Disclamer : les personnages et l'univers appartiennent à Masami Kurumada. Sauf Loucas, sa femme et sa fille qui sont des persos de mon imagination.
Ignis : Merci pour ton com ! Voici la suite et même la fin de cette fic vu que c'est le dernier chapitre. J'espère qu'il te plaira, il restera l'épilogue la semaine prochaine pour conclure définitivement cette histoire ! Bonne lecture.
Bonjour à tous
Voici le dernier chapitre de cette fic, il restera la semaine prochaine l'épilogue pour conclure. Je tiens à vous remercier pour votre fidélité et votre soutien tout au long de cette publication. Bonne lecture !
Chapitre 21
Japon, appartement de Shiryu et Hyoga
Kilian s'apprêtait à partir. Il avait passé un bon moment à jouer avec Gabriel mais devait maintenant remonter chez lui.
- Tu veux rester manger avec nous ? lui proposa Shiryu alors que Hyoga donnait le bain à son fils.
- J'aurais bien voulu mais faut que je commence à faire mes cartons.
- Oh… Vous allez vraiment emménager dans la maison alors ?
- Oui, dans une semaine ou deux si j'ai bien compris. Il y a encore des travaux en cours mais les pièces principales sont déjà ok alors.
- Des travaux ?
- Oui, dans les deux ailes… regarde, dit-il en prenant un papier pour dessiner un schéma en forme de U afin d'expliquer ce qu'il voulait dire. Nous on va vivre dans l'aile centrale, Shion, Dohko et moi. Et Mu pour l'instant. Tu connais je crois ? Les chambres sont en haut avec une petite salle d'eau et toilette, et en bas, la cuisine qui fait le coin avec l'aile droite, le bureau, le salon, la salle à manger et dans le coin avec l'aile gauche, les onsen. Tu savais qu'il y en avait un extérieur encore en état ? Et comme Shiryu faisait oui de la tête, il continua. Dans l'aile droite, qui est en travaux, il va y avoir en plus des deux chambres au fond qui existent déjà, une pièce qui va être aménagée en salon, salle à vivre avec coin cuisine et également là, une salle d'eau.
- Comme un appartement complètement à part ?
- Oui, c'est l'idée pour qu'Angelo et Mu y vivent tranquilles tout en étant proches de nous. Et pareil pour l'autre aile, les travaux se feront après mais c'est le même principe.
- Et pour qui l'autre aile ? Pour toi plus tard ?
- Non, c'est encore trop tôt… s'amusa Kilian. Plutôt pour vous je pense… enfin même s'ils ne le disent pas. Bon j'y vais moi, bonne soirée !
- Merci, bonne soirée à toi aussi !
Shiryu resta un long moment pensif devant le plan schématique de Kilian puis se leva pour finir de préparer le repas. Hyoga et Gabriel n'allaient pas tarder à avoir fini.
Ce n'est que plus tard dans la soirée, une fois qu'ils se retrouvèrent tous les deux, le petit couché et endormi, que Hyoga remarqua le plan sur la table du salon et demanda des explications à son compagnon. Et quand ce dernier eut fini de le faire :
- Ça ne te tente vraiment pas ? lui demanda-t-il.
- Je n'sais pas… C'est vrai que comme ça, ça ne différait pas trop d'ici. On aurait notre vie bien à nous, comme maintenant quoi.
- Oui, moi j'aimerais bien en tout cas.
Sur quoi, Hyoga se cala bien au chaud dans les bras de Shiryu en souriant. Ce n'était pas encore tout à fait gagner mais presque. Gabriel était si heureux depuis qu'ils s'entendaient tous bien et il voulait que son fils ait droit au bonheur lui aussi, qu'il connaisse une enfance heureuse.
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France,
Paris, appartement de Kanon
Le grec regardait son invité surprise qui venait de s'endormir comme un bébé dans son canapé pendant qu'il préparait le café et le thé. Il sourit en déposant son plateau sur la table basse et s'assit sur le canapé avant de mieux positionner l'avocat pour qu'il soit plus à l'aise et le recouvre d'un plaid. Tout à l'heure, il l'emmènerait dans le lit mais pour l'instant Shaka avait besoin de repos.
Il sourit en calant sa tête sur ses genoux et repensa à ce qu'il lui avait avoué un peu plus tôt quand il lui avait dit qu'il semblait fatigué pendant qu'il lui préparait à manger. C'est là que Shaka avait commencé, très maladroitement, à lui révéler qu'il était depuis plus de six heures dans le quartier. Mais qu'il avait longtemps hésité à monter, parce qu'il avait peur de le déranger en venant comme cela sans prévenir. Bien sûr, au début cela lui avait paru une bonne idée, il avait envie de le voir et de faire le point sur leur relation rendue si difficile par la distance entre eux, et d'essayer de voir comment ils pouvaient avancer ensemble. Mais voilà, arrivé au pied de l'immeuble du grec, les doutes l'avaient envahi. Et si Kanon était occupé ? Et s'il n'avait pas envie de le voir ? Et si… Bref, il avait tourné pendant plus de six heures avant de se décider enfin à venir sonner à sa porte.
Doucement Kanon caressa la longue chevelure blonde répandue sur ses genoux où Shaka s'était blotti dès qu'il l'avait déplacé. Décidément l'avocat ne cesserait jamais de le surprendre. Il était capable d'affronter le monde entier pour réunir deux frères et se sentait si peu sûr de lui quand il s'agissait de faire face à celui qu'il aimait. Parce que Shaka l'aimait, il en était sûr depuis bien avant ce week-end à Rome, depuis cet instant sur la terrasse en Grèce. Il avait su au moment où il lui rendait son baiser que l'avocat l'aimait. Jamais un homme comme lui n'aurait pu embrasser de la sorte un homme pour qui il n'prouvait aucun sentiment. Mais à ce moment, Kanon n'était pas encore bien sûr de lui. L'avocat l'attirait oui, mais l'aimait-il au point de tenter de faire un bout de chemin avec lui ? Non, à ce moment, le grec n'aurait su le dire. Trop de chose venaient de bouleverser son quotidien, les retrouvailles avec son frère en premier lieu, mais aussi avec ses amis d'enfance. Depuis bien entendu, les certitudes étaient venues. Et ce n'était pas un bout de chemin que Kanon souhaitait faire avec Shaka mais le chemin tout entier si on voulait bien lui accorder ce bonheur.
Il finit son café, posa sa tasse et avec délicatesse, prit l'avocat dans ses bras pour l'emmener dans sa chambre. Arrivé là, il l'allongea sur le lit et le débarrassa de ses chaussures et chaussettes et de son pantalon, le laissant en liquette et caleçon avant de le mettre sous la couette. Kanon retourna à la cuisine et mit un peu d'ordre avant d'éteindre et d'aller rejoindre Shaka au lit. Ce dernier ne s'était pas réveillé, ce lui prouvait à quel point il devait être épuisé.
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L'avocat s'éveilla au petit matin, un peu perdu, dans une chambre qui lui était pourtant familière. Il lui fallut quelques minutes pour se rappeler où il était. L'oreiller à ses côtés était vide et pourtant, il était persuadé que Kanon y avait dormi. Il en avait un vague souvenir mais très imprécis. En fait, il avait peu de souvenirs après le repas, il avait dû s'endormir. Un réveil lui annonça qu'il était en fait déjà plus de huit heures. Il avait dormi bien plus que d'habitude. Il se leva et en constatant sa tenue rougit jusqu'à la racine des cheveux. Kanon avait dû le déshabiller… Quel piètre invité il faisait. Il enfila rapidement son pantalon et alla dans la cuisine qu'il trouva vide, comme le reste de l'appartement d'ailleurs. La chambre du grec n'étant plus qu'un vaste chantier, il comprit que le grec devait utiliser celle où ils avaient dormi et qui était à son premier passage ici, la chambre d'ami. Mais pourquoi donc Kanon faisait-il des travaux ? C'est en revenant à la cuisine qu'il découvrit le mot et une clé :
« Shaka,
Je devais aller au bureau ce matin.
Fais comme chez toi, je ne reviens pas trop tard j'espère.
Je te laisse la clé de l'appart si tu veux sortir.
A plus tard,
Kanon »
Shaka serra la petite clé dans sa main en souriant. Kanon lui avait donné une clé. Bon d'accord, c'était peut-être juste un prêt mais tout de même. C'est donc de très bonne humeur que l'avocat se mit à préparer son petit-déjeuner remarquant au passage qu'il ne restait plus grand-chose dans les placards de son hôte. Il avait vu plusieurs magasins en trainant longuement dans le quartier hier avant de se décider à monter chez Kanon. Il irait faire quelques courses après une bonne douche. Et il ferait à manger aussi. Il se sentait bien. Étrangement bien.
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L'après-midi s'achevait quand le portable de Shaka sonna. C'était Kanon. Avec une mauvaise nouvelle. Il devait partir en urgence pour la Hollande où un de ses protégés avait fait une fugue. Il en avait pour vingt quatre heures tout au plus, lui confia-t-il.
Shaka comprenait bien entendu mais ne put s'empêcher d'être quand même déçu. Il fit néanmoins contre mauvaise fortune bon cœur et décida de s'installer plus confortablement dans l'appartement en attendant le retour de Kanon. Ce dernier avait promis d'être de retour demain soir au plus tard. En attendant, il trouverait bien à s'occuper.
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Domaine de Camus
Cela faisait plus de trois semaines que Shun et Mikael travaillaient sur la possibilité de créer des chambres d'hôtes dans le manoir. Shura, Ikki et Mime étaient parfois consultés pour un avis, une idée mais ces deux là avaient vraiment pris cette possibilité au sérieux et étaient en train de monter un vrai projet. Et visiblement, ils arrivaient au bout de leur travail.
Ce soir-là, alors qu'ils dinaient tous ensemble dans le cuisine, Shun leur proposa à tous de leur montrer ce qu'avait donné ces semaines de travail.
Shura n'avait rien dit mais n'y croyait pas trop. Pas qu'ils n'en soient pas capable tous les deux mais surtout que cela nécessitait des moyens que Camus n'avait pas actuellement. Et puis, même si Mikael avait dit avoir une idée pour qui gérerait cette nouvelle activité, il ne pouvait pas se permettre actuellement de sortir un autre salaire. Et pourtant, tout au fond de lui, il espérait que cela marcherait. Parce qu'il aimait le suédois et que ce dernier mettait tout son cœur dans ce projet mais aussi parce qu'il voyait bien qu'Ikki, même sans le dire, était très fier de son petit frère. Et puis, une nouvelle activité de ce type au manoir ne pourrait être que bénéfique pour la vente.
C'est à tout cela que pensait l'espagnol en les écoutant exposer les détails de leur projet, les quatre première chambres qu'ils allaient réhabiliter ainsi que la salle où serait servi le petit déjeuner.
- Pour l'instant, juste chambre d'hôte, précisa Shun. Mais si ça marche bien, on pourrait même faire table d'hôte.
- Table d'hôte ? demanda Shura.
- Prendre le repas du soir, en cuisinant régional avec les clients, précisa Mikael.
- Ah… Ecoutez tous les deux, c'est une super idée, je le reconnais mais je pense qu'il ne faut pas vous emballer. Mettre quatre chambres aux normes, ça va demander un investissement et je ne suis pas certain que Camus ait le financement nécessaire.
- Je sais, intervint Mikael, mais là encore j'ai mon idée. Si ça marche, tu n'y verrais pas d'inconvénients ?
- Non, au contraire. Ça pourrait même attirer des clients donc… Allez-y, fignoler tout ça et proposez-le à Camus. N'oubliez pas qu'il faut qu'il soit d'accord. C'est tout de même sa maison.
Shun et Mikael se sourirent d'un air complice comme s'ils avaient déjà tout prévu.
- Encore une chose, demanda Ikki, c'est bien beau tout ça mais qui va s'occuper de tout ça si ça marche pour Camus et le financement ?
- Shun s'occupera des chambres, répondit Mikael. Il n'a rien de prévu au Japon m'a-t-il dit, personne de spécial qui l'attend et il est partant. T'inquiète pas, précisa le suédois à l'intention de Shura, je sais que l'exploitation ne peut pas prendre un ouvrier supplémentaire mais là aussi, on a prévu le coup.
- Ok, rit Shura. Je me rends, montez votre projet et présente-le à Camus. Je suis certain que tu sauras faire ça bien mieux que moi !
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Paris, appartement de Kanon
Il était déjà tard le lendemain soir quand Kanon put enfin regagner son appartement. La nuit était tombée sur Paris et il avait un peu peur que Shaka se soit ennuyé pendant son absence. Même s'il avait compris qu'il n'avait pas pu faire autrement, il avait quand même fait la démarche de venir le voir à l'improviste. Et Kanon savait que c'était un grand saut dans le vide pour l'avocat.
Il entra chez lui avec une légère appréhension. Et si Shaka avait décidé de repartir ? Mais la lumière dans le salon lui prouva que non. Il y trouva le jeune avocat devant la télé qui se leva en souriant à son arrivée :
- Bienvenue ! J'espère que tout a pu s'arranger.
- Bonsoir, oui c'est réglé. Tu ne t'ais pas trop ennuyé ? demanda-t-il en venant l'embrasser.
- Non, j'ai trouvé à m'occuper, rassure-toi. On n'y peut rien, le boulot c'est le boulot. J'ai pu m'installer, faire un tour dans le quartier et je t'ai même fait quelques courses. Le dîner est prêt si tu as faim, je ne savais pas trop à quelle heure tu revenais alors j'ai préparé un truc à réchauffer.
- Je prends une douche et j'arrive.
Shaka profita de ce moment pour remettre à chauffer le curry qu'il avait préparé un peu plus tôt et qui était encore tiède. Dix minutes plus tard, le grec qui avait passé un jogging, le rejoignait. Il souleva le couvercle de la casserole en humant avec gourmandise le fumet qui s'en dégageait.
- Tu as faim on dirait, sourit l'avocat. Alors à table, c'est chaud !
- Avec plaisir !
Ils parlèrent de tout et de rien pendant le repas, comme s'ils devinaient tous les deux que plus tard viendraient les explications et les réponses aux questions. Pour un peu Kanon se serait senti presque heureux, trouver Shaka l'attendant à la maison était une certaine image du bonheur. Bien sûr elle était fragile et il en était parfaitement conscient mais il avait envie d'y croire ce soir, au moins jusqu'à ce que l'avocat lui avoue ce qu'il était venu chercher ici. Et pour l'instant, il voulait juste profiter du moment tout comme semblait le faire Shaka qui lui racontait maintenant son après-midi de courses.
C'est une fois dans le salon, le café et le thé servi que Shaka aborda pour la première fois le sujet.
- Tu dois te demander ce que je suis venu faire ici, comme ça à l'improviste sans même t'en informer avant, non ?
- Tu m'as dit quand je t'ai demandé avant-hier que tu avais besoin de me voir pour faire le point sur notre relation, c'est n'es pas ça ?
- Si, en partie mais j'avais surtout besoin de trouver quelque chose. Tu vois, là-bas, depuis quelques temps, j'avais toujours la sensation que je n'étais pas complètement heureux. Qu'une petite chose n'allait pas…
- Et ? l'encouragea Kanon en souriant se doutant un peu qu'il avait fait le même cheminement de pensées que lui.
- Et un soir Saga m'a rejoint et m'a dit certaines choses qui étaient loin d'être dénuées de sens.
- Mon frère a fait ça ?
- Oui, sourit Shaka en venant se blottir contre lui après avoir reposé sa tasse. Ça t'étonne ?
- Non, pas vraiment, de nous deux il a toujours été le plus réfléchi. Et c'est ce qu'il t'a dit qui t'as poussé à venir ici ? Si oui, il faudra que je pense à l'en remercier.
- Alors tu pourras le remercier. Bien que je ne sache pas encore si ce voyage était une bonne idée ou non, j'ai décidé de prendre un peu de congés pour venir te voir et parler de tout cela avec toi.
Kanon caressait la douce chevelure du jeune homme et sourit avant de parler à son tour.
- Tu sais, moi aussi il y a quelques temps j'étais un peu perdu. Un soir je suis rentré de déplacement et j'ai trouvé mon appartement trop silencieux… trop vide. J'ai erré dans les rues et je me suis retrouvé en boite sans même savoir comment.
- A l'Océan ?
- Oui. J'ai pu discuter avec Julian qui a compris ce que je ressentais alors et lui aussi m'a dit un truc qui m'a aidé.
- Et qui était ?
- Que si je voulais que mon appartement soit moins silencieux, je devais faire en sorte de rendre cela possible.
- C'est pour ça les travaux ?
- Oui, j'ai décidé de transformer ma chambre en bureau. Pour toi. Pour que tu puisses avoir le choix de travailler ici. Tu m'as souvent dit que ta présence n'était plus si indispensable à la résidence alors…
- Kanon…
Shaka bougea pour venir s'asseoir sur les genoux du grec et le regarder dans les yeux avant de demander.
- Tu veux vraiment que je vienne m'installer ici ? Que je vive avec toi ?
- Oui. Je sais que ce ne sera pas forcément facile… Et qu'on va souvent se croiser même en vivant ensemble mais…
- Oui, le coupa Shaka.
- Oui quoi ?
- Oui, je veux vivre ici, avec toi.
Et il l'embrassa. Passionnément. Kanon ne fut pas en reste et lui rendit au centuple son baiser qui semblait sceller leur décision commune. Bien sûr, ils étaient complètement conscients qu'ils étaient encore loin de vivre ensemble, qu'il leur faudrait surement surmonter encore bien des obstacles pour y arriver mais l'essentiel était qu'ils l'avaient décidé. Et qu'ils étaient maintenant prêts à tout pour y parvenir.
Quelques baisers enflammés plus tard, il leur semblait que la chaleur avait augmenté de plusieurs degrés. Ou peut-être était-ce leurs corps qui brutalement étaient devenu plus chauds ? Peu importait en fait, ils s'en fichaient totalement tellement ils étaient absorbés par ce qu'ils avaient commencé. Comme si leur petite discussion et leur décision avaient soudain modifié la donne entre eux. Ou était-ce simplement un besoin de part et d'autre qu'il était enfin temps d'assouvir.
En temps normal Shaka se serait sans doute posé toutes ces questions et même bien plus que celles-là, il aurait même tenté d'analyser ses sentiments et ses motivations. Parce qu'il était comme ça le jeune indien, il avait un besoin profond de comprendre chaque chose. Mais là, il ne réfléchissait plus. Il n'en avait plus envie du tout, peut-être même pour la première fois de sa vie, il avait juste envie d'être heureux. De profiter de ces instants qui lui étaient offerts. Tout simplement.
Pour Kanon, c'était plus simple. Il y avait bien longtemps qu'il avait envie de franchir ce cap avec Shaka mais n'avait jamais senti que l'avocat, lui, l'était. Mais ce soir, cela avait changé. Surement à cause de leur discussion mais aussi très certainement parce que l'indien avait fait la démarche de venir jusqu'ici.
Très doucement, Kanon quitta, presque à regret, les lèvres gonflées de l'avocat pour venir picorer son cou gracile. Shaka gémit ferma les yeux et renversa sa tête en arrière comme pour l'y encourager. En faisant cela, son corps sensuel vint se coller un peu plus au sien et le grec en frissonna d'anticipation et d'envie. Le corps de Shaka était fin et souple mais nullement dénué de virilité. Les muscles vibraient et roulaient sous sa peau qu'il découvrait peu à peu, remontant la liquette qu'il portait avec ses mains alors qu'il descendait la bouche doucement pour gouter enfin l'épiderme si tentant.
Shaka gémit alors qu'il posait enfin ses lèvres sur la peau d'albâtre de son ventre. Mais leur position les limitait. Kanon remonta jusqu'aux lèvres de l'avocat et après un baiser torride, il lui glissa à l'oreille :
- Passe tes jambes autour de ma taille s'il te plait.
Docile, l'avocat obéit et se sentit porter. Il sourit. Kanon avait décidé de passer aux choses sérieuses. Il profita du trajet pour picorer le cou du grec à son aise et ses mains s'aventurèrent sous le tee-shirt qu'il portait. Kanon dut garder tout son contrôle pour ne pas le poser là sur le sol dans le couloir et continuer leurs ébats tout de suite. Au lieu de cela, il murmura :
- Tricheur…
- Non, juste opportuniste, se moqua l'avocat en continuant à remonter ses mains dans son dos.
Heureusement la chambre n'était pas loin et bientôt Shaka se retrouvait déposer sur le lit avec douceur. Kanon en profita le débarrasser de sa liquette et de son propre tee-shirt par la même occasion.
- Impatient… murmura Shaka.
- Non, juste opportuniste, répondit Kanon avant de l'embrasser passionnément en venant le recouvrir de son corps. L'instant d'après, ils roulaient sur le lit en se dévorant mutuellement. Les pantalons ne furent pas longs à rejoindre leurs hauts dans un coin de la chambre.
Découverte, passion, désir, excitation, tous ces sentiments se mêlaient dans une joyeuse confusion de sens. Leurs deux corps semblaient s'être changés en braise incandescente et ils n'avaient aucune envie que cela cesse. Ils voulaient tout, et même plus encore. Ils n'étaient plus eux-mêmes mais juste deux êtres qui enfin se trouvaient. Le corps de l'un réclamait celui de l'autre et pourtant, ils avaient beau faire, ils sentaient qu'ils ne pourraient pas assouvir ce soir toute ce soif et cette faim de l'autre. Enfin pas ce soir. Non, il leur faudrait bien des nuits, bien des échanges pour parvenir à se rassasier, si toutefois ils y arrivaient un jour.
Mais là de suite, il fallait absolument qu'ils calment un peu l'ardeur et le feu qui les dévoraient littéralement. Kanon en était plus que conscient et d'un geste, bloqua Shaka sous lui.
- Non… grogna ce dernier mécontent d'être entravé dans ses mouvements.
Mais le grec ne l'écouta pas et se cala contre lui, de façon à ce que leurs sexes soient l'un contre l'autre. Puis doucement il commença à bouger. Shaka sembla traversé par un courant électrique et bientôt se trémoussait au rythme imposé par son amant. Ils étaient à bout et il ne fallut pas longtemps pour que les grognements indistincts qui sortaient de leurs gorges se transforment en râle plus violent alors que la jouissance tendait leur deux corps l'un contre l'autre. Kanon se laissa ensuite glisser sur le côté le temps de reprendre ses esprits et attira Shaka contre lui. Ce dernier se laissa aussi aller contre son torse le temps de récupérer. Même s'il comprenait ce que son amant avait fait et pourquoi il l'avait fait, il se sentait étrangement frustré. Et en même temps plus qu'heureux. Mais il voulait être encore plus heureux ce soir.
Aussi dès qu'il eut un peu reprit ses esprits, il se mit à caresser du bout des doigts le torse couvert de sueur à sa portée. Et même à poser ses lèvres sur les muscles saillants. Il découvrait qu'il aimait ce corps musclé et viril, ce corps qui ce soir n'était là que pour lui. Les caresses se firent doucement plus précises, les gestes plus appuyés, plus sûrs aussi. Kanon gémit et releva la tête pour emprisonner du regard celui de l'avocat.
- Tu en veux encore ? demanda-t-il, amusé.
- Parce que pas toi peut-être ?
- Qui sait…
Et Kanon bougea pour le rejoindre dans le jeu. S'ils avaient été exaltés et impatients sur le première partie de leur nuit, ils purent maintenant prendre le temps de se connaître un peu mieux. Ou plus exactement de connaître un peu mieux le corps de l'autre. Et ils s'en donnèrent à cœur joie. Le temps se suspendit le temps qu'ils prennent enfin le temps de se donner l'un à l'autre. Parce que l'un comme l'autre offrait autant qu'il prenait, parce que l'un comme l'autre n'avait en tête que le plaisir et le bien-être de l'autre. Ils s'aimèrent, jouèrent, se torturèrent parfois, se caressèrent aussi, repoussèrent leur limites encore et encore jusqu'à qu'ils ne puissent plus. Qu'ils n'en puissent plus. Qu'ils faillent enfin assouvir cette soif sans fin qu'ils avaient déclenchés.
Mais pour l'heure Shaka décida qu'il était temps d'en finir. Qu'il était enfin temps d'appartenir à l'homme qui avait capturé son cœur.
- Viens maintenant, dit-il quand Kanon l'eut préparé assez longtemps à son goût.
Il voulut se retourner mais le grec l'en empêcha.
- Je veux voir ton visage…
C'est donc les yeux dans les yeux que Shaka sentit son amant le pénétrer. Regard qu'il soutint jusqu'à ce que la douleur prenne le pas sur l'émotion. Oh pas longtemps, mais il dut néanmoins le montrer malgré lui car Kanon stoppa sa progression le temps qu'il s'habitue à sa présence. Quelques instants seulement avant que l'avocat rouvre les yeux et encourage son amant à poursuivre. Et tout bascula bientôt. Une déferlante sembla fondre sur eux, les balayant sur son passage, les entrainant vers un monde qu'ils n'avaient encore fait qu'effleuré jusqu'à maintenant. Le souffle court, ils ne purent que subir la folie de leur corps et en savourant chaque instant. Et quand le corps de Shaka se cabra une nouvelle fois cette nuit-là, il entraina celui de Kanon qui ne put retenir un cri rauque au moment de sa délivrance.
Même pour lui qui avait connu un nombre impressionnant de partenaires, ce fut magique. Il n'avait que rarement ressenti une telle extase. Peut-être finalement avait-il lui aussi droit au bonheur ?
Longtemps après alors qu'ils admiraient tendrement enlacés dans le canapé la nuit parisienne en buvant une boisson chaude, Shaka dit simplement :
- Je t'aime Kanon… plus même que je ne pouvais l'imaginer.
Le grec sourit et se contenta de le serrer un peu plus fort dans ses bras.
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Japon, un mois plus tard
Appartement de Shiryu et Hyoga
On était samedi, il faisait beau dehors et pourtant Gabriel trainait dans l'appartement comme une âme en peine. Hyoga était occupé à vérifier quelques résultats dans leur chambre où ils avaient installé un bureau et Shiryu le regardait soupirer à fendre l'âme en se laissant tomber misérablement dans le canapé.
- Qu'est-ce qui t'arrive Gabriel ? demanda le jeune homme presque certain de connaître déjà la réponse.
- Je m'ennuie…
- Tu peux aller jouer dehors, il fait beau. Si tu veux je descends avec toi.
- Ouais…
- Ouais ? Qu'est-ce qui se passe vraiment Gabriel ? l'interrogea Shiryu en venant s'asseoir prés de lui. Tu sais que tu peux tout nous dire.
- Quand Kilian était là, les autres enfants jouaient avec moi, mais depuis qu'il a déménagé…
- Les autres te trouvent trop petit, c'est ça ?
- Kilian me manque…
- Oui, je comprends moi aussi il me manque tous…
En effet, deux semaines auparavant, la fratrie était partie s'installer dans la maison. Et Shiryu avait presque dû mal à le croire lui-même mais lui aussi, ils lui manquaient. Entre Kilian qui venait régulièrement voir et jouer avec Gabriel, Shion qui passait presque chaque jour voir si tout et tous allaient bien, Mu qui aimait leur faire partager sa cuisine un jour sur trois et bien entendu Dohko qui ne manquait jamais de venir boire un café à chaque occasion. Oui, tous lui manquaient à lui aussi et il était certain que c'était également le cas de Hyoga même si ce dernier n'en disait rien.
- Et si papa finit son travail aujourd'hui, ça te dirait qu'on aille voir Kilian demain ?
- Vrai ? s'enthousiasma immédiatement l'enfant.
- Oui, si papa est d'accord bien sûr.
- Ouais ! Je vais lui demander…
- Non, laisse-le finir son travail. On lui demandera ce soir, ça te va ? Alors on descend jouer maintenant ?
- Ok !
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Dès que Hyoga les rejoignit pour le repas du soir, Gabriel se colla à lui comme attendant quelque chose. Intrigué son père jeta un œil interrogateur vers Shiryu.
- Je crois qu'il veut savoir si tu as fini ton travail pour ce week-end, le renseigna ce dernier.
- Oui, mais pourquoi ? Tu veux aller quelque part ? demanda-t-il à son fils.
- Chez Kilian ! On peut ?
- Je ne sais pas… et il est un peu tard pour leur demander maintenant.
- En fait, je l'ai déjà fait en espérant que tu aurais fini, intervint Shiryu. Ils attendent juste notre confirmation.
- Alors dépêche-toi de leur envoyer ! sourit le jeune scientifique plus que ravi.
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Maison de la fratrie
La journée s'était passé on ne peut mieux. Ils s'étaient tous retrouvés avec grand plaisir, avaient visité la nouvelle aile presque entièrement finie où vivait déjà Mu et Angelo et celle qui était encore en travaux. Et ils profitaient tous maintenant du jardin en buvant thé et café avant de repartir à l'appartement.
Kilian et Gabriel faisaient une partie de football avec Angelo et Mu sous les encouragements des autres. Shiryu en profita pour entrainer Hyoga dans une petite promenade à l'abri des regards et oreilles indiscrètes.
- C'est vrai qu'il est immense ce jardin ! s'exclama Hyoga au bout d'un moment à marcher main dans la main.
- Oui, et t'as encore rien vu !
Ils se promenèrent encore un peu avant que Shiryu lui demande.
- Tu aimerais vivre ici n'est-ce pas ?
- Je suis bien avec toi où qu'on soit…
- Mais ?
- Mais c'est vrai qu'ils me manquent tous et à Gabriel aussi. Moi qui ai toujours vécu si seul, avoir comme ça une famille, c'était presque magique.
- Moi aussi, ça me manque, avoua Shiryu. Je me demande si cette aile une fois finie serait assez grande pour nous…
- T'es sérieux ? Tu le veux vraiment ? Ça ne t'emballait pas au début.
- C'est vrai mais j'ai changé d'avis. Vu comment c'est aménagé, on peut vivre chez nous tout en étant près de tout le monde. Finalement un peu comme à l'appart quoi !
- On va leur en parler ?
- Oui ! Je suis certain qu'ils attendent ça avec impatience !
Et Shiryu ne regretta pas sa décision en voyant le sourire de Gabriel à l'annonce, mais également celui de son aîné.
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Appartement de Milo et Camus
Finalement et au bout de nombreuses discussions ils avaient décidé qu'il était inutile de garder l'appartement de Camus, plus petit que celui de Milo vu qu'ils vivaient ensemble en permanence depuis des mois et les deux tiers du temps ici. Mais le français avait été intraitable sur sa participation aux frais généraux même s'il savait pertinemment que le grec n'en avait nul besoin. Néanmoins la remise en état du domaine qui ne rapportait maintenant tout juste de quoi s'entretenir ne permettait pas à Camus de faire le difficile non plus, payer un loyer dans ces conditions était inutile et idiot.
L'appartement de Milo comprenait trois chambres en plus du studio qu'Angelo occupait quand cela était nécessaire, ils décidèrent d'en transformer une en bureau-bibliothèque, projet qui Camus avait à cœur pour retrouver un espace qui lui appartiendrait hormis la cuisine qu'il s'était déjà appropriée.
Ce soir-là tous deux regardaient un mail que leur avait fait parvenir Shura avec un nouveau projet initié par Mikael et un certain Shun, semblait-il.
- Qui c'est ce Shun ? demanda Milo.
- Le petit frère d'Ikki, Shura le dit plus haut.
- Ah oui… Ce n'est pas si mal leur projet de chambre d'hôte, commenta Milo en regardant l'étude sous leurs yeux, ça permettrait de remettre le manoir en état petit à petit. Si tu veux mon avis, c'est même une très bonne idée…
- Mais que je ne peux malheureusement pas envisager maintenant, le coupa Camus. Mais ils ont fait un sacré travail, je dois le reconnaître. L'idée pourra être envisagée dans deux ou trois ans quand l'exploitation sera autonome, ce qui sans ton prêt est encore loin d'être le cas.
- Tu parles comme un comptable, bougonna Milo. Tu sais que l'argent…
- Non, je ne peux pas encore te faire financer cette partie. Je vais y réfléchir à tête reposée et essayer de trouver un moyen de la financer le plus rapidement possible. Ok ?
- Ok, mais tu peux compter sur moi au cas où.
- Ça je le sais bien, fit Camus en lui volant un baiser. Je vais faire à manger.
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Mais quelques jours plus tard et malgré de nombreux calculs et de nombreuses recherches sur les subventions éventuelles, Camus n'avait toujours pas trouvé le moyen de financer totalement un tel projet. Il était hors de question pour lui que Milo lui donne encore de l'argent même si à terme ce dernier récupérerait son investissement. Cette fois, il voulait se débrouiller seul, trouver la solution par lui-même. Parce que l'idée en elle-même était géniale, elle pouvait leur amener des clients et même renforcer la place du domaine sur le marché.
Il en était là de ses réflexions quand son téléphone sonna :
- Allo ?
- Camus ? C'est Mikael. Ça va bien ?
- Oui, merci et toi ? Un souci ?
- Non, aucun, je vais bien merci et je me plais de plus en plus chez toi. C'est ç ce sujet que je t'appelle, tu as eu mon projet ? Enfin notre projet à Shun et à moi ?
- Oui ! Je suis dessus depuis plusieurs jours.
- Et qu'est-ce que tu en penses ?
- C'est un super projet qui aiderait le domaine sans aucun doute et permettrait de restaurer le manoir peu à peu, c'est très bien monté et j'aimerais vous donner l'accord…
- Mais ?
- Mais même en demandant des subventions, je n'en ai pas encore les moyens. Shura ne les a pas non plus, il a déjà beaucoup investi dans le domaine et Milo aussi. Les comptes s'équilibrent doucement mais sont encore en négatif.
- Je sais tout cela mais moi j'ai les moyens de le faire.
- Toi ? Mais pourquoi tu ferais ça ?
- Je me plais ici, je te l'ai dit. Les vendanges cette année, c'était crevant certes mais c'était aussi magique. Je me suis attaché à ton manoir, à ce domaine et à tout ce qui fait vivre encore aujourd'hui cette propriété. Les gens ici sont vrais, bien loin de tout ce que j'ai connu et c'est ça que je recherchais en quittant mon milieu. Tu sais qui j'étais, j'ai largement les moyens de participé moi aussi à la réhabilitation de ton domaine et ça me tient à cœur de le faire. Aussi je voulais te proposé un partenariat ou une association, je ne sais pas trop, j'ai toujours travaillé seul mais je suis certain que Shaka nous trouvera un truc dans les textes qui ne te lésera pas et moi non plus. Et j'aimerais embaucher Shun pour m'aider dans cette tâche. Il s'est beaucoup investi et je sens qu'il aimerait bien resté ici, auprès de son frère. De plus, si les ventes continuent à se développer, il pourrait m'aider à gérer tout cela et sera pour nous un atout non négligeable. Qu'en penses-tu ?
- Je ne sais pas, c'est si soudain et si inespéré.
- Je te laisse y réfléchir si tu veux…
- Non, c'est tout réfléchi si quelqu'un comme toi veut s'associer avec moi alors c'est oui ! De toute façon, je ne voyais pas de moyen autre qu'une aide extérieure pour m'aider à réaliser ce projet alors j'aime autant que ce soit quelqu'un qui aime aussi ce domaine ! Je vais contacter Shaka rapidement. Mikael ?
- Oui ?
- Merci !
En raccrochant Camus se félicita d'avoir pu embaucher Mikael sur le domaine, il était bien plus qu'un simple atout pour lui, avec son savoir-faire et son expérience, il pouvait redonner vie à ces lieux.
A suivre….
