Chapitre 20 : Un revenant, ou presque.


Harry reprend conscience entouré d'une lueur bleuté, un endroit vaguement familier. Mais Draco n'est pas là. Il se lève, oubliant la pesanteur absurde de son propre corps. Et il crie, parcourant de long en large cet étrange endroit.

- Draco ? Réponds ! Où es-tu ?

Il supplie, il implore, il promet.

Mais rien, il sent les larmes sur ses joues. Prenant sa tête entre ses mains, il pense, l'espace d'un instant, abandonner la lutte. Se laisser mourir ici. Mais…..

- Tu….tu marche ! Harry, tu es debout, constate Draco en souriant.

- Et tu es habillé, alors que tu étais nu sur moi, il y a à peine dix minutes, ajoute le Survivant.

- Détail que cela ! élude Draco, en battant l'air de la main. Tu es guéri….mais comment es…

- C'est cet endroit, cher enfant, explique la voix claire de Dumbledore. Il est magique. Vous croyez en la magie, n'est-ce pas?

- Professeur ? Mais comment ? Vous êtes mort. Nous étions à votre enterrement, tous les deux ! dit Harry.

- Je sais. Je crois pourtant vous avoir appris que la magie est toute puissante, à tous les deux, précise-t-il.

- Mais où sommes-nous? Je crois, je connais cet endroit mais je n'arrive plus à me souvenir.

- Nous sommes dans mon bureau à Poudlard. Enfin, comme je voulais le garder pour toujours en mémoire.

- Un sortilège, explique Draco, pour Harry qui ne semble pas avoir compris. Il est très puissant, je peux le sentir. C'est impossible, vous êtes mort. Quand bien même votre esprit aurait survécu à votre corps, vous ne pouvez plus utiliser la magie.

- Comme toujours, mon garçon, tu te montre le plus brillant de tous, le félicite Dumbledore. J'ai crée cet univers magique il y a bien longtemps. Sentant ma fin proche, alors que la guerre n'était pas gagnée. J'y ai scellé mon esprit, pour pouvoir vous aider.

- Nous aider ? interroge Harry, semblant revenir à la vie.

- Je vous dois quelques explications, jeunes gens. Prenez place, je vous prie.

De la main, il désigne deux chaises apparaissant derrière eux. De même une table et trois tasses de thé se matérialisent entre les deux jeunes hommes et le vieux sorcier.

- Pour commencer, il faut que vous sachiez que j'espérais vous préserver de cette léthargie, malheureusement étant mort, je n'ai pu intervenir. Il y a bien longtemps, j'ai compris que pour vaincre Voldemort, il me fallait me montrer aussi vicieux que lui.

Harry et Draco échangent un regard condescendant. Dumbledore, vicieux, qui l'eut cru!

- J'ai su à la minute où le Professeur Quirell est mort, que tu ne pourrais pas tuer Voldemort seul, explique Dumbledore. J'ai toujours su, que l'antique magie alliée à l'amour que ta mère te portait, avait blessé Voldemort quand tu étais enfant. Par ce geste désintéressé, ta mère a gravé en toi le pouvoir de le vaincre, mais pas seul. Pour m'en assurer, j'ai eu recours à un sort de magie noire très puissant.

- De la magie noire! Mais tout le monde y a recours chez vous, c'est pas possible ! lâche dédaigneux Draco.

- Ce que j'ai fait est encore plus dangereux que l'Allecanty.

- Parce qu'en plus vous saviez ! s'énerve Draco. Vous auriez dû l'en empêcher ! C'était trop dangereux, il aurait pu …..

- Eh oh! Je suis là! Ne parle pas de moi comme si j'étais invisible ! s'exclame Harry.

- Excuse-moi. Mais quand même.

- Peu importe. Le sort que j'ai utilisé me permettait de voyager dans le futur.

- Quoi ? Mais comment, s'exclament les deux garçons au même moment.

- Doucement, Messieurs, je nous ai réunis ici pour vous expliquer tout ceci.

Harry et Draco se calent dans le fond de leurs chaises, leurs mains intimement entrelacées. Avec un sourire attendri, Dumbledore reprend.

- Je pouvais aller dans le futur mais que sous forme d'esprit. Et voir ce qui se passait. Mais ce sort avait une contrepartie. Chaque voyage me retirait une tranche de vie potentielle.

- Comment ça ? interroge Draco.

- Hé bien, il amputait ma vie d'un nombre d'années proportionnellement au temps que je passais dans le futur. Si je restais un an pour voir comment les choses tournaient, je perdais un an de vie potentielle, explique-t-il. En revenant au temps présent, je modifiais certains faits, en espérant influer sur les événements à venir.

- De quelle manière ?

- Par exemple, de retour d'un voyage où Voldemort avait gagné, il gagnait toujours sauf pour le dernier que j'ai fait, j'ai décidé de laisser Miss Weasley se faire kidnapper par le Basilic.

- Quoi ? Vous avez laissé Ginny en danger volontairement, hurle Harry.

- Je sais, c'est mal. Mais je savais qu'il te fallait quelqu'un pour créer le bouclier contre Voldemort. Et à ce moment je pensais vraiment qu'elle était cette personne. Il vous fallait une situation où le danger vous menaçait pour vous rapprocher. Alors oui, je l'ai laissée en danger volontairement.

- Vous n'auriez pas dû. Qu'elle soit en danger ou non, je me serais rapproché d'elle.

- Peut être, mais ça n'a plus d'importance. Lors de mon voyage suivant, j'ai constaté qu'elle n'était pas la bonne personne.

- Comment ? demande le Survivant.

- Dans ce futur, Miss Weasley et toi mouriez en tentant de tuer Voldemort, dit Dumbledore.

- Merveilleux, crache Draco. Et je peux savoir combien de « voyages » vous avez effectués ?

- Trop pour les compter. Ce qui importe est que lors d'un aller-retour peu brillant, j'ai découvert l'intérêt, dirons-nous, que Mr Malfoy te portait.

- De quelle manière ? demande intéressé le dit Mr Malfoy.

- Harry venait de tomber sous le sort impardonnable de Voldemort quand tu t'es jeté sur son corps en lançant des Avadra Kedavra sur Tom. Inutile de préciser que vous êtes morts tous les deux dans ce futur, précise Dumbledore.

- Pourtant vous venez de le faire !

- Pas grave. Donc en revenant ce jour-là, j'ai compris que la personne capable de se sacrifier pour toi en créant le bouclier était Draco.

- Et qu'avez-vous fait ? interroge Harry.

- Il m'a convoqué pour me dire quoi faire lors de la bataille finale, explique Draco.

- Exactement. Je n'avais pas le choix. Ces allers et retours n'allaient pas tarder à me tuer. Il fallait que je trouve la solution. Quelques jours plus tard, je suis retourné dans le futur, et vous réussissiez à le vaincre, ensemble.

- Que s'est-il passé ensuite ? l'interroge Draco.

- Vous le savez déjà, je suis mort. Mais mon esprit était déjà ancré dans cette réalité alternative. Je me suis réveillé ici, avec tout mes souvenirs et une vision en différée de ce qui se passait pour vous.

- C'est pour ça que nous ne vous voyons qu'en cet instant ? demande Harry.

- Pas vraiment. Avec le traumatisme que vos corps ont subi, il vous fallait du temps pour vous remettre. J'ai pensé qu'un coma magique vous ferait le plus grand bien.

- C'est une blague, exulte Draco. Il est prisonnier de son corps ! S'il s'était réveillé plutôt, les médicomages auraient pu le soigner! Maintenant il est trop tard.

- Il n'est jamais trop tard, dit laconique Dumbledore. Et sachez que cette décision, je ne l'ai pas prise seul. Nous en avons longuement débattu.

- Nous qui ?

- Et bien, Albus et moi-même, Mr Potter, explique le Dr Taylor.