux rivés vers l'horizon et portait un masque d'inquiétude sur le visage. Monsieur Popo se tenait à sa gauche et il regardait l'horizon avec la même préoccupation. Dendé entendit le froissement de la cape de Piccolo derrière lui.

- Elle arrive?, questionna l'ancien dieu en sachant déjà la réponse à la question.

Le jeune Namek hocha la tête. Piccolo serra les dents et se prépara à s'envoler lorsqu'il entendit une voix provenant de l'intérieur du Palais l'interpeler.

- Piccolo! Kami-sama!

Les deux Nameks et le petit homme noir se retournèrent vers l'entrée du bâtiment et ils virent Dai Kaio Junior traverser le seuil en courant. Il les rejoint quelques secondes plus tard au bout de la plate-forme.

- Elle est arrivée?, demanda-t-il en ajustant ses petites lunettes fumées rondes.
- Bientôt, répondit Dendé.
- Je pars avertir Végéta et Tiny, dit Piccolo.
- Ils savent déjà, intervint le jeune dieu.
- Ils auront besoin d'aide, répliqua Junior.

Il regarda les nuages blancs dans le ciel avec inquiétude. L'heure du grand affrontement était enfin arrivée. Il avait prié pour un miracle et il espérait maintenant que l'univers avait entendu ses supplications. Le fils du Grand Kaio savait qu'ils n'auraient aucune aide provenant des Kaios. Ils ne voudraient pas prendre part à un tel conflit, préférant assurer leur sécurité immédiate. Il regrettait l'époque où sa race avait joué un rôle actif dans la préservation de la paix parmi les peuples qui composaient le bas-monde.

Dai Kaio Junior reprit ses esprits lorsqu'il vit Piccolo décoller et foncer vers l'Est. Il partit à ses trousses, laissant Dendé et Monsieur Popo.


Capsule Corporation

Bra leva la tête de son roman savon et posa les yeux sur son père et Tiny qui regardaient le ciel, complètement immobiles. Elle fronça les sourcils, ce demandant ce qu'ils pouvaient bien faire. Elle déposa son livre sur le sol et se leva en ajustant son bikini rose. La demi-Saïyenne marcha jusqu'aux combattants et fit halte à quelques pas de Tiny.

- Qu'est-ce que vous regardez?, demanda-t-elle.

La nouvelle élève de son père détourna le regard du ciel et rencontra les yeux bleus de Bra. Elle ne parla pas mais elle leva la main et pointa les cieux. Irritée, Bra leva la tête à son tour et scruta l'infini bleu sans comprendre. Elle pinça les lèvres.

- Je ne vois rien!, s'écria-t-elle, frustrée.
- Regarde où je pointe, répondit Tiny en étendant le bras.

La jeune femme suivit le doigt de la combattante et aperçut dans le ciel quelque chose briller. Elle ouvrit la bouche pour demander de quoi il s'agissait mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. L'objet dans le ciel qui brillait grandissait! Elle réalisa alors que quelque chose voyageant à une grande vélocité dans la mésosphère fonçait droit vers eux.

Figée sur place, terrifiée par ce qu'elle voyait, Bra ne bougea pas pendant près d'une minute. Lorsque l'objet volant non identifié lui apparut plus clairement dans le ciel, elle paniqua. Sortant de sa stupeur, elle se lança vers son père et s'agrippa à sa camisole noire.

- Oh mon dieu, nous allons mourir!, cria-t-elle, des larmes aux yeux.
- Rentre tout de suite, ordonna Végéta en posant une main sur l'épaule de sa fille.
- Mais papa, je…
- IMMÉDIATEMENT!, tonna-t-il en serrant son épaule.

Dès qu'il la relâcha, Bra fila vers la maison et disparut après avoir claqué la porte derrière elle. Tiny qui avait observé la scène se retourna vers Végéta et constata qu'il souriait. Elle-même sentait une certaine anticipation à l'idée d'affronter un nouvel opposant mais elle ne pouvait chasser la peur qui lui serrait les trippes. Elle se demanda si le prince avait lui aussi peur ou si son orgueil l'empêchait de ressentir une émotion aussi répugnante.

Elle releva la tête et nota que le vaisseau spatial était maintenant terriblement proche d'eux. Situé à quelques 15 kilomètres dans la troposphère, elle pouvait maintenant clairement voir qu'il était blanc, allongé et massif. Un propulseur de chaque côté de l'appareil lui permettait de voler à des vitesses inimaginables. Elle avala nerveusement et attendit sans bouger.


Le vaisseau blanc vibrait alors qu'il descendait vers la Capitale de l'Ouest. Bien que le plancher de la salle des commandes possédait maintenant un angle de 45 degrés, Pansy se tenait debout au milieu de la pièce sans effort. Les mains dans le dos et un air satisfait sur son visage azur, elle regardait la ville s'approcher. Bientôt, elle put voir Capsule Corporation, cette gigantesque forteresse sphérique qui serait son lieu d'atterrissage.

« Atterrissage prévu dans 30 secondes. », retentit la voix artificielle de la navette spatiale.

Le module ralentit sa course et activa ses réacteurs inférieurs.


Kimiko sortit de la salle de gravité en courant, alertée par le son d'un grondement sourd provenant de l'extérieur. Trunks lui emboîta le pas, le souffle court, venant tout juste d'essuyer une nouvelle défaite contre sa sœur. Les dents serrées, honteux mais surtout alarmé par la fuite inattendue de Kimiko, il la suivit jusqu'à la cours avant de leur maison.

Kimiko freina sa course avant d'arriver au trottoir. Elle fit volte-face et leva les yeux vers le ciel, là d'où provenait l'intense bourdonnement. Trunks la rejoint un instant plus tard et vit les yeux de sa sœur cadette s'agrandir. Il suivit son regard et découvrit la source de son épouvante soudaine.

Un vaisseau spatial long d'une cinquantaine de mètres flottait au dessus de la cours arrière de Capsule Corporation. Deux réacteurs situés sous le cockpit et la queue effilée de l'engin assuraient à ce dernier une descente verticale optimale vers le sol.

Trunks serra les poings et regarda l'aéronef avec mauvais augure.

- Ils ne passent pas par quatre chemins, arrivant directement chez nous, fit remarquer le métis aux cheveux lilas.

Le vaisseau disparut derrière Capsule Corporation. Kimiko et Trunks entendirent le bruit des réacteurs diminuer; l'engin venait de se poser.

- Nous n'avons pas une minute à perdre!, s'écria le président de Capsule Corp. en se lançant vers le site de l'atterrissage.

Kimiko s'apprêta à le rejoindre mais elle s'arrêta net, réalisant que Takeshi allait bientôt revenir de ses courses. Elle voulait à tout prix le prévenir et, le sachant moins fort qu'elle, le prier de rester au loin. Elle partit dans la direction opposée de son grand frère, filant le long de la route à une vitesse surhumaine.


Maison de Goku – 11h35 PM (heure de l'EST)

Aussitôt que le vaisseau de la Saido-jin avait traversé la troposphère, Sangoku l'avait senti. Il avait bondi hors de son lit, réveillé par une alarme interne, et il avait enfilé ses habits; un haut sans manche bleu pale et un pantalon indigo. Après avoir glissé ses pieds dans ses chaussures, il s'était précipité vers la chambre de Goten qui était déjà en train de se rhabiller. Ils quittèrent leur demeure quelques minutes plus tard, laissant une Chichi à moitié endormie et inquiète au milieu du salon.

Plusieurs milliers de kilomètres au nord, à Satan City, Gohan décollait aussi vers l'Ouest, prêt à rendre la monnaie de sa pièce à celle qui avait ordonné l'assassinat de sa fille.


Capsule Corporation

La navette se posa lentement sur le sol. Les réacteurs brulèrent une partie du gazon et la piscine se vida de la moitié de son contenu à cause de la force du vent. Quelques-uns des palmiers se trouvant dans la cours arrière de la compagnie furent déracinés. D'autres tinrent bon mais perdirent leurs feuilles. Au milieu de la bourrasque, Végéta et Tiny regardèrent sans bouger d'un centimètre le vaisseau couper les moteurs. Bien que la cours fût grande, l'engin prenait près de la moitié de l'espace de la partie arrière. Trunks arriva en courant derrière eux et il s'arrêta à la droite de son père. Ce dernier se tourna vers son fils.

- Va dire à ta mère et à ta sœur d'évacuer immédiatement le bâtiment, dit-il d'un ton ferme.
- Tu plaisantes? Je veux voir ce qui va sortir du vaisseau!, répliqua Trunks en tenant tête au prince.

Les yeux du Saïyen rétrécirent.

- Tu voudrais mettre en danger ta propre mère?, cracha Végéta, des flammes dans les yeux.
- Va-y toi-même si c'est si important! Elle n'est même pas Saïyenne! Elle n'a rien à craindre!, rétorqua le garçon rebelle.

Végéta ouvrit la bouche pour protester mais le son d'une porte massive s'ouvrant attira son attention. Il oublia momentanément son fils et porta son regard vers la porte du vaisseau, localisée sur le côté gauche de ce dernier, tout juste en face de lui, à moins de quinze mètres. La lourde surface rectangulaire en métal glissa sur le côté et laissa voir une partie de l'intérieur du vaisseau, un corridor blanc dont le plafond était composé de tuiles luminescentes.

Trunks avait du mal à cacher son excitation; il y avait si longtemps qu'il avait eu la chance de se battre. Il se sentait comme un gamin. Le prince, quant à lui, avait les yeux rivés sur la porte et il anticipait la sortie de leur nouvel ennemi avec impatience. Tiny regarda les deux Saïyens sans comprendre ce qui pouvait les rendre si exaltés. Ils ressemblaient à des gosses ouvrant leurs cadeaux le jour de leur anniversaire. La Saïyenne se sentait plus anxieuse qu'heureuse.

L'élève de Piccolo vit soudain les yeux de Végéta s'agrandir. Elle suivit son regard jusqu'à l'entrée du vaisseau et remarqua qu'une silhouette était apparue dans l'embrasure de la porte. Elle constata qu'il s'agissait d'une femme à la peau azure clair portant un habit moulant argenté ainsi qu'une courte cape rouge qui se transformait sur sa poitrine en un bandage qui s'enroulait de façon stylisée autour de son torse. L'extraterrestre portait de hautes bottes beiges ainsi que des gants de la même couleur qui montaient jusqu'à ses biceps. Ses oreilles pointues enjolivaient ses traits délicats et ses hautes pommettes. Elle portait ses cheveux blancs courts. Des reflets bleus étaient visibles au travers de sa chevelure. Un sourire narquois flottait sur ses lèvres blanches et ses yeux jaunes étincelants étaient fixés sur Tiny.

Réalisant que Pansy la regardait, Tiny recula d'un pas sans le vouloir. Végéta fronça les sourcils, se demandant ce que son élève faisait. Elle rougit, honteuse d'avoir montré de la faiblesse, clairement consommée par la crainte. Pansy rit doucement en voyant l'effet qu'elle avait sur la femelle Saïyenne, dévoilant par la même occasion une dentition parfaite. Elle posa sa main gauche sur sa hanche et sonda les visages de ceux qu'elle était venue exterminer. La présidente de la Vigie Universelle les connaissait de nom et de réputation mais elle était très satisfaite d'enfin pouvoir les voir de ses propres yeux. Alors que Trunks et Végéta étaient visiblement prêts à se battre, Minutu alias Tiny semblait incertaine. Elle trouva ce comportement étrange considérant sa race. Elle reposa son regard sur le prince des Saïyens et haussa un sourcil.

- C'est tout ce que vous avez pour vous défendre? Deux Saïyens et un batard?, s'exclama-t-elle d'une voix cristalline.

Du haut de son perchoir, la Saido-jin vit l'expression de Végéta changer. Sa figure s'assombrit et un rictus se forma sur ses lèvres.

- Qui crois-tu être pour t'imaginer pouvoir me vaincre moi, le prince des Saïyens?, répondit Végéta sur un ton hautain, la tête haute. Tu n'es qu'une gamine! Les autres combattants présents sont superflus à ma victoire.

Pansy éclata de rire et regarda le Saïyen avec un mélange d'amusement et de dédain. Elle essuya une larme et posa les yeux de nouveau sur les primates plus bas.

- Ahhh… il y a longtemps que je n'avais pas ri ainsi!, s'exalta-t-elle.

Elle reprit son sérieux.

- Si tu te crois si fort, Végéta, j'ose imaginer que tu accepteras de me combattre sans l'intervention de tes camarades?, dit-elle en croisant les bras.
- Bien sûr, répondit immédiatement le prince en dévoilant un large sourire.
- Papa!, s'écria Trunks, de l'inquiétude se glissant sur ses traits. Tu as perdu l'esprit? Junior nous a prévenus qu'elle était extrêmement forte!
- Balivernes!, rétorqua le Saïyen. Elle a l'air d'avoir à peine vingt ans!

Pansy sourit en entendant les paroles du fier combattant. Elle considéra lui rappeler qu'elle avait plus de deux cent ans mais elle se retint, jouissant de l'ignorance du Saïyen.

- Nous allons perdre si tu joues son jeu, déclara Tiny en serrant les poings.
- Qui t'a demandé ton opinion à toi?, cracha Végéta à l'intention de son élève.

Tiny lui lança un regard noir. Elle serra les dents et ravala de justesse une insulte qu'elle avait sur le bout de la langue. Elle savait qu'il serait impossible de raisonner Végéta. Elle se résigna et baissa la tête.

- Minutu n'a pas l'air d'aimer notre arrangement, fit remarquer Pansy, amusée par leurs conflits.

La Saïyenne leva la tête vers la présidente, étonnée.

- Comment connais-tu mon nom?, demanda-t-elle.
- Oh, s'il te plait, répondit la Saido-jin en roulant les yeux. Je connais tous vos noms. Ce n'est pas pour rien que nous nous appelons la « Vigie » Universelle!

Tiny serra la mâchoire de nouveau. Enfin, elle avança d'un pas et gonfla son aura.

- Je ne resterai pas assise à te regarder écraser Végéta!, cria-t-elle.

Ce commentaire lui valut un regard haineux de la part du prince. Elle l'ignora complètement.

- De plus, d'autres alliés approchent. Tu dois déjà les sentir. D'aucune façon tu pourras nous abattre sans que nous intervenions!

Pansy sentait en effet d'importants ki approcher. Elle n'avait aucun doute regardant sa capacité à écraser Minutu, Végéta et Trunks simultanément, mais l'arrivée de Sangoku et sa progéniture pourrait tourner en leur faveur. Un instant plus tard, elle avait pris une décision. Elle se tourna vers l'intérieur de son vaisseau.

- Lillium! Ton vœux vient d'être réalisé!, dit-elle à contre cœur.

Les Saïyens partagèrent un moment de totale incompréhension avant de voir apparaître une deuxième silhouette derrière la présidente de la Vigie Universelle. Un mâle à la peau bleue de quelques centimètres plus grand qu'elle venait d'apparaître à droite. Il possédait lui aussi des traits délicats et des yeux jaunes mais ses cheveux étaient gris plutôt que blancs. Ces derniers étaient longs; quelques mèches encadraient son beau visage et le reste était porté en queue de cheval à l'arrière de sa tête. Ses habits foncés étaient agrémentés d'un insigne bleu royal qu'un portait au milieu de sa poitrine musclée. Son regard était neutre. Il était impossible de lire son expression. Il se tourna vers Pansy.

- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'idée?, demanda-t-il simplement d'une voix douce.

Végéta, Tiny et Trunks eurent du mal à l'entendre tant il parlait doucement.

- Je crois que je vais devoir utiliser le dôme, chuchota-t-elle dans l'oreille du jeune homme.
- Qu'est-ce qu'elle vient de dire?, demanda Trunks, frustré.

Tiny brassa la tête et haussa les épaules. Le Saido-jin hocha la tête et sortit de la navette en volant. Végéta plissa les yeux, irrité de ne pas savoir ce qu'il se passait.

- S'il parcourt un mètre de plus, je le pulvérise!, s'écria le Saïyen en levant le bras dans les airs.

Pansy afficha un sourire amusé.

- JE suis ton opposante. Ne te préoccupe pas de Lillium. Il va à la rencontre de tes amis Sangoku, Sangohan et Sangoten.

Le combattant à la peau azure continua son trajet vers l'avant de Capsule Corporation sans dérangement. Végéta grogna, n'aimant pas la tournure des évènements. Ce foutu Dai Kaio Junior n'avait jamais parlé d'un second combattant!

- Qui est-il?, demanda Tiny en toute simplicité.

Pansy inclina la tête. Ils semblaient avoir été prévenus de son arrivée à elle mais pas de celle de son frère. Elle choisit ses mots avec prudence.

- Lillium est le Capitaine d'une division de l'armée de la Vigie Universelle, répondit-elle en décroisant les bras.
- Qui est le plus fort de vous deux?, demanda Trunks.

La présidente renifla, trouvant la question aberrante.

- Moi, bien sûr! Quelle idée de penser autrement…

Elle passa une main dans son dos et lorsqu'elle ramena son bras vers l'avant, le trio saïyen aperçut une petite sphère métallique au creux de sa paume. Végéta fronça les sourcils, se demandant de quoi il s'agissait. Tiny associa tout de suite la technologie avec la substance qui l'avait paralysée pendant son combat avec Ruskin.

Lisant de la crainte sur le visage de la femelle, Pansy sourit et procéda à expliquer la nature de l'objet qu'elle venait de saisir :

- Ceci est un dôme. Une fois activé, il isolera une section tridimensionnelle de deux cent mètres de diamètre pour une période de six heures. Personne ne peut entrer ou sortir de ce dôme. Il ne peut être détruit. Vous comprenez ce que cela signifie?

Elle reçu un lourd silence en guise de réponse. La guerrière soupira.

- Cela signifie que je vais commencer par exterminer tout ce qui se trouve à l'intérieur du périmètre et qu'ensuite je vais m'attaquer à ce qu'il reste à l'extérieur.

Les Saïyens se regardèrent, une touche d'inquiétude dans les yeux. Trunks sentit soudain la panique l'envahir. Son premier instinct fut de prendre ses jambes à son coup mais il sentit la poigne de son père sur son avant bras. Il rencontra son regard sévère et avala nerveusement. Il valait mieux mourir aux côtés du prince que de vivre pour être plus tard châtié par celui-ci, conclu-t-il. Tiny ne bougea pas, comprenant parfaitement l'implication que cela engendrait. En se sauvant, elle ne ferait que retarder l'inévitable combat. De plus, elle ne voulait pas laisser son frère et son neveu affronter seuls leur bourreau.

Pansy regarda les Saïyens en fronçant les sourcils, déçue de voir qu'ils ne tentaient pas de s'échapper.

- Très bien, dit-elle simplement.

La présidente sortit de son vaisseau et flotta quelques mètres vers les Saïyens avant de lever la tête vers le ciel. D'un geste fluide, elle lança la petite sphère argentée vers le firmament. À cent mètres de hauteur, elle s'illumina et sembla changer de forme.

Pansy mit ses mains sur ses hanches, satisfaite. Et elle attendit.


Takeshi avait ressenti une aura maléfique se poser sur Terre vers 11h35. Il s'était précipité hors du marché où il faisait ses courses sans se poser de question; il s'agissait de Pansy, il n'y avait pas d'autre explication possible. Filant vers sa maison située à dix kilomètres de là, il avait rencontré à mi-chemin Kimiko.

Le visage de sa sœur jumelle était plein d'angoisse. Elle l'avait pris par les mains et l'avait supplié de s'éloigner de la ville, une requête que son frère avait catégoriquement refusée.

- Je ne te laisserai pas combattre cette fou-furieuse toute seule!, avait répliqué le métis.
- Mais Tak, je ne veux pas que te perdre!, avait supplié sa sœur.
- Ne m'insulte pas, Kimi. Je peux me battre, même si je ne suis pas aussi puissant que toi!

Kimiko avait baissé les yeux vers le sol, embarrassée par ce qu'elle avait dit.

- Je viens avec toi.

Elle avait hoché la tête et ils étaient partis en direction de Capsule Corporation.


Lorsqu'ils arrivèrent à destination, les jumeaux aperçurent un éclat dans le ciel. Ils s'étaient arrêtés à quelques pas de l'entrée de la grande bâtisse et ils regardaient l'étrange objet changer de forme. Bientôt, un liquide semi-transparent commença à s'étendre tel un dôme dans le ciel. La substance coulait vers le sol et Kimiko réalisa soudain qu'elle allait former un mur entre eux et Capsule Corporation. N'attendant pas de savoir s'il allait être solide ou non, elle agrippa Takeshi par le poignet et l'entraîna vers l'intérieur du dôme avant qu'il ne touche le sol. Ils coururent quelques mètres, entrant dans la sphère en formation. Tout à coup, elle sentit le poignet de son frère glisser hors de sa prise. Elle fit immédiatement volte-face et vit son frère jumeau étalé par terre sur le trottoir, un filet de sang coulant le long de sa lèvre. Un homme à la peau bleue ciel se tenait entre elle et Takeshi. Un sourire subtil dansait sur ses lèvres pâles. Un rideau liquide tomba entre eux et toucha terre.

Lorsque la surprise laissa place à la colère, Kimiko se précipita vers lui. Elle rebondit sur la surface étrange et tomba sur le derrière. Irritée, elle se releva et envoya plusieurs kikoha vers le dôme, en vain. Elle vit son frère lever le bras vers elle. Elle vit ses lèvres bouger mais elle n'entendit rien; aucun son ne pénétrait à l'intérieur de la sphère. Elle lâcha un cri de frustration et martela le mur infranchissable de ses poings. L'étrange homme qui avait empêché son frère de la suivre lui tourna le dos et marcha vers la rue. Il leva les yeux vers le ciel, ignorant complètement Takeshi qui se relevait derrière lui.

La fille du prince leva la tête elle aussi et entrevit au travers du mur liquide incolore Sangoku, Sangoten et Sangohan. Non loin derrière, elle devina les silhouettes de Piccolo et de Dai Kaio Junior. Elle remarqua un sixième combattant au loin. S'agissait-il d'Oob? Elle baissa les yeux vers son frère. Takeshi leva le pouce, lui faisant signe qu'il était O.K.. Elle soupira, soulagée, et se tourna vers sa demeure. La demi-Saïyenne se dirigea d'un pas décidé vers la cours arrière, remarquant au passage les visages des employés inquiets de Capsule Corporation dans les fenêtres des étages supérieurs.