Salut !

Voici le dernier chapitre, donc l'espèce d'épilogue. Non, personne ne mourra dans ce chapitre (je ne suis pas cruel, zuteuh !)

Bonne lecture ! ^^


Chapitre 13 : Captain (novembre 2013)

Nous sommes tous rentrés à la base africaine du B.S.A.A.. Nous avions quelqu'un à récupérer. Je voyais bien, à leur façon de me regarder, à tous, qu'ils avaient envie de dire quelque chose. Et je savais qu'ils ne me disaient rien, parce qu'ils avaient peur de me froisser, ou quelque chose du genre. En même temps j'appréciais, en même temps je voulais que Chris continue de me rassurer, qu'il essaye de me consoler. Il l'avait déjà fait, quelque part, mais j'en voulais plus. Infiniment plus. Et je me mis à rougir bêtement en analysant le double sens énorme de ma phrase. Heureusement, personne ne le vit. Maintenant que Chris allait bien, mon esprit torturé repartait dans des fantasmes qui me feraient tous passer pour un gros porc.

Au QG, nous fûmes cueillis par Jill et Josh, qui semblaient nous attendre. La première fonça sur Chris pour le prendre dans ses bras – son bras gauche était presque guéri – alors que Josh s'est contenté de lui poker l'épaule avec un franc sourire. Rien que comme ça, je compris à quel point il était content de le revoir, comme Josh était très expressif. Sheva nous invita tous à une sorte de grand banquet local, et nous y restâmes tous, sauf Helena et Ada qui voulaient rentrer faire leur rapport à Leon. Quand Sherry leur a demandé si elles ne pouvaient pas juste lui téléphoner, j'eus quelques soupçons, mais au fond, elles faisaient ce qu'elles voulaient.

Sur le chemin du retour, dans l'avion, j'étais entre Claire et Chris. Alors que la première était redevenue bavarde et intéressée, me demandant toutes les cinq minutes si j'allais bien, le second, lui, semblait plongé dans ses pensées. Mais là encore, l'expression. L'expression, quoi. Allez, allez, je sais que vous avez envie de cracher le morceau.

-Piers ?

Gagné.

-Chris ? A quoi pensez-vous avez tant d'ardeur ? demandai-je

-Au fait que, depuis le temps, on devrait se tutoyer, non ? me dit-il avec un doux sourire

-Oui, bégayai-je, sous le charme. Bien sûr.

-En même temps, vu le temps que tu as mis pour m'appeler par mon prénom, j'ai le temps d'attendre, ricana-t-il

-Ce n'est pas pareil, essayai-je de me justifier

Je voulais être convaincant, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'être irrationnel et complètement démuni quand Chris me couvait des yeux comme ça. Il ne me crut pas, vu la manière dont il a ricané après.

-Eh bien vas-y. Epate-moi, me provoqua-t-il

Du coin de l'œil, je vis Claire qui nous regardait distraitement. Elle avait le même regard que Sherry. Le regard qui signifiait 'j'enregistre tout'. Bon sang.

-Chris ? commençai-je

-Oui Piers ?

-Je t'aime, dis-je au hasard

-Je t'aime aussi.

Chris posa sa main sur ma joue guérie, et m'embrassa rapidement. Je crus sentir un coup dans mon siège d'avion. J'avais oublié que Jill, Sherry et Jake étaient juste derrière nous. Evidemment, c'était le seul membre masculin de l'assistance arrière qui avait manifesté son commentaire silencieux. Mais comme il ne pouvait pas la fermer, il ajouta un commentaire sonore.

-Dis-moi Sherry, je ne savais pas qu'on mangeait de la salade de langue ce midi, ricana-t-il

-Sale gosse va ! dirent Claire et Sherry en même temps

Jill, qui était derrière Chris, a légèrement souri avant de se retourner vers le hublot. Elle prenait vraiment bien le fait que je soie avec Chris. Cela m'étonnait encore. Je m'étais fait tellement de films sur leur relation avant de savoir que Chris m'aimait aussi. C'est mon côté parano qui fait encore des siennes. Comme quoi…

Le reste du vol se passa sans autre incident notable. Le groupe s'est séparé en trois à l'aéroport : Jill est rentrée chez elle, Sherry et Jake sont partis de leur côté et Chris, Claire et moi sommes rentrés ensemble, évidemment. Lorsque nous fûmes de nouveau à la maison, je regardai l'heure pour la première fois. Il était deux heures de l'après-midi, et on était le trois décembre. Ça voulait donc dire que nous étions restés plus de deux jours en Afrique. Ce n'était pas important mais bon…

Dès le lendemain, ma routine reprit avec une vitesse et une facilité déconcertante. Je m'attendais un peu à ce que Chris reparte tout de suite en mission, même si je ne le souhaitais vraiment pas. Nous avions du temps à rattraper, après tout. Mais il était professionnel, je le savais. Alors je me fis une raison. Chris fut donc parti en fin de matinée, et je remarquai que Claire n'était pas là. C'était louche, ça, par contre. Je ne relevai pas plus que ça, cependant, et en profitai pour aller prendre une douche.

Ma dernière douche datait de… D'un certain temps, il faut le dire. Ça devait être il y a quelques semaines, quand j'étais à l'hôpital et quand j'avais encore un bras et demi. Je touchai mon bras et mes côtes anciennement mutés du bout des doigts, ayant un peu de mal à croire que j'étais réellement guéri. En fait si. Le côté droit de mon visage avait aussi retrouvé sa couleur, mais je voyais dans le miroir que ce n'était pas le cas de mon œil, qui avait gardé sa teinte blanchâtre. Bah, on ne peut pas être parfait de toute façon…

Après un dernier regard sur ma personne dans le miroir, j'entrai dans la cabine de douche, et lançai l'eau chaude. J'étais encore un peu sceptique par rapport à la couleur de mon œil, je me demandais comment ça allait passer dans mes relations, à l'avenir. Certes, mes collègues du B.S.A.A. étaient déjà habitués à ma mutation semi-complète, mais les autres personnes ? Comment allaient-elles réagir ? Je suppose que j'aurais le temps d'y penser quand ça arrivera.

Au moment où j'attrapais le gel douche, j'entendis un bruit dans la pièce voisine. Au début, je pensais que c'était peut-être Claire, mais la pièce d'à côté, c'était la chambre de Chris, et elle me répétait qu'elle y allait très rarement. Je lui faisais assez confiance pour trouver les bruits louches, alors j'étais sur mes gardes. Puis, la porte de la salle de bains s'ouvrit. Je restai dans la douche, prêt à me défendre, sans arrêter l'eau, et finalement la grande ombre s'arrêta juste derrière le rideau.

-Piers ? dit une voix que je ne reconnus pas tout de suite

-Jake ? répondis-je d'un ton suspicieux. Qu'est-ce que tu fous là ?

-Elle n'est pas là Claire ?

-Non.

-Toi aussi tu trouves ça bizarre ? me demanda-t-il d'un ton qui m'échappait

-Assez ouais. Je pensais qu'elle était peut-être allée voir Sherry.

-Ça, ça m'étonnerait. Elle est venue avec moi, Claire l'a appelée pour qu'on vienne ici.

-C'est louche, déclarai-je en coupant l'eau

-Oh, tu as déjà fini ? J'aurais bien pris une douche avec toi, ricana Jake d'un ton salace

-Va chier, grimaçai-je

-Ça tombe bien, je me souviens où sont les toilettes !

Alors que je m'apprêtais à lui répondre une grossièreté aléatoire, il éclata un rire démoniaque et sortit de la salle de bains en claquant la porte. Je poussai un soupir dépité, comme quasiment à chaque fois que je parlais à Jake, après réflexion, et je sortis de la douche pour m'habiller. J'enfilai un caleçon, un t-shirt sans manches et un pantalon, et allai rejoindre Jake et Sherry, qui se regardaient dans le blanc de l'œil, assis sur le canapé. Cette fois-ci, j'eus le réflexe de rattraper Sherry lorsqu'elle me sauta dessus pour me dire bonjour, et je l'attirai vers moi pour la serrer dans mes bras. J'avais peur que savoir qu'elle était ma sœur allait changer mes sentiments pour elle, mais en fait pas du tout. Etant donné que c'était plus ou moins comme ça que je l'avais toujours considérée.

-Comment tu vas mon grand ? me demanda-t-elle

-Pas trop mal, merci. Qu'est-ce que vous êtes venus faire ici ?

-J'ai reçu un appel de Claire, qui me demandait de venir. C'est bizarre qu'elle ne soit pas là.

-Et ton Redfield n'est pas là non plus ? demanda Jake

-Non. Il part en fin de matinée et revient dans la soirée. Pourquoi ? Il te manque ? ricanai-je

-Oh, tu lis en moins comme dans un livre, dit Jake en faisant une mimique de tragédie grecque

Sherry rit un bon coup, et je l'imitai, puis nous nous regardâmes de nouveau dans le blanc des yeux. Aucun de nous ne savait ce que signifiait cette histoire. A vrai dire, au départ, je pensais que Sherry et Jake étaient dans le coup, mais ils avaient l'air vraiment surpris. Je restai méfiant, néanmoins. Ça sentait trop le coup monté pour que ce soit une coïncidence.

-Sinon qu'est-ce que vous voudriez faire ? lançai-je

-Je ne sais pas, dit Sherry en haussant les épaules. Si on sortait par exemple ? J'ai envie d'une glace.

-Ah ouais, tiens, ajouta Jake. Ça fait longtemps que je n'en ai pas mangé.

-Et moi donc, dis-je. C'est une bonne idée, frangine.

-N'est-ce pas ? dit Sherry avec un grand sourire. Allez les garçons, on y va.

-J'enfile une veste et je vous rejoins, dis-je en me souvenant qu'on était en automne

Jake et Sherry sortirent, et j'allai prendre un gilet au hasard dans l'armoire de Chris. Oui, bon, j'avais déjà emménagé avec ma garde-robe, mais je n'y pouvais rien, toutes les vestes de Chris étaient super-confortables. Enfin, je savais la vraie raison, mais j'aimais me rassurer pour ne pas passer par une groupie hystérique. J'en étais une, oui, je le savais. Bon.

Nous fûmes donc tous les trois dehors, et Jake et moi suivîmes Sherry jusqu'à sa boutique de glaces préférée. Je me replongeai dans mon passé plus ou moins récent. On en avait bouffé des glaces là-dedans avec Sherry quand nous étions à l'école. Je m'étonnais presque que la boutique n'ait pas fermé pendant que nous étions absents tous les deux, tant notre chiffre d'affaires devait être élevé. D'ailleurs, la serveuse à l'entrée nous a même reconnus, et nous a offert une ristourne. Ça a bien fait rire Jake, qui nous a traités de putain de manipulateurs, mais il n'a pas ri au moment où Sherry l'a menacé pour qu'il paye sa part. Prends ça, insolent.

Jake prit une glace à la pistache, moi au chocolat blanc et Sherry à la fraise. Je m'étonnai à trouver Jake mignon quand il mangeait sa glace du bout de la cuillère, avec un air plus que satisfait. Sherry, elle par contre, ne se gêna pas pour faire la remarque. Je me surpris à voir Jake rougir légèrement, avant de se pencher au-dessus de la table pour faire un petit bisou amoureux à Sherry. Puis, il se tourna vers moi, regarda ma glace et ricana.

-Accouche, Jake. Quel genre de venin vas-tu me lancer cette fois ? anticipai-je

-Tu sais ce qu'on dit sur les gens qui aiment le chocolat blanc ?

-Non, répondis-je après une courte réflexion en regardant ma glace, moi aussi. Eclaire-moi.

-Qu'ils aiment autre chose de blanc, lança-t-il d'un ton suggestif

-Oh, dit Sherry juste avant moi

Jake ricana encore, très content de son effet.

-Enfin, dans ton cas, ça semble justifié, pour le coup, ajouta-t-il

-Je n'aime pas le chocolat blanc, Jake, dit Sherry en retenant son rire

Jake regarda Sherry d'un air plus que surpris, limite choqué. Bon, apparemment, je n'étais plus le seul à pouvoir accomplir cet exploit. Voyant que je me marrais dans ma barbe, Jake attrapa sa cuillère et prit une quantité conséquente de glace dans ma coupe, en mettant la cuillère dans sa bouche de manière suggestive. Je bouillis d'un seul coup, mon esprit mal placé me mettant des images indélébiles dans la tête, et Sherry semblait hésiter entre le choc et le fou rire devant cette scène. Cependant, elle reprit une expression sérieuse quelques minutes plus tard, alors que Jake et moi nous sommes remis à manger notre glace.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Jake

-Combien de fois vous vous êtes embrassés tous les deux ?

Jake et moi on s'est regardés, je voyais dans son expression qu'il était au moins aussi surpris que moi. Il m'avait déjà dit que Sherry était au courant, mais c'était la première fois que cette dernière manifestait l'envie de parler de notre espèce de triangle amoureux qui n'en était pas vraiment un.

-C'est vraiment important ? demanda Jake

-Non. Mais je suis curieuse.

Alors que je m'embourbais dans ma chaise, Jake mit les pieds dans le plat.

-Seulement deux, déclara-t-il. On n'a pas été plus loin parce que j'avais oublié les capotes.

Si je n'aimais pas autant la glace au chocolat blanc, j'aurais balancé ma coupe dans la figure de Jake. Mais comme il l'aurait sans doute évitée, j'aurais utilisé Sherry comme couverture et j'aurai attrapé une chaise derrière moi pour frapper Jake avec.

-Sérieusement, Jake, soupira Sherry

-La première partie de ma phrase était vraie. Je n'avais aucune envie de te trahir encore plus.

-Pourquoi tu veux tant le savoir ? réussis-je à bégayer

-Comme ça, dit Sherry d'un ton léger qui lui ressemblait plus

Jake et moi réussîmes à éluder la question, non sans nous envoyer un regard entendu, et nous reprîmes notre dégustation. Je ne pus m'empêcher de repenser à ce que je m'étais dit la première fois que Jake m'avait embrassé. J'avais beau beaucoup l'aimer, j'aimais quand même Chris encore plus. Et c'était pareil pour Jake, avec Sherry. C'est pour ça que la question de cette dernière m'avait un peu désarçonné. Jake, lui, avait répondu direct. D'un autre côté, non seulement il avait moins de tact que moi, mais en plus, il connaissait bien Sherry. Ça me faisait de la peine pour elle, mais si elle voulait le vivre comme ça, je n'allais pas l'en empêcher.

En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, l'après-midi passa. Je rentrai seul à la maison, Sherry ayant déclaré qu'elle avait un rendez-vous le soir et Jake ne voulant pas la laisser partir toute seule, et je constatai que Claire n'était toujours pas là. J'ai donc eu la maison pour moi pour quelques heures.

La chambre que je partageais avec Chris était un bazar. Enfin, de son côté. Je ne lui en voulais pas, le système de partage que nous avions instauré était très clair, mais comme je n'avais rien d'autre à faire, je rangeai sa moitié. C'était surtout des vêtements qui traînaient, car il se déshabillait n'importe comment au moment de se coucher et ne mettait que rarement deux fois les mêmes habits. Je me retroussai donc les manches – je n'en avais pas, c'est une façon de parler – et me changeai en fée du logis. Dans la foulée, j'ai même rangé le salon et la cuisine, qui étaient encore en foutoir à cause de mon repas improvisé, et, dans la soirée, le téléphone sonna.

-Allô ? dis-je

-Salut Piers, c'est Claire. Désolée d'être partie comme une voleuse, mais Leon avait besoin de moi pour du business. Je serai absente une semaine, ou peut-être deux. Tu pourras te débrouiller ?

-Oui, évidemment, dis-je carrément intrigué. J'ai mes deux bras, maintenant, ne t'en fais pas.

-Ecoute, je m'en veux de te laisser comme ça, mais Leon a vraiment besoin de moi, dit-elle d'un ton désolé. Tu veux bien me pardonner ?

-Oui, bien sûr, dis-je avec un soupçon de sourire. Je ne t'en veux pas. Fais ce que tu as à faire. Et passe le bonjour, d'accord ?

-Oui. Leon et Helena te passent le bonjour aussi. Je te fais plein de bisous, salut !

-Salut.

Et elle raccrocha. Cela signifiait que je serai seul la moitié de la journée, tous les jours, pendant une période indéterminée. Cela ne me plaisait qu'à moitié, avouons-le. J'étais vachement habitué à passer mes journées avec Claire, j'aurais sans doute du mal à perdre cette habitude. C'était toujours le cas.

En début de soirée, je me suis arrangé pour faire à manger. Mes dons pour la cuisine étaient assez limités, et, pour une raison que j'ignorais, j'avais un gros coup de barre. Alors j'ai commandé des pizzas. Oui, je sais, c'est hyper romantique. En même temps, je ne l'avais jamais été. Du moins je n'en avais jamais eu l'occasion. C'était sans doute une occasion de m'y mettre.

-Salut Piers, chantonna une voix

Et merde, je m'étais endormi comme une loque dans le canapé. Bon, le point positif, c'est que j'allais toujours beaucoup mieux quand la première chose que je voyais quand j'ouvrais les yeux était le visage de Chris.

-Salut, dis-je encore à moitié dans le brouillard. Ça fait longtemps que tu es là ?

-Non. Mais maintenant, je sais quelque chose sur toi que je n'aurais jamais cru.

Je buguai un coup. Qu'est-ce que j'avais fait qu'il aurait pu remarquer cette fois-ci précisément ?

-C'est-à-dire ? tentai-je d'une voix pas du tout confiante

-Tu parles en dormant. Et tu as dit mon nom, ajouta-t-il d'un ton attendri. Je croyais que tu étais réveillé, au début.

-Oh, non, dis-je en mettant ma tête dans ma main

-Ça aurait pu être pire. Tu aurais pu le faire il y a deux ans, quand je ne savais pas ce que tu ressentais pour moi, alors qu'on dormait ensemble sous une tente, ricana-t-il

J'accusai le coup, en opinant. J'avais déjà énormément de mal à me concentrer, à l'époque, quand il était debout à côté de moi, alors les rares fois qu'on a dormi côte à côte dans un espace exigu, j'avais eu du mal à réprimer mes fantasmes. Délicieux souvenir que Chris venait de me remettre en tête, là. Sympa, merci capitaine.

-Ce soir, on mange des pizzas, éludai-je. Je n'ai pas eu le temps de faire la cuisine.

-D'accord. Et où est ma sœur ?

Cela me fit penser que j'avais oublié de lui demander des précisions quant au coup de fil trompeur qu'elle avait passé à Sherry. Mais ce n'était sans doute qu'un détail.

-Elle est partie rejoindre Leon. Elle a dit qu'elle sera absente une semaine ou deux.

-Ah, je vois, dit Chris d'un ton qui m'échappait. A table alors.

Il me fit un petit bisou – paradis ! – et alla s'asseoir à table devant sa pizza couverte de viande et de sauce tomate. J'eus plus de mal que prévu pour me relever, et allai le rejoindre.

Le lendemain, le schéma était assez similaire, sauf que Jake ne me surprit pas sous la douche. Nous passâmes nos journées comme nous pûmes, Jake inventant des jeux tous les plus douteux les uns que les autres. Une fois de temps en temps, Sherry nous demandait, à Jake et à moi, de nous embrasser, comme ça pour voir, et j'étais incapable de déterminer si elle était sérieuse ou non. Moi, ça me ferait carrément chier si Sherry embrassait Chris devant moi. Enfin, elle était peut-être plus curieuse et moins jalouse que moi. Il y avait quelques jours où Sherry n'était pas là, et où Jake venait seul, mais aucun des deux n'a voulu me dire ce qu'elle faisait quand elle ne venait pas.

Une nouvelle routine s'est ainsi installée, et, deux semaines plus tard, Claire reparut, peu après le départ de Chris en fin de matinée, avec d'énormes sandwichs. Elle les posa rapidement sur la table de la cuisine et fonça vers moi pour me faire un gros câlin.

-Salut toi ! me dit-elle. Comment tu vas ? Tu ne t'es pas trop ennuyé pendant que j'étais absente ?

-Non, ça va. Sherry et Jake sont venus me voir quasiment tous les jours. Et j'étais seul avec Chris le matin et le soir.

-Oh, grand coquin ! s'esclaffa-t-elle en me donnant un petit coup de coude dans les côtes

Claire retourna à la cuisine, et je m'affalai sur le canapé. Sur le coup, je me rendis compte de deux choses. La première, c'est que j'étais quasiment sûr qu'elle avait amené quatre sandwichs. Elle devait avoir invité un duo, soit Jake et Sherry, soit Leon et Helena. Et la deuxième c'est que, malgré la quantité de perversités qui s'étaient accumulées dans ma tête par rapport à ma relation avec Chris, c'était un truc dont je n'avais jamais parlé avec lui. On était ensemble, et c'était super, mais… Je ne savais pas comment aborder avec lui le sujet du niveau supérieur. Je n'avais jamais eu de relations comme ça auparavant, alors il suffira de laisser le temps faire, je suppose.

Je sentis un poids à côté de moi dans le canapé, et je me tournai vers la personne qui venait de s'assoir. Claire m'avait vraiment manqué, avec son petit sourire omniprésent. Certes Sherry avait le même, mais ce n'était pas pareil.

-Tu ne devineras jamais qui j'ai réussi à inviter à manger aujourd'hui ! déclara-t-elle

Donc je n'avais pas rêvé, il y avait bien plus que deux sandwichs.

-Jake Birkin et Sherry Muller ? devinai-je, d'un ton plus que sarcastique

-Mais non, toi aussi ! rit-elle. Non, quelqu'un de plus officiel, disons.

Alors que j'ouvrais la bouche pour répondre, quelqu'un sonna à la porte.

-Ah, trop tard ! Tu verras bien ! Ne bouge pas, je vais ouvrir.

Claire se leva du canapé. J'étais sûr qu'elle l'avait fait exprès. Elle devait avoir croisé ses invités pas loin de la maison, et du coup elle avait racheté des sandwichs, et m'avait fait deviner juste au moment où elle était sûre que les invités arriveraient.

Au bout d'une petite minute, Claire revint dans le salon avec Jill, Sheva et Chris.

-Salut ! dit Sheva d'un ton souriant

-Bonjour Piers, me dit Jill d'un ton courtois. Comment allez-vous ?

-Bien et vous, capitaine ?

-Bien, merci. Venez vous asseoir, on va discuter.

-D'accord.

Cette réunion n'était sûrement pas improvisée. Je tentai d'obtenir des renseignements auprès de Chris, mais il haussa les épaules en me disant qu'il n'était pas au courant, et que c'était Jill qui l'avait invité à rentrer chez lui.

Nous nous retrouvâmes tous les cinq autour de la table, en mangeant une quantité déraisonnable de frites, quand je sentis le regard insistant de Jill sur moi.

-De quoi voulez-vous me parler ? tentai-je

Claire se leva de table, avec le cadavre de son sandwich, et disparut dans la cuisine.

-J'espère que tu es bien assis, Piers, me lança Sheva en me tapotant l'épaule. Même moi je ne m'y attendais pas.

-Ça n'aide pas beaucoup ce que tu dis, Sheva, dit Jill en fronçant les sourcils

-Quoi ? Je le préviens, dit Sheva en haussant les épaules

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Chris

Jill regarda Chris pendant une seconde, et lui fit un clin d'œil, avant de se retourner vers moi, un sourire mystérieux sur le visage.

-Lieutenant Piers Nivans, en ce jour, les trois têtes du B.S.A.A. vous nomment capitaine. Félicitations.


Et voiciii... la fin de Code Nivans II ! J'espère que ça vous a plu.

Le petit secret, entre vous et moi c'est qu'il y aura une suite ! Qui sortira avant la fin de la semaine ! Encore un peu de patience, petits veinards ! :D